mercredi 25 novembre 2015

Éoliennes et CO2




Allemagne: Le charbon, le meilleur ami de l'éolienne
Image: notreterre.org


Selon l’AIE 2015, (fig 9) l’Allemagne fait partie des 10 pays les plus émetteurs de CO2 de la planète, qui représentent à eux seuls les 2/3 des émissions mondiales.
Avec un total de 759Mt de CO2 pour l’Allemagne et 315Mt pour la France (data 2013).


Ces 450Mt proviennent essentiellement de la différence des émissions de nos 2 parcs de production d’électricité, c'est-à-dire, en 2014, à pas loin de 350 millions de tonnes de CO2 pour le parc allemand et 19 millions pour le nôtre.

En effet, le parc de production d’électricité allemand a produit en 2014 : 109 TWh par le charbon (= 104 Mt CO2) + 156 TWh par le lignite (= 156 Mt CO2) + 48.9 TWh par la biomasse (= 47 Mt CO2) + 58.5TWh par le gaz (= 27 Mt CO2).
Soit 334 Mt de CO2, sans compter les 31.6 TWh « autres », dont le fioul, mais dont le détail n’est pas donné.


Cette comparaison, pour la même année et chiffrée, dans les 2 cas, selon les critères de la p.23 du bilan RTE 2014, montre sans ambiguïté que la différence entre nos 2 pays provient essentiellement de celle des parc de production d’électricité. À population égale, au lieu des 80 millions d'habitants en Allemagne et 66 millions en France, il semble même que la production d'électricité serait l'unique cause de cette différence d'émission de CO2 entre nos 2 pays, le parc allemand, parmi les moins vertueux au monde, en raison de son recours massif au charbon/lignite et le français dont les 19Mt sont d’autant plus marginaux qu’on sait que les centrales thermiques resteront indispensables à la gestion de l’extrême pointe de consommation, tant qu’on ne saura pas stocker l’énergie à grande échelle pour un coût acceptable.


Or, donc, quelle est la cible privilégiée de l’effort national en matière climatique ?






Extrait de http://www.observatoire-electricite.fr/Comparaison-des-situations


Notre production d’électricité ne représente que le quart de la consommation finale d’énergie et nous venons de voir que c'est justement grâce à ses vertus que nous émettons deux fois moins de CO2 que l'Allemagne. Qu'enfin, il serait illusoire d'espérer en réduire les émissions de façon significative.


C’est d'ailleurs grâce à tous les autres secteurs, sauf celui de production d’électricité, que l’Allemagne a réduit ses émissions depuis 1990. L’augmentation de production d'électricité, qui est passée en Allemagne, de 549.9TWh en 1990 à 640TWh en 2014, compensant largement la légère réduction du recours au charbon/lignite.


Les chiffres de la Commission européenne confirment bien que la rubrique « Public electricity and heat production » sont passés de 335 Mt de CO2 en 1990 à 345Mt de CO2 en 2007, alors que tous les autres secteurs étaient en réduction.

Ce tableau, bien utile pour évaluer l’efficacité des politiques publiques, s’arrête malheureusement en 2007. Ou plus exactement, s’arrêtait, puisque son lien http://ec.europa.eu/energy/publications/doc/statistics/ext_co2_emissions_by_sector.pdf n’est plus disponible.







Mais si l’Allemagne a fait de gros progrès depuis 1990, du moins, dans tous les autres domaines que celui de production d'électricité, les milliards d’euros engagés pour soutenir notre développement national éolien/photovoltaïque ainsi que la restructuration de notre parc électrique en espérant lui permettre de supporter leur intermittence, ne semble pas suivis de grands effets.




Extrait de http://www.observatoire-electricite.fr/Comparaison-des-situations


Bien sûr, d’autres efforts sont entrepris, notamment dans les économies d’énergie. Et une réduction significative des émissions a été obtenue, depuis 2010, aussi bien en Allemagne qu'en France, puisque le dernier rapport de l'AIE indique 759 Mt de CO2 en Allemagne et 315 Mt en France. Et les effets de la crise ne sauraient probablement pas être la seule cause de cette réduction.

Mais ne trompe-t-on pas les français en présentant le développement des énergies renouvelables intermittentes comme le symbole de la lutte contre le réchauffement climatique ?

Quand bien même nous saurions stocker leur énergie, nous n’aurions qu’une réduction de 19 Mt de CO2 à espérer de nos éoliennes ou de nos panneaux photovoltaïques.

Pourtant le seul surcoût de leurs tarifs d’achat est estimé par la Commission de Régulation de l’Énergie à 3.9 milliards d’euros pour 2016. Cette somme est à rapprocher des 3.7 milliards de baisse de dotation de l’État aux collectivités locales dont on connait les répercussions sur les 15 000 suppressions d’emplois dans les travaux publics.
France Stratégie a clairement dénoncé l’impact négatif qu’aura le coût de ce développement sur nos industries, sur le prix de l’électricité et sur la précarité énergétique des plus vulnérables.


La COP 21 donne de la visibilité à notre ambition climatique.
Ne brouillons pas le message en nous trompant de symbole.




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