lundi 5 septembre 2016

Suisse: Les verts jurassiens ont-ils allumé la lumière?

http://www.voisinedeoliennesindustrielles.com
05/09/2016


Commentaire: En espérant  que Cécile Duflot, Yannick Jadot, Karima Delli ou Michèle Rivasi et tous leurs petits camarades, «initiateurs-fossoyeurs» de la «colonisation» éolienne en France et candidats à la primaire du parti EELV pour l'élection présidentielle 2017, liront cet article. Ils y découvriront des «verts» suisses qui posent enfin les bonnes questions. Ce n'est pas encore un NON définitif à l'éolien mais, un OUI mais. En espérant que les représentants de ce parti insignifiant (1,34% aux dernières élections régionales 2015) sur l'échiquier politique mais qui s'est rendu indispensable, expieront leur «péché» éolien  avant... de disparaître. 
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Un aspect oublié dans la réflexion sur l'éolien: le remboursement à prix coûtant (rpc) via Swissgrid. On remplace banquiers par promoteurs sur l'image et l'affaire est bien résumée.

Ce que ne se sont jamais sentis obligés de faire les sections cantonales du parti des verts, qui généralement fantasment sur une société de nantis nourris aux biberons bio en regardant tourner des hélices à vent, les verts jurassiens l'ont fait: Ils ont réfléchi à l'éolien industriel. Il faut dire que vivre à proximité des parcs éoliens, ça remet l'industrie au milieu du village et pour le pire.

Les verts restent un parti politique avec les compromis que cela implique, mais sur ce coup là, dans le Jura ils m'ont étonné quand même. Ils ont pris le temps de se poser des questions: pas de carte blanche au canton sous prétexte d'écologie facile. C'est déjà bien. C'est surtout beaucoup mieux que la gauche et la droite réunies.
C'est sur ce site que nous pouvons lire leur position au sujet du plan directeur cantonal: http://verts-jura.ch/2016/02/01/energie-eolienne-pourquoi-une-telle-importance/#more-2182

 

Voici le texte:

Énergie éolienne : pourquoi une telle importance ?
Publié le 1 février 2016 par Les Verts Jurassiens

Dans leur réponse à la consultation du Gouvernement sur la fiche révisée (5.06) du plan directeur cantonal relative à l’éolien, les Verts jurassiens s’interrogent sur une l’importante mise en avant de cette forme de production d’énergie, la part d’autres énergies pourtant locales et renouvelables s’en trouvant diminuée. La promotion de l’éolien industriel interpelle tout particulièrement.



Considérations générales
°La planification cantonale est une bonne idée pour éviter l’anarchie qui régnait dans le domaine éolien.
On prendra pour référence la position des Verts concernant la LEN et la CCE, en particulier:
– mix énergétique;
– favoriser le renouvelable;
– favoriser les économies d’énergie;
– priorité aux productions locales (petit éolien, solaire photovoltaïque, solaire thermique, bois, biomasse et valorisation des déchets locaux…) et décentralisées.


°L’étude des différentes fiches en lien avec l’énergie nous interpelle: puisque la LEN vient d’être acceptée, la fiche sur l’énergie ne devrait-elle pas être révisée avant de reprendre toutes les autres fiches qui lui sont liées? En particulier il n’existe pas de fiche sur la biomasse, sur la valorisation des déchets verts. Pourtant dans chaque fiche, sous “conception directrice” il est indiqué: “encourager la diversification énergétique en privilégiant les agents indigènes et renouvelables”.


Ceci figure en particulier sur la fiche 5.09 Gaz Naturel. Or, il est inutile de rappeler que ce gaz n’est ni indigène ni renouvelable. Reprenons la fiche 5.07 Géothermie profonde: il est indiqué qu’on peut attendre une production de 334GWH/an et précisé qu’on couvrirait ainsi 50% de la consommation cantonale estimée pour 2035. Dans les documents actuels, on n’accorde que 30GWh/an à la production géothermique. Examinons la fiche 5.11 Énergie solaire: il est noté que 4 à 5 m2 sur une maison familiale couvrent 60% des besoins en eau chaude, or on peut aussi grâce aux capteurs solaires thermiques couvrir 30 à 40% des besoins en chauffage. Dans les documents actuels on s’intéresse davantage à augmenter la part de la consommation électrique pour couvrir les besoins en eau chaude sanitaire et en chauffage alors que des solutions simples telles qu’indiquées ci-dessus sont disponibles localement. Dans la fiche 5.11, on lit: “les capteurs solaires photovoltaïques intégrés en façade ou en toiture pourraient satisfaire 30% de nos besoins en électricité”, mais dans les documents actuels on retient 80+20GWh pour l’électricité d’origine solaire, ce qui correspond à moins de 20% de la consommation estimée pour 2035.


°Les Verts contestent donc que l’éolien, qui fait partie d’un mix énergétique, soit maintenant mis sur le devant de la scène avec une telle importance et qu’en contrepartie on diminue la part des autres énergies, pourtant locales et renouvelables. Le projet cantonal est un projet de société qui ne nous convient pas car il fait la promotion de l’éolien industriel et il présuppose une augmentation de la consommation électrique.


°Les Verts sont favorables à des concessions qui permettront d’alimenter un fond en priorité destiné à soutenir des projets environnementaux et les économies d’énergie.


°Les Verts sont inquiets de ne pas trouver dans ces documents d’informations claires concernant l’avenir des parcs éoliens: problèmes liés à la maintenance, au démantèlement ou au repowering. En particulier concernant le démantèlement des éoliennes pendant l’activité du parc éolien ou en fin de vie de celui-ci, les propriétaires des terrains ne seront-ils pas in fine obligés d’assumer les coûts souvent minimisés?


°On ne dispose pas de document précis qui engage les autorités sur les erreurs (évoquées par le Ministre) commises à Saint-Brais et au Peuchapatte. Les Verts demandent aux autorités cantonales d’établir un tel document.


°Nous constatons qu’il y a souvent contradiction entre les projets d’implantation de parcs éoliens et la protection de la nature, de la faune, et du paysage. Des études très approfondies devront être menées avec un grand sérieux pour garantir le respect de ces protections.


°Les Verts demandent un monitoring indépendant et sur le long terme, en utilisant les parcs déjà installés, pour étudier les implications de parcs éoliens:
– effets sur la santé;
– effets sur la faune;
– spécificités du “bruit éolien”, en particulier les basses fréquences et les infrasons, mais aussi les ondes sismiques et le caractère périodique.
Ces études indépendantes seraient un signal fort de transparence.


Problématique et enjeux, page 2 : objectif de l’éolien à 150GWh/an
°Le projet cantonal est optimiste quant au nombre d’heures de fonctionnement et à la vitesse du vent.
Nous sommes conscients que les cartes des vents reposent sur des modélisations ; nous avons comparé la carte des vents utilisée par le Canton (bureau Météotest, étude du 28 août 2013) avec les cartes trouvées sur le site wind-data.ch (mandants OFEN et Suisse-Éole, réalisation bureau Météotest). Puisque les éoliennes prévues seront de grande hauteur, nous prenons comme référence la plus haute altitude disponible soit 100m. Nous constatons que pour un même lieu les cartes wind-data donnent des valeurs de vitesse des vents systématiquement inférieures à celles présentées par le Canton. (Exemple pour la route de Fahy : 3,5 à 4,4m/s sur wind-data et 5,0 à 5,5m/s sur l’étude du Canton. On peut considérer que la carte présentée par le Canton est plutôt optimiste. Nous ne pouvons que nous étonner d’autre part de la remarque faite dans le document cantonal, résumé page 3: “(…) en comparaison avec la carte suisse des vents (…) la carte suisse des vents dans la région de l’Ajoie” qui stipule que l’incertitude est inférieure à 0,5m/s alors que les écarts que nous relevons sont bien plus grands, plutôt de plus de 1m/s. Seules les mesures sur site permettront de trancher en temps voulu. Il faut tenir compte de l’estimation du nombre d’heures de fonctionnement des éoliennes sur une année. Selon l’étude présentée dans le document du Canton, le nombre d’heures moyen de fonctionnement est de 1800, or selon différents sites en activité les valeurs sont souvent inférieures à 1800. On peut à nouveau considérer que le projet du Canton est plutôt optimiste. La réalité du terrain pourrait être bien plus défavorable que dans l’étude présentée, par conséquent le risque est grand soit de ne pas produire autant que prévu soit d’augmenter le nombre d’éoliennes du parc jurassien.


°Les documents fournis nous amènent à penser que la consommation électrique estimée pour 2035 est surévaluée: nous demandons qu’une étude plus réaliste soit présentée avec toute la transparence voulue, dans le respect de l’utilisation des énergies renouvelables indigènes, comme stipulé.
Les valeurs de la consommation électrique du canton données pour 2015 et 2035, rapportées au nombre d’habitants, donnent une augmentation de 36% de la consommation électrique par habitant. Si on tient compte des économies d’énergie prévues, bien que peu précises quant à leur réalisation, on trouve encore une augmentation de la consommation électrique par habitant de l’ordre de 20%. Cette augmentation correspondrait à l’hypothèse qu’en 2035 la moitié du parc automobile sera électrique, mais nous n’avons pas d’informations concernant l’évaluation du parc automobile d’ici 2035; le Jura serait bien inspiré de développer au plus vite ses transports publics pour éviter une telle dérive. Une deuxième explication pour cette augmentation de la consommation électrique par habitant est le passage à l’électricité pour les chauffages et l’eau chaude sanitaire. Nous ne pouvons pas comprendre cette attitude de promotion de PAC qui n’exclut pas les systèmes air-eau, à propos desquels tout le monde sait que selon la température extérieure il s’agit ni plus ni moins de chauffages électriques. Dans notre canton on peut mettre en place plusieurs autres moyens pour le chauffage et en particulier promouvoir les chauffages à distance du type “thermoréseau”, mais aussi le solaire thermique ou photovoltaïque comme cité plus haut en référence à la fiche 5.11.


°Les Verts sont inquiets de la grande part de la consommation électrique qu’il est prévu de couvrir avec la production éolienne; selon des documents de la Confédération, notre région n’est pas favorable à cette production d’énergie. En particulier comment réagiront les autorités si la production n’atteint pas les valeurs escomptées? Quelle autre énergie sera utilisée en remplacement? À travers les documents en notre possession, nous ne pouvons pas comprendre comment l’alimentation en électricité sera assurée lorsque le vent sera insuffisant.


Problématique et enjeux, page 2: “afin d’augmenter l’acceptation des projets”
°L’expression utilisée: “afin d’augmenter l’acceptation des projets” nous paraît inappropriée. La participation des citoyens est indispensable en tant que telle et pas seulement en vue d’un accord avec un projet cantonal.
°Les Verts demandent qu’un responsable compétent du Canton soit en charge de la négociation des contrats et puisse poursuivre les exploitants en cas de non-respect des règles, et ce jusqu’à la fin de l’exploitation et du démantèlement.
°Le Canton doit prendre une part active dans la production d’énergie renouvelable, par exemple par la création d’une entreprise de droit public, ayant pour but de produire et distribuer l’énergie au niveau cantonal.
°Nous soutenons la création de coopératives locales, elles accroissent la responsabilité de chacun dans l’avenir énergétique.


Conception directrice, art.3:20: encourager la diversification énergétique en privilégiant les agents indigènes et renouvelables


Les Verts sont satisfaits de cette prise de position, mais sont inquiets quant à la mise en œuvre, il est à craindre que ceci reste un vœu pieux, un plus grand engagement réel du Canton dans cette voie est indispensable.


Principes d’aménagement
Principe 2: l’énergie grise doit être prise en compte pour tout type d’éolienne. Il doit être démontré que les turbines installées peuvent fonctionner plus de 2000 heures par année à puissance nominale au lieu proposé pour leur installation, sous peine de discriminer (voir plus loin) les petites éoliennes.


Principe 3: le terme “plan spécial cantonal” étant peu utilisé, nous demandons qu’il soit bien reprécisé, et en particulier que soit indiqué clairement qui approuve ce plan (gouvernement, parlement, toute la population du canton, d’un district, autres); sous quelle forme (loi, autres), à quelles conditions et par qui il peut être modifié.


Principe 4: la “participation de la population” n’est pas clairement définie. La communication et la co-construction des projets doit être réelle, sans quoi tous les projets seront bloqués. Il est indispensable, pour que la population se rende compte des projets, de lui fournir dès le départ une simulation sur le terrain, la plus objective possible. La participation de la population ne doit pas se limiter à une simple information. Comme nous le relevons plus loin, nous ne pensons pas que le mandataire soit aussi indépendant que nécessaire, puisqu’il sera payé par l’exploitant.
Principe 5: si on se base sur l’objectif d’implanter 30 éoliennes, on en déduit que sur chacun des sites une dizaine d’éoliennes seront installées. Il faut impérativement informer les communes concernées et la population sans minimiser l’impact final, en annonçant déjà les extensions de parc prévisibles. Seule une vraie transparence permettra une confiance de la population dans les projets. Il ne faut pas oublier l’information aux communes et à la population qui ne sont pas directement touchées par l’installation des éoliennes mais qui en subiront l’impact visuel, les lumières de nuit, ou autres.
Principe 6: nous comptons sur les autorités pour faire respecter les lois concernant les aspects à préserver dans chaque région.
Principe 7:
a) – Nous constatons qu’ainsi certains sites retenus seront éliminés;
– Il demeure une grande difficulté entre la rentabilité des machines, leur taille et leur emprise au sol.


b) – L’impact de ces nuisances devra aussi être déterminé par une étude indépendante en cours d’exploitation et à tout moment des mesures de protection complémentaires doivent pouvoir être prises. Ceci est une exigence indispensable à la réalisation d’un nouveau projet éolien si on ne veut pas se retrouver dans le cas de Saint-Brais et du Peuchapatte, où les autorités cantonales reconnaissent leur impuissance à corriger quoi que ce soit;
Il doit aussi être pris en compte la volonté cantonale de développer le tourisme doux et donc de protéger les randonneurs.


c) – Nous sommes pleinement en accord mais se repose bien clairement la question préalablement posée de qui approuve et qui modifie ce plan spécial cantonal.


d) – Aucune norme de distance ne figure dans la fiche bien que certaines aient été prises en compte pour l’étude;
Les spécificités du “bruit” éolien ne se limitent pas à un niveau exprimé en décibels, mais il faut tenir compte entre autres de toutes les fréquences émises, dans le domaine des sons ou des infrasons, et du caractère périodique;
– Nous demandons que tout soit mis en œuvre pour utiliser l’OPB dans ce qu’elle permet de traiter de la diversité des bruits industriels, et le Canton doit veiller scrupuleusement à ce que les bruits éoliens soient pris en compte dans leur spécificité dans toutes les études d’impact. Il serait en effet impensable que la référence utilisée (OPB) ne soit pas adaptée à ce qu’elle prétend mesurer.


(...)


f) Les Verts sont très attentifs à cet aspect non négligeable et insistent sur la nécessité de limiter au maximum les routes qui permettent des accès à des lieux actuellement préservés, et qui, par le dérangement et la destruction de milieux naturels, menacent par là aussi bien la flore que la faune, donc la biodiversité.


g) Dans le même esprit qu’au point précédent, les Verts demandent que toutes les voies d’accès créées pour le chantier qui ne seront plus utilisées pour l’exploitation des turbines soient démantelées, et demandent qu’on minimise la largeur des routes d’accès.


(...)

i) Les Verts demandent qu’un expert cantonal, spécialement formé à la problématique des parcs éoliens, soit mandaté pour le suivi du respect des règles définies avant l’exploitation et qu’il veille en particulier à ce que les provisions nécessaires soient évaluées de manière objective, les exploitants ayant plutôt tendance à les minimiser. L’expert cantonal devra aussi veiller à ce que les fonds prévus restent à disposition même en cas de mauvaise situation financière de l’exploitant pendant son exploitation.


Principe 8.


a) Bonne mesure qui inclut le principe d’énergie grise dans la construction des éoliennes.
Mandat de planification
NIVEAU CANTONAL


Le Service du développement territorial, Section de l’aménagement du territoire:


e) Nous craignons que la pression soit forte sur le site de réserve qui remplacera un site prioritaire: en effet, ne pas accepter de parc éolien sur ce nouveau site mettra en péril l’atteinte des objectifs énergétiques de la CCE.


f) Nous constatons ici que le mandataire dont on parlait déjà dans une autre partie de la fiche n’est pas si indépendant puisqu’il sera payé par le porteur de projet. Nous demandons que ce point soit réétudié pour garantir l’objectivité.


h) La création dans le canton d’une commission “sites et paysages” indépendante, réunissant de nombreux partenaires, notamment les associations de protection de la nature et du paysage est demandée. Cette commission devra aussi prendre en compte les projets sur les territoires voisins, étrangers ou d’autres cantons.

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