mardi 24 mars 2015

En Ariège ce sera non aux éoliennes industrielles à Gudas et Malléon

Laurence Cabrol | 23/03/2015
http://www.ariegenews.com



© midinews (archives)



La semaine dernière nous faisions état dans nos colonnes des projets engagés dans le département de l’Ariège en matière d’éolienne industrielle, projets qui à la veille des élections départementales avaient tendance à s’inviter dans le débat républicain.


Les élus de Gudas et Malléon attendaient la décision de la préfecture pour le 18 mars. Elle n’aura pas tardé puisque le 20 mars, Nathalie Marthien, préfet de l’Ariège, signait un arrêté défavorable refusant à la société Energies Collines d’Ariège l’autorisation d’exploiter les éoliennes.

Rappelons qu’en novembre 2014, le commissaire enquêteur avait suite à l’enquête publique, rendu un avis favorable.


Les motifs de ce refus sont de deux ordres: À Gudas pour des raisons de paysage (on verrait les éoliennes dès l’entrée nord du département, sur l’A66, mais aussi depuis les sites touristiques tels que Vals ou Montségur, portant atteinte à la procédure de labellisation nationale entamée depuis peu.

À Malléon l’arrêté préfectoral oppose des servitudes aéronautiques imposées par l’aérodrome de Pamiers-Les Pujols.


De quoi satisfaire l’association Vent contre nature qui milite depuis 2009 contre le projet de Gudas-Malléon (soit 11 éoliennes: 6 à Gudas et 5 à Malléon: «Nous demandons depuis des années un référendum décisionnel, il n’a jamais été à l’ordre du jour du conseil municipal, tout s’est fait en catimini, il n’y a jamais eu de consultation démocratique de la population», argumente Alain Pouech, membre du bureau de l’association.


Une association qui espère que ce motif du refus pourra faire jurisprudence.


Sur d’autres dossiers en cours (Troye d’Ariège ou Camarade)


Le porteur de projet, Opale Énergie Sud-Ouest accuse le coup, car tous les signaux étaient au vert: Le Schéma Régional Éolien (SRE) classe la zone de Malléon dans une zone très favorable a l’éolien.


Pour Arnaud grand directeur de l’antenne sud-ouest d’Opale Énergies naturelles c’est à ne plus rien comprendre «on va à l’encontre de tous les schémas programmatiques. 


Cette zone a été classée par le préfet ZDE après le recours fait par l’opposition au projet que nous avons gagné au tribunal administratif (la zone a donc été validée deux fois).

Et aujourd’hui on nous dit qu’il y a un problème d’ergonomie au-delà du périmètre de servitude aérienne (PSA) de l’aérodrome des Pujols. On ne revient pas sur cette décision, mais un peu surprenant.

Tout autant celle de Gudas surtout après l’avis favorable du commissaire enquêteur qui a plébiscité ce projet. Pendant l’instruction du dossier, on n’avait pas parlé de Montségur et là pour étayer son refus, le préfet évoque la sacralisation du site (qui soit dit en passant est à plus de 20 km de Gudas).

Je comprends que dans le contexte économique actuel, le département de l’Ariège mise sur le tourisme, mais que dire des parcs éoliens de l’Aude avec Narbonne et Carcassonne en paysage ou les éoliennes implantées dans les Pyrénées orientales qui n’empêchent pas de profiter du Canigou ou des châteaux cathares.

Madame le préfet nous a expliqué ce problème quand elle nous a reçu jeudi soir (nous avons eu une conversation très franche), mais c’est un peu bizarre que l’on sorte l’argument visuel alors que la transition énergétique devient une urgence absolue… je pense que l’on manque de courage politique !»

Pour autant le projet de Troye d’Ariège poursuit son bonhomme de chemin. Rappelons qu’un l’issue d’une concertation démocratique en novembre 2012, la majorité de la population s’était exprimée en faveur de ce projet engageant l’avenir de la commune.

Un processus essentiel pour Arlette Roméra maire du village depuis 2008 qui veut faire de ce parc éolien participatif, une opportunité pour les habitants d’investir dans le développement des énergies renouvelables. L’élue se veut discrète, car la période n’est pas encore à la communication.

De son côté la société Raz Énergie, société privée (aujourd’hui détenue à 100 % par le groupe Senvion sud-ouest) en charge de développer le dossier est rassurée par la tournure que prennent les évènements.

«Malgré les bruits qui courent, nous maintenons le cap»

Notre projet comme tous les autres est certes visible de Montségur (3 ou 4 éoliennes), mais nous sommes à 15 km sur un fond boisé suffisamment sombre pour que l’impact paysager soit atténué.

Actuellement Montségur candidate au label grand site de France, la procédure est longue, mais elle n’est pas incompatible avec le développement éolien. 

De notre côté nous suivons le calendrier administratif, l’enquête publique aura lieu entre les mois d’avril et mai.

Cette enquête constitue une étape cruciale d’autant que ce projet repose sur un aspect participatif: On propose aux gens d’investir dans ce parc éolien. Nous aurons l’occasion de communiquer dessus en temps et heure».

Commentaire: Il est encourageant de voir des préfets, pour l'occasion une préfete, faire tout simplement leur métier en privilégiant l'Intérêt Général aux intérêts privés.  



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