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ÉLECTRICITÉ : NOS COUSINS BELGES FACE À LA SATURATION DE LEURS RÉSEAUX

 Mais comment nos amis belges en sont arrivés là ? 
  Jusqu' aux années 2000, la Belgique est autosuffisante en électricité, voire même parfois exportatrice. À partir de cette date et jusqu'en 2015, la Belgique commence à importer plus régulièrement — parc nucléaire vieillissant, fermeture de centrales à charbon, croissance de la consommation... Depuis 2015, les importations sont structurelles, phénomène accentué avec la sortie, même partielle, du nucléaire1. 
 On se retrouve avec une situation de ciseau très dangereuse :
  • Moins de production interne stable 
  • Plus de demande — voitures, pompes à chaleur, data centers2...
  Conséquence : la saturation n'est plus théorique et, elle est devenue un obstacle majeur au développement. Ainsi, des projets de construction sont arrêtés, des raccordements industriels sont refusés.
 
1. Excepté les centrales de Doel 4 et Tihange 3 prolongées pour 10 ans.
2. En 2026, la Wallonie change ses heures creuses : il devient moins cher de consommer en plein milieu de la journée — 11h-17h, pour éponger le surplus de production solaire qui sature le réseau local.
 
Mauvaise histoire belge sans aucun doute ! Bon courage aux citoyens du pays aux trois langues officielles !...
 
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Belgique : les villes principales. 
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Réseau électrique saturé : notre enquête sur ce frein au développement économique

  La Belgique a-t-elle les yeux plus gros que le ventre quand il s’agit de transition énergétique ? Les bornes de recharge pour voitures électriques sortent de terre en un temps record, les parcs de batteries et les data centers fleurissent. En une année seulement, la demande en électricité a explosé et, par endroits, le réseau belge arrive à saturation. Conséquence : des centaines de projets d’extension ou projets de nouvelles entreprises sont remis en cause par manque de puissance électrique disponible.  Parfois, aucune promesse de raccordement au réseau ne peut être faite avant cinq à dix ans. Les gestionnaires de transport d’électricité, les gestionnaires de distribution, le monde politique sont à table pour trouver des solutions rapides. Pendant ce temps, le développement économique est ralenti. Les entreprises regrettent une absence de vision à long terme.
  Notre enquête débute sur le chantier du futur centre aquatique de Lessines. Il sera inauguré au premier trimestre 2027. Les services seront nombreux : espace bien-être, fitness et piscine. Tout a été pensé pour répondre aux objectifs climatiques européens. Les installations énergétiques ont été dimensionnées pour être partagées avec le hall sportif voisin.
  Problème : la puissance électrique demandée au gestionnaire de distribution ORES a été en partie refusée alors la construction avait déjà été lancée. En l’absence de solution d’ici là, Lessines devra faire des compromis.

On est les premiers à qui cela est arrivé en Wallonie, on est les premiers sur la liste d’attente pour une solution

  Avec un peu moins de la moitié de la puissance électrique demandée, le centre sportif et le centre aquatique ne pourront pas fonctionner à plein régime simultanément. La commune devra donc adapter en permanence sa consommation. La production des panneaux photovoltaïques devra, par exemple, être tenue à l’œil.
 
 
  Autre conséquence : les bornes de recharge électrique pour voitures ne seront pas accessibles, en un premier temps. 
« On ne sait pas mettre les bornes de recharge à disposition. Ce n’est pas possible. Or, ça, c’est une obligation, une réglementation 175 regrette l’architecte du projet Stéphane Meyrant.
  En effet, depuis le 1er janvier 2025 en Wallonie, les bâtiments ouverts au public doivent disposer d’emplacements pour voitures électriques. Si le parking compte plus de vingt emplacements, une place sur cinq doit être dédiée pour ce type de véhicules. 
  Par manque d’électricité disponible en Wallonie, Lessines ne peut donc respecter une autre obligation wallonne.
 
 
Lessines, en route vers une solution ?
 
 
 
  C’est au mois de juin 2025 que le gestionnaire de distribution d’électricité ORES a annoncé à la commune et à l’architecte du centre aquatique que la puissance électrique demandée pour le projet ne pourra pas être accordée. L’explication nous est donnée par ORES et tient en une phrase : la puissance électrique n’est pas disponible sur le réseau ELIA, le raccordement ne peut donc être effectué par ORES.
« On s’est rendu compte que la problématique n’était pas locale mais régionale »  
  Après juin 2025, en se renseignant, Aurélia Criquelion, l’échevine MR en charge des infrastructures sportives pour la commune de Lessines, s’est rendu compte que le problème dépassait les frontières communales. Les exemples se sont multipliés aux quatre coins de pays. 
  La commune hennuyère espère désormais qu’une solution soit trouvée avant l’inauguration de son centre aquatique.
« Sur cinq projets, trois sont bloqués à cause de l’électricité »
  Nicolas Gots est entrepreneur dans l’immobilier d’entreprise. Fin février 2026, il a obtenu un permis d’urbanisme pour construire son projet de centre de loisirs dans le parc d’activité économique Écolys à Namur. Malgré l’obtention du permis, le chantier ne débutera pas tout de suite. Pour l’instant, le raccordement électrique ne peut lui être garanti avant cinq à dix ans.
  Nicolas Gots s’étonne d’un paradoxe : la volonté des pouvoirs publics d’inciter à se tourner vers l’électrique alors que la Belgique n’en a, manifestement, pas les moyens pour l’instant. Trois des cinq projets qu’il mène sont au frigo faute de capacité électrique disponible. 
  Renaud Degueldre, le directeur général du BEP, le Bureau Économique de la Province de Namur tire le même constat. Faute d’électricité disponible, la vente de parcelles aux entreprises a été suspendue à Namur.
« On va devoir refuser d’accueillir d’autres entreprises. Cela veut donc dire qu’on va brider le développement, alors que la Wallonie et le territoire namurois ont besoin d’entrepreneurs pour le futur. Pour réindustrialiser et pour faire en sorte que les parcs d’activité se développent, il faut de l’électricité » déplore-t-il.
Des investissements massifs ces prochaines années
  Le distributeur d’électricité ORES enregistre un doublement des demandes de raccordements au réseau en un an. Chez Elia, en charge du transport de l’électricité, les demandes ont quadruplé.
 « Cela entraîne forcément des embouteillages, des files d’attente et, à certains endroits, de la saturation du réseau électrique » explique Jean Fassiaux, porte-parole d’ Elia. Le gestionnaire du réseau de transport admet que renforcer le réseau prendra du temps. 
  « Il faut parfois cinq à six ans pour remplacer un transformateur » souligne Jean Fassiaux. 
  Pour répondre au besoin électrique, 
  • Elia compte quadrupler ses investissements en Wallonie pour un total de 2,6 milliards d’euros pour la période 2026-2030. 
  • ORES, le distributeur d’électricité et de gaz de 75% des communes wallonnes va également renforcer son réseau pour 2,1 milliards d’euros entre 2025 et 2029. 
  • RESA, le distributeur liégeois compte investir 700 millions d’euros sur la même période.
 
 

Un manque d’anticipation ?

  Comment n’a-t-on pas vu le problème arriver ? Les gestionnaires de réseaux de distribution et de transport avaient sonné l’alerte, estime Damien Ernst, spécialiste des réseaux électriques : 
« Ils ont alarmé pendant une dizaine d’années qu’on allait droit dans le mur. Force est de constater qu’on ne les a pas assez écoutés et que, maintenant, on est dans le mur ».
  On ne peut pas attendre cinq à dix ans avant de pouvoir connecter des entreprises
  
« On n’a certainement pas assez prévu d’investissements dans les réseaux et on a aussi été surpris par la croissance de la demande électrique. On n’avait pas, par exemple, vu venir il y a cinq ans la demande de batteries. Les batteries sont devenues très bon marché et nécessitent beaucoup de puissance électrique » constate Damien Ernst.
  La Belgique n’est pas le seul pays à être mis en difficulté face à la transition énergétique. 
  « C’est une situation que l’on rencontre dans la plupart des pays européens, notamment aux Pays-Bas, en Angleterre. Là, le réseau est à un niveau de saturation encore plus grand que le réseau wallon » explique Annabel Vanbéver, porte-parole d’ ORES. 

Quelles sont les solutions à court terme ?

  Pour la Wallonie, l’une des solutions pourrait venir d’un décret qui a été adopté en 2025 et permettra, à l’avenir, de proposer des contrats flexibles.
« On va pouvoir proposer à un projet qui vient avec une demande de raccordement, un raccordement flexible. Il pourra être raccordé au réseau, mais il devra accepter de ne pas bénéficier du réseau électrique 5, 10 ou 15% du temps » explique Jean Fassiaux, porte-parole d’ Elia.
 Ce dossier des contrats flexibles est désormais dans les mains de la CWAPE, le régulateur wallon. Son avis est attendu avant une mise en vigueur par les gestionnaires de réseaux de distribution.

  Sur cette carte d’ Elia, il est possible de simuler une flexibilité de 5%. Cette flexibilité pourrait permettre de récupérer un peu de puissance électrique. Il s’agit d’un changement majeur puisque la puissance a toujours été, jusqu’à présent, attribuée à un client de façon permanente.
« Au cas par cas, en fonction de l’évolution des renforcements du réseau, en fonction de la flexibilité qui va être disponible pour les raccordements et en fonction des mesures plus larges qui seront prises aussi pour l’accès au réseau, on va pouvoir de plus en plus connecter des projets » explique le porte-parole d’ Elia.
  En plus de la flexibilité, d’autres réflexions sont en cours pour récupérer de la puissance électrique.  Certaines puissances accordées à des entreprises ne sont, en effet, jamais utilisées. 
  À l’avenir, quand on parlera de raccordement électrique, la règle du « premier arrivé, premier servi » pourrait également être revue. Certains projets, comme un hôpital, pourraient donc être choisis en tant qu’installation prioritaire au détriment d’autres projets. 
  Notre enquête constate donc que des solutions à court terme, comme la flexibilité, pourraient permettre de récupérer un peu de puissance électrique. Ceci soulagera des projets aujourd’hui gelés comme ceux du parc Ecolys ou encore le centre aquatique de Lessines. 
  Ce que cette situation met en lumière, c’est à quel point la demande est forte et donc à quel point l’électricité est rare. Il faudra des années et des milliards pour renforcer le réseau. Pendant ce temps, la demande électrique continuera à augmenter, notamment pour répondre aux enjeux climatiques.
 

Belgique, énergie : quand le Plat pays ne nous fait plus rire...

   Ainsi, à la lecture de son Plan national énergie-climat, on constate que la Belgique est un des seuls pays au monde, voir l'unique, qui prévoit en 2030 d’augmenter ses émissions de CO2, et sa dépendance aux importations fossiles…! La cause ? L'arrêt du nucléaire compensé par des centrales à gaz… 
  Et on ne parle pas de petites augmentations : 
- plus de 15 millions de tonnes de CO2,/an soit 13% des émissions du pays, 
- une dépendance accrue aux importations qui passe de 70% à 85-90%.
  Avec de tels amis, le climat n'a pas besoin d'ennemis!
 
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Transition énergétique : cette fois, une histoire belge

Michel Negynas

  Le nucléaire représente actuellement 50 % de la production belge, et le pays aurait 5 années pour le remplacer par des centrales à gaz ! C’est quasi impossible compte tenu des délais administratifs et de construction.
  Le Belgique compte 7 centrales nucléaires, gérées par Electrabel, filiale d’ ENGIE. La transition énergétique prévoit d’arrêter le nucléaire en 2025… sauf que pour l’instant rien n’est prévu pour les remplacer. La situation est surréaliste.
  En effet, ENGIE cherche depuis longtemps à vendre ces centrales. C’est logique, la stratégie d’ ENGIE est de vendre du gaz. Mais bien évidemment, personne ne s’est présenté pour les acheter compte tenu des perspectives. Ironiquement, ce sont ses centrales nucléaires qui contribuent le plus aux bénéfices d’ ENGIE en ce moment !
  En fait, cette situation en soi est très dangereuse. Elle pousse les exploitants sans perspectives d’avenir à minimiser les frais de maintenance et conduit à une perte de compétence.
  Le nucléaire représente actuellement 50 % de la production belge et le pays aurait 5 ans pour le remplacer par des centrales à gaz ! C’est quasi impossible compte tenu des délais administratifs et de construction. En outre, aucun investisseur n’était assez fou pour mettre son argent dans des centrales à gaz qui ne produiraient que lorsque les énergies intermittentes seraient défaillantes, avec des rendements dégradés du fait des variations brutales et incessantes que cela implique.
  À l’instar d’autres pays comme la France, le gouvernement essaye de mettre en place un marché de capacités qui devrait à terme obliger les opérateurs d’ EnR à subventionner de manière détournée les centrales à gaz. Mais c’est un peu tard.
  Toutes les études montrent que si le programme est maintenu, la Belgique sera entièrement dépendante des importations et en outre, ne pourra qu’augmenter ses émissions de CO2. 

Sacrilège ! Les centrales nucléaires font arrêter les éoliennes !
  Par deux fois, une situation venteuse a créé un scandale en Belgique. Le 11 mars, L’Écho titrait : « Quand les centrales nucléaires forcent les éoliennes à s’arrêter »
  Évidemment, ce titre racoleur masque un article beaucoup plus nuancé. En fait, on le sait, la réglementation européenne impose aux réseaux électriques de prendre tous les MWh produits par les EnR intermittentes, même s’ils n’en ont pas besoin. Alors, que s’est-il passé ?
  Eh bien il y avait beaucoup de vent. À plusieurs reprises, les éoliennes ont dû être arrêtées par mesure de sécurité. Mais la vraie cause est donnée plus loin dans l’article :
 " En effet, alors que le système électrique présentait un surplus d’énergie, il n’a pas été possible d’exporter cet excédent aux pays voisins. Il faut d’abord souligner que s’il y a un surplus d’électricité en Belgique en raison de conditions climatiques favorables aux renouvelables, il y a des chances pour que tel soit le cas chez nos voisins."
  En voilà un bon résumé de problème fondamental des énergies intermittentes !
  Et plus loin, on lit :
« Il y a eu un souci avec la plateforme permettant d’anticiper les achats sur le marché day-ahead, marché de court terme. De la sorte, les données par défaut ont été utilisées et les exportations ont été quelque peu limitées », nous explique une source bien informée. Sans bug, donc, il aurait été possible d’exporter davantage, d’autant plus que les prix belges, négatifs à ce moment-là, auraient sans doute intéressé les pays voisins connectés au réseau. "
  On remarquera qu’il ne semble pas étrange pour l’interviewé que les consommateurs belges subventionnent leurs exportations…
  Et alors, pourquoi les centrales nucléaires, les traîtresses, n’ont pas réduit leur production ?
  Nous ne pouvions pas prévoir un bug au niveau des interconnexions et rien ne nous indiquait qu’il allait falloir moduler nos unités.
  Et quelles sont les conclusions générales tirées par l’auteur de l’article ?
" Dans moins de cinq ans, les sept réacteurs du pays seront définitivement mis à l’arrêt. Et dans un premier temps, en attendant le plein développement du renouvelable, ce seront les centrales à gaz qui compléteront le mix de production. En outre, le pays devra pouvoir se reposer davantage sur les importations d’électricité, et donc, sur les interconnexions avec ses pays voisins."
  Une phrase que ne renieraient pas nos décideurs français. Sauf qu’on se demande ce que le plein développement du renouvelable va changer au fait que sans vent la nuit, la production est nulle. En outre, il ne vient pas à l’idée de l’auteur que si trop de vent ne permet pas forcément les exportations car la situation est la même chez les voisins, pas de vent, à l’inverse, doit difficilement permettre les importations. Humour belge ?
  Selon Pierre Henneaux, professeur spécialisé dans les réseaux électriques à l’ ULB [Université libre de Bruxelles] :
" Pour éviter de devoir arrêter les éoliennes, il faudra développer le stockage, la numérisation des réseaux, améliorer et renforcer les interconnexions et flexibiliser au maximum la demande d’électricité. À terme, il faudra aussi rendre les systèmes plus fiables et trouver des solutions de secours dans chaque pays."
  C’est tellement simple, il n’y aura qu’à…
 
Bis repetita
  Le 28 juillet, le scandale se reproduisait. Cette fois ci, on n’hésite pas à tout mettre sur dos des centrales nucléaires, qui avaient pourtant été réduites… mais pas assez ! Il semblerait que pour des raisons de programmation de maintenance, certaines centrales nucléaires belges manquaient de bore, un ingrédient modérateur indispensable pour freiner la réaction.
  Bref, il y a toujours une bonne raison pour ne pas remettre en cause le problème fondamental des énergies intermittentes et aléatoires : elles produisent toutes, à des prix bradés, ou rien, quand le prix est élevé, au même moment. Dans un vrai marché libéralisé, elles ne peuvent pas être rentables.
  Alors quelle est la solution ? Belga nous la donne :
  « Dans les années à venir, il y aura encore beaucoup plus d’énergie éolienne et solaire en Belgique », a déclaré le cabinet Van der Straeten. « Donc, cette situation deviendra de plus en plus courante. »
   Selon le cabinet, cela montre qu’il est urgent d’avoir des capacités de remplacement plus flexibles, comme les centrales électriques au gaz.
  La particularité de la Belgique, c’est qu’elle clame haut et fort que les centrales nucléaires seront remplacées par des centrales à gaz, contrairement à la France qui reste discrète sur le sujet. Pendant ce temps là, l’Allemagne construit son gazoduc, Nordstream. Mais elle, elle remplace des centrales à charbon plus émettrices, elle passera pour le bon élève.
 
Transition énergétique : toujours les mêmes rengaines
  Dans tous les pays d’Europe, on rasera gratis, grâce :
  • au numérique,
  • à l’intelligence artificielle,
  • à l’intrusion des mesures de consommation au sein des foyers et à des mesures liberticides,
  • à un stockage à partir de technologies qui n’existent pas encore et qui n’existeront sans doute jamais à hauteur des enjeux,
  • en comptant sur les pays voisins pour résoudre ses propres problèmes.
  Pourtant, il existe une règle économique simple et facile à comprendre : un produit qu’on achète sans être sûr de l’avoir est forcément bradé. En outre, au-delà d’un certain mix, les capacités EnR seront excédentaires aux besoins totaux en été ou les week-end. C’est déjà le cas en Allemagne : 120 GW d’ EnR pour 50 GW de besoin. Il faudra bien les arrêter, lorsqu’on aura déjà arrêté tout le reste.  À terme, leur taux de marche annuel ne peut donc que baisser. Et leur rentabilité aussi.
  Cela devrait forcément mal se terminer, sauf pour les vendeurs de gaz.

Belgique : mais qui veut la peau du nucléaire?

  Ainsi le gouvernement belge a pris, lui aussi, tout comme la France et l' Allemagne, la décision de fermer le nucléaire, 2025, au profit des EnR associées au gaz. Le nouveau premier ministre a fait de la confiance sa priorité. Dommage qu'il ne nous ait pas parlé de sa "conscience" car, la conscience, c'est ça l'important. À noter que pour la première fois le Ministre de l'Environnement, du Climat, du Green Deal et du Développement durable est issu du parti... écolo! Comme un air de déjà vu, non?
  Ce pays est perdu

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Voici pourquoi il ne faut pas sortir du nucléaire


Contribution externe

  Une opinion de Pierre Goldschmidt, ancien directeur général adjoint de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

  Les citoyens belges paieront les conséquences de l’arrêt du nucléaire. Nos politiques auront-ils le courage de prolonger l’exploitation de Doel 4 et Tihange 3, et ainsi de privilégier la décision la plus favorable aux citoyens et à la Belgique de demain ?







© D.R


  Lors de son premier discours en tant que Premier ministre, Alexander De Croo, Open VLD [Open Vlaamse Liberalen en Democraten ; Libéraux et démocrates flamands] a fait de la confiance sa priorité. Confiance entre partenaires de la coalition gouvernementale bien sûr, mais surtout confiance des citoyens envers leurs dirigeants. La confiance est une chose qui se mérite. Pour obtenir celle des citoyens, il faut les traiter comme des personnes responsables et raisonnables qui souhaitent être informées de façon claire et objective sur les choix qui leur sont proposés.
  L’un de ces choix a trait à la fin, en tout ou en partie, de la production d’électricité par nos centrales nucléaires en 2025.
  Il est prévu qu’en novembre 2021 un rapport sur l’avenir de la production d’électricité en Belgique sera soumis au gouvernement. Ce rapport analysera notamment la sécurité d’approvisionnement et l’impact sur le prix d’électricité de la sortie du nucléaire en 2025. Si ce rapport “montre qu’il y a un problème inattendu de sécurité d’approvisionnement, le gouvernement prendra des mesures adéquates comme l’ajustement du calendrier légal pour une capacité pouvant aller jusqu’à 2 GW” ; “Rapport des formateurs” du 30 septembre 2020, page 57.
  En toute logique, vu les contraintes techniques et administratives, Engie-Electrabel vient d’annoncer qu’il ne peut attendre encore un an pour décider de prolonger ou non de façon adéquate la durée de vie des centrales de Doel 4 et Tihange 3. Pour que notre politique énergétique ne soit pas dictée par un groupe français, il appartient au gouvernement de ne pas attendre un an pour prendre les “mesures adéquates”, d’autant que toutes les données nécessaires sont dès à présent connues. 


Electricité renouvelable et nucléaire vont de pair contre le réchauffement climatique
  En partant de l’hypothèse que tous les projets actuels d’installation d’éoliennes offshore et onshore seront réalisés d’ici 2030, il est facile de démontrer qu’en ne prolongeant pas l’exploitation des centrales de Doel 4 et Tihange 3 :

1. Elles seront remplacées par des centrales à gaz subsidiées par l’État, via le mécanisme de rémunération de capacité, entraînant un relâchement supplémentaire de 5 millions de tonnes de CO 2 par an dans l’atmosphère, soit 100 millions de tonnes de CO 2 en vingt ans. C’est l’inverse du principe du “pollueur-payeur” prôné par le gouvernement.

2. Nous serons avec la Pologne le pays ayant la proportion d’électricité produite à partir de combustible fossile la plus élevée d’Europe, et le seul pays dont la production d’électricité augmentera ses émissions de CO 2 par rapport à aujourd’hui.
  C’est l’inverse de l’objectif du gouvernement de “décourager le plus possible l’usage des combustibles fossiles, via l’instauration d’un instrument fiscal”.

3. Notre sécurité d’approvisionnement sera diminuée notamment du fait d’une dépendance accrue des importations de gaz naturel et d’électricité.

4. Le coût de la production d’électricité sera encore plus élevé qu’aujourd’hui, alors que, comme l’indique la Creg, [Commission de Régulation de l' Electricité et du Gaz] le prix de l’électricité résidentielle a augmenté entre 2007 et 2019 de 100 % en Flandre, 40 % à Bruxelles et 64 % en Wallonie, faisant de la Belgique un des trois pays dont les tarifs sont les plus hauts d’Europe.
  C’est l’inverse du souhait déclaré du gouvernement qui considère, à juste titre, qu’“une facture énergétique abordable est essentielle pour les citoyens et les entreprises”.

5. L’importation de plus de gaz naturel et d’électricité aura un impact négatif sur notre balance des paiements.

6. La Belgique met tous ses œufs dans le même panier en ne conservant pas l’expertise nucléaire dont elle dispose alors que de nouveaux types de centrales, dont notamment les très prometteurs Small Modular Reactors (SMR), sont en voie de développement dans le monde et que le nucléaire peut être utilisé de façon optimale pour la production d’hydrogène, un vecteur énergétique en plein développement.

7. Le gouvernement ne tient pas compte des recommandations du président du Giec, et des directeurs généraux de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et de l’AIEA. Ces derniers déclaraient le 9 octobre dernier :  “Without nuclear power, the world’s climate challenge will get a whole lot harder.” NdlR : “Sans énergie nucléaire, le combat climatique mondial sera bien plus compliqué.” 


  Mais tout cela ne concerne pas directement Engie, qui se préoccupe davantage de son bilan de fin d’année. Son engouement et celui des autres producteurs d’électricité pour les investissements dans l’éolien sont bien compréhensibles quand on sait que les subsides accordés aux installateurs d’éoliennes peuvent dépasser leurs coûts d’investissements. Ce sera le consommateur belge qui paiera ces largesses. Le drame, c’est que, ce faisant, nous subsidions des sociétés étrangères bien plus que l’industrie belge.   Nos responsables politiques auront-ils le courage de se placer au-dessus des idéologies partisanes et, en prolongeant l’exploitation de Doel 4 et Tihange 3, de privilégier la décision la plus favorable aux citoyens et à la Belgique de demain ? Toutes les données nécessaires à cette prise de décision sont connues. Il n’y a aucune raison de la reporter à novembre 2021. C’est maintenant que le gouvernement mérite ou non notre confiance.

   Lire plus en détail

Belgique, secteur électrique : quand le gaz remplace le nucléaire, pour le Climat, c'est la plus mauvaise blague

   Cessons de tourner autour du pot et appelons un chat un chat : le remplacement des centrales nucléaires par du gaz fait que les émissions de CO2 vont exploser.
   Une bien mauvaise nouvelle pour un pays et ses habitants déjà durement frappés par la pollution atmosphérique : Pollution: la mauvaise qualité de l’air en Belgique provoque une hausse de l’asthme chez les enfants

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L'anti-transition écologique belge

Maxence Cordiez
11/04/2019

LE CERCLE - La Belgique a adopté une loi destinée à subventionner les centrales électrogènes à gaz pour sortir du nucléaire. Cette mesure devrait entraîner une hausse significative des émissions de gaz à effet de serre du pays, tout en compromettant sa sécurité d’approvisionnement énergétique, regrette l'ingénieur Maxence Cordiez.





Une faute pour le climat
   En Belgique, sept réacteurs nucléaires assurent aujourd’hui la moitié de la production électrique. Le gouvernement souhaiterait les fermer d’ici 2025 pour les remplacer par une association de gaz, d’énergies renouvelables et d’importations d’électricité. Si la production d’électricité renouvelable est amenée à croître, elle restera bien inférieure à la production nucléaire actuelle. En outre, l’intermittence solaire et éolienne, liée à l’ensoleillement et à la force du vent, nécessitera un recours important à des sources d’énergie pilotables, centrales à gaz fossile, et des importations d’électricité.
  L’énergie nucléaire émet, sur son cycle de vie, approvisionnement en combustible, construction des centrales et exploitation, environ 12 grammes d'équivalent CO2 par kilowatt heure (gCO2éq/kWh) contre 490 gCO2éq/kWh pour une centrale à gaz moderne, toujours selon le GIEC. Si la totalité de la production nucléaire, 40 térawatt-heure en 2017, était remplacée par du gaz, cela conduirait à une augmentation des émissions annuelles de gaz à effet de serre du secteur électrique belge de 19 millions de tonnes équivalent CO2.
  En extrapolant l’augmentation de la production renouvelable d’après sa progression entre 2010 et 2017, en 2025 ce surplus d’émissions serait ramené à 15 millions de tonnes d'équivalent CO2 par an (MtCO2éq/an), soit 13 % des émissions domestiques belges actuelles… En pratique, du fait d’une hausse prévue de ses importations d’électricité, une partie des émissions sera délocalisée et comptée dans le bilan des pays voisins. Le contenu carbone de ces importations sera très différent selon leur provenance : faible depuis la France, où l’électricité est essentiellement nucléaire et hydraulique, élevé depuis l’Allemagne qui s’appuie encore massivement sur du charbon.
  On notera au passage que Greenpeace Belgique a qualifié dans un communiqué de presse publié le 5 avril de «mal nécessaire» le mécanisme destiné à subventionner les centrales à gaz belges, démontrant ainsi que, pour l’ONG, la sortie du nucléaire est prioritaire sur la lutte contre le changement climatique…


Une faute pour l’avenir de la Belgique
  Remplacer l’énergie nucléaire par du gaz fossile va dégrader le taux d’indépendance de la Belgique et sa sécurité énergétique. La production gazière européenne est passée par un maximum en 2003 et diminue depuis lors. La Norvège, dernier grand pays producteur du continent, est également sur le point de passer son pic d’extraction. C’est le deuxième fournisseur de gaz de l’Union européenne, assurant près du quart de son approvisionnement. Son pic de production passé, les volumes qu’elle exporte diminueront. Or, ce qui n’est plus extrait en Europe doit être remplacé par des importations, notamment depuis la Russie.
  Enfin, le prix du gaz est en partie lié à celui du pétrole et une crise de l’offre pétrolière est attendue dans les toutes prochaines années. Si celle-ci devait entraîner une hausse du prix du baril, il faudrait s’attendre à ce que le cours du gaz réagisse de même.
  Pour ces deux raisons, il semble peu probable que la Belgique puisse durablement importer des quantités croissantes de gaz, surtout à un prix aussi faible qu’aujourd’hui. En termes d’indépendance géopolitique et de coût de l’énergie, la Belgique se prépare un avenir difficile.


Ironie ou provocation ?
  La transition du secteur électrique belge va conduire à une augmentation de la consommation d’énergie fossile, une hausse des émissions de gaz à effet de serre, donc aggraver le changement climatique, et une compromission de la sécurité énergétique du pays. On pourrait croire à une mauvaise blague si ce n’était pas si tragique. Alors que nous sommes en train de perdre le combat, vital, pour le climat, le problème n’est pas que nous allons trop lentement dans le bon sens, mais que certains gouvernements choisissent délibérément d’aggraver la situation, par idéologie et refus d’écouter les scientifiques, notamment ceux du GIEC.
  Sur le réseau Linkedin, Marie-Christine Marghem, la ministre belge de l’Énergie, de l’Environnement et du Développement durable, concluait par ces mots : «La transition énergétique est en marche !».   Triste ironie… ou provocation ? Les jeunes générations qui devront vivre avec les conséquences du changement climatique et un approvisionnement énergétique fragilisé jugeront.

Belgique : la mauvaise blague pour le climat et le réchauffement climatique

Du gaz pour remplacer ...du nucléaire! Du gaz fossile qui à l'arrivée émet... 100 fois plus de CO2 et CH4 que le nucléaire. Et toujours ce mythe du gaz fossile peu émetteur...
Pour rappel, "La Commission européenne appelle de ses vœux une Europe neutre pour le climat d’ici à 2050." https://ec.europa.eu/clima/policies/strategies/2050_fr
Bah, alors, le réchauffement climatique et la neutralité carbone, c'est du vent? On nous auraient menti?
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Engie et Eneco se préparent à l'après-nucléaire 

Maxime Vande Weyer
17 avril 2020 


 
  
©REUTERS

Discrètement, Engie et Eneco ont obtenu l'autorisation d'installer deux centrales à gaz supplémentaires sur le territoire. Si, pour l'instant, ces projets restent hypothétiques, ils témoignent d'une préparation à la sortie du nucléaire en 2025 et à la mise en place d'un mécanisme de soutien pour les centrales au gaz.

  Si, comme prévu, la Belgique renonce à l'énergie nucléaire en 2025, Elia, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, estime que 3.900 MW de nouvelles capacités de production seront nécessaires pour combler le manque. Et, vu l'intermittence des sources d'énergie renouvelable, c'est vraisemblablement à partir de gaz que ce vide sera comblé. Par conséquent, les grands acteurs de l'énergie du pays placent leurs pions.
  Cette semaine, c'était au tour d'Engie Electrabel et Eneco d'agir. Le premier a en effet obtenu, par voie d'arrêté ministériel, l'autorisation individuelle pour l'établissement d'une turbine à Gaz-Vapeur (TGV) d'une puissance de 490 MW sur le site d' Amercoeur, sur le territoire de la commune de Roux, à côté d’une unité déjà en exploitation. Le deuxième a obtenu une autorisation similaire concernant une TGV de 870 MW de puissance sur le territoire de la commune de Manage. La prochaine étape pour les deux acteurs consiste en l'obtention d'un permis de bâtir, dont on nous informe que les demandes "ont déjà été introduites".

Lire aussi | Et pendant ce temps-là, le mécanisme de soutien aux centrales au gaz patauge

Multiplication des projets
A l'heure actuelle, ces demandes d'autorisation de produire et de construire ne doivent être interprétées qu'en leur qualité de mesures précautionneuses face à l'éventuelle sortie du nucléaire. En effet, comme l'indique Mark Van Hamme, le porte-parole d' Eneco, "aucune date ni projet concret de construction de centrale au gaz ne peuvent encore être communiqués, ces demandes d'autorisation n'étant destinées qu'à nous préparer en vue de l'instauration d'un mécanisme de rémunération de la capacité (CRM) en cas de non-prolongation des centrales nucléaires".

  En attendant qu'un gouvernement de plein exercice puisse trancher sur la question de la prolongation des centrales et que les arrêtés royaux d'exécution déterminent clairement les spécificités de fonctionnement de ce fameux CRM, il faudra donc s'attendre à voir des projets similaires à ceux d'Engie et Eneco pulluler sur le territoire.
  Plus tôt ce mois-ci, Engie Electrabel avait d'ailleurs conclu un accord avec le propriétaire bulgare de la centrale TGV de Vilvorde (255 MW) pour la racheter, avec l'intention d'en ériger une seconde d'une puissance de 870 MW sur le même terrain afin de la raccorder au réseau. L'énergéticien français a également déposé une demande de connexion pour son site de Kallo. A Seraing, enfin, c'est Luminus qui avait dévoilé, plus tôt cette année, son projet d'installer une nouvelle unité de type TGV de 870 MW sur son site déjà équipé d'une unité de production.



Belgique : déficit d'électricité en vue, comme d'autres pays européens...

Maxence Cordiez



 




Elia, le gestionnaire du réseau belge de transport d'électricité, s'inquiète d'un manque de capacités électrogènes pilotables dans les prochaines années, du fait de l'abandon du nucléaire en Belgique.
Les capacités dites « pilotables » sont les centrales pouvant produire du courant en fonction de la demande et non pas quand les conditions extérieures le permettent, ensoleillement pour le solaire photovoltaïque, vent pour l'éolien, etc.. Ces capacités pilotables sont les centrales nucléaires, les centrales à combustibles fossiles, charbon, gaz, fioul, et les barrages hydroélectriques.

Le déficit annoncé ne touche pas que la Belgique : le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie et l'Espagne prévoient de fermer des capacités pilotables...en comptant sur leurs voisins pour leur fournir du courant en cas de besoin, ce peut arriver en même temps, la nuit, les vagues de froid, l'absence de vent peuvent toucher tout ou partie de ces pays simultanément.
Si on continue sur cette voie, il est probable que nous ayons à faire face à des coupures électriques de grande ampleur dans les prochaines années.
Pour citer une tribune publiée au printemps dernier par les PDG de 14 gestionnaires de réseaux électriques européens :
« La solidarité « électrique » n'est pas innée. Elle peut être mise en péril si les politiques énergétiques nationales et l'évolution des mix énergétiques ne tiennent pas suffisamment compte de l'équilibre global du système. »

Source : Elia group

Lire également
Europe de l'électricité : notre avenir est commun


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Belgique, énergie : un mercato houleux

L' Echo

Commentaire : un jour conseiller du ministre belge qui met en place le subventionnement des cycles combinés gaz, le lendemain cadre d' Electrabel qui voudrait bien en construire.En France, cela s'appelle du : PANTOUFLAGE!
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Du cabinet Marghem à Electrabel, un transfert qui passe mal


 
 @belga


Remous dans le secteur de l’énergie: le conseiller qui travaillait sur le dossier du soutien des centrales au gaz est parti chez Electrabel, où il gère le même dossier. Une situation à laquelle la ministre Marghem nous dit vouloir mettre fin.

On se bousculait, mardi, à 9 heures tapantes, au comptoir d’accueil du siège d’ Elia, le gestionnaire du réseau belge à haute tension. Les principaux acteurs du secteur de l’énergie avaient rendez-vous pour une nouvelle longue réunion de la task-force CRM, cette enceinte où ils sont informés de l’avancement de ce dossier crucial et où ils peuvent faire part de leurs commentaires.
Ce conseiller était jusqu’il y a quelques semaines dans une position privilégiée qui lui a donné accès à une série d’informations confidentielles, notamment sur les projets de nouvelles centrales au gaz.

Le CRM, ou système de rémunération de capacité, est le mécanisme de soutien aux centrales au gaz que la Belgique est en train de mettre en place pour s’assurer de disposer de suffisamment de capacités de production électriques, malgré la sortie du nucléaire et la fermeture de centrales dans les pays voisins. Et surprise: Ruben Laleman, l’architecte du dossier au cabinet de la ministre de l’énergie Marie Christine Marghem (MR), participait à cette réunion, mais sous la casquette Electrabel. L’homme a en effet quitté le cabinet, il y a quelques semaines, pour devenir conseiller public affaires d’Engie Electrabel ENGI0,47% .

De gros intérêts en jeu
Ce transfuge est loin d’être anodin. Le mécanisme de rémunération que la Belgique s’apprête à mettre en place devrait se monter à plusieurs centaines de millions d’euros par an. Et plusieurs gros acteurs du secteur sont dans les starting-blocks pour en profiter – dont Electrabel. "Voir réapparaître l’homme qui a porté le dossier au cabinet Marghem sous la casquette du premier producteur du pays pose vraiment question", estime un acteur du secteur.

"Ce conseiller était jusqu’il y a quelques semaines dans une position privilégiée, renchérit un autre interlocuteur, qui lui a donné accès à une série d’informations confidentielles, notamment sur les projets de nouvelles centrales au gaz. Et le voilà qui met maintenant ses compétences au service d’un acteur privé!" Un troisième acteur du secteur parle de "problème déontologique grave qui fait que le processus n’est plus suffisamment neutre. Même s’il n’y a pas de règles précises en la matière, Engie aurait dû pour le moins se montrer prudent, et attendre un certain nombre de mois avant de mettre l’intéressé sur ce dossier." Chez Engie Electrabel, on ne voit pas vraiment le problème. "Il est tout à fait normal qu’après les élections, des experts du cabinet cherchent de nouveaux challenges professionnels, réagit Anne-Sophie Hugé, porte-parole. Et pour nous, l’important est d’avoir des gens compétents, qui connaissent l’urgence du sujet."


La ministre fédérale de l’énergie Marie Christine Marghem est d’un tout autre avis. Plus question pour elle que cet ex-collaborateur traite encore, de près ou de loin, le dossier (lire ci-contre).

Qui pour prendre le relais?
Ce transfert soulève une autre question: celle du suivi du dossier au cabinet Marghem durant les affaires courantes. La loi qui met en place le mécanisme de soutien aux centrales au gaz a été adoptée début avril. Mais il faut, d’ici la fin de l’année, avoir rédigé les arrêtés royaux qui doivent l’accompagner, pour pouvoir ensuite notifier ce soutien à la Commission européenne et être à temps pour lancer les premières enchères en 2021.
La ministre peut compter sur le comité de suivi qu’elle a mis en place et qui suit le dossier de très près.

Une série d’interlocuteurs se veulent rassurants sur ce point. "La ministre peut compter sur le comité de suivi qu’elle a mis en place et qui suit le dossier de très près." Un comité où l’on retrouve la Creg, Elia, l’administration de l’énergie, mais aussi le consultant PwC et le bureau d’avocats Janson Baugniet.
D’autres se montrent moins optimistes. "Le travail qui reste à faire est extrêmement complexe, et doit se faire à un rythme très soutenu, avec plusieurs réunions par semaines. Il faut pour cela quelqu’un qui comprenne bien le dossier au cabinet, pour pouvoir faire les arbitrages nécessaires. Le départ du principal collaborateur en charge de ce dossier est donc un vrai souci."

4 questions à Marie Christine Marghem, ministre fédérale de l'Energie

1. Saviez-vous que votre ex-collaborateur chargé du soutien aux centrales au gaz gère aujourd’hui le dossier pour Electrabel?
J’ai appris, quasiment en même temps que vous, qu’Engie avait eu la brillante idée de l’envoyer comme un de ses représentants pour tout ce qui concerne le CRM (le mécanisme de rémunération qui doit permettre la construction ou la rénovation de centrales au gaz, NDLR). C’est problématique, et je le leur ai fait savoir.

2. Que réclamez-vous à Engie Electrabel?
Il est hors de question que je vois encore, de loin ou de près, un cil de cet ex-collaborateur sur le dossier. C’est un excellent collaborateur, qui n’a pas quitté le cabinet en mauvais termes. Mais du point de vue de la juriste que je suis encore, il est important dans ce dossier que tout le monde soit absolument traité sur un plan d’égalité.

3. N’est-il pas parti chez Electrabel avec des informations confidentielles?
Quand on quitte le cabinet, on signe un document où l’on s’engage à respecter une frontière imperméable entre la vie de cabinet qu’on quitte et sa nouvelle vie.

4. Autre problème potentiel: qui va le remplacer sur ce dossier où énormément de travail reste à faire?
Une grosse partie du travail se déroule en comité de suivi, avec l’apport d’une série de partenaires extérieurs. Ma cheffe de cabinet et moi connaissons très bien le dossier, et nous pouvons compter sur l’ensemble de la cellule énergie, Martial Pardoen, Jean-Christophe Salembier et Baudouin Arien pour nous assister.

Belgique, électricité : si loin, si proche du blackout!

Elia System Operator

Elia prévoit un manque de capacité en hausse lors de la sortie du nucléaire en Belgique : son nouveau rapport souligne l’urgence de la situation et la nécessité de prévoir un filet de sécurité structurel pour garantir la sécurité d’approvisionnement.

Le rapport «Adequacy and flexibility study for Belgium 2020-2030» est consultable dans son intégralité sur www.elia.be/.


Lire également :  Dix associations professionnelles du secteur de l’électricité signent un appel commun pour assurer la sécurité d´approvisionnement en Europe



Comment en sommes-nous arrivés là?

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Belgique, Wallonie : le cauchemar futur est de couleur verte

Drieu Godefridi 


 Wallonie 2050, le cauchemar écosolidaire et citoyen 

Dystopie : la Wallonie écosolidaire s’enfonce dans le totalitarisme.



Greta Thunberg på Mynttorget, Stockhom By: ulricaloeb - CC BY 2.0

 


Par un matin catastrophiquement beau et chaud, le soleil se lève sur la République éco-populaire de Wallonie.

Nous sommes le 6 juin 2050 — jour de la Sainte-Greta — et les stencileuses du gouvernement wallon tournent à plein régime : des placards sur papier éco-sympathique seront bientôt affichés dans tous les cantons administratifs de la République éco-solidaire sur le thème « Pourquoi nous devons nous débarrasser des chats, chiens et autres nuisibles ! ».

L’heure est grave. Depuis que la Flandre s’est retirée pour permettre à la Wallonie d’embrasser pleinement son ambition éco-solidaire, la région héroïque a véritablement révolutionné la vie de ses habitants.

Ayant renoncé au libre-échange puis à toute forme d’échange avec ses voisins pour privilégier les circuits courts, l’économie circulaire et la méditation introspective, la Wallonie s’offre désormais comme « Terre d’Avenir et Avenir de la Terre », avec ce sens du jeu de mots si truculent et célèbre dans le monde entier. 


La Wallonie contre le CO2

Quand le gouvernement leur interdit l’avion, les Wallon.ne.s se sont montrés compréhensifs : les horribles émissions de CO2 des avions — qui se voyaient à l’œil nu dans le ciel, selon certains experts — étaient insupportables.

Quand le gouvernement leur interdit la voiture, il y eut bien quelques frictions, surtout les jours de grève générale des 187 sociétés locales de TEC — une par canton — et de la Société nationale des chemins de fer wallons (SNCW). Mais les courageux Wallons s’acclimatèrent bientôt à ne plus se mouvoir que sur des milliers de kilomètres de pistes cyclables, ornées de mille potagers citoyens éco-responsables, slalomant entre les Nouveaux terrils (constitués des panneaux photovoltaïques et éoliennes en fin de vie).

L’interdiction de la viande s’inscrivant dans la même stratégie humaniste de lutte contre l’humain, elle fut acceptée sans trop de heurt — ce qui permit par la même occasion de supprimer le secteur de l’agriculture, notoirement avide de diableries techniques.

Il y eut quelques récalcitrants sur les hauteurs de Liège et dans le Brabant wallon quand on saisit les villas pour les tronçonner en logements éco-solidaires et centres de vie pour réfugiés climatiques.

Des séjours en Unités de réévaluation des Vraies Valeurs Gaïa-compatibles eurent raison de ces égoïstes.

Mais quand le Wallon, sagement confiné dans son logement éco-borné de 25m2, sans voiture ni enfant, avec un revenu annuel de 1500 euros, s’avisa qu’on voulait lui supprimer Zézette, sa chatte, et Jean-Pierre le berger allemand, il sentit confusément que l’époque ne lui était pas favorable et se révolta.

La campagne de stencils devenait inévitable.

L’écologisme, nouveau totalitarisme ? vient de paraître.


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Belgique : la sortie du nucléaire 2025

Lionel TACCOEN

La Lettre "Géopolitique de l' Électricité" de décembre 2018 est consacrée au secteur électrique belge et à sa mutation essentielle: la sorite du nucléaire en 2025.

Vous constaterez que l'atome fournit à peu près la moitié de l'électricité produite localement, que les factures, sauf pour l'industrie, sont assez élevées et que le pays est devenu importateur de courant.

Nous verrez que la sortie du nucléaire n'est pas un long fleuve tranquille. Elle fut décidée en 2003 pour 2025 avec des premières fermetures en 2015, mais celles-ci n'ont jamais eu lieu. Elle fut réaffirmée en 2018, toujours pour 2025, Elle exige la construction d'un important parc de centrales à gaz car les énergies renouvelables ne pourront suppléer l'atome. Ce qui nécessite le vote rapide d'une loi subventionnant ce parc à gaz.

Or la Belgique est sans gouvernement. depuis le 21 décembre 2018 Le parti politique le plus important et incontournable en Flandre (la région la plus peuplée) le N-VA s'accommoderait facilement d'un report de la sortie du nucléaire en 2035.

Lire l'étude
http://geopolitique-electricite.fr/docu
ments/ene-271.pdf

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Belgique : le chaos électrique

Samuel Furfari
03.01.2019
 

 

European Scientist a lancé une série sur l’énergie en Europe. Retrouvez les deux autres articles de la série, l’un du Ministre Polonais de l’Energie sur « Pourquoi la Pologne a besoin du nucléaire ? » et l’autre de notre expert énergie Jean-Pierre Riou sur « Les Français et le nucléaire ». Si vous souhaitez contribuer sur votre pays respectif, n’hésitez pas à nous contacter.

L’approvisionnement électrique de la Belgique est devenu un sérieux problème. Sans investissements dans de nouvelles capacités de production, la sécurité d’approvisionnement en électricité se dégradera dans les années à venir. Or la situation du pays ne permet pas d’être optimiste à cet égard.
La Belgique n’est pas un pays simple. On peut qualifier sa structure institutionnelle de sui generis. Ce pays fédéral est divisé en trois régions chacune avec son propre gouvernement régional : Flandre, Bruxelles, Wallonie. En matière d’énergie les compétences sont partagées entre le gouvernement fédéral et les régionaux ; ils doivent se coordonner pour parler d’une seule voix tant au niveau européen que dans les COPs, ce qui bloque souvent la décision comme ce fut le cas pour la COP24 qui vient de se tenir à Katowice. De plus, il existe un profond clivage socio-politique entre les Flamands et les francophones. Une très large majorité de Flamands vote au centre-droit avec même une quarantaine de pourcent qui se qualifie de nationaliste. À Bruxelles et en Wallonie c’est l’inverse, pratiquement tous les partis sont de gauche avec même la résurgence significative d’un parti qui se revendique fièrement du marxisme. Ce fouillis se manifeste bien entendu aussi dans la politique énergétique.
Pendant quatre ans et demi le gouvernement dirigé par le francophone Charles Michel a conduit une politique de centre-droit pour la première fois depuis longtemps. Son parti, le Mouvement réformateur (MR), qui était qualifié de centre-droit par une grande partie des francophones avait eu le courage d’affirmer des choix économiques libéraux voulus par les Flamands, s’attirant ainsi des critiques véhémentes de la part des autres partis francophones. Mais en décembre 2018, de manière incompréhensible, au point que des éditorialistes ont parlé de « suicide politique », le même Charles Michel a fait tomber son gouvernement car il n’a pas accepté l’ultimatum de son principal partenaire flamand (la N-VA) qui ne voulait pas que le pays signe le Pacte de Marrakech sur les migrants. À peine son gouvernement avec la N-VA fut-il tombé que « le climat » devenait une priorité au point que le MR offrait sa collaboration aux partis de gauche pour diriger le pays. Il est vrai que l’on sortait de la COP24. Or en Belgique tous les médias matraquent quotidiennement la population sur l’imminence de la catastrophe que va créer le changement climatique d’origine humaine. Les partis – sauf la N-VA – sont donc contraints de faire de la surenchère sur le climat afin de ne pas être rappelés à l’ordre par les médias.
Il est également vrai que le parti du premier ministre dirige le gouvernement wallon, lequel suit une politique fortement écologique qui déplaît pourtant à la plus grande partie de son électorat. On s’attend à une déroute de ce parti lors des élections du 26 mai 2019 car son virage écologiste lui enlèvera des électeurs à droite sans lui apporter des voix à gauche. Selon l’expression consacrée « on préfère l’original (écologiste) à la copie (centre) ». Par exemple, Jean-Luc Crucke, le ministre wallon de l’énergie renforce le soutien aux installations d’énergie renouvelable intermittente, il est un ardent défenseur de la fermeture de centrales nucléaires. Pire, il décide d’interdire les voitures diesels et même à essence parce qu’il entend promouvoir les véhicules électriques alors que le remplacement de seulement dix pourcent des automobiles thermiques par des véhicules électriques exigerait en charge rapide le doublement de la puissance installée actuelle et bien entendu qu’elle ne soit pas intermittente c’est-à-dire pas d’origine renouvelable. Cette folle précipitation induit des implications énergétiques préoccupantes.

Flash-back.
Grâce au système électoral proportionnel malgré son score oscillant autour d’une dizaine de pourcents, le parti écologiste monnaie chèrement sa participation aux gouvernements fédéral ou régionaux. Dans un précèdent gouvernement fédéral, il est parvenu à imposer une sortie pour 2025 du nucléaire, qui représente environ la moitié de l’électricité générée dans le pays, en faisant croire qu’il était possible de remplacer la génération nucléaire par l’électricité renouvelable intermittente (éolien et photovoltaïque). Des financements inconsidérés ont été accordés par les régions notamment à gauche, afin de démontrer à la population qu’il était possible d’abandonner le nucléaire grâce à l’éolien et aux panneaux photovoltaïques. Pour sa part, le gouvernement fédéral afin de répondre à l’obligation de la directive européenne 2009/28, subsidie généreusement l’éolien en mer du Nord car ce territoire maritime est sous sa juridiction. Dans un des pays de l’UE qui possède la plus petite surface, on se retrouve avec quatre systèmes de financement des énergies renouvelables alors que le soleil brille partout de la même manière, « brille » ne convenant d’ailleurs que très imparfaitement puisque la Belgique est très peu ensoleillée : le facteur de capacité solaire [a] est de 12% (le facteur éolien est de 19%). Le fiasco est total au point que les gouvernements successifs doivent revoir chacun à leur tour les mécanismes de financements car tout cela devient trop cher sans pour autant que les émissions de CO2 ne chutent. Cette « bulle du photovoltaïque » est devenue une pantomime dans le pays qui a créé le surréalisme.
La Belgique possède deux sites nucléaires, Doel près d’Anvers et Tihange non loin de Liège. La puissance installée totale des 7 réacteurs est de 5 919 MW. Bien que la loi prévoie leur fermeture totale pour 2025 – c’est la position officielle du gouvernement en place – les spécialistes de l’électricité affirment tous, bien que pas toujours de manière publique, qu’il sera impossible de maintenir cet objectif.
Ce chaos résulte de la politique invraisemblable en la matière. Dernièrement, Claude Desama, un ancien député européen qui était rapporteur des premiers textes législatifs sur l’ouverture du marché électrique et donc bien compétent a écrit « Le débat énergétique reste pollué par l’idéologie » en fustigeant le caractère improvisé des choix énergétiques belges résultant de la captation politique d’une question qui aurait dû rester économique et technique. Cette dérive est partie de la haine du nucléaire avec un parti écologiste parmi les plus virulents d’Europe en la matière. Ensuite, il y a l’utopie de vouloir limiter les émissions de CO2 ce qui justifie et génère une politique de subventionnement de la production renouvelable intermittente. En pleine contradiction, le gouvernement prétend réduire les émissions (il en fait d’ailleurs un des trois sujets de la prochaine campagne électorale) tout en remplaçant les centrales nucléaires par neuf centrales au gaz naturel. Sans doute les politiciens n’aimaient pas leur cours de chimie dont ils semblent n’avoir pas retenu cette simple équation de la combustion du méthane : CH4+O2 è CO2+H2O.
Dans ce marasme créé depuis une vingtaine d’année par des politiciens ignorants et irresponsables, les producteurs d’électricité tergiversent non seulement pour prendre des décisions pourtant nécessaires pour construire des nouvelles centrales, mais tardent aussi à investir dans le maintien des centrales existantes ce qui conduit à leur vieillissement prématuré et créé des pannes à répétition. Du 15 octobre au 11 novembre 2018 seul un réacteur nucléaire était en fonctionnement soit 1 006 MW sur les 5 919 MW en place. Finalement, un contexte de marché défavorable caractérisé par des prix de gros bas qui sont eux même la conséquence en partie du développement du renouvelable subsidié, impacte négativement sur l’économie de la génération électrique pilotable.
Marie-Christine Marghem (MR), la ministre fédérale de l’énergie prépare un projet de loi de de financement des nouvelles centrales au gaz naturel qui devront se substituer aux centrales nucléaires sensées être arrêtées en 2025 ainsi que quelques vielles unités thermiques pour un total de 7,4 GW. Ce mécanisme de rémunération de capacité (capacity mechanism) sera ensuite soumis pour acceptation à la Commission européenne. De sorte qu’il est probable qu’il ne sera pas possible de lancer les appels d’offres, construire et démarrer ces nouvelles centrales avant 2025. Il est donc vraisemblable que la durée de vie des centrales nucléaires sera prolongée de quelques années voire plus et cela de nouveau en totale contradiction avec ce qu’affirme le Premier ministre actuel depuis la formation de son gouvernement il y a quatre ans et demi.
En tout état de cause, si elle se concrétise cette situation s’accompagnera d’un surcoût du prix de gros estimé entre 56 et 90 €/MWh selon les études, puisque la Belgique arrêtera des centrales nucléaires amorties produisant de l’électricité bon marché et devra subsidier à la fois les énergies renouvelables et les centrales au gaz. Certes, le surcoût pour ce mécanisme de soutien aux centrales au gaz n’aura qu’une répercussion faible sur la facture des ménages mais il aura néanmoins d’un impact macroéconomique non négligeable qui pénalisera une économie belge déjà à bout de souffle.
Or le prix de l’électricité en Belgique est déjà énorme. Dans l’UE, le Danemark et l’Allemagne ont le prix de vente aux ménages les plus élevé (0,30 €/kWh) mais la Belgique est juste derrière avec 0,28 €/kWh. Le graphique en annexe construit à partir des données d’ Eurostat montre que le prix de l’électricité est corrélé avec la production d’électricité intermittente. On observera que la Belgique se distingue (en mal) par rapport à la droite de régression. La principale raison est que la distribution de l’électricité vers les ménages est essentiellement contrôlée par des sociétés appelées intercommunales cogérées par des communes qui, au su de tout le monde, transfèrent une partie du prix de vente vers le budget des communes (et la rémunération de leurs administrateurs).

Belgique : où s'est envolé l'argent des éoliennes "citoyennes" d'Enercoop?

François Louis
22/10/2018

Commentaire : "Comme disait mon grand-père tout les ans il y a de plus en plus de cons, mais cette année j'ai l'impression que les cons de l'année prochaine sont déjà là".
Philippe Timslit


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  Enercoop, Vent d' Houyet... l'argent des éoliennes coopératives s'est-il envolé ? - © Tous droits réservés

La coopérative Enercoop dans le secteur des énergies renouvelables est au bord de la faillite tandis qu'un montage financier permettait à son "bras armé", la société Vent d' Houyet, d'atteindre le million d'euros de bénéfices en 2016. Les deux sociétés ont été placées sous tutelle par le tribunal de commerce. Explications.

Enercoop, la coopérative citoyenne

En surfant sur la vague du film Demain, la coopérative Enercoop promettait en 2015 de valoriser de manière écologique l'épargne des Wallons en construisant des éoliennes. Un millier de personnes avait acheté des parts dans la coopérative, pour un montant total de 800.000 euros.

Belgique, approvisionnement : un manque coûtera cher aux traders

Herman Moestue
Oslo

Commentaire : citoyens et consommateurs, doit-on s’inquiéter?
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La réduction imminente de l’approvisionnement électrique belge – six des sept réacteurs du pays étant à l’arrêt - pourrait coûter cher cet hiver aux traders qui ont une position courte sur le marché de l'équilibrage, ont déclaré lundi à Montel des participants du marché. Il existe actuellement un écart important d'environ EUR 12 entre les contrats physiques et financiers belges pour livraison le mois suivant, ce que les traders attribuent à une crainte de frais de compensation élevés.
La dernière transaction physique pour livraison en novembre s’échangeait à EUR 182/MWh sur le marché de gros, alors que l’opération financière correspondante sur la bourse EEX s’élevait à EUR 170/MWh.
« Les acheteurs veulent juste des transactions physiques, alors que les vendeurs veulent juste vendre des transactions financières », a déclaré un trader d'une grande entreprise publique.
« Si vous êtes physiquement 'short' et que les prix atteignent EUR 3 000/MWh dans l'enchère d'un jour à venir, vous risquez de payer jusqu'à EUR 10 500/MWh», a déclaré un gestionnaire de portefeuille.
Le prix élevé reflète en grande partie les coûts associés à la gestion du déséquilibre imposé par le gestionnaire de réseau.

Belgique : Les éoliennes en mer du Nord ont des conséquences sur l'écosystème marin

05/10/2018
Commentaire : et en même temps, la Belgique craint ... le black-ou hivernal! Triste histoire belge, non?
3 réacteurs à l'arrêt. Le black-out est-il possible en Belgique ?
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voici les conclusions de scientifiques

Les plus de 250 éoliennes qui fendent le vent au large de la Côte belge ne sont pas sans conséquences pour l'écosystème marin. Nuisances sonores, pièges à oiseaux, aimants à moules et anémones... Ces impacts font l'objet d'un suivi régulier par l'Institut royal des sciences naturelles de Belgique (IRSNB) depuis 2008 avec l'appui de l'Université de Gand, notamment.

Des perturbations pour les marsouins, les invertébrés et les oiseaux
Dans un rapport publié vendredi, l' IRSNB livre ses dernières observations en la matière. Parmi celles-ci, les scientifiques relèvent que le bruit généré par l'enfouissement des mâts demeure toujours trop élevé par rapport au seuil de 185 décibels (dB) à 750 mètres de la source sonore, établi par une directive européenne. "Les activités actuelles de battage de pieux produisent des niveaux sonores allant jusqu'à 204 dB à 750 mètres de la source", souligne l' IRSNB.
Au moment de ces opérations, la présence de marsouins - ce dauphin de la mer du Nord - diminue de 75%. "Les mesures d'atténuation sonore ne sont donc plus une option mais une obligation lors des activités d'empilage", ajoute l'Institut, selon lequel la combinaison d'une restriction saisonnière de battage des pieux et d'un dispositif de dissuasion acoustique n'est toutefois "pas suffisante pour ramener l'impact sur la population de marsouins à des valeurs acceptables".

Belgique : vers une pénurie d’électricité cet hiver : les leçons d’une histoire... belge

Loïk Le Floch-Prigent
27/09/2018



Après s'être trop axée sur les énergies intermittentes (solaire et éolien), la Belgique redoute un blackout électrique pour le mois de novembre.

Atlantico : la Belgique redoute un blackout électrique pour le mois de novembre. Comment ce pays européen se retrouve dans cette situation inédite ? Comment palier à cette situation si jamais elle venait à se produire ?

Loïk Le Floch-Prigent : enfin un pays ose affronter la réalité ! Les énergies intermittentes (solaire et éolien) ne permettent pas d’assurer la sécurité d’approvisionnement électrique, il faut donc avoir recours aux sources d’énergie pilotables (hydraulique, nucléaire ou thermique) pour qu’il n’y ait pas de rupture possible pour les consommateurs. Tout le monde le sait, mais la folie verte a déferlé sur l’Europe et on a essayé de faire croire que les énergies « nouvelles » allaient permettre de satisfaire la demande.
Alors que certains freinaient les programmes de maintenance des centrales nucléaires et demandaient la fermeture de certaines centrales thermiques, tous les techniciens annonçaient des possibilités de pannes « certains territoires dans le noir » si l’on continuait à déifier l’augmentation incontrôlée de l’éolien et du solaire. La Belgique est la première au pied du mur, la France suivra si elle continue à vouloir rapidement une augmentation des investissements « énergies nouvelles » en fermant les centrales nucléaires et thermiques et en mettant le bazar dans son hydraulique.

Belgique : craignant une pénurie d'électricité, le gouvernement étudie un jour "sans train"

Frédéric Berger

Commentaire : le résultat des incompétences belges en matière d’énergie. Où est la production des ENR intermittentes, censée pouvoir répondre à un besoin? Se dirige-t-on vers un même scénario en France en cas de manque de puissance : réduction drastique du nucléaire et augmentation affirmée de l'éolien? On aura recours aux voisins, nous disent RTE et les "ayatollahs" verts ! Désolé, mais quand il n'y a pas de vent en France, c'est la même situation en Belgique et en Allemagne.



@electricityMap


Pour info, le MWh belge était hier au prix de 457€.

Ca promet...

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Face au risque de pénurie d'électricité d'origine nucléaire cet automne, Infrabel, gestionnaire belge du réseau ferré, envisage d'arrêter tout le trafic ferroviaire, gros consommateur d'énergie, en cas de délestage imposé.

La Belgique redoute le black-out électrique mais le pays a déjà prévu des mesures radicales en cas de délestage rendu nécessaire par le risque de pénurie d'électricité. Cette hypothèse est prise très au sérieux outre-Quiévrain, en raison de l'indisponibilité cet automne et à l'entrée de l'hiver d'une majorité de réacteurs nucléaires exploités par Electrabel, situation dont les autorités du pays tiennent cette filiale d' Engie "entièrement responsable", selon Marie-Christine Marghem, ministre belge de l'énergie.
Plus de la moitié de l'électricité produite en Belgique est d'origine nucléaire et s'il n'est pas encore question de solutions de "délestage", la ministre a jugé "la situation bien pire qu'en 2014", quand la Belgique avait dû se résoudre à gérer la pénurie avec des coupures temporaires par secteur.

USINES AGRIVOLTAÏQUES : NOS TERRES NOURRICIÈRES EN RÉEL DANGER

  Contrairement au discours des industriels affirmant que les usines agrivoltaïques — panneaux au sol, sont inoffensives pour l'environn...