vendredi 12 février 2016

Sur un air de PETR… (Charles Guené, sénateur de Haute Marne)

http://www.charlesguene.fr/
26 novembre 2015


Commentaire:«... Le plus délicat sera de convaincre la ruralité que l’économie et le tourisme ne peuvent s’affirmer qu’à travers des zones et des villes phares et centre et qu’il faut bâtir et adhérer à une stratégie de territoire...»

Question: Comment bâtir et adhérer à cette stratégie qui se heurtera en «plein ciel» avec le «périphérique» éolien annoncé sur la façade Est de Langres? À moins de considérer que Langres n'est pas une ville phare et centre?

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Au stade de notre réflexion sur le territoire, je crois qu’il est utile de faire le point, en particulier à l’issue de la dernière réunion :

1 – Convaincus par la perspective de la « communauté d’agglomération », certains d’entre vous veulent incliner la position de Monsieur le Préfet pour lui demander de surseoir à tout « mouvement » dans la partie sud, y compris lorsque la loi l’exige, afin que soit mise à profit la fin du mandat (ou moins !) pour que le projet de C.A. prospère sans fusions intermédiaires et aboutisse.

2 – Il semble que l’idée du portage par un PETR de cette « réflexion-gestion » soit partagée et sera validée à cet effet au 1er janvier 2016.

3 – L’opportunité d’une communauté d’agglomération « grand sud », sur les deux arrondissements, semble plébiscitée par les élus du Grand Langres et de l’agglomération de Chaumont.



Sur le principe, c’est l’idée directrice que je défends depuis l’origine. Aussi, n’en suis-je pas heurté mais, au contraire, ravi, encore que je m’interroge sur la pertinence de relier dans la foulée Langres et Chaumont. Mais, je pense qu’il doit s’agir avant tout, et surtout, d’une décision des cœurs de villes elles-mêmes et, en particulier, de Langres qui y jouera son destin compte tenu de sa dimension. Ce n’est cependant pas un pari que je récuse.

Si j’ai voulu imposer la structure d’un PETR* entre temps, c’est parce que j’ai trouvé, qu’au stade actuel, le cadre de notre législation n’était pas abouti et que la communauté d’agglomération, stricto sensu, n’était pas adaptée au monde rural profond car, s’il parait souhaitable que les compétences stratégiques (économie, tourisme, culture et urbanisme) relèvent rapidement du niveau agglomération, tout comme les compétences nouvelles (eau, assainissement, et, peut-être, rivières), le système est inopérant pour la proximité dont l’exercice sera relégué au niveau des communes qui, parfois, comptent de 50 à 200 habitants Cela pose, à cet égard des problèmes liés mais, de natures différentes :

– celui de l’organisation matérielle de base de cette proximité qui nous amène à réfléchir immédiatement à la notion de «commune nouvelle » et à l’échelle à retenir: Le rassemblement de deux à trois communes ou la taille de nos anciens cantons ? Il faut trouver la taille efficiente pour gérer, peut-être, la voirie, le scolaire et ce que nous mettrons dans ce contenu ( !)

– celui de la représentativité et du fonctionnement démocratiques dans de tels ensembles car, de telles communautés d’agglomérations en milieu rural cela veut dire des conseils communautaires de 300 à 400 personnes, si nous ne modifions rien, et, surtout, cela demande l’élaboration et le partage d’un projet commun, ainsi que l’adhésion de tous.



Si certains pensent qu’une communauté d’agglomération signifie la fin des problèmes financiers des villes, ils commettent une erreur grossière. La manne financière est tarie. Il n’y aura pas de dotation supplémentaire et les gains ne viendront que des mutualisations et de la rationalisation et s’échelonneront sur des années.

Le plus délicat sera de convaincre la ruralité que l’économie et le tourisme ne peuvent s’affirmer qu’à travers des zones et des villes phares et centre et qu’il faut bâtir et adhérer à une stratégie de territoire, ce qui est le contraire du saupoudrage équilibré que chacun souhaitait, et exige le partage équitable des charges de centralité exercées par les villes centres, et qui pèsent lourdement sur leurs budgets.



Pour travailler, il faut mettre en place cette organisation territoriale de proximité et construire ces objectifs partagés. Il faut du temps et un lieu de débat et d’expérience de gestion. Le PETR offre ce cadre – transitoire ou durable – selon les choix effectués.

* PETR: Pôle d'équilibre territorial et rural

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