dimanche 15 décembre 2019

Haute-Marne, Nord : habitants et élus se trompent-ils d'adversaire?

jhm.fr

Pendant que les énergies et les regards des Haut-Marnais du nord sont mobilisés et tournés vers le refus de la blanchisserie 'nucléaire" Unitech, la caravane éolienne et son grand chapiteau continue la colonisation de ce territoire, dans une réelle indifférence, voire même avec l’approbation de ces mêmes élus si prompts à crier au loup... nucléaire. Le tout " comme si nous étions des ploucs ne comprenant rien à rien, auxquels on peut faire l'aumône de quelques emplois". Affirmatif!
Lire
Haute-Marne, D674, éolien : l' " Enfer du Nord"

Si avec la blanchisserie, on est au coeur de la dénonciation du nucléaire version écologique canal historique, dangerosité pour la Biodiversité et la santé, encore à prouver scientifiquement*, en ce qui concerne l'éolien, le doute n'est plus permis :
L'éolien, subit au quotidien, entraine pour certains d'entre nous une mort prématurée après de graves problèmes de santé.

 
Les éléments responsables 

 
-Le bruit
Suisse : une oreille attentive au bruit

-Les infrasons
Les infrasons des centrales éoliennes se déplacent rapidement et loin
Etats-Unis : deux acousticiens succombent au syndrome de l'éolienne (MA)

-La synthèse
Problématique sanitaire de l'exposition chronique aux éoliennes industrielles

De nombreux témoignages de riverains sur ce site, rubrique "témoignages", citoyens lambdas comme nous tous, viennent confirmer la souffrance des âmes et des cœurs.

L'aérogénérateur est aussi un pollueur pour la Biodiversité tout au long de sa vie et même après.

 
-L'exploitation des terres rares pour principalement la constitution d'aimants
"Depuis les années 1970, leurs propriétés magnétiques exceptionnelles sont exploitées pour fabriquer des aimants ultrapuissants utilisés dans les moteurs électriques. Ils servent aussi dans les batteries qui les alimentent, les pots catalytiques, les ampoules basse consommation, les composants des appareils numériques… toutes les technologies vertes, green tech, qui utilisent donc une énergie sans charbon ni pétrole. Mais l’extraction et le raffinage de ces métaux sont extrêmement polluants."
Les métaux rares, le visage sale des technologies « vertes »

 
Lire
La guerre des métaux rares. La face cachée de la transition énergétique et numérique, de Guillaume Pitron, éditions Les Liens qui libèrent, janvier 2018, 296 p., 20 €.

-Les socles en béton armé, enterrés À VIE.
En moyenne, un socle est constitué de 1 000 à 1 500 tonnes de béton et de ferraille. La loi imposant seulement aux opérateurs dans le cas de démantèlement, leur arasement sur un mètre de profondeur en zone agricole, sur deux mètres en zone forestière.
Le béton, un matériau corrosif
30 millions de tonnes de béton pour implanter 20 000 éoliennes



Ossature de béton armé




Socle d'aérogénérateur en construction

-Le repowering
Plusieurs alternatives se présentent pour l’opérateur de ZI d'aérogénérateurs en fin de bail : le démantèlement pur et simple, la poursuite d’exploitation avec des machines similaires ou le « repowering », augmentation de dimension et de puissance avec réduction éventuelle du nombre de mâts.
Des aérogénérateurs plus puissants et plus grands a pour contrepartie technique
-Une augmentation des distances entre les machines en raison de zones de turbulence étendues,
-Des nouveaux sites d'implantation,
-La construction de nouveaux ... socles en béton!

-Le recyclage des pales. Fabriquées en fibre de verre ou en fibre de carbone, les pales d’éoliennes sont aujourd’hui extrêmement difficiles à recycler.
" Impossible de recycler les matériaux composites
Le problème ici sont les grandes lames, qui sont faites de matériaux composites de fibre de verre et dont les composants ne peuvent pas être séparés les uns des autres. La combustion des lames est extrêmement difficile, toxique et énergivore.
Donc, naturellement, les exploitants de parcs éoliens allemands sont très motivés à décharger les vielles machines dans les pays du tiers monde et à les laisser traiter plus tard les ordures. Résultat : on attend jusqu’à 50 000 tonnes de pales d’éoliennes dans les déchetteries d’ici 2020.
"

Allemagne : l'héritage vénéneux de l'énergie «verte». Des millions de pales d'éoliennes toxiques destinées aux décharges africaines

Climat
"La diversification du mix électrique et la substitution d’électricité de source nucléaire par une électricité de source renouvelable ne répond pas à la problématique du CO2 et du réchauffement climatique induit par les émissions de celui-ci."
Impact économique, industriel et environnemental des énergies renouvelables : rapport de la Commission dite Aubert

"En 2019, les émissions mondiales de CO2 devraient augmenter de 0,6 %.
-L'utilisation croissante de gaz naturel est le principal facteur de cette croissance depuis 2012. Son impact est modéré cette année par la baisse de l'utilisation du charbon.
-Les concentrations de CO2 dans l'atmosphère augmentent.
-Les émissions de l'UE et des États-Unis diminuent lentement tandis que celles de la Chine et de l'Inde continuent de croître."
France
Entre 2018 et 2017, les émissions ont diminué de 2,5%, notamment en raison d'une meilleure disponibilité du parc nucléaire et d'un hiver plus doux.
"
Les émissions mondiales de CO2 augmentent encore en 2019

Ainsi, les émissions mondiales de CO2 augmentent, en même temps, que... le nombre d'aérogénérateurs, inutiles pour les réduire...

La planète, le Climat, la Biodiversité, l'avifaune, les habitants, les élus de la Haute-Marne nord ont certainement plus à craindre de l'implantation de dizaines d'aérogénérateurs que d'une blanchisserie...


***

* "Sur 442 accidents survenus dans l’ensemble des pays de l’OCDE, de 1970 à 2008, faisant au total 8 882 morts, le nucléaire n’en compte aucun, quand le charbon cher à nos amis allemands et indispensable à la stabilité de leur système électrique en compte 2 259, soit 0,157 mort par Gigawatt electrical (GWe) produit et par an, quand le gaz naturel et l’hydraulique, entre autres exemples, comptent respectivement 1 258 et 14 morts."
Sur 2 925 accidents hors OCDE, faisant au total 92 672 morts, le nucléaire compte les 31 de Tchernobyl, voir, à ce sujet, les rapports de l’ UNSCEAR et les projections sanitaires de l’OMS établies sur plusieurs décennies, l’hydraulique 30 069, soit 14,896 morts par GWe produit et par an (!), le pétrole 19 516, 0,896 par GWe produit et par an… et le charbon 38 672, 0,597 par GWe produit et par an…Tout ceci est confirmé par le rapport AEN n°6862 de l’OCDE de 2010, intitulé « Évaluation de risques d’accidents nucléaires comparés à ceux d’autres filières énergétiques » et par le rapport Paul Scherrer Institut de mai 2005 intitulé « Les accidents graves dans le secteur de l’Énergie ».
"
France : les antinucléaires... une catastrophe nationale

" quelqu'un qui avait peur que les rayonnements qui sortiraient de Cigéo irradient tout le monde aux alentours. Et là, j'ai bien du admettre que la radioactivité est un concept pour certains fort obscur." [...] La radioactivité, c'est le phénomène de transformation d'un atome en un autre atome, qu'on appelle décroissance, qui s'accompagne, pour des raisons de conservation de la masse et de l'énergie, rien ne se perd, rien ne se créé, tout ça tout ça, d'une émission d'une particule. [...] On parle aussi de radioactivité, même s'il n'y a pas de changement de l'atome en un autre. [...] la radioactivité, ce sont des atomes radioactifs, donc de la matière, qui émet des rayonnements ou des particules. [...]
Voilà, maintenant vous connaissez les différents types de radiations, les différentes façon d'y être exposé, et de s'en protéger. Vous avez les éléments indispensables pour comprendre que les radiations émises dans les sites nucléaires, centrales, usines, stockage... ne peuvent pas vous atteindre si vous ne vous baladez pas dans les zones à risque de l'installation nucléaire. En revanche, le véritable risque est la dispersion dans votre environnement de substances radioactives. Et c'est là l'un des gros enjeux de la sûreté.
"

La radioactivité expliquée pour les Nuls

Lire




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samedi 14 décembre 2019

Electricité : la recomposition du secteur et la transformation profonde du marché

J.F Raux
03/09/2019

En résumé, on se dirige vers un marché dans lequel on retrouvera un petit nombre de vendeurs/ mastodontes,TOTAL, ENGIE, EDF1 et 2, face à une multitude d'acheteurs. Le tout régulé par des contrats de Long terme (LT). Le marché ne jouant qu'un rôle marginal. C'est ce que l'on nomme un oligopole, comme le marché de l'automobile, des ordinateurs, etc.

Pourquoi des contrats de Long terme (LT), prix garantis, Power Purchase Agreement (PPA), etc...? 
Parce que le marché européen actuel, dit energy only, ne permet pas aux moyens de production, anciens et nouveaux, de vivre.
Lire
Etude UFE-BDEW "Energy transition and capacity mechanisms : A contribution to the European debate with a view to 2030"

En fait les ENR intermittentes viennent détruire la belle construction du marché. Comptabilisées en moyenne pour ~~20% de leur capacité installée, elles peuvent produire plus, bien entendu : mais alors... les prix s'effondrent, voir les phénomènes de prix négatifs sur le marché.
De plus, elles détruisent la rentabilité des moyens de production classiques, nucléaires ou thermiques fossiles, en leur "piquant" de la production, en abaissant le prix du MWh, dumping, et en les obligeant à maintenir des moyens de production  pour assurer leur backup.
Le backup sert à assurer à tout moment l'équilibre en puissance entre offre et demande, indispensable à la stabilité du réseau, pas de black-out. La vraie rareté en électricité est la puissance, pas l'énergie. CQFD.
Le backup est donc stratégique et non rentable actuellement. Les moyens classiques, nucléaire ou thermiques fossiles, sont en effet absolument indispensables tant que l'on a pas de stockage de masse ou de capacité de moduler la demande. Et ce n'est pas demain la veille.

Dès lors, pour assurer la rémunération correcte de la production, deux solutions se présentent 
-Créer un marché de la puissance, capacity market, reflet du fait que la puissance est la vraie rareté en électricité, avec une vraie concurrence entre les diverses technologies. C'est ce qui a été fait en France avec le marché de capacité sans le critère climatique, intégré indirectement via les mécanismes complexe et, peu efficaces du marché carbone. Mais on sent bien que cela ne satisfait pas les acteurs, y compris EDF.  
Ils préfèrent les contrats de long terme ou assimilés, prix d'achat garantis, PPA, contract for difference (CFD)... qui sont la deuxième gamme de solutions.


L'argument de la complexité du marché de capacité est souvent avancé, mais en fait, les acteurs préfèrent une mise en concurrence filière par filière. On pourrait intégrer directement un critère CO2 dans le marché de capacité... Mais, ne rêvons pas. Danger !
En effet, cela évite des mises en concurrence entre technologies permettant de comparer les coûts de production, voir celui de la tonne de CO2 évité. Les ENRi seraient alors les grandes perdantes en France, et le gaz aussi, voir ci-dessous l'importance de cette remarque.
Un consensus existe pour raisonner par filière. Et s'il y a mise en concurrence pour les contrat de LT c'est filière par filière, sans mélanger les genres ! Par exemple, pour les appels d'offres (AO) éolien en mer, qui est différencié de l'éolien terrestre.

Par choix, je n'ai pas abordé le thème de l’hydraulique. L’hydraulique a été une bataille,
Compagnie nationale du Rhône (CNR). Pour en dire un mot, il me semble que EDF et ENGIE n’ont pas intérêt à la mise en concurrence des concessions.

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Haute-Marne, Fayl-Billot : monsieur le maire ne brigue pas un nouveau mandat... dit-il

jhm.fr

La meilleure nouvelle de la semaine à n'en pas douter pour nous, militants pour la protection et de la préservation du ‘Pays de l'eau’, pour la qualité de vie de ses habitants, pour la sauvegarde de ses atouts culturels et patrimoniaux et pour son attractivité touristique ... si la déclaration de monsieur le maire venait à se confirmer dans les semaines qui suivent, mars 2020.
Bon débarras! Même si le mal est déjà fait... 


Si des milliers d'habitants, d'abord de l'ex Communauté de communes Vannier Amance, puis de celle des Savoir-Faire, voient leur avenir et celui des générations futures condamnées à vivre sous le joug de dizaines d'aérogénérateurs, 20 ans minimum, en vérité JUSQU'AU TRÉPAS pour beaucoup, ils le doivent à monsieur le maire, à ses collègues maires et délégués communautaires, qui ont soutenus et validés comme un seul homme, ou presque, la vente à la découpe éolienne de notre territoire. Sans oublier les propriétaires terriens et exploitants agricoles ; ""pas de terres, pas d'éoliennes", et la population qui n'est pas exempte de tous reproches de part sa trop grande passivité. La démocratie, ce n'est pas simplement voter. C'est tous les jours de déterminer son destin...

 

Depuis le 1 janvier 2017, la Communauté de communes des Savoir-Faire et ses 88 délégués communautaires @ ccdessavoirfaire.fr

Ils ont choisi de nous pourrir notre qualité de vie et sacrifier le territoire des hêtres*, ils méritent quelques déboires... aux élections municipales de mars 2020


 Source : Communauté de communes des Savoir-Faire

* (...) "Le mot Fayl dérive du Latin Fagus, hêtre, en patois foyard, ou fagetum, lieu planté d' hêtres et où le bois croit facilement. Au moyen-âge on le traduisait par l'expression Faillum, Faylum, et on l'écrivait en français le Fahy, le Fay, ou, le plus souvent, le Fayl. [...] on convint pour distinguer celle-ci des autres, d'ajouter au mot Fayl le terme Billot, en latin Billotus, Billotum, parce qu'il y avait jadis à Fayl un billot, c'est-à-dire un poteau indicateur des droits de péage que le seigneur percevait sur les étrangers, et des franchises dont jouissaient les habitants."
Abbé Briffaut, Histoire de la ville de Fayl-Billot, pp.2-3, Le Livre d'histoire, Paris, 2012.

Monsieur le maire dehors, espérons que nombre de ses collègues suivront son exemple. Et que les électeurs finiront le travail en invitant les sortants à également le rejoindre ; remplacés par des équipes motivées pour stopper le fléau éolien car tout n'est pas encore perdu, mais le temps presse. En avant toutes! 


@jhm



 Vivre sous les aérogénérateurs, c'est :

-du bruit et des infrasons, synonyme pour nombre d'entre-nous, de problèmes de santé pouvant entrainer une mort prématurée.
Lire
Suisse : une oreille attentive au bruit
Problématique sanitaire de l'exposition chronique aux éoliennes industrielles 

À la découverte du "syndrome" éolien, témoignage
Témoignage d'une famille riveraine d'éoliennes.

-la perte de valeur des biens, voire l'impossibilité de vendre.
Lire
La dévalorisation des biens immobiliers situés à proximité de ZI d'éoliennes industrielles


Et une fois qu'ils sont là, il est très difficile, voire impossible, même pour les pouvoirs publics, d'obliger la société exploitante du site à se conformer au minimum légal. La qualité de vie des riverains? On s'en fout!



@jhm

Projets connus de ZI d'aérogénérateurs dans la Communauté des Savoir-Faire

Les projets autorisés, ni en construction ni en fonctionnement
 
Haut Vannier
-Communes d'implantation : Fayl-Billot, Pierremont-sur-Amance et Pressigny
-17 machines de 2.5 MW de puissance nominale unitaire, soit une puissance totale de 42.5 MW,
-183m en bout de pale,
-Aérogénérateurs fabriqués en Chine


 Les Hauts de la Rigotte
-Communes d'implantation : Molay, La Quarte, Charmes-Saint-Valbert et La Rochelle, Haute-Saône
-8 machines de 3.2MW de puissance nominale unitaire, soit une puissance nominale totale de 25.6MW,
-183m en bout de pale,
-Aérogénérateurs fabriqués en Chine.


-Source de la Meuse, seule Le-Châtelet-sur-Meuse fait partie de la Cc des Savoir-Faire

-Communes d'implantation : Darmmatin-sur-Meuse, Le-Châtelet-sur-Meuse, Damrémont

-6 machines de 2 MW de puissance nominale unitaire, soit une puissance nominale totale de 12MW,
-150m en bout de pale,
-Aérogénérateurs fabriqués au Danemark.

Les projets en cours d'instruction 
 Sud Vannier :
-Communes d'implantation : Belmont et Tornay
-9 machines de 3,2 MW de puissance nominale unitaire, soit une puissance nominale totale de 28,8 MW,
-183m toute hauteur en bout de pale,
-Aérogénérateurs fabriqués en Chine.



À noter que les projets Haut-Vannier, Les Hauts de la Rigotte et Sud Vannier sont portés par la même triade de sociétés, avec à sa tête un fabricant d’aérogénérateur chinois.


Les projets non déclarés en préfecture ou... dans la clandestinité confidentialité

-Voisey (6), Haute-Marne, Voisey : les "marcheurs blancs" éoliens avancent
-Guyonvelle et Anrosey(6),

-Maizières-sur-Amance (6),
-Torcenay (6),
-Champvraine (6),
-Genevrières (6), 
-Savigny (6),

- et d'autres encore inconnus à ce jour... 

TENIR TÊTE, FEDERER, LIBERER! 

 


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Paris, Jeux olympiques 2024 : "électricité zéro carbone" ou "électricité renouvelable"? Eclairage


"Le futur sera-t-il un jour de lumière ou un jour de ténèbres ? Nul ne sait, sauf Dieu."😉
Vladimir Jankélévitch, 1903-1985
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Y aura-t-il de l’électricité 100 % renouvelable aux JO 2024 ?

Michel Gay



 

Paris 2024 by nicolas michaud (CC BY-NC-ND 2.0) — nicolas michaud, CC-BY


EDF s’engagerait à fournir « 100 % d’électricité renouvelable » afin que les Jeux Olympiques Paris 2024 soient « les plus responsables de l’histoire ». Paradoxal…

Selon le journal Les Échos du 19 novembre 2019, EDF s’engagerait à respecter un objectif « zéro carbone » émis et à « fournir 100 % » de ses sites en électricité renouvelable afin que les Jeux Olympiques Paris 2024 soient « les plus responsables de l’histoire ».
Le Président de ces JO, l’ex champion olympique de canoë Tony Estanguet, cité dans l’article, a-t-il mal compris et transformé « électricité zéro carbone », qui inclut le nucléaire, en « électricité renouvelable », ou EDF s’est-elle prêtée à cette mascarade ? 


Le stockage du renouvelable
Les productions d’électricité issues d’énergies renouvelables (EnR), notamment éoliennes et photovoltaïques par nature intermittentes, ne sont toujours pas stockables à grande échelle pour un coût acceptable par la collectivité. Et cette condition indispensable pour leur compétitivité ne sera peut-être jamais réalisée.
Par exemple, le 20 octobre 2016, les éoliennes irlandaises ont réussi ce grand prodige d’absorber de l’électricité du réseau en consommant davantage pour leur fonctionnement que pour leur production totale. 


Le certificat vert ou la magie des GO
Pour contourner astucieusement cette difficulté rédhibitoire et pouvoir prétendre être alimenté en permanence par des EnR, il suffit d’acheter des « garanties d’origine » (GO), une sorte de « certificat vert » que leurs productions confèrent le droit d’émettre.
Ces GO destinées à tracer la quantité produite, et consommée, sont commercialisables par n’importe quel fournisseur d’électricité, indépendamment de l’électricité physique réellement produite.
C’est Powernext qui en tient le registre et les commercialise depuis janvier 2019. La traçabilité est identique pour l’injection de biométhane et pour les certificats d’économie d’énergie établis grâce aux « isolations à un euro ».
Ces GO sont magiques car, par un véritable tour de passe-passe, elles confèrent l’appellation « énergie renouvelable »… à n’importe quelle source de production !
De plus, si l’électricité ne se stocke pas, ces GO se conservent parfaitement pendant un an. Elles peuvent être achetées à l’étranger et sont transférables d’un compte à l’autre !
N’importe qui peut vendre de l’énergie verte en achetant des garanties d’origine (GO) qui « verdissent » toutes les productions… Les fournisseurs « verts », tels que Enercoop par exemple qui dispose pourtant de quelques moyens de production en énergie renouvelable, ne s’y prennent pas autrement. Certains sont mêmes des pures players qui ne possèdent aucun moyen de production d’électricité…

 
Énergie verte, ou renouvelable ?

Pour nos politiciens, les médias et quelques affairistes « écologistes », il est avantageux de faire croire, ou de laisser croire, au Père Noël ; surtout ceux qui veulent rêver à une énergie « gratuite » tombée du ciel.
La confusion entre énergie verte et énergie renouvelable résulte d’un choix politique imposé par des écologistes décroissants et anti-nucléaires. ENGIE, Total, et aussi EDF surfent sur cet abus de langage qui les arrange dans un but commercial. Ces grandes entreprises entretiennent ce concept vide de sens qui écarte volontairement le meilleur outil de décarbonation de notre économie qu’est l’énergie nucléaire concurrent du gaz de Total…
Il faut en finir avec cette confusion entretenue « d’énergie verte » et revenir à une stratégie d’énergie bas-carbone ou « propre », comme dans la plupart des grands pays hors d’Europe, dans laquelle le nucléaire a toute sa place, ce qui fait horreur aux Verts.
Le seul concept d’énergie qui vaille est celui d’énergie sans carbone pour réduire notre consommation d’énergies fossiles !
Dans le contexte d’une démographie en croissance, de la demande légitime de milliards de gens d’accéder au minimum vital, voire aux modes de vie des Occidentaux, vouloir éradiquer ou même seulement réduire en même temps les combustibles fossiles et l’électronucléaire constitue une impasse socio-économique pour les démocraties des pays développés.
Le nucléaire représente 10 % de l’électricité dans le monde, 25 % en Europe et plus de 70 % en France et son bilan sanitaire est bien meilleur au regard des autres moyens de production d’électricité.
L’intermittence des EnR n’a pas permis de fermer le moindre moyen pilotable, ni en Allemagne, ni en France , les puissances pilotables installées sont restées identiques. Et pour fermer le moindre d’entre eux, nucléaire ou non, il faudrait le remplacer par un autre moyen pilotable, comme le gaz, importé de Russie ?, ou la biomasse, importée du Brésil ?


De l’audace, encore de l’audace…
Nos politiques oseront-ils affronter cette réalité difficilement recevable par une opinion droguée par les mantras des Verts relayés en boucle par les grands médias depuis des années ?
L’inquiétude grandissante des pouvoirs publics allemands à l’approche de leur abandon du nucléaire, toujours environ 12 % de leur production, et du charbon, 38 % de leur production, devrait au moins freiner les engagements irresponsables des futurs candidats à notre prochaine élection présidentielle.
France Stratégie, un organisme chargé de guider l’action du gouvernement, a renouvelé en janvier 2017 une vision critique du financement des EnR, notamment dans sa conclusion, malgré la présentation flatteuse des « territoires à énergie positive » :
« Dans ce paysage en pleine évolution, le risque à éviter est de voir le contribuable financer via des subventions ou des investissements publics l’équipement d’une entité locale qui se transformerait en producteur d’électricité non compétitif, tout en faisant supporter les coûts du maintien de la sécurité d’approvisionnement au reste de la collectivité ». 


Racket et achats d’indulgences !

Les directives européennes imposent à quelques secteurs industriels l’obligation d’attester leur soutien aux énergies renouvelables par l’utilisation de ces GO, ce qui constitue une forme de racket écologique masqué sous le terme « certificat vert ».
Mais d’autres le font volontairement pour s’acheter des « indulgences », comme au Moyen-Âge, et verdir leur image,greenwashing. Certains parmi eux, plus royalistes que le roi, ont décidé d’acheter la totalité des certificats verts correspondant à leur consommation, comme les trains hollandais ou… les JO 2024. Le surcoût de ces GO retombant bien sûr d’une manière ou d’une autre sur les clients et les contribuables.
Donc, fournir « 100 % d’électricité renouvelable » aux JO de Paris en 2024, « oui, c’est possible ! » monsieur Estanguet. Mais il faudra acheter beaucoup de GO !

Ce n’est pas grave, la France est riche et les Français paieront l’addition, encore une fois, pour subventionner les énergies « gratuites » du vent et du Soleil…

vendredi 13 décembre 2019

Quand l'éolien fait les poches des Français

"Plus t’as de pognon, moins t’as de principes. L’oseille c’est la gangrène de l’âme."
Michel Audiard
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Nous dénonçons les profits hors normes des opérateurs éoliens financés par l'argent public
Collectif Énergie Vérité

Une annonce qui aurait pu passer inaperçue vient de mettre le feu aux poudres chez nos experts:
Une société étrangère, l'un des principaux acteurs indépendants de l’éolien en France métropolitaine, vient de réaliser un refinancement record dans le domaine des énergies renouvelables pour un montant de $1,7 milliards, €1,1 milliard.
Le profit financier de cette opération est évalué à un minimum de $260 millions et accroît simultanément le financement disponible de cette entreprise de plusieurs centaines de millions de dollars qui seront affectés à de nouveaux projets d’implantations d’éoliennes industrielles dans les territoires. Ces financements sont consentis par de grandes banques françaises.

Ce cas n’est pas exceptionnel, hélas : Toutes les sociétés de l’éolien pratiquant des montages fiscaux très sophistiqués et échappant à l’impôt en France, affichent des profits hors normes. 



Rappelons que ces profits exorbitants sont réalisés au détriment du pouvoir d’achat des consommateurs et des contribuables français, ce sans aucun bénéfice pour ces derniers. Chacun sait qu’aujourd’hui, pour l’éolien terrestre, EDF a l’obligation de garantir à l’exploitant une recette de 74,80€ par MWh, en général 2 fois le prix du marché, il a même été de 3 X !, l’État payant le complément de rémunération bien entendu.
Ce différentiel garanti est financé par des taxes appliquées à la facture d’électricité et sur les carburants payés par les consommateurs.


Le financement de la filière éolienne provient donc directement de la poche des français !

C'est une aubaine dont les financiers internationaux ont su profiter: Tous les profits aux spéculateurs, toutes les nuisances pour les campagnes françaises !
Contrairement à ce que l'on entend, les territoires ne tirent quasiment aucun bénéfice financier de l’implantation des ZI éoliennes. Ils ne reçoivent qu’une infime partie de la manne éolienne, environ 1%, et les nombreux emplois promis ne sont pas en France.
Par contre ils en supportent toutes les nuisances, pour certaines irréversibles : dévalorisation des valeurs foncières, défiguration du patrimoine français, effets nocifs sur la santé, atteintes à la biodiversité... le bilan est très lourd pour les campagnes françaises et leurs habitants.
Cerise sur le gâteau: il est maintenant largement admis que la contribution de l’éolien à la lutte contre le réchauffement climatique est marginale voire négative.

Nous partageons volontiers les conclusions de la "Commission d'enquête parlementaire sur l'impact des énergies renouvelables, la transparence des financements et l'acceptabilité sociale des politiques de transition énergétique" qui confirment une fois encore l'inefficacité écologique des éoliennes, et nous nous joignons à la demande insistante faite aux pouvoirs publics d’arrêter purement et simplement les garanties et les subventions accordées à cette industrie destructrice.

Hiver 95, "partir en grève"

"Les vrais hommes de progrès sont ceux qui ont pour point de départ un respect profond du passé. "
Ernest Renan

Lire également
La grève et les manifestations de novembre-décembre 1995

Du côté des cheminots, raconter une grève, en faire l'histoire


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J’ai en mémoire la Une du Monde de début décembre 1995 : « Première révolte contre la mondialisation ». Le mouvement est parti d’un point qui a focalisé les colères : la réforme de la Sécurité sociale visant à l’affaiblir pour aller vers une privatisation. Une réforme présentée en octobre par Juppé sous les applaudissements des députés debout, et qui reçoit alors le soutien de Nicole Notat, ­secrétaire générale de la CFDT.

Des contradictions
On sort des années 1980, avec les contre-réformes des gouvernements Mitterrand, les politiques d’austérité, la chute du mur de Berlin ; la perspective du capitalisme comme horizon indépassable pour l’humanité. Se dire anti­capitaliste ou révolutionnaire relève de l’utopie déraisonnable dans cette période.
Le mouvement syndical est affaibli. D’une part, avec l’éclatement des grands secteurs industriels, la fragmentation du salariat et, dans le secteur public, la cohabitation du statut de fonctionnaire et de statuts privés. D’autre part, par son institutionnalisation sous la gauche avec une partie des cadres syndicaux qui ont intégré l’appareil d’État et des orientations qui visent de manière plus ou moins explicite à ne pas gêner le gouvernement.
Mais, malgré tout, il y a eu des luttes : cheminotEs et étudiantEs en 1986, puis en 1988 les infirmières, la grève des « camions jaunes » de La Poste dont est issue Sud PTT… Au début des années 1990, le chômage qui pèse sur la société mène à la création de AC ! [Agir contre le chômage] fédérant syndicats, associations de chômeurs, LDH, etc. En 1995, Chirac met au centre de sa campagne présidentielle le thème de la fracture sociale.
Dans ce contexte, la réforme de la Sécu présentée par Juppé est une évidence pour les partis de droite, mais aussi pour Notat et une série d’intellectuels « de gauche ». À l’opposé d’une mémoire collective qui a encore en tête les acquis de la Sécu, du CNR… En même temps, Juppé s’attaque au statut de la SNCF et aux régimes spéciaux présentés comme privilégiés. Avec aussi l’idée de casser des secteurs susceptibles de se mobiliser. La stratégie de Thatcher en Grande-Bretagne, qui a réussi à briser les mineurs, est sans doute un exemple pour le pouvoir en place.

Une mobilisation généralisée mais différenciée
Le mouvement commence avec une journée de mobilisation le 24 novembre sur la Sécu, à l’appel de l’ensemble du mouvement syndical, y compris CFDT. Le 25, c’est la manifestation historique de 50 000 personnes à Paris pour les droits des femmes. C’est le retour des luttes féministes autour du droit à l’avortement, alors que le mouvement féministe très éclaté et institutionnalisé avait été très affaibli dans les années 1980.
Des cheminotEs partent en grève reconductible à partir du vendredi. Bien que la grève passe le week-end, les doutes persistent sur les possibilités de sa poursuite mais son développement paraît possible. D’autres secteurs entrent en lutte : RATP, La Poste, France Télécom, le secteur public… alors que dans le privé, le mouvement restera très faible.
Avec des secteurs en grève reconductible, les « temps forts », les appels à manifestation, permettent à des salariéEs, du privé comme du public, de faire grève par intermittence, notamment pour participer aux manifestations. L’autre particularité réside dans la multiplication des manifestations en régions, même dans des petites villes, qui permettent de regrouper une grande diversité de salariéEs du public, du privé, de petites entreprises, parfois sur leur temps libre ou des congés. S’exprime ainsi le sentiment d’abandon, de désertification des territoires avec les fermetures d’usines, de services publics. Ce que l’on retrouvera dans les années suivantes.
Ce n’est pas seulement un mouvement de défense de régimes spéciaux et de la Sécu, ce sont bien des enjeux de société globaux qui émergent, contre le développement de la précarité, le refus d’imaginer un futur avec moins de social, moins de services publics. À l’appel des intellectuels en soutien à Notat qui « ose affronter les vrais problèmes », répond celui d’autres intellectuelEs, autour de Bourdieu, qui parle « d’enjeu de civilisation ».
Les gares et d’autres lieux deviennent des lieux de rencontre dans un pays bloqué faute de transports. Beaucoup de gens marchent, font du stop, mais sans hostilité ni sentiment de « prise d’otage », signes du basculement au côté des grévistes avec des enjeux de société qui ont largement transpiré, au-delà de l’appel des intellectuel Es.
Dans le privé, ce sont les syndicalistes qui font grève, voire prennent des heures de délégation pour participer au mouvement. La dimension de grève par procuration comme forme de soutien s’est imposée face aux problèmes d’argent, de peur de la répression.
Mais c’est aussi parce que l’idée de la grève générale est perdue, Mai 68 est déjà loin. Les salarié Es ne l’ont plus dans leur imaginaire et le syndicalisme ne porte pas majoritairement cette stratégie. Nous n’avons pas entretenu collectivement l’idée que la grève générale pouvait être un outil décisif pour bloquer l’économie et établir un rapport de forces pour faire avancer les choses.

Un sentiment de victoire
La réforme des retraites des régimes spéciaux a été retirée, mais rien n’est gagné dans les autres secteurs. Il y a eu des débats sur le fait d’avancer d’autres revendications, par secteur, mais ce n’était pas ce qui mobilisait forcément celles et ceux qui ont participé au mouvement. Cependant, quand on a repris le travail, malgré le retrait des jours de grève, personne ne regrettait d’avoir fait grève, avec l’idée « On a vécu ensemble un super moment ». Le bilan d’un mouvement social n’est pas seulement ce qu’on a concrètement gagné sur les revendications.
Dans les suites de ce mouvement, de nouvelles fractures apparaissent dans la CFDT, qui va poursuivre son évolution dans le syndicalisme d’accompagnement avec une mise au pas de l’appareil.
Les discussions s’ouvrent parmi les forces syndicales impliquées dans le mouvement sur l’existence de deux camps dans le syndicalisme : de transformation sociale et de luttes ou d’accompagnement. La CGT préfère développer sa stratégie du « syndicalisme rassemblé », une stratégie qui n’a pas fonctionné, si on regarde le paysage syndical depuis… Au lendemain de décembre 1995, l’idée était celle de construire un pôle commun FSU-CGT-Solidaires, pas une fusion organisationnelle puisque nous étions ensemble dans la rue contre le Plan Juppé. Il y a eu pendant quelques mois des débats dans le cadre des états généraux du mouvement social, initiés autour de l’appel Bourdieu, avec un travail sur les alternatives possibles. Mais ce travail, souhaité notamment par Solidaires, s’est heurté aux réticences de la CGT qui ne voulait pas d’un cadre permanent d’initiatives avec Solidaires et la FSU.
L’après-95 a vu l’émergence de mouvements portés par les organisations de « sans » : Marches européennes contre le chômage, occupations de logement avec le DAL, occupation de la rue du Dragon avec Droits Devant, luttes de sans-papiers, l’occupation de l’église Saint-Bernard à Paris en 1997. Dans la foulée, naissance du mouvement altermondialiste à Seattle en 1999 et dans le monde entier avec une contestation du modèle néolibéral portée par une diversité de mouvements : paysan Es, migrant Es, syndicats, féministes avec la Marche mondiale des femmes, écologistes…


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La victoire de l’hiver 95 vue par Annick Coupé

Annick Coupé
12 décembre 2019
Annick Coupé était, en 1995, responsable de la Fédération Sud PTT et animatrice du Groupe des 10, devenu l’Union syndicale Solidaires. Elle est aujourd’hui essentiellement engagée dans ATTAC.

Energie : gaz ou nucléaire? Allemagne ou France?

En sera-t-il de même en matière d'énergie comme il en est au football* : "l' Allemagne gagne toujours à la fin? "
À suivre...

 "Le football est un jeu simple : 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et à la fin, les Allemands gagnent toujours."

Gary Lineker, attaquant anglais 

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Le sous-sol allemand recèle les plus grosses réserves prouvées de charbon d’Europe, mais l’envolée prévisible du prix du carbone impose au pays de trouver une alternative.
La France ne dispose d’aucune énergie fossile et a joué la carte du nucléaire en raison du coût infime de l’uranium. La 4ème génération de réacteurs laisse entrevoir plusieurs siècles de carburant disponible.
La disponibilité et le coût de l’énergie sont les facteurs clé de toute stratégie de compétitivité. Pour autant, la pression de l’opinion est susceptible d’amener le politique à jouer contre son camp.

Énergie et climat
La 25ème Conférence des parties sur le climat (Cop 25) s’est ouverte, ce 2 décembre, dans un climat morose à Madrid.
Le rapport de septembre [1] de Global Carbon Project vient de révéler que la consommation énergétique mondiale augmente plus vite que la décarbonation de son énergie. Éloignant toujours plus les pays signataires du respect des Accords de Paris (Cop 21). En effet, malgré la légère réduction des émissions de l’Union européenne (-2,1%), les émissions mondiales ont continué d’augmenter, avec + 2,1% en 2018. Notamment en Chine (+ 2,3%), aux États-Unis (+ 2,8%), en Inde (+ 8,1%) et + 1,7% pour le reste du monde.
Toujours selon ce rapport, le gaz est le grand gagnant des efforts de décarbonation de l’énergie, avec une progression de 2,6% chaque année depuis 2013, dont +9,4% en Chine. Plus surprenante est l’augmentation, en 2018, de l’usage du pétrole, de 1,3% aux US et 1% en Europe, où le pic de consommation était pourtant réputé dépassé depuis quelques années.
Ces tendances sont confirmées par les estimations 2019 de Enerdata. Symbole du combat pour le climat, les éoliennes connaissent l’année la plus noire de leur histoire [2] dans une Allemagne qui voit ses ambitions climatiques s’éloigner de sa portée.

Le retour du nucléaire
La Commission européenne prépare un plan d’action [3] de 180 milliards d’euros supplémentaires par an, pour favoriser une économie plus verte. Fin septembre 2019, le Conseil européen avait retardé la publication de la taxonomie définissant les secteurs susceptibles d’en bénéficier.

L’énergie nucléaire pourrait être concernée [4].

Celle-ci est considérée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) parmi les réponses nécessaires au réchauffement climatique du fait de son absence quasi-totale d’émissions de gaz à effet de serre (GES)*.
Dans son résumé à l’attention des décideurs [5], le GIEC propose en effet la modélisation de 4 scénarios permettant de respecter les Accords de Paris. Chaque scénario implique une forte augmentation de l’énergie nucléaire. Le scénario 3, qui permet l’acceptabilité sociale, repose notamment sur une augmentation de 501% du nucléaire d’ici 2050.
Un groupe d’experts avait été chargé de rendre un rapport [6] à la Commission européenne pour éclairer ses choix sur la taxonomie verte. Celui-ci avait pris acte de l’absence d’émissions du nucléaire, mais s’interrogeait sur la problématique de ses déchets. Le Parlement européen vient de se positionner en faveur du nucléaire lors de son alerte, ce 28 novembre, sur l’urgence climatique [7].

Car le même jour, il votait une résolution [8] relative à la COP 25, qui estime notamment que (59) « l’énergie nucléaire peut contribuer à atteindre les objectifs en matière de climat dès lors que c’est une énergie qui n’émet pas de gaz à effet de serre, et qu’elle peut également représenter une part non négligeable de la production électrique en Europe. » Sans grande surprise, le groupe des « verts » a voté contre la totalité de la résolution [9], semblant ainsi subordonner la cause climatique à une autre, semblant plus importante pour lui : le combat contre le nucléaire.
Le GISOC, qui représente une collaboration scientifique internationale destinée à faire émerger des solutions rationnelles pour le Climat, vient d’analyser les « facteurs de limitation par pénurie d’éléments » (ELF) de chaque technologie. C’est l’énergie nucléaire qui dispose du meilleur coefficient, et cet avantage serait plus que doublé avec la 4ème génération de réacteurs. Le coefficient de limitation du stockage par batterie exclut celle-ci de tout système pérenne. Car « renouvelable » est un concept archaïque, ambigu et trompeur qui ne signifie pas durable. 


Les Entretiens Européens d’Helsinki

A l’issue des débats des entretiens européens d’Helsinki, une lettre ouverte a été adressée à la Présidence de l’Union européenne et à la Présidente de la Commission, ainsi qu’aux représentants des chefs d’État et de Gouvernement en poste à Bruxelles.
Cette lettre leur recommande une révision de la stratégie énergétique européenne
permettant au nucléaire de retrouvera toute sa place d’énergie bas carbone et qui cesse de dicter la part d’énergie renouvelable, ce qui est une « stratégie plus que discutable» et considère que « Nos choix de politique énergétique, donnant la priorité à toujours plus d’énergies renouvelables électrogènes (EnR) dans les États membres, ont créé des effets pervers sur notre marché et ont contredit les objectifs de sécurité et de compétitivité que nous avons ratifiés ».

La guerre du gaz aura bien lieu...


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1 https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=4&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwjR852MgqvmAhUS8uAKHaW2DssQFjADegQIBhAC&url=https%3A%2F%2Fwww.globalcarbonproject.org%2Fglobal%2Fpdf%2FGCP_2019_Global%2520energy%2520growth%2520outpace%2520decarbonization_UN%2520Climate%2520Summit_HR.pdf&usg=AOvVaw1VcYX_bHGXIHvZ4zeRV2g_

2 https://www.europeanscientist.com/fr/opinion/energiewende-la-transition-energetique-allemande-est-elle-encore-vraiment-dans-le-vent/

3 https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_18_1404

4 https://www.reuters.com/article/us-eu-finance-climate/eu-states-delay-green-finance-guide-leave-it-open-to-nuclear-power-idUSKBN1WA0V4

5 https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwj4-73VhKvmAhVC5uAKHdB7A2cQFjABegQIARAC&url=https%3A%2F%2Freport.ipcc.ch%2Fsr15%2Fpdf%2Fsr15_spm_final.pdf&usg=AOvVaw0HYw_0GFe7V2GJmEfszRvJ

6 https://ec.europa.eu/info/files/190618-sustainable-finance-teg-report-taxonomy_en

7 http://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2019-0078_FR.html

8 http://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2019-0079_FR.html
 


Le conflit franco-allemand
Jean-Pierre Riou 

12.12.2019