dimanche 12 juillet 2015

La vie des lois: C'est parce qu'une idée est juste, donc légitime, qu'elle a suprématie sur la légalité.


Commentaire: «Il faut toujours connaître les limites du possible. Pas pour s'arrêter, mais pour tenter l'impossible dans les meilleures conditions». 

Romain Gary

Notre combat contre les nouveaux «barbares» éoliens et leurs complices politiques et étatiques est juste et justifié, au delà de tout. Zéro éolienne et basta!

Bonne lecture



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Le numéro du mois n° 308 - juillet 2015



Éditorial

La vie des lois


« Aucune idée, si juste soit-elle, ne peut justifier la commission d'actes illégaux », a prétendu l'avocate générale au procès en appel des neuf militantes et militants de la Confédération paysanne, à Amiens, le 17 juin, poursuivis pour avoir participé à des actions d'opposition au projet de ferme-usine des 1000 vaches, dans la Somme.

Mais quelqu'un n'a-t-il pas dit : « Rien de grand ne se fait sans désobéir à la loi » ? D'ailleurs n'est-ce pas souvent par des actes illégaux que la société avance ? Le démontage de la prison de la Bastille, un certain 14 juillet, n'est-il pas devenu notre fête nationale ? Le manifeste des 343 n'a-t-il pas permis la loi sur l'avortement ? Et les faucheurs volontaires l'interdiction des semis d'OGM dans nos champs ? Mieux encore: C'est l'État qui fait maintenant détruire les parcelles frauduleusement semées. Sacré retournement !


C'est aussi au Larzac, entre autres à la suite des constructions illégales de bergeries, financées par le refus de l'impôt, de renvois de livrets militaires, et les blocages de convois kaki, que le projet d'agrandir le camp militaire a été stoppé en 1981 par Mitterrand. N'oublions pas le démontage symbolique du chantier du Mac Do de Millau, en 1999, lequel, grâce à une magistrate zélée mettant cinq militants en prison, a multiplié par cent une petite action locale, déclenchant le débat national sur la malbouffe.


C'est parce qu'une idée est juste, donc légitime, qu'elle a suprématie sur la légalité. En fait, au cours de ces luttes, c'est par l'illégalité qu'au final du droit a été créé. Parfois des tribunaux le comprennent. Ainsi lors des procès de faucheurs d'OGM, certains tribunaux relaxaient les faucheurs quand d'autres les condamnaient sévèrement, et ce… avec les mêmes textes de loi, pour un délit identique....


La Fontaine nous prévenait toutefois : « Selon que vous serez puissant ou misérable (en actualisant: de la Fnsea ou de la Confédération paysanne), les jugements de cour vous rendront blancs ou noirs ». Pire aujourd'hui, quand la Conf' démonte symboliquement le chantier d'une salle de traite à la ferme-usine des 1 000 vaches, on la poursuit devant des tribunaux et en première instance on la condamne sévèrement. Mais quand la Fnsea saccage des bâtiments publics ou incendie des locaux administratifs, on somnole en regardant ailleurs. Qui peut donc dire que cela est justice ?


Selon le vieux Larousse, la loi ce sont « des règles obligatoires à tous ». Un procureur, Georges Apap – alors à la retraite, il est vrai - nous disait : « Quand on est témoin d'une loi injuste, il faut lui désobéir, sinon on en devient complice ». Exemple dans les années 1940: Combien d'innocents ont été envoyés dans les camps de la mort parce que des fonctionnaires, préfets ou flics, ont respecté les lois du moment sans courage ni lucidité pour y désobéir ?


Heureusement à la Conf' il y a des militantes et militants lucides et courageux. Gloire à eux !



Léon Maillé, paysan retraité en Aveyron

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