USINES AGRIVOLTAÏQUES : NOS TERRES NOURRICIÈRES EN RÉEL DANGER

  Contrairement au discours des industriels affirmant que les usines agrivoltaïques — panneaux au sol, sont inoffensives pour l'environnement, une étude publiée en mars 2026 dans le Journal of Environmental Management — menée par des chercheurs publics du Centre National de la Recherche Scientifique — CNRS, de l'Institut de Recherche pour le Développement — IRD, et de plusieurs universités, prouve le contraire. Elle révèle que les panneaux solaires étouffent et appauvrissent les sols : la respiration du sol y chute de 62 % et l'abondance de la mésofaune de 38 % sous les structures. Des institutions scientifiques de référence — le CNRS et le Conseil national de protection de la nature - CNPN, affirment que les objectifs ambitieux de développement du photovoltaïque peuvent largement être atteints en utilisant les surfaces déjà artificialisées — toitures de bâtiments publics et privés, parkings, hangars, friches, sans détruire les sols nourriciers. 
 Malgré, la politique menée par l' État est totalement à l'inverse. 
  • Le Fonds Vert¹ destiné aux collectivités pour équiper les bâtiments publics a été drastiquement réduit — divisé par près de quatre en deux ans, puis amputé de 163 millions d'euros supplémentaires. 
  • L'obligation d'équiper les grands parkings extérieurs — supérieurs à 10 000 m², a vu son échéance repoussée de par décret en décembre 2024, laissant le champ libre à l'installation plus économique et lucrative de panneaux dans les champs. 
  À l'inverse, la loi Aper de mars 2023¹, facilitant les projets d'usines agrivoltaïques, ainsi que la discrétion de nombreux maires et élus locaux qui informent tardivement les populations, privilégiant les intérêts des écornifleurs du soleil au détriment des riverains et de la préservation de la biodiversité.
   Le développement effréné des usines agrivoltaïques illustre une dérive systémique profonde où les intérêts économiques d'une minorité priment sur l'intérêt général, l'écologie réelle et la préservation des terres nourricières.
  • Une manne financière captée par les industriels aux frais du public : ce déploiement massif n'est pas guidé par une urgence climatique ou environnementale absolue — puisque les toitures et les zones déjà artificialisées suffisent amplement —, mais bien par la recherche de la rentabilité maximale. Les écornifleurs et les grands groupes énergétiques profitent de coûts d'installation au sol bien plus faibles que sur les toits, tout en captant des subventions publiques massives. 
  • La double peine du contribuable et du consommateur : le Français est OBLIGÉ de payer 2 fois. D'une part, il finance directement ces projets par l'impôt — via les aides publiques et les subventions d'État à l'énergie; d'autre part, il subit la hausse des coûts de l'énergie et la dégradation de son cadre de vie et de son environnement local. 
  • La compromission des sphères du pouvoir : du plus haut sommet de l'État jusqu’aux échelons locaux, les décisions politiques — reports de décrets pour les supermarchés, réductions des budgets pour les toitures publiques, facilitation législative, agissent comme un tapis rouge déroulé pour les lobbies du soleil. Sous couvert de transition écologique, ce système organise en réalité le saccage des terres agricoles pour alimenter une industrie spéculative, loin des aspirations des Français et des impératifs écologiques sincères. 
  En conclusion : les intérêts financiers d'une minorité d'opportunistes — lobby du soleil, élus locaux complaisants, services de l'État et autres loueurs de parcelles — exploitants agricoles et propriétaires terriens — se font au détriment direct de l'intérêt général et de la biodiversité. Face à cette razzia industrielle, la majorité, trop souvent silencieuse, doit faire place à la mobilisation : ces dérives doivent cesser ! 
 
1. « Créé en 2023, le Fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires, dit Fonds vert, soutient les collectivités locales et leurs partenaires dans leurs investissements au service de la transition écologique à l’échelle locale.[...] Structuré autour de trois axes stratégiques – performance environnementale, adaptation au changement climatique, et amélioration du cadre de vie – le Fonds vert est reconduit en 2026 avec une enveloppe initiale de 837 millions d’euros. » Source. 
2. « Face à la crise énergétique et au dérèglement climatique, la loi du 10 mars 2023 entend accélérer la production d’énergies renouvelables (EnR). Elle s’articule autour de quatre axes : planifier les énergies renouvelables, simplifier les procédures, mobiliser le foncier déjà artificialisé et mieux partager la valeur générée par ces énergies. Elle comprend 116 articles qui modifient 4 codes : énergie, urbanisme, environnement et propriété de la personne publique. (...) » Source. 
 
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 Les panneaux solaires étouffent les sols

  Le principal argument des promoteurs de l’agrivoltaïsme s’effondre : alors qu’ils présentent depuis les centrales photovoltaïques dans les champs et les forêts comme inoffensifs, une étude publiée dans le Journal of Environmental Management démontre qu’au contraire, ils étouffent et appauvrissent la biodiversité des sols. 
  Les jolis moutons tout blancs au milieu des panneaux solaires sur les photos de communication des industriels ont du souci à se faire. Les agriculteurs qui les élèvent aussi. On leur a présenté l’installation de centrales dans leurs prés comme la poule aux œufs d’or. La multiplication des pains, plutôt. Sur une même surface, il allait pouvoir maintenir son revenu issu de l’élevage, et en plus gagner des sous en vendant de l’énergie. Pourquoi refuser quand en plus une loi est votée pour faciliter la réalisation du projet ? Même le parti qui se proclame écologiste n’est pas contre. Ses député·es se sont abstenu·es lors du vote de la loi Aper, promulguée en mars 2023, avant que puissent être vraiment évalués les dégâts occasionnés par la conversion accélérée des prés, des champs, des forêts en usines énergétiques. 
  La plus élémentaire des prudences aurait pourtant dû conduire à interdire ces centrales, d’autant qu’il n’y avait aucune urgence à mobiliser des espaces au sol pour cette industrie : la France dispose de bien assez de toitures pour satisfaire les besoins. Ce ne sont pas seulement les écolos radicaux insoumis et des dizaines de collectifs réunis dans la Coordination photorévoltée qui le disent. C’est aussi le CNRS ou le Conseil national de protection de la nature (CNPN). 
« Les objectifs des scénarios les plus ambitieux pour le développement du solaire PV peuvent être atteints avec les technologies actuelles, à un coût mesuré, en utilisant les surfaces déjà disponibles (toitures, parkings, friches,…) et sans artificialisation supplémentaire. »
CNRS, 2023.
« plusieurs études suggèrent que l’objectif de 100 GW peut être atteint en mobilisant uniquement des espaces artificiels (toitures, hangars agricoles existants, parkings, routes, etc. »
Conseil national de protection de la nature, avis du 19 juin 2024
 
  Non seulement le choix a été fait de mépriser ces avertissements, mais cela ne suffisait encore pas. Il fallait saboter les alternatives. Les collectivités, capables d’investir sur le long terme, pouvaient donner une réelle impulsion au développement du solaire en équipant les toitures des bâtiments publics : mairies, infrastructures scolaires, sportives, routières, hôpitaux… Un « Fonds Vert » existait même pour le financement. Il a été réduit comme peau de chagrin : divisé par près de quatre en deux ans et encore coupé dans son enveloppe à hauteur de 163 millions d’euros fin mai par le gouvernement, en pleine vague de chaleur. 
  Pour ce qui est du privé, les entrées de ville sont recouvertes de zones commerciales (il y en a 1500 en France pour une surface de 500 millions de mètres carrés !) et industrielles avec d’immenses parkings. Mais non. Nous vous alertions en août 2024 (v. notre article) sur un report de l’échéance de l’obligation faite aux parcs de stationnement extérieurs d’une superficie égale ou supérieure à 10 000 mètres carrés. Le décret a été publié en décembre 2024 et les supermarchés ont gagné 18 mois. Autant de temps pour installer des panneaux dans les champs, au seul profit des industriels : les coûts d’installation y sont moindres. 
 
Sous les panneaux, 62 % de respiration du sol en moins
 
 
  Les méthodes déjà éprouvées de certains industriels pour « démontrer » l’innocuité de leurs produits sur le vivant complètent le dispositif : « études » réalisées par les entreprises qui vendent le produit ou leur sont liées, financièrement liées, dissimulation à la population de projets jusqu’à la limite légale, alors qu’ils sont négociés depuis des mois, campagne institutionnelles¹.
  Voilà pourquoi, quand une étude laisse peu de place au doute sur l’indépendance des chercheuses et chercheurs qui l’ont réalisée, il faut en parler ! Si ENGIE Green figure dans la liste des références de celle publiée² le 3 mars 2026 dans le Journal of Environmental Management, elle a essentiellement été menée par des universitaires et des chercheurs d’organismes publics. Iels viennent des universités d’Aix Marseille, d’Avignon, de Montpellier, de Tours, de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), du CNRS, de l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE), du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE)… 
  Leur conclusion : 
« les panneaux solaires ont eu un impact négatif sur les paramètres physico-chimiques et biologiques du sol ainsi que sur la végétation ». « Nous avons constaté, indiquent-ils, que la respiration du sol et l’abondance de la mésofaune étaient respectivement inférieures de 62 % et 38 % sous les panneaux par rapport aux zones situées hors de ces derniers. »
  Les pratiques agricoles sous les panneaux et la situation géographique de la centrale changent-elles quelque chose ? « L’abondance de la mésofaune du sol était particulièrement réduite sous les panneaux des parcs solaires fauchés », rapporte l’étude, mais l’analyse « montre que les effets des panneaux sur la respiration du sol étaient indépendants de ces deux facteurs ».
 
 Maintenir les questions écologiques à la « Une » des médias 
  Les riverains n’en veulent pas. Les associations écologistes n’en veulent pas. Des chercheurs et des institutions indépendantes montrent, rapport après rapport, qu’on peut faire ailleurs et autrement, à une seule condition : refuser que la recherche du plus grand profit financier pour un tout petit nombre de personnes soit le critère. 
  Pour EnR, qui a réalisé le site Stop Agrivoltaïsme, « transparence, équilibre territorial et préservation des terres nourricières doivent être au cœur du débat ». Les canicules qui s’empilent ont forcé la porte : les questions écologiques sont un peu moins ensevelies sous le sport et les faits divers dans les médias. À mesure que l’échéance de l’élection présidentielle approchera, tout sera fait par les lobbies de l’énergie et leurs porte-paroles dans le monde politique pour remettre le couvercle sécuritaire sur la marmite écologique. À nous de ne pas les laisser faire.  
 
 
 
 
Notes 
1. Ainsi par exemple la communauté de communes du Sud Nivernais mentionne sur sa page Facebook une réunion « dédiée aux enjeux environnementaux » tenue le 2 juin, « avec la visite du chantier agrivoltaïque de Champvert, en présence du directeur de WPD, gestionnaire du projet ».
 
 
Sur le Web

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