mercredi 12 août 2015

Climathon, semaine 32: Saint Barack, priez pour nous !

Par Benoît Rittaud.
(et le jury du climathon)
Publié le 12 août 2015 dans Environnement


Obama est élevé à la sainteté par les médias pour sa propagande climatique !








Encore une semaine de compétition placée sous le sceau du sacré cette semaine, avec cette fois une belle sanctification du président Barack Obama qui nous a été offerte dans l’émission C dans l’air sur France 5 ce 5 août. L’émission remporte logiquement le titre cette semaine, également pour n’avoir invité que des convaincus de la nécessité de réussir la COP21. Même Yves Thréard, l’un des invités, n’a pas contesté ce point. Il est vrai qu’on n’attendait pas autre chose d’un éditorialiste du Figaro que de soutenir l’action de l’actuel président de la République. Les lecteurs de l’épisode d’hier du Référendum maudit pourront constater l’adéquation de la fiction à la réalité. Qu’ils sachent que l’épisode de demain présentera de troublantes similitudes avec cette brillante émission de C dans l’air — à la seule différence que, dans la vraie émission du 5 août, il n’y avait pas de climatosceptique (comme quoi la réalité peut heureusement dépasser la fiction).

C dans l’air l’emporte notamment grâce à deux reportages en milieu d’émission, notamment celui à 31’25 qui revient sur notre vainqueur de la semaine 30 avant de se livrer à une belle hagiographie de Sa Grandeur Barack, notre héros à tous.


Seul regret: L’absence remarquée de Jean Jouzel, en principe invité permanent de l’émission dès qu’il y est question de climat. Une enquête du jury révèle toutefois que le vice-président du GIEC, dont les convictions sociales sont connues (et qui a notamment soutenu le parti Nouvelle Donne, aussi microscopique que marqué à gauche), disposait d’un mot d’excuse valable avec la nécessaire préparation de ce voyage:




L’absence de Jean Jouzel à C dans l’air a fort heureusement été compensée par un autre pilier de l’émission en la personne de Pierre Radanne, dont les compétences ne sont plus à démontrer. Même si parfois, le jury s’est pris à en douter, comme à 44’20 où l’intéressé assène que tout ne sera pas réglé à Paris (comment ? Mais la Planète, elle n’attendra pas ! Que se passe-t-il donc ?), et même que « la discussion à Paris va être d’abord et avant tout une discussion financière ». Sans doute Pierre Radanne a-t-il lu l’épisode 1 du Référendum maudit, décidément en passe de devenir la référence comportementale des uns et des autres en fait de climat. Autre moment de flottement concernant Pierre Radanne à 53’49 où, nous expliquant qu’ « Il faut être un peu rigoureux scientifiquement » (ses compétences en la matière en étant un bel exemple), il se lance dans un plaidoyer pour le droit au questionnement en science qui a un instant fait douter le jury sur l’éventualité que Pierre Radanne se révèle crypto-climatosceptique. Heureusement, l’un des membres du jury savait à quoi s’en tenir (ayant eu l’occasion de débattre avec lui il y a quelques mois et de l’observer bougonner dans son coin après l’émission en affirmant qu’il n’était pas bien de laisser parler encore un climatosceptique). Il nous a rassuré quelques instants plus tard :

« Faut pas non plus que les gens en fassent des dogmes [du climatoscepticisme] et puis se fassent des postures en étant, je dirais, négationniste là-dessus (…)

Sur les 30 dernières années, on a un réchauffement qu’on n’a jamais eu dans l’histoire depuis 800 000 ans ! En amplitude ! »


Après une invocation du pari de Pascal par un autre intervenant (qui a sans doute lu le chapitre 4 du Mythe climatique), on a droit à de splendides amalgames entre pollution et climat, avant cette sublime sortie de Pierre Radanne :

« On a reconstitué le climat de la terre depuis 800 000 ans ».


La fin de l’émission est un feu d’artifice offert par le même Pierre Radanne, qui jongle avec les températures comme un bateleur de foire tentant pour la énième fois de refourguer sa vieille camelote quitte à raconter rigoureusement n’importe quoi en ajoutant une bonne grosse louche de pathos vrai scientifique parfaitement au fait du dossier et de ses enjeux.


Les accessits de la semaine





En plus de Pierre Radanne, le jury a le plaisir de récompenser une nouvelle fois Fanny Agostini pour l’un de ses récents et indispensables numéros de minauderie télévisée vulgarisation scientifique de haute tenue sur BFM TV intitulé « Peut-on croire le GIEC ? » La réponse est oui, bien sûr, puisqu’ils font des rapports qui pèse plus de six kilos: Si c’est pas une preuve, ça ! Sa conclusion est une pièce de propagande d’une fort belle facture, du travail propre et sans bavure :

« Pourtant des climatosceptiques illégitimes tentent encore de semer le doute sur ces constats. On en a eu un superbe exemple en début d’année avec les sénateurs américains qui ont fait un vote symbolique en écartant totalement la responsabilité de l’homme dans le changement climatique. Mais soyons sérieux une minute: Qui est légitime pour tirer des conclusions et donner son avis sur les questions scientifiques ? Certainement pas les journalistes, et encore moins les politiques ».


Enfin, bien qu’un peu écrasé par les déclarations fondatrices et visionnaires de Saint Barack, une autre voix qui compte en France fait son entrée au Climathon: Laurent Romejko, qui n’est pas uniquement le présentateur de l’immarcescible jeu télévisé Des Chiffres et des Lettres, mais qui anime également Météo à la Carte, émission idéale pour faire la sieste après le repas interactive où« les téléspectateurs envoient les photos de leur ciel avec un coin de paysage ».


Dans cette brève interview, outre un important « reportage sur les espadrilles à Mauléon », il nous annonce la contribution de Météo à la Carte pour la COP 21 « dont les enjeux sont essentiels ». Le jury du Climathon ne peut que se féliciter des engagements d’une émission aussi emblématique car, à la rentrée, les téléspectateurs de France 3 auront droit à :
« Des agriculteurs qui prennent des initiatives pour réduire l’empreinte carbone, être moins polluants »
« un portrait de Jean Jouzel, climatologue, glaciologue et membre permanent du Giec, groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat. Né à Janzé, en Ille-et-Vilaine, il est resté proche de la terre, de ses racines d’agriculteurs bretons ».


Le jury du Climathon salue cette glorieuse initiative et considère aussi qu’une hagiographie du Guide Suprême de la Climatologie du Pays des Lumières devrait désormais être l’unique sujet de cette émission quotidienne d’une heure de septembre à décembre.


Ainsi donc, il est bon de savoir que l’ORTF France Télévisions veille à la bonne information des citoyens. Le jury du Climathon est heureux que Laurent Romejko, père d’un enfant « de 15 ans qui le bat au tennis ! », prenne position de manière aussi forte dans le Grand Combat du Bien et du Mal pour la Planète.

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