- Le problème : réaliser seulement 4 reliquats pour 1 300 hectares est jugé dérisoire par l'inspection;
- La conséquence : cela signifie que l'exploitant a épandu sur la quasi-totalité de sa surface — 2 000 hectares, sans connaître la capacité d'absorption réelle de chaque parcelle. C'est une navigation, pourrait-on dire, « à l'aveugle », qui favorise les surplus d'azote.
Les vues imprenables et php
" L'indignation est un commencement. Une manière de se lever et de se mettre en route. On s'indigne, on s'insurge, et puis on voit. " BENSAÏD Daniel
SOMMERÉCOURT : POLLUTION DU MOUZON : LE RAPPORT DE L'INSPECTION DES INSTALLATIONS CLASSÉES
EDF, BERLIN ET BRUXELLES : LE BON, LA BRUTE ET L' ARBITRE
- Soutien massif aux EnRi : des mécanismes de subventions garantis pour assurer la rentabilité d'opérateurs privés, les écornifleurs du vent et du soleil,
- Restructuration lourde des réseaux : l'adaptation des réseaux de transport — RTE et de distribution — Enedis, pour absorber une production décentralisée et fatale nécessite des investissements colossaux.
- La surproduction négative : la place de 1er exportateur mondial d'électricité aura coûté « un surcoût de 8,8 Md€ pour les consommateurs français sert à décarboner les mix électriques de nos voisins avec nos EnR, comme l’a justement remarqué RTE dans son bilan 2025. »
- La dégradation des finances publiques
- Du réarmement régalien — Défense et sécurité.
- De la souveraineté numérique — Intelligence artificielle, infrastructures de données.
- Des services publics fondamentaux — Santé, Instruction, etc.
EDF : un modèle qui dérange
Les chiffres qui vont suivre sont fastidieux. Chacun d’eux doit pourtant être lu attentivement pour comprendre la portée de l’analyse de l’évolution depuis 1980 du mix électrique d’EDF, aujourd’hui confronté aux injonctions de Bruxelles. Contrairement à la multiplication d’hypothétiques scénarios dont les coûts d’intégration se chiffrent en centaines de milliards, ces chiffres mettent en lumière les prouesses concrètement réalisées par notre fleuron national, entièrement financées par la vente d’une électricité dont le monde nous enviait pourtant le prix.
Cette analyse sera mise en parallèle avec les coups qui lui sont portés, depuis février 2000, par Bruxelles dont l’obsession semble être de nous priver de l’avantage compétitif qu’EDF nous confère sur nos voisins.
1ère partie EDF : un mix modèle, 99% bas carbone
Cette production d’EDF, intégralement pilotable est restée insuffisante pour satisfaire les 442,2 TWh de la consommation brute 2024, notamment en raison de l’engagement électoral de fermer les 2 réacteurs de Fessenheim en 2020, pourtant considérés « favorablement par rapport à la moyenne nationale dans les domaines de la sûreté et de l’environnement » par l’ ASNR — Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection.
EDF en chiffres
EDF a également publié les chiffres de ses propres productions depuis 1948, lesquelles ne concernent que le nucléaire, l’hydraulique et le thermique à flamme.
Ces chiffres ont été retranscrits dans l’illustration personnelle reproduite ci-dessous avec le repère horizontal des 450 TWh qui représente grosso modo la consommation 2024.
Il est important de noter que les ressources hydrauliques sont également exploitées par la Compagnie nationale du Rhône — CNR, et la société hydroélectrique du midi — SHEM, qui ont retrouvé leur statut d’avant-guerre de producteur indépendant depuis loi du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l’électricité, entraînant ainsi la séparation comptable de ces entreprises. Et qu’avec un parc hydraulique de 3106 MW, la CNR produit actuellement 25% de l’électricité hydraulique française. En 2005, le groupe Suez rachetait 40% de la CNR et 59,63% de la SHEM en 2006, le groupe produisant alors 35% de l’électricité hydraulique en France, selon Le Monde.
Ce qui explique le chiffre EDF, avec seulement 42,942 TWh hydraulique en 2024 sur les 75,1TW produits en France. On démontre ainsi qu’avec ces 32,2 TWh supplémentaires, qui faisaient partie du périmètre d’EDF avant 2000, quasiment chaque année la seule production d’EDF aurait suffi à satisfaire toute la consommation, avec une intensité carbone encore inférieure.
Il est également important de constater que l’explosion de la consommation annoncée depuis des années ne correspond pas à la réduction régulière constatée depuis 15 ans. Et ceci malgré l’étonnante occultation de l’impact de la réduction de consommation d’une vingtaine de TWh/an supplémentaires supprimés, quand l’usine d’enrichissement de l’uranium Georges Besse1 — diffusion gazeuse, a été remplacée par l’usine Georges Besse2 — ultracentrifugation.
La production d’EDF est complétée par la montée en puissance de la concurrence, notamment depuis le 1 juillet 2007, qui achève la libéralisation du marché en autorisant le fournisseur alternatif à livrer directement son électricité aux particuliers. La concurrence s’y est engouffrée avec notamment Engie, TotalÉnergies, le Suédois Vattenfall ou GazelÉnergie, filiale du groupe EPH du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, qui verdit son image en investissant dans les renouvelables et le gaz après avoir fait fortune avec le charbon.
La concurrence d’EDF SA aura ainsi produit 17,35 TWh fossiles et 107,1 TWh renouvelables.
Soit une électricité 86,1% bas carbone pour 124,45 TWh, dont la totalité de la production éolienne et solaire française, pour compléter une production 99% bas carbone d’EDF SA sans productions éolienne et solaire.
La France, qui était déjà 1er exportateur mondial quasiment chaque année depuis au moins 1990 — 27 fois en 35 ans, surclasse désormais tous ses concurrents, avec 89 TWh en 2014 contre 33 TWh pour la Suède et plus encore, avec 92 TWh en 2025. Selon les douanes françaises, ces exportations sont vendues au prix moyen de 66,19€/MWh ces 12 derniers mois, soit à perte, à un prix inférieur au prix unitaire moyen des énergies renouvelables soutenues financièrement en 2025 qui est de 85,62 €/MWh selon la Commission de régulation de l’énergie — CRE. Les contrats à terme pour une livraison en 2027 sont négociés en France ce 12 janvier au prix 50,31€/MW.
Partie 2 - EDF qui dérange
« En théorie économique, l’électricité cumule pratiquement toutes les exceptions aux heureux effets de l’économie de marché. D’où suit qu’on peut militer avec conviction pour la régulation par le marché, et en exclure l’électricité. »Mais l’avantage compétitif conféré par la réussite du quasi-monopole d’EDF a été la cible d’attaques virulentes de la Commission européenne, au nom de l’ouverture de ce marché, sur fond de perquisition pour soupçon d’aide d’État et de procédures à son encontre. La chronique de cette descente aux enfers est relatée dans EDF l’exécution d’un géant.
Les règles du jeu de notre souveraineté énergétique ont alors été imposées par Bruxelles, là où historiquement devait pourtant s’exprimer la puissance régalienne — principe de subsidiarité en termes d’énergie définit dans le traité de Lisbonne.
L’échec du modèle allemand
L’objet prétendu de cette politique était de se passer du nucléaire, en décarbonant le mix électrique grâce aux énergies renouvelables intermittentes — EnRi, que sont éolien et solaire, tout en maîtrisant les prix grâce à la gratuité du vent et du soleil.
Les surcoûts ont largement dépassé tout ce qui était envisagé en raison de fragilisation continue du système électrique malgré les centaines de milliards destinées à y remédier. Les conséquences économiques se sont avérées inacceptables, notamment en l’Allemagne.
Cet échec a amené l’ensemble de la planète à convenir aujourd’hui du caractère incontournable du nucléaire, que ce soit en Norvège, au Japon, pourtant victime du tsunami, en Pologne, ou même au Danemark, et en Allemagne qui comprend enfin l’intérêt du recours à l’atome pour préserver sa compétitivité.
Au lieu de d’écouter l’avertissement de A.C. Lacoste, Président de l’Autorité de sûreté nucléaire française, qui rappelait en 2007 la nécessité de disposer d’une puissance pilotable résiliente, l’Europe s’est lancée dans le développement exponentiel des capacités intermittentes sans pouvoir fermer pour autant, à consommation pourtant égale, le moindre MW pilotable installé ainsi que le montrent les chiffres Eurostat illustrés ci-dessous — la France, pour sa part s’est dangereusement séparée de 12 GW pilotables depuis 2012, sans compenser cette fragilisation par un backup suffisant des productions pilotables.
L’intérêt de ce doublon intermittent peut se comprendre pour l’Allemagne, malgré la nécessité de faire plus que doubler sa puissance totale, de 115,7 GW en 2002 à 271,9 GW en 2026, pour se passer des 23,6 GW nucléaires de 2002, afin de réduire le facteur de charge du fossile et ses émissions de CO2. Les épisodes de prix négatifs en Europe — 573 heures en 2025 résultent de ses surplus aléatoires, comme de ceux de l’Espagne et du Danemark, et à fragiliser son réseau électrique. L’approvisionnement allemand est de plus devenu importateur net d’électricité. Sa vulnérabilité aux épisodes sans vent ni soleil est à l’origine du besoin, exprimé par le gouvernement allemand, d’un besoin de 20 GW de centrales gaz supplémentaires, l’UE ayant donné son accord pour 12 GW.
Un record mondial de la vente à perte
La surcapacité de production aléatoire française contribue elle-même à cette explosion des heures à prix négatifs — 513 heures en 2025, avec de plus un nombre équivalent d’heures de prix positifs inférieurs à un euro. Cette situation a placé la France, qui était déjà le plus gros exportateur mondial d’électricité quasiment chaque année depuis 1990, loin devant ses concurrents avec 89 TWh de solde net d’exportation en 2024 et 91,9 TWh en 2025, quand la Suède, en 2ème position, ne dépassait pas 33 TWh.
L’article « Le véritable coût des énergies renouvelables » présente le prix moyen de 168,86 €/MWh perçu par les exploitants d’ EnR, pour une production de 81 TWh — source CRE. Les 13,6 Md€ que ces 81 TWh d’ EnR auront ainsi coûté au consommateur français doivent être mis en regard des 4,8 Md€ de leur contribution théorique à cet excédent : la différence, soit un surcoût de 8,8 Md€ pour les consommateurs français sert à décarboner les mix électriques de nos voisins avec nos EnR, comme l’a justement remarqué RTE dans son bilan 2025.
L’écart est encore plus flagrant quand on compare ce prix moyen de 168,86 €/MWh, perçu par les exploitants d’ EnR, aux 49,34 €/MW de la vente de contrats à terme négociés en France ce 6 février 2026 pour une livraison en 2027.
EDF peut trouver de l’intérêt à arrêter ses réacteurs quand le marché est très bas, et à économiser du combustible pour des jours meilleurs, mais le modèle économique du nucléaire ne le prédispose pas à jouer les intermittents d’un spectacle qui lui échappe, et les productions des productions intermittentes sont alors payées par tous les français.
Cette surcapacité semble durable à moyen terme. En effet, l’explosion annoncée de la consommation, pour répondre aux besoins de l’électrification des usages, ne se confirme pas depuis 2010. Plus grave, l’ampleur de sa diminution est masquée par la correction des chiffres historiques de RTE. Cette réduction, permise par l’amélioration de l’efficacité énergétique ainsi que par les économies d’énergie, notamment imposées par l’augmentation des factures d’électricité qui a frappé l’industrie et les PME. Or la responsabilité des EnRi sur l’augmentation du prix de l’électricité résulte du coût de leur backup — moyen destiné à pallier leur variabilité, ainsi que de celui de l’extension et de la restructuration du réseau lié à l’extrême dispersion des capacités. La désindustrialisation de l’Allemagne par exemple est amplifiée par les prix de l’électricité, avec de nombreuses réductions d’activité et délocalisations, qui ne font que brider consommation. C’est tout aussi vrai en France.
La fragilisation
Son coût
L’augmentation des productions disséminées d’ EnRi a engendré un besoin de centaines de milliards d’euros pour inverser le sens de distribution du réseau et la dissémination des moyens de production. Désormais il ne s’agit plus, en effet, d’acheminer la quantité d’électricité nécessaire vers le consommateur, mais de faire remonter les records des EnRi vers le réseau de transport pour les refouler toujours plus loin. Là encore, l’Allemagne se distingue par un retard croissant de réalisation de ces investissements, malgré les sommes déjà consenties.
La Cour des comptes fédérale allemande a publié un rapport sur l’ Energiewende en mars 2024 dans lequel elle constatait que les besoins de développement du réseau progressent plus vite que les investissements qui lui sont consacrés — avec un déficit croissant, chiffré à 6000 km de lignes de transport pour 2023.
Le rapport précise
« Les coûts d’expansion du réseau à l’avenir seront nettement plus élevés qu’auparavant. Selon les premières estimations de l'Agence fédérale des réseaux, les coûts liés à l'extension du réseau pour la période 2024 à 2045 s'élèvent à plus de 460 milliards d'euros. De nouvelles augmentations de coûts sont à prévoir. »
L’Allemagne, qui n’arrive pas à transporter son électricité depuis ses éoliennes de la mer du nord jusqu’à son industrie de Bavière et du Bade-Wurtemberg, envahit les réseaux de ses voisins, dont les réseaux français qu’elle fragilise sans payer le prix du transport. On comprend que l’Allemagne s’oppose de toutes ses forces aux décisions de l’UE visant à morceler les zones d’enchère allemandes pour faire cesser ces flux de boucle qui violent le règlement européen.
Ses limites
Par-delà cette fragilisation, qui progresse plus vite que les moyens destinés à y remédier, le principe même d’une augmentation de la part d’intermittence repose sur des hypothèses de stabilité dont la faisabilité n’a jamais été éprouvée. Johnson & al ont publié une étude sur l’inertie du réseau texan ERCOT en 2019, dans laquelle ils exposent la grande supériorité du nucléaire pour conférer de l’énergie cinétique au réseau, en rappelant l’absence totale de contribution de l’éolien et du solaire à cette « inertie rotationnelle ». L’étude constate que
« Les pénétrations des énergies renouvelables testées dans cette analyse (jusqu'à 30 % de la demande énergétique annuelle) correspondent aux niveaux les plus élevés considérés par ERCOT dans ses projections à long terme, mais elles sont inférieures aux pénétrations des énergies renouvelables déjà déployées dans toute l'Europe ».
« De nombreux pays européens sont connectés aux réseaux voisins, qui offrent une grande inertie de la production thermique — par exemple, le nucléaire en France et le charbon en Allemagne ou Pologne ».C’est ainsi que lors de chaque surproduction éolienne en Allemagne et dans le nord de l’Europe, le nucléaire français reste désormais seul pour conférer cette inertie rotationnelle au réseau européen. Lors du blackout qui a frappé la péninsule ibérique le 28 avril 2025, des voix s’étaient élevées, ce qui est scandaleux, pour accuser la France de n’avoir pas assez développé ses interconnexions transfrontalières, ces « Câbles anti-blackouts », qui auraient pu protéger la péninsule ibérique pourtant seule responsable du déséquilibre de son mix électrique.
Le gestionnaire du réseau européen Entsoe s’inquiète depuis des années de l’identification d’un risque de blackout à l’échelle continentale en raison de la baisse de cette inertie, jusqu’alors permise par les énormes masses en rotation synchrone à 50 Hz des capacités conventionnelles. RTE, qui prépare l’avenir en espérant pouvoir s’en passer, écrit :
« La capacité du réseau à revenir à un état stable après un incident est un élément clé de l’exploitation ; l’arrivée de nouveaux composants connectés au réseau via de l’électronique de puissance (photovoltaïque, éolien ou encore lignes à courant-continu) va nécessiter d’un côté la mise en place de dispositifs nouveaux sur le réseau et, de l’autre côté, l’évolution des outils de simulation permettant de s’assurer de leur efficacité. L’équipe R&D développe les outils permettant de qualifier cette stabilité et de tester, via des démonstrateurs sur site, les solutions envisagées, comme le « grid forming ». Nous avons réussi à démontrer la faisabilité théorique d’une telle adaptation, après des tests en laboratoire concluants, les équipes de R&D vont commencer des tests à l’échelle industrielle ».
Le développement des interconnexions bouleverse les marchés nationaux. Le coût des surproductions aléatoires et leur impact sur l’effondrement des prix est mutualisé, alors que quelques pays, l’Allemagne en particulier, en sont responsables. La faiblesse de ces productions aléatoires bouscule aussi la marché : c’est la raison de la colère de la Suède et de la Norvège qui ont menacé de se déconnecter de ce système « absolument merdique »
« It’s an absolutely shit situation », selon les termes crus du ministre norvégien, rapportés par le spécialiste de l’énergie « Oil Price ». Il explique en effet que les interconnexions ont permis à l’Allemagne et au Danemark, qui subissaient une même panne de vent, de « siphonner » la production des réservoirs hydrauliques norvégiens qui étaient alors pleins, avant de contaminer le marché norvégien de l’électricité, une fois ces réservoirs vidés, avec un prix spot catastrophique de 898 €/MWh à 17 heures, alors que le pays ne connaissait même pas de vague de froid. La ministre suédoise de l’énergie Ebba Busch a vigoureusement dénoncé le même phénomène en déclarant à la chaine suédoise SVT « Je suis furieuse contre les Allemands. »
Bruxelles tente désormais de prendre en main le développement des interconnexions à marche forcée avec sa proposition de « paquet réseaux transfrontaliers ». Selon La Tribune, Paris freine des 4 fers. Mais ce grand marché libéralisé promet des montagnes russes de plus en plus vertigineuses sur le cours du MWh avec la dépendance grandissante aux caprices du vent et du soleil. Pour rappel, si EDF peut s’adapter aux périodes de prix cassés, lors des records de production des EnRi, en arrêtant ses réacteurs, il ne faut pas en ignorer les surcoûts pour les français, puisque c’est lui qui soutient financièrement les intermittentes, ni pour EDF qui devra, lui aussi, faire appel à l’argent public s’il veut développer son parc nucléaire. Et, il ne faut pas oublier le rôle des turbines à gaz, qui sont mobilisée et émettent des gaz à effet
de serre.
La cerise sur le gâteau
L’Allemagne viendrait d’obtenir une dérogation de Bruxelles l’autorisant à financer une baisse du coût du kWh pour son industrie et à engager la construction de 12 GW de centrales à gaz.
Cette dérogation accorde à l’Allemagne d’injecter entre 3 et 5 milliards d’euros d’aide publique pour baisser le prix du kWh de son industrie en déliquescence consacre la victoire de 30 ans d’obsession allemande de détruire l’avantage compétitif que nous conférait EDF.
Expliquant ainsi la différence entre les 50,6 TWh de l’illustration et les 42,9 TWh retenus dans notre analyse ainsi que dans le graphique de production historique à partir des chiffres nets d’EDF.
Le graphique circulaire de la capacité installée ne respecte pas la proportion de l’éolien — 6 MW. On retrouve la même erreur dans l’illustration 2023 où le segment est beaucoup plus proche de la réalité, mais où la proportion de 1000 fois plus petit que le thermique le rendrait illisible.
Le faible facteur de charge d’une production de 0,0001 TWh pour l’éolien peut surprendre. Il s’agit probablement d’une ou 2 éoliennes — 6 MW en tout, dont la raison d’être est la R&D et non l’exploitation commerciale.
La différence de production totale entre les 2 illustrations — 415 TWh et 417,6 TWh semblent provenir de la mention que les 415 TWh proviennent de valeurs arrondie et hors Corse et outre-mer.
LE « QUOI QU'IL EN COÛTE » DES ÉNERGIES RENOUVELABLES POUR LES FRANÇAIS
- la consommation d’électricité est orientée à la baisse
- la production est déjà excédentaire → la France est le 1er exportateur au monde !
- La situation est amenée à durer
- l'urgence n'est pas de mise à valider la PPE3
Le véritable coût des énergies renouvelables
Jean Pierre Riou
Le caractère intrinsèquement variable des énergies renouvelables électriques dites « intermittentes » — EnRi, fausse la comparaison de leurs coûts de production avec ceux des énergies conventionnelles dites « pilotables ». Ce qui biaise du même coup toute programmations de l’énergie.
L’objet de cet article est d'éclairer un tour d’horizon de ces surcoûts, qui s’avèrent plus ou moins cachés.
Les coûts cachés
« The United Nations Economic Commission for Europe » — UNCE, est une émanation régionale des Nations Unies, établie en 1947 pour encourager la coopération économique des États membres.
En septembre 2025, l’ UNCE a publié un rapport mettant en garde sur l’insuffisance du LCOE — Levelized Cost of Electricity, pour comparer les prix de production d’électricité. Ses carences risquant de fausser les politiques énergétiques. Les productions d’électricité intermittentes ou « variables » sont ciblées par cette insuffisance qui occulte les coûts qu’elles induisent sur le système électrique.
Le rapport détaille ces coûts hors LCOE qu'il illustre sur la figure reproduite ci-dessous.

La nouveauté n’est que dans l’initiative de l’ UNCE d’alerter sur les promesses biaisées par le seul LCOE des énergies renouvelables.
Les prix garantis
En France, le soutien aux énergies renouvelable a pris la forme d’un tarif obligatoire d’achat jusqu’en 2017, progressivement remplacés par des contrats de rémunération conclus sur la base d’appels d’offres. Les tarifs d’achat obligatoires et leurs quantités sont récapitulés, ci-dessous dans l’annexe 1 de la délibération de juillet 2025 de la CRE

La colonne de droite indique le tarif d’obligation d’achat moyen qui est prévu à 174,7€/MWh pour 2026. Cette moyenne est tirée vers le haut par le photovoltaïque — 211,2€/MWh, et la cogénération — 232,8€/MWh. Tous ces tarifs sont en hausse par rapport à ceux constatés en 2024, en raison de leur mode d’indexation.
Selon la CRE, 81 TWh d’ EnR ont été soutenus en 2025. L’obligation d’achat représentant 75% du soutien total —CRE p. 4, et leur soutien une charge moyenne de 85,62 €/MWh au titre de 2025 — CRE p. 8. En toute logique, cette charge moyenne appliquée aux 81 TWh soutenus correspond exactement aux 6,9 milliards d’euros de charges des EnR constatés p. 7.
Cette charge de 85,62 représente la différence entre leur prix contractuel garanti et le coût évité par la vente de leur production. Plus ce coût est bas, et plus les charges sont importantes.
Dans sa délibération de juillet 2025 — p. 22, la CRE constate une réduction de ce coût évité en raison de l’« effet prix » des énergies soutenues, notamment solaire, qui font écrouler le marché, jusque des prix négatifs, lorsqu’elles produisent. La CRE retient un coût évité unitaire moyen prévisionnel au titre de 2025 de 65,74 €/MWh, et de 50,88€/MWh pour 2026.
C’est ainsi que ces 65,74€/MWh supposés captés par leur propre valeur, sont bonifiés d'un soutien de 85,62 €/MWh qui représente leur charge, soit un revenu de 151,36 €/MWh. Ce chiffre moyen, tous tarifs confondus, montre que les nouveaux contrats — CR, sont bien négociés à des prix inférieurs aux tarifs obligatoires — 174,7 €/MWh. Mais la CRE n’en prévoit pas moins une augmentation de la charge en 2026 — + 2,4 Md€, notamment en raison de l’effet prix qui diminue le coût évité par les énergies soutenues, et fait passer la charge à 92,42 €/MWh ainsi qu’elle le détaille p. 9.
Le record mondial de vente à perte
Il est tentant de mettre en parallèle ces 81 TWh d’ EnR soutenus en 2025 avec les 92 TWh de solde export net 2025 au prix moyen de 62,53 €/MWh sur ces 12 derniers mois, selon les douanes françaises. Ces 81 TWh d’ EnR auront donc capté 12,2 Md€ et correspondent à 5 Md€ de recette pour l’exportation de cette même quantité d’électricité. Soit un record mondial d’exportation correspondant à une perte de 7,2 Md€, c'est-à-dire plus du triple de ce qui avait été sous évalué dans un précédent article.
La CRE anticipe une :
« Augmentation des charges au titre de 2026 par rapport à 2025, du fait d’une prévision d’augmentation des volumes soutenus et de la poursuite de la baisse des prix
Au titre de 2026, les charges sont estimées en progression de 2,4 Mds€ par rapport à la dernière estimation effectuée en 2025. Le principal facteur explicatif est l’augmentation du volume soutenu de 81 TWh à 90 TWh, en lien avec le développement des énergies renouvelables en France dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie 2019-2028 dite « PPE2 ». Le second facteur explicatif est l’effet de la poursuite de la baisse des prix de gros de l’électricité (les recettes pour l’État moyennes diminuant de 65,74 €/MWh en 2025 à 50,88 €/MWh en 2026). Les coûts d’achat demeurant, eux, relativement stables, les charges unitaires augmentent entre 2025 et 2026, de 85,62 €/MWh à 92,42 €/MWh »
Tandis qu’en France, après un nombre d’heures très restreint, correspondant à une franchise, les exploitants perçoivent une rémunération sous forme d’une prime qui correspond à un % de leur puissance nominale s’ils s’arrêtent de produire : 70% pour l’éolien en mer, 50% pour le solaire et 35% pour l’éolien à terre.
L’« effet prix » des productions d’ EnR qui cannibalisent le cours du MWh entraîne l’augmentation des charges du service public, ainsi que l’analyse la CRE pour expliquer la nouvelle augmentation des charges liées aux EnR prévues pour 2026 avec 7,6 Md€ au lieu de 6,9 Md€ en 2025.
Des surcoûts confidentiels mais explosifs
Les productions d’ EnR entraînent également l’augmentation de la modulation du nucléaire. EDF devait rendre en décembre un rapport sur les conséquences de cette modulation supplémentaire sur son parc nucléaire. Selon plusieurs médias dont Reporterre, ce rapport « inflammable » serait tenu secret par le gouvernement en plein débat sur la programmation de l’énergie — PPE3. Selon les fuites notamment publiées par La Tribune, cette modulation entraînerait en effet « des risques économiques majeurs pour la collectivité ». Selon ce rapport, le scénario de développement d’ EnR initialement prévu — Orange), « se traduirait par près de 4 milliards d’euros de surcoûts annuels pour le système électrique par rapport à une trajectoire plus modérée de développement des renouvelables en France et en Europe » et compromettrait la rentabilité du parc nucléaire et hydraulique.
Mais l’augmentation de cette modulation entraînerait également des conséquences sur la sûreté des réacteurs qui remettraient même en question la durée d’exploitation de certaines tranches en raison de « contraintes fortes » sur certains équipements. Les vibrations, fatigues thermiques et mécanique engendrées par l’augmentation de cette modulation toucheraient de nombreux composants tout en augmentant les effluents radioactifs.
La prise de conscience du risque que font peser les EnR sur le parc électrique français, semble être à l’origine du retard de la publication de la nouvelle programmation de l’énergie — PPE3. Avec la fébrilité qu’on imagine au sein de la filière professionnelle.
Douze comités sociaux d’entreprises appellent les salariés des énergies renouvelables à descendre dans la rue le 10 février. L’inquiétude de la filière est effectivement grande et leur invitation du 6 février à Matignon aurait calmé ses craintes.
La fragilité du gouvernement ne lui permet pas assurément pas de braquer ses soutiens, qui sont majoritaires à gauche et chez EELV.
Il serait regrettable que des considérations politiciennes puissent être amenées à primer sur la raison d’État.
SOMMERÉCOURT : POLLUTION DU MOUZON : LE RAPPORT DE L'INSPECTION DES INSTALLATIONS CLASSÉES
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