vendredi 5 juin 2020

Haute-Marne : la "beaucisation" du "Pays de l'eau" est en marche

  Comme Blandine Vue et Les Vues imprenables l'avaient déjà dénoncé, la société d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) confirme que le territoire est en voie de "beaucisation". Dont acte. Et quelles sont les mesures que la société envisage de prendre pour stopper l'hémorragie?
  Il est bon ici de rappeler ou de présenter les missions des SAFER :
"Elles ont pour mission d'améliorer les structures foncières par l'installation d'exploitations agricoles ou forestières, ou le maintien de celles existantes par l'accroissement de leur superficie, par la mise en valeur des sols et, éventuellement, par l'aménagement et le remaniement parcellaires. Également, elles ont pour mission de diversifier les paysages, protéger les ressources naturelles et maintenir la diversité biologique et, notamment, communiquer aux services de l’État, dans des conditions fixées par décret, les informations qu'elles détiennent à propos de l'évolution des prix et l'ampleur des changements de destination des terres agricoles. Elles assurent la transparence du marché foncier rural.
Source :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_d%27am%C3%A9nagement_foncier_et_d%27%C3%A9tablissement_rural

  Ainsi,une minorité de personnes, propriétaires et exploitants, remodèlent le "Pays de l'eau" et le transforment... en Beauce du pauvre! Et cela, UNIQUEMENT pour leur profit personnel!
 
Lire sur le même sujet
Haute-Marne : éoliennes, photovoltaïques,méthaniseurs, arrachage de haies, prairies retournées, coupe à blanc des bois et forêts, un pays massacré

  Ils sont aidés dans leur tâche par l'escrologie via les EnRi, éolien, photovoltaïques, méthanisation, etc., nombre d'élus au soutien et les services de l' Etat. 


Paysage du Loiret*, demain celui de Haute-Marne?

 



  SANS OUBLIER, la PASSIVITÉ FUNEBRE, pour un grand nombre d'entre eux, des Hauts-Marnais eux-mêmes face à cette catastrophe sanitaire, environnementale et économique.

  En même temps, le Département continue à vanter
aux Français et aux étrangers une Haute-Marne "idéale "qui, bientôt, malheureusement, n'existera plus que dans les livres d'histoire :
"Dans un environnement naturel préservé, disposant d’un patrimoine bâti de qualité à prix attractif, la Haute-Marne réalise vos rêves d’oxygène tout en restant connecté au monde. Elle a inspiré Charles de Gaulle. Elle inspire des entreprises innovantes, des associations culturelles et sportives très dynamiques.
Choisissez la Haute-Marne pour un autre style de vie !
[...] Elle offre à ses habitants l’espace, un environnement naturel préservé et une qualité de vie sereine, qui insufflent et stimulent la créativité et la réussite
."
Source : https://respirez-inspirez.com/ 


Qui pourrait croire que la représentation départementale n'a pas conscience de la dégradation de la situation sur le terrain? Aussi, comment qualifier cette campagne publicitaire?

*La Beauce
 Cette région comprend les départements :
- Essonne
- Eure-et-Loir
- Loir-et-Cher
-Loiret
-Yvelines 

Villes principales :
- Chartres
- Châteaudun
- Étampes

jhm.fr




php


jeudi 4 juin 2020

Haute-Marne : il était une fois la ville de Fayl-Billot et des villages du canton, Épisode X

Précédemment
Haute-Marne : il était une fois la ville de Fayl-Billot et des villages du canton, Épisode I
Haute-Marne : il était une fois la ville de Fayl-Billot et des villages du canton, Épisode II
Haute-Marne : il était une fois la ville de Fayl-Billot et des villages du canton, Épisode III
Haute-Marne : il était une fois la ville de Fayl-Billot et des villages du canton, Épisode IV
Haute-Marne : il était une fois la ville de Fayl-Billot et des villages du canton, Épisode V
Haute-Marne : il était une fois la ville de Fayl-Billot et des villages du canton, Épisode VI
Haute-Marne : il était une fois la ville de Fayl-Billot et des villages du canton, Épisode VII
 
Haute-Marne : il était une fois la ville de Fayl-Billot et des villages du canton, Épisode VIII
Haute-Marne : il était une fois la ville de Fayl-Billot et des villages du canton, Épisode IX  
 

Claude-Jules Briffaut est né à Vicq, le 25 août 1830. Ordonné prêtre à Langres le 3 mars 1855, il fut nommé vicaire à Fayl-Billot le 16 mars de la même année et occupa cette fonction jusqu'au 1er septembre 1866, date à laquelle il devint curé de Pierrefaites-Montesson. Le 17 février il fut nommé curé de Bussières-les-Belmont. Sous une apparence sévère, il se dévoua toute sa vie pour les pauvres et les malheureux, allant même jusqu'à créer un hôpital. La paralysie qui le frappa deux ans avant sa mort, survenue le 7 avril 1897, à Bussières-les-Belmont, lui interdit ensuite toute activité, à son plus grand désarroi.

  Broncourt ou Beroncourt vient du latin curtis (30), ferme ou maison de campagne, et Bero, Beronis, nom du premier seigneur qui en fut propriétaire. 
On voit, en 1553, frère Guy Lebœuf, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (31), commandeur des commanderies de la Romagne, Thors, Avalleurs, Beroncourt et Arbigny.
  Il y avait donc une commanderie à Broncourt. On montre l'emplacement qu'elle occupait ; l'enceinte est encore très-bien tracée. On y a découvert, il y a quelques années, des outils de maréchal et une batterie de cuisine.


Source : https://www.templiers-chevaliers.com/departements/Les%20Maisons%20et%20commanderies%20des%20Templiers%20de%20France52

 Le commandeur était le seigneur du village. Il y avait établi un bailli et d'autres officiers pour rendre la justice en son nom. La partie de Charmoy qui dépendait du même commandeur, était soumise au bailliage de Broncourt. Quand il y avait lieu, on en appelait au bailliage de Langres.
  Le commandeur percevait les dîmes du finage, à raison de sept l'un. Elles valaient douze cents francs, année commune. En 1790, elles étaient relaissées avec la maison seigneuriale, les droits seigneuriaux, l'enclos, les terres labourables et les prés pour trois mille sept cent cinquante francs. L'amodiateur payait cette somme aux fermiers principaux qui résidaient à Fayl-Billot.
  Les biens de cette seigneurie furent déclarés propriétés nationales et vendus par les administrateurs du district de Bourbonne, le 27 germinal an III, 16 avril 1795. D'après l'affiche, les terres labourables étaient estimées trente-six mille francs.
  Avant la révolution, l'église de Broncourt, dédiée à la sainte Vierge en sa Nativité, était une église paroissiale, ayant pour annexe celle de La Quarte, desservie par un vicaire. Elle dépendait du doyenneté de Pierrefaite. Le curé avait, entre autres revenus, trois cent cinquante francs que lui payait le fermier de la seigneurie. 
  Au rétablissement du culte, Broncourt fut annexé à Pressigny et desservi par le curé de ce lieu. Il fut érigé en succursale le 3 mai 1846. On y avait bâti un presbytère en 1840, et l'on va y construire une nouvelle église pour répondre aux besoins religieux de la population. Celle qui existe n'est ni solide, ni digne de culte que l'on doit à Dieu.
  Les habitants sont des agriculteurs. Le territoire est excellent. Il n'y a pas de vignes.


Broncourt : l'église, reconstruite entre 1867 et 1870 et consacrée en 1871. De style néo-gothique, elle est identique à celle de Fayl-Billot, en moins imposante. @Google streetview

Bussières-lès-Belmont

 
@Collection particulière

  Bussières-lès-Belmont, appelé autrefois Bussières-les-Nonnes, Bussières-les-Aumonières, Buxières, La Bussière, Buissière, en latin Buxeriæ, tire son nom de Buxus, Buis. Cette étymologie n'indique pas que tout le territoire était planté de buis, mais que cet arbrisseau s'y faisait remarquer parmi d'autres essences. Les dénominations  de Buisson-Marie, Planches-des-Charmes, Charmoy, Chasnoy, Espenoy, Genesvres, Breuil, Garenne ou Varenne, Essarts, etc, employés pour désigner diverses parties du finage, prouvent suffisamment que ce lieu n'était qu'une vaste forêt.
  Le bourg n'existait pas au temps de la domination romaine ; mais il y avait déjà sur le territoire quelques établissements ; car on y a découvert, en 1838, à côté du chemin qui conduit  à Fayl-Billot, dans un terrain très-incliné, des débris de constructions qui appartiennent évidemment à cette époque. Voici le rapport fait alors par M.Thiberge, maire de Bussières :
  "On a trouvé, au milieu de différentes constructions faites sans soin, et seulement en moëllons posés à sec, des murs en mortier de chaux et de ciment ; une portion de construction en brique très bien conservée ; un pavé blanc incrusté dans une très grande épaisseur de béton ; des portions de béton qui faisaient parois de murs revêtus de stuc, peint en rouge et jaune : ces couleurs dessinent de simples raies, comme en ferait un ouvrier de campagne pour marquer une hauteur d'appui ; une grande quantité de fragments de mosaïques, composés de petits cubes blancs et noirs ; les cubes blancs sont en calcaire pareil à celui des pavés ; ce calcaire n'existe pas ici ; il est analogue à la pierre à bâtir de Chaumont, à la pierre des gargouilles trouvées à la Marnotte à côté de la source ; les cubes noirs sont faits en pierre de Fouvent. Dans les décombres on a trouvé deux fibules de cuivre ; elles sont en partie recouvertes d'une espèce d'étamage et d'un peu d'émail bleu ; beaucoup de débris de poterie très-fine et d'autres de poterie commune et de grande dimension, probablement des fragments d'amphore ; une pierre en basalte, produit volcanique étranger au pays. Cette pierre parait avoir servi de meule à un moulin à bras ; elle est circulaire de 0 mètre 50 de diamètre, forée au milieu, convexe d'un côté et taillée en rayon. Enfin une médaille petit bronze, portant d'un côté une tête assez bien conservée, autour de laquelle on lit : CLAVDISV. CAE, et de l'autre une figure assise très-détériorée ; autour on distingue RTA. "
  Ces antiquités, trouvées dans un emplacement peu éloigné du Châtelet de Fayl-Billot, confirment l'opinion que nous avons émise sur l'existence d'une route romaine longeant la vallée.
D'un autre côté, "l'on a découvert, il y a quelques années, dans le bois des Loges, environ à la distance de mille mètres de la grande route des Romains, une espèce de branche de route perdue. On prétend que cette route pouvait prendre son origine à la grande route des Romains qui passe à Grossesauve pour aller à un château détruit du temps des Romains, et qui était placé sur le territoire de Bussières. On en parle aujourd'hui sous le nom de vieux château (32)."
  C’est au XIIè siècle que nous rencontrons pour la première fois le nom de Bussières. Vers l'an 1127, Guy et Philippe d' Achey donnèrent à l'abbaye de Belmont une partie de la terre de Bussières. Thierry et Ulric son frère, autres seigneurs du voisinage, donnèrent également tout ce qu'ils avaient en ce lieu, depuis Frettes et Genevrières jusqu'à Corgirnon. En 1220, Etienne, chevalier de Mont, était seigneur de Bussières. En 1230, les religieux de Saint-Antoine de Viennois achetèrent de Gérard, chevalier, la moitié de la seigneurie de Vesvrechien, située sur le territoire.
  Vers l'an 1275, il y avait un maire, nommé Humbelin, et, en 1415, un chastelain ou mayeur [équivalent de maire]  d'illec.
  Philippe de Chauvirey était seigneur de Bussières en 1297, et il fit, cette année, une donation à l'hôpital de Grossesauve. La seigneurie resta dans sa famille jusqu'au commencement du XVè siècle ; car on voit, en 1413, Marguerite de Chauvirey, dame de Bussières, mariée à Jean de Rougemont, chevalier. Ce haut et puissant seigneur était en hostilité avec les habitants de Langres. Il fit avec eux, en 1417, un traité de paix que nous allons rapporter.
  " A tous ceulx qui ces présentes lettres verront et orront, Girard d'Isomes, licencié ez lois et lieutenant de noble homme Robert de Longchamps, escuyer, bailly de Lengres, salut : savoir faisons que aujourd'hui les bourgeois et habitants de la ville et cité de Lengres, assemblés de nostre licence en l'église des frères prêcheurs dudict Lengres, par devant nous ont dict et exposé que comme noble et puissant seigneur, monseigneur Jean de Rougemont, chevalier seigneur de Bussières, si ait eu plusieurs querelles et demandes contre iceulx bourgeois et habitants , et eulx contre luy, et que chacune d'icelles parties disoit et maintenoit avoir eu et soutenu plusieurs dommaiges et inconvénients, tant en perdition de vins et de biens, montants à grandes sommes d'argent, comme aultrement,  dont lesdits bourgeois et habitants estoient en grande guerre et débats envers ledict seigneur de Bussières ; et de cette matière si soit meslée nostre très redoutée dame madame la duchesse de Bourgoigne, comtesse de Flandre, d'Artois et Bourgoigne, révérend père en Dieu, monseigneur l'évesque et duc de Langres, noble seigneur  messire Jean de vaux, seigneur de Courtin, chancelier de très-hault et très-puissant prince monseigneur le duc de Bourgoigne, et aultres du conseil dudict seigneur. 
   Lequel monseigneur le chancelier, pour paisier lesdicts débats et pour norrir paix, amour et tranquillité entre ledict monseigneur de Bussières et iceulx bourgeois et habitants, si est tenu en icelle ville et cité, et après que lesdicts bourgeois et habitants ont dict et proposé à l'encontre d'icelui seigneur de Bussières  tout ce qu'ils ont voulu dire et proposer, et ledict seigneur de Bussières à l'encontre d'eulx, de tous les débats que ledict seigneur de Bussières avoit avec les habitants d'icelle ville et cité,  et lesdicts bourgeois et habitants avec ledict seigneur de Bussières, ont icelles parties demouré et demourent perpétuellement en bonne paix et accord, par ces présentes, sans que iceulx bourgeois et habitants ou aulcuns d'eulx  puissent jamais aulcunes chouses querreller ni demander audict seigneur de Bussières, ses tenants, alliés, aidants, adhérents et favorisants, pour quelques perdes et dommaiges que iceulx tenants et aidants leur aient faict en commun ou en particulier, par quelque voie ou manière que ce soit, et d'iceulx perdes et dommaiges de leur plein gré, sans force, violence ou inductions aulcunes, ont faict et font quittence perpétuelle audict seigneur de Bussières, tous ceulx qui l'on suivi, ses adhérents et alliés quelconques, et qui pour occasion dudict seigneur de Bussières leur pourroient avoir esté faicts et pourtés, et ont promis et promettent lesdicts bourgeois et habitants par ces présentes, par la foy et serment de leur corps et sous l'obligation de tous leurs biens, que pour cause et occasion desdicts dommaiges et perdes qu'il ont eus et soutenus par l'ordre dudict seigneur de Bussières, ses alliés vivants et adhérents et chouses avant dictes, eulx ou aulcun d'eulx ne demanderont jamais aulcune restitution en quelque manière que ce soit ;  et des chouses susdictes, iceulx bourgeois et habitants, dès maintenant font quittance... à icelui messire de Rougemont, sesdicts tenants et aidants, et pour eulx et leurs hoirs, sans fraude ou mal... et afin que ces chouses  aient plus grande force, nous avons faict mettre à ces présentes le scel et contrescel du bailliage de Lengres, à la jurisdiction de laquelle cour et toutes autres sprirituelles et temporelles, conjointement ou divisement devant plaid entamé, litis-contestations faictes en la cause ou après, lesdicts bourgeois et habitants se sont soubmis et soubmettent par ces présentes lettres, qui furent faictes et données audict Lengres, le vingt-quatriesme jour de juillet l'an 1417."
  Mais "il feust ainsin que ledict messire Jehan de Roigement par avant le jour de Noël ala de vie à trespassement, 1417." Sa veuve, Marguerite de Chauvirey, se remaria à Jean de Choiseul, seigneur d'Aigremont. Elle accorda, le 31 juillet 1420, l'affranchissement du droit de servitude et mainmorte à ses vassaux de la haute seigneurie.
  Peu de temps après, le domaine de Bussières passa dans la maison de Vergy. Jean de Vergy, seigneur de Bussières, vendit aux religieux de Saint-Antoine de Viennois la seconde partie de la seigneurie de Vesvrechien, par contrat du 15 novembre 1435. Guillemette de Vienne, veuve d'Antoine de Vergy, était, en 1440, dame de Bussières. Elle épousa en secondes noces, le 18 novembre de cette année, Thiébaud de Neuchâtel, veuf d'Agnès de Montbéliard, seigneur de Fayl. Thiébaud et Guillemette vendirent , le 27 mars 1457, pour la somme de trois mille florins d'or du Rhin, à Guillaume de Vaugelay, commandeur de l'hôpital et maison-dieu de saint Antoine d'Aumonières (33), les seigneuries de Bussières et Champsevraine avec la grange d'Ormont, "consistantes en villes, terres, seigneuries, châteaux, maisons fortes, fossés, rières-fossés, vergers, prez, terres arables et non arables, tant en bois comme en plain ; en hommes, femmes, bourgeois et bourgeoises de quelque état et condition qu'ils soient, leurs tenements et maisonnements, tailles, rentes, cens, issus et revenus, fours, moulins banaux, eaux, étangs grands et petits, bois banaux et non banaux, passages, paisonages et pâturages, en tout justice, haute, moyenne et basse, en épaves, extraves, en confiscation de corps et de biens, collation de bénéfices, droits, prérogatives, gardes d'église, en maimorte, serve condition, en corvées de bras et de charrues, et autres corvées quelles qu'elles soient, en geline,  en fiefs, rires-fiefs, la connaissance et seigneurie d'iceux et généralement toutes les appartenances et dépendances desdites seigneuries, les finages et territoires d'icelles, etc."
  Jusqu'alors, la terre de Bussières avait été de franc-alleu ; ses seigneurs ne relevaient que de Dieu et de leur épée. Les religieux de Saint-Antoine, craignant que cette propriété, devenue bien de mainmorte, ne fut exposée, en restant indépendante, aux incursions des seigneurs voisins alors très-puissants, demandèrent au roi des lettres d'amortissement. Louis XI les leur accorda en date du 20 novembre 1459. En même temps il inféoda le bourg à la grosse tour de Sens, et se réserva foi et hommage. Il parait que Guillaume de Vaugelay ne rendit pas assez exactement le devoir de fief. Car, dans des lettres patentes du 13 octobre 1462, le roi ordonna à son bailli de Sens de saisir la seigneurie de la Bussière, située dans les limites de son bailliage, entre Langres et Fouvent, faute de foi et hommage de la part de l'acquéreur. Celui-ci écrivit plusieurs fois au procureur du duc-comte de Bourgogne au bailliage d'Amot, pour savoir ce qu'il avait à faire en cette circonstance. Il y eut à ce sujet des débats entre les officiers de Louis XI et ceux de Philippe-le-Bon.

 À suivre...

L'abbé Briffaut, Histoire de la ville de FAYL-BILLOT et notices sur les villages du canton, 1860, pp. 225-231, Monographies des villes et villages de France, Le Livre d'histoire-Lorisse, Paris 2012.


30. Les Romains appelaient une ferme villa ; un domaine plus étendu se nommait curtis.

31. Cet ordre célèbre fut fondé en Palestine, au commencement du XIIè siècle, sous le pontificat de Pascal II et le règne de Baudoin, frère de Godefroy de Bouillon, et son successeur sur le trône de Jérusalem. On lui donna la règle monastique de saint Augustin. Les religieux faisaient les quatre vœux, d’obéissance, de pauvreté, de chasteté et de dévouement de défendre les pèlerins contre les infidèles. Leur costume fut celui des chevaliers du temps, avec une croix rouge à huit pointes sur le manteau noir. En 1112, le pape confirma par une bulle le nouvel ordre, qui reçut sa forme définitive en 1118. On l'appelait en dernier ordre de Malte.

32. Annuaire du diocèse de Langres pour l'an 1838, pag. 504.

33. Aumonières, Almosnières, du latin eleemosyna ou eleemosynarian domus, était, dans le principe, un gîte d'étape pour les soldats romains, et, plus tard un hospice établi pour recevoir les nombreux pèlerins qui allaient visiter la capitale du monde chrétien. Il est situé sur la chaussée de Langres à Rome par Besançon et Genève. C'est maintenant un hameau faisant partie du village de Pierrecourt, Haute-Saône,. La maison des religieux et leur église avec son clocher existent encore, mais dans un état de délabrement. Cette église fut réparée en 1605 avec le produit d'un bois de Bussières appelée la Vendue


php

Je mange local donc je participe au sauvetage de la planète!... Vraiment?

"Les vérités scientifiques sont des vérités universelles. Les certitudes religieuses ou politiques tenues pour des vérités sont généralement des convictions transitoires issues de passions et de sentiments n'ayant aucun élément rationnel pour soutien."
Gustave Le Bon, médecin, anthropologue.

php

***

Manger local : une mode écolo sans fondement scientifique

Swaminathan Aiyar
Traduction Gabriel Koiran Portier





  Non aux kilomètres alimentaires et aux locavores. Le monde a suffisamment de vrais soucis pour se laisser distraire par des problèmes imaginaires.
   Alors que nos gouvernements semblent croire que la catastrophe climatique menace, ces derniers cherchent donc des moyens de réduire leurs émissions de carbone. Toutefois, depuis la récession de 2007-2009, l’idée d’imposer des taxes carbone supplémentaires, ou d’autres mesures qui pourraient faire basculer l’économie dans une nouvelle récession, est dédaignée.

  Malgré toutes les déclarations de nos dirigeants lors des sommets internationaux sur le climat, ils préféreront un danger climatique à une récession délibérée. Ils fixeront allègrement des objectifs, mais ne feront rien pour les mettre en œuvre si cela équivaut à un suicide politique.
  Ils engageront des coupures dans les émissions de carbone seulement dans le cas où de nouvelles technologies permettraient de les réduire sans causer un choc économique. L’écologiste Bjorn Lomborg a fait la recommandation intelligente de se concentrer sur la recherche plutôt que les réductions directes d’émissions. Une fois seulement que les chercheurs auront fait des progrès importants pourrons-nous envisager des réductions de carbone.

Diminuer la consommation énergétique
  En attendant, certains groupes environnementaux militent pour une autre solution de diminution de notre consommation énergétique. Il s’agit de consommer de la nourriture produite localement, qui n’est pas transportée sur de longues distances. Certains utilisent le terme « locavore », comme carnivore ou herbivore, pour qualifier ces héros verts qui ne mangent que des produits locaux pour réduire leur empreinte carbone. On parle aussi de kilomètres alimentaires dans le but de mesurer la localitude d’un locavore.
  Cette mode écolo tente de se faire passer pour un concept environnemental. Or, il n’a aucune réelle base scientifique ou économique. Le public doit savoir que l’idéal locavore est une absurdité, non seulement sur le plan économique et scientifique, mais aussi environnemental.
  Ceux qui veulent engager une diminution des émissions de carbone seraient mieux avisés de militer pour une taxe carbone conséquente. Dans le mesure où une taxe carbone ne ferait que remplacer d’autres impôts, comme la TVA, elle serait politiquement faisable. Elle modifierait la composition des impôts indirects, sans changer leur poids total, et donc sans avoir d’effets dépressifs sur l’économie. Même les climatosceptiques seront d’accord que remplacer une partie de la TVA par une taxe carbone induira une meilleure efficacité énergétique.
  Une fois une taxe carbone en place, les prix s’ajusteront automatiquement pour indiquer où les cultures agricoles sont les plus adaptées, et comment les transporter. Dans certains cas, il pourrait être judicieux de produire et consommer localement. Au Punjab, État du Nord-Ouest et grenier à blé de l’Inde, il est logique de consommer du blé produit localement. Au Kerala, État tropical du sud de l’Inde, cela tombe sous le sens de consommer des noix de coco produites localement.
  Il serait en revanche complètement absurde pour les habitants du Kerala de produire leur propre blé, ou pour les habitants du Punjab de produire leurs propres noix de coco. Cela les condamnerait à de faibles rendements et donc à des prix élevés. Pire, cultiver le mauvais produit empiètera sur la surface agricole disponible, créant des pénuries et une inflation des prix. Si les gens deviennent locavores à grande échelle dans un pays, il sera bientôt obligatoire d’importer sa nourriture. Cela aura donc pour effet pervers d’accroître les kilomètres alimentaires ! Un comble


Le problème du coût des transports
  Stephen Budiansky a remarqué ironiquement dans le New York Times :
« À New York, il est honteux d’acheter une tomate cultivée en Californie, à cause de l’énergie dépensée pour l’amener en camion à travers le pays ; en revanche, il est bien vu d’acheter une tomate chauffée dans une serre de la vallée de l’Hudson. »
  Les arguments locavores au sujet des coûts de transports sont souvent faux ou trompeurs. Par exemple, ils disent que le transport d’une calorie de salade de la Californie à New York consomme 36 à 97 calories de carburant fossile.
  Mais cette information reflète simplement la faible densité calorique de la salade, et ignore le fait que cultiver de la salade demande bien plus d’énergie. Le transport est devenu de plus en plus économe en énergie. On dépense environ 11 000 calories pour produire un kilogramme de salade. Transporter ce kilo d’un bout à l’autre des États-Unis consomme 2 à 6 % de cela.
  Budiansky a calculé qu’une cuillère à café de diesel, environ 100 calories de carburant, est suffisante pour déplacer un kilogramme de marchandise en train sur 2500 kilomètres. Le transport routier en nécessiterait trois fois plus, soit 300 calories, pour le même trajet. Mais cela reste négligeable par rapport à l’énergie utilisée dans l’agriculture. Bien qu’aux États-Unis les produits alimentaires soient souvent transportés sur de très longues distances, le transport ne représente que 14 % de l’énergie totale consommée par le système alimentaire américain.
  Vous pensez peut-être que l’agriculture moderne est trop intensive en énergie, et utilise trop d’engrais et de produits chimiques. Encore raté. Budiansky calcule que ceux-ci ne représentent que 8 % de l’énergie dans le système alimentaire total.
  Mais alors, qui est le coupable ?
  Le stockage domestique, la préparation et l’électroménager. Ceux-ci représentent 32 % du système énergétique alimentaire, ce qui fait d’eux de loin la plus grande composante. Rien que l’utilisation d’un réfrigérateur pendant une semaine peut consommer 9000 calories. La cuisine, ainsi que les lave-vaisselle et autres appareils, requièrent beaucoup d’énergie. En Inde, l’utilisation d’appareils électroménagers est bien moins répandue qu’ailleurs, mais croît rapidement.

 
Fausse économie d’énergie

  Les locavores croient économiser de l’énergie lorsqu’ils se rendent au marché fermier local à 15 kilomètres. Mais un simple aller-retour consommera 14 000 calories d’essence ! Le transport individuel est terriblement inefficace comparé au transport commercial, que ce soit par le rail ou la route.
  Alimentation à part, Budiansky a calculé que les ménages sont responsables de 22 % de la consommation énergétique totale aux États-Unis. Pour contraster, l’agriculture américaine n’en représente que 2 %, malgré toutes ses machines agricoles, ses engrais et sa consommation chimique. Elle consiste donc en un minuscule investissement énergétique qui nourrit tout le pays et laisse de surcroît un surplus conséquent à l’exportation.
  D’autres travaux effectués par le Conseil mondial des affaires pour le développement durable montrent que 40 % de la consommation énergétique mondiale se fait dans dans le bâti. Il existe de grandes marges pour améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments. Ce n’est pas le cas de ce que le régime locavore prétend accomplir.
  La meilleur que chaque territoire puisse faire dans le cadre de ses limites en terres et en eaux est de se spécialiser dans ce qu’il produit le mieux, puis de le livrer aux consommateurs. Cette spécialisation accroît les rendements et réduit les pénuries.
  Elle permet d’éviter la conversion de larges espaces de forêts et de prairies à l’agriculture. Elle fait progresser les revenus agricoles, augmente la demande et les salaires, et fait reculer la pauvreté.
  Ceci n’est pas seulement de la science et de l’économie exactes, c’est aussi de l’environnementalisme exact. Disons donc non aux kilomètres alimentaires et aux locavores. Le monde a suffisamment de vrais soucis pour se laisser distraire par des problèmes imaginaires.

mercredi 3 juin 2020

Au sujet de la fermeture de la centrale de Fessenheim, mise au point

François-Marie Bréon
Physicien-climatologue

  Au sujet de la fermeture de la centrale de Fessenheim, les réponses apportées à  Julien Bayou, premier secrétaire de EELV, qui a tenté de justifier ce choix gouvernemental :
"Fermeture de Fessenheim, la plus vieille centrale de France, située sur une zone sismique et inondable, située au-dessus de la plus grande nappe phréatique européenne. Il était temps, la centrale mise en service en 1977 était prévue pour 30 ans." (Twitter)

1. Fessenheim est une centrale nucléaire jugée sûre par l'
Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui, à priori, connait mieux le dossier que Julien Bayou qui se permet néanmoins de donner son expertise.
2. Comme toutes les centrales, Fessenheim n'avait pas été "prévue pour 30 ans". Elle fait l'objet d'évaluations décennales.
3. La centrale n'a pas été financée par le contribuable, mais par EDF sur la base d'emprunts, remboursés grâce à ses revenus.

4. La centrale pouvait encore produire, donc financer EDF et lui permettre de rembourser sa dette et d'engranger des réserves pour... le démantèlement.
5. La Transition énergétique, a pour but de fournir une électricité abondante et décarbonée permettant de diminuer le besoin en énergies fossiles pour l'industrie, les transport et l'habitat. Fessenheim et les EPR répondent parfaitement à cet objectif.
6. Le démantèlement a déjà été pratiqué en France : réacteurs de recherche, Super-phénix, Chooz-A. Pourquoi démanteler prématurément un truc qui fonctionne ?
7. Si Julien Bayou craint des dépassements de budget pour le démantèlement, ne semble-t-il pas plus sensé de continuer à engranger des bénéfices pour permettre, d'autant plus aisément économiquement, ce dit démantèlement le jour venu?


  Bref, le premier secrétaire de EELV dit n'importe quoi en essayant de justifier la fermeture de Fessenheim. Néanmoins, vu son positionnement, nous pourrions en déduire :
1. qu'il est favorable à l'obsolescence programmée,
2. que le climat n'est pas pour lui une priorité.


  Après avoir analysé les arguments de Julien Bayou, faisons de même avec ceux du Ministère de l' écologie.
"L'arrêt de #Fessenheim, plus ancienne centrale nucléaire en activité, est acté. C’est un moment historique. Le 1er réacteur sera arrêté samedi. Objectif : réduire la part du nucléaire, développer les énergies renouvelables et atteindre la neutralité carbone en 2050." (twitter)





5 arguments sont donc avancés par le Ministère :
1. C'est la plus ancienne. Et alors ? Vous êtes au courant que des centrales du même type ont été autorisées pour 80 ans aux USA ?
2. C'est un engagement du Président. Bon OK. Ca, c'est de l'argument, sans aucun doute. Mais, rappeler-nous, on ne devait pas également fermer les centrales au charbon ? Ce ne serait pas un poil plus urgent de tenir cet engagement ?
3. On parle des grands objectifs de la France, puis le fait que cette fermeture ne conduira pas à augmenter les émissions de CO2. Total bullshit. Même si, par ailleurs, on développe les ENR, Fessenheim faciliterait la fermeture anticipée des centrales au charbon ou au gaz.
4. C'est pour aller vers le 50%. Quand est ce que vous réaliserez que cet objectif est juste idiot ? Sortez du fossile d'abord, on pourra s'occuper du nuke après, OK ?
5. Fermeture de Fessenheim d'ici 2020. OK, c'est plus que probable. Mais ca répond au pourquoi ? Désolé, mais je ne vois pas le lien.


Comme EELV, ce serait bien que le Ministère de l'écologie comprenne que l'urgence est de diminuer les émissions de CO2 et que cet objectif ne passe PAS par la fermeture des centrales nucléaires.


php







Nucléaire, Russie, Chine, Etats-Unis : la course au leadership mondial, mais pas l' Union européenne

  Et pendant ce temps, l' Union européenne s'occupe avant tout... d'écologie :
"Le plan de relance écologique de l'UE prévoit de faire pleuvoir des milliards sur la rénovation des bâtiments, les énergies renouvelables et l'hydrogène, ainsi que sur le ferroviaire et l'économie circulaire,..."
Source : https://www.euractiv.fr/section/economie/news/leaked-europes-draft-green-recovery-plan/
  C'est bien beau tout cela,  mais on fera comment quand les "proprios" nous fermeront
à leur guise le compteur d'électricité?

ZERO EOLIENNE ET BASTA!

php


***

L’Union européenne hors course de la géopolitique nucléaire civile 

Samuel Furfari

  A l’heure où les Etats-Unis ne considèrent plus l’Union européenne comme une alliée mais un simple pion sur l’échiquier de son combat avec la Chine, il est plus que temps que l’UE ouvre les yeux sur la course nucléaire qui se déroule entre la Chine, la Russie et à présent outre-Atlantique, prévient Samuel Furfari, professeur en géopolitique de l’énergie à l’Université libre de Bruxelles et président de la Société européenne des ingénieurs et industriels. Tribune.
  En se focalisant sur l’incompréhensible déclaration de Donald Trump sur le gel hydroalcoolique, les médias, au même moment, sont passés à côté d’une décision bipartisane – et de toute première importance – du Congrès américain communiquée par le département américain de l’Energie, portant sur une « stratégie pour restaurer le leadership américain dans l’énergie nucléaire ». Surprenant ? Mettons cela dans son contexte géopolitique.

Sur le même sujet
Nucléaire : comment l’État vient d'achever le sabordage d'une filière d'excellence française

  Le 6 février dernier, à l’initiative de l’ambassade de la Lituanie, s’est tenue à Bruxelles une rencontre intitulée « Les géopolitiques de l’énergie nucléaire », à laquelle j’ai été invité à intervenir. La construction par Rosatom, entreprise d’État russe, de deux réacteurs nucléaires en Biélorussie à proximité de sa frontière inquiète Vilnius. Manœuvre russe intelligente, car même si la Biélorussie importera moins de gaz russe, elle dépendra toujours de la Russie pour sa production électrique. Au cours de mon intervention, j’ai montré, exemples concrets à l’appui, pourquoi il ne fallait pas s’étonner de ces développements : l’énergie nucléaire est et reste une énergie d’avenir et la Chine comme la Russie sont bien positionnées pour en dominer la géopolitique.

  Le traité Euratom, signé en 1957, a constitué un des fondements de la création de l’UE : après la Seconde Guerre mondiale, les Etats européens avaient besoin d’une électricité abondante et bon marché, ce qui a suscité le recours à l’utilisation civile de l’énergie nucléaire. Deux décennies plus tard, la filière était conçue et savamment exploitée. On a ensuite dû faire face à l’opposition des activistes anti-nucléaires, que les médias ont majoritairement soutenus, et les politiciens leur ont emboîté le pas. Entre-temps, poursuivant leurs efforts d’innovation, les Russes et les Chinois sont parvenus à dominer cette industrie. Pour se faire une idée du gouffre qui s’est créé du point de vue technologique, il suffit de penser au très innovant surgénérateur Superphénix dont Mme Voynet a réussi à obtenir la fermeture en 1997, technologie que les Russes et Chinois maîtrisent à présent. Sans se soucier du qu’en-dira-t-on, ils s’installent calmement mais sûrement dans les marchés des régions qui ambitionnent de se développer, comme le Moyen-Orient et l'Asie du Sud, et ultimement l’Afrique qu’il est urgent d’électrifier.

Sur le même sujet
Le gouvernement confirme la fermeture de 14 réacteurs nucléaires d'ici 2035

  Convaincus de l’avenir certain de l’énergie nucléaire, ces deux pays ont mis sur pied une géopolitique de l’énergie nucléaire destinée à contrôler le futur de la sécurité d’approvisionnement électrique du monde. La combustion dans une centrale au gaz naturel ne dépend pas du pays de provenance du gaz : cela reste toujours du méthane. S’agissant des centrales nucléaires, l’uranium et les assemblages qui le contiennent déterminent le fournisseur du combustible. En clair, en achetant une centrale, on se lie avec un fournisseur, dont on dépend géopolitiquement pendant la durée de vie de la centrale, c'est-à-dire de 50 à 80 ans.

  Les États-Unis ont bien compris le danger de la domination de la production future d’une large part de l’électricité mondiale par la Chine et la Russie. C’est pourquoi, à travers sa nouvelle stratégie, ils entendent « restaurer l'avantage concurrentiel de l'Amérique dans le domaine de l'énergie nucléaire ». Ils ont réalisé qu’ils ont perdu leur position de leader mondial en matière de technologie nucléaire au profit d’entreprises contrôlées par les gouvernements russe et chinois. Ils reconnaissent la sous-exploitation de leur production d'uranium de 1,2 million de tonnes, qui ne représente que 7% des besoins de leurs 98 centrales. Le reste est importé, notamment de la Russie. De plus, puisque la recherche de nouvelles filières hors UE s’amplifie, rendant cruciale la course à l'innovation technologique, Génération IV, SMR, etc., les Etats-Unis ont décidé d’encourager les investissements de recherche dans le nucléaire civil afin de consolider leurs avancées techniques et renforcer le leadership américain. Leur stratégie impliquera tous les départements de l’administration, afin d’aider l'industrie de l'énergie nucléaire américaine à exporter sa technologie, pour éviter ainsi que les entreprises publiques chinoises et russes ne règnent en maître sur le marché mondial.
  En mars dernier, le Pentagone a signé trois contrats portant sur la conception de micro-réacteurs nucléaires, dans le cadre d'un plan visant à générer de l’électricité nucléaire pour les forces américaines sur leur territoire d’intervention. Le ministère a attribué des contrats à BWX Technologies, Westinghouse Government Services et X-energy pour 39,7 millions de dollars. Le « Projet Pele » envisage un prototype de 1 à 5 mégawatts (MWe) à déployer dans les zones où la défense américaine aura besoin d’électricité abondante et sure.
  La France qui possède un savoir-faire nucléaire de pointe devra désormais se limiter au rôle de sous-traitant, notamment d’équipements de mesure et de régulation pour les centrales construites par d’autres. Qui voudra encore acquérir des centrales françaises alors que leur propriétaire – l’Etat français – affiche, par la fermeture de ses propres centrales, sa perte de foi dans l’avenir de la filière? De nombreux sous-traitants nucléaires français feront aveu de faillite, ce qui permettra à ceux qui sont en expansion et possèdent des liquidités – en particulier les chinois - de les acquérir à bon compte . Comment avons-nous pu en arriver au point de confier aux Chinois la construction de la centrale nucléaire de Hinkley Point (Royaume-Uni) ? Si le président Macron s’est laissé amadouer par les écologistes pour s’assurer une réélection en 2022, il restera dans l’histoire comme le fossoyeur du fleuron qu’était l’industrie nucléaire française.

  Au moment où l’énergie nucléaire redevient un enjeu stratégique, la Commission européenne, pourtant gardienne du traité Euratom, regarde ailleurs. De fait, elle s’emploie, dans son Pacte vert, à reléguer l'énergie nucléaire en arrière-plan. Par exemple, l'énergie nucléaire ne figure pas dans la « taxonomie » qui établit la liste de technologies qualifiées de « durables » et méritant d’être soutenues par les institutions européennes. A l’heure où les Etats-Unis ne considèrent plus l’UE comme une alliée mais un simple pion sur l’échiquier de son combat avec Chine, il est plus que temps que l’UE ouvre les yeux sur la course nucléaire qui se déroule entre la Chine, la Russie et à présent les Etats-Unis.
  Dans une tribune du 29 avril publiée dans le Washington Post, Nikki Haley, ancienne ambassadrice américaine aux Nations unies, affirme que les activités chinoises autour du coronavirus ne sont qu’une des multiples menaces que ce pays pose. D’évidence, le nucléaire civil chinois en est une. Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, admet qu’avec la Chine, nous avons été un peu naïf, et d’ajouter « c’est un concurrent économique qui assume une ambition de domination technologique » ; il aurait dû ajouter que ce l’est aussi dans l’avenir de la géopolitique de l’électricité.

  L’UE ferait mieux de se réveiller au lieu de confier son avenir énergétique – panneaux solaires aujourd’hui, centrales nucléaires demain – à un pays qui est plus convaincu que jamais de pouvoir imposer son modèle techno-efficient et autoritaire au monde entier et par la même occasion sa main mise sur notre économie. S’il est bon que la Chine développe des technologies nucléaires de pointe, car sa demande en électricité est appelée à croître, on peut se demander pourquoi nous, qui avions 30 ans d’avance sur elle, devrions abandonner ce qu’ils considèrent avec raison comme l’énergie décarbonée de l’avenir ?
  Il est urgent que l’UE comprenne, comme viennent de le faire les Etats-Unis, que l’enjeu est géopolitique et cesse de ne voir son avenir qu’à travers le prisme de la « monoculture » des énergies renouvelables. Qui se trompe ? L’UE ou bien le trio russo-sino-américain ? Arrêtons la naïveté verte, le monde court, pour de bonnes raisons, dans une autre direction ! Stratégie signifie « ce qui est à moi, je ne le partagerai pas avec vous ». Si elle persiste dans sa posture verte, l’UE ne disposera bientôt plus de l’électricité abondante et bon marché dont elle a tant besoin si elles veut tout électrifier y compris sa mobilité.

mardi 2 juin 2020

Etats-Unis d'Amérique, solaire : un miroir géant peut en cacher un autre...

L'histoire se répète : un autre miroir géant coûte un nouveau milliard de dollars pour... les contribuables

stopthesethings
2020/06/02


Un miroir géant peut en cacher un autre...

  Lorsque Crescent Dunes, la plus grande centrale solaire-thermique du monde, a fait faillite, les contribuables américains ont dû payer la note, leur facture s'élevant à des centaines de millions de dollars.
  Les Australiens du Sud, victimes également de l'obsession de leur gouvernement pour le vent et le soleil, à intermittence chaotique, peuvent s'estimer heureux de ne pas avoir subi le même sort.
  En août 2017, la STT a fait état des efforts du gouvernement travailliste de Weatherill pour construire une nouvelle centrale solaire thermique à Port Augusta avec l'aide de la société...Crescent Dunes. Cette centrale avait été conçue avec une capacité, nominale insignifiante de 150 MW, mais son prix était absolument stupéfiant, à savoir : 1,2 milliard de dollars : L'Australie du Sud : Sublime un jour, ridicule le lendemain - Le premier ministre va gaspiller 1,2 milliard de dollars dans un gâchis solaire-thermique
  Heureusement pour nos amis kangourous, ce miroir géant ne vit jamais le jour et le gouvernement travailliste de Jay Weatherill a été renversé lors des élections de mars 2018. La centrale solaire  n'a plus été mentionnée depuis.
  L'usine de Crescent Dunes est située dans le désert du Nevada, au nord-ouest de Las Vegas et figure dans le documentaire de Mike Moore, Planète des Humains. Suite à ce spectaculaire effondrement financier au début de l'année, on aurait pu penser, logiquement, que les décideurs politiques américains avaient retenu la leçon...
  Bien que la poussière est à peine retomber sur l'un des plus grands effondrements financiers de l'histoire des Etats-Unis, les contribuables américains s'apprêtent de nouveau à dépenser, dans le désert, un milliard de dollars de plus pour un autre projet de miroir géant, avec comme cette impression de déjà vu, encore une fois.

***

Un gâchis solaire d'un milliard de dollars à Vegas

CFACT
Jay Lehr
13 Mai 2020

  Le 12 mai, le ministère de l' Intérieur a donné son accord pour le plus grand projet d'énergie solaire des États-Unis, qui sera construit par la société NV Energy de Warren Buffett sur
2 873 ha de terres fédérales dans le désert des Mojaves.

 

  D'un coût d'un milliard de dollars, ce montant peut, toutefois, apparaitre comme insignifiant quand on le compare aux billions de dollars qui ont été dépensés pour endiguer la crise économique due au Covid-19. Mais un gâchis reste... un gâchis.
 Le programme de ce projet, prévu sur trois ans, est fort pointu et ambitieux. Il prévoit d' atteindre 690 mégawatts qui, dit-on, alimenteraient 260 000 foyers, créerait 900 emplois, avec une batterie de secours massive pour remplacer le système solaire durant la nuit, et il n'émettrait pas de CO2.
  Or, on ne peut s'empêcher de penser que si le gouvernement avait visionné le brillant nouveau film de Michael Moore, Planète des Humains, avant d'approuver le projet, peut-être ne l'aurait-il pas autorisé? ; Le film illustrant sur le terrain, sur différents sites, comment et pourquoi chaque grand projet solaire du pays a, lamentablement, échoué.
  En quelques phrases seulement, nous pourrions expliquer l' inutilité de ce nouveau projet gigantesque qui ravagera à jamais ce grand désert, tout en mettant l'accent sur la difficulté d'obtenir une énergie fiable à partir du soleil, à moins qu'il ne soit sur votre toit. Nous nous mentons à nous-mêmes sur son potentiel depuis plus de trois décennies.
  Dans un nouveau livre intitulé The Hitchhikers Journey Through Climate Change, on découvre que le débat sur les énergies renouvelables peut se résumer à une règle simple qui stipule que "dans chaque collectivité, le réseau électrique doit disposer d'une quantité excessive de combustible fossile ou d'énergie nucléaire prête à être mise en service en quelques secondes, c'est-à-dire égale à la production potentielle de toute l'énergie solaire intermittente considérée comme une partie de la capacité électrique du réseau".
  En clair, il n'existe aucune batterie sur terre qui peut, à l'heure actuelle, prendre la relève sur la durée lorsque le soleil ne brille pas. Et si par "miracle", cela s'avérait possible, on peut estimer que sa longévité n’excéderait, probablement pas, plus d'une nuit avant... de recharger. Il s'agit d'un conte de fées absurde vendu à Las Vegas, par les mêmes qui au temps du Vieil Ouest, auraient été vendeurs d'huile de serpent.
  Devant cette évidence incontournable, vous vous demandez comment dans le combat qui oppose , depuis si longtemps, les pour et les contre l'énergie solaire, cette seule réalité qui interdise à jamais à l'énergie solaire d'être une partie importante de notre portefeuille énergétique, n'ait jamais été prise en compte?
  Ce miroir géant devra être alimenté à 100 % par des combustibles fossiles ou de l'énergie nucléaire afin que le réseau électrique ne soit pas victime d'un blackout. Las Vegas ne pouvant pas se permettre une panne de courant. Imaginer alors dans ces conditions qu'une nouvelle batterie, spéciale of course, va maintenir autant de puissance que le soleil absent, c'est impossible dans un avenir plus ou moins loin.
  Ainsi, dès le coucher du soleil, la consommation d'énergies fossiles de secours, obligatoire, débutera associée à l'émission de CO2. La journée, la centrale thermique à flammes restera au garde-à-vous et sans aucune production. Le surcoût de l'énergie de secours excédentaire apparaîtra sur les factures d'électricité des habitants de Las Vegas aussi sûrement que la nuit suivra le jour.




php

Covid-19 : pendant la pandémie, le business éolien gagne le jackpot

En même temps qu'elle offre un tour de piste en vélo aux Français, la Ministre de la Transition écologique et solidaire continue, comme ses prédécesseurs, à enrichir les promoteurs des EnRi, essentiellement l'éolien et le Pv, par la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Le tout dans un élan de générosité avec encore et toujours... l'argent du consommateur et du contribuable!
Les "vaches-à-lait" deviendront-elles bientôt des "salauds de pauvres"?
Tout va bien...





Source : http://mumuetsonunivers.centerblog.net/341-vache-a-velo
 

Notre VIE, notre quotidien, notre VILLAGE, nos prés, nos forêts, nos animaux et, le climat, valent PLUS que leurs profits!

TENIR TÊTE, FEDERER, LIBERER! 

php

***

Depuis quatre mois l’éolien a coûté plus d’un milliard d’euros aux français

FED
JL Butré

Lettre de la FED adressée par courrier aux 924 députés et sénateurs

Madame la sénatrice, Monsieur le sénateur

Bonjour
   Depuis quatre mois l’éolien a coûté plus d’un milliard d’euros aux Français. Depuis quatre mois, des milliers de citoyens de toutes nos régions de France adressent à Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République, à Monsieur Edouard-Philippe, Premier Ministre, et à Madame Élisabeth Borne, Ministre de la transition écologique et solidaire une pétition intitulée : L’éolien industriel accapare l’argent de la Santé ! Halte au scandale !
   Pour seule réponse, le Gouvernement a promulgué en catimini le 21 avril dernier, en pleine crise du coronavirus, le Décret n° 2020-456 de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), alors même que l'enquête publique faisait état d'un avis défavorable, à plus de 60% des participants, sur la politique de production électrique imposée.
   Ce déni démocratique condamne la France au déclin, à la perte de notre souveraineté énergétique, à la privatisation de la production électrique, à la faillite d'EDF, à l'augmentation programmée du coût de l'électricité.
   La Cour des Comptes en 2018, et plus récemment la commission d'enquête Parlementaire n° 2195 sur l’impact économique, industriel et environnemental des énergies renouvelables, ont alerté le Gouvernement sur l'inanité et les dangers d'une politique d'encouragement disproportionné des Énergies Renouvelables Intermittentes comme l'éolien.
   Au point que la Rapporteure de la Commission d'enquête parlementaire sur « l'impact économique, industriel et environnemental des énergies renouvelables, sur la transparence des financements et sur l'acceptabilité sociale des politiques de transition énergétique » déclarait en octobre 2019 que le développement de l'éolien était sans aucun effet dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le Chef de l'État lui- même, dans son intervention à Pau le 14 janvier 2020 prenait ses distances en déclarant que "le consensus sur l’éolien est en train de nettement s’affaiblir dans notre pays » et estimé qu’on « ne peut pas imposer l’éolien d’en haut." Dans le même temps bon nombre d'élus locaux, présidents de département ou de région alertaient le Gouvernement en ce sens.
   Pourtant depuis 3 ans, le Gouvernement n'a eu de cesse de museler, par tout un arsenal de textes législatifs, la parole des citoyens inquiets de cette politique insensée, contre-productive en terme écologique et mortifère pour notre intérêt national.
   Nos associations représentant des dizaines de milliers d'adhérents dans tous les territoires, sont libres de tout pouvoir politique, indépendantes de tout lobby financier, éloignées de toute visée électoraliste ou promotion politique personnelle. Aussi, en votre qualité d'élu national, vous êtes pour nous le dernier recours démocratique pour que cesse le scandale de la politique de production électrique dans notre pays.
   Nous vous demandons donc d'interpeller le Gouvernement et Mme la ministre de la Transition énergétique et de proposer au Parlement de légiférer sur la fin des tarifs subventionnés aux industriels producteurs des énergies électriques éoliennes intermittentes.Vous trouverez ci-joint le rapport de cette gabegie d'État pour la période du 1er janvier au 30 avril, selon les données officielles du Réseau de Transport d'Électricité et de la Commission de Régulation de l'Énergie : bénéficiant de mécanismes de rémunération totalement anormaux, les promoteurs éoliens ont ainsi gagné en 4 mois plus d'un milliard d'euros de subventions pour une production électrique excédentaire, totalement exportée à perte et mettant en danger la stabilité de nos réseaux.
   Compte tenu de ces montants nous publierons désormais chaque mois le bilan financier catastrophique pour la France de cette filière. En votre qualité d'élu(e) de la nation, il vous appartiendra de censurer ou de cautionner ces données, dont prochainement lors des débats budgétaires de la rentrée.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos sentiments distingués.
 


COMMENT L'ÉOLIEN INDUSTRIEL DILAPIDE LES FINANCES DE L’ÉTAT
JOUR APRÈS JOUR







(1) selon relevés horaires de Réseau de Transport d'Électricité - site eco2mix
(2) selon la Commission de Régulation de l'Énergie in "Charges de service public de l’énergie prévisionnelles au titre de l’année 2020". prix moyen de rachat de l'éolien : 91,10 € le MWh