LA NOUVELLE DÉFERLANTE DES USINES AGRIVOLTAÏQUES DANS NOS PAYSAGES

 
  Dévasté depuis des décennies par l’industrie éolienne — avec environ 240 à 250 éoliennes déjà implantées et près de 230 machines supplémentaires actuellement enregistrées dans les dossiers de la préfecture — notre département est confronté, ces dernières années, à une véritable vague de projets d’usines agrivoltaïques, toujours portée par le même trio d’acteurs déjà à l’œuvre dans l’éolien :
  • des exploitants agricoles et propriétaires terriens → loueurs de parcelles
  • des élus locaux 
  • les porteurs de projet  
 À présent, ils infligent au département ces nouvelles blessures ! Bien que le facteur de charge y soit inférieur de 20 % à la moyenne nationale, la rentabilité des projets haut-marnais demeure garantie grâce à un foncier plus abordable et à une opposition quasi inexistante de la population.
 
 
  Une année compte 8 766 heures. Un facteur de charge compris entre 11 et 12 % correspond à une production équivalente située entre 964 et 1 052 heures par an.
  En pratique, un panneau solaire fonctionne dès le lever du soleil et cesse au coucher, soit environ 12 heures par jour en moyenne sur l’année. Toutefois, il ne délivre pas sa puissance maximale en continu : sa production suit une courbe en cloche.
  Si l’on rapporte ces données à une base quotidienne réelle, sur 365 jours, un facteur de charge de 11 à 12 % signifie qu’une installation produit l’équivalent de 2 h 40 à 2 h 55 par jour à pleine puissance, réparties de la manière suivante :
  • En été, vous pouvez avoir 6 à 7 heures « pleines »
  • En hiver, cela peut tomber à moins d'une heure par jour
  Malgré ce faible facteur de charge, la Haute-Marne voit s’implanter un nombre croissant d’installations solaires et accueille notamment, depuis juin 2025 à Perthes, la plus grande centrale solaire flottante d’Europe, affichant une puissance installée de 74,3 MWc. Pour mémoire, le montant de l’investissement s’élève à environ 50 millions d’euros.
 
Pourquoi ici plutôt que dans le Sud ?
  Le projet de Perthes ne vise pas le « maximum d’ensoleillement », mais le « profit optimal ». Dans ce cas précis, l’équation est simple :
  • Moins de soleil donc moins de chaleur : les panneaux photovoltaïques supportent mal les températures élevées;
  • Foncier très accessible : dans le Sud, trouver 127 hectares disponibles sans susciter l’opposition des agriculteurs, des viticulteurs ou des défenseurs des paysages relève d’un parcours de dix ans;
  • Rendement amélioré par la présence de l’eau;
  • Absence d’opposition;
  • → Rentabilité garantie.
 Les projets - en cours d'enquête publique 
  Nombre de projets sont en cours d'enquête préfectorale actuellement : 
  •  Romain-sur-Meuse 
  •  Cusey 
  •  Mussey-sur-Marne
  •  Neuilly-l'Évêque
  L’ensemble de ces projets s’inscrit dans la continuité d’une première vague qui concernait déjà Chamarandes-Choignes, Laville-aux-Bois, Chambroncourt, Rimaucourt, Vignes-la-Côte, Langres, Montreuil-sur-Thonnance, Thonnance-lès-Joinville, Vesvres-sous-Chalancey et Beauchemin — une série de dossiers dont certains sont encore en cours d’instruction. https://www.haute-marne.gouv.fr/Publications/Enquetes-publiques 
 
 Quel est l’impact budgétaire net pour une commune ?
   Prenons l'exemple de Romain-sur-Meuse :
 
1. Population 
  Les derniers chiffres de l' INSEE, indique 88 habitants — 2022, plutôt vieillissants. Voir graphiques ci-devant.  
 
 
 
 
 
 
2. Santé financière
 En un mot : excellente ! 
 
 
 
 
 
 
 Source 
 
3. Les caractéristiques du projet
  • Puissance installée : 48 MWc — 73 948 panneaux sur 2 641 tables.
  • Emprise au sol : 21,2 hectares de panneaux — sur 65,23 ha de foncier clôturé;
  • Infrastructure technique : 21 postes de transformation et 3 postes de livraison.
4. Recettes Fiscales Annuelles — estimations
  La commune dépend de la communauté de communes Meuse Rognon est fiscalement sous le régime de la Fiscalité Professionnelle Unique — FPU.  
  Le projet générera 2 flux financiers principaux pour la commune :
  • L'imposition forfaitaire des entreprises de réseaux — IFER;
  • La taxe Foncière.
a) L' IFER
  Depuis 2021, la répartition de l’ IFER photovoltaïque a été modifiée afin de compenser la perte de ressources des collectivités. Si votre communauté de communes — CC, est soumise au régime de la fiscalité professionnelle unique — FPU, — ce qui est le cas ici — l’intercommunalité perçoit par principe 100 % de l’ IFER. Toutefois, la loi impose à l’ EPCI — la CC, de reverser 20 % de cette IFER à la commune d’implantation. Dans ces conditions, le produit annuel pour la commune s’élèverait ainsi à 32 582 € par an.
 
b) La Taxe foncière 
  Le montant de cette dernière est d'environ 10 000€
 
c) La Taxe d'aménagement  
« La taxe d’aménagement est un impôt local s’appliquant aux installations photovoltaïques au sol, perçu par les communes, les départements et, en Île-de-France, par la région. Cette taxe d’aménagement pour panneaux solaires est due pour toute construction, rénovation profonde ou agrandissement nécessitant un permis de construire ou une déclaration préalable de travaux. Les panneaux solaires intégrés à une toiture sont exemptés de cette taxe. » 

Le calcul repose sur :
  • La surface taxable : il s’agit de l’emprise au sol des panneaux solaires.
  • Une valeur forfaitaire : fixée à 10 €/m² pour les installations photovoltaïques.
  • Le taux global d’imposition : déterminé par les collectivités locales et comprenant les parts communale, départementale et régionale (en Île-de-France). »
 
Pour le cas présent :
  • Surface taxable : 212 690 m².
  • Assiette de calcul : 2 126 90 ×10 € =2 126 900 €.
  • Recette pour la commune : si le taux communal est de 5 % — taux courant, la commune perçoit : 106 345 € — en une ou deux fois.
 Pour Romain-sur-Meuse, c'est le jackpot ! 
 
d) L’impact sur la Dotation globale de fonctionnement — DGF, ou la « facture » des nouveaux riches
  La Dotation globale de fonctionnement — DGF, versée par l’État, est calculée en fonction de la « richesse théorique » de la commune, appelée potentiel financier.
  En percevant la nouvelle IFER ainsi que la taxe foncière, le potentiel financier communal augmentera fortement. L’État considérera alors que la commune a moins besoin de soutien. Pour une petite collectivité, la DGF peut diminuer de manière significative, voire être supprimée si la commune est réputée « trop riche ». Il existe toutefois un décalage d’environ deux ans : la commune bénéficie d’abord des recettes de la centrale avant que la réduction de la dotation ne s’applique.
  Dans le cas présent, il est probable que la DGF soit fortement réduite, voire supprimée, compte tenu de l’accroissement attendu des ressources.
  Par ailleurs, plus une commune est considérée comme riche au regard de la moyenne nationale, plus sa contribution au Fonds de péréquation des ressources intercommunales et communales  FPIC, augmente. Avec un projet de 48 MWc rapporté à une population modeste, la commune pourrait devenir contributrice. Un prélèvement estimé entre 5 % et 10 % des nouvelles recettes fiscales pourrait ainsi être mobilisé au titre de ce mécanisme de solidarité.

e) Bilan net annuel estimé
  • Recettes Fiscales — IFER + Foncier : 42 582€
  • Baisse de la DGF ou perte : ~ 15 000€
  • Contribution FPIC : ~ 4 000€
  • Effet net annuel : ~ 20 000€
 Pour 88 habitants, bénéficier d’environ 20 000 € de surplus net par an — soit près de 227 € par habitant — représente une somme non négligeable pour une commune déjà financièrement saine.
  Mais la question demeure : le jeu en valait-il la peine ? Derrière ce bénéfice financier se dessinent en effet des impacts importants sur l’environnement, implanter en site Natura 2000, matériel chinois, etc., la santé animale et la faune. De plus, plus les énergies renouvelables intermittentes — EnRi, qu’elles soient solaires ou éoliennes, sont raccordées aux réseaux, plus le contribuable contribue et plus la facture d’électricité du consommateur tend à augmenter
Alors, oui, pour nous, le jeu n'en vaut pas la chandelle ! 
 
 
QU' ONT-ILS FAIT DE LA HAUTE-MARNE ? ILS L' ONT MASSACRÉE MÉTHODIQUEMENT ! 
 
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SOMMERÉCOURT : POLLUTION DU MOUZON : LE RAPPORT DE L'INSPECTION DES INSTALLATIONS CLASSÉES

 
  Le rapport de l' Inspection des installations classées du 7 janvier 2026, fait suite à des épisodes de pollution, déjà sanctionnés l'année précédente — 2025. Lire ci-dessus.
  Le rapport dénonce un non-respect de la loi car il y a une disproportion totale entre les mesures de contrôle effectuées et l'ampleur réelle des épandages.
  Voici l'explication technique et réglementaire de ce grief :
1. L'insuffisance des prélèvements — Les 4 reliquats sortis d'hiver — 2025
  Un « reliquat de sortie d'hiver » est une analyse de sol qui mesure la quantité d'azote restant dans la terre avant les premières cultures. C'est l'outil qui permet de calculer la dose de digestat que le sol peut encore accepter sans risque de pollution.
  • Le problème : réaliser seulement 4 reliquats pour 1 300 hectares est jugé dérisoire par l'inspection;
  • La conséquence : cela signifie que l'exploitant a épandu sur la quasi-totalité de sa surface — 2 000 hectares, sans connaître la capacité d'absorption réelle de chaque parcelle. C'est une navigation, pourrait-on dire, « à l'aveugle », qui favorise les surplus d'azote.
2. La règle des « 20 hectares par îlot  »
  L' arrêté ministériel du 12 août 2010 — relatif aux installations de méthanisation soumises à enregistrement, impose une gestion rigoureuse de l'épandage pour éviter la saturation des sols. La règle veut que les analyses de terre soient représentatives. Pour garantir cette représentativité, le législateur a fixé des unités de surface cohérentes. Dépasser les 20 hectares par îlotl'îlot de culture est un ensemble de parcelles contiguës, sans analyse spécifique revient à traiter une surface trop vaste comme si elle était uniforme, ce qui est agronomiquement faux. 
 L'Arrêté Préfectoral le reprend à son compte. Ainsi, on ne peut pas traiter une surface immense comme un seul bloc. Chaque îlot doit avoir son propre calcul de fertilisation. Si l'exploitant dépasse ce seuil de 20 ha par îlot sans analyses spécifiques, il sature le sol sur des surfaces trop vastes. L'inspection considère que l'exploitant a regroupé administrativement des surfaces pour simplifier ses épandages, au mépris de la précision agronomique requise.
  L'inspection dénonce une gestion globale et simpliste — le déclaratif, là où la loi impose une gestion parcellaire et précise. Pour les inspecteurs, l'exploitant a privilégié l'évacuation massive de son digestat plutôt que la protection de l'environnement, ce qui justifie la proposition de mise en demeure.
 
3. La Société Civile d'Exploitation Agricole — SCEA de la Taillie à Orbigny-au-Mont1
  Les parcelles de la SCEA de la Taille n’ont fait l’objet d’aucun contrôle physique par les inspecteurs. Pourtant, plusieurs témoignages évoquent un sol anormalement sombre — « noir2 », pouvant révéler un sur-épandage et un dépassement des capacités agronomiques d’absorption. En l’absence de vérification sur site, l’administration semble s’être fondée uniquement sur les éléments déclaratifs fournis par l’exploitant, sans procéder aux contrôles matériels pourtant prévus par la réglementation.
 
  
1. La commune avait donné un avis défavorable au projet.
 
 
 
2. L'apparition d'une coloration noire — ou très sombre, sur les sols après l'épandage de résidus issus d'un méthaniseur est un indicateur visuel fort qui s'explique par la composition physico-chimique du produit épandu : le digestat.  Dans un méthaniseur, les bactéries décomposent la matière organique — fumiers, lisiers, déchets végétaux. Ce qui ressort — le digestat, est une matière très concentrée. Contrairement au fumier brut qui contient des pailles visibles, le digestat est souvent une substance liquide ou pâteuse très sombre, riche en composés carbonés stables. Lorsqu'il est appliqué en grande quantité, il forme une pellicule sombre à la surface du sol.
 
  Au final, le rapport fait encore la part belle au « déclaratif  ». Entre les promesses des 6 co-gérants et la réalité des sols à Orbigny-au-Mont, le fossé reste immense.
 
 
 
  
 
 
 
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Pour consulter l’intégralité du rapport, cliquez ICI.
 
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EDF, BERLIN ET BRUXELLES : LE BON, LA BRUTE ET L' ARBITRE

   Le récent décret validant la PPE3 entérine la continuité de la mutation de notre mix électrique. Loin d'une simple mise à jour technique, cette programmation semble sceller l'alignement de la stratégie énergétique française sur le modèle outre-Rhin : toujours plus d' EnRi / moins de nucléaire ! Ce basculement, perçu par beaucoup comme une renonciation à l'exception nucléaire historique de la France, suggère que les centres de décision se sont déplacés définitivement vers Berlin et ses relais d'influence nationaux.
  Cette trajectoire imposera une mobilisation financière sans précédent — le fameux « pognon de dingue » — estimé à plusieurs centaines de milliards d'euros sur les trois prochaines décennies. Ce fardeau, supporté par le contribuable, le consommateur et les générations futures, se décompose en plusieurs postes critiques :
  • Soutien massif aux EnRi : des mécanismes de subventions garantis pour assurer la rentabilité d'opérateurs privés, les écornifleurs du vent et du soleil, 
  • Restructuration lourde des réseaux : l'adaptation des réseaux de transport — RTE et de distribution — Enedis, pour absorber une production décentralisée et fatale nécessite des investissements colossaux.
  • La surproduction négative : la place de 1er exportateur mondial d'électricité aura coûté « un surcoût de 8,8 Md€ pour les consommateurs français sert à décarboner les mix électriques de nos voisins avec nos EnR, comme l’a justement remarqué RTE dans son bilan 2025. »
  • La dégradation des finances publiques 
  Ainsi, chaque euro injecté dans cette transition forcée est un euro soustrait à d'autres priorités vitales. Ce choix énergétique se fait au détriment :
  1. Du réarmement régalien — Défense et sécurité.
  2. De la souveraineté numérique — Intelligence artificielle, infrastructures de données.
  3. Des services publics fondamentaux — Santé, Instruction, etc.
  Au-delà des cercles de lobbies satisfaits, le grand vainqueur de cette programmation n'est pas européen : la Chine remercie l' Union européenne et la France ! 
  En imposant une accélération de l'éolien, du photovoltaïque et de la mobilité électrique, la PPE3 offre encore un peu plus un marché captif à l'industrie chinoise.
 Mais, il ne faut pas écarter l'idée que, ce choix profite politiquement à un parti favori de l'élection présidentielle et, qui se présente comme... anti EnRi !?... 
À suivre...  
Bonsoir et bonne chance.  
 
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EDF : un modèle qui dérange

Jean Pierre Riou
 
  Depuis la séparation entre EDF SA et EDF Renouvelables, les Bilans d'EDF SA ne font plus état que de la production des centrales conventionnelles et pilotables. Il s'avère que cette production, qui suffirait à elle seule à satisfaire les besoins de la consommation quasiment chaque année depuis 1995, est bien plus décarbonée que la totalité du mix français malgré ses milliers d'éoliennes et de panneaux solaires.
  Les chiffres qui vont suivre sont fastidieux. Chacun d’eux doit pourtant être lu attentivement pour comprendre la portée de l’analyse de l’évolution depuis 1980 du mix électrique d’EDF, aujourd’hui confronté aux injonctions de Bruxelles. Contrairement à la multiplication d’hypothétiques scénarios dont les coûts d’intégration se chiffrent en centaines de milliards, ces chiffres mettent en lumière les prouesses concrètement réalisées par notre fleuron national, entièrement financées par la vente d’une électricité dont le monde nous enviait pourtant le prix.
  Cette analyse sera mise en parallèle avec les coups qui lui sont portés, depuis février 2000, par Bruxelles dont l’obsession semble être de nous priver de l’avantage compétitif qu’EDF nous confère sur nos voisins. 

1ère partie EDF : un mix modèle, 99% bas carbone

  EDF vient de publier le bilan de son activité 2024 en France. L’entreprise met en avant la proportion de 99% de production bas carbone, sans recours au renouvelable intermittent

 

 Ce bilan est précisé dans son document d’enregistrement universel 2024 qui renseigne les conditions de son activité pour chacune des 20 dernières années1.
 
 
 
   L’indication de 0,0001 TWh éolien avec 6 MW installés, soit la puissance de 2 éoliennes modernes, interpelle dans la mesure où les énergies renouvelables intermittentes sont exploitées par une filiale distincte d’EDF : « EDF Renouvelables » qui fait état de ses 2059 MW éoliens installés en France en 2024 dans ses publications.
  Cette production d’EDF, intégralement pilotable est restée insuffisante pour satisfaire les 442,2 TWh de la consommation brute 2024, notamment en raison de l’engagement électoral de fermer les 2 réacteurs de Fessenheim en 2020, pourtant considérés « favorablement par rapport à la moyenne nationale dans les domaines de la sûreté et de l’environnement » par l’ ASNR — Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection. 

EDF en chiffres
  EDF a également publié les chiffres de ses propres productions depuis 1948,  lesquelles ne concernent que le nucléaire, l’hydraulique et le thermique à flamme.
  Ces chiffres ont été retranscrits dans l’illustration personnelle reproduite ci-dessous avec le repère horizontal des 450 TWh qui représente grosso modo la consommation 2024.
 
 
 
  Cette illustration montre la montée en puissance du parc nucléaire, qui n’a atteint sa pleine capacité qu’en 2002, en répondant en 15 ans à l’explosion de la consommation depuis 1980 quand le thermique fossile représentait 42,5% du mix. Ce dernier a été réduit dans le même temps à moins de 5% annuellement depuis 1995. Sans le moindre panneau solaire et… avec 0,0001% d’éolien !
 
Malgré une production hydraulique amputée par Bruxelles
  Il est important de noter que les ressources hydrauliques sont également exploitées par la Compagnie nationale du Rhône — CNR, et la société hydroélectrique du midi — SHEM, qui ont retrouvé leur statut d’avant-guerre de producteur indépendant depuis loi du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l’électricité, entraînant ainsi la séparation comptable de ces entreprises. Et qu’avec un parc hydraulique de 3106 MW, la CNR produit actuellement 25% de l’électricité hydraulique française. En 2005, le groupe Suez rachetait 40% de la CNR et 59,63% de la SHEM en 2006, le groupe produisant alors 35% de l’électricité hydraulique en France, selon Le Monde.
  Ce qui explique le chiffre EDF, avec seulement 42,942 TWh hydraulique en 2024 sur les 75,1TW produits en France. On démontre ainsi qu’avec ces 32,2 TWh supplémentaires, qui faisaient partie du périmètre d’EDF avant 2000, quasiment chaque année la seule production d’EDF aurait suffi à satisfaire toute la consommation, avec une intensité carbone encore inférieure.
  Il est également important de constater que l’explosion de la consommation annoncée depuis des années ne correspond pas à la réduction régulière constatée depuis 15 ans. Et ceci malgré l’étonnante occultation de l’impact de la réduction de consommation d’une vingtaine de TWh/an supplémentaires supprimés, quand l’usine d’enrichissement de l’uranium Georges Besse1 — diffusion gazeuse, a été remplacée par l’usine Georges Besse2 — ultracentrifugation.
 

La concurrence
  La production d’EDF est complétée par la montée en puissance de la concurrence, notamment depuis le 1 juillet 2007, qui achève la libéralisation du marché en autorisant le fournisseur alternatif à livrer directement son électricité aux particuliers. La concurrence s’y est engouffrée avec notamment Engie, TotalÉnergies, le Suédois Vattenfall ou GazelÉnergie, filiale du groupe EPH du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, qui verdit son image en investissant dans les renouvelables et le gaz après avoir fait fortune avec le charbon.
  C’est ainsi que le bilan RTE 2024 fait état d’une production globale bien supérieure, comportant notamment 150 TWh d’électricité renouvelable, production qui reste cependant carbonée en atteignant pour la 1 ère fois 95% en 2024.
 
 
 
  EDF SA aura donc produit 415 TWh sur les 539 TWh 2024. Les 124 TWh restant produits par la concurrence sont ainsi composés de 107,1 TWh renouvelables — 150 TWh moins les 42,9 TWh hydrauliques d’EDF SA, et de 17,35 TWh thermiques — 20 TWh moins les 2,65 TWh thermiques d’EDF SA.
  La concurrence d’EDF SA aura ainsi produit 17,35 TWh fossiles et 107,1 TWh renouvelables.
  Soit une électricité 86,1% bas carbone pour 124,45 TWh, dont la totalité de la production éolienne et solaire française, pour compléter une production 99% bas carbone d’EDF SA sans productions éolienne et solaire.
 
Le refoulement à perte des surplus
  La France, qui était déjà 1er exportateur mondial quasiment chaque année depuis au moins 1990 — 27 fois en 35 ans, surclasse désormais tous ses concurrents, avec 89 TWh en 2014 contre 33 TWh pour la Suède et plus encore, avec 92 TWh en 2025. Selon les douanes françaises, ces exportations sont vendues au prix moyen de 66,19€/MWh ces 12 derniers mois, soit à perte, à un prix inférieur au prix unitaire moyen des énergies renouvelables soutenues financièrement en 2025 qui est de 85,62 €/MWh selon la Commission de régulation de l’énergie — CRE. Les contrats à terme pour une livraison en 2027 sont négociés en France ce 12 janvier au prix 50,31€/MW.
 

Partie 2 - EDF qui dérange

  En mai 2007, Marcel Boiteux expliquait, dans Futuribles  :
« En théorie économique, l’électricité cumule pratiquement toutes les exceptions aux heureux effets de l’économie de marché. D’où suit qu’on peut militer avec conviction pour la régulation par le marché, et en exclure l’électricité. »
  Mais l’avantage compétitif conféré par la réussite du quasi-monopole d’EDF a été la cible d’attaques virulentes de la Commission européenne, au nom de l’ouverture de ce marché, sur fond de perquisition pour soupçon d’aide d’État et de procédures à son encontre. La chronique de cette descente aux enfers est relatée dans EDF l’exécution d’un géant.
  Les règles du jeu de notre souveraineté énergétique ont alors été imposées par Bruxelles, là où historiquement devait pourtant s’exprimer la puissance régalienne — principe de subsidiarité en termes d’énergie définit dans le traité de Lisbonne.

L’échec du modèle allemand
  L’objet prétendu de cette politique était de se passer du nucléaire, en décarbonant le mix électrique grâce aux énergies renouvelables intermittentes — EnRi, que sont éolien et solaire, tout en maîtrisant les prix grâce à la gratuité du vent et du soleil.
  Les surcoûts ont largement dépassé tout ce qui était envisagé en raison de fragilisation continue du système électrique malgré les centaines de milliards destinées à y remédier. Les conséquences économiques se sont avérées inacceptables, notamment en l’Allemagne.
  Cet échec a amené l’ensemble de la planète à convenir aujourd’hui du caractère incontournable du nucléaire, que ce soit en Norvège, au Japon, pourtant victime du tsunami, en Pologne, ou même au Danemark, et en Allemagne qui comprend enfin l’intérêt du recours à l’atome pour préserver sa compétitivité.
  Au lieu de d’écouter l’avertissement de A.C. Lacoste, Président de l’Autorité de sûreté nucléaire française, qui rappelait en 2007 la nécessité de disposer d’une puissance pilotable résiliente, l’Europe s’est lancée dans le développement exponentiel des capacités intermittentes sans pouvoir fermer pour autant, à consommation pourtant égale, le moindre MW pilotable installé ainsi que le montrent les chiffres Eurostat illustrés ci-dessous — la France, pour sa part s’est dangereusement séparée de 12 GW pilotables depuis 2012, sans compenser cette fragilisation par un backup suffisant des productions pilotables.  
 
 
 


  L’intérêt de ce doublon intermittent peut se comprendre pour l’Allemagne, malgré la nécessité de faire plus que doubler sa puissance totale, de 115,7 GW en 2002 à 271,9 GW en 2026, pour se passer des 23,6 GW nucléaires de 2002, afin de réduire le facteur de charge du fossile et ses émissions de CO2. Les épisodes de prix négatifs en Europe — 573 heures en 2025 résultent de ses surplus aléatoires, comme de ceux de l’Espagne et du Danemark, et à fragiliser son réseau électrique. L’approvisionnement allemand est de plus devenu importateur net d’électricité. Sa vulnérabilité aux épisodes sans vent ni soleil est à l’origine du besoin, exprimé par le gouvernement allemand, d’un besoin de 20 GW de centrales gaz supplémentaires, l’UE ayant donné son accord pour 12 GW.

Un record mondial de la vente à perte
  La surcapacité de production aléatoire française contribue elle-même à cette explosion des heures à prix négatifs — 513 heures en 2025, avec de plus un nombre équivalent d’heures de prix positifs inférieurs à un euro. Cette situation a placé la France, qui était déjà le plus gros exportateur mondial d’électricité quasiment chaque année depuis 1990, loin devant ses concurrents avec 89 TWh de solde net d’exportation en 2024 et 91,9 TWh en 2025, quand la Suède, en 2ème position, ne dépassait pas 33 TWh.
  L’article « Le véritable coût des énergies renouvelables » présente le prix moyen de 168,86 €/MWh perçu par les exploitants d’ EnR, pour une production de 81 TWh — source CRE. Les 13,6 Md€ que ces 81 TWh d’ EnR auront ainsi coûté au consommateur français doivent être mis en regard des 4,8 Md€ de leur contribution théorique à cet excédent : la différence, soit un surcoût de 8,8 Md€ pour les consommateurs français sert à décarboner les mix électriques de nos voisins avec nos EnR, comme l’a justement remarqué RTE dans son bilan 2025.
  L’écart est encore plus flagrant quand on compare ce prix moyen de 168,86 €/MWh, perçu par les exploitants d’ EnR, aux 49,34 €/MW de la vente de contrats à terme négociés en France ce 6 février 2026 pour une livraison en 2027.
  EDF peut trouver de l’intérêt à arrêter ses réacteurs quand le marché est très bas, et à économiser du combustible pour des jours meilleurs, mais le modèle économique du nucléaire ne le prédispose pas à jouer les intermittents d’un spectacle qui lui échappe, et les productions des productions intermittentes sont alors payées par tous les français.
  Cette surcapacité semble durable à moyen terme. En effet, l’explosion annoncée de la consommation, pour répondre aux besoins de l’électrification des usages, ne se confirme pas depuis 2010. Plus grave, l’ampleur de sa diminution est masquée par la correction des chiffres historiques de RTE. Cette réduction, permise par l’amélioration de l’efficacité énergétique ainsi que par les économies d’énergie, notamment imposées par l’augmentation des factures d’électricité qui a frappé l’industrie et les PME. Or la responsabilité des EnRi sur l’augmentation du prix de l’électricité résulte du coût de leur backup — moyen destiné à pallier leur variabilité, ainsi que de celui de l’extension et de la restructuration du réseau lié à l’extrême dispersion des capacités. La désindustrialisation de l’Allemagne par exemple est amplifiée par les prix de l’électricité, avec de nombreuses réductions d’activité et délocalisations, qui ne font que brider consommation. C’est tout aussi vrai en France.

La fragilisation
Son coût 
  L’augmentation des productions disséminées d’ EnRi a engendré un besoin de centaines de milliards d’euros pour inverser le sens de distribution du réseau et la dissémination des moyens de production. Désormais il ne s’agit plus, en effet, d’acheminer la quantité d’électricité nécessaire vers le consommateur, mais de faire remonter les records des EnRi vers le réseau de transport pour les refouler toujours plus loin. Là encore, l’Allemagne se distingue par un retard croissant de réalisation de ces investissements, malgré les sommes déjà consenties.
  La Cour des comptes fédérale allemande a publié un rapport sur l’ Energiewende en mars 2024 dans lequel elle constatait que les besoins de développement du réseau progressent plus vite que les investissements qui lui sont consacrés — avec un déficit croissant, chiffré à 6000 km de lignes de transport pour 2023.




Les objectifs d'expansion du réseau n'ont pas été atteints, et de loin !
  Le rapport précise 
« Les coûts d’expansion du réseau à l’avenir seront nettement plus élevés qu’auparavant. Selon les premières estimations de l'Agence fédérale des réseaux, les coûts liés à l'extension du réseau pour la période 2024 à 2045 s'élèvent à plus de 460 milliards d'euros. De nouvelles augmentations de coûts sont à prévoir. »

  L’Allemagne, qui n’arrive pas à transporter son électricité depuis ses éoliennes de la mer du nord jusqu’à son industrie de Bavière et du Bade-Wurtemberg, envahit les réseaux de ses voisins, dont les réseaux français qu’elle fragilise sans payer le prix du transport. On comprend que l’Allemagne s’oppose de toutes ses forces aux décisions de l’UE visant à morceler les zones d’enchère allemandes pour faire cesser ces flux de boucle qui violent le règlement européen.

Ses limites
  Par-delà cette fragilisation, qui progresse plus vite que les moyens destinés à y remédier, le principe même d’une augmentation de la part d’intermittence repose sur des hypothèses de stabilité dont la faisabilité n’a jamais été éprouvée. Johnson & al ont publié une étude sur l’inertie du réseau texan ERCOT en 2019, dans laquelle ils exposent la grande supériorité du nucléaire pour conférer de l’énergie cinétique au réseau, en rappelant l’absence totale de contribution de l’éolien et du solaire à cette « inertie rotationnelle ». L’étude constate que 
« Les pénétrations des énergies renouvelables testées dans cette analyse (jusqu'à 30 % de la demande énergétique annuelle) correspondent aux niveaux les plus élevés considérés par ERCOT dans ses projections à long terme, mais elles sont inférieures aux pénétrations des énergies renouvelables déjà déployées dans toute l'Europe ». 
  L’explication de la raison en est édifiante : 
« De nombreux pays européens sont connectés aux réseaux voisins, qui offrent une grande inertie de la production thermique — par exemple, le nucléaire en France et le charbon en Allemagne ou Pologne ». 
  C’est ainsi que lors de chaque surproduction éolienne en Allemagne et dans le nord de l’Europe, le nucléaire français reste désormais seul pour conférer cette inertie rotationnelle au réseau européen. Lors du blackout qui a frappé la péninsule ibérique le 28 avril 2025, des voix s’étaient élevées, ce qui est scandaleux, pour accuser la France de n’avoir pas assez développé ses interconnexions transfrontalières, ces « Câbles anti-blackouts », qui auraient pu protéger la péninsule ibérique pourtant seule responsable du déséquilibre de son mix électrique.
  Le gestionnaire du réseau européen Entsoe s’inquiète depuis des années de l’identification d’un risque de blackout à l’échelle continentale en raison de la baisse de cette inertie, jusqu’alors permise par les énormes masses en rotation synchrone à 50 Hz des capacités conventionnelles. RTE, qui prépare l’avenir  en espérant pouvoir s’en passer, écrit : 
« La capacité du réseau à revenir à un état stable après un incident est un élément clé de l’exploitation ; l’arrivée de nouveaux composants connectés au réseau via de l’électronique de puissance (photovoltaïque, éolien ou encore lignes à courant-continu) va nécessiter d’un côté la mise en place de dispositifs nouveaux sur le réseau et, de l’autre côté, l’évolution des outils de simulation permettant de s’assurer de leur efficacité. L’équipe R&D développe les outils permettant de qualifier cette stabilité et de tester, via des démonstrateurs sur site, les solutions envisagées, comme le « grid forming ». Nous avons réussi à démontrer la faisabilité théorique d’une telle adaptation, après des tests en laboratoire concluants, les équipes de R&D vont commencer des tests à l’échelle industrielle ». 
Il ne reste qu’à passer du théorique à l’industriel !
 
  Le propos n’est pas de nier cette faisabilité d’une augmentation de la part d’ EnRi à l’échelle de l’UE, mais de relever que les outils de simulation doivent encore évoluer ne serait-ce que pour connaitre l’efficacité théorique des solutions envisagées, et que cette faisabilité reste à être confirmée à l’échelle industrielle. Impasse technologique ? Dérive des coûts ? Qui sait ?
 
La désintégration d’EDF
  Lors de son audition devant la Commission d’enquête visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France , l’ancien patron d’EDF, Henri Proglio a déclaré «   Depuis trente ans, l’obsession allemande est la désintégration d’EDF ; ils ont réussi ! » et décrit les « capacités d’influence, des lobbyings de l’Allemagne, qui ont réussi, au travers de l’autorité bruxelloise. »
  Le développement des interconnexions bouleverse les marchés nationaux. Le coût des surproductions aléatoires et leur impact sur l’effondrement des prix est mutualisé, alors que quelques pays, l’Allemagne en particulier, en sont responsables. La faiblesse de ces productions aléatoires bouscule aussi la marché : c’est la raison de la colère de la Suède et de la Norvège qui ont menacé de se déconnecter de ce système « absolument merdique »
  « It’s an absolutely shit situation », selon les termes crus du ministre norvégien, rapportés par le spécialiste de l’énergie « Oil Price ». Il explique en effet que les interconnexions ont permis à l’Allemagne et au Danemark, qui subissaient une même panne de vent, de « siphonner » la production des réservoirs hydrauliques norvégiens qui étaient alors pleins, avant de contaminer le marché norvégien de l’électricité, une fois ces réservoirs vidés, avec un prix spot catastrophique de 898 €/MWh à 17 heures, alors que le pays ne connaissait même pas de vague de froid. La ministre suédoise de l’énergie Ebba Busch a vigoureusement dénoncé le même phénomène en déclarant à la chaine suédoise SVT « Je suis furieuse contre les Allemands. »
  Bruxelles tente désormais de prendre en main le développement des interconnexions à marche forcée avec sa proposition de « paquet réseaux transfrontaliers ». Selon La Tribune, Paris freine des 4 fers. Mais ce grand marché libéralisé promet des montagnes russes de plus en plus vertigineuses sur le cours du MWh avec la dépendance grandissante aux caprices du vent et du soleil. Pour rappel, si EDF peut s’adapter aux périodes de prix cassés, lors des records de production des EnRi, en arrêtant ses réacteurs, il ne faut pas en ignorer les surcoûts pour les français, puisque c’est lui qui soutient financièrement les intermittentes, ni pour EDF qui devra, lui aussi, faire appel à l’argent public s’il veut développer son parc nucléaire. Et, il ne faut pas oublier le rôle des turbines à gaz, qui sont mobilisée et émettent des gaz à effet
de serre.

La cerise sur le gâteau
  L’Allemagne viendrait d’obtenir une dérogation de Bruxelles l’autorisant à financer une baisse du coût du kWh pour son industrie et à engager la construction de 12 GW de centrales à gaz. 
  Faut-il rappeler que les finances d’EDF ont été plombées par l’ Arenh, au prétexte d’un soupçon infondé d’aide d’État.
  Cette dérogation accorde à l’Allemagne d’injecter entre 3 et 5 milliards d’euros d’aide publique pour baisser le prix du kWh de son industrie en déliquescence consacre la victoire de 30 ans d’obsession allemande de détruire l’avantage compétitif que nous conférait EDF.
 
1. Dans son rapport d’activité 2024 EDF indique une production hydraulique de 50,6 TWh avec la note de bas de page —1 « Production hydraulique hors activité insulaire avant déduction de la consommation du pompage. La production hydraulique totale cumulée nette de la consommation du pompage représente 42,9 TWh en 2024 ».
  Expliquant ainsi la différence entre les 50,6 TWh de l’illustration et les 42,9 TWh retenus dans notre analyse ainsi que dans le graphique de production historique à partir des chiffres nets d’EDF.
  Le graphique circulaire de la capacité installée ne respecte pas la proportion de l’éolien — 6 MW. On retrouve la même erreur dans l’illustration 2023 où le segment est beaucoup plus proche de la réalité, mais où la proportion de 1000 fois plus petit que le thermique le rendrait illisible.
  Le faible facteur de charge d’une production de 0,0001 TWh pour l’éolien peut surprendre. Il s’agit probablement d’une ou 2 éoliennes — 6 MW en tout, dont la raison d’être est la R&D et non l’exploitation commerciale.
  La différence de production totale entre les 2 illustrations — 415 TWh et 417,6 TWh semblent provenir de la mention que les 415 TWh proviennent de valeurs arrondie et hors Corse et outre-mer.
 

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