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ENERGIEWENDE : LA FIN DU « CHÈQUE EN BLANC » POUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES

  L’analyse de la réforme du soutien aux énergies renouvelables en Allemagne met en évidence les limites d’une politique énergétique principalement fondée sur des aides publiques garanties. Si ce modèle a permis un développement important des capacités éoliennes et photovoltaïques, il doit désormais répondre à trois défis structurels : la soutenabilité financière du dispositif, l’adaptation des réseaux électriques et le maintien de conditions suffisamment prévisibles pour encourager les investissements.
  L’étude de l’Institut d’économie de l’énergie de l’Université de Cologne, qui chiffre à 732 milliards d’euros les besoins de développement des réseaux d’ici 2045, souligne que la transition énergétique ne dépend pas uniquement de l’augmentation des capacités de production renouvelable. Elle nécessite également des infrastructures adaptées, des moyens de flexibilité et une meilleure coordination entre la production, la consommation et les capacités de raccordement.
  Dans ce contexte, le projet EEG 2027 traduit une évolution de la stratégie allemande vers un soutien davantage conditionné par les coûts, les mécanismes du marché et les contraintes du système électrique.      Cette orientation pourrait améliorer l’efficacité économique du dispositif, mais elle comporte également « des risques pour la rentabilité de certains projets et la continuité des investissements ». L'inquiétude serait pourtant bien malvenue : voici près de deux décennies que les écornifleurs de vent et du soleil nous certifient sur tous les tons que ces filières sont parfaitement compétitives. L'Agence Internationale de l'Énergie — AIE, ne proclamait-elle pas avec une assurance inébranlable dans son rapport de 2020 que « le solaire est désormais l'électricité la moins chère de l'histoire » ? Et les partisans des tarifs d'achat garantis ne nous assuraient-ils pas, dès le début des années 2000, que « les subventions ne sont qu'un coup de pouce temporaire pour amorcer la pompe » ? Avec de telles certitudes répétées en boucle, comment pourrait-on seulement imaginer le moindre problème ?
  En définitive, l’Allemagne ne remet pas nécessairement en cause son objectif de transition énergétique mais, le principal enjeu pour elle aujourd'hui, consiste à trouver un équilibre entre discipline budgétaire et ambition climatique. 
 
Cette nouvelle politique outre-Rhin ne pourrait-elle pas inspirer la France ?  
  La comparaison entre l’Allemagne et la France montre que la réussite de la transition énergétique ne dépend pas uniquement de la vitesse de déploiement des énergies renouvelables, mais de la cohérence économique de l’ensemble du système électrique.
 Cette réforme allemande mérite d’inspirer les dirigeants français, mais il faudrait en retenir les principes économiques plutôt que copier intégralement le modèle allemand. 
  La France devrait s’inspirer de 3 principes allemands :  
  • la discipline économique,  
  • la coordination entre production et réseaux, 
  • et une responsabilisation accrue des producteurs face aux signaux du marché.
  Mais elle devrait les appliquer à sa propre situation, en préservant la valeur stratégique de son parc nucléaire et en développant les renouvelables... lorsqu’ils apportent un bénéfice démontrable.
  La bonne question pour les dirigeants français n’est donc pas : « Faut-il davantage de nucléaire ou davantage de renouvelables ? » Elle est plutôt : « Quelle combinaison d’investissements garantit une électricité décarbonée, fiable et compétitive, au coût complet le plus faible pour la collectivité ? 1»
 
1. La Commission de Régulation de l' Énergie — CRE,  prévoit des charges de service public de l’énergie à compenser de 12,3 milliards d’euros en 2026 et de 14,2 milliards en 2027. La hausse prévisionnelle est notamment liée à l’augmentation des volumes soutenus. 
 
À suivre...

Bonne lecture.
 
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Allemagne : le soutien aux énergies renouvelables mis à l’épreuve

  Le développement des énergies renouvelables dans le secteur électrique est un aspect emblématique du tournant énergétique allemand.
  La Loi sur la promotion des énergies renouvelables (EEG – Erneuerbare Energien Gesetz), entrée en vigueur en 2000, est considérée comme le moteur du développement de ces énergies.

  Les conditions très avantageuses des tarifs de rachat garantis ont attiré des investissements considérables, conduisant au développement massif des énergies renouvelables et à des coûts importants.
  La Loi a été adaptée au fur et à mesure, sans pour autant réduire sensiblement ces coûts. Résultat : le prix du kWh payé par le ménage allemand a été en 2025 le plus élevé d’Europe (Allemagne Energies 3).
  La nouvelle coalition gouvernementale au pouvoir depuis mai 2025, composée de l’Union chrétienne démocrate (CDU), de l’Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU) et des Sociaux-démocrates (SPD), veut exploiter les potentiels des énergies renouvelables, mais l’objectif est maintenant d’obtenir des coûts énergétiques durablement bas et prévisibles, compétitifs au niveau international (Allemagne Energies 2025 ; Allemagne Energies 1).
  À cela s’ajoute que la validité du régime d’aides d’état de la loi en vigueur (EEG 2023) est officiellement approuvée par la Commission européenne jusqu’au 31 décembre 2026 (CE 2022).
  Un amendement à la loi (EEG 2027) est actuellement en préparation (BMWE 2026). Cet amendement devrait donc entrer en vigueur dès 2027. Outre la Commission européenne, le Parlement allemand et le Conseil fédéral représentant les 16 Länder (les États fédérés de l’Allemagne) doivent également donner leur feu vert.
  L’ EEG 2027 marque un changement important de la politique énergétique allemande et du soutien à l’électricité verte. Le gouvernement défend une approche davantage fondée sur le marché, la maîtrise des coûts et l’intégration au réseau électrique, tout en maintenant l’objectif de développement des énergies renouvelables.
  D’un point de vue critique, l’ EEG 2027 peut être présenté comme une réforme qui privilégie l’efficacité économique, la stabilité du réseau et la réduction des coûts publics, mais qui risque d’affaiblir le dynamisme de la transition énergétique, la participation citoyenne et la sécurité des investissements dans les énergies renouvelables.
  Des désaccords persistants, notamment avec le Conseil fédéral, menacent l’adoption rapide du texte, faisant planer un risque d’incertitude juridique à l’approche de 2027.

Source : Bundesnetzagentur/SMARD
 
Introduction 
  Dans le passé, les charges liées au soutien aux énergies renouvelables électriques étaient financées par le consommateur d’électricité. Depuis mi-2022, ces charges ne sont plus visibles sur la facture d’électricité car elles sont entièrement financées par l´État, c’est-à-dire par les contribuables. 
  Selon une estimation de l‘Institut de l’énergie de Leipzig, le contribuable sera ainsi soumis entre 2026 et 2030 à une charge totale de plus de 88 Md€, dont environ 60% uniquement pour le soutien du photovoltaïque (IE Leipzig 2025). 
  À cela s’ajoutent les coûts de gestion des congestions des réseaux (redispatching, countertrading) et le coûts du développement des réseaux électriques (Allemagne Energies 2). 
  Non seulement le réseau de transport, mais aussi les réseaux de distribution doivent être adaptés à la transition énergétique. La mise en place de millions de petites unités de production décentralisées, notamment à base d’énergies renouvelables intermittentes, injectant majoritairement dans le réseau de distribution, entraîne un changement radical dans le fonctionnement du système électrique.
  Les gestionnaires de réseau ne sont plus en mesure d’intégrer au réseau électrique toutes les installations d’électricité verte et les systèmes de stockage par batterie qui se multiplient actuellement. L’une des raisons : en l’espace de quelques années, les demandes de raccordement au réseau ont quadruplé.
 
Projet d’amendement de loi sur la promotion des énergies renouvelables, appelée EEG 2027 
  Un amendement à la loi (EEG 2027) est actuellement en préparation (BMWE 2026). Selon le gouvernement, la loi sur la promotion des énergies renouvelables nécessite une refonte en profondeur pour plusieurs raisons. Il convient d’orienter systématiquement la loi vers l’accessibilité financière, la rentabilité et la sécurité d’approvisionnement. Il s’agit d’un changement fondamental du soutien à l’électricité verte. 
  Les installations existantes mises en service jusqu’à fin 2026 sont exemptées et conserveront leurs conditions de la loi EEG 2023. 
  Si le gouvernement fédéral entend bien maintenir son objectif de porter à 80% la part de l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables d’ici 2030, il estime toutefois que le développement doit être organisé de manière « plus efficace sur le plan du système électrique et des coûts ».
  Afin d’atteindre ces objectifs de développement du photovoltaïque, la répartition actuelle des nouvelles installations entre les installations sur toiture et les installations au sol doit être modifiée au profit des installations au sol, plus économiques.

Suppression du tarif d’achat garanti pour les nouvelles installations photovoltaïques de moins de 25 kWc 
  Les principales mesures prévues par le projet de loi EEG 2027 sont la suppression du tarif d’achat garanti pendant une durée de 20 ans (Obligation d’Achat) pour des nouvelles installations, l’obligation de commercialisation directe de l’électricité non auto-consommée, l’ajustement des volumes mis en adjudication et la simplification des procédures administratives en matière de subventions et de justificatifs. 
  Concrètement, pour les nouvelles installations photovoltaïques sur toiture (moins de 25 kWc) le tarif fixe de rachat d’électricité sur 20 ans sera supprimé avec une période transitoire prévue jusqu’à fin 2028 avec un tarif d’achat considérablement réduit. Ensuite, les producteurs doivent passer obligatoirement à la commercialisation directe.
  Toutefois, les installations existantes mises en service jusqu’à fin 2026 conserveront leur tarif d’achat garanti pendant 20 ans.
 
Mise en place des contrats pour différence pour les nouvelles installations photovoltaïques à partir de 100 kWc 
  Les installations photovoltaïques de plus grande taille (à partir de 100 KWc) seront désormais soumises à des contrats pour différence (CPD). 
  Ce mécanisme est de plus en plus utilisé pour soutenir le développement des énergies renouvelables tout en limitant les surprofits lorsque les prix de marché sont élevés.
  Les exploitants continuent de bénéficier d’un prix d’exercice (strike price), mais s’ils réalisent des bénéfices nettement plus élevés sur le marché, par exemple en période de prix élevés de l’électricité, ils doivent reverser une partie de ces recettes supplémentaires.
 
Un volume supplémentaire d’appels d’offres pour l’éolien terrestre 
  Le parc éolien terrestre s’est élevé à 68,1 GW fin 2025. La prochaine étape fixée par la loi EEG 2023 prévoit une puissance installée de 84 GW fin 2026. L’atteinte de l’objectif 2026 semble plutôt irréaliste (Allemagne Energies 2).
  Afin d’atteindre l’objectif de 115 GW d’éolien terrestre d’ici 2030, le gouvernement fédéral prévoit un volume d’appel d’offres supplémentaire de 12 GW.
 
Plafonnement des redevances foncières pour les terrains de l’éolien terrestre 
  Aujourd’hui, les baux conclus pour les terrains sur lesquels sont implantées des éoliennes prévoient souvent des redevances comprises entre 7% et 12% du rendement d’une éolienne. Pour les installations modernes d’une puissance de 5 à 7 MW, les revenus annuels peuvent atteindre, pour le propriétaire du terrain, entre 50 000 et plus de 100 000 € par éolienne, en particulier sur les sites très bien exposés. Ces coûts sont finalement répercutés sur les contribuables. Selon le projet de loi EEG 2027, il est prévu de plafonner les redevances foncières à 3,5% du rendement annuel du site de l’éolienne. Cela permettrait de réaliser des économies de l’ordre de plusieurs milliards d’Euros.

Restriction de la mise en service de nouvelles installations dans les zones de réseaux électriques surchargées 
  Selon une étude de l’Institut d’économie de l’énergie de l’Université de Cologne (EWI Köln) les coûts liés au développement des réseaux s’élèveront à 732 Md€ d’ici 2045, dont 302 Md€ pour le réseau de transport et 430 Md€ pour les réseaux de distribution (EWI 2024). 
  Outre le risque de congestion des réseaux, le fait que la modernisation des réseaux électriques ne suive pas le rythme de développement des énergies renouvelables conduit à des effets indésirables tels qu’un management accru du réseau et un retard dans le raccordement des nouveaux producteurs renouvelables. 
  En effet, les gestionnaires de réseau ne sont plus en mesure d’intégrer au réseau électrique toutes les installations d’électricité verte et les systèmes de stockage par batterie qui se multiplient actuellement. L’une des raisons : en l’espace de quelques années, les demandes de raccordement au réseau ont quadruplé. C’est pour cela que la nouvelle loi prévoit plusieurs mesures. 
  Le développement des parcs éoliens et solaires doit être davantage aligné sur les capacités de réseau existantes afin de réduire les coûts de gestion des congestions des réseaux et des volumes de redispatching (Allemagne Energies 2). 
  Lorsque les capacités de réseaux sont limitées, l’ordre d’arrivée des demandes de raccordement n’est plus déterminant. À l’avenir, les gestionnaires de réseau pourront hiérarchiser les projets de raccordement en fonction, entre autres, de leur maturité de planification et de leur utilité pour l’équilibrage du réseau. 
  Dans les zones où les réseaux sont fortement sollicités, l’indemnisation en cas d’écrêtement de la production renouvelable sera partiellement supprimée. Est considérée comme « réseaux fortement sollicités » toute partie du réseau dans laquelle au moins 3% de la production a été écrêtée au cours de l’année précédente. Jusqu’à présent, les exploitants des énergies renouvelables percevaient une compensation financière même lorsque leurs installations étaient soumises à un écrêtage forcé.
  De plus, les installations photovoltaïques < 100 kWc (à l’exception des panneaux solaires enfichables jusqu’à 2 kWc) doivent limiter leur puissance d’injection à 50% de la puissance installée afin d’éviter toute surcharge du réseau. Cette réglementation s’applique indépendamment de la présence ou non d’un compteur intelligent et du mode de commercialisation de l’électricité. Cette mesure vise à inciter les propriétaires de panneaux photovoltaïques à augmenter leur autoconsommation et à recourir davantage aux batteries de stockage.

Utilisation accrue de la biomasse dans le secteur électrique 
  La flexibilité fait de la biomasse une énergie complémentaire des énergies renouvelables intermittentes dans le secteur de l’électricité. À cette fin, l’objectif de développement pour 2030 sera modérément relevé, passant de 8,4 GW actuellement à 9,5 GW. 
  Le « Maisdeckel » (plafond de maïs) limite la quantité de maïs et de céréales pouvant être utilisée dans les installations de méthanisation bénéficiant du régime de soutien public. L’objectif est de réduire la dépendance au maïs énergétique et d’encourager l’utilisation d’autres substrats, comme les résidus agricoles, les effluents d’élevage ou des cultures alternatives.
  Ce plafond sera relevé à 30%, soit une augmentation de 5% par rapport à la loi actuelle, afin de permettre aux installations de bénéficier d’une plus grande flexibilité quant aux matières premières.

Critiques au sujet de la loi EEG 2027 
  D’un point de vue critique, l’ EEG 2027 peut être présentée comme une réforme qui privilégie l’efficacité économique, la stabilité du réseau et la réduction des coûts publics, mais qui risque d’affaiblir le dynamisme de la transition énergétique, la participation citoyenne et la sécurité des investissements dans les énergies renouvelables. 
  Cette critique est principalement portée par une partie du secteur des renouvelables, comme la Fédération allemande de l’industrie solaire et la Fédération allemande des énergies renouvelables, des organisations environnementales et certaines forces politiques favorables à un soutien public plus fort des énergies renouvelables.
  Le secteur de la bioénergie réclame la suppression du plafond de maïs. Le maïs destiné à la production d’énergie ne représente aujourd’hui qu’environ 5% de la superficie agricole.
 
Prise de position du Conseil fédéral 
  Le Conseil fédéral représentant les 16 Länder (les États fédérés de l’Allemagne) ne rejette pas fondamentalement la loi EEG 2027 mais a formulé de nombreuses objections et proposé des modifications. Dans son rapport de 48 pages (BT 2026), il critique notamment le fait que les conséquences de nombreuses dispositions n’aient pas été suffisamment évaluées et que les Länder et les associations n’aient pas été suffisamment associés au processus. 
  Tout ce qui n’est pas directement lié au droit européen et qui ne revêt pas un caractère d’urgence devrait donc être reporté et n’être mis en œuvre qu’après une analyse approfondie. 
  Parmi les principaux points critiqués, on peut citer : 
  • La suppression du tarif d’achat garanti des petites installations photovoltaïques devrait dans un premier temps être reportée et faire l’objet d’une évaluation plus approfondie ; 
  • Le Conseil fédéral critique la limitation permanente à 50% de la puissance injectée prévue pour les petites installations photovoltaïques et demandent sa suppression. Par ailleurs, le Conseil fédéral s’oppose au projet visant à transférer davantage le développement du photovoltaïque des toitures vers le photovoltaïque au sol ; 
  • En ce qui concerne le passage des petites installations photovoltaïques à la commercialisation directe, le Conseil fédéral exige des améliorations et des dispositions transitoires plus longues ;
  • Le plafonnement des redevances foncières ainsi que les dispositions relatives aux contrats pour différence (CPD) font également l’objet de critiques ;
  • Le Conseil fédéral estime également qu’il est nécessaire de procéder à des ajustements supplémentaires en matière de planification et d’exploitation des réseaux électriques surchargés.
  Au total, le Conseil fédéral a présenté 70 propositions d’amendement au projet de loi EEG 2027. Le gouvernement fédéral a toutefois rejeté toutes ces propositions dans sa réponse (BT 2026).

Un calendrier serré 
  La loi actuelle (EEG 2023) sur la promotion des énergies renouvelables, sur la base de laquelle l’État fédéral distribue chaque année des milliards d’Euros de subventions, perdra sa validité au regard du droit européen à la fin de l’année 2026. 
  Sans autorisation de la Commission européenne, aucune nouvelle aide d’Etat au titre de la loi EEG ne pourra alors être accordée. En revanche, les droits à aide déjà existants resteront valables. 
  L’amendement à la loi sur la promotion des énergies renouvelables (EEG 2027) devrait donc entrer en vigueur dès 2027.
  Des désaccords persistants, entre autres avec le Conseil fédéral, menacent l’adoption rapide du texte, faisant planer un risque d’incertitude juridique à l’approche de 2027.

Références
Allemagne Energies (1) Le tournant énergétique allemand. En ligne : https://allemagne-energies.com/tournant-energetique.

Allemagne Energies (2) Énergies renouvelables : de nombreux défis. En ligne : https://allemagne-energies.com/energies-renouvelables/.

Allemagne Energies (3) Bilans énergétiques : Comparaison Allemagne et France. En ligne : https://allemagne-energies.com/bilans-energetiques/.

Allemagne Energies (2025) La politique « énergie-climat » de la nouvelle coalition gouvernementale allemande : pas de changement fondamental de la politique énergétique du gouvernement sortant. En ligne : https://allemagne-energies.com/2025/04/12/la-politique-energie-climat-de-la-nouvelle-coalition-gouvernementale-allemande-pas-de-changement-fondamental-de-la-politique-energetique-du-gouvernement-sortant/.

BMWE (2026a) Die Bundesregierung schlägt das nächste Kapitel der Energiewende auf – EEG-Novelle und Netzanschlusspaket im Bundeskabinett beschlossen. Communiqué de presse du 29.07.2026. Bundesministerium für Wirtschaft und Energie. En ligne : https://www.bundeswirtschaftsministerium.de/Redaktion/DE/Pressemitteilungen/2026/07/20260729-eeg-novelle-und-netzanschlusspaket.html.

BT (2026) Entwurf eines Gesetzes für einen planbaren, kosteneffizienten, netzverträglichen und marktorientierten Ausbau der erneuerbaren Energien im Stromsektor – Drucksache 21/7867 –Stellungnahme des Bundesrates und Gegenäußerung der Bundesregierung, Drucksache 21/8298 du 30.09.2026, en ligne : https://dserver.bundestag.de/btd/21/082/2108298.pdf

CE (2022) Aides d’État : la Commission autorise la modification d’un régime allemand visant à soutenir la production d’électricité à partir de sources d’énergie renouvelables, en ligne : https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_22_7794

EWI (2024) Abschätzung der Netzausbaukosten und die resultierenden Netzentgelte für Baden-Württemberg und Deutschland zum Jahr 2045. ef.Ruhr et Energiewirtschaftliches Institut an der Universität zu Köln gGmbH (EWI). En ligne : https://www.ewi.uni-koeln.de/cms/wp-content/uploads/2024/04/2024_04_Abschlussbericht_Netzentgelte_BW_DE.pdf#:~:text=Kapitel%200)%20zur%20Absch%C3%A4t%2D%20zung%20des%20Netzausbaubedarfs,2045.%20Die%20Kostenbasis%20entspricht%20dem%20Jahr%202024.

IE Leipzig (2025) Mittelfristprognose zur deutschlandweiten Stromerzeugung aus EEG-Anlagen und der zu leistenden Zahlungen für die Kalenderjahre 2026 bis 2030. Leipziger Institut für Energie GmbH. En ligne : https://www.netztransparenz.de/xspproxy/api/staticfiles/ntp-relaunch/dokumente/erneuerbare%20energien%20und%20umlagen/eeg/eeg%20finanzierung/mittelfristprognose/2026-2030/20251015_endbericht%20ie%20leipzig.pdf.


PÉNURIE D' ÉLECTRICITÉ EN ALLEMAGNE : LE PLAN D' URGENCE DE LA « COMMISSION DE RÉGULATION DE L' ÉNERGIE » D' OUTRE-RHIN

  L’Allemagne s’apprête à franchir une ligne rouge. L’Agence Fédérale des Réseaux — Bundesnetzagentur, planche officiellement sur une « base numérique de sécurité électrique » pour l’hiver 2026/2027. Le mot est lâché : l’État se dote d’un outil de commandement centralisé pour couper ou rationner l'électricité. Derrière le jargon administratif, la réalité est glaçante : nous parlons de coupures massives et de « pénuries structurelles » pouvant durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
  Le dogme du « 100 % renouvelable d'ici 2035 » se heurte violemment au principe de réalité. En sacrifiant ses énergies pilotables au profit du tout-éolien et du tout-solaire, Berlin a sciemment fragilisé son réseau. Les conséquences de cet aveuglement idéologique s'annoncent dramatiques.
  • Le naufrage de l'industrie : comment une puissance économique mondiale peut-elle tourner sans courant garanti ? Le risque de délocalisation massive des fleurons industriels — chimie, automobile, métallurgie, est réel.
  • Une population soumise : des semaines de pénurie électrique en plein hiver ne relèvent pas du simple désagrément. C'est le blocage des transports, la rupture des chaînes de ravitaillement, la paralysie des services de santé et la précarité énergétique généralisée pour des millions de foyers.
  • Le coût financier astronomique : pour compenser ces faiblesses, le contribuable allemand va devoir financer à la fois l'ingénierie administrative de crise et des réseaux de secours hors de prix, entraînant une hausse brutale des factures d'énergie déjà record.
  En voulant imposer une transition à marche forcée sans assurer ses arrières, l'Allemagne s'enfonce dans une crise stratégique sans précédent. Le mirage vert est en train de se transformer en cauchemar industriel et social. 
 
Bonne lecture.
 
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L’Agence Fédérale des Réseaux [ Bundesnetzagentur ] prépare l’Allemagne à des coupures d’électricité de longue durée

 Par Hartmut Lauer

  L’Agence Fédérale des Réseaux se prépare à une pénurie d’électricité pouvant durer « de plusieurs jours à plusieurs semaines ». Inspirée par la « base de sécurité gaz » mise en place dans l’urgence en 2022, la « base numérique de sécurité électrique », vise à créer une structure de commandement centralisée destinée à réduire la consommation d’électricité en cas de crise. Avec cet outil, l’État réagit au risque de « pénuries structurelles » et de longues coupures d’électricité. Le régulateur vise à mettre en place une première version opérationnelle dès l’hiver 2026/2027. 
  Le talon d’Achille de la transition énergétique allemande apparaît ainsi au grand jour. L’objectif politique du gouvernement allemand de vouloir assurer presque 100% des besoins en électricité à partir des énergies renouvelables — notamment éolien et photovoltaïque, d’ici 2035, en substituant en grande partie la production à partir des moyens pilotables, se révèle chaque jour plus difficile à réaliser. 
  Les perspectives en matière de sécurité d’approvisionnement en Allemagne sont plutôt sombres.
 
 
 
 Figure 1 : maquette d’une centrale à cycle combiné gaz « prête pour l’hydrogène » /Source RWE
 
Introduction

  À l’heure actuelle, l’Agence Fédérale des Réseaux continue de considérer comme très improbable la possibilité de perturbations à grande échelle de l’approvisionnement en électricité en Allemagne. 
  Les responsables politiques soulignent généralement le niveau particulièrement élevé de sécurité d’approvisionnement. L’Allemagne occupe une position de leader au niveau international concernant l’indicateur « SAIDI » — System Average Interruption Duration Index, qui rapporte chaque année toutes les coupures de courant survenues sur les réseaux et ayant duré plus de trois minutes. La durée moyenne d’interruption de service par client s’élevait à 11,7 minutes en 2024 — BNetzA 2025. 
  Le régulateur souligne toutefois que l’indice « SAIDI » ne fournit aucune indication quant aux risques de coupures d’approvisionnement à venir.
 
La sécurité d’approvisionnement en électricité diminuera considérablement à l’avenir

  L’Agence Fédérale des Réseaux établit tous les deux ans un rapport monitoring sur la sécurité d’approvisionnement en électricité selon le Code de l’énergie. Le dernier rapport, publié en septembre 2025, examine la période allant jusqu’en 2035. Selon ce rapport, de nouveaux moyens pilotables d’une capacité de 22,4 GW à 35,5 GW, selon le scénario retenu, seraient nécessaires d’ici 2035 — Allemagne Energies 1. 
  Les centrales à charbon, qui fournissent encore aujourd’hui des services système essentiels au fonctionnement du réseau, vont progressivement disparaître du marché dans le cadre de la sortie du charbon. Il est prévu de ramener la capacité, se situant en juin 2026 à environ 27 GW, réserve stratégique comprise, à 17 GW d’ici le 1er avril 2030. La sortie définitive de production d’électricité à partir de charbon est prévue au plus tard à la fin 2038 — Allemagne Energies 1. 
  Le « Plan d’action pour le maintien de la sécurité d’approvisionnement » publié en janvier 2026 par le gestionnaire de réseau de transport Amprion dresse un état des lieux sans fard — Amprion 2026. Le niveau de sécurité d’approvisionnement en électricité diminuera nettement au cours des prochaines années. L’indicateur LoLE — Loss of Load Expectation, fixé par le Ministère Fédéral de l’Économie et de l’Énergie à 2,77 h/an, ne pourra plus être respecté même avant 2030. 
  Pour mémoire : l’indicateur LoLE indique le nombre moyen d’heures par an pendant lesquelles la demande dépasse l’offre en électricité disponible. 
  Selon des analyses internes relatives à l’évaluation de l’adéquation des ressources européennes — ERAA 2025, environ 40 GW de capacités supplémentaires de production d’électricité seraient nécessaires d’ici 2035 pour maintenir en Allemagne l’indicateur LoLE à 2,77 h/an. 
  À titre de comparaison : la Loi — StromVKG, entrée en vigueur fin juillet 2026 et visant à améliorer la sécurité d’approvisionnement, prévoit la construction de 11 GW de moyens pilotables d’ici 2031 — Allemagne Energies 2026. Cela est loin d’être suffisant pour couvrir les besoins en production d’électricité au delà de 2030.

Base numérique de sécurité électrique – SiPlaS — Sicherheitsplattform Strom  

  Pour des mesures devant être mises en œuvre en quelques minutes en cas de problèmes imprévisibles afin d’éviter une coupure d’électricité générale, il existe déjà des procédures bien établies mises en place par les gestionnaires de réseau. 
  La « base numérique de sécurité électrique » vise à améliorer la communication et la coordination en cas de situation, prévisible plusieurs jours à l’avance, de pénurie d’électricité persistante — BReg 2026. Le régulateur vise à mettre en place une première version opérationnelle de la base numérique dès l’hiver 2026/2027. 
  Jusqu’à présent, on ne voyait pas la nécessité d’un tel instrument en Allemagne. La situation a changé dans le sillage de la crise énergétique de 2022/2023, de l’abandon du nucléaire avec la fermeture des dernières centrales nucléaires allemandes en avril 2023 ainsi que de la sortie progressive de la production électrique à partir du charbon à l’horizon de 2038. 
  Au cœur de ce nouveau concept se trouvent une base de données et une plateforme de communication à l’échelle nationale, que le gestionnaire de réseau de transport Amprion doit mettre en place et exploiter pour le compte de l’Agence Fédérale des Réseaux.
 
 

  Figure 2 : conception d’une base numérique de sécurité électrique
 
  Tous les gestionnaires de réseau électrique ainsi que tous les consommateurs d’électricité dont la consommation annuelle dépasse 8 GWh/an devront obligatoirement y être enregistrés. Ce sont notamment les entreprises électro-intensives, telles que l’industrie chimique, métallurgique, papetière ou agroalimentaire. 
  Se référant au règlement 2019/941 de l’Union Européenne sur la préparation aux risques dans le secteur de l’électricité — EUR-Lex 2019, l’Agence Fédérale des Réseaux se prépare à faire face à des « situations de pénurie d’électricité prolongées et des situations de crise » pouvant durer « de plusieurs jours à plusieurs semaines ». Lorsque de telles pénuries seront prévisibles, les entreprises concernées recevront, avec un préavis allant de 24 heures à trois jours, l’ordre de réduire leur consommation. 
  Les entreprises peuvent dans un premier temps réduire volontairement elles-mêmes leur consommation d’électricité. En cas d’urgence, les entreprises seront contraintes de réduire leur production.
  L’Agence Fédérale des Réseaux assumera alors le rôle de « répartiteur fédéral de la charge », en rationnant la consommation et en organisant l’allocation des contingents d’électricité encore disponibles.
Information tardive du public 
  Ce nouvel outil d’intervention aurait apparemment été mis en place en toute discrétion depuis 2024, mais la publication n’a eu lieu qu’en août 2026, après révélation de la presse — BReg 2026, BNetzA 2026. 
  Jusque là il n’y avait aucune information concernant des projets visant à créer une base numérique de sécurité assortie de droits d’intervention supplémentaires de l’État dans le secteur de l’électricité.
  Le régulateur n’a fourni aucune explication quant à la raison pour laquelle ce projet n’a pas été rendu public auparavant. Il semble qu’il craignait que ce projet ne suscite une « inquiétude » au sein de l’opinion publique.

Références

Allemagne Energies (1) Le tournant énergétique allemand, en ligne : https://allemagne-energies.com/tournant-energetique/

Allemagne Energies (2026) Allemagne : Bilan énergétique du premier semestre 2026, en ligne : https://allemagne-energies.com/2026/08/04/allemagne-bilan-energetique-du-premier-semestre-2026/

Amprion (2026) Massnahmenplan zum Erhalt der Versorgungssicherheit. Amprion – Gestionnaire du réseau de transport. En ligne : https://www.amprion.net/Dokumente/Publikationen/Amprion-Massnahmenplan_zur_Versorgungssicherheit.pdf.

BNetzA (2025) Ver­sor­gungs­un­ter­bre­chun­gen Strom in 2024 ge­gen­über Vor­jahr ge­sun­ken – Deut­sches Strom­netz ei­nes der zu­ver­läs­sigs­ten im eu­ro­päi­schen Ver­gleich, Communiqué de presse du 09.10.2025, Bundesnetzagentur, en ligne : https://www.bundesnetzagentur.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2025/20251009_Saidi_Strom.html

BNetzA (2026) Strom: Krisenmanagement und -vorsorge. Bundesnetzagentur. En ligne : https://www.bundesnetzagentur.de/DE/Fachthemen/ElektrizitaetundGas/Versorgungssicherheit/Strom/start.html.

BReg (2026) Stromausfall – Was ist ein Blackout? Fragen und Anworten – 03.08.2026. Gouvernement fédéral allemand (Bundesregierung). En ligne : https://www.bundesregierung.de/breg-de/aktuelles/stromausfall-blackout-2129818.

EUR-Lex (2019) Règlement (UE) 2019/941 du Parlement européen et du Conseil du 5 juin 2019 sur la préparation aux risques dans le secteur de l’électricité et abrogeant la directive 2005/89/CE (Texte présentant de l’intérêt pour l’EEE.), en ligne : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX:32019R0941 

 
 
 
 
 
 
 
 


ÉOLIENNES : UNE NOUVELLE ÉTUDE ALLEMANDE LIE LES INFRASONS ET L' INSUFFISANCE CARDIAQUE

  Une étude présentée en avril 2026 lors du 132ᵉ Congrès de la Société allemande de médecine interne — DGIM, suscite de nombreuses réactions en Allemagne. Réalisée par le professeur Christian-Friedrich Vahl et Oliver Dietz, elle s'intéresse à un sujet controversé : les effets potentiels des infrasons émis par les éoliennes sur la santé cardiovasculaire.
  Les auteurs ont comparé plusieurs communes du district de Paderborn1, dont certaines ont connu un développement très important de l'énergie éolienne, avec d'autres beaucoup moins exposées. Selon leurs analyses, les communes les plus fortement équipées en éoliennes présentent une augmentation statistiquement significative des nouveaux cas d'insuffisance cardiaque et de certains troubles du rythme cardiaque.
  S'appuyant sur ces résultats, les chercheurs estiment que les infrasons pourraient constituer un facteur de risque insuffisamment pris en compte dans les politiques de développement de l'énergie éolienne. Ils appellent notamment à renforcer les recherches, à revoir les seuils d'exposition et à mieux informer les populations vivant à proximité des parcs éoliens.
  Au-delà des résultats scientifiques présentés, cette étude relance un débat plus large sur les conséquences sanitaires de la transition énergétique. Les auteurs considèrent que les réglementations actuelles accordent une place insuffisante à la question des infrasons et plaident pour une réévaluation des distances d'implantation des éoliennes ainsi que des normes en vigueur.
  Le texte qui suit est la traduction intégrale d'un article présentant cette étude et les conclusions de ses auteurs. Il restitue fidèlement leurs analyses et leurs prises de position. Certaines de leurs affirmations font toutefois l'objet de débats au sein de la communauté scientifique et ne reflètent pas nécessairement le consensus actuel sur les effets sanitaires des éoliennes.
  À chacun de prendre connaissance des éléments présentés, d'examiner les sources citées et de se forger sa propre opinion. Celle de l'association Les vues imprenables est claire, depuis le début de la lutte — 2015 :
 ZÉRO ÉOLIENNE ET BASTA ! 
 
Bonne lecture 
 
 
1. Paderborn, ~156 000 habitants, est située dans la partie ouest de l'Allemagne, au sein du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie — le Land le plus peuplé du pays, dans le District de Detmold — région de l'Est de la Westphalie-Lippe. La ville se situe à la transition entre la plaine de Westphalie et les collines du massif de l' Eggegebirge. Particularité : ~20 000 étudiants → soit environ 13% de la population totale, ce qui donne une moyenne d'âge jeune à la ville. Distance par rapport aux villes principales de la région : Bielefeld : ~45 km — au nord; Dortmund : ~100 km — au sud-ouest; Hanovre : ~120 km — au nord-est et Düsseldorf — capitale du Land : ~160 km — au sud-ouest.
   Le Mans et Paderborn ont conclu un jumelage le 3 juin 1967. 
 
 
 
 Position de Paderborn.
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Nouvelle étude : l'énergie éolienne « significativement » augmente l'insuffisance cardiaque


  L'étude est intitulée « Augmentation significative de l'incidence de l'insuffisance cardiaque et des arythmies dans les communes ayant connu un développement important de l'énergie éolienne » — Poster P-15-07, résumé n° 85384 . Les auteurs sont le professeur Christian-Friedrich Vahl, responsable du groupe de travail sur les infrasons à l'Université Johannes Gutenberg de Mayence, et Oliver Dietz. 
 
Contexte de l'étude 
  Des travaux expérimentaux antérieurs menés par l'équipe de Mayence avaient déjà mis ce phénomène en évidence sur des tissus isolés de muscle cardiaque humain : les infrasons entraînent une diminution de la contractilité et une perturbation du métabolisme intracellulaire du calcium, précisément les mécanismes qui favorisent l'insuffisance cardiaque et les troubles du rythme — arythmies. La nouvelle étude a désormais examiné si ces effets étaient également observables dans des conditions réelles.

Méthodologie – propre, rétrospective et aveugle
  Les chercheurs ont sélectionné quatre communes comparables du district de Paderborn :
  • Groupe exposé — Borchen et Lichtenau : 25 550 habitants, développement massif de l'énergie éolienne — en 2024 : 533 MW, 224 éoliennes → exposition élevée aux infrasons.
  • Groupe témoin — Delbrück et Hövelhof : 49 700 habitants, seulement 14 MW et 8 éoliennes → exposition négligeable aux infrasons.
  Les conditions climatiques, la direction des vents, la répartition par âge et par sexe, les paramètres socio-économiques ainsi que l'absence d'autres facteurs de risque cardiovasculaire — absence de centrale nucléaire, d'installations chimiques, de bruit aérien, etc., étaient comparables entre les deux groupes.
  Les données concernant les nouveaux cas diagnostiqués — codes CIM-10 I50 : insuffisance cardiaque, et I49 : troubles du rythme cardiaque potentiellement graves, ont été fournies par l'Association des médecins conventionnés de Westphalie-Lippe — Westphalia-Lippe Association of Statutory Health Insurance Physicians, dans le cadre de la loi sur la liberté d'information du Land de Rhénanie-du-Nord–Westphalie — NRW Freedom of Information Act. Les données ont été transmises de manière neutre et les diagnostics ont été analysés en aveugle.
 
Résultats – d'une inquiétante clarté
Dans les communes exposées, l'incidence des nouveaux cas d'insuffisance cardiaque a augmenté de manière hautement significative — p < 0,0001. À Borchen, l'augmentation annuelle moyenne observée entre 2021 et 2024 était comprise entre 21 % et 51 %, tandis qu'à Lichtenau elle variait entre 20 % et 68 %.
  En ce qui concerne les troubles graves du rythme cardiaque — code CIM-10 I49, leur incidence était également significativement plus élevée, avec un niveau de signification statistique de p < 0,0001.
  Les communes du groupe témoin ont servi de référence — 100 %, et la différence est présentée de manière très nette dans les illustrations du poster.
  La structure par âge des populations était pratiquement identique en 2024, ce qui permet d'écarter l'hypothèse d'un biais lié aux différences démographiques.
 
Conclusion des auteurs
« En prenant l'exemple de la région de Paderborn, les données montrent un risque significativement accru de survenue de nouvelles maladies cardiovasculaires dans les communes ayant connu un développement massif de l'énergie éolienne. Il convient donc de mettre immédiatement en œuvre des mesures visant à informer systématiquement la population exposée du risque d'arythmie et d'insuffisance cardiaque, afin que des prises en charge thérapeutiques appropriées puissent être instaurées sans délai. Des financements de recherche devraient être alloués à des études approfondies afin de déterminer avec précision les seuils d'exposition aux infrasons à partir desquels une information de la population est nécessaire. »
  Il ne s'agit pas de propos relevant de la « théorie du complot » circulant sur Internet, mais d'une étude épidémiologique rétrospective fondée sur des données réelles issues de l'assurance maladie, menée par l'un des chirurgiens cardiaques les plus réputés d'Allemagne et par son groupe de recherche sur les infrasons.
 
Pourquoi cette étude est-elle passée sous silence ?
  Parce qu'elle ne s'inscrit pas dans le discours dominant. La transition énergétique est souvent présentée comme une priorité incontestable. Les éoliennes sont perçues comme une énergie « verte », une « technologie d'avenir » ou encore un « moyen de lutter contre le changement climatique ». Le fait qu'elles génèrent des infrasons de basse fréquence, capables de traverser les murs, de se propager sur plusieurs kilomètres et d'endommager directement le tissu musculaire cardiaque, ne correspond pas à cette image.
  Depuis des années, des habitants vivant à proximité de parcs éoliens rapportent des troubles du sommeil, des palpitations, des vertiges et un état d'épuisement. Jusqu'à présent, ces témoignages ont souvent été attribués à de « l'hystérie » ou à un « effet nocebo ».
  Des données chiffrées sont désormais disponibles. Et elles proviennent précisément du groupe de recherche qui avait déjà mis en évidence, lors d'expériences en laboratoire, des lésions au niveau moléculaire.
 
Les conséquences pour les responsables politiques
  Il ne suffit plus d'exiger une distance minimale de 1 000 mètres entre les éoliennes et les habitations – le professeur Vahl lui-même recommandait auparavant une distance de 2 000 mètres.
  Il ne suffit plus d'écarter les préoccupations des personnes qui s'estiment victimes de la transition énergétique en se limitant à des réglementations portant sur les « effets d'ombre portée » — shadow flicker, et le « bruit », tout en ignorant les infrasons.
  Les populations vivant à proximité des installations éoliennes doivent être informées. Les valeurs limites d'exposition doivent être redéfinies, tout nouveau développement de l'énergie éolienne doit être interrompu et, si nécessaire, les éoliennes existantes doivent être démantelées.
  Au lieu de cela, le gouvernement allemand prévoit l'installation d'un nombre encore plus important d'éoliennes, au cœur des forêts, à proximité des zones résidentielles, au détriment de la santé, des paysages et du prix de l'électricité. Selon les auteurs, l'idéologie l'emporte sur la science.
  L'étude menée à Mayence constitue un signal d'alarme. Selon le texte, quiconque continue d'affirmer que l'énergie éolienne est « saine et propre » ment sciemment ou n'a pas pris connaissance des données.
 
Sources
  Les données complètes du poster sont publiques depuis le 14 avril 2026 et sont actuellement largement diffusées par des initiatives citoyennes ainsi que sur des plateformes telles que Gegenwind Deutschland.
  La réalité rattrape le rêve d'un monde entièrement « vert ». Les infrasons produits par les éoliennes ne sont pas un simple bruit de fond inoffensif : ils constituent, selon le texte, un danger pour la santé. Les chercheurs de Mayence l'ont démontré noir sur blanc. Il appartient désormais aux responsables politiques d'agir. Faute de quoi, ils risqueraient, littéralement, de briser encore davantage de cœurs au nom de la protection du climat.
 
Traduction initiale en français : ChatGPT. 
 

L’ ALLEMAGNE FACE AU TOURNANT DÉCISIF DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

 Où tout ce que vous avez voulu savoir sur l' Energiewende sans jamais oser le demander ! 
  La transition énergétique allemande, souvent désignée sous le nom d’« Energiewende », apparaît aujourd’hui comme l’un des projets industriels et politiques les plus ambitieux d’Europe. En cherchant simultanément à sortir du nucléaire, réduire ses émissions de carbone et transformer en profondeur son système énergétique, l’Allemagne a engagé une mutation d’une ampleur historique.
  Mais cette transformation reste profondément incertaine. Le défi n’est plus seulement environnemental : il est désormais économique, industriel et stratégique. Derrière les objectifs climatiques affichés se pose une question centrale : un grand pays industriel peut-il réussir à décarboner son économie tout en maintenant une énergie abondante, stable et compétitive ?
  Dans l’article ci-dessous, Hartmut Lauer nous propose, à la lumière des décisions passées, une réflexion sur les grands défis qui façonneront le « Wende » — tournant, énergétique et industriel de l’Allemagne.
  Bonne lecture et bonne réflexion. 
 
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  Le mot « Energiewende » est utilisé pour la première fois en 1980 dans un ouvrage de l’ Öko‑Institut appelant à un tournant énergétique sans pétrole ni nucléaire. Depuis, ce terme est devenu le symbole de la politique énergétique allemande.

  Le mot « Energiewende » a été adopté parce qu’il s’agit d’une décision radicale. Le mot « Die Wende » — le tournant, était également utilisé en 1989 pour désigner le processus de changement après la chute du mur de Berlin.

  Bien que la Loi sur les énergies renouvelables mise en place en 2000 et l’abandon du nucléaire acté en 2002 constituent des étapes importantes de la politique énergétique allemande, la transition énergétique repose essentiellement sur la feuille de route énergétique à l’horizon 2050, appelée concept énergétique « Energiekonzept », publiée par le gouvernement en 2010.

  Ce concept définissait les grandes orientations de la transition énergétique et fixait des objectifs quantitatifs notamment pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le développement des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

  En 2010 les centrales nucléaires pouvaient encore bénéficier d’une prolongation de fonctionnement au titre de technologie de transition. Mais quelques mois plus tard, suite à l´accident de Fukushima en mars 2011, le gouvernement a fait marche arrière et a fixé la sortie du nucléaire à 2022.

  Le tournant énergétique a été adapté au fur et à mesure et les objectifs durcis. La Loi sur la protection du climat — Klimaschutzgesetz, vise la neutralité carbone — zéro émission nette, de l’Allemagne d’ici 2045. De plus, le système électrique devrait être pratiquement neutre en carbone dès 2035.

  Après la décision de l’abandon du nucléaire, l’Allemagne avait tablé sur le gaz russe à bon marché pour sécuriser son approvisionnement énergétique. La crise énergétique, née de la guerre en Ukraine, a changé la donne. L’Allemagne, sevrée du gaz russe dont elle était fortement dépendante, s’est trouvé confrontée à une envolée des prix de l’énergie, générant un problème de compétitivité globale de l’industrie.

  Le gaz russe a été finalement substitué courant 2022 par des importations notamment en provenance des pays d’Europe occidentale. En outre, l’infrastructure gazière a été complétée par des terminaux méthaniers destinés à accueillir le gaz naturel liquéfié — GNL.

  Tout cela n’a pas empêché la coalition gouvernementale de persévérer dans sa politique climatique dogmatique et d’arrêter définitivement les trois dernières centrales nucléaires mi-avril 2023.

  Suite à la dissolution du parlement allemand en décembre 2024 et aux élections fédérales en février 2025, l’Union chrétienne démocrate — CDU, et l’Union chrétienne-sociale en Bavière — CSU, sont parvenues à former une coalition gouvernementale avec les Sociaux-démocrates — SPD. Le nouveau gouvernement a pris ses fonctions le 6 mai 2025.

  La politique « énergie-climat » de la nouvelle coalition gouvernementale allemande peut être consultée ici.

  Le nouveau gouvernement mise en général sur la continuité de la politique énergétique du gouvernement sortant : 
  • l’objectif de zéro émission nette d’ici 2045, 
  • le développement massif des énergies renouvelables — notamment éolienne et solaire, 
  • l’hydrogène « vert », 
  • la sortie progressive du charbon au cours de la prochaine décennie. 
  Tout en maintenant le renoncement aux centrales à fission nucléaire, le gouvernement poursuit son objectif de construction du premier réacteur à fusion en Allemagne à partir de 2040.

  Entre 2020 et 2025, plus de 80 GW de nouvelles capacités éoliennes et photovoltaïques ont été ajoutées. En termes de puissance installée, cela correspond approximativement à 60 centrales nucléaires allemandes.

  Le gouvernement se félicite des records dans le développement de l’éolien et du photovoltaïque, toutefois leur impact sur la décarbonation de la consommation énergétique reste encore limité. C’est la consommation finale d’énergie — électricité, chaud et froid et transports, qui est déterminante, car c’est là que se joue le succès de la transition énergétique. Environ la moitié de la consommation finale d’énergie est consacrée au secteur du chaud et froid, tandis que les secteurs des transports et de l’électricité représentent chacun environ un quart. Pour atteindre la neutralité carbone en 2045, l’électrification massive des usages est indispensable.

  Alors que la part des énergies renouvelables dans la consommation brute d’électricité a augmenté de 10 points depuis 2020, leur part dans les secteurs de la chaleur et des transports progresse assez lentement. En conséquence, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie n’a augmenté que de 4,7 points au cours de la même période. 
 
 
 

La progression du parc terrestre entre 1995 et 2025.
 
  De plus, ce qui est déterminant c’est la différence entre la puissance installée et le volume d’électricité réellement produit, car les mégawatts installés ne reflètent que la puissance de pointe théorique. Ce qui compte, c’est l’électricité réellement fournie, qui doit en outre être disponible au bon moment. Le photovoltaïque est principalement  produit en été, alors que la demande est plus forte en hiver. Il en résulte donc des déficits saisonniers, et la facture s’avère particulièrement élevée pendant les heures de pointe.

  Les réseaux électriques sont devenus un goulot d’étranglement, car le développement des énergies renouvelables variables et du réseau ne progressent pas au même rythme. Selon le régulateur, les coûts des services système se sont élevés à environ 5,3 Md€ en 2024, plus du quadruple des coûts en 2014.

  Dans le nord, la production éolienne est écrêtée faute de lignes électriques, tandis que dans le sud, les centrales à gaz ou l’importation de l’électricité prennent le relais, ce qui entraîne une double charge.  L’Allemagne doit ainsi verser des indemnités pour l’écrêtement des énergies renouvelables variables et, parallèlement, pour leur substitution coûteuse, alors même que des capacités seraient disponibles. 
 
 
 
 
Installation d’une fondation de type Monopieu — ~ 1500 tonnes, en Mer du Nord /source RWE.

  De plus, le contenu moyen en émissions de la production d’électricité n’a diminué que de 5,6% entre 2020 et 2025 et reste avec environ 350 g CO2éq/kWh à un niveau élevé. Pour réduire les émissions, il faudrait remplacer les combustibles fossiles des centrales en backup par l’hydrogène. Mais la question de savoir si et quand suffisamment d’hydrogène « vert », à un prix abordable, sera disponible reste en suspens.

  En 2026, l’État fédéral dépensera près de 30 Md€ — notamment la prise en charge du soutien aux énergies renouvelables électriques, la subvention des tarifs d’utilisation des réseaux, la réduction de la taxe sur la consommation d’électricité et la réduction du prix de l’électricité pour l’industrie, pour atténuer le niveau des prix de l’électricité pour les entreprises et les ménages.

  Jusqu’en 2022, l’Allemagne était exportatrice nette d’électricité. Depuis la fermeture des centrales nucléaires en 2023, l’Allemagne est devenue un importateur net : environ 26 TWh ont été importés en 2024 et environ 19 TWh en 2025. Cela coûte aux consommateurs plus de deux milliards d’euros par an, alors même que la puissance installée des énergies renouvelables atteint des niveaux records.

  Le coût total de la transition énergétique reste flou. Le gouvernement allemand ne réalise pas ses propres prévisions des coûts. Il observe et analyse les études de coûts réalisées par des tiers sans toutefois adhérer aux résultats. Une étude commandée par la Chambre de commerce et d’industrie estime les coûts pour la poursuite de la politique énergétique actuelle allant jusqu’à 5.400 Md€ pour la période 2025 – 2049.

  Bien que tous les potentiels des renouvelables soient exploités, l’objectif est maintenant d’obtenir des coûts énergétiques durablement bas et prévisibles, compétitifs au niveau international et garantir la sécurité d’approvisionnement énergétique.

  Même si un « nouveau départ » de la transition énergétique a été annoncé, l’année 2025 restera au final surtout une année de transition politique, au cours de laquelle seules quelques initiatives législatives ont été menées à bien. Les prochaines années détermineront si le nouveau gouvernement allemand parviendra à réaliser ses objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre tout en gardant à l’œil la sécurité d’approvisionnement et les coûts énergétiques.

  Le tournant énergétique est un projet mammouth – probablement le plus grand programme d’investissement de l’histoire de la République Fédérale d’Allemagne. L’Europe, et la France en particulier, devraient suivre de près son avancement et les résultats obtenus.

  Ce site parle des progrès – réels – mais aussi de la complexité de ce projet de transformation socio-économique et d’investissement, vus par un Allemand ayant travaillé dans le secteur de l’électricité en Allemagne et en France.

  Les idées reçues sur la transition énergétique allemande sont légion en France. Pour les uns c’est un modèle à suivre, pour les autres c’est un véritable fiasco. Sur la base des informations référencées sur des sources officielles, les lecteurs pourront se forger une opinion éclairée sur la transition énergétique allemande et en déduire d’éventuelles pistes pour la France.
 

OÙ EN EST LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE ALLEMANDE ? BILAN 2025 DE L' ÉOLIEN

Deux enseignements majeurs se dégagent :
1. Une puissance installée en hausse… pour une production en recul !
  Malgré l’augmentation continue de la puissance nominale, la multiplication des usines et l’implantation toujours plus dense d’éoliennes, la production effective ne suit pas. Pire : elle a reculé ! De plus, cette fuite en avant ventée ne garantit ni stabilité ni sécurité d’approvisionnement du réseau.

2. Des objectifs législatifs aux allures d’une entêtante utopie 
  La loi dite « EGG 2030 » affiche des ambitions spectaculaires, mais déconnectées des réalités techniques et économiques. Seule consolation pour les citoyens allemands, l’illusion planificatrice ne se limite pas à leur pays : la France, elle aussi, est engagée à fond sur cette trajectoire qui relève davantage du pari ou de l' ignardise politique que de la prudence énergétique.

Toutefois, une question s’impose : comment expliquer un tel décalage entre résultats concrets, discours et décisions officiels ? 
  Un début de réponse : la capacité d’influence — voire la puissance de persuasion des acteurs industriels du secteur — semble jouer un rôle déterminant. De part et d’autre des frontières, les écornifleurs de l’éolien démontrent sans nul doute un savoir-faire certain pour orienter les décisions publiques, quitte à entretenir des promesses difficilement tenables sauf, à faire chèrement payer les contribuables et les consommateurs... 
 
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Bilan 2025 de l’éolien en Allemagne

Hartmut Lauer


Résumé 

  Les bureaux d’études « Deutsche WindGuard » et « Fachagentur Wind und Solar » ont publié le bilan 2025 des éoliennes terrestres et maritimes  sur le territoire allemand /1/, /2/.

Résultats essentiels :
  La production brute des éoliennes atteint presque 134 TWh en 2025, en légère baisse par rapport à 2024 — 139 TWh, à cause d’une météo moins favorable. Les éoliennes terrestres ont produit 107,4 TWh et les éoliennes maritimes 26,5 TWh. Lissé sur l’année, l’apport des éoliennes à la production nationale brute s’élève à environ 27% sans toutefois apporter une contribution durable à la sécurité d’approvisionnement en raison de leur production variable au cours de l’année.

  Fin 2025, la puissance du parc éolien au réseau s’élève à 77,9 GW — 2023 : 72,8 GW, dont 68,2 GW d’éolien terrestre et 9,7 GW d’éolien maritime. Environ 11,1 GW d’éoliennes terrestres sont encore au réseau bien que leur droit à une rémunération au titre de la Loi sur la promotion des énergies renouvelables — EEG 2023, ait expiré.

  Concernant le parc éolien terrestre, la Loi « EEG 2023 » prévoit 84 GW au réseau fin 2026. Il faudrait donc ajouter 15,8 GW courant 2026, ce qui, du point de vue actuel, semble irréaliste. 

  Concernant le parc éolien maritime, la Loi stipule 30 GW au réseau en 2030. Il est très improbable que cet objectif soit atteint. Dans l’état actuel des choses, l’Allemagne devrait disposer au mieux de l’ordre de 20 GW au réseau d’ici 2030.

  Des informations détaillées sont présentées ICI. 

 
 
Installation d’une fondation de type Monopieu — ~ 1500 tonnes, en Mer du Nord /source RWE

ENERGIEWENDE : POURQUOI LE VENT ET LE SOLEIL « GRATUITS » COÛTENT-ILS DES MILLIARDS D' EUROS AUX ALLEMANDS ?

  L' Allemagne se prépare à mobiliser 29,5 milliards d’euros de subventions publiques en 2026 pour une mission aussi ambitieuse que modeste : éviter que le prix de l’électricité ne devienne politiquement explosif ! En six ans, l’effort budgétaire aura donc été multiplié par plus de sept ! INCROYABLE !
 
Comment se décompose ce chiffre extra-ordinaire ?
  • Subventions aux frais de réseau : environ 6,5 à 10 milliards d'euros — pour éviter que les coûts de modernisation du réseau ne fassent exploser la facture;
  • Financement du développement des renouvelables — ex-taxe EEG1 : désormais payé directement par le budget fédéral — environ 17 à 20 milliards d'euros;
  • Baisses de taxes : réduction de la taxe sur l'électricité au minimum légal européen.
 1. La subvention EEG désigne le mécanisme allemand de soutien aux énergies renouvelables mis en place par la loi EEG – Erneuerbare-Energien-Gesetz — loi sur les énergies renouvelables. 
  
Que représente ce montant dans le budget de l' État ? 
  À titre de comparaison, les recettes de la TVA s'élèvent à environ 280-300 milliards d'euros par an. Une dépense de 29,5 milliards d'euros représente donc l'équivalent d'un point de TVA — une hausse d'un point rapporterait environ ce montant au budget de l'État. Cela illustre l'ampleur du sacrifice budgétaire.  
 
Quel coût supplémentaire par an pour chaque Allemand ?
  L'Allemagne compte environ 41 millions de ménages. Aussi, 29,5 milliards÷41 millions = ≈720 euros de dépense publique par foyer ! Même en retirant la part des subventions bénéficiant directement à l'industrie, le coût supporté par le budget de l'État — donc par le contribuable, pour juste maintenir l'équilibre du système électrique dépasse largement les 500 euros par ménage et par an. 
  Sans ces 30 milliards d'euros injectés chaque année, le prix du KWh payé par le consommateur allemand — déjà l'un des plus élevés d'Europe, autour de 38-40 cts, serait totalement insupportable socialement et économiquement. 
 
L' « effet ciseau » du financement des énergies renouvelables 
1. Le mécanisme de la subvention EEG2 — Loi sur les énergies renouvelables
  • L'État garantit aux producteurs d'éolien et de solaire un prix d'achat fixe — par exemple 80 €/MWh, sur 20 ans;
  • Le marché : les écornifleurs du vent ou du soleil vendent leur électricité sur le marché de gros. Si le prix du marché tombe à 30 €/MWh, l'État doit payer la différence : 50 €/MWh. 
  • L'explosion mécanique : plus il y a de panneaux solaires et d'éoliennes, plus l'offre est forte, ce qui fait chuter les prix de marché — parfois même en prix négatif3. Résultat : l'écart à combler par l'État augmente alors que le volume produit augmente aussi. C'est un effet multiplicateur pour le budget public et pour le contribuable !
2. En juillet 2022, l'Allemagne a supprimé la « Taxe EEG » qui apparaissait directement sur la facture d'électricité des citoyens.  La réalité, c'est que le coût n'a pas disparu. Il est passée de « l'usager » au contribuable. Il est désormais financé par le KTF — Klima- und Transformationsfonds, un fonds spécial alimenté par le budget de l'État et les recettes du carbone. 
3. Pour comprendre simplement les prix négatifs, imaginez un marché où, au lieu de vendre un produit, vous devez payer quelqu'un pour qu'il accepte de le prendre. L'électricité a une particularité physique : elle ne se stocke pas facilement à grande échelle. Sur le réseau, la production doit être exactement égale à la consommation à chaque seconde. 
  • Quand il y a énormément de vent et de soleil — forte production renouvelable, mais que les usines sont fermées ou que les gens consomment peu — le dimanche ou les jours fériés, le réseau sature.
  • Pour éviter que le réseau ne « grille » à cause de ce trop-plein d'énergie et, ne débouche sur un blackout, il faut absolument que quelqu'un consomme ce surplus ou qu'un producteur s'arrête. 
  • Le prix devient négatif : le marché envoie un signal désespéré. On dit aux gros industriels ou aux pays voisins : « Si vous allumez vos machines maintenant pour absorber ce courant, on vous donne de l'argent en plus de l'électricité gratuite.» 
La comparaison des émissions CO2 France vs Allemagne
  Le « modèle » allemand est un paradoxe coûteux. Championne des prix de l'électricité les plus prohibitifs d'Europe4, l'Allemagne est aussi clouée au pilori pour ses émissions de CO2. Les chiffres officiels de 2024-2025 sont clairs : malgré des investissements colossaux, Berlin reste bien plus polluante que Paris, contredisant les promesses de sa transition énergétique, voir les rapports énergétiques de 2024 et 2025 — notamment ceux de Réseau de transport d'électricité — RTE en France et de l'Institut Fraunhofer en Allemagne :
  • France : l'intensité carbone est tombée à un niveau historique en 2024 avec environ 22 g CO2/kWh. C'est l'une des électricités les plus propres au monde grâce surtout au mix nucléaire-hydraulique; 
  • Allemagne : malgré une part record de renouvelables — environ 60%, l'Allemagne émet encore environ 300 à 400 g CO2/kWh en moyenne.
4. Pour les ménages : l'Allemagne affiche des tarifs parmi les plus hauts d'Europe, autour de 0,38 € à 0,40 €/kWh. En comparaison, la France — malgré les hausses récentes, reste autour de 0,20 € à 0,25 €/kWh, selon les options tarifaires. 
  Pour l'industrie : l'écart est également critique : pour les PME : ~ +30% en Allemagne et pour les grandes industries : ~ +40% en Allemagne.
 
  À court terme, l’État n’a guère d’alternative : sans subventions massives, les prix exploseraient ! Mais, l'avenir ne s'annonce pas plus lumineuse, car la question devient autrement plus inconfortable : un modèle énergétique reposant sur l'argent des Allemands, des dizaines de milliards d’euros par an, peut-il rester compatible avec la soutenabilité budgétaire, la compétitivité industrielle et... l'acceptabilité des citoyens ?  
  Au problème du montant des subventions publiques, s'ajoute celui du dérèglement du marché. Ce dernier ne fonctionne plus selon les lois normales de l'offre et de la demande, mais il est devenu totalement dépendant des aides publiques. En économie, le prix sert de boussole. S'il est élevé, cela signale qu'il faut produire plus ou consommer moins. Dans le cas présent, le prix est devenu... « muet » ! Comme l'État intervient tout le temps pour corriger les prix après coup — ex post, les entreprises ne savent plus s'il est réellement rentable d'investir ou non. Puisque le prix est manipulé, il n'encourage plus les investissements stratégiques comme :
  • Le pilotable : ce sont les énergies que l'on peut activer à la demande — nucléaire, gaz, hydraulique, par opposition aux énergies intermittentes — éolien, solaire. Sans un prix clair qui valorise la disponibilité, personne n'investit dans ces centrales pourtant nécessaires pour éviter les coupures.
  • Les réseaux : le prix ne permet plus d'identifier ou construire les lignes électriques pour optimiser le transport de l'énergie.
  La transition ne s’ajuste plus : elle est maintenue artificiellement en vie aux frais du contribuable et du consommateur !
 
L' Allemagne pour exemple 
  « C'est leur problème », diront certains à propos de l'échec allemand. Sauf que la France s'apprête à commettre la même erreur. Championne de l'atome et du bas-carbone, la France se voit pourtant sommée par ses dirigeants de copier le modèle de son voisin. Si la PPE 35 est validée en l'état, en 2026, sur le modèle d'outre-Rhin, le choc financier pour le contribuable et l'usager sera brutal.
 
5. La PPE 3 est une feuille de route énergétique nationale qui fixe des objectifs pour réduire la consommation, accélérer la production d’énergie décarbonée — éolien, solaire, nucléaire, et structurer les investissements publics et privés jusqu’en 2035, dans le but de soutenir la transition vers la neutralité carbone d’ici 2050. Les chiffres clés : 
  • Solaire photovoltaïque : objectif de capacité installée en 2035 : entre 65 GW et 90 GW. Pour comparaison, la capacité installée fin 2024 était d’environ 24,4 GW;
  • Éolien terrestre : objectif de puissance installée en 2035 : ~40 à 45 GW au total. Pour information, elle était fin 2024 de ... 22,7 GW !
  • Éolien en mer : objectif de puissance installée en 2035 : jusqu’à ~18 GW. Aujourd'hui, cette dernière est de... 1,5 GW !
 Source : 
 
 Car là aussi, sous couvert de « protection du consommateur » et de « compétitivité », l’État français multiplie à son tour les dispositifs de boucliers tarifaires, de compensations ex post et de transferts budgétaires. Même logique, même aveuglement : les coûts ne disparaissent pas, ils changent simplement de colonne comptable. Le résultat est implacable : un État toujours plus endetté, un contribuable toujours plus sollicité, un consommateur toujours perdant et, des écornifleurs du vent et du soleil toujours plus riches !
 
Conclusion 
  Alors que la France dispose historiquement d'un des parcs électriques les plus propres et les plus résilients au monde, une majorités de dirigeants et le lobbying des EnR, font le forcing pour que notre stratégie nationale énergétique reproduise le modèle allemand. Pourtant, derrière les discours officiels et les communiqués officiels, les chiffres de 2024 et 2025 révèlent une réalité bien plus sombre.Entre l'explosion du prix du KWh, la dépendance persistante au charbon et au GNL, et la perfusion budgétaire massive, le « modèle » outre-Rhin ressemble de plus en plus à un puits sans fond ! Est-il encore raisonnable de vouloir copier un système qui échoue à la fois sur le plan économique et sur le plan climatique ?6
 
6. L'Allemagne prévoit également de dépenser plus de 450 milliards d'euros d'ici 2045 uniquement pour adapter ses lignes électriques aux renouvelables. Pour sécuriser son système, l'Allemagne reste prisonnière des énergies fossiles : hier dépendante du gaz russe, elle l'est aujourd'hui du gaz de schiste — GNL, américain, tout en continuant de s'appuyer massivement sur le charbon.
   
« En politique une absurdité n'est pas un obstacle. »
  Napoléon Bonaparte, Napoléon Ier 
 
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