samedi 20 février 2016

EDF fait de plus en plus varier sa production nucléaire

Veronique Le Billon 
Chef de service adjointe
Le 19/02 

Commentaire: Laissons la parole au professeur Riou: «Nucléaire 80% de variation de puissance en 30'! Résultat: Augmenter l'usure et diminuer la rentabilité»

Voilà où nous mène la colonisation éolienne à marche forcée:

«On avance, on avance, on avance.
C'est une évidence :
On a pas assez d'essence
Pour faire la route dans l'autre sens.
On avance.
On avance, on avance, on avance.
Tu vois pas tout ce qu'on dépense. On avance.
Faut pas qu'on réfléchisse ni qu'on pense.
Il faut qu'on avance
» 

Extrait de "On avance" d'Alain souchon (Alain souchon: Alain souchon et Louis chédid)

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En France, le parc nucléaire représente 76,3 % de la production d’électricité. - AFP


L’électricien public veut que deux tiers de ses réacteurs puissent adapter à tout instant leur puissance à la production renouvelable.

Les réacteurs nucléaires vont-ils bientôt remplacer les centrales au charbon ou au fioul pour passer les pics de consommation ? Dans la plupart des pays utilisant l’énergie nucléaire pour produire de l’électricité, l’atome est employé pour assurer les besoins « en base »: Les centrales tournent chaque jour de l’année et en permanence au maximum de leurs capacités, les autres moyens de production complétant les besoins. En France, du fait du poids inégalé du parc nucléaire –76,3 % de la production l’an dernier –, EDF a été obligé de développer leur « manœuvrabilité », pour que la production s’adapte aux variations de la consommation durant la journée et selon les périodes de l’année.

Désormais, EDF adapte son parc nucléaire aux variations de production qu’entraîne l’arrivée des énergies solaire et éolienne sur le réseau électrique. « Le parc nucléaire a toujours su faire de la modulation, mais ce qui change avec l’intermittence des énergies solaire et éolienne, c’est que nous avons besoin de faire varier davantage de réacteurs en même temps », explique Stéphane Feutry, délégué à l’état-major à la Direction de la production nucléaire d’EDF.


Un intérêt économique

Les réacteurs sont déjà capables de faire varier leur puissance de 80 % à la hausse ou à la baisse en l’espace de trente minutes. Et désormais, « nous formons nos équipes de conduite pour qu’à chaque instant, deux tiers des réacteurs soient capables de manœuvrer, contre 1 réacteur sur 2 auparavant », explique Bernard Salha, directeur de la R&D d’EDF. À moyen terme, cela peut contribuer à chasser l’électricité à base de combustible fossile, la plus chère en coût marginal et donc la moins souvent appelée sur le réseau « Depuis un an ou deux, il peut y avoir des périodes dans l’année où l’on s’appuie uniquement sur du nucléaire et du renouvelable, notamment grâce à la réactivité de l’hydraulique », poursuit Stéphane Feutry.

L’intérêt est aussi économique « En cas d’arrêt complet, un réacteur met plus de temps à redémarrer. Cette manœuvrabilité permet donc de limiter les pertes de production », poursuit Bernard Salha. Cette modulation, en revanche, use prématurément les équipements « Moduler la production nucléaire oblige à un peu plus de maintenance, parce que les robinets ou les tuyaux sont un peu plus sollicités. Mais on est dans l’épaisseur du trait », estime Stéphane Feutry.

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