OÙ EN EST LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE ALLEMANDE ? BILAN 2025 DE L' ÉOLIEN

Deux enseignements majeurs se dégagent :
1. Une puissance installée en hausse… pour une production en recul !
  Malgré l’augmentation continue de la puissance nominale, la multiplication des usines et l’implantation toujours plus dense d’éoliennes, la production effective ne suit pas. Pire : elle a reculé ! De plus, cette fuite en avant ventée ne garantit ni stabilité ni sécurité d’approvisionnement du réseau.

2. Des objectifs législatifs aux allures d’une entêtante utopie 
  La loi dite « EGG 2030 » affiche des ambitions spectaculaires, mais déconnectées des réalités techniques et économiques. Seule consolation pour les citoyens allemands, l’illusion planificatrice ne se limite pas à leur pays : la France, elle aussi, est engagée à fond sur cette trajectoire qui relève davantage du pari ou de l' ignardise politique que de la prudence énergétique.

Toutefois, une question s’impose : comment expliquer un tel décalage entre résultats concrets, discours et décisions officiels ? 
  Un début de réponse : la capacité d’influence — voire la puissance de persuasion des acteurs industriels du secteur — semble jouer un rôle déterminant. De part et d’autre des frontières, les écornifleurs de l’éolien démontrent sans nul doute un savoir-faire certain pour orienter les décisions publiques, quitte à entretenir des promesses difficilement tenables sauf, à faire chèrement payer les contribuables et les consommateurs... 
 
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Bilan 2025 de l’éolien en Allemagne

Hartmut Lauer


Résumé 

  Les bureaux d’études « Deutsche WindGuard » et « Fachagentur Wind und Solar » ont publié le bilan 2025 des éoliennes terrestres et maritimes  sur le territoire allemand /1/, /2/.

Résultats essentiels :
  La production brute des éoliennes atteint presque 134 TWh en 2025, en légère baisse par rapport à 2024 — 139 TWh, à cause d’une météo moins favorable. Les éoliennes terrestres ont produit 107,4 TWh et les éoliennes maritimes 26,5 TWh. Lissé sur l’année, l’apport des éoliennes à la production nationale brute s’élève à environ 27% sans toutefois apporter une contribution durable à la sécurité d’approvisionnement en raison de leur production variable au cours de l’année.

  Fin 2025, la puissance du parc éolien au réseau s’élève à 77,9 GW — 2023 : 72,8 GW, dont 68,2 GW d’éolien terrestre et 9,7 GW d’éolien maritime. Environ 11,1 GW d’éoliennes terrestres sont encore au réseau bien que leur droit à une rémunération au titre de la Loi sur la promotion des énergies renouvelables — EEG 2023, ait expiré.

  Concernant le parc éolien terrestre, la Loi « EEG 2023 » prévoit 84 GW au réseau fin 2026. Il faudrait donc ajouter 15,8 GW courant 2026, ce qui, du point de vue actuel, semble irréaliste

  Concernant le parc éolien maritime, la Loi stipule 30 GW au réseau en 2030. Il est très improbable que cet objectif soit atteint. Dans l’état actuel des choses, l’Allemagne devrait disposer au mieux de l’ordre de 20 GW au réseau d’ici 2030.

  Des informations détaillées sont présentées ICI

 
 
Installation d’une fondation de type Monopieu — ~ 1500 tonnes, en Mer du Nord /source RWE

LA NOUVELLE DÉFERLANTE DES USINES AGRIVOLTAÏQUES DANS NOS PAYSAGES

 
  Dévasté depuis des décennies par l’industrie éolienne — avec environ 240 à 250 éoliennes déjà implantées et près de 230 machines supplémentaires actuellement enregistrées dans les dossiers de la préfecture — notre département est confronté, ces dernières années, à une véritable vague de projets d’usines agrivoltaïques, toujours portée par le même trio d’acteurs déjà à l’œuvre dans l’éolien :
  • des exploitants agricoles et propriétaires terriens → loueurs de parcelles
  • des élus locaux 
  • les porteurs de projet  
 À présent, ils infligent au département ces nouvelles blessures ! Bien que le facteur de charge y soit inférieur de 20 % à la moyenne nationale, la rentabilité des projets haut-marnais demeure garantie grâce à un foncier plus abordable et à une opposition quasi inexistante de la population.
 
 
  Une année compte 8 766 heures. Un facteur de charge compris entre 11 et 12 % correspond à une production équivalente située entre 964 et 1 052 heures par an.
  En pratique, un panneau solaire fonctionne dès le lever du soleil et cesse au coucher, soit environ 12 heures par jour en moyenne sur l’année. Toutefois, il ne délivre pas sa puissance maximale en continu : sa production suit une courbe en cloche.
  Si l’on rapporte ces données à une base quotidienne réelle, sur 365 jours, un facteur de charge de 11 à 12 % signifie qu’une installation produit l’équivalent de 2 h 40 à 2 h 55 par jour à pleine puissance, réparties de la manière suivante :
  • En été, vous pouvez avoir 6 à 7 heures « pleines »
  • En hiver, cela peut tomber à moins d'une heure par jour
  Malgré ce faible facteur de charge, la Haute-Marne voit s’implanter un nombre croissant d’installations solaires et accueille notamment, depuis juin 2025 à Perthes, la plus grande centrale solaire flottante d’Europe, affichant une puissance installée de 74,3 MWc. Pour mémoire, le montant de l’investissement s’élève à environ 50 millions d’euros.
 
Pourquoi ici plutôt que dans le Sud ?
  Le projet de Perthes ne vise pas le « maximum d’ensoleillement », mais le « profit optimal ». Dans ce cas précis, l’équation est simple :
  • Moins de soleil donc moins de chaleur : les panneaux photovoltaïques supportent mal les températures élevées;
  • Foncier très accessible : dans le Sud, trouver 127 hectares disponibles sans susciter l’opposition des agriculteurs, des viticulteurs ou des défenseurs des paysages relève d’un parcours de dix ans;
  • Rendement amélioré par la présence de l’eau;
  • Absence d’opposition;
  • → Rentabilité garantie.
 Les projets - en cours d'enquête publique 
  Nombre de projets sont en cours d'enquête préfectorale actuellement : 
  •  Romain-sur-Meuse 
  •  Cusey 
  •  Mussey-sur-Marne
  •  Neuilly-l'Évêque
  L’ensemble de ces projets s’inscrit dans la continuité d’une première vague qui concernait déjà Chamarandes-Choignes, Laville-aux-Bois, Chambroncourt, Rimaucourt, Vignes-la-Côte, Langres, Montreuil-sur-Thonnance, Thonnance-lès-Joinville, Vesvres-sous-Chalancey et Beauchemin — une série de dossiers dont certains sont encore en cours d’instruction. https://www.haute-marne.gouv.fr/Publications/Enquetes-publiques 
 
 Quel est l’impact budgétaire net pour une commune ?
   Prenons l'exemple de Romain-sur-Meuse :
 
1. Population 
  Les derniers chiffres de l' INSEE, indique 88 habitants — 2022, plutôt vieillissants. Voir graphiques ci-devant.  
 
 
 
 
 
 
2. Santé financière
 En un mot : excellente ! 
 
 
 
 
 
 
 Source 
 
3. Les caractéristiques du projet
  • Puissance installée : 48 MWc — 73 948 panneaux sur 2 641 tables.
  • Emprise au sol : 21,2 hectares de panneaux — sur 65,23 ha de foncier clôturé;
  • Infrastructure technique : 21 postes de transformation et 3 postes de livraison.
4. Recettes Fiscales Annuelles — estimations
  La commune dépend de la communauté de communes Meuse Rognon est fiscalement sous le régime de la Fiscalité Professionnelle Unique — FPU.  
  Le projet générera 2 flux financiers principaux pour la commune :
  • L'imposition forfaitaire des entreprises de réseaux — IFER;
  • La taxe Foncière.
a) L' IFER
  Depuis 2021, la répartition de l’ IFER photovoltaïque a été modifiée afin de compenser la perte de ressources des collectivités. Si votre communauté de communes — CC, est soumise au régime de la fiscalité professionnelle unique — FPU, — ce qui est le cas ici — l’intercommunalité perçoit par principe 100 % de l’ IFER. Toutefois, la loi impose à l’ EPCI — la CC, de reverser 20 % de cette IFER à la commune d’implantation. Dans ces conditions, le produit annuel pour la commune s’élèverait ainsi à 32 582 € par an.
 
b) La Taxe foncière 
  Le montant de cette dernière est d'environ 10 000€
 
c) La Taxe d'aménagement  
« La taxe d’aménagement est un impôt local s’appliquant aux installations photovoltaïques au sol, perçu par les communes, les départements et, en Île-de-France, par la région. Cette taxe d’aménagement pour panneaux solaires est due pour toute construction, rénovation profonde ou agrandissement nécessitant un permis de construire ou une déclaration préalable de travaux. Les panneaux solaires intégrés à une toiture sont exemptés de cette taxe. » 

Le calcul repose sur :
  • La surface taxable : il s’agit de l’emprise au sol des panneaux solaires.
  • Une valeur forfaitaire : fixée à 10 €/m² pour les installations photovoltaïques.
  • Le taux global d’imposition : déterminé par les collectivités locales et comprenant les parts communale, départementale et régionale (en Île-de-France). »
 
Pour le cas présent :
  • Surface taxable : 212 690 m².
  • Assiette de calcul : 2 126 90 ×10 € =2 126 900 €.
  • Recette pour la commune : si le taux communal est de 5 % — taux courant, la commune perçoit : 106 345 € — en une ou deux fois.
 Pour Romain-sur-Meuse, c'est le jackpot ! 
 
d) L’impact sur la Dotation globale de fonctionnement — DGF, ou la « facture » des nouveaux riches
  La Dotation globale de fonctionnement — DGF, versée par l’État, est calculée en fonction de la « richesse théorique » de la commune, appelée potentiel financier.
  En percevant la nouvelle IFER ainsi que la taxe foncière, le potentiel financier communal augmentera fortement. L’État considérera alors que la commune a moins besoin de soutien. Pour une petite collectivité, la DGF peut diminuer de manière significative, voire être supprimée si la commune est réputée « trop riche ». Il existe toutefois un décalage d’environ deux ans : la commune bénéficie d’abord des recettes de la centrale avant que la réduction de la dotation ne s’applique.
  Dans le cas présent, il est probable que la DGF soit fortement réduite, voire supprimée, compte tenu de l’accroissement attendu des ressources.
  Par ailleurs, plus une commune est considérée comme riche au regard de la moyenne nationale, plus sa contribution au Fonds de péréquation des ressources intercommunales et communales  FPIC, augmente. Avec un projet de 48 MWc rapporté à une population modeste, la commune pourrait devenir contributrice. Un prélèvement estimé entre 5 % et 10 % des nouvelles recettes fiscales pourrait ainsi être mobilisé au titre de ce mécanisme de solidarité.

e) Bilan net annuel estimé
  • Recettes Fiscales — IFER + Foncier : 42 582€
  • Baisse de la DGF ou perte : ~ 15 000€
  • Contribution FPIC : ~ 4 000€
  • Effet net annuel : ~ 20 000€
 Pour 88 habitants, bénéficier d’environ 20 000 € de surplus net par an — soit près de 227 € par habitant — représente une somme non négligeable pour une commune déjà financièrement saine.
  Mais la question demeure : le jeu en valait-il la peine ? Derrière ce bénéfice financier se dessinent en effet des impacts importants sur l’environnement, implanter en site Natura 2000, matériel chinois, etc., la santé animale et la faune. De plus, plus les énergies renouvelables intermittentes — EnRi, qu’elles soient solaires ou éoliennes, sont raccordées aux réseaux, plus le contribuable contribue et plus la facture d’électricité du consommateur tend à augmenter
Alors, oui, pour nous, le jeu n'en vaut pas la chandelle ! 
 
 
QU' ONT-ILS FAIT DE LA HAUTE-MARNE ? ILS L' ONT MASSACRÉE MÉTHODIQUEMENT ! 
 
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SOMMERÉCOURT : POLLUTION DU MOUZON : LE RAPPORT DE L'INSPECTION DES INSTALLATIONS CLASSÉES

 
  Le rapport de l' Inspection des installations classées du 7 janvier 2026, fait suite à des épisodes de pollution, déjà sanctionnés l'année précédente — 2025. Lire ci-dessus.
  Le rapport dénonce un non-respect de la loi car il y a une disproportion totale entre les mesures de contrôle effectuées et l'ampleur réelle des épandages.
  Voici l'explication technique et réglementaire de ce grief :
1. L'insuffisance des prélèvements — Les 4 reliquats sortis d'hiver — 2025
  Un « reliquat de sortie d'hiver » est une analyse de sol qui mesure la quantité d'azote restant dans la terre avant les premières cultures. C'est l'outil qui permet de calculer la dose de digestat que le sol peut encore accepter sans risque de pollution.
  • Le problème : réaliser seulement 4 reliquats pour 1 300 hectares est jugé dérisoire par l'inspection;
  • La conséquence : cela signifie que l'exploitant a épandu sur la quasi-totalité de sa surface — 2 000 hectares, sans connaître la capacité d'absorption réelle de chaque parcelle. C'est une navigation, pourrait-on dire, « à l'aveugle », qui favorise les surplus d'azote.
2. La règle des « 20 hectares par îlot  »
  L' arrêté ministériel du 12 août 2010 — relatif aux installations de méthanisation soumises à enregistrement, impose une gestion rigoureuse de l'épandage pour éviter la saturation des sols. La règle veut que les analyses de terre soient représentatives. Pour garantir cette représentativité, le législateur a fixé des unités de surface cohérentes. Dépasser les 20 hectares par îlotl'îlot de culture est un ensemble de parcelles contiguës, sans analyse spécifique revient à traiter une surface trop vaste comme si elle était uniforme, ce qui est agronomiquement faux. 
 L'Arrêté Préfectoral le reprend à son compte. Ainsi, on ne peut pas traiter une surface immense comme un seul bloc. Chaque îlot doit avoir son propre calcul de fertilisation. Si l'exploitant dépasse ce seuil de 20 ha par îlot sans analyses spécifiques, il sature le sol sur des surfaces trop vastes. L'inspection considère que l'exploitant a regroupé administrativement des surfaces pour simplifier ses épandages, au mépris de la précision agronomique requise.
  L'inspection dénonce une gestion globale et simpliste — le déclaratif, là où la loi impose une gestion parcellaire et précise. Pour les inspecteurs, l'exploitant a privilégié l'évacuation massive de son digestat plutôt que la protection de l'environnement, ce qui justifie la proposition de mise en demeure.
 
3. La Société Civile d'Exploitation Agricole — SCEA de la Taillie à Orbigny-au-Mont1
  Les parcelles de la SCEA de la Taille n’ont fait l’objet d’aucun contrôle physique par les inspecteurs. Pourtant, plusieurs témoignages évoquent un sol anormalement sombre — « noir2 », pouvant révéler un sur-épandage et un dépassement des capacités agronomiques d’absorption. En l’absence de vérification sur site, l’administration semble s’être fondée uniquement sur les éléments déclaratifs fournis par l’exploitant, sans procéder aux contrôles matériels pourtant prévus par la réglementation.
 
  
1. La commune avait donné un avis défavorable au projet.
 
 
 
2. L'apparition d'une coloration noire — ou très sombre, sur les sols après l'épandage de résidus issus d'un méthaniseur est un indicateur visuel fort qui s'explique par la composition physico-chimique du produit épandu : le digestat.  Dans un méthaniseur, les bactéries décomposent la matière organique — fumiers, lisiers, déchets végétaux. Ce qui ressort — le digestat, est une matière très concentrée. Contrairement au fumier brut qui contient des pailles visibles, le digestat est souvent une substance liquide ou pâteuse très sombre, riche en composés carbonés stables. Lorsqu'il est appliqué en grande quantité, il forme une pellicule sombre à la surface du sol.
 
  Au final, le rapport fait encore la part belle au « déclaratif  ». Entre les promesses des 6 co-gérants et la réalité des sols à Orbigny-au-Mont, le fossé reste immense.
 
 
 
  
 
 
 
 p. 1.
 
 
 
p. 2.
 
 
 
p. 3. 
 
 
p. 5.
 
 
 
 p. 7. 
 
Pour consulter l’intégralité du rapport, cliquez ICI.
 
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