lundi 10 août 2015

Éolien: Les oiseaux ne se cachent plus pour mourir!

Source: https://conseilmondialpourlanature.wordpress.com/


Communiqué – 30 avril 2015



Comme la plupart des oiseaux, les grues sont victimes des éoliennes et de leurs lignes à haute tension




L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) estime que chaque éolienne ne tue en moyenne qu’entre 0,4 et 1,2 oiseaux par an. Il est de mon devoir, en tant que président du Conseil mondial pour la Nature, de dénoncer cette affirmation, basée comme elle est sur des statistiques de valeur scientifique douteuse établies par des consultants (bureaux d’études) soucieux de plaire à ceux qui les emploient, les promoteurs éoliens. Ce sont d’ailleurs les estimations les plus basses que j’aie jamais vues, depuis 12 ans que j’étudie les impacts de l’éolien en Europe, en Amérique et en Australie.

Aux États Unis, les chiffres récents les plus cités sont de 573.000 oiseaux et 888.000 chauves-souris par an, soit près de 15 oiseaux et 23 chauves-souris par éolienne (1). Cela fait de 12 à 37 fois plus que les estimations de l’ADEME. En Allemagne, l’ornithologue Bernd Koop avait estimé la mortalité annuelle entre 60.000 et 100.000 oiseaux par Gigawatt de capacité éolienne installée (2). Pour les 39 GW que comptent nos voisins d’outre-Rhin, cela ferait entre 2.340.000 et 3.900.000 oiseaux morts par année, soit environ 100 fois plus que ce qu’affirme l’ADEME.



Ces dernières estimations sont beaucoup plus proches de la réalité. Ceci nous a été confirmé par une étude approfondie de la Société ornithologique espagnole SEO-Birdlife (Sociedad Española de Ornitología). Ayant fait une requête basée sur le droit à l’information en matière environnementale (Convention d’Aarhus), la SEO a obtenu les copies de 136 études de suivi de centrales éoliennes, études que le gouvernement espagnol avait archivées sans les publier. Après les avoir analysées, ses chercheurs ont estimé la mortalité suivante: Les 18 000 éoliennes d’Espagne tueraient en moyenne entre 6 et 18 millions d’oiseaux et de chauves-souris par an (3). Cela reviendrait à une mortalité de 100 à 300 oiseaux et 200 à 600 chauves-souris par éolienne et par an.



Ces chiffres rejoignent les premières estimations d’il y a une vingtaine d’années. Nous pouvons lire en effet, dans une étude publiée par une agence du gouvernement Californien, la California Energy Commission: «Dans un résumé sur les impacts aviens des éoliennes par Benner et al. (1993) les morts d’oiseaux par éolienne et par an atteignaient 309 en Allemagne et 895 en Suède» (4). On est donc extrêmement loin des 0,4 à 1,2 oiseaux de l’ADEME.


L’OMERTA



Que s’est-il donc passé entre 1993 et 2015?

Réponse: De puissants intérêts politiques et financiers se sont entendus pour tromper notre perception de la mortalité due aux éoliennes. Pour réussir cette mystification, il était essentiel d’obtenir la coopération des ONG ornithologiques. Cela s’est fait en général à coup de donations et de contrats multiples: Études d’impact pour quantité de projets éoliens, suivis sur la mortalité avienne une fois le projet construit, études ornithologiques variées… L’industrie éolienne est ainsi devenue le principal employeur d’ornithologues de l’Union européenne, et autres pays à forte pénétration des énergies dites «vertes».



En Espagne, Iberdrola (équivalent espagnol d’EDF) et Banco Triodos (la banque des énergies renouvelables) faisaient annuellement des donations à SEO-Birdlife s’élevant à près de 25% de son budget, causant un fort conflit d’intérêts. C’est du reste cela qui a causé un mouvement de dissension parmi ses adhérents, mouvement qui s’est finalement traduit par le départ du Directeur général, Alejandro Sánchez, en 2010 (5). Moins de deux années plus tard, cette société ornithologique publiait la vérité sur la mortalité éolienne en Espagne (3). Or ce rapport n’a été ni publié, ni même mentionné par les autres sociétés ornithologiques dans les pays où l’éolien domine la politique énergétique. Quelle meilleure preuve pourrait-on donner de la collusion qui existe entre intérêts éoliens et ornithologie dans ces autres pays?



Une moyenne de 200 oiseaux morts par éolienne et par an, ce n’est pourtant pas exagéré: Cela fait moins d’un oiseau par 24h. Or il faut savoir que la plupart des oiseaux migrateurs (les passereaux) effectuent les longs déplacements de nuit, pour éviter la surchauffe corporelle (ils battent des ailes très rapidement tout au long du voyage). Et les nuits sans lune, ils ne voient des éoliennes que le feu de position de la nacelle, tandis les pales fauchent l’air dans l’obscurité, invisibles.



Mais il n’y a pas que des accidents par manque de visibilité. Beaucoup d’espèces ailées sont attirées par les éoliennes (6). Ceci met leur vie en danger, car les pales atteignent des vitesses de près de 300 km/h à leur extrémité (voir plus bas). Il s’agit d’abord des hirondelles, martinets et autres oiseaux ou chauves-souris qui chassent les insectes en vol – lesquels insectes sont eux-mêmes attirés par les éoliennes, a constaté le professeur Ahlén (6).



LE CAS DES RAPACES


Il s’agit aussi des rapaces, attirés par les oiseaux morts ou blessés qui gisent sous les éoliennes, ou par les mulots et lapins qui vivent à leur pied. Ces rongeurs trouvent en effet de quoi se nourrir dans ces espaces ouverts où poussent les graminées; d’autre part, la terre rendue meuble par les travaux de fondation leur permet de creuser leurs terriers plus facilement (voir photo ci-dessous).




Photo : Lapin devant son terrier, centrale éolienne d’Altamont Pass, Californie – (éoliennes de première géneration).




Perchés sur les pales à l’arrêt (voir photo plus bas), ou sur les nacelles (7), les rapaces ont une vue dominante sur cet exceptionnel territoire de chasse. Et comme les éoliennes se voient de très loin, ceux d’entre eux qui ont déjà chassé avec succès parmi ces machines sont bien entendu attirés par elles, car elles sont devenues pour ces oiseaux un indice annonçant une chasse fructueuse. Et plus ils fréquentent les sites éoliens, plus ils ont de chances de se faire frapper par une pale, dont ils jugent mal la vitesse.



D’ailleurs, nous les humains ne sommes guère plus perspicaces: Qui aurait dit à vue d’oeil qu’une pale d’éolienne tournant à pleine puissance atteint près de 300km/h à son extrémité? (par vents de 45 km/h ou davantage). Il faut prendre un papier et un crayon pour le découvrir… Voici ce que cela donne pour une ENERCON de 2,3 MW, modèle E-70: 71m (diamètre) x 3,14 = circonférence de 223m x 21,5 révolutions par minute (vents >45 km/h) = 4.794m parcourus par la pointe de chaque pale en une minute x 60 minutes = 287.640m parcourus en une heure, soit 287km/h. Par vent moins fort, cette vitesse se situe entre 100 et 200 km/h.



Il est peu étonnant, par conséquent, qu’autant d’oiseaux de toutes sortes se fassent surprendre, et tuer (ou grièvement blesser). La différence entre la lenteur apparente des pales et leur grande vitesse réelle, et l’attraction exercée par la possibilité de se percher et de trouver facilement du gibier, transforment les éoliennes en pièges géants pour les rapaces, comme elles le sont pour d’autres raisons pour les hirondelles et les chauves-souris.


Les rapaces sont effectivement décimés par les éoliennes (8). Or il faut savoir que ces oiseaux de proie sont très utiles pour contrôler certaines populations d’animaux (rats et mulots, et les pilleurs de nids comme les pies, les corbeaux etc.). Ils éliminent aussi les animaux malades ou morts, évitant des épidémies et contribuant ainsi à la bonne santé de nombreuses espèces. Leur rôle est donc important pour le maintien des équilibres naturels, de la biodiversité et des écosystèmes.



Une toute nouvelle étude approuvée par des pairs avertit que les éoliennes sont en partie responsables de la disparition de certaines espèces de rapaces dans le sud de l’Europe. L’une d’elles, le Vautour percnoptère, voit sa population d’adultes reproducteurs décliner de 3-4% par an (9). Ce spectaculaire «voilier» est déjà rare sur notre continent, où l’on dépense des millions pour le protéger, voire le réintroduire (c’est le cas de la France). C’est donc en pure perte que l’on fait ces dépenses, et bientôt l’on s’apercevra que ce sont presque toutes les espèces de rapaces qui sont menacées de disparaître à cause des éoliennes.





Photo: Buse à queue rousse perchée sur une pale, Altamont Pass, Californie. 

Voir aussi les autres photos (7), et les vidéos (10 et 11). La réalité contraste donc avec les nombreuses « études » d’impact où l’on lit très souvent que les rapaces « évitent » les éoliennes. Cette fiction est adoptée par la plupart des ornithologues sans sourciller, tant leurs intérêts se confondent avec ceux des promoteurs éoliens. Pourtant, si les rapaces évitaient les éoliennes, comment celles-ci pourraient elles en tuer un si grand nombre (8)? C’est un non-sens manifeste, mais quand il s’agit des éoliennes les gens croient aux mensonges les plus gros.



La déferlante éolienne qui s’abat sur les habitats des espèces protégées s’appuie sur les assertions plus politiques que scientifiques de la part de l’ADEME, des ornithologues (à de rares exceptions près), de l’industrie éolienne et de ses agents, consultants, activistes etc. Elle est aussi facilitée par de considérables apports de fonds publics, provenant (en France) d’une taxe de 15% sur les factures d’électricité (CSPE). Ces milliards d’euros permettent d’aplanir tous les obstacles, de passer outre les lois, décrets et directives qui étaient sensées protéger la biodiversité. Parcs naturels régionaux, routes de migrations des oiseaux et des chauves-souris, territoires vitaux d’espèces prioritaires en danger d’extinction (comme l’est par exemple en France l’Aigle de Bonelli), rien ne leur résiste. À peu près tous les ornithologues se taisent, et la voix de ceux qui se risquent à parler est étouffée par le brouhaha de la propagande pro-éolienne. On n’entend qu’un seul son de cloche: Celui des bureaux d’études, dont le ton est donné par les promoteurs qui les emploient.



Les préfets, qui donnent le feu vert aux projets éoliens, et les fonctionnaires qui étudient les dossiers, ont rarement d’autres données sous la main que l’étude d’impact préparée par ces consultants si peu objectifs. J’en ai lu une bonne centaine au cours de ces 12 dernières années, et aucune ne concluait que l’impact sur l’environnement serait inacceptable, même lorsque le projet devait être implanté dans une réserve naturelle protégée, ou menaçait une espèce en danger d’extinction. Aucune d’entre elles n’était honnête, sans oublis ni erreurs, exempte de manipulations.



Dans un article publié en anglais, nous donnons de nombreux exemples des techniques employées pour faire croire qu’un projet éolien fera très peu de victimes (12).


Mitigation: Mesures d'évitement et d'atténuation des impacts 


Pour faire «passer» les projets éoliens à très fort impact sur les espèces protégées, les consultants suggèrent en général d’appliquer certains procédés visant à la réduction des risques. Mais il faut savoir qu’aucun de ces procédés, aucune de ces formules n’a prouvé son efficacité. Partout où ils ont été mis en œuvre, ils ont échoué (par exemple à Altamont Pass, Woolnorth, Smola, Tarifa). Le président de la LPO l’a reconnu lui-même: « Il n’existe pas à notre connaissance à ce jour de systèmes efficaces pour réduire de manière significative la mortalité avienne »(13).



Mais les préfets, et autres fonctionnaires ayant leur mot à dire, croient les yeux fermés aux mesures de mitigation proposées. Le Ministère leur demande en effet d’approuver un maximum de projets éoliens, alors les belles promesses des consultants sont prises pour argent comptant. C’est ainsi que des éoliennes seront installées dans des endroits aussi inappropriés que le Corridor de Migration des grands Rapaces (14), ou le point de convergence d’importants flux migratoires du territoire français: Par exemple la Vendée (et son espace marin) (voir carte ci- dessous).




Carte : Les routes migratoires des oiseaux passant par la France




Autre exemple de mitigation: Une mesure souvent proposée pour réduire la mortalité des chauves-souris est de ne laisser tourner les pales que lorsque la vitesse du vent dépasse les 6 mètres par seconde (22 km/h).

– Première constatation: La réduction promise de 90% de la mortalité n’a pas été vérifiée. Aucune centrale éolienne n’a mis cette mesure en pratique et en a publié les résultats.


– Deuxième constatation: On néglige les 10% de mortalité résiduelle comme s’il était acceptable de tuer de 1.2 millions de chauves-souris par an au lieu de 12 millions (nombre applicable à l’Espagne, et bientôt à la France). La plupart des espèces de chauves-souris sont en voie de disparition, or toutes sont extrêmement utiles. Les tuer en masse est par conséquent irresponsable. Et puis la mortalité sera en fait beaucoup plus élevée que 1.2 millions, puisque :

A) La réduction de 90% n’a pas été prouvée,

B) Seuls quelques rares projets éoliens contemplent cette « mitigation chauve-souris ».

– Troisième constatation: La mise en pratique d’une telle mesure ne serait pas vérifiable. Qui, en effet, s’occuperait de vérifier à tout moment, pendant 25 ans, que le logiciel qui contrôle la marche des pales:
C) Tient compte de la mitigation,
D) Fonctionne bien, et
E) Est effectivement utilisé ?

L’intérêt du propriétaire des éoliennes est en effet de ne pas mettre en œuvre cette mitigation, qui réduirait son revenu. Il faudrait donc une équipe d’inspecteurs pour le contrôler. Mais qui les paierait? Et qui s’assurerait qu’ils n’ont pas été amadoués à force de faveurs? L’éolien a déjà occasionné assez de corruption comme cela… (15)



Les chauves souris


Les chauves-souris, selon une étude publiée par le département du Lot, «constituent le groupe faunistique ayant la plus forte valeur patrimoniale» (12). Ces espèces, très utiles à l’homme, sont toutes en déclin; et elles ne peuvent se récupérer que très lentement, chaque femelle n’élevant pour la plupart qu’un petit par an. Beaucoup sont classées comme menacées d’extinction. Sans elles les agriculteurs, l’industrie forestière et l’Office national des forêts devraient employer davantage de pesticides pour éliminer les insectes qui attaquent arbres et cultures. Cela entraînerait des effets regrettables sur les prix, et sur la santé des citoyens. Or ces petits mammifères sont tués en masse par les éoliennes, qui les attirent (6). L’effet cumulatif de plus de dix mille d’éoliennes sur tout le territoire français sera considérable, de l’ordre de 4 à 12 millions de chauves-souris tuées par an lorsque la France aura, comme l’Espagne, 18 000 de ces « pièges écologiques ». Ces machines tuent en effet près de deux fois plus de chauves-souris que d’oiseaux: Environ 400 par éolienne et par an (de l’ordre de une par nuit).


Des preuves

Les preuves abondent: Études revues par des pairs, photos, vidéos. Sur cette vidéo par exemple (13), on voit des chiroptères voler autour des pales, et se faire frapper par celles-ci, ou bien tomber au sol «barotraumatisées» (lésions mortelles dans les poumons causées par la forte différence de pression qui se crée autour des pales). Sur cette autre (14), on voit un vautour fauve se faire frapper par une pale. Ses yeux cherchant des carcasses au sol, il n’a pas vu arriver une pale venant d’une autre direction. Sur celle-ci enfin (15), on voit un urubu à tête rouge (vautour d’Amérique) perché sur une éolienne en mouvement, ne manifestant aucune crainte. Les oiseaux s’habituent aux éoliennes, se perchent dessus comme on a pu le constater sur les photos (9). De là vient le danger. Ils ne sont pas « déplacés » par les éoliennes, comme le prétendent les consultants, mais tués. Seuls sont déplacés les oiseaux qui nichent sur le sol: Ils ne supportent pas d’arbres ou autres structures au-dessus de leurs nids. Un corbeau ou un rapace pourraient s’y percher.


Les mesures de compensation



L’inefficacité des mesures de mitigation a fait que les bureaux d’études ont inventé un autre artifice pour faire approuver les projets de leurs clients: la « compensation ». Ce stratagème est fort utile aux entreprises qui portent un grave préjudice à la nature en raison de leurs activités. Tant et si bien qu’un nouveau business est né, qui offre des « programmes de compensation » (19) à ces entreprises afin qu’elles puissent continuer à détruire, polluer ou tuer (des espèces protégées) sans être inquiétées par la Justice.



C’est tellement scandaleux que des ONG ont commencé à se mobiliser. Une centaine d’entre elles ont signé un manifeste contre ce nouveau passe-droit. Il y est dit: « Il faut à certains écosystèmes des centaines sinon des milliers d’années pour devenir ce qu’ils sont – or ces compensations font semblant qu’il est possible de trouver des remplacements » … « Introduire ces compensations permet, voire encourage, la destruction de l’environnement en faisant croire qu’un habitat peut être recréé ailleurs » … « Ces mécanismes pourraient aggraver la situation, et plus inquiétant encore, ils font de la nature une marchandise. C’est pourquoi les organisations signataires mettent en garde contre les effets de cette fausse solution et refusent les mécanismes de compensation pour perte de biodiversité » (20).



C’est un manifeste international. Plus près de chez nous, un collectif d’associations naturalistes françaises s’oppose au vote du projet de loi sur la biodiversité qui, dit-il, « généralise et facilite la « compensation pour perte de biodiversité ». Cette mesure sert en fait à donner un blanc-seing aux destructions environnementales. Le projet introduit aussi la notion de « réserves d’actifs naturels », ouvrant la porte à une financiarisation de la nature » … « De nombreux travaux scientifiques soulignent l’échec de la majorité des mesures compensatoires pour lesquelles
nous disposons d’un recul suffisant et l’impossibilité de recréation de milieux constitués au fil des siècles (on ne remplace pas un arbre vieux d’un siècle par dix arbres âgés de dix ans ou une prairie naturelle ancienne par un pré saturé en nitrates) » … « (Le) projet de loi introduit la notion de « réserves d’actifs naturels » dans le droit français. Ces banques d’un nouveau genre mènent des projets de restauration de biodiversité qu’elles transforment ensuite en « actifs naturels ». Le plus grand arbitraire préside, bien sûr, comme on l’a vu dans le cas de Notre-Dame-des-Landes, aux calculs qui conduisent à compenser des mares et les amphibiens qui y vivent par des prairies artificielles » (21).


L’idée de compenser un mal certain par un bien hautement hypothétique procède de la même corruption intellectuelle qui a donné naissance aux «indulgences» que vendait l’Église au Moyen Age.


La compensation est de plus en plus utilisée dans l’éolien. Par exemple, on compense l’installation d’éoliennes létales sur le territoire de chasse d’un couple d’aigles royaux par l’aménagement d’un nouveau terrain de chasse un peu plus loin. Mais nulle part au monde une telle compensation n’a été couronnée de succès. L’exemple de Beinn un Tuirc, en Écosse, est parfois cité par certains consultants. Mais cet exemple a été un échec, comme je l’ai démontré à l’époque (22).



Le fait que les rapaces soient attirés par les éoliennes prouve également l’inefficacité de cette compensation. On aura beau créer un nouveau terrain de chasse et y relâcher force lapins, on n’empêchera pas les aigles d’aller voir ce qui se passe là où ils avaient l’habitude de chasser auparavant – d’autant que maintenant, il y a ces hautes structures qui les attirent. Et une fois les aigles tués par les pales, à quoi servira le nouveau terrain de chasse ? C’est aussi absurde que de « tuer les enfants, et construire des orphelinats pour compenser».


L’effet cumulatif


L’État n’a pas considéré l’effet qu’auront plus de 10 000 éoliennes agissant comme pièges écologiques sur le territoire national, attirant et tuant des espèces protégées. C’est pourtant requis par le Plan d’Action des Énergies renouvelables de la Commission Européenne. Le gouvernement français, comme tant d’autres avant lui, s’est précipité sur le développement éolien sans procéder à des études sérieuses sur les retours d’expérience dans les autres pays, sans interroger les sceptiques qui auraient pu leur apprendre bien des choses… La vérité est que l’État
ne veut pas savoir. Il ne veut même pas savoir si les éoliennes émettent des infrasons dangereux pour la santé (il refuse de financer une étude épidémiologique) ; alors dans ces conditions, les oiseaux et les chauves-souris…



Les résultats ne se font pas attendre. Des témoins rapportent qu’il n’y a plus de chauves souris là où ils habitent, depuis l’érection d’éoliennes dans les alentours ; d’autres ont noté qu’ils voyaient de moins en moins de rapaces. Les hirondelles et les martinets se font plus rares aussi, ai-je entendu dire ici et là. La catastrophe écologique est en marche, et l’État se garde bien de financer des études pour évaluer les dégâts…



La situation est grave, ne serait-ce que dans la mesure où ces espèces sont de grande utilité pour l’homme. Et puis, sommes-nous prêts à vivre dans un monde qui serait largement dépourvu d’oiseaux? Nous en avons déjà tant perdus (sans parler des papillons) à cause des insecticides et autres agressions des hommes contre l’environnement… Où allons-nous avec cette idéologie « verte », qui détruit la nature plus que jamais et ment aux citoyens sans ciller?



Quel abominable gâchis font les hommes politiques de notre planète, sous prétexte de la sauver… L’industrie éolienne a-t-elle au moins fait ses preuves? Le retour d’expérience de l’Allemagne est loin d’être probant (16). Dans quelques années, lorsque tous les coûteux rafistolages auront échoué (nouveau réseau de distribution de l’électricité, etc.), les Allemands eux-mêmes devront se rendre à l’évidence:L’intermittence éolienne n’a pas de solution qui soit économiquement viable. Les ingénieurs indépendants ne cessent de le répéter (17), mais les gouvernements font la sourde oreille:Les subventions à l’éolien permettent de succulents retours d’ascenseurs… (11)



La bulle crèvera lorsque le coût des subventions ne sera plus soutenable, comme c’est arrivé dans les pays du Sud de l’Europe. Les emplois créés dans la filière des énergies renouvelables disparaîtront alors. La cherté de l’électricité aura appauvri les ménages via la CSPE, et fait délocaliser davantage d’entreprises. Le chômage en sera accru, et les touristes amateurs de nature, paysages et repos choisiront d’autres destinations. Les maisons des riverains seront dépréciées et ceux-ci vivront moins longtemps, souffrant d’un niveau élevé de cortisol. Quant aux oiseaux…




Mark Duchamp
President, World Council for Nature
Tél: +34 693 643 736


Références:


(1) Aux Etats Unis, le Dr Shawn Smallwood estime que les éoliennes tuent 573.000 oiseaux et 888.000 chauves-souris par an


(2) – En Allemagne, l’ornithologue Bernd Koop estime la mortalité annuelle entre 60.000 et 100.000 oiseaux par Gigawatt de capacité éolienne installée


(3) – En Espagne, 18.000 éoliennes tuent de 6 à 18 millions d’oiseaux et de chauves souris par an


(4) – Rapport de Dave Sterner
Page 12, 1er paragraphe.


(5) – Alejandro Sanchez


(6) – Les éoliennes ATTIRENT les rapaces, les chauves-souris, et tous les oiseaux qui chassent les insectes en vol (hirondelles, martinets etc.)


(7) – Photos: rapaces posés sur des éoliennes


(8) – Quelques uns des aigles tués par les éoliennes (pointe de l’iceberg)
Quelques uns des balbuzards pêcheurs tués par les éoliennes
Effets catastrophiques sur les milans royaux (pages 97, 98, 99).


(9) –
Action on multiple fronts, illegal poisoning and wind farm planning, is required to reverse the decline of the Egyptian vulture in southern Spain
Ana Sanz-Aguilar, José Antonio Sánchez-Zapata, Martina Carrete, José Ramón Benítez, Enrique Ávila, Rafael Arenas, José Antonio Donázar – Etude publiée le 21 avril 2015 par ELSEVIER, Biological Conservation, Volume 187, July 2015, Pages 10–18 Les éoliennes précipitent le déclin du Vautour percnoptère


(10) – Grèce : sans en avoir peur, ce vautour fauve vole entre les pales d’une éolienne, et se fait frapper


(11) – Sans aucune crainte, ce vautour américain est posé sur une éolienne en marche


(12) – The shame of Scotland


(13) – DTBird et autres systèmes de mitigation sont inefficaces, écrit le président de la LPO


(14) – Le Corridor de Migration des grands Rapaces


(15) – http://wcfn.org/2015/04/22/huge-wind-farm-corruption-scandal-in-spain/


(12) –http://www.lot.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_CE_1ere_partie.pdf


(13) – http://savetheeaglesinternational.org/bats-struck-by-wind-turbines.html


(16) –http://lemontchampot.blogspot.com.es/2015/04/eoliennes-mythes-et-realites.html


(17) – http://www.epaw.org/documents.php?lang=en&matter=backup




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2 commentaires:

  1. L'étude d'impact du funeste projet éolien de louviéres est un bon exemple des magouilles qu'entretiennent promoteurs et Bureau d'études , la présence du Milan royal a ainsi été complétement sous-évaluée alors qu'il est menacé et qu'il ne subsiste que quelques couples en Haute-Marne. Si par malheur notre préfet venait â autoriser cette destruction d'espèces protégées et menacés malgré nos courriers à la DREAL, nous aurions une preuve supplémentaire de la nullité de nos décideurs en Haute-Marne et de leur parti-pris pour l'éolien qui va tuer notre département sauvage.

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    1. Faut il que ces élus locaux, dans leur majorité, n'aiment pas leur territoire pour participer et valider leur pillage et privatisation en échange d'une obole. À vomir.

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