lundi 30 septembre 2019

Côte d'Or, Dijon : Thierry Coursin, un empereur de façades

dijoncter.info
12/09/2019





L’ex-directeur de cabinet de Rebsamen, devenu entrepreneur à plein temps après la privatisation sauvage de la société d’aménagement de l’agglomération dijonnaise en 2016, est propriétaire d’un bâtiment occupé par des migrants menacés d’expulsion actuellement.

Mafia ou pantomime ?
Depuis octobre 2018, plusieurs dizaines de personnes migrantes ont trouvé domicile dans les anciens locaux de la Caisse primaire d’assurance maladie (
CPAM) de Chenôve. L’an passé, quatre antennes CPAM de l’agglomération ont été regroupées en une seule entité désormais localisée au Centre Clemenceau. C’est la « Société Est-Métropole » (SEM) qui, à la suite de cette centralisation, est devenue propriétaire des immeubles vacants. Le président de cette société s’appelle Thierry Coursin, spéculateur et carriériste notoire, encore trop ignoré du grand public au regard de l’ampleur du fléau dont il est l’agent. Suite à la réquisition du bâtiment de Chenôve par les demandeurs d’asile, Coursin, homme de terrain malgré les millions qu’il brasse quotidiennement, s’était empressé d’aller faire une démonstration de ses talents sur place. Après avoir tenté de se faire passer pour le maire de la commune afin d’obtenir le droit d’entrer, il est sorti de ses gonds en se targuant de son titre de propriétaire, visiblement convaincu qu’un tel statut le plaçait au-dessus des lois réglant la vie du commun des mortels. Commençant à adopter une attitude menaçante, tout en mesurant son impuissance face aux personnes qui maintenaient le portail de l’enceinte fermé devant lui, il s’est illustré dans un domaine de son répertoire jusqu’ici méconnu : la comédie. Alors qu’une main, peut-être, frôlait la sienne à travers les barreaux pour lui suggérer de cesser ses simagrées et d’arrêter de secouer le portail, Thierry Coursin s’est effondré au sol. Les deux associés de forte corpulence qui l’accompagnaient eurent ce mot en l’aidant à se relever : « ça y est, on l’a notre agression ! ».

Était-ce pour se tailler une réputation de mafieux de l’immobilier prêt à monter au charbon que Thierry Coursin a offert une si médiocre prestation ? Ou, plus probablement, pensait-il accélérer l’évacuation du bâtiment en se victimisant devant une cour de justice ?
Sans être expéditive, la procédure judiciaire, qui risque de conduire à l’expulsion prochaine des actuels occupants de la CPAM de Chenôve, a été plus rapide que d’habitude dans ce genre de circonstances. C’est dans le contexte de cette menace imminente qu’il paraissait utile de mettre en lumière quelques éléments du parcours dijonnais de ce spéculateur né. 




vue de l’écoquartier Heudelet 

 
Du faste méditerranéen aux grands travaux bourguignons
Thierry Coursin est le genre de créature cauchemardesque qui donne l’impression que (((nos))) vies sont déterminées par un réseau de puissants machiavéliques jouant une gigantesque partie de Monopoly au-dessus de nos têtes.
Une simple recherche sur internet suffit pour entrevoir l’ample et inextricable architecture d’entreprises, de holdings, et de fonds divers, dans lesquels navigue ce genre de gros poisson. Au-delà des différentes fonctions qu’il occupe dans les conseils d’administration de plusieurs entreprises de l’immobilier et de l’aménagement, Thierry Coursin imbrique ses créations spéculatives dans un maillage touffu qui va des aéroports de Paris, que le gouvernement cherche d’ailleurs à privatiser en ce moment, jusqu’à des sociétés écrans situées au Luxembourg ,comme la « SACOMIE ».

Cependant, loin d’être retranché dans le monde de l’économie, Thierry Coursin a effectué un parcours remarquable dans les arcanes de la politique, en particulier à Dijon. C’est cet aspect qui nous intéressera ici. En la matière, notre homme est plutôt de l’espèce des éminences grises, agissant au côté des élus sans s’exposer au revirement de l’opinion publique. Employé et non élu dans diverses municipalités, il l’était sans doute pour donner une dynamique entrepreneuriale à la gestion des affaires publiques.
Au début de sa carrière, Thierry Coursin est diplômé en droit des affaires. Cette formation lui a visiblement permis de se familiariser avec la porosité entre le légal et l’illégal en matière de spéculation financière. Ironie banale, il fut nommé en 2012 au bureau national du Parti Socialiste à la commission national des contrôles financiers.
Au côté des municipalités, sa trajectoire semble débuter au Cap d’Agde dans les années 1990, pendant les mandats du maire Régis Passerieux. Il organise certains des grands événements de la commune, comme les jeux méditerranéens de 1993. Il est chargé de la réalisation de trois grandes expositions égyptiennes à succès qui participent à la promotion internationale de la station balnéaire. « Politique s’il en est, c’était l’homme des missions électorales de Régis Passerieux qu’il réussit à faire réélire en 1995 au premier tour, face, il est vrai, a une division marquée du camp adverse. » Hérault Tribune.


Dès le départ, il officie en mariant tractations politiques et grandiloquence spectaculaire.
À partir de 2001, puis pendant 11 ans, il est directeur de cabinet de François Rebsamen. Au cours de cette période sont entamés et parfois accomplis tous les grands travaux qui ont accéléré la, métropolisation, de la ville : tramway, LINO, éco-quartiers, etc.
Cette décennie paraît orienter ses inclinations vers l’aménagement urbain et l’immobilier. François Rebsamen le nomme en 2012 directeur de la SEMAAD alors en pleine crise morale et financière. La société d’aménagement de la ville est en effet touché par un scandale suite à un rapport de la chambre régionale des comptes qui pointe divers détournements budgétaires : nombre excessif de voitures de fonction, paiement d’amendes sur des trajets privés, factures régulières dans des restaurants de luxe, abonnement SNCF en 1re classe, etc.
Cette nomination à la tête de la SEMAAD moribonde va permettre à Thierry Coursin de se poser en gestionnaire moralisateur en occultant la dynamique de privatisation qu’il amorce immédiatement. C’est ainsi que commence le coup de force qui va le propulser à la tête d’un petit empire bâti sur la magouille, la spéculation et le détournement d’argent public. 


La privatisation de la SEMAAD
La SEMAAD est une société d’économie mixte, alliant des actionnaires privés et publics, créée en 1961 par la ville de Dijon afin de diriger les grands travaux d’aménagement de son territoire. Sa première œuvre fut la création du lac Kir. En 2009, un nouvel outil est crée par la ville afin d’assurer le même genre de fonctions : la SPLAAD. L’apparition de ce nouvel outil correspond à une transformation complexe de la législation européenne concernant la mise en concurrence et les irrégularités entre domaine privé et domaine public. La SPLAAD est également une société commerciale mais ses actionnaires sont exclusivement des collectivités, en l’occurrence celles de l’agglomération dijonnaise. Elle ne peut intervenir que pour le compte de ces collectivités, ce qui restreint son champ d’action par rapport à la SEMAAD, et n’a pas besoin d’être soumise à la concurrence lors de l’attribution de marchés.
Dès lors, la ville de Dijon se retrouve dotée de deux outils afin de mener à bien ses entreprises d’aménagement et d’urbanisation. Techniquement la SEMAAD aurait pu disparaître. Son maintien et sa transformation, avec Coursin et Rebsamen aux commandes, relèvent donc d’un choix politique et économique qui ne tient pas du hasard. Ils font le choix, probablement dès 2012, de créer un nouvel acteur de l’aménagement du territoire entièrement privé, donc plus libre et plus enclin à multiplier les grosses opérations risquées.
Ainsi à partir de 2012 et sous l’impulsion de Thierry Coursin, la SEMAAD, dont la ville de Dijon reste l’actionnaire principal jusqu’en 2016, commence à diversifier et à élargir ses activités « tant en matière de construction et de promotion pour le logement et le tertiaire que pour l’aménagement puisque nous répondons à une consultation de la communauté de commune d’ Auxonne » comme le déclare Coursin dès 2012. Au cours de cette interview au Bien Public, l’homme s’assume en entrepreneur ambitieux. Ses préoccupations consistent à « réaliser des opérations de logement » afin de « soutenir l’activité des entreprises de travaux publics et du bâtiment », d’ « accélérer le rythme de la production de dossier » afin de multiplier « la réalisation de zones d’activité économique pour l’accueil d’entreprises » dans la perspective d’entretenir l’attractivité de l’agglomération. 




présentation de la SEMAAD et de la SEM

En 2016, le mûrissement est achevé. Le volontarisme entrepreneurial pratiqué avec l’appui des finances publiques a conféré une nouvelle jeunesse à la SEMAAD. Elle est prête à voler de ses propres ailes. La privatisation est donc lancée, non sans remous.
Avec poigne, François Rebsamen détermine la vente de l’intégralité des actions possédées par les communes de l’agglomération en faveur de la Caisse d’épargne. Le scénario le plus probable était connu d’avance. Après cette première étape, la majorité des parts devaient être rachetées par une des sociétés créées par Coursin, la LCDP, elle-même dirigée depuis le Luxembourg par une autre société nommée SACOMIE. Mentir fait partie de la tactique qui accompagne cette privatisation forcée. Entre février et mai, Le Bien public, puis l’opposition de droite, mettent en lumière le conflit d’intérêts lié à la transaction alors qu’elle est encore en cours. Rebsamen dément publiquement quelques jours avant que le scénario dénoncé ne se déroule effectivement. Coursin de son côté affirme aux médias « vous n’aurez à aucun moment mon nom parmi les acheteurs des actions de la collectivité ». Effectivement il ne figure pas au conseil de la Caisse d’épargne et a pris la précaution de se retirer de la gestion de la LCDP le 30 avril, quelques semaines avant que la cession de la SEMAAD n’ait lieu.
En outre, divers membres de l’opposition auront beau dénoncer le manque de transparence, la précipitation générale et même l’occultation d’une autre offre de rachat plus intéressante que celle de la Caisse d’épargne, Rebsamen et Coursin qui ont pris de vitesse les institutions et la SEMAAD se trouvent propulser hors du giron public.
Thierry Coursin qui s’est maintenu au poste de directeur général, fait de la pédagogie. Au lendemain de la vente, il déclare que la SEMAAD est devenue « le premier opérateur immobilier tertiaire de l’agglomération de Dijon, avec 53% du marché », mais aussi que « l’activité immobilière suppose une prise de risque incompatible avec la gestion publique ».
La société aussitôt privatisée affiche son ambition interrégionale par son nouveau nom de baptême : SEM, soit Société Est Métropoles. De Dijon à Strasbourg en passant par Besançon, Lyon et peut-être Paris, la SEM ne propose pas simplement de l’immobilier : « le fil conducteur de notre métier est l’ingénierie financière des projets » toujours selon Coursin. « Nous n’avons pas vocation à faire uniquement de la promotion immobilière, mais à monter des projets qui contribuent au développement économique des territoires ». En témoignent l’Eco-quartier Heudelet, l’investissement dans le parc d’activité Valmy en particulier dans sa maison médicale, ainsi que les innombrables créations immobilières destinées à l’accueil d’entreprises et autres pépinières de start-ups.
Le récent rachat des quatre sites de la CPAM s’inscrit dans la lignée de cette histoire férocement libérale où construction immobilière, aménagement du territoire, volontarisme économique et spéculations en tous genre se marient harmonieusement. 


Boucler la boucle
En citant des informations plus ou moins établies, on pourrait dénoncer encore de Thierry Coursin plusieurs arrangements malhonnêtes qui font la routine des personnages de son acabit. Ainsi le financement douteux de son appartement de fonction lors de son mandat à la SEMAAD ou la construction d’une piscine dans sa villa dijonnaise, effectuée gratuitement par un promoteur immobilier local en échange d’une réduction des quotas imposés de logement social, selon une source proche des milieux aménageurs. On peut s’amuser de la prise de contrôle via les 500 000 euros investis en 2017 dans le golf de Beaune par le duo LCDP-Caisse d’épargne qui fut, on ne l’a pas oublié, aux manettes de la privatisation de la SEMAAD. 




projet du siège de la caisse d’épargne et parking ossature bois

Toutefois la palme revient à la dernière née des sociétés de l’empire Coursin : Forestarius. Celle-ci regroupe encore et toujours les mêmes protagonistes, la SEM, La LCDP, la Caisse d’épargne aux côtés d’autres acteurs du bâtiment dijonnais et d’un cabinet d’architecte. L’ambition ? Créer une filière innovante dans le bâtiment : la construction en bois. Les deux premières réalisations ? Un giga-parking démontable et... le siège de la Caisse d’épargne elle-même, le tout au parc Valmy.

La boucle est bouclée, et il paraît désormais désuet de s’offusquer de ce qu’on imagine être une série d’arrangements entre gens qui ont fait du cynisme lucratif leur métier. Aujourd’hui, nous ne prétendons guère plus que de faire connaître les forces de l’ennemi et d’éclairer le contexte qui rend possible la prospérité de son entreprise de spéculation.

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Hydrogène : perspectives pour les énergies renouvelables

connaissances des énergies
Source : Irena

Commentaire :  Vert l'infini et au-delà où l’hydrogène « vert » aux coûts de production élevés et aux besoins d'infrastructure énormes.
L'utopie a un prix, contribuable/consommateur, prépares-toi à passer, encore, à la caisse! 
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Près de 95% de la production mondiale d’hydrogène(1) est actuellement générée à partir de combustibles fossiles, l’hydrogène est dans ce cas souvent dit « gris ». Les émissions de CO2 associées à cette production équivaudraient à celles de l’Indonésie et du Royaume-Uni combinées selon l’Irena (International Renewable Energy Agency)(2).

Dans ce rapport en anglais publié le 25 septembre, l’Irena rappelle ainsi que le potentiel du vecteur hydrogène pour décarboner certains usages(3) dépend au préalable de la manière dont il est produit. L’Agence y évoque les conditions de développement(4) de la production d’hydrogène dit « vert », produit par électrolyse en utilisant de l’électricité d’origine renouvelable, (5) mais aussi « bleu »(6), produit à partir de combustibles fossiles mais en y associant un dispositif de capture et de stockage du CO2).

L’Agence fait entre autres état de « synergies importantes » existant entre la production électrique intermittente d’unités de productions renouvelables et l’hydrogène : ce vecteur « semble sur le point de devenir la solution la moins coûteuse pour stocker de grandes quantités d’électricité durant des jours, des semaines ou même des mois » et pourrait dans ces conditions contribuer à améliorer la flexibilité des réseaux électriques, en utilisant les surplus de production d’installations renouvelables.

L’Irena fait toutefois état des nombreux défis auxquels reste confrontée la filière de l’hydrogène « vert » pour participer à la transition énergétique mondiale, à commencer par ses coûts de production élevés, par rapport au procédé de vaporeformage de combustibles fossiles, et les besoins d’infrastructures. Selon l’Agence, l’hydrogène devrait ainsi jouer « un rôle modeste dans la prochaine décennie […] mais apporter une contribution substantielle à l’horizon 2050 », grâce aux futurs réductions de coûts attendues pour la production par électrolyse et aux progrès d’efficacité des électrolyseurs.

Selon les estimations de l’Irena(7), l’hydrogène pourrait compter pour 8% de la consommation mondiale d’énergie finale à l’horizon 2050.


 

Selon l'Irena, les coûts de production de l'hydrogène « vert » pourraient être divisés par 3 entre 2018 et 2050. (©Connaissance des Énergies, d'après Irena) 

Lire l'étude :

 

Sources / Notes

1. À l’heure actuelle, près de 120 millions de tonnes sont annuellement produites dans le monde selon l’Irena, dont deux tiers sous forme d’hydrogène « pur » et un tiers en mélange avec d’autres gaz. Les deux tiers de cette production sont consommés dans le cadre d’opérations de raffinage pétrolier ou de production d’ammoniac.
2. L’Agence contribue à une initiative du Forum économique mondial visant à faire participer ce vecteur à la transition énergétique mondiale.
3. L’Irena fait notamment état de 225 000 piles à combustibles résidentielles installées dans le monde à fin 2018 (Japon). Près de 11 200 véhicules à pile à combustible seraient par ailleurs en circulation à fin 2018 (avec 380 stations de recharge).
4. L’Irena cite en exemple les objectifs fixés par la France en matière de développement d'hydrogène bas carbone. Le projet de loi relatif à l'énergie et au climat adopté fin septembre 2019 prévoit notamment de « développer l’hydrogène bas carbone et renouvelable et ses usages industriel, énergétique et pour la mobilité, avec la perspective d’atteindre environ 20 à 40 % des consommations totales d’hydrogène et d’hydrogène industriel à l’horizon 2030 ».
5. L’agence présente les différents projets de production d’hydrogène « vert » à l’étude ou en cours, en particulier en Allemagne.
6. La production d’hydrogène « bleu » peut également jouer un rôle de la transition énergétique selon l’Irena, dans les zones disposant de réserves de combustibles fossiles à bas prix, de sites de stockage pour le CO2 et de gazoducs pouvant être convertis pour le transport d’hydrogène.
7. Scénario REmap de l’Irena. 



Fessenheim : le sacrifice expiatoire d’un serviteur dans la force de l’âge

Jean Pierre Riou
29/09/2019



Ce 26 septembre, le couperet vient de tomber sur la doyenne des centrales nucléaires françaises.
C’est désormais décidé, un premier réacteur de la centrale de Fessenheim s’arrêtera en février 2020, et le second en juin.

Pourtant, l’Autorité de sûreté nucléaire considérait encore en 2018 [1] que ses performances en matière de sûreté nucléaire, la « distinguent de manière favorable par rapport à la moyenne du parc ».
Mais son grand âge est évoqué dans les médias.

Un regard Outre Atlantique remet en perspective les 40 ans de Fessenheim.

Quarante ans, la force de l’âge des réacteurs américain
s
Aux États-Unis, l’exploitation commerciale des réacteurs nucléaires est régie par l’attribution de licences délivrées pour une période initiale de 40 ans.
Cette période initiale est déterminée pour raison explicitement « économique et antitrust » et non en raison d’une quelconque limite « liée à la technologie nucléaire ».[2]

Si l’installation satisfait aux normes de sécurité de l’
United States Nuclear Regulatory Commission (U.S.N.R.C), le propriétaire peut solliciter une prolongation de 20 ans d’exploitation supplémentaire.
A l’issue des 60 ans d’activité ainsi cumulés, une nouvelle licence de 20 ans, subsequent license renewal[3],  peut prolonger son exploitation à 80 ans.

C’est l’exploitant qui décide de déposer, ou non, la demande de prolongation.

Au 1er septembre 2019, 89 des 97 réacteurs en activité aux États-Unis avaient déjà obtenu leur licence de 20 ans supplémentaires, [4] tandis que 5 réacteurs, dont la licence avait été renouvelée, avaient cessé leur activité pour cause économique.
La carte ci-dessous illustre cette situation.





(Illustration U.S.N.R.C)


Une exploitation commerciale de 80 ans

D’autre part, six demandes de prolongation d’exploitation à 80 ans ont déjà été déposées :
Celles de Turkey Point 3 et 4, de Peach Bottom 2 et 3 et de Surry Units 1 et 2 [3]

Un gâchis industriel

Les investissements initiaux sont largement amortis après 40 ans d’activité et le prix du combustible représente une part infime du MWh produit. La fermeture de Fessenheim prive ainsi EDF de revenus conséquents.
Mais après avoir été une promesse de campagne du candidat Hollande, cette fermeture était devenue hautement symbolique. Et son exécution conditionne le paysage électoral, à l’instar de la fermeture de Superphénix, en son temps.

Un serviteur fidèle et pilotable
En aout 2018, un rapport de la Fédération allemande de l’énergie [5] alertait sur la dangereuse érosion des moyens de production électrique en Europe et en octobre, les 10 principaux acteurs européens de l’énergie signaient un appel commun [6] sur la sécurité d’approvisionnement qui envisageait la fin de la solidarité européenne en cas de pénurie.

Les moyens pilotables sont en effet indispensables à la sécurité d'approvisionnement en cas de période prolongée de grand froid sans soleil et sans vent.
De telles périodes, qui représentent une épée de Damoclès sur le réseau européen, et que l’Allemagne nomme « Dunkelflaute », donnent à celle-ci des sueurs froides, telles que celles du 24 janvier 2017.[7]

Un non sens écologique

Alors que la réduction des émissions de CO2 est érigée en priorité nationale, on ne peut que déplorer la fermeture d’une centrale nucléaire en parfait état de fonctionnement, parallèlement à la construction de la nouvelle centrale à gaz de Landivisiau.[8]
En effet, selon RTE, chaque MWh produit par de telles centrales (CCG) émet 359 kg de CO2 [9], tandis que c'est grâce au nucléaire, qui n'en émet pas *, que le mix électrique français est décarboné à plus de 90% depuis un quart de siècle [10].

C’est ainsi que le véritable sacrifice de la centrale de Fessenheim, pour une raison sans lien avec sa sécurité d’exploitation, est déplorable tant sur le plan économique et environnemental que sur celui de la sécurité européenne d’approvisionnement électrique.

* Dans les calculs d'émissions, le nucléaire, comme l'éolien ou le solaire, sont considéré sans CO2.
L'étude de leur cycle complet, comprenant les émissions liées à la construction, l'extraction et l'enrichissement d'uranium notamment, trouve cependant la trace d'émissions qui leur sont imputables.

D'après les données du GIEC,[11] la valeur moyenne des émissions du cycle complet de l'éolien est de 11gCO2/kWh, celle du solaire de 41-48g/CO2/kWh, et celle du nucléaire de 12gCO2/kWh.
Cependant, ce cycle complet du nucléaire est particulièrement bas en France, grâce au procédé d’enrichissement par centrifugation et au peu d’émissions de l’électricité française.
Il a été chiffré à 5,45gCO2/kWh par l’étude de Poinssot et al 2014.[12]


1 https://www.asn.fr/L-ASN/L-ASN-en-region/Grand-Est/Installations-nucleaires/Centrale-nucleaire-de-Fessenheim
2 https://www.nrc.gov/reading-rm/doc-collections/fact-sheets/fs-reactor-license-renewal.html
3 https://www.nrc.gov/reactors/operating/licensing/renewal/subsequent-license-renewal.html
4 https://www.nrc.gov/reactors/operating/licensing/renewal.html
5 https://www.bdew.de/presse/presseinformationen/kraftwerks-kapazitaeten-der-europaeischen-union-schmelzen-dahin/
6 https://www.energie-nederland.nl/app/uploads/2018/10/scan-signed-appeal-181010.pdf.
7 https://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/oekostrom-knapp-panikmache-mit-der-dunkelflaute-a-1133450.html
8 https://www.ouest-france.fr/bretagne/landivisiau-29400/centrale-gaz-de-landivisiau-siemens-confirme-la-construction-6506305
9 https://www.rte-france.com/fr/eco2mix/eco2mix-co2
10 http://lemontchampot.blogspot.com/2019/01/2019-la-fuite-en-avant.html
11 https://e-rse.net/co2-kwh-electricite-france-mix-electrique-271675/#gs.6dpkmy
12 https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0360544214002035


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dimanche 29 septembre 2019

Les Haut-Marnaises, victimes de la Terreur, Gabrielle-Marie-Josephe de Rose, comtesse de Montarby, épisode II


Baron de L'Horme, Les Haut-Marnaises victimes de la Terreur, p. 19-25, Les Cahiers haut-marnais, n°36, 1er trimestre 1954, Chaumont.


Gabrielle-Marie-Josephe de Rose, comtesse de Montarby, était née le 31 mai 1743, en Bassigny, au château de Dammartin-sur-Meuse, sur la terre acquise en 1709 par son arrière-grand-père, François de Rose, maréchal de camp, érigée en marquisat en 1720 pour son grand-père Louis-Joseph de Rose, et qui appartient aujourd'hui à son arrière-petit-fils, le Commandant Gabriel de Montarby (1). Elle vint au monde, cinquième des six enfants de Nicolas-François Anne, marquis de Rose-Dammartin, seigneur de Dammartin, Provenchères-sur-Meuse, Doncourt, Fresnoy et en partie d' Avrecourt. Forfillières et Maulain, et de Gabrielle-Antoinette de Poutier de Saône, par son père, qui présida les réunions de l'ordre de la noblesse du baillage de Langres en 1789, elle descendait de Guillaume de Rose, mort en 1544, lequel fut président au Parlement de Saint-Mihiel, bailli de Joinville, procureur des habitants de Chaumont, et dont le petit-fils, Guillaume Rose, doyen du Chapitre de Chaumont, fut, en 1584, évêque de Senlis, où lui succéda, en 1602, son neveu Antoine de Rose, qui devint évêque de Clermont en 1612. Par sa mère, elle appartenant à la famille franc-comtoise des de Poutier, seigneurs de Saône et autres lieux, mentionnée dès 1556, et dont la branche aînée s'est éteinte dans notre Bassigny, en 1915, par la mort à Fresnoy du Comte Achille de Poutier. L'aîné de ses frères, François-Nicolas-Gabriel de Rose, lieutenant-colonel de dragons (2) et chevalier de Saint-Louis, mort en 1814, épousa Thérèse-Eléonore du Pasquier de Maizon, sa cousine germaine, et en eut cinq enfants qui ne laissèrent pas de descendance.

Le second, Charles-Joseph, officier au régiment des gardes lorrains, chevalier de saint-Louis, mort en 1815, épousa Barbe-Nicole Girault, tante de Mme de Trestondan. De ce mariage sont nées : Mme Girard de Chambrulard, femme du fondateur de la salle d'asile de Langres, et la baronne de Tricornot dont les descendants ont relevé le nom de Rose éteint en 1845. 

De ses trois sœurs, l'une mourut au berceau, l'autre Hyacinthe-Gabrielle-Claire mourut à 19 ans, en 1755, ayant épousé, l'année précédente, Jean-Baptiste Dubois, seigneur d' Orain ; la dernière, Gabrielle Rose, décéda en 1820, sans enfant de son mariage avec Marie-Joseph-Gabriel Chevillé de Champigny, président prévôt et chef de police en la prévôté de Coiffy.

Gabrielle-Marie-Josephe épousa, en l' église de Dammartin, le 22 novembre 1763, un gentilhomme du voisinage, Etienne-Louis, comte de Montarby, chevalier, seigneur de Dampierre et de Charmoilles en partie. Elle s'alliait à l'une des plus anciennes familles du pays langrois, peut-être originaire de Lorraine, ou peut-être plutôt issue des sires de Nogent-le-Roi dont elle porte les armes, et qui, dès le XIVe siècle, possédait un fief à Dampierre. Le château en appartient aujourd'hui à Mlle Philpin de Rivières, fille d'une Montarby. rare exemple d'un domaine resté depuis plus de cinq siècles l'apanage de la même famille (3).


 château de Dampierre

Le comte de Montarby était né le 29 décembre 1729, au château de Charmoilles, propriété de sa famille depuis le mariage, vers 1400, de Philippe de Montarby, seigneur de Dampierre avec Étiennette de Charmoilles. Il était le fils de Jean-Baptiste de Montarby, chevalier, seigneur en partie de Charmoilles, mousquetaire du roi en la deuxième compagnie, capitaine au régiment d' Agenais et de Marguerite Millet de Marcilly. Il avait deux sœurs plus âgées que lui : François-Catherine, qui fut ursuline à Langres ; Catherine-Joséphine, qui ne se maria pas ; et un frère cadet, Claude-Antoine, qui fut vicaire de Coiffy-le-Haut, puis chanoine de Langres.

Comme tous ceux de son nom, il fut d'épée. Il entra au service dès le 28 septembre 1745, c'est-à-dire à 16 ans, comme sous-lieutenant au régiment de Montmorin infanterie, devenu régiment d' Île-de-France en 1762. Il y fut, le 1er août 1747, capitaine d'une compagnie de nouvelle levée ; il passa capitaine en pied en 1759, démissionna à la fin de 1762, eut sa retraite en avril 1763, et revint à Langres. Il était chevalier de Saint-Louis, avait assisté aux batailles de Raucoux (1746) et de Laufeld (1747) et avait été blessé au siège de Berg-op-Zoom en 1747. 

En 1765, naquit à Langres son premier enfant, Jeanne-Claude-Gabrielle, qui ne se maria pas et mourut à Plombières en 1815. L'année suivante, ce fut son fils, Nicolas, né aussi à Langres, mais qui mourut à Dampierre, n'ayant que trois semaines, et fut inhumé en l'église du village, "au devant de la chapelle Saint-Nicolas", au "lieu et place des seigneurs". Marie-Thérèse vient ensuite, qui naquit à Langres en 1767, fut baptisée deux ans plus tard à Dampierre, et mourut jeune.
Les quatre autres enfants du comte de Montarby sont nés au château de Dampierre.
Nicolas-Laurent, venu au monde en 1769 (4), sous-lieutenant au régiment Royal Dragons, puis dans la garde de Louis XVI ; il émigra après les massacres de septembre, servit à l'armée de Condé, fut de l' expédition de Quiberon, rentra en France en 1800, et fit les campagnes de 1813 et de 1814 comme capitaine dans les gardes d'honneur ; nommé commandant militaire de la Martinique en 1817, il y mourut l'année suivante, ne laissant de son mariage avec Joséphine Dupont de Compiègne qu'une fille morte  à paris en 1823, au couvent du Sacré-Coeur, dont elle fut une des premières élèves.
Louis-Charles-Marie, né en 1770, mort à Auxerre en 1850, lieutenant au régiment de Navarre infanterie en 1791 ; il démissionna en octobre 1791, émigra à l'armée des Princes, et rentra, comme son frère en 1800 ; il épousa Louise-Françoise-Césarine de Valoris, et leur descendance est représentée  de nos jours pour leur arrière-petit-fils, le commandant aviateur Paul de Montarby, dont le frère cadet, Jean, est tombé pour la France en Macédoine en 1917 (5).
Gabrielle-Joséphine-Euphrasie, née en 1772, admise à Saint-Cyr en 1781. Elle fut l'amie d' Élisa Bonaparte, princesse Bacciochi, qui la fit lectrice de Madame Loetitia ; elle mourut à Langres sans alliance, en 1859.
Le septième et dernier enfant, Jean-Antoine dit "Tony", né en 1780, mourut en à Dampierre en 1863, ayant fait les campagnes de l' Empire et pris sa retraite comme chef d'escadron de la Vieille Garde, officier de la Légion d' honneur et chevalier de Saint-Louis ; de son premier mariage avec Mlle Verronssat est né le général Antoine-Louis-Claude de Montarby, propriétaire du château de Dammartin ; - de sa seconde union, contractée avec Mlle de Simony, sont nés : un fils, Oswald, tué au Mexique le 11 janvier 1865, chef d'escadron au 1er Chasseurs d' Afrique, et une fille mariée à M. Philpin de Rivières.

Le calme de la vie familiale ne tarda pas à être troublé par les prodromes de la Révolution. Lorsque se réunirent les assemblées bailliagères en 1789, le comte de Montarby y fut convoqué dans l'ordre de la noblesse, tant à Chaumont, comme seigneur de Dampierre, qu'à Langres comme seigneur de Charmoilles. Sans doute ne prévoyait-il pas les jours sombres qui se préparaient ou du moins se croyait-il en sûreté dans sa terre ancestrale, au milieu des gens à qui il n'avait fait que du bien, distribuant secours et remèdes aux indigents que sa femme visitait. Mais les idées nouvelles fermentaient, et il suffit de quelques exaltés pour entrainer toute une population contre les ci-devant seigneurs. les vexations commencèrent bientôt. M. de Montarby  dut fermer son colombier, souvenir du privilège féodal, et il vit marteler ses armoiries au fronton de son château. Le 17 mai 1790, il fut "assommé à la chasse par quatre inconnus" et dut quitter Dampierre pour aller se faire soigner à Langres. Il y revint le 1er septembre, mais ce fut pour en partir à nouveau dès le 3, "ayant été pourchassé et tiré de deux coups de fusil de la part de deux habitants".

Quatre ans se passent. Bien des têtes sont déjà tombées. Au début de cette année 1794, le marquis de Bologne et le baron de Marivetz sont montés à l' échafaud. L'inquiétude est partout, et les basses vengeances, les rancunes se donnent libre cours, encouragées par par l' attitude du maire de Langres, Pierre Varaigne, que le général de Piépape a pu justement, dans un de ses ouvrages, appeler : "Le Robespierre de Langres". M. et Mme de Montarby avaient été inscrits en 1793 sur la liste des suspects avec nombre de personnes des plus honorables de la ville. Le 22 floréal an II (11 mai 1794), ils furent dénoncés par un groupe d'habitants de Dampierre au Comité de Surveillance de la commune. Le 9 prairial (28 mai), Bragard, agent national près l'administration  du district de Langres, invita le Comité de Surveillance de la section du couchant de cette ville à commencer l'instruction contre M. de Montarby, détenu en la maison de réclusion, et contre sa femme.

Les principaux griefs d'accusation relevés contre lui sont : d'avoir menacé et maltraité des gens de Dampierre qu'il aurait traité de F... bêtes ; d'avoir tiré sur eux ; de leur avoir tué des chiens, chats, poules et chèvres ; d'avoir fait voler des claies dans les bois communaux ; d'avoir refusé de payer ses ouvriers et ses domestiques ; de s'être opposé à la fermeture de son colombier et à l'enlèvement de ses armoiries ; d'avoir traité la Nation de s... marâtre ; d'avoir dit que les Assemblées Nationales étaient composées d'un tas de gueux et de coquins ; d'avoir traité les volontaires de brigands. En outre, il est soupçonné d'avoir favorisé l'émigration de ses fils et est représenté comme "un homme violent, dangereux et emporté".
Le 12 prairial (31 mai), Nicolas Glépin, gendarme à Langres, porteur d'un mandat d'arrêt délivré la veille par le Comité, se rend à Dampierre et y donne assignation aux dénonciateurs d'avoir à se trouver le lendemain, à 7 heures du matin à Langres, en la maison ci-devant Écoles chrétiennes, pour y être entendus dans l'instruction ouverte contre les époux de Montarby. Quatorze sur vingt-deux se présentèrent.
Le 14 (2 juin), le Comité ordonne l'interrogatoire des prévenus et, le jour même, M. de Montarby comparait devant lui, à 2 heures de l'après-midi, amené par le commandant de la Garde Nationale  de Langres, Desgrey. Il se défend de son mieux, repoussant avec fermeté les allégations portées contre lui ; mais que pouvait-il contre des juges décidés à ne pas l'entendre?
Le lendemain, le même Desgrey amène au Comité Mme de Montarby, dont l'interrogatoire, commencé à deux heures, ne prit fin qu'à six heures et demie du soir.

Le premier grief qui lui fut fait est d'être allée, avec son fils, chez divers habitants de Dampierre pour leur reprendre la pêche qu'ils avaient faite dans la rivière. Elle répond que ce poisson, bien qu'il ait été pris dans la rivière appartenant à son mari, elle l'a payé, en ayant besoin, au pêcheur Pierre Thomas. C'était en juin 1790. Son fils n'a pas menacé le paysan de ses pistolets, et jamais elle n'a répondu à ce dernier, qui aurait prétendu avoir autant qu'elle le droit de pêcher en vertu des décrets, qu'elle se f.... des décrets de la Nation, que la Nation serait bientôt f...., étant composée de f.... canailles, et qu'elle-même aimerait mieux avoir le cou coupé que de céder. Revenue de Langres à Dampierre avec son mari en septembre 1790, c'est parce qu'elle eut peur de le voir insulté par des volontaires du village qu'elle fit un jour seller un cheval et le lui donna pour lui permettre de leur échapper par une porte de derrière.
Mais un domestique, ayant vu la place vide à l'écurie, cria : " Nous sommes vendus! aux armes! aux armes!". Deux hommes s'élancèrent sur les traces de M.de Montarby et tirèrent sur lui. Mais le fusil de l'un des deux fit long feu, la platine de celui de l'autre se détacha, et ils ne purent l'atteindre.
Mme de Montarby proteste n'avoir pas dit que, plutôt que de se soumettre aux lois de l' Assemblée Nationale, elle préférait qu'on lui coupât les bras jusqu'aux coudes et les jambes jusqu’aux genoux. 
Son colombier? Elle l'aurait fermé ; mais les gens de Dampierre lui avaient déjà tué tous ses pigeons.

Son fils, lui est-il été demandé, n'a-t-il pas un dimanche, en 1789, frappé un homme de Dampierre qui lui aurait dit : "Est-ce à cause du décret qui abolit les colombiers que vous me frappez?" Et n'a-t-elle dit alors à son fils : "Il faut, une autre fois, lui f.... un coup de fusil à travers les fesses, c'est un gueux qui tue nos pigeons"? Elle répond que tout cela n'est qu'imposture et qu'elle n'a jamais dit : "Le décret qui abolit les colombiers ne réussira pas, et nous nous défendrons jusqu'à la mort".

Lorsque, sur l'ordre de la municipalité, les armoiries furent effacées au devant du château, n'a-t-elle pas dit à ses domestiques : "Laissez-les faire, laissez-les monter, les gueux et les coquins, nous les arrangerons ; tous ceux qui seront de mon parti, je les cacherai, je les sauverai, je nourrirai leurs femmes et leurs enfants, et les autres seront écrasés"?Elle s'en défend, assure que la municipalité ne l'a jamais invitée à enlever ses armoiries, qu'elle a regardé faire, demandant seulement s'il y avait un décret prescrivant cette destruction, afin de s'y conformer de suite, et ajoutant : "Quand vous les jetterez bas, votre pot en sera-t-il plus gras?"

Elle est accusée d'être allée à divers reprises, les dimanches et jours de fêtes, dans les villages voisins de Dampierre, dire aux habitants qu'elle avait des lettres de Mgr de la Luzerne, ancien évêque de Langres, et qu'ils seraient damnés s'ils croyaient aux décrets de l' Assemblée. Mais elle nie toute correspondance avec l'évêque et déclare qu'elle n'allait pas ailleurs qu'à Charmoilles où l'appelait le soin de ses propriétés, et qu'elle "n'a point parlé de ces choses là". 

Questionnée sur ses fils, elle répond qu'elle en a eu trois. L'aîné, âgé de 25 ans, est entré en service  comme sous-lieutenant au Régiment Royal Dragons en 1787, en est sorti lors de la formation de la garde à cheval du ci-devant roi, et s'est rendu directement de sa garnison  à Paris, ne s'arrêtant à Langres que pour y coucher, et sans passer par Dampierre. Aussi bien, le croit-elle mort, car elle est sans nouvelles de lui depuis août ou septembre 1792 (6).
Le second, Charles, âgé de plus de 23 ans, est parti pour Malte en septembre 1791, et l'on ignore ce qu'il est devenu.
Quant au troisième, qui n'a que treize ans et demi, il est à Langres, chez l'instituteur Guillaume.
Elle assure que ses fils aînés n'ont pas émigré et qu'elle n'a jamais poussé personne à le faire.

On l'accuse d'avoir, en 1792, engagé ses voisins à se réunir chez elle pour y faire la prière? Ne leur disait-elle pas, la nuit, qu'il lui semblait entendre le canon? Ne s'en réjouissait-elle pas, voyant déjà les patriotes écrasés et disant : "Ne m'abandonnez pas, j'ai du pain, vous n'en manquerez jamais et nous écraserons tous ces gueux-là, j'ai leurs noms en écrit?" Elle répond que tout cela est faux.
N'a-t-elle pas reçu des prêtres assermentés et des aristocrates en les faisant passer par une porte de derrière pour les soustraire aux yeux de la commune de Dampierre? Elle répond que ceux qu'elle a reçus, c'était par la porte d'entrée, et non par celle de derrière.
N'a-t-elle pas dit sur un ton ironique : "Ça ira, ça ira, mais c'est autrement que vous ne pensez, les Français soutiennent une guerre injuste". Et, ce disant, n'affectait-elle pas " de montrer son derrière"? Elle proteste n'avoir jamais dit ces propos, "ni jamais montré son derrière".

En octobre 1792, quand l'ennemi était dans les plaines de Châlons, n'a-t-elle pas à Changey, le jour de sa fête, au cours d'une rixe où les patriotes eurent le dessous, donné de l'argent à ceux qui les avaient maltraités, et n'a-t-elle pas dit : "Courage, mes enfants, l'ennemi approche. Bannes, Neuilly et Changey, seront préservés. Dampierre et les autres seront écrasés"? elle répond qu'elle ignorait la présence de l'ennemi en Champagne, qu'elle n'a pas donné d'argent et qu'elle disait aussi bien aux paysans de Dampierre qu'à ceux des autres villages : "Bonjour, mes enfants ; bonjour braves gens". 

Elle nie avoir dit, en 1792, à une femme qui venait chercher des remèdes au château : "Voyez, ma chère, je suis plus haute en noblesse que je ne l'ai jamais été!

Accusée d'avoir voulu former un parti, offrant aux gens de les nourrir ainsi que leurs femmes et leurs enfants, et leur disant que mieux valait aller à la messe dans les bois que d'assister à celles des prêtres constitutionnels, elle s'en défend formellement, ajoutant qu'elle ne s'est jamais offerte à nourrir qui que ce soit ni ses enfants, ayant assez des siens.
Elle proteste n'avoir jamais dit que les prêtres constitutionnels étaient des scélérats, tous calvinistes, que sous peu, ils périraient tous et qu'on ne parlerait plus de la Nation.

Il lui est reproché d'avoir dit, en 1792, que sa noblesse était petite, mais qu'elle espérait qu'elle deviendrait plus grande, qu'elle se f.... du peuple, et qu'elle aimerait mieux avoir la tête coupée que de céder. c'est dit-elle, un mensonge et elle ajoute qu'elle n'est pas "assez bête pour tenir pareil propos". À une autre accusation, elle répond qu'elle n'est pas assez barbare pour avoir engagé son mari à "donner des coups de fusil aux gens de Dampierre qu'elle aurait tous traités de gueux."

Enfin elle se défend d'avoir tenté de provoquer le rétablissement de l'ancien régime et d'avoir dit que les nobles avaient le bras plus long que la Nation.

Ce long interrogatoire s'achève enfin ; elle en signe le procès-verbal à chaque page avec les membres du Comité, reconnaissant qu'il contient vérité, et affirmant qu'elle persiste dans ses dires et qu'elle n'a rien à y ajouter.

Arrêt est aussitôt rendu, portant que Gabrielle rose, femme Montarby, sera arrêtée et conduite à la maison d’arrêt, comme prévenue d'avoir tenu des propos contrerévolutionnaires tendant à l'avilissement de la représentation nationale et des autorités constituées. C'est encore Desgrey qui l' emmène et qui la conduit à l'ancien couvent des Ursulines, où sont détenues les femmes. 

Trois jours plus tard, le 18 prairial (6 juin 1794), Bragard adressait les pièces à Fouquier-Tinville qui dès le 22, donnait l'ordre d'envoyer les accusés à Paris. Le 27, Bragard mandait "au citoyen Duchoul, lieutenant de la gendarmerie nationale à Langres, de faire transférer sur le champ et sous sa responsabilité, de la maison d'arrêt de Langres en celle de la commune de Paris près le Tribunal révolutionnaire, les nommés Etienne-Louis Montarby et Gabrielle Rose, sa femme, prévenus de crimes contrerévolutionnaires.Les citoyens gendarmes chargés de la conduite seront tenus de rapporter bonne et valable décharge de la remise des prévenus dans la maison d'arrêt du Tribunal révolutionnaire". Le 28, Duchoul donnait l'ordre d'extraire dès le lendemain, de la maison d'arrêt de Langres, les deux accusés pour être conduits à Paris, "par deux gendarmes nationaux des brigades de Langres et de Prauthoy, à qui il sera accordé 30 sols par lieue en allant et revenant, et l'étape pour un jour seulement". 

M. et Mme de Montarby ne s'illusionnaient pas sur leur sort. Séparés de leurs enfants, c'est un dernier et touchant adieu qu'ils leur envoient par ces lettres datées du 28 prairial (16 juin 1794).
M. de Montarby écrivait :
"Nous partons demain pour Paris, mes très chers enfants, n'en prenez aucun chagrin, nous suivrons les décrets de la Providence. Remerciez-la avec nous de la grâce, qu'elle daigne nous accorder.
Si elle nous appelle à elle, c'est pour sa gloire et notre bonheur. Si elle nous rend à vous, c'est pour l'adorer ensemble et mériter un jour le ciel où nous aspirons tous. Je vous engage à nous imiter en pardonnant à nos ennemis et en cherchant plutôt à leur faire du bien qu'à vous venger du mal qu'ils veulent nous faire. C'est l'exemple que vous a toujours donné votre respectable de mère. Vous ne pouvez mieux faire que de l'imiter. Nous prions Dieu de vous bénir, et de vous prendre sous sa sainte garde.
Nous vous donnons notre bénédiction et nous recommandons à vos prières et à celles de vos compagnes à qui j'offre ma reconnaissance et mon respect.
À Dieu, mes chers enfants. Je vous embrasse aussi tendrement que je vous aime. Je suis votre bon père.
E-L de Montarby"

La même fermeté, la même résignation, la même confiance en Dieu se reflètent dans la lettre de la mère :
"Allons, du courage, mes chers enfants. Dieu nous a fait la grâce de nous en accorder en pardonnant à nos ennemis. Nous partons demain pour Paris. Regardez cet évènement comme une faveur du ciel sous tous les rapports. Si nous sortons victorieux, c'est une épreuve ; si nous succombons, c'est pour la gloire de Celui qui conduit tout et qui par là veut notre satisfaction. Priez-le qu'il vous l'accorde ; quant à nous, mes très chers enfants, je ne puis trop vous recommander le pardon aux délateurs et je vous prie de le recommander de même à toux ceux qui voudraient nous venger. Si jamais vous êtes à portés de faire du bien, que ce soit particulièrement à ceux qui nous ont calomniés. Et vous, soyez toujours craignant de l'Être suprême, n'oubliez jamais les principes que vous avez reçus de religion d'honneur, de délicatesse. Soyez unis entre vous, aimez-vous cordialement, soyez doux, humbles et tous religieux et soumis à vos supérieurs. Oubliez les torts que j'ai pu avoir avec vous et si jamais je vous ai scandalisés, pardonnez-le moi, comme je vous pardonne tous vos manquements envers moi. Je vous recommande votre frère, servez-lui de père et de mère.
À Dieu, mes chers enfants, je vous embrasse mille et mille fois.
Rose de Montarby"
Le comte et la comtesse de Montarby quittèrent Langres le jour même où, au coucher de soleil, six coups de canon annonçaient le lendemain la fête consacrée à l' Être suprême.

 Nous ne savons rien de leur triste voyage (7). À la Conciergerie, ils durent subir le sort commun et, dans l'angoisse de l'attente, entendre chaque jour l'appel des condamnés. Leur tour vint le 24 messidor an II (12 juillet 1794). Ce jour-là, ils comparurent devant le Tribunal révolutionnaire dans la salle de l' Égalité. Leur interrogatoire ne nous a pas été conservé ; il ne fut sans doute, comme c'était général, que la répétition de celui passé à Langres. Les archives du château de Dampierre conservent, en revanche, l'acte d'accusation dressé par Fouquier-Tinville, rappel véhément de tout ce qui leur avait été reproché, et l'arrêt de condamnation porté contre eux et cinq autres accusés. Les deux époux furent exécutés le jour même à la Barrière du Trône, et leurs corps furent jetés à la fosse commune de Picpus. Mme de Montarby, pour épargner à son mari la douleur de la voir mourir, voulut qu'il passât le premier, et les derniers mots qu'elle lui adressa furent : "Courage, Montarby, tu meurs pour ton Roi, et tu vas voir ton Dieu!" Et quand ce fut son tour, elle monta sereine à l'échafaud, ayant sans doute au coeur, avec la vision des bien-aimés qu'elle laissait le souvenir des calmes demeures familiales de Dammartin et de Dampierre où sa jeunesse avait connu le bonheur.
Sans doute aussi se souvint-elle de la vieille mendiante de Dampierre qui, naguère, s'était à plusieurs reprises arrêtée à la grille du manoir pour crier à la très blonde châtelaine encore ignorante du danger qui la menaçait : "Sauve-toi, la Roussote! ils vont venir te prendre!" Folie, disait-on, mais bien plutôt écho des bruits menaçants qui couraient dans le village. 

1. Celui-ci, y est mort en 1932, et le château a été vendu pendant la dernière guerre.
2. À la date de rédaction de cette étude (1927).
3. Celle-ci, décédée en 1935, l'a légué à son neveu le Général de Montarby.
4. Élève, de Brienne avec Bonaparte, il arriva à Paris par le coche d'eau (v. Lenôtre, vieilles maisons, vieux papiers, l' hôtel de Cherbourg) pour entrer à l' École royale militaire de Paris, le 22 oct. 1784 avec 4 camarades : Bonaparte, de Castries, Laugier de Bellecourt et Comminges.
5. Aujourd'hui Général de Montarby, auteur de ces notes.
6. Il avait en fait pris part à la défense des Tuileries le 10 août, à la fin de quoi il prit le commandement d'un détachement de gardes-suisses dont le chef, le Sous-Lieutenant St-Venant de Forestier avait été tué et avec lesquels il réussit à se sauver. C'est pourquoi le gouvernement suisse lui décerna au début de la Restauration l'une des 2 médailles d'or frappées en mémoire du massacre des Suisses à la journée du 10 août, médaille pieusement conservées dans la famille.
7. Ils adressèrent à leurs enfants une lettre datée de Charenton, annonçant qu'ils seront, le lendemain à Paris. J'ai trouvé trace de l' écrou d’Étienne-Louis à la Conciergerie, mais non de sa femme, par Fouquier-Tinville (G1 de Montarby).


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samedi 28 septembre 2019

Nucléaire, Fessenheim : fermeture d'un réacteur en février 2020, conséquences climatiques?

Tristan Kamin


L'un des deux va donc s'arrêter en février. En plein hiver, au moment où on risque le plus d'avoir des pics de consommation et des soucis d'approvisionnement.
La fermeture des deux réacteurs de Fessenheim avancée à février et juin 2020


Du coup dès l'arrêt de la tranche, quid pour relayer en montant en puissance?  
  • l'hydraulique? À bout de souffle,  
  • le nucléaire? Déjà au taquet, 
  • le solaire? Inexistant l'hiver... 
  • une baisse des exports? Même pas.  
Non, rien de cela. Pour faire face, reste deux solutions :
  • l'éolien, si les conditions sont favorables
  • les énergies fossiles, plus sûrement!

Un petit réacteur d'un peu moins de 900 MW de puissance électrique
En unités plus familières, pour qui paye des factures électriques, ça veut dire que chaque unité délivre 15 000 kWh par minute, ce qui correspond à la consommation annuelle d'une maison généreusement chauffée en toute électrique. Oui, par minute!

Dès que la turbine aura été découplée du réseau, suite à une décision politique 1, donc arbitraire, sous la présidence Hollande, ce débit sera approvisionné par un autre moyen, qu'on va gentiment supposer être délivré par des centrales à gaz.

Pour être encore plus précis:  des centrales à Cycle Combiné Gaz : le must du must en termes de rendement, donc d'efficacité énergétique. Jusqu'à 62% de rendement contre un pauvre 33% pour le réacteur nucléaire, 

15 000 kWh d'électricité nucléaire par minute remplacés par 40 m3 de gaz qui vont brûler... par seconde.  
Dès que la centrale sera arrêtée, le gaz brûlera seconde après seconde :
40 m3, 80 m3, 120 m3, 160 m3, 200.m3, etc.
-Au bout d'une heure : 144 000 m3. 
-Au bout d'un mois :



Et les "écologistes" feront couler le champagne pour cette victoire qui aura mobilisé toutes leurs forces de lobby des gentils pendant des années. Quant aux employés, bah... Il y aura du boulot quelques temps pour les opérations de mise à l'arrêt définitif. Puis, pour une fraction d'entre eux, du travail de démantèlement. Et les autres seront recasés comme ils le pourront. Mais bon, ces emplois, ce gaz... C'est pour le bien de la planète, qu'ils disent...

40 m3 de gaz par seconde, ça fait quoi, 100 kg de CO2 par seconde, si je ne dis pas d'ânerie ? Un français moyen, c'est 12 000 kg par an en incluant tous les gaz à effet de serre, dont ceux délocalisés, les émissions liées à la production de nos importations, 0,3 mg/s d'équivalent CO2 en moyenne, pour nos émissions à tous.

Ces 100 kg/s, pour remplacer une tranche de Fessenheim, c'est l'équivalent d' une ville de 250 000 habitants ajoutée à notre bilan carbone.

À l'hypothèse d'une centrale Cycle Combiné Gaz, peut aussi se substituer celle, loin d'être invraisemblable, d'une "importation d'électricité produite par les centrales à lignite allemandes". Dans ce cas, vous pouvez, sans scrupule, considérer un bon facteur x2 dans les émissions de GES résultantes. Hmmm que c'est joli, "écojolique", même, à l'oral, ça passe mieux qu'à l'écrit. Et pis on pourrait parler d'autres polluants que le CO2, ça serait ludique, non ?

Précision importante qui relativise l'absurdité d'un arrêt en février. C'est con, mais c'est pas comme si on avait le choix :
" Pour l’arrêt en Février on n’a pas le choix. On est à la buté de l’épreuve d’hydraulique du primaire. On devait la faire durant les VD4 2... La tranche 2 aurait pu fonctionner encore un cycle de 18 mois"   
 
  
1 L'arrêt définitif de la centrale de Fessenheim ait été promis pour 2016 par François Hollande lors de sa campagne présidentielle de 2012.        
2  VD = visite décennale  

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L'Allemagne éloigne ses éoliennes des habitations

Jean Pierre Riou
27/09/2019


Commentaireencore une fois, preuve est faite : seul une forte mobilisation populaire oblige les élus, d'Allemagne ou d'ailleurs. Malgré tout, ce programme à une forte odeur de...gaz, non?

En avant toutes!
ZERO EOLIENNE ET BASTA!

 

@lesvuesimprenables

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Après bien des négociations, CDU-CSU et SPD sont parvenus à un compromis autour de la feuille de route d’un plan climat. [1]


Charbon
La fermeture totale des centrales à charbon est confirmée pour 2038, celles-ci ne devront pas dépasser 17 GW en 2030.


Transport
Le Gouvernement fédéral et la Deutsche Bahn investiront 86 milliards d’euros d’ici 2030 pour renouveler le transport ferroviaire et le rendre plus attractif.


Taxe carbone

Une taxe carbone sera mise en place à 10 euros la tonne en 2021.
Notons que même si elle doit s’élever au moins à 35 euros d’ici 2025, elle reste encore bien modeste, comparée aux 44,6 €/tonne de la taxe carbone française [2].


Énergies renouvelables

La part des énergies renouvelables doit atteindre 65% de la production d’électricité en 2030.


Photovoltaïque
Le plafond qui était fixé à 52 GW est supprimé, actuellement 48 GW.

Éolien offshore
L’objectif de 20 GW d’éolien offshore est affiché, contre 7,2 GW aujourd’hui.

Éolien terrestre

Une distance d’éloignement entre éoliennes et habitations est désormais fixée à 1000 mètres minimum.
Sans revenir pour autant sur la distance de protection des riverains adoptée en Bavière, c'est-à-dire de 10 fois la hauteur des machines hors tout, soit 2,4 kilomètres pour les plus grands modèles d’éoliennes qui culminent désormais à 240 mètres.


1 https://www.bundesfinanzministerium.de/Content/DE/Standardartikel/Themen/Schlaglichter/Klimaschutz/2019-09-20-Klimakabinett.html
2 http://www.economiematin.fr/news-eloge-taxe-carbone


jeudi 26 septembre 2019

Le bouche à oreille

voisine d'éoliennes industrielles
21/09/2019


L'industrie éolienne allemande tremble et le gouvernement organise une réunion de crise pour cerner le problème en bonne compagnie... d'électricité.


Bien entendu l'oreille attentive prêtée à Mme Merkel dans ce reportage, n'est pas celle d'un opposant. Une telle proximité n'est de mise que pour les acteurs du secteur de l'électricité.






On se penche beaucoup sur le comment contourner cette crise, plutôt que sur le sérieux de ses causes.

La même semaine, les allemands manifestent pour le climat et les Etats sont invités à investir massivement dans les services pour stimuler l'économie, particulièrement l'Allemagne...

Quelques jours plus tard, le gouvernement allemand promet aux manifestants pour le climat de gros investissements dans les énergies renouvelables...

Ha! Ha! Ha! Comme si les manifestations étaient la cause de ce retour aux subventions pour ce malheureux secteur de l'électricité! Les disciples de Greta sont à la fois les dindons de la transition énergétique et les dindons d'une belle farce du capital.

Allez zou! Des éoliennes géantes pour tout le monde et partout. Au diable les milans rouges et autres bestioles, des bénévoles et des associations se créeront pour récolter des fonds pour leur sauvegarde et en plus elles paieront des impôts sur leurs revenus. Au diable les conséquences sanitaires, une autre industrie se frotte les mains, celle de la pharmacie, tous ces nouveaux malades à soigner font non seulement sa gloire, mais aussi son beurre. Vous avez sûrement déjà entendu cette fable selon laquelle nous vivons mieux et plus longtemps grâce aux nouvelles technologies?, ressortie d'ailleurs pour justifier la 5G. Plus longtemps, je ne dis pas. Mais mieux??? 


On n'ose bientôt plus pisser ailleurs que dans une éprouvette de peur de rater une infection mortelle en devenir. On passe vingt ans dans des usines de vieillards pour créer de l'emploi et faire marcher les laboratoires, le risque zéro est une obsession et on a tellement peur de la mort que l'industrie du bien-être explose de mille façons. Et ce n'est que pour les nantis. Les autres crèvent de plus en plus tôt, on les laisse même se noyer pour qu'ils ne viennent pas perturber cette joyeuse humanité très occupée à vieillir bien éclairée.

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