mardi 16 février 2016

Hausse des tarifs pour les particuliers: Pourquoi EDF appelle l'État à l'aide

Par Laurent Martinet,
AFP.com/XAVIER LEOTY
Publié le 16/02/2016 


Commentaire: 
«...L'électricité se vend donc de moins en moins cher. En un an, le mégawattheure est passé de 38 à 28 euros, ce qui rogne les marges du groupe public...». Pour rappel, EDF a obligation de racheter la production électrique éolienne à 90€ MW/h. N'oublions pas que la différence affichée (+ 60€ à ce jour) est en perpétuelle extension. Mais certainement que le prix «à payer» est encore supportable puisque une grande majorité des mougeons... «mougeonne». 

Préparons-nous, le pire est avenir

php




La baisse du prix de l'électricité sur le marché européen pèse sur les marges d'EDF, qui souhaite un tarif garanti.


Le résultat net de l'électricien a été divisé par trois en 2015. Lesté d'une énorme dette, il doit trouver des financements pour entretenir ses anciennes centrales et lancer de nouveaux chantiers.

C'est l'heure des comptes pour EDF, qui publie ce mardi son bilan annuel. La situation financière de l'électricien français s'est dégradée en 2015, avec un résultat net divisé par trois, de 1,2 milliard d'euros contre 3,7 milliards en 2014. Le groupe a abaissé son dividende pour 2015 à 1,10 euro par action, contre 1,25 euro l'année précédente. Une option de paiement en actions choisie par l'État français, son actionnaire à 84,5%, évite au groupe de débourser plus de cash.


Les capacités d'investissement en question

EDF se flatte d'avoir toutefois fait progresser son chiffre d'affaires de 2,2% et son excédent brut d'exploitation de 1,9%, notamment grâce à l'augmentation de la production d'électricité nucléaire en France et au Royaume-Uni. Ces derniers chiffres ont été bien reçus en Bourse, où l'action était en hausse de plus de 11% en début de séance, après avoir perdu près de 75% depuis un an. Reste que dans une interview au Monde, le PDG Jean-Bernard Lévy pose «la question du maintien des capacités à moyen terme d'endettement et d'investissement du groupe».


Un appel à l'aide bien clair en direction de son actionnaire principal, alors que la dette du groupe s'élève à 37,4 milliards d'euros fin 2015, et qu'il doit mettre beaucoup d'argent sur la table pour envisager l'avenir. 55 milliards d'euros jusqu'en 2025 pour financer le programme dit de «grand carénage» censé porter la durée de vie des centrales nucléaires françaises au-delà de 40 ans, et près de 20 milliards d'euros pour la construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point, au Royaume-Uni. Un chantier considéré crucial pour la filière nucléaire française.

Sans compter le rachat de l'activité réacteurs d'Areva, le retard pris sur l'EPR de Flamanville et la participation au projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires, dont le coût a été récemment revu à la hausse par le ministère de l'environnement. EDF ambitionne également de doubler son parc de production d'énergies renouvelables à l'horizon 2030. Pour financer, EDF annonce de nouvelles cessions d'actifs, et Le Figaro évoque également l'hypothèse d'une augmentation de capital de 5 milliards d'euros.


Solution:Augmenter les tarifs


Problème:L'électricité est en surproduction en Europe. L'offre augmente, tandis que «la consommation stagne», relève Jean-Bernard Lévy pour Le Monde. L'électricité se vend donc de moins en moins cher. En un an, le mégawattheure est passé de 38 à 28 euros, ce qui rogne les marges du groupe public «Nous avons aujourd'hui à tenir compte de la baisse des prix de marché de gros, un événement tout à fait inattendu qui nous amène à avoir une diminution des recettes prévisionnelles à l'horizon surtout de 2017 et de 2018», a prévenu le PDG, lors d'une conférence téléphonique ce mardi. D'autant que la concurrence avec de nouveaux acteurs se fait plus rude avec la disparition des tarifs réglementés pour les entreprises et les collectivités au 1er janvier 2016.

Résultat: EDF reconnaît ne pas avoir actuellement les moyens de ses ambitions. La faute, notamment, au marché, qui fixe le prix de l'électricité «Le modèle de marché, conçu par les autorités politiques et économiques pour permettre d'investir dans le renouvellement des équipements, ne fonctionne pas», assure dans Le Monde Jean-Bernard Lévy. Il souhaite qu'un prix de vente soit garanti sur une longue période, comme «pour le solaire, l'éolien, la biomasse, ou encore le nucléaire au Royaume-Uni». Dans l'immédiat, il demande à l'État de pouvoir augmenter les tarifs pour les particuliers. Une faveur qu'il sera difficile de lui accorder dans un contexte pré-électoral.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire