SARREY /PROJET D' USINE ÉOLIENNE : LE CONSEIL MUNICIPAL RÉFLÉCHIT À UNE PARTICIPATION FINANCIÈRE

 
  Sous une chaleur étouffante en plein mois d'août, le conseil municipal fraîchement élu s'est penché une fois de plus sur le dossier éolien. Verdict ? Les élus ont décidé... de rien décider, concernant la possible participation financière de la commune au projet.
«  concernant la proposition d’entrée au capital de la société Les Vents de la Traire, les élus ont choisi d’attendre. Afin d’étudier le dossier et d’en informer les habitants, le vote est reporté à l’issue de la rencontre publique du 30 octobre. » 
 
  Le conseil municipal 2026-2032
   Les élections de mars ont été marquées par 
  • Une hausse significative du nombre d'inscrits, passant de 276 en 2020 à 292 en 2026. Étonnamment, ce nombre de 292 correspond à celui du nombre d'inscrits en... 2014 !?  
  • Un renouvellement nette de l'assemblée
  • Fait exceptionnel en Haute-Marne pour une commune située hors des villes de référence, deux listes s'affrontaient : la liste SIMMONOT l'a finalement emportée dès le premier tour. 
  • Nathalie COUTURIER, maire, professeurs des écoles, instituteurs et assimilés 
  • Loïc SIMONNOT, 1er adjoint, cadres de la fonction publique, domaine civil 
  • Émilie MAGNIER, 2e adjoint, employés administratifs d'entreprise
  • Laurent SOUBROUILLARD, 3e adjoint, techniciens
  • Manuel DELGADO, autres retraités et préretraités
  • Elsa DÉTAIL, employés civils et agents de service de la fonction publique
  • Justin PREVOT, chefs d'entreprise de 10 salariés ou plus
  • Michelle BRIOT, autres retraités et préretraités
  • Valentin MARET, cadres administratifs et commerciaux d'entreprise
  • Isabelle PAPERIN, autres retraités et préretraités
  • Laurent BABELON, agriculteurs sur moyenne exploitation   
En gras, les réélus en 2026.
 
  - Inscrits : 292 / 276 en 2020
  - Abstentions : 75 / 83
  - Votants : 217 / 193
  - Blancs ou nuls : 13 / 1
  - Exprimés : 204 / 192 
 
 
  Malgré un profond remaniement, la nouvelle assemblée poursuit la politique amorcée en 2023 en faveur du projet éolien. Pire encore : elle étudie désormais une prise de participation dans la société privée concernée. Ce serait, sans l'ombre d'un doute, un point de non-retour funeste pour cette commune et sa population1. Une démarche d'autant plus contestable qu'aucune information n'a été relayée, par exemple, sur le Facebook de la municipalité.
 
1. Tout à chacun sait bien que, quant on parle partenariat public/privé, c'est : au privé les profits, aux Collectivités les pertes !  
 
 
 
 Sarrey, le 01décembre 2025. Source
 
LE PROJET
 
«  Chronologie du projet
  • Mars 2024 : Délibération des Zones d’Accélération des Énergies Renouvelables par la commune de Sarrey suivant la loi nᵒ 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables, surnommée loi APER.
  • Décembre 2024 : Rencontre entre l’équipe de Natural Forces et la maire de Sarrey afin de comprendre les besoins et volontés de la commune.
  • Décembre 2024 à février 2026 : Études par Natural Forces des contraintes sur la commune de Sarrey.
  • Février 2025 : Début de la prise de contact avec les propriétaires fonciers après accord de la mairie afin de déterminer la viabilité du projet.
  • Février 2025 : Délibération du conseil municipal de Sarrey afin d’adapter la Zone d’Accélération des Énergies Renouvelables à la suite des pré-études techniques et des prises de contact foncier.
  • Octobre 2025 : Point d’avancement du projet à la mairie de Sarrey en présence des élus du Conseil municipal.
  • Décembre 2025 : Diffusion d’une lettre d’information à destination des riverains via un porte-à-porte sur les communes de Sarrey, Chauffourt et le bourg d’ Épinant.
  •  Janvier 2026 : Première permanence publique à l’épicerie du village de Sarrey afin d’informer les habitants et riverains de l’érection d’un mât de mesure du vent et du lancement des études paysagères, naturalistes, acoustiques, etc.
  • Février 2026 : Lancement de la campagne de mesure de vent avec l’érection d’un mât de mesure.
  • Mars 2026 : Lancement des états initiaux naturalistes avec le début des inventaires des espèces de chauves-souris présentes sur le site.
  • Juin 2026 : Qualification de l’ambiant sonore autour du site avec l’installation de microphones.
  • Fin 2026 : Fin des relevés des états initiaux – définition des variantes d’implantation des éoliennes sur le site ; diffusion d’une troisième lettre d’information.
  • S1 2027 : Finalisation des études d’impact ; diffusion d’une quatrième lettre d’information.
  • Septembre 2027 : Dépôt du dossier auprès de l’administration. »
Source
« À propos du projet 
...  L’objectif est de construire un projet adapté au territoire, en associant les élus, les habitants, les propriétaires, les exploitants agricoles et les partenaires locaux tout au long de son développement [...] permettront de définir progressivement les caractéristiques du futur parc, notamment le nombre d’éoliennes, leur implantation... »
  Si le premier objectif est largement atteint — voir ci-dessus, c'est en revanche le flou le plus total concernant l'usine en elle-même. On demande aux habitants de se prononcer à l'aveugle sur un projet dont ils ignorent tout : nombre de mâts, hauteur, ou encore zones d'implantation précises, etc.
  Pire encore, la localisation envisagée aurait glissé du nord-est du village — dans le Bois des Cognots, entre Sarrey et Is-en-Bassigny, comme rappelé ici, vers le sud-est. Un déplacement loin d'être anodin !   Situé sur le plateau de Langres, Sarrey est soumis à des vents dominants de secteur sud-ouest, selon une étude éolienne de 2015. Résultat : le village se retrouverait majoritairement sous le vent. Les riverains s'exposeraient ainsi aux nuisances sonores et aux infrasons — aériens et terrestres, dont les impacts sur la santé sont désormais documentés dans des cas similaires, notamment par cette étude allemande de juillet 2026.
  Un conseil s'impose : face à tant d'inconnues et de risques, dites NON aux éoliennes par précaution !
 
 
 
«  La zone d’étude est située en majeure partie sur la commune de Sarrey et seulement une petite partie concerne la commune de Val-de-Meuse. [...] Ce secteur dispose d’un fort potentiel venteux, d’un réseau électrique accessible et d’acteurs locaux motivés pour encourager le développement des énergies renouvelables. [...] c’est surtout le fort engagement de la commune qui a permis d’ancrer ce projet : les élus locaux ont exprimé leur volonté de participer activement au développement, d’un projet à gouvernance partagée. Cette dynamique locale, rare à cette échelle, constitue l’un des fondements du projet. » 
 Source
 
  Rappelons que la commune de Val-de-Meuse regroupe depuis 1972 plusieurs localités : Montigny-le-Roi — bourg centre, Épinant, Lécourt, Lénizeul, Maulain, Meuse, Provenchères-sur-Meuse, Ravennefontaines et Récourt.
  S'agissant du raccordement au réseau électrique, le porteur de projet ferait bien de jouer la carte de la transparence : comme partout dans l'Hexagone, le réseau haut-marnais EST SATURÉ ! Pour être plus exact, ce sont les postes sources qui arrivent aujourd'hui à saturation :
« ... La saturation du poste source est au cœur de ce problème et cause plusieurs contraintes pour les nouveaux projets. En effet, on constate une diminution de la capacité d’accueil, une saturation des files d’attente, un allongement des délais ainsi qu’une hausse des coûts... »
 
  Pour le conseil municipal : 
« En politique une absurdité n'est pas un obstacle.»
Napoléon Bonaparte
 
 Carte réseau Enedis

 Source
 
   Quant à la saturation éolienne du secteur, le constat est déjà édifiant :
 
  
 Tout l'éolien actuel ou en devenir se situe dans un rayon MAXIMUM de I5 km, à vol d'oiseau, autour du village !
 
 
«  Qui propose ce projet ?
...  Fondée en 2001, Natural Forces a son siège social à Halifax, en Nouvelle-Écosse, et dispose de bureaux régionaux en France et en Irlande.... »
  Pour celles et ceux qui n'auraient pas encore saisi toute la mécanique du lobby éolien et, des EnR en général, petit rappel du modèle d'affaires parfait :
  1. On domicilie la maison mère, par exemple, au Canada;
  2. On défigure à grands coups de pales les paysages de l'Hexagone;
  3. On met les profits au chaud, dans un paradis fiscal, comme l'Irlande;
  4. Et on fait envoyer la note au pigeon de service : le contribuable et le consommateur d'électricité français. 
  À suivre... 
 
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LA PPE3 EST-ELLE UNE BOMBE FINANCIÈRE À RETARDEMENT ? LES CHIFFRES QUI CLIMATISENT L' ATMOSPHÈRE

  Au moment où l'Allemagne, jadis championne de l'antinucléarisme et laboratoire de la transition énergétique — Energiewende, fondée sur un cocktail d'éoliennes, de gaz et de subventions massives d'argent public, reconnaît enfin les limites — technique et économique, de ce modèle en coupant les vivres aux écornifleurs du vent, la France, elle, persiste et signe.
  Alors que l'Allemagne ne peut plus — ou ne veut plus — supporter le coût exorbitant de sa politique énergétique, notre pays, pourtant au bord de la faillite financière, choisit de faire exactement l'inverse.  Loin de réduire les subventions et les privilèges accordés au lobby éolien, financés directement ou indirectement par les contribuables et le consommateur d'électricité, le gouvernement accélère encore la fuite en avant. Pour la seule année 2026, la Commission de régulation de l'énergie — CRE, « estime le soutien public à 8,3 milliards d’euros. »1, tandis que l'appel d'offres AO10 pour l'éolien en mer est lancé tambour battant.
  Comment expliquer un tel entêtement ? Comment comprendre que nos dirigeants poursuivent cette politique avec une telle obstination, malgré les signaux d'alerte, les difficultés budgétaires et les revirements de ceux qui leur servaient hier encore de modèle ? À force de s'obstiner contre l'évidence, cette politique finit par relever de... la connerie ou... pire ?
  Un jour, les historiens mettront sans doute en lumière les véritables motivations, les intérêts en jeu et les mécanismes qui auront conduit la France à persévérer dans cette funeste voie, alors, que dans le même temps, d'autres commençaient déjà à en mesurer le coût économique, industriel et social.
 
1« ... Devant l’Assemblée nationale, le 25 février 2026 Premier ministre a affirmé que les chiffres avancés par le RN étaient « inventés », estimant que « les soutiens publics aux énergies renouvelables sont pour un scénario médian de 30 à 50 milliards d’euros sur 35 ans ». Il mentionne ensuite une cinquantaine de milliards d’euros pour les raccordements, relevant qu’ils seront en partie payés par les producteurs. Mais ce qui veut dire in fine dans les factures. [...] Mais une analyse réaliste des scénarios figurant dans les documents officiels montre qu’un cout de 300 milliards d’euros sur la période 2025-2060 en conséquence des investissements de production EnR passés et prévus jusqu’en 2035 est tout à fait plausible. Voire sous-estimé en l’absence de chiffrage des couts induits pour EDF.... » 
 
 
 
 
Bonne lecture.
 
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 Éolien en mer : vers une électricité plus chère ?

  La France vient de lancer le plus grand appel d’offres éolien en mer de son histoire. Mais en renchérissant le prix final de l’électricité, cette politique risque de freiner l’électrification qu’elle est censée permettre. Anatomie d’une mécanique infernale.
par Cécile Maisonneuve 
 
  AO10. C’est le nom du plus grand appel d’offres éolien en mer jamais lancé par la France : environ 10 GW, pour moitié posé, pour moitié flottant. Les chiffres impressionnent : 47,8 TWh produits par an, soit 10,6 % de la consommation électrique française actuelle, et un soutien public allant jusqu’à… 63 milliards d’euros. Tel est le plafond des aides d’État autorisé par la Commission européenne pour ce projet, montant qui dépend des prix de marché sur vingt-cinq ans. Qu’il soit atteint ou non, il mesure le risque que la collectivité accepte de porter et appelle une première question : si l’éolien en mer doit nous donner une électricité abondante et compétitive, pourquoi faut-il lui garantir autant d’argent public pendant un quart de siècle ?
  Plus fondamentalement, il soulève une seconde question : ces montants titanesques engagés sur une technologie jamais déployée nulle part à l’échelle industrielle (l’éolien flottant) ne mettent-ils pas à risque la condition nécessaire à toute électrification et réindustrialisation : le prix final de l’électricité livrée ? Question cruciale alors que la France vit encore sur l’héritage de la politique énergétique des années 1970 : des prix de l’électricité compétitifs relativement à ceux de nos voisins européens. En 2024,
les grands consommateurs industriels français payaient moins de 80 €/MWh, contre un peu plus de 120 €/MWh en moyenne dans l’Union, tandis qu’en 2025, les prix spot français se sont découplés de ceux de nos voisins, avec des écarts de 20 à 50 €/MWh face à l’Allemagne, la Belgique, la Grande-Bretagne, la Suisse et l’Italie du Nord. Le tout avec une production décarbonée à 95,2 %. L’éolien en mer va-t-il réduire ce patrimoine à néant ? 
 
A lire :Les incertitudes financières de l’éolien flottant
 
Le prix annoncé n’est pas le prix payé

  L’éolien flottant a déjà fait l’objet d’une première attribution en France. En mai 2024, le consortium belgo-germano-coréen Pennavel a remporté le parc de Bretagne Sud, d’une puissance d’environ 250 MW, avec un tarif de 86,45 €/MWh.
  Mais ce chiffre ne représente pas le prix complet de l’électricité une fois livrée au consommateur. Il correspond à la rémunération garantie au producteur pour l’électricité produite par le parc. Sur vingt ans, cela peut représenter près de 2 milliards d’euros de revenus.
  Il faut ensuite acheminer cette électricité jusqu’au réseau terrestre. Il faut construire une plateforme en mer, poser des câbles sous-marins, les faire arriver à terre, créer un poste électrique et parfois renforcer le réseau existant. Ces travaux sont réalisés par RTE. Ils ne sont pas compris dans les 86,45 €/MWh : ils sont payés par les consommateurs à travers la partie « réseau » de leur facture d’électricité, appelée TURPE.
  Il faut encore ajouter les indemnités versées lorsque le parc est contraint de s’arrêter. Cela peut arriver quand le réseau ne peut plus absorber toute l’électricité produite ou lorsque les prix deviennent négatifs – autrement dit, lorsqu’il y a tellement d’électricité disponible que les producteurs doivent payer pour la vendre. Au-delà de quarante heures à prix négatif, le développeur du parc peut être indemnisé à hauteur de 70 % du tarif prévu. Le consommateur finance donc non seulement la production et le réseau mais aussi l’arrêt de la production. Sans ce mécanisme, aucun modèle d’affaires ne passe pour les développeurs.
RTE donne lui-même un ordre de grandeur plus complet : en moyenne, le coût atteindrait
95 €/MWh pour le posé et 125 €/MWh pour le flottant. L’écart entre les 86,45 € annoncés et les 125 € du coût complet n’a donc pas disparu. Il a simplement été déplacé vers une autre partie de la facture. 
 
 Image
 
 
  Pour les futurs parcs prévus par la PPE3, RTE estime que le raccordement pourrait représenter à lui seul 30 à 40 % du coût total. Dans le seul cas du grand appel d’offres AO10, la facture de raccordement approcherait 20 milliards d’euros. Ce n’est plus un coût accessoire.
  Enfin, les 86,45 €/MWh obtenus en Bretagne ne constituent pas un coût démontré, mais un pari sur de futures baisses de prix. L’expérience britannique invite à la prudence. En janvier 2026, deux parcs flottants ont obtenu un tarif de 216 £/MWh, soit environ 250 €/MWh, contre 91 £/MWh pour l’éolien posé. Le même jour, dans la même enchère, le flottant coûtait donc près de deux fois et demie plus cher. Les situations ne sont certes pas identiques, mais le tarif breton suppose des baisses de coûts et une industrialisation qui restent à accomplir. 
 
Le cercle vicieux du prix final

  Qui paie les coûts qui ne figurent pas dans le tarif annoncé ? Au bout du compte, toujours le même public, mais sous deux casquettes : le contribuable, à travers le budget de l’État, et le consommateur d’électricité, à travers sa facture. Le 15 juillet, la Commission de régulation de l’énergie a évalué à 14,2 milliards d’euros les dépenses publiques de soutien à l’énergie en 2027, contre 12,3 milliards attendus en 2026. Sur ces 14,2 milliards, 10,67 milliards seront supportés par le budget de l’État. Ces montants concernent l’ensemble des énergies aidées, et non le seul éolien en mer. Ils augmentent principalement parce que l’on soutient des volumes toujours plus importants, sachant qu’il faut y ajouter le coût des réseaux déjà évoqué.
  Un second mécanisme intervient : celui du prix garanti au producteur. Prenons un exemple simple. Si le tarif garanti est de 86 €/MWh et que l’électricité se vend 70 € sur le marché, la collectivité verse les 16 € manquants. Si le prix de marché tombe à 40 €, elle doit en verser 46. À l’inverse, lorsque le prix de marché dépasse le tarif garanti, le producteur restitue la différence. Donc plus les prix de marché sont bas, plus le soutien public augmente.
  Or les prix baissent notamment lorsque l’offre d’électricité est abondante et que la demande ne suit pas.  C’est précisément la situation française. En 2025, la France a produit 547,5 TWh d’électricité, tandis que sa consommation s’est limitée à 451 TWh, soit près de 5 % de moins qu’en 2014.
RTE le reconnaît : pour la prochaine décennie, notre principal problème n’est plus de produire davantage, mais de trouver les usages capables d’absorber cette production.
  À cela s’ajoute une règle très simple. Une ligne électrique, un câble sous-marin ou un poste de transformation coûtent presque aussi cher, qu’ils transportent beaucoup ou peu d’électricité. Si le coût du réseau est réparti sur une consommation qui stagne ou diminue, chaque mégawattheure doit en supporter une part plus importante. Le prix final augmente donc, même lorsque l’électricité elle-même est bon marché sur le marché de gros.
  Le cercle vicieux apparaît alors. La consommation stagne ; les épisodes de prix très bas ou négatifs deviennent plus fréquents ; les compensations publiques et les indemnités d’arrêt augmentent. Dans le même temps, les coûts du réseau sont répartis sur trop peu de consommation. Le prix payé par le client monte. À ce prix, l’industriel conserve son four à gaz, le ménage reporte l’installation de sa pompe à chaleur et l’électrification ralentit encore.
  Voilà la contradiction : nous construisons de nouvelles capacités de production pour électrifier l’économie, mais leur mode de financement risque de renchérir l’électricité livrée et donc de décourager cette électrification. Le prix décisif n’est pas celui que l’on proclame au moment de l’appel d’offres. C’est celui qui figure, à la fin, sur la facture de l’usine ou du ménage. 
 
Trois questions avant les gigawatts
  La réponse gouvernementale à la mécanique infernale qui vient d’être décrite s’est traduite par l’adoption, en avril dernier, d’un ambitieux plan d’électrification. Dont acte. Reste que, dans le même temps, n’apparaît nul signe d’une inflexion du prix de l’électricité dans la facture finale, bien au contraire. Or notre histoire récente le montre clairement : la grande électrification française de la deuxième moitié du XXe siècle s’est faite pendant que le prix réel de l’électricité baissait (1950-1980), puis se stabilisait (1980-2008), avec la montée en puissance du parc électronucléaire. Comment croire que la nouvelle électrification pourra se faire dans un contexte de flambée des prix comme celle observée depuis 2021 ? 
 
 
  Avant de construire des éoliennes, trois questions s’imposent : quel sera le prix complet de leur électricité, réseau et compensations compris, une fois livrée au consommateur ? Quelle demande viendront-elles servir et à quel prix cette demande existe-t-elle vraiment ? Avec qui nous engageons-nous – il faut, là encore, parler de la Chine – et qui paie si les hypothèses ne se vérifient pas ? Trois questions qui auraient toute leur place dans un débat électoral et qui valent pour toutes les technologies bas-carbone, nucléaire inclus – quand bien même cette technologie n’est, elle, nullement dépendante de la Chine. Une politique souveraine ne consiste pas à annoncer des gigawatts, et encore moins à boucler à la hâte un appel d’offres à quelques semaines d’échéances électorales majeures. Elle commence par savoir ce qu’ils coûteront à ceux qui les paieront.
 
À  lire sur lel.media

PIERREMONT-SUR-AMANCE : USINE AGRIVOLTAÏQUE : ÉTUDE PRÉALABLE AGRICOLE VALIDÉE MAIS LE PROJET EST LOIN D' ÊTRE AUTORISÉ

 
  Certains d’entre nous ont pu remarquer, en passant du côté de Pierremont-sur-Amance, qu’une activité avait débuté sur la parcelle où un écornifleur du soleil et «... l’agriculteur propriétaire et exploitant du terrain... » associés ont en effet décidé de réaliser la «... Construction d’ombrières agrivoltaïques de 30 000 m² au droit d’une prairie permanente [...] et donnant lieu à une emprise projetée au sol des panneaux de 13 300 m² ». Ce projet n’est toutefois pas soumis « à évaluation environnementale. » Voir ci-dessus.
 
Photo : HY
 
  Cette activité semble faire suite à l’avis favorable — 30 octobre 2025, rendu par la préfecture concernant l’Étude préalable agricole — EPA, présentée par le porteur du projet. Cette étude a été soumise à l’avis de la Commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers — CDPENAF¹. RAS.
   
1. La CDPENAF a été créée par la loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt — LAAAF, du 13 octobre 2014 et s'est substituée à la CDCEA depuis le 1er août 2015. Le champ de compétence de cette nouvelle commission est élargi à la préservation des espaces naturels et forestiers — art. L.112-1-1 du Code rural et de la pêche maritime.[...]  La CDPENAF est présidée par le Préfet ou son représentant. Sa composition actuelle, fixée par le décret du 9 juin 2015 et par arrêté préfectoral, comprend des : représentants de l’État, collectivités territoriales et leurs groupements, professions agricole et forestière, chambres d'agriculture et organismes nationaux à vocation agricole et rurale, propriétaires fonciers, notaires, associations agréées de protection de l'environnement et fédérations départementales ou interdépartementales des chasseurs.... » 
 
1. EPA : définition
  L'étude préalable agricole est un diagnostic technique et socio-économique réalisé en amont de la demande de permis de construire.
  Elle évalue comment le projet photovoltaïque s’intègre à l’exploitation existante ou future, s'assure que la production agricole reste l'activité principale et significative, et mesure les répercussions sur l'économie agricole du territoire environnant.
  À ne pas confondre avec la Compensation Collective Agricole — CCA, qui est une mesure — ou un ensemble de mesures, qui peut résulter des conclusions de l' EPA. 
 
 Quand l' EPA débouche sur la CCA 
 
 Projet agrivoltaïque
        │
        ▼
Étude Préalable Agricole (EPA)
        │
        ▼
Évaluation des impacts agricoles
        │
        ├── Impacts faibles
        │        │
        │        ▼
        │   Pas de compensation
        │
        └── Impacts significatifs
                 │
                 ▼
      Mesures ERC
 (Éviter – Réduire – Compenser)
                 │
                 ▼
Compensation Collective Agricole — CCA
 
  L' EPA sert donc à répondre à une question : le projet porte-t-il atteinte à l'économie agricole du territoire ? Si la réponse est oui et que les impacts résiduels restent significatifs après les mesures d'évitement et de réduction — ERC, une compensation collective agricole peut être exigée. C'est ici le cas. Voir ci-devant.
 
2. À quoi cela sert-il ?
  L' EPA remplit 4 objectifs stratégiques et juridiques :
  • prouver le bénéfice agronomique : démontrer que les panneaux apportent au moins un service direct à la culture ou à l'élevage — ex: ombre face au gel/sécheresse, bien-être animal, réduction du besoin en eau.
  • sécuriser l'autorisation d'urbanisme : servir de base d'instruction pour la CDPENAF et le préfet afin de valider la qualification « agrivoltaïque » et non « photovoltaïque au sol classique ». Sans l' EPA, un projet solaire sur terrain agricole risque d'être requalifié en centrale au sol standard, ce qui entraîne son refus par les services de l'État.
  • appliquer la démarche ERC — Éviter, Réduire, Compenser : justifier les choix d'implantation pour minimiser les pertes de surface arable et prévoir des réparations financières collectives si l'économie locale est impactée.
  • dimensionner la « zone témoin » : définir la parcelle de référence sans panneaux — minimum 5% de la surface, pour mesurer scientifiquement les impacts dans le temps
3. Que contient l' EPA ? 
  • un état initial de l'agriculture;
  • un diagnostic des exploitations concernées;
  • une analyse agronomique des sols;
  • une évaluation des impacts directs et indirects;
  • une analyse économique;
  • des propositions de mesures d'évitement et de réduction;
  • une conclusion sur la nécessité ou non de mettre en œuvre une compensation collective agricole.
    Comme vu précédemment, à Pierremont-sur-Amance → CCA.  
 
 
 
 Source
 
 4. Avis favorable préfectoral pour l' EPA, et après ? 
  Ce feu vert constitue une étape importante, mais il ne vaut en aucun cas autorisation du projet. Il signifie que, du point de vue agricole, le projet est jugé compatible avec le maintien d'une activité agricole, éventuellement sous réserve de certaines prescriptions. Si des engins et des techniciens interviennent aujourd'hui sur le terrain, c'est parce que le projet entre dans sa phase opérationnelle : des entreprises spécialisées doivent alors réaliser des investigations techniques directement sur le site afin d'affiner les plans, de confirmer la faisabilité des ouvrages et de préparer le dossier définitif en vue des autorisations administratives :
  • sondages et essais d'arrachement : des petites foreuses ou pelles mécaniques viennent planter quelques pieux d'essai pour tester la résistance mécanique du sol et définir la profondeur des fondations des structures.
  • relevés topographiques précis : passage de géomètres avec drones ou bornes GPS pour caler au millimètre près l'implantation des futurs rangs.
  • etc.
    Une fois ces travaux terminés, le projet sera alors considéré comme techniquement abouti. Le dossier pourra être alors officiellement déposé en préfecture et, suivre la procédure classique. 
 
  Quant à l'opposition, si tant est qu'elle existe, elle aura l'occasion d'affiner ses arguments en vue de l'enquête publique
  Pour rappel, notre cher département est aujourd’hui frappé par une véritable frénésie de constructions et de projets d’usines agrivoltaïques. Cette multiplication incontrôlée ne répond pas à l'intérêt général, mais aux appétits financiers d'une minorité d'acteurs. Entre certains élus et représentants agricoles qui transforment leurs parcelles en opportunités de rentes — hier avec l'éolien, aujourd'hui avec le solaire —, le territoire est bradé sans vision à long terme. La majorité silencieuse, elle, subit les dégâts paysagers et environnementaux. Et le comble de cette hypocrisie : alors que nous faisons tous des efforts de sobriété, la facture d'électricité continue de grimper. Une gestion irresponsable que nous ne pouvons plus cautionner. PAS MERCI À VOUS !😡
 
  Pour l’anecdote, il convient de préciser que ce projet a fait l’objet d’une collecte de fonds sur Internet, pour un montant de 315 000 €. Cette somme a été financée par 57 contributeurs ou, pour certains par des « idiots utiles » ou des « gogos », voire les deux… 😇 
 
 À suivre... 
 
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HEUILLEY-COTTON, VILLEGUSIEN-LE-LAC : COMEBACK RATÉ DU PROJET ÉOLIEN DIT « EN BEAUTÉ »

 
   Ce projet d’usine de 10 éoliennes, voir ci-dessous, envisagé sur le territoire de la commune associée d’ Heuilley-Cotton — commune de Villegusien-le-Lac, que l’on croyait définitivement abandonné à la suite du refus préfectoral de 2022 — arrêté de rejet, a pourtant connu un nouveau développement. En effet, après avoir déposé un recours comprenant plusieurs requêtes ainsi qu’un mémoire auprès de la Cour d'appel administrative — CAA, de Nancy, entre 2022 et 2024, le porteur du projet a présenté une demande : 
  1. Annulation de l'arrêté du 13 mai 2022 par lequel la préfète de la Haute-Marne a rejeté sa demande d'autorisation environnementale d'exploiter.
  2.  Enjoindre à la préfète de la Haute-Marne de reprendre l'examen de la demande déposée le 20 décembre 2018.
  Après examen du dossier, la cour administrative d’appel — CAA, a rejeté la requête du porteur du projet éolien
 
 
 
 Source
 
  Il s’agit incontestablement d’une excellente nouvelle pour la Haute-Marne, pour ses habitants, pour l’avifaune ainsi que pour la préservation du patrimoine et d' une belle victoire pour les opposants à ces usines du vent !  Mais rien n'est définitivement joué ! L'écornifleur du vent dispose encore d'une ultime voie de recours : le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État. Après un arrêt défavorable de la Cour administrative d'appel, il s'agit de la seule procédure susceptible de remettre en cause la décision. Un tel pourvoi doit toutefois reposer sur un ou plusieurs moyens de cassation sérieux — erreur de droit, vice de procédure, dénaturation des faits, etc., et non sur une simple remise en cause de l'appréciation des faits effectuée par les juges du fond. 
  La décision de la CAA est d'autant plus remarquable, qu'elle reconnaît, peut-être pour la première fois ?l’existence d’un risque d’atteinte à la Cigogne noire alors même que le nid le plus proche est situé à 18 kilomètres du projet. La juridiction laisse même entendre, en relevant que le domaine vital de cette espèce s’étend dans un rayon pouvant atteindre 40 kilomètres, qu’une incompatibilité pourrait être retenue entre une installation éolienne et la présence d’un nid de Cigogne noire situé à une telle distance.
  S’agissant de la Grue cendrée, espèce jusqu’alors rarement prise en compte par les juridictions administratives dans l’appréciation des atteintes à la biodiversité, la cour de Nancy lui accorde une attention particulière. Elle fonde notamment son analyse sur la présence d’individus effectuant des haltes migratoires sur l’emprise du projet. Jusqu’à présent, une telle circonstance, pourtant fréquente, ne suffisait généralement pas à caractériser une atteinte aux espèces concernées. La décision de la cour marque ainsi une évolution notable en la matière.

Rappel des faits – Chronologie détaillée
  • 2016 : Organisation des premières réunions avec les élus locaux et présentation de la Zone d’Implantation Potentielle — ZIP, envisagée pour le projet.
  • 2017 : Les démarches de sécurisation foncière sont alors engagées. Une réunion d’information est organisée à destination des propriétaires fonciers et des exploitants agricoles. À l’issue de cette phase, la faisabilité foncière du projet est confirmée.
  • 2018 : Un pré-diagnostic consacré aux rapaces. Aucun enjeu écologique rédhibitoire n’étant mis en évidence, les études complètes d’état initial relatives à la faune et à la flore sont engagées.  Parallèlement, un mât de mesure du vent est implanté au sein de la Zone d’Implantation Potentielle — ZIP, tandis que l’étude paysagère est lancée.
  • 2019 : Le porteur du projet éolien, dont le siège social est situé à Montpellier — Hérault, dépose auprès de la préfecture une demande d’autorisation environnementale en vue d’implanter et d’exploiter une usine de 10 éoliennes — voir ci-devant.
  • 2020 : À l’issue de l’instruction, les services de l’État sollicitent du pétitionnaire des compléments d’information afin de compléter son dossier.
  • 2021 : Après avoir répondu à ces demandes, le porteur du projet dépose en préfecture un dossier complété, réputé complet pour la poursuite de son instruction.  
  • 2022
 
 
 
 
 
 
 
 
1La concertation entre le Conseil municipal et le porteur du projet retenu → détails  
  À la lecture de la présentation du projet figurant sur le site du porteur de projet — voir ci-devant, il apparaît que le conseil municipal de Villegusien-le-Lac était pleinement favorable au projet et lui apportait son soutien. Si cette situation semble avoir perduré jusqu'en 2019, elle évolue radicalement à partir de 2020. Les comptes rendus des séances du conseil municipal de cette période consacrés au projet éolien confirment en effet l'opposition systématique du conseil municipal — voir ci-dessous.
«... Ainsi, des échanges réguliers ont été mis en place, afin d’instaurer un climat de confiance, avec une consultation et information systématique des élus à travers l’organisation de réunions, mais également par courrier, courriel, et voie téléphonique.
  Des réunions en mairies d’ Heuilley-Cotton ont ainsi eu lieu :
  • Le 18 août 2016
  • Le 22 septembre 2016
  • Le 26 janvier 2017
  • Le 23 février 2017
  • Le 27 avril 2017
  • Le 21 septembre 2017 
 Pendant les études de faisabilité en 2018, les échanges téléphoniques et par courriel ont été
privilégiés.
  • Le 28 mai 2019
  • Le 16 juillet 2019
  • Le 13 août 2019 »
 
  Séance du 13 juin 2019 : le conseil municipal autorise le maire à signer la convention avec un porteur de projet éolien — autre que pour le projet « En beauté », de la mise à disposition de parcelles communales
 
 
 
 Séance du 13 février 2020 : le conseil municipal opère un revirement de position à l'égard de l'éolien et adopte une motion exprimant son opposition à tout projet éolien sur le territoire communal.
 
 
 
 Séance du 20 janvier 2021 : sollicité de nouveau par le porteur du projet éolien dit « En Beauté », le conseil municipal refuse une nouvelle fois de signer la convention de réservation des parcelles communales nécessaires à la réalisation du projet. Il convient de noter que lors de cette séance, trois conseillers municipaux directement concernés par ce projet, ne participent pas au débat et ne votent pas. 
 
Séance du 5 mai 2021 : le conseil municipal est amené à donné un avis sur le projet éolien de Choilley-Dardeney, commune voisine. Il confirme ses décisions précédentes et, donne un avis défavorable.  
 
 
 
 
 
Séance du 29 septembre 2021 : le porteur du projet éolien sollicite une nouvelle fois le conseil municipal, qui oppose à nouveau un refus.
 
 
 
Séance du 29 novembre 2023 : dans le cadre de la définition des zones d'accélération des énergies renouvelables — ZAENR, le conseil municipal valide uniquement des zones destinées au développement du photovoltaïque, à l'exclusion de toute zone dédiée à l'éolien. 
 
 
 
 
À noter que :
  • Joël Demange a exercé les fonctions de maire délégué d' Heuilley-Cotton durant la période 2020-2026.
  • Les deux projets éoliens ont connu des issues différentes : le projet « En Beauté » a été refusé, tandis que le projet « Le Langrois » est entré en exploitation en 2024.
 
 
Joël Demange, maire délégué d’ Heuilley-Cotton — 2020-2026. Photo : jhmQuotidien 2022 mars 24.
 
2. Concertation entre les propriétaires, les exploitants et le porteur du projet
« Les propriétaires fonciers et les exploitants connus de la zone d’étude d’implantation située sur le territoire des communes d’ Heuilley-Cotton et Villegusien-le-Lac ont tous été conviés à une première réunion foncière d’informations le 21 septembre 2017 à la Salle des Fêtes d’ Heuilley-Cotton. [...] La signature d’accords fonciers s’est ensuite poursuivie durant l’hiver 2017 et le début de l’année 2018 ...
« ... Les revenus fonciers générés par cette usine étaient encadrés par le  « Protocole d’accord éolien » conclu en 2006 entre l’ APCA — Association Permanente des Chambres d’Agriculture, la FNSEA et le Syndicat des énergies renouvelables. Il établit les recommandations relatives à l’implantation d’éoliennes sur des parcelles agricoles.
  Pour ce projet, les montants étaient : 
  • Location pour une éolienne : 4 000€/MW
  • Location pour un poste de livraison : 1 000€/ouvrage
  • Création d’un chemin : 1 000€/ouvrage
  • Utilisation des chemins : 1 000€/MW desservis
  • Indemnisation de l’Association Foncière de Remembrement au titre de l’usage des chemins 50 000€ forfait /AFR »
 
3.  Concertation entre la population et le porteur du projet 
«  Une fois la faisabilité foncière du projet avérée, puis les différentes expertises de site terminées, validant également la faisabilité d’un projet éolien au regard des milieux humain et des contraintes techniques sans mettre en évidence d’enjeu rédhibitoire, ENGIE Green a organisé une exposition publique d’un mois sur le projet. [...] Présentée en mairie de Villegusien-le-Lac, une partie seulement (panneaux dédiés et dossier de synthèse) fut exposée en parallèle en mairie d’ Heuilley-Cotton, disposant de moins d’espace. [...] Deux permanences ont été organisées en mairie de Villegusien-le-Lac le 16 juillet et le 13 août, ... » 
Source.  

Conclusion
  La seule question qui demeure concernant ce projet, désormais abandonné, de dix éoliennes sur le territoire de la commune de Villegusien-le-Lac est de savoir si le porteur du projet décidera, ou non, de saisir le Conseil d'État. Pour l'association Les Vues Imprenables, l'hypothèse d'un tel recours apparaît la plus probable.  
 
À suivre...
 
php 
 
 
 

PRESSIGNY ET L'AVENTURE DE L'EAU POTABLE

  À la suite du regrettable épisode de manque d'eau potable que connaît actuellement la commune de Pressigny, dans un contexte de sécheresse toujours en cours, il nous a semblé important de revenir sur l'histoire de son alimentation en eau potable face aux épisodes de sécheresse.
  Depuis le 16 juin 2026, la commune comme toute la Haute-Marne est placée sous arrêté préfectoral de « vigilance sécheresse ». Cette situation affecte tout particulièrement les quelque 200 habitants de Pressigny. Face au manque d'eau potable, le conseil municipal a été contraint d'en acheter, acheminée par camions-citernes, afin d'assurer la continuité de l'alimentation. 
 « Par le biais du SMIPEP, on a contacté une entreprise de Port-sur-Saône qui est allée chercher de l’eau à Champigny-lès-Langres puis nous a livré, jeudi 9 puis jeudi 16 juillet, trois fois 30 m3 d’eau, raconte Hugo Coeurdassier. 30m3, c’est une heure de pompage à chaque fois ». jhmQuotidien — 20 juillet.  
  Auparavant, semaine du 14 juillet, monsieur le maire et son premier adjoint — « ... Hugo Coeurdassier et son premier adjoint se sont astreints à fermer l’eau du château à 23 h et à la rallumer vers 5 h du matin... » jhmQuotidien — 20 juillet. Heureusement, cette mesure arbitraire, inefficace et... antisociale a été abandonnée. 
  C'est dans ce contexte que Les Vues Imprenables ont jugé utile de retracer l'histoire de l'alimentation en eau potable de Pressigny face aux sécheresses, afin de mieux comprendre comment cette ressource essentielle a traversé les décennies et pourquoi elle constitue aujourd'hui un enjeu majeur pour la commune.
Il était une fois….

Des premiers captages à la crise de 2020 : plus d’un siècle de gestion d’une ressource fragile 
  L’eau potable paraît aujourd’hui être un service évident : ouvrir un robinet et disposer d’une eau propre et disponible en permanence. Pourtant, cette sécurité repose sur un équilibre fragile entre la nature, les conditions climatiques et les équipements construits par les générations précédentes
  À Pressigny, comme dans de nombreuses communes rurales de Haute-Marne, l’alimentation en eau potable dépend historiquement de captages d’eau souterraine. Ces ressources, généralement plus protégées que les eaux de surface, restent néanmoins sensibles aux périodes prolongées de manque de pluie. 
  L’histoire de Pressigny montre une situation contrastée

  • pendant plusieurs décennies, les captages ont permis d’assurer normalement l’alimentation des habitants; 
  • les grandes sécheresses nationales et départementales ont progressivement révélé la vulnérabilité de certaines petites ressources;
  • Depuis 2020, notez bien cette année, car nous y reviendrons : chaque été est marqué par de réelles difficultés d’approvisionnement en eau potable.
 1. Une ressource en eau ancienne
  L’utilisation de captages à Pressigny ne date pas d’hier.
  Des documents historiques mentionnent déjà des installations de captage et conduites d’eau pour le village de Pressigny à la fin du XIXᵉ siècle — 1899, montrant que la commune possède une longue histoire de recherche et d’exploitation de ressources locales.
« Pressigny se trouve dans le bassin versant de la Saône, sous-bassins du Vannon et de la Rigotte. Leurs écoulements sont orientés vers le Sud. On notera que ces deux cours d’eau se perdent dans les calcaires du Jurassique à quelques kilomètres au Sud de la commune. Au Nord et à l’Ouest, le plateau est drainé par l’ Ougeotte, des affluents de l’ Amance et des affluents du Salon. La densité du réseau hydrographique illustre la faible perméabilité globale des terrains. ... »
Source : Commune de Pressigny (52) Diagnostic de la ressource en eau potable — avril 2024, p. 6.

  Au cours du XXᵉ siècle, comme dans beaucoup de communes rurales, les équipements ont évolué :
  • amélioration des ouvrages de captage;
  • création ou modernisation des réseaux;
  • mise en place de réservoirs et équipements de distribution;
  • surveillance sanitaire renforcée.
  À partir des années 1960, les captages communaux modernes s’inscrivent dans une logique nouvelle : garantir une eau potable contrôlée, disponible toute l’année, avec des protections réglementaires autour des points de prélèvement.
« Elle est alimentée en eau potable à partir de deux ressources :
• un puits situé au lieu-dit « Les Longues Roies », réalisé en 1967 (F1) ;
• un forage situé au lieu-dit « L’Étang », réalisé en 1999 (F2) ;
À noter qu’il existe également un puits abandonné sous le château d’eau. ...»
 
 
 
 
Source : Commune de Pressigny (52) Diagnostic de la ressource en eau potable — avril 2024, p. 4 et 8. 
 
a)  Le puits situé au lieu-dit « Les Longues Roies »
«  Ce puits est situé dans un champ, à 170 m au Sud-Est du château d’eau (Cf. Figure 4). Il est identifié dans Infoterre sous le n° BSS001CRVB (anciennement 0408-8X-1001/PAEP5). ... [...] 5. Il a été creusé au marteau piqueur en 1967 par l’entreprise Vauthrin. Sa profondeur est de 31 m. [...] Les arrivées d’eau principales se situent entre 13 et 18 m de profondeur (2,5 m3/h) et entre 19 et 22 m de profondeur (10 m3/h). [...] Le niveau statique a été mesuré à plusieurs reprises :
• 15/01/1968 : 4,3 m ;
• 12/06/1976 : 18,7 m ;
• 26/07/2002 : 20,25 m ;
• 26/04/2018 : 18,88 m ;
• 10/12/2020 : 25,38 m ;
• 16/09/2021 : 26,25 m ;
• 01/12/2021 : 19,3 m ;
• 31/05/2022 : 18,3 m
• 29/06/2022 : 17,4 m.
Hormis le niveau de 1968, ces valeurs semblent influencées par les pompages. ... [...] Un arrêté préfectoral en date du 10 mars 1983 a défini des périmètres de protection autour de cet ouvrage. Ils ont été remplacés en septembre 2011 par de nouveaux périmètres englobant les deux captages de la commune (Cf. plus loin)...» 
 
 
Source : Commune de Pressigny (52) Diagnostic de la ressource en eau potable — avril 2024, p. 10.  
 
 b) Forage F2 « l'Étang » — 1999 
« Ce forage a été réalisé par l’entreprise Vauthrin en 1999 pour palier un manque d’eau sur le puits de 1967. Il est situé à 85 m au Nord-Ouest du Château d’eau (Cf. Figure 4).
  Il est identifié sous le n° BSS001CRVK (anciennement 0408-8X-1009/FAEP1) [...] Il s’agit d’un forage de 36 m de profondeur et 216 mm de diamètre. ...[...] Le niveau statique a été mesuré à trois reprises :
• 03/08/1999 : 16,72 m / sol (niveau au repos) ;
• 31/05/2022 : 12,7 m / cuvelage (pompe à l’arrêt) ;
• 29/06/2022 : 11,0 m / cuvelage (pompe à l’arrêt).... » 
 
«  Suite aux problèmes de productivité rencontrés en 2020, un nettoyage de l’ouvrage a été réalisé par l’entreprise Claeyman les 22 et 23 juillet 2020. [...] Cette intervention n’a donné lieu à aucun rapport écrit. En l’absence d’essais par paliers avant et après nettoyage, son efficacité ne peut être évaluée. Le forage de 1999 fournit actuellement les 3/4 des besoins de la commune (45,4 m³/j en 2020, pour une production totale de 60,3 m³/j). [...] On note également la présence d’assez nombreux vers ressemblant à des sangsues, nageant dans l’eau du forage. L’aspect des crépines et tubages laisse penser que l’intervention de nettoyage de 2020 n’a pas complètement atteint son objectif. [...] La productivité du forage a nettement baissé entre 1999 et 2022 ... »
Source : Commune de Pressigny (52) Diagnostic de la ressource en eau potable — avril 2024, p. 12.  
 
c) Autres forages
«  Un sondage de reconnaissance a été réalisé en août 1976 à 1,2 km à l’Ouest du village, au
lieu-dit Combe Ebion, à une altitude de 334 m. Il est inventorié sur le site Infoterre sous le n°
BSS001CRRL [...] Ces caractéristiques sont sensiblement équivalentes à ce que l’on observait à l’origine sur le puits de 1967. [...] D’autres forages situés dans des exploitations agricoles m’ont été signalés oralement. Ils ne sont pas inventoriés sur le site Infoterre et n’ont probablement pas été déclarés au titre du Code Minier. Aucune information n’est disponible sur ces ouvrages. A 2 km au Nord, le village de Broncourt dispose d’un forage de 35 m, entièrement foré fans les grès. [...] A environ 4 km à l’Ouest de Pressigny, les forages de Fayl-Billot, situés sur la commune de Poinson-lès-Fayl,... [...]
 
Des sondes de niveau ont été positionnées sur le puits de 1967, le forage de 1999 et l’ancien puits du château d’eau du 31 mai au 29 juin 2022. [...] On peut en tirer les éléments suivants :
• Le puits de 1967 semble fonctionner principalement de nuit alors que le forage de 1999 présente de longs cycles de pompage en journée, et des cycles plus courts la nuit ; [...]
  Sur le puits de 1967, les amplitudes liées à chaque pompage sont limitées (en général inférieures à 1 m), mais les vitesses de remontée sont très lentes, ce qui engendre un cumul des rabattements d’un cycle sur l’autre, et des rabattements permanents importants. Cela confirme sa très faible productivité ;
• Sur le forage de 1999, les amplitudes sont beaucoup plus importantes (7 à plus de 12 m selon la longueur des cycles) et les réactions beaucoup plus rapides. Le nombre de cycles de pompage journalier est de 4 à 8. L’arrêt de pompage du 09/06 montre un niveau statique supérieur à 9,6 m. Le débit spécifique calculé au bout de 1 heure de pompage sur plusieurs cycles est de l’ordre de 0,5 m³/h/m, soit 3 à 4 fois plus faible qu’en 1999, alors que le niveau de nappe est plus haut ;
L’ancien forage du château d’eau présente des variations très amorties. L’arrêt de pompage du 08-09/06 sur le forage de 1999 se traduit cependant par une remontée de 70 cm.... » 
Source : Commune de Pressigny (52) Diagnostic de la ressource en eau potable — avril 2024, p. 12.   
 
 
 
 
Source : Commune de Pressigny (52) Diagnostic de la ressource en eau potable — avril 2024, annexes.    
 
d) Constat et conclusions 
« Les données disponibles indiquent clairement une baisse de productivité des deux ouvrages
exploités
. Cette baisse avait également touché l’ancien puits du château d’eau et semble plus
liée à la nature de la nappe et à la minéralisation de l’eau qu’à la conception même des
ouvrages. Elle est en grande partie indépendante des évolutions climatiques [...] Sur le forage de 1999, ce phénomène est manifestement lié à la présence de fer dans l’eau, les dépôts provoquant un colmatage des fissures, massif de gravier et crépines [...] Le nettoyage réalisé en juillet 2020 n’a que très partiellement éliminé le colmatage.[... ]
L’origine de la baisse de productivité du puits de 1967, qui présente moins de fer, est moins certaine. Ce puits présente par ailleurs des défauts d’étanchéité du cuvelage, qui le rendent
vulnérable aux pollutions d’origine superficielle, à commencer par la turbidité. Il n’en reste pas moins que, quel que soit l’état des ouvrages, la productivité de la nappe est faible. [...] D’après le rapport SATEP de 2020, la production annuelle sur la période 2015-2020 est
comprise entre 20 100 et 22 100 m³/an, soit un débit moyen journalier de 55 à 60 m³/j. [...] Cela montre clairement que deux ouvrages proches peuvent s’influencer fortement et qu’une partie de l’abaissement de niveau, dû aux caractéristiques de la nappe, est inévitable. [...]

Le programme de mesures suivant pourrait être mis en place, par ordre de priorité
décroissant : Nettoyage mécanique du puits de 1967. [...]  Nettoyage chimique du forage de 1999 [...] Réalisation d’un nouveau forage [...]  Il est donc proposé de ne la mettre en œuvre que si les étapes précédentes donnent des résultats jugés insuffisants. [...] Le choix de l’emplacement du nouveau forage dépendra des résultats des opérations de nettoyage : remplacement pur et simple d’un des forages existant ou création d’un troisième forage en renfort et sécurisation. Dans le premier cas, le nouveau forage pourra être réalisé à quelques mètres du captage qui doit être remplacé. [...] Dans le second cas, les contraintes d’implantation seront les suivantes :
• Éloignement d’au moins 300 ou 400 m des ouvrages existants pour limiter les
interférences ;
• Éloignement par rapport aux vallées qui drainent fortement la nappe ;
• Éloignement par rapport aux habitations, installations d’élevage, points de rejet
d’eaux usées,… ;
• Choix d’un emplacement où la base des grès est plus profonde (épaisseur de grès
mouillés plus importante) ;
• Proximité de zones fracturées.
  Deux zones semblent à priori favorables, sans que cela constitue une garantie absolue de
succès (Cf. Figure 12) :
• Nord-Nord-Est de Pressigny, entre le village et la ferme de Malperthuis, à l’Ouest de la
RD 314 ;
Ouest de Pressigny, au Nord de la RD 312 et de la ferme d’ Aillaux. Ce deuxième
emplacement paraît plus favorable, en raison de la présence dans le secteur d’un
compartiment effondré. [...] Quel que soit l’emplacement du nouveau forage, il est probable qu’il doive faire au cours de sa vie l’objet d’opérations de régénération. Pour les faciliter, il est recommandé de pouvoir accéder directement au terrain, [...] »

« Ces ressources présentent des débits limités, et ont perdu en productivité. La perte de productivité est très largement indépendante des évolutions climatiques, même si ces dernières peuvent aggraver les situations de tension. En revanche, la qualité actuelle ne pose pas de problèmes majeurs, notamment en raison d’une faible pression des pollutions diffuses. La présence de turbidité semble être due pour partie à un défaut d’étanchéité du cuvelage du puits. Elle peut provenir également de la présence de fer dans l’eau du forage. La présence de fer pourrait devenir problématique et nécessiter un traitement si le forage venait à devenir la seule ressource du village. ... » 
Source : Commune de Pressigny (52) Diagnostic de la ressource en eau potable — avril 2024, pp. 18-21.
 
Pour prendre connaissance de l'entièreté du document, c'est ICI.  
   
2. L’année 2020 : le premier épisode connu de rupture d’alimentation 
  Si, lors des épisodes de grande sécheresse survenus au cours des années 1976, 1989, 1990, 2003, 2018 et 2019, aucune coupure d’eau potable à Pressigny n’a officiellement été identifiée dans les sources accessibles, la situation a changé à partir de l’année 2020. Au cours de l’été de cette année-là, des documents font état d’une baisse importante de la ressource alimentant Pressigny, ayant entraîné les conséquences suivantes :
  • coupures d’eau pour les habitants;
  • nécessité d’un approvisionnement complémentaire par citernes d’eau potable.
  « ... En juillet et août 2020, le manque d’eau a conduit à des coupures de distribution nocturnes puis en journée. Il a été nécessaire de citerner 108 m3 pour compléter le réservoir.
  En 2021 un appoint par citernage de 90 m3 a été réalisé le 1er septembre. ... » 
 
Source : Commune de Pressigny (52) Diagnostic de la ressource en eau potable — avril 2024, p. 7. 
 
  Cet épisode constitue, d’après les éléments retrouvés, le premier cas où Pressigny a effectivement connu un manque d’eau potable nécessitant une intervention extérieure
 
Une interrogation autour du chantier éolien sur la commune 
  L’épisode de 2020 a également fait l’objet d’interrogations locales — et cela continue, quant à la possible influence du chantier éolien, plus particulièrement des travaux d’excavation de l’éolienne E21, implantée dans le périmètre de protection du captage — voir ci-dessous, sur cet épisode de manque d’eau potable.
  Bien qu’aucun lien de causalité n’ait pu être établi avec certitude à ce jour, un faisceau d’indices laisse penser que les travaux d’excavation de l’éolienne E21 ont pu perturber le réseau d’eau souterraine et contribuer au manque d’eau observé depuis 2020
  -  Malgré des sécheresses sévères précédentes, jamais la commune n'avait manqué d'eau pour ses habitants;
  - L’avis favorable assorti de réserves émis par l’hydrogéologue agréé — 17 mars 2014, concernant les possibilités d’implantation des éoliennes E20 et E21 au sein du périmètre de protection éloignée du captage d’alimentation en eau potable de Pressigny, tel que mentionné dans l’arrêté préfectoral n° 995 du 9 mars 2015 — pages 2 et 6. À noter que, dans le cas de la E20, aucun épisode de remontée d'eau constaté pendant les travaux de fondations. 
  - La mise en garde spécifique adressée à l’exploitant par Monsieur le Préfet concernant les travaux de l’éolienne E21, figurant dans l’arrêté préfectoral n° 995 du 9 mars 2015, à l’article 9 intitulé « Mesures liées à la protection des captages d’alimentation en eau potable » — page 12 :
«... La gestion des eaux de surface doit être particulièrement efficace pour éviter des infiltrations parasites au sein des excavations temporairement créées durant la phase de travaux. [...] Dans un contexte plus général, toute activité ou travaux susceptibles d'altérer la qualité des eaux souterraines et/ou de modifier les conditions d'alimentation des sources sont interdites. »
  - Or, le chantier de l’éolienne E21 a, durant une longue période, pris l’apparence d’un véritable étang. Des remontées d’eau souterraine ont persisté pendant plusieurs mois, imposant des opérations de pompage répétées tout au long de la réalisation des fondations — voir ci-dessous. Dans ces conditions, comment imaginer que le réseau souterrain n’ait subi aucun dommage et qu’aucune infiltration ne se soit produite ?
  - Il est également important de souligner que, parmi les fondations des 17 éoliennes de l'usine, seule celle de l’éolienne E21 a été confrontée à ce phénomène.
 
 
  
 
 L' éolienne E21 — cercle rouge, en plein coeur de la zone de protection protection des captages d'alimentation en eau potable — en jaune.
 
 
 
 
2020 — octobre
 
 
  
2021 —  février
 
 
 
 Le pompage pour vider l'excavation noyée. 
  
Photos : php. Source. 

Et pour l’avenir ?
  Les épisodes estivaux de sécheresse semblent s’inscrire dans une tendance durable, au point que leur récurrence apparaît désormais hautement probable. Dans ce contexte, il est indispensable que la municipalité actuelle, ainsi que celles qui lui succéderont, prennent des décisions claires, cohérentes et pérennes, suivies d’actions concrètes, afin d’anticiper les prochaines périodes de canicule et de garantir à l’ensemble des Pressignoises et des Pressignois un accès continu à l’eau potable.
  Au-delà de la gestion des crises, l’enjeu est désormais celui de la résilience du territoire. L’eau potable constitue un besoin vital et un service public essentiel. Sa sécurisation doit devenir une priorité permanente de l’action publique locale, fondée sur une connaissance précise de la ressource, une surveillance renforcée de son évolution et une politique d’investissement adaptée aux risques futurs.
  Cette nouvelle donne exige une stratégie à long terme reposant sur l’anticipation, la prévention et la transparence. Les habitants doivent être régulièrement informés de l’état de la ressource, des risques identifiés et des mesures mises en œuvre pour en assurer la préservation.
  Dans ce contexte, Les enseignements tirés des événements passés doivent contribuer à améliorer les pratiques et à renforcer le principe de précaution chaque fois que la protection de la ressource l’exige.
  Enfin, les générations futures ne devraient pas avoir à subir les conséquences de décisions insuffisamment anticipées. Préserver durablement la ressource en eau, sécuriser l’alimentation en eau potable et renforcer la capacité de la commune à faire face aux épisodes climatiques extrêmes constituent aujourd’hui des responsabilités majeures, qui engagent l’ensemble des acteurs publics au service de l’intérêt général.

À suivre...
 
php 

USINES ÉOLIENNES DE « LANGRES SUD » ET DE « LE LANGROIS » : VOLS MORTELS POUR LE MILAN ROYAL...

 Épisode précédent : HAUTE-MARNE : ÉOLIENNES : DES ORNITHOLOGUES VENUS DE TOUTE LA FRANCE MESURENT LEUR IMPACT SUR LA FAUNE VOLANTE 

  On se souvient qu'il a été démontré, comme rappelé plus haut, que la mortalité récurrente et avérée des Milans royaux, d'autres espèces de rapaces ainsi que des chiroptères avait suscité l'inquiétude de la plus haute autorité de l'État dans le département. Celle-ci avait alors mandaté plusieurs ornithologues, venus de toute la France, afin d'établir un état des lieux de l'impact des usines éoliennes sur l'avifaune.
  Les deux nouveaux arrêtés préfectoraux complémentaires — APC, publiés à la mi-juillet confirment malheureusement que ce phénomène est loin d'être anecdotique : il s'agit d'une véritable tragédie !
 
  À noter qu'il s'agit encore d' APC et non de MISE EN DEMEURE, alors qu'ils n'en sont pas à leur première mortalité !
  La différence tient principalement à la nature de la décision et à son niveau de contrainte.
 
  - L' arrêté préfectoral complémentaire — APC, est un acte administratif par lequel le préfet modifie ou complète les prescriptions applicables à une installation classée — ICPE. Il peut être pris pour :
  • renforcer les mesures de protection de l'environnement ;
  • imposer de nouvelles prescriptions techniques ;
  • tenir compte de l'évolution de l'installation, des connaissances ou de la réglementation.
 L' APC n'est pas nécessairement une sanction. Il peut être adopté même en l'absence de manquement de l'exploitant.
 
  - La mise en demeure préfectorale est une mesure de police administrative prise lorsque l'exploitant ne respecte pas ses obligations — arrêté préfectoral, réglementation ICPE, prescriptions techniques, etc.,.
Elle :
  • constate un ou plusieurs manquements ;
  • fixe un délai pour se mettre en conformité ;
  • peut être suivie de sanctions si l'exploitant ne régularise pas la situation — astreinte, consignation de sommes, exécution d'office, suspension d'activité, voire sanctions pénales dans certains cas,.
  La mise en demeure est donc une mesure coercitive destinée à faire cesser une non-conformité.
 
  Pourtant, alors que les oiseaux et les chiroptères tués par les pales des éoliennes continuent de s'accumuler, la préfecture ne prend toujours pas la décision qui s'impose selon nous : l'arrêt définitif des usines éoliennes responsables1. Combien de mortalités officiellement recensées faudra-t-il encore avant que Mme la Préfète ne prenne cette décision ? Est-ce la rumeur persistante annonçant son départ au cours du mois d'août, qui nous laisse à penser que ses priorités se situent désormais ailleurs ?
 
1D'autant plus que, ces deux usines sont des récidivistes. Combien réellement d'oiseaux morts et non retrouvés au pied des éoliennes → charognards ?  
 
  Les APC de juillet sanctionnent deux usines, appartenant au même écornifleur du vent, représentant 34 éoliennes, dans le sud du département, voir la carte ci-devant : 
  • Langres sud — 26 éoliennes 
  • son extension, le langrois — 8 éoliennes
  Ces deux usines sont responsables, d'au moins, ... la mort de 3 Milans royaux. Ce qui porte le bilan officiel en Haute-Marne à... 34 individus morts.
 
 
 
 
 Source : DREAL GRAND EST. La carte n'est pas à jour → 13 avril 2026. L'usine le Langrois est en activité.
 
 1. LANGRES SUD — Aujeurres, Vaillant, Vesvres-sous-Chalancey, Leuchey, Baissey, Saint-Broingt-les-Fosses et Le Val d'Esnoms — mis en service en 2009.  L'exploitant actuel envisage un projet de repowering de ses aérogénérateurs, consistant à remplacer les 26 éoliennes existantes — 135 m en bout de pale, par 21 éoliennes de plus grande capacité, dont la hauteur en bout de pale serait comprise entre 165 et 180 m. L' avifaune a encore de quoi s'inquiéter...
 
 
 
 « Grandes orientations du renouvellement ». Source.
 
  - APC n° 52-2026-07-00131, du 15 juillet 2026 

 
 
 
 
 
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  Il est à noter que les autorités préfectorales n’ont pris un arrêté préfectoral complémentaire —APC, visant à remédier aux insuffisances des mesures de biomonitoring2 qu’après un délai... d’1 an ! 
  Le biomonitoring cherche à répondre à une seule question : les éoliennes ont-elles un impact sur l'état de conservation de la population du Milan royal ? Poser la question c'est y répondre... 
 
2. Pour protéger le Milan royal, trois niveaux d'action sont généralement mis en place.
  • La surveillance consiste à observer les oiseaux sur le terrain : où ils volent, où ils nichent et si des collisions avec les éoliennes se produisent.
  • Le biomonitoring est un suivi scientifique réalisé sur une période plus longue. Il permet de savoir si le parc éolien a des conséquences sur la population de Milans royaux — mortalité, reproduction, évolution des effectifs.
  • L'alerte est déclenchée lorsque des événements préoccupants sont constatés, par exemple la mort d'un Milan royal ou une fréquentation importante de la zone par l'espèce. Des mesures de protection, comme l'arrêt temporaire de certaines éoliennes, peuvent alors être mises en œuvre.
 
 
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 À nos yeux, les paragraphes 1 et 2 traduisent une volonté — éternelle ? de privilégier la poursuite de l'exploitation plutôt que l'application immédiate du principe de précaution. Pendant ce temps, le Milan royal, les autres oiseaux et les chauves-souris continueront de mourir au champ du déshonneur éolien !
 
 
 
 
  Le biomonitoring de l'administration doit correspondre ... aux heures de bureau : pas trop tôt le matin, par trop tard le soir et sur une partie de l'année seulement.  Des horaires qui ne correspondent pas toujours aux périodes d'activité les plus importantes de la faune3. Pour nous, opposants, cette méthode risque de sous-estimer les impacts réels sur les espèces protégées.
 
3. Dans le cadre d'un biomonitoring, les observateurs doivent généralement être présents sur le terrain. Un biomonitoring peut être considéré comme insuffisant si les observations humaines sont réalisées :
  • sur des plages horaires trop limitées;
  • en dehors des périodes de forte activité des oiseaux;
  • avec une fréquence trop faible;
  • sans tenir compte des conditions météorologiques favorables aux déplacements. 
 
 
   On demande aux agriculteurs qui louent leurs parcelles aux éoliennes, de travailler dans les créneaux horaires de l'administration : 9 h–16 h. Une contrainte qui semble ignorer que les stakhanovistes de la terre ne s'arrêtent pas de travailler à la fin des horaires de bureau, certains travaux se réalisant le soir, de nuit ou au lever du jour. Et pour vérifier que les consignes de bridage sont bien respectées par l'exploitant,, on confie le contrôle à... l'exploitant lui-même. La confiance règne…
 
 
 
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Conclusion
  Après près de 17 années d'exploitation de l'usine éolienne dit « Langres sud », il est pour le moins consternant de constater que l'administration en est encore à commander des études et des campagnes de biomonitoring pour tenter de comprendre les comportements du Milan royal, ses déplacements quotidiens et ses phases de migration post-nuptiale.
  Pendant toutes ces années, les impacts des éoliennes sur cette espèce protégée étaient connus. Pourtant, il semble qu'il faille encore accumuler les observations avant d'envisager de véritables mesures — arrêt définitif, permettant de réduire à néant le risque de collision avec les pales.
  Combien de temps faudra-t-il encore attendre avant de placer la protection de la biodiversité au même niveau que les intérêts privés des écornifleurs du vent ? La multiplication des études ne transforme-t-elle pas la connaissance en simple prétexte... à l'inaction ?
 
2. LE LANGROIS — Aujeurres, Vaillant et Vesvres-sous-Chalancey — mis en service 2024 — 8 éoliennes, 180m en bout de pale
  Comme dans le cas précédent, la préfecture se déjuge à nouveau, en reconnaissant que l'ensemble de ses mesures, pondues en 2024 — le bridage agricole, le suivi environnemental, le biomonitoring et le système d’alerte — est insuffisant pour protéger le Milan royal, ses semblables et les chauves-souris ! La seule satisfaction par rapport à Langes sud, c'est que le délai de réaction est plus court !... 
  Mais la vérité est que, cette usine récidiviste — déjà responsable de deux morts déclarées officiellement en à peine deux ans !2025-2026, va continuer de tourner comme si de rien n'était. N'est-ce pas là l'essentiel pour tous les écornifleurs du vent, d'ici ou d'ailleurs !? 

 

Inauguration de l'usine. Source.
 
- APC n° 52-2026-07-00130, du 15 juillet 2026  
 
 
 
 
 
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  À noter que, dans un élan de générosité de la préfecture, les périodes de présence imposées aux écologues sur les 2 sites, sont les mêmes — juillet à novembre. Quelle merveilleuse synergie pour éviter, certainement, à l'écornifleur du vent, de dépenser un centime de trop... Merci qui ? Merci la préfecture !  
 
 
 
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Conclusion
  Les APC des deux usines sont, à quelques détails près, des copies conformes. Dans les deux cas, la préfecture se déjuge, impose de nouvelles restrictions d’exploitation, puis confie le contrôle de la bonne exécution de ces mesures… à l’exploitant lui-même.
  Pendant ce temps, le Milan royal, ses espèces associées et les chiroptères peuvent continuer à disparaître en silence, pourvu que l’objectif administratif des 80 % d’éviction soit atteint4.
  Une logique où l’indicateur chiffré semble primer sur la réalité du terrain et sur la protection effective du vivant.
  « L’homme est un loup pour l’homme »… certes. Mais il semblerait qu’il puisse aussi l’être pour le reste du vivant.
 
4. « ... Ainsi, dans certains documents administratifs, à titre d’exemple, l' APC de « Haut de Conge », Vitry-lès-Nogent, Poinson-lès-Nogent et Dampierre, du 1er avril 2025 :
« ... le dispositif doit présenter, pour le Milan royal, un « taux d’efficacité à 80 % » dans certaines conditions de distance de détection., ... ».
  Autrement dit, l’objectif de la préfecture admet que, potentiellement, 20 % des oiseaux entrant dans la zone à risque pourraient être des victimes. ... » Source.
 
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SARREY /PROJET D' USINE ÉOLIENNE : LE CONSEIL MUNICIPAL RÉFLÉCHIT À UNE PARTICIPATION FINANCIÈRE

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