jeudi 8 décembre 2016

Le développement de l’éolien freiné par le parc national

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David Régazzoni 
14/01/2012

Commentaire: Souvenons-nous... 2012!
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Alors qu’il pensait avoir bouclé le schéma de développement éolien en Bourgogne, le conseil régional a été informé de nouvelles règles imposées par les pouvoirs publics.


Le projet de Parc national de forêt de feuillus de plaine, qui doit voir le jour d’ici 2015 entre la Champagne et la Bourgogne, pourrait bien mettre en péril les projets éoliens dans le nord du département, en particulier dans le Châtillonnais. C’est un courrier émanant des services de l’État qui, début décembre, a semé le trouble. Une missive transmise au préfet de la Haute-Marne, chargé de coordonner le projet de parc, dans laquelle L’État estimait en substance que la notion de parc national n’était pas compatible avec la présence d’éoliennes. Conséquence : le retrait de 63 communes de Côte-d’Or – et de 50 en Haute-Marne – de la zone de développement éolien.


Problèmes de covisibilité
Dans le nord du département, cela remet en cause une dizaine de projets qui regroupent au total plus d’une centaine d’éoliennes. Ce qui représente rien moins que 20 % de l’objectif que s’était fixé la Région Bourgogne en matière d’énergie éolienne. De quoi provoquer la colère de François Patriat, président du conseil régional : « Lorsque la nouvelle est tombée, nous sortions de plusieurs semaines de concertation fructueuse avec le préfet de la Haute-Marne sur le schéma de développement éolien, déplore-t-il. Or c’est l’État lui-même qui, subitement, met en difficulté des projets qui nous permettraient d’atteindre les objectifs fixés par le Grenelle de l’Environnement. » La collectivité s’est en effet engagée à atteindre en 2020 les 23 % d’énergie renouvelable sur l’ensemble de la Bourgogne, dont un tiers (soit 1 500 mégawatts) grâce à l’éolien. Et la Région est d’autant plus déterminée qu’elle sait que nombre de maires, intéressés par les retombées financières qu’il peut représenter, sont partisans de cette technologie. De quoi provoquer un vrai vent de fronde contre le Parc national, d’autant que la zone d’exclusion des communes a été envisagée au sens large par le ministère. Si elle concerne évidemment les communes (de 13 à 30) qui seraient dans le cœur du parc, ladite zone a été élargie à l’aire optimale d’adhésion, autrement plus étendue. Car dans les 63 communes concernées, on en trouve qui poseraient des problèmes de “covisibilité”. A Courban, dans le canton de Montigny-sur-Aube, le maire Christian Jannet espérait pouvoir compter dès que possible sur les 40 000 euros de taxe qu’allait rapporter chaque année à sa commune un projet de 8 générateurs. « Mais en juin 2010, le projet a été retoqué au prétexte que les mâts seraient visibles depuis la sortie d’autoroute de Châteauvillain par les touristes venus visiter le parc », s’indigne Christian Jannet. D’ailleurs, lorsque la communauté de communes du pays châtillonnais s’est prononcée sur l’arrêté de prise en considération du projet de parc, la commune de Courban a voté contre.

Du côté des promoteurs du parc, GIP en tête, on se veut plus rassurant. « Les 63 communes concernées ont été exclues du schéma de développement de façon provisoire, le temps que soit connu le périmètre définitif », insiste Christophe Gallemant, directeur du Groupement. Lequel se veut rassurant : « Les communes auront leur mot à dire sur les délimitations du futur parc. » Des frontières qui seront connues – au plus tôt début 2014. De quoi, au mieux, retarder de deux ans des projets pour certains déjà très avancés.

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