Etats-Unis d'Amérique, Texas : quand une politique énergétique dite "verte" mène au...ruineux blackout

  L'Union européenne et donc, la France, portant la même politique énergétique qu'outre Atlantique* et les mêmes causes produisant les mêmes dégâts sanitaires, environnementaux et financiers, les Français peuvent-ils s'attendre au pire?
  Va savoir, Charles!

  * L'"américanisation" de la France va bien au-delà de la politique énergétique . À lire :
  "Sous l’Amérique d’aujourd’hui perce la France de demain. La « flexibilité » à l’américaine – de l’emploi, des horaires d’ouverture des magasins, du départ à la retraite, de la vie familiale désynchronisée –, on connaît déjà. Voici maintenant la revendication de « lieux sûrs », de l’entre-soi, du « droit » de se promener en pyjama dans la rue, des pronoms aussi fluides que le genre. En attendant l’addiction sur ordonnance, la prescription de pilules pour améliorer les résultats scolaires, l’épuration de la littérature, la prohibition de la danse « sexuellement agressive » et du port du sombrero. En huit histoires."
  Source

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Les pannes d'électricité au Texas ont été causées par une invraisemblable faillite du gouvernement


Robert Bryce
2021 08 01

Robert Bryce est chargé de recherche à la Fondation pour la recherche sur l'égalité des chances

   L'erreur commise par les régulateurs texans a été de traiter l'électricité comme une marchandise.
  Cette tribune fait partie d'une série publiée par la section Opinion du Dallas Morning News, qui
explore des idées et des politiques visant à renforcer la fiabilité de l'électricité.
Retrouvez la série complète ici : Keeping the Lights On [Garder les lumières allumées]
  Alors que l'autopsie des pannes d'électricité qui ont frappé l'État en février se poursuit, il apparaît que les Texans ont évité de justesse une catastrophe qui aurait pu entraîner ce que les biologistes appellent une mortalité massive.
  Vers 2 heures du matin, le 15 février, le réseau électrique texan a frôlé la catastrophe, à quatre ou cinq minutes près, synonyme de panne générale, qui aurait pu plonger la quasi-totalité de l'État dans le noir, alors que les températures étaient en chute libre, qu'il neigeait et que les routes étaient impraticables. Il aurait fallu alors des jours, voire des semaines, au Electric Reliability Council of Texas[ERCOT ; entreprise qui gère l'acheminement de l'énergie électrique à plus de 26 millions de clients texans] pour se remettre d'une telle panne et procéder à ce que l'on appelle un "black start" [phase de redémarrage du réseau après un black-out total]. Si cela s'était produit, la tempête d'hiver Uri aurait tué des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes.

 

  En l'état actuel des choses, l'apocalypse neigeuse de février a probablement coûté à l'État quelque 200 Mds de dollars [~17 Mds €], selon les estimations de l'économiste Ray Perryman, et le bilan final, selon une analyse de BuzzFeed News, pourrait s'élever à 700 morts.
  Les pannes de février auraient dû être un signal d'alarme pour les politiciens et les régulateurs de l'État : la structure du réseau énergétique texan est profondément défectueuse et des changements fondamentaux sont nécessaires. Hélas, l'Assemblée législative et le Gouverneur Greg Abbott [avocat, en poste depuis 2015] ont en grande partie négligé la question de l'électricité. C'est une erreur.
  Le réseau électrique est le réseau "Mère". Nos réseaux les plus importants, notamment la livraison et le stockage des aliments, les communications et le GPS, dépendent du réseau électrique pour fournir des flux d'énergie bon marché, abondants et fiables 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an. Une panne d'électricité prolongée due à des conditions météorologiques extrêmes ou à des acteurs malveillants aurait des conséquences désastreuses pour le Texas et, comme cet État fournit une grande partie de la nourriture et du carburant du pays, elle court-circuiterait également une grande partie de l'économie américaine.
  Je suis obsédé par l' ERCOT et les causes des pannes depuis février, lorsque ma femme Lorin et moi, qui vivons dans le centre d'Austin, avons été privés d'électricité pendant environ 45 heures. Le gouvernement nous a laissé tomber, et il doit faire trois choses pour garantir à l'État une électricité fiable et abordable.
  Avant d'aller plus loin, une précision s'impose : les pannes sont le résultat de plusieurs facteurs et défaillances interconnectés. Il n'existe donc pas de solution simple ou rapide, en particulier lorsqu'il s'agit d'un système aussi complexe que le réseau électrique. Cela dit, les pannes ont été causées par des défauts dans la façon dont le marché de l'électricité de l'État a été conçu et comment il a évolué depuis sa déréglementation il y a vingt ans. Et cela m'amène à mon premier point.
  Les pannes sont dues à l'échec du gouvernement dans des proportions extra-ordinaires. L'exemple le plus évident est la décision de la Public Utility Commission [Commission des services publics] de fixer le prix de rachat de l'électricité dans le cadre de l' ERCOT à 9 000 dollars/MWh [7 630€] - et de le laisser à ce niveau extrêmement élevé pendant plusieurs jours, bien que cela n'ait pas permis d'augmenter la production sur le marché.
  Le résultat de cette bévue : les consommateurs texans d'électricité ont été surfacturés d'environ 26,3 Mds de dollars [environ 22Mds d'€]. La charge de ces surcoûts impactera fortement le Texan lambda, qui verra le montant de ses factures d'électricité exploser, et ce, pendant des années pour rembourser les obligations que l'État émet pour répartir le coût de ces surcharges.
  Deuxièmement, la déréglementation n'aurait pas été une bénédiction pour les consommateurs. Les avis sur le sujet sont partagés et font encore débat, mais des études ont montré que les Texans ont payé leur électricité plus chère dans le système actuel que par rapport au prix dans un marché réglementé. Une analyse récente du Wall Street Journal estime, qu'au cours des 20 années de déréglementation, les Texans ont payé 28 Mds de dollars [environ 24 Mds €] de plus pour leur électricité domestique que l'Américain payant le tarif moyen réglementé du reste du pays.
  La déréglementation du secteur de l'électricité au Texas a ouvert le secteur des services publics - une industrie qui est au départ une affaire de centrales électriques, de poteaux et de fils - aux "retail electric providers" [fournisseurs d'électricité au détail]. En un clin d'œil, les entrepreneurs ont pu se lancer dans le jeu de l'électricité, sans avoir besoin d'actifs solides ou de connaissances sur le fonctionnement du réseau électrique.
  Il y a cent quarante ans, nous avions Thomas Edison. La déréglementation nous a donné Griddy [Griddy LLC a été constituée en 2016 dans le Delaware, mais elle est physiquement située à Playa Vista, en Californie. Une partie des investissements a été rachetée à EDF Trading en 2019. Pendant la crise de l'électricité au Texas en 2021, certains clients de Griddy qui avaient souscrit à des plans de tarifs variables de gros autorisés par le marché déréglementé de l'électricité au Texas se sont retrouvés face à des factures de plus de 5 000 $ pour cinq jours de service pendant la tempête. Griddy a reçu l'attention des médias pour avoir exhorté ses clients à quitter l'entreprise]
   La déréglementation du secteur de l'électricité a donné naissance à un marché dans lequel personne n'est responsable de rien. Dans l'ancien modèle réglementé, lorsque les grandes entreprises possédaient tous les composants du réseau, il y avait une responsabilité assumée par les acteurs. Après les pannes d'électricité, le refrain entonné qui nous a été vendu était : "c'est pas nous les responsables, c'est les autres!" Est-ce une surprise? Pas vraiment, tant le marché est si complexe que plus personne ne comprend comment il fonctionne réellement. Comme l'a fait remarquer Ed Hirs de l'université de Houston, "les 1 876 pages de réglementations et de règles contenues dans les protocoles de l' ERCOT ne veulent apparemment rien dire."
   La déréglementation a modifié le genre de production ajouté au réseau ERCOT. Au cours des deux dernières décennies, la capacité de production ajoutée au réseau n'a pas été construite pour la fiabilité ou la résilience, mais pour percevoir des subventions.
  Depuis 2006, environ 66 Mds de dollars [près de 56Mds €] ont été dépensés pour la construction de capacités éoliennes et solaires au Texas. Au cours de cette même période, selon un rapport récent de Bill Peacock de The Energy Alliance, les grands parcs éoliens et solaires ont reçu environ 22 Mds de dollars [envi.19Mds€] de subventions d'un type ou d'un autre, y compris des allégements fiscaux au niveau des États et des crédits d'impôt fédéraux. Mais lorsque le réseau fut au bord de l'effondrement le 15 février, ces 66 milliards de dollars ne valaient pratiquement rien. Il n'y a pas eu de production solaire, et sur les 31 000 mégawatts (MW) de capacité éolienne installés, seuls 5 400 mégawatts (MW), soit environ 17 % de la puissance nominale, étaient disponibles lorsque l'opérateur du réseau délestait la charge pour éviter que le réseau de l'État ne tombe dans le noir.
   Les 66 milliards de dollars consacrés à l'énergie éolienne et solaire ont entraîné des changements importants dans la capacité de production de l'État. Entre 2006 et 2020, la quantité d'électricité produite par l'énergie éolienne a augmenté d'environ 20 % et celle produite par les centrales au charbon a diminué dans les mêmes proportions. Pendant ce temps, la consommation d'électricité a explosé grâce à l'explosion de la croissance démographique et à l'augmentation de la demande d'électricité dans le bassin permien.
  Pendant la même période, selon l'Energy Information Administration, la consommation d'électricité au Texas a augmenté d'environ 67 térawattheures (TWh) par an, soit bien plus que dans tout autre État du pays, à titre de comparaison, le Dakota du Nord, qui a connu la deuxième plus forte croissance de la demande au cours de cette période, a vu sa consommation d'électricité augmenter d'environ 10 térawattheures (TWh) par an.
  L'explosion de la demande d'électricité a accru la pression sur le réseau ERCOT, qui n'a pas maintenu une capacité de production de réserve suffisante, c'est-à-dire une production de réserve qui peut être utilisée pendant les périodes de pointe. Pour aggraver la situation, aucune nouvelle capacité répartissable n'est construite. Au lieu de cela, l' ERCOT ajoute de la production dépendant des conditions météorologiques. Il est prévu d'ajouter environ 24 000 mégawatts (MW) de capacité solaire et 11 000 mégawatts (MW) de capacité éolienne au réseau d'ici 2023. Ainsi, au cours des deux prochaines années, la quantité de capacité renouvelable au Texas va presque doubler.

Que faut-il donc faire pour garantir la fiabilité et la résilience ?
  Avant tout, l'État doit renforcer la surveillance et la réglementation du secteur de l'énergie. Le réseau électrique et le réseau de gaz naturel ont fusionné. Les pannes de février ont prouvé, une fois de plus, que ces réseaux sont profondément imbriqués et interdépendants.
  Depuis 2001, date de la faillite d' Enron [le scandale Enron, ou affaire Enron, est un cas de fraude et de manipulation financière découvert en 2001, qui s’est soldé par la faillite de l’entreprise], la quantité de gaz naturel consommée par le secteur électrique américain a plus que doublé. Malgré cela, les deux réseaux ne sont pas réglementés pour garantir qu'ils "chantent le même hymne". Pendant les pannes de février, certaines infrastructures gazières ont gelé. L'électricité de certaines usines de traitement du gaz et de certains gazoducs a été coupée. Cela a eu pour effet de réduire la quantité de carburant disponible pour produire de l'électricité au moment où l'on en avait le plus besoin.
  Dans le sillage de la tempête hivernale de 2011, la Federal Energy Regulatory Commission et la North American Electric Reliability Corporation ont publié un rapport qui mettait en garde contre "l'interdépendance des industries de l'électricité et du gaz naturel" et invitait "les organismes de réglementation et l'industrie à explorer des solutions aux nombreux problèmes d'interdépendance qui resteront probablement préoccupants à l'avenir". Il est grand temps que ces organismes de réglementation des États tiennent compte de cet avertissement.
  Deuxièmement, les généreux incitatifs fiscaux fédéraux pour la production d'énergie éolienne et solaire - le crédit d'impôt à la production et le crédit d'impôt à l'investissement - devraient être éliminés immédiatement. Entre 2010 et 2029, ces crédits d'impôt coûteront environ 140 Mds [près de 119 Mds€] de dollars au Trésor fédéral.
  Conçus pour stimuler les industries naissantes, les crédits d'impôt à la production et les crédits d'impôt à l'investissement sont devenus des exemples flagrants du corporatisme de copinage qui sape l'intégrité du réseau électrique. Les subventions récompensent la production dépendante des conditions météorologiques au détriment de la production pilotable. En 2015, le Congrès s'est mis d'accord sur une suppression progressive sur cinq ans du PTC. Après la conclusion de cet accord, le sénateur Charles Grassley, un républicain de l'Iowa et présumé faucon du déficit, a déclaré  : "En tant que père du premier crédit d'impôt pour l'énergie éolienne en 1992, je peux dire que le crédit d'impôt
n'a jamais été censé être permanent."
   Sauf que le CTP ne cesse d'être prolongé, et ce, jusqu'au mois dernier par l' Internal Revenue Service [IRS ; agence du gouvernement fédéral des États-Unis qui collecte l'impôt sur le revenu et des taxes diverses] . Pourtant, depuis des années, les grands groupes éoliens et solaires affirment qu'ils peuvent produire l'électricité la moins chère. Il est temps pour eux de le prouver, chiche!
  Troisièmement, la législature du Texas devra adopter des mesures incitant les entreprises à construire et à entretenir des centrales pouvant être utilisées pendant les périodes de pointe. Ces mesures incitatives devraient inclure des dispositions relatives au stockage de combustible sur place dans les centrales électriques. C'est l'une des recommandations formulées par l' ERCOT dans son rapport de 60 points intitulé "Roadmap to Improving Grid Reliability" [programme pour améliorer la fiabilité du réseau électrique], publié le 13 juillet.
  Lors de la catastrophe de février, les centrales électriques les plus fiables étaient celles qui disposaient d'un combustible sur place : les centrales à charbon et les centrales nucléaires. L'État devrait donc encourager le stockage du combustible à proximité des centrales électriques. Par exemple, le carburant diesel peut être stocké facilement et à un coût relativement faible. Ce carburant pourrait être utilisé dans des turbines ou des moteurs alternatifs à démarrage rapide tels
que ceux fabriqués par des entreprises comme Caterpillar, Cummins et Wärtsilä.
  Au final, l'erreur commise par les régulateurs du Texas a été de traiter l'électricité comme une marchandise. C'est une erreur. L'électricité n'est pas comme les baskets ou les hot dogs. L'électricité est un service essentiel. Le réseau est l'épine dorsale de la société moderne, une machine complexe et délicate qui relie tous nos foyers et nos entreprises les uns aux autres. Sans électricité fiable, la
société moderne s'effondre.
  Les pannes de février sont le résultat de l'incapacité du gouvernement à gérer correctement notre réseau le plus important. Si les élus du Texas ne règlent pas les problèmes de l' ERCOT, il est certain que d'autres pannes se produiront et que les Texans à revenus faibles et moyens devront supporter des coûts supplémentaires.

Finlande, production d'électricité : le nucléaire en pôle position pour remplacer le charbon

  Heureux les Finlandais! La France aurait pu, elle aussi, avoir depuis toutes ces décennies un ministre "vert" de l'environnement, pro nucléaire. Car une écologie favorable à l'atome pour réduire les émissions de CO2 et ainsi, contribuer à la lutte contre le changement climatique, cela existe! Ce ne fut jamais le cas, avec les conséquences que l'on mesurent encore aujourd'hui. 

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La Finlande remplace ses centrales au charbon par de nouvelles centrales nucléaires

 

Blackout News
2021 08 28

  Kimmo Tiilikainen, le ministre finlandais de l'environnement, a annoncé que son pays interdira l'utilisation du charbon pour la production d'électricité à partir de 2029. Le gouvernement finlandais envisage également un programme de subventions visant à récompenser les entreprises du secteur de l'énergie qui abandonnent progressivement la production d'électricité à partir du charbon. La Finlande remplace ses centrales au charbon par de nouvelles centrales nucléaires.



Centrale nucléaire d' Olkiluoto. La Finlande remplace les centrales électriques au charbon par de nouvelles centrales nucléaires. Un concept clair Réduit les émissions de CO2 et sécurise l'alimentation électrique

La Finlande abandonne le charbon et avance l'interdiction d'un an
  Le gouvernement finlandais avance d'un an l'interdiction du charbon comme source d'énergie par rapport à l'objectif initial.
  M. Tiilikainen est un fervent défenseur de l'élimination progressive du charbon, déclarant dans un communiqué de presse que "les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites beaucoup plus tôt que prévu initialement afin de freiner le changement climatique."
  La Finlande produit encore environ 10% de son électricité à partir du charbon. 66 % du
charbon utilisé en Finlande provient de son voisin oriental, la Russie.


Des subventions élevées pour compenser l'industrie de l'énergie
  Cependant, l'industrie énergétique concernée est déçue de manière inattendue par la décision d'accélérer l'élimination progressive du charbon. Le PDG de l'énergie finlandaise, Jukka Leskelä, a averti que "l'accélération de l'élimination du charbon sera coûteuse pour le gouvernement et inefficace en tant que mesure climatique".
  Pour amortir la perte de revenus correspondante, le gouvernement a donc annoncé un ensemble de subventions d'environ 90 millions d'euros.
  Avec ce paquet, le gouvernement souhaite stimuler les investissements dans les énergies renouvelables et améliorer la conversion du vaste réseau de chauffage urbain de la Finlande aux énergies renouvelables.

La Finlande remplace ses centrales au charbon par de nouvelles centrales nucléaires
  La Finlande prévoit une forte augmentation de la demande d'électricité dans les années à venir. Par conséquent, le charbon doit être remplacé dans le mix énergétique par d'autres sources d'énergie.  Pour cette raison, l'expansion de l'énergie nucléaire est l'une des alternatives en Finlande pour combler le déficit de l'approvisionnement en électricité.
  Par conséquent, deux nouvelles centrales nucléaires doivent être raccordées au réseau au cours de la prochaine décennie. Les nouveaux réacteurs doivent permettre d'augmenter la part de l'énergie nucléaire dans la production d'énergie avec les centrales nucléaires existantes. En 2025, la Finlande pourrait alors produire près de 60 % de son électricité à partir de centrales nucléaires.
  La construction du réacteur finlandais Olkiluoto 3  est déjà en voie d'achèvement après plusieurs retards. La centrale a été construite par le consortium franco-allemand composé d'Areva et de Siemens. Il s'agit du cinquième réacteur nucléaire de Finlande, ainsi que du plus grand d'Europe.
  En l'état actuel des choses, la production d'électricité pourra commencer en février 2022 et pourrait
alors produire 14 % des besoins en électricité de la Finlande.

Alors que l'Allemagne ferme des centrales nucléaires, la Finlande construit de nouveaux réacteurs
  La Finlande a un concept clair pour réduire les émissions de CO2 grâce à la construction de nouvelles centrales nucléaires. Ce concept permettra également de sécuriser l'approvisionnement énergétique à long terme. En Allemagne, les dernières centrales nucléaires seront retirées du réseau d'ici la fin 2022. Le manque de capacité qui en résulte du côté de la production devra alors être remplacé dans un premier temps par des centrales électriques à base de combustibles fossiles, ce qui aura pour effet d'augmenter encore les émissions de CO2. Cependant, l'abandon progressif de la production d'électricité à partir du charbon a également déjà été décidé. Cependant, il n'existe aucun plan plausible sur la manière de garantir l'approvisionnement en électricité sans l'énergie nucléaire et le charbon. L'expansion de l'énergie éolienne et solaire devrait être plus que doublée en très peu de temps. Le terrain nécessaire n'est pas disponible et la population n'est pas non plus prête à l'accepter.

Haute-Marne, méthanisation : quand le maïs remplace, définitivement?, la vache!

" (...) De plus les prix sont garantis durant 15 ans, donc pour une unité de 300 kWh, unité moyenne, ça représente 5 à 6 millions d'euros de subvention. (...)
   En plus de cette subvention à la production, il y a des aides à la construction. Une unité de méthanisation coûte entre 1 et 3 millions d’euros. Et là, l’Etat revient à la rescousse via l’ ADEME à hauteur de 400 000 à 500 000 €, 15 à 20%" (...)
  On reproduit la panse d’une vache, donc il faut ajouter du maïs (...)
  Or quand on produit du maïs, il y a des aides de la PAC. (...)
   Je vends le maïs que je produis environ 1200 €/ha à la coopérative. Si je le fais passer dans un rumen de vache laitière, je vais le valoriser à 2000-2500 €/ha. Si je le mets dans une unité de méthanisation, il est valorisé aux alentours des 4000 €. Le vendeur de maïs va donc vendre au plus offrant. (...)
  Je connais des éleveurs qui ont arrêté l’élevage pour ne se consacrer qu’à la méthanisation. Quand c’est bien fait, c’est très rentable. Mais à coup d’argent public ! (...)
  Aujourd’hui, la région Bretagne ne finance plus d’unité de méthanisation. Mais d’autres collectivités locales peuvent continuer à le faire...
"
   Oui, la Haute-Marne par exemple!

 jhm 2021 08 27

 


Tout est dit!

  Entre l'éolien, le solaire et la méthanisation, la Haute-Marne, jardin merveilleux, est tué sans vergogne! Ces filières dévastatrices, d'un point de vue environnemental et sanitaire, ne sont, de plus, rentables que grâce à la distribution massive d'argent public. Tout ceci est rendu possible que par le choix exclusivement financier d'une poignée d'exploitants agricoles, de propriétaires terriens, d'élus : pas de terre, pas d' EnR! ; et avec la bénédiction des Pouvoirs publics et...la passivité coupable de la majorité des Haut-Marnaises et Haut-Marnais qui, pourtant, au final, subissent dans leur quotidien les pollutions sanitaires et environnementales, et payent chèrement l'addition, comme tous les consommateurs/contribuables/automobilistes français...


 

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La méthanisation : "Un système de Shadoks", selon Olivier Allain

Catherine Deunf
2021 08 28

   Un an après l'accident du méthaniseur de Châteaulin, le Breton Olivier Allain nous livre sa vision sur cette énergie. Éleveur, il a coconstruit le programme agricole du candidat Macron en 2017. Elu, il a été en charge de l'agriculture à la Région et a exercé des responsabilités à la FDSEA.

 

 

Olivier Allain, lors de la campagne des législatives en 2017. Il était alors le candidat LREM de la 3è circonscription des Côtes-d'Armor, remportée par Marc Le Fur (LR). • © David Ademas-Ouest-France-MAXPPP

  Produire de l'énergie à partir de nos déchets et entre autres nos déchets agricoles, l'idée était séduisante. En tout cas, sur le papier. Les méthaniseurs ont donc fleuri en Bretagne, région d'agriculture intensive.
   Ces équipements transforment les déchets, environ 75% sont des effluents d'élevage, en énergie verte sous forme de biogaz. Les résidus restants, le digestat, servent quant à eux de fertilisant sur les cultures.
   Autre avantage, cette production d'énergie représentait une nouvelle source de revenus pour les agriculteurs.
  153 unités de méthanisation en Bretagne, dont 121 sur des exploitations agricoles.
  C’est ainsi qu’en janvier 2021, l’ ADEME, agence gouvernementale pour la transition écologique, dénombrait 153 unités de méthanisation en Bretagne, dont 121 installées sur des exploitations agricoles. Les 32 autres étant des centrales dirigées par des groupements d'agriculteurs, des collectivités locales ou des entreprises.
   Parmi elles, Engie. Et c'est justement l'accident de sa centrale biogaz de Kastellin à Châteaulin dans le Finistère, il y a un an, qui a jeté un pavé dans le mare.
  Le 17 août 2020, 400 000 litres de digestat se déversent dans l’Aulne [lire], 51 communes finistériennes, 180 000 habitants, sont privés d’eau potable pendant plusieurs jours. Et bien sûr les conséquences sont considérables sur la faune et la flore.

À ce sujet, la rédaction vous recommande
Finistère : la fuite d'une cuve de méthanisation à l'origine d'une pollution de l'Aulne

Méthaniseurs, Dr Jekyll ou Mister Hyde ?
  Dès lors, les questions fusent. Les méthaniseurs tiennent-ils plutôt de Dr Jekyll ou de Mister Hyde ? Nous avons posé la question à Olivier Allain.
  Éleveur allaitant dans les Côtes-d’Armor, à la tête d’un cheptel de 130 bêtes, l’homme est un incontournable quand il s'agit d’agriculture en Bretagne. Adhérent de Territoires de progrès, l’une des branches de LREM, il a murmuré à l'oreille du candidat Macron son programme agricole lors de la campagne présidentielle de 2017.
   Membre de la FDSEA, il a été président de la chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor avant d’embrasser une carrière politique. Proche de Loïg Chesnais-Girard, il a exercé les fonctions de vice-président de la région Bretagne en charge de l’agriculture avant de rejoindre la liste du candidat LREM, Thierry Burlot, aux dernières élections régionales.
  Longtemps, il a cru en cette énergie verte. Il l’a défendue bec et ongles avant de changer d’opinion
pour devenir l’un de ces plus virulents détracteurs. Olivier Allain nous en explique les raisons.

Pourquoi un tel revirement ?
  Olivier Allain : " D’abord pour des questions de coûts. Le prix de l’électricité produite grâce à des méthaniseurs atteint 22 centimes le kilowatt-heure (kWh) quand celle produite par de l’éolien terrestre est autour de 8 centimes. De plus les prix sont garantis durant 15 ans, donc pour une unité de 300 kWh, unité moyenne, ça représente 5 à 6 millions d'euros de subvention.
   C’est un coût phénoménal pour la CSPE, Contribution au service public de l’électricité pour aider les énergies vertes, que chaque foyer paie, quelque soient ses revenus, via sa facture d’électricité. Il faut ça pour que la méthanisation soit rentable car ça revient très cher.
   En plus de cette subvention à la production, il y a des aides à la construction. Une unité de méthanisation coûte entre 1 et 3 millions d’euros. Et là, l’Etat revient à la rescousse via l’ ADEME à hauteur de 400 000 à
500 000 €, 15 à 20%".

Mais s’il y a un vrai service rendu en termes de gestion de déchets, cette contribution se justifie?
  Olivier Allain : " Oui, s’il y avait un vrai service rendu, mais là aussi la question se pose. La méthanisation ce n’est pas simple à faire, c’est instable. On reproduit la panse d’une vache, donc il faut ajouter du maïs en plus du lisier et des autres déchets pour stabiliser l’installation.
   Or quand on produit du maïs, il y a des aides de la PAC. Il faut de l’engrais azoté, utiliser une ensileuse, transporter le maïs et jamais on ne mesure le bilan carbone complet. On arrive dans certaines unités à des systèmes de Shadoks. Certains vont chercher du maïs à des centaines de kilomètres. Il faut que ça marche, vu l’investissement engagé.
"

Il y a donc un impact sur le cours du maïs ?

  Olivier Allain : "Je n’irai pas jusque-là. Mais c’est vrai qu’un agriculteur est prêt à payer n’importe quel prix pour alimenter son méthaniseur car c’est très rentable. Je vous donne un exemple : je vends le maïs que je produis environ 1200 €/ha à la coopérative. Si je le fais passer dans un rumen de vache laitière, je vais le valoriser à 2000-2500 €/ha. Si je le mets dans une unité de méthanisation, il est valorisé aux alentours des 4000 €. Le vendeur de maïs va donc vendre au plus offrant."

Quelle conclusion en tirez-vous ?
  Olivier Allain : "Je ne reproche pas aux agriculteurs de se lancer dans la méthanisation. En revanche, je reproche aux politiques de mettre des conditions économiques, NDLR : le prix élevé de rachat du kWh produit par la méthanisation, sans en mesurer l’impact financier, écologique… Il faut prendre le problème de manière systémique sinon on fait n’importe quoi. Je connais des éleveurs qui ont arrêté l’élevage pour ne se consacrer qu’à la méthanisation. Quand c’est bien fait, c’est très rentable. Mais à coup d’argent public !"

L'avenir de la filière
  Utiliser des terres agricoles pour produire de l’énergie pose évidemment la question de l’utilisation de la terre nourricière. À cela s’ajoutent les problèmes de pollution environnementale, comme celle de Châteaulin. Pourtant la promesse de transformer les déchets en énergie paraît alléchante. Les décideurs politiques vont donc devoir trancher cette question. Deux solutions s'offrent à eux : interdire cette technologie, ou revoir sa réglementation.
  Une mission d’information sur "la méthanisation dans le mix énergétique : enjeux et impacts" se déroule actuellement au sénat. Son rapporteur, le député écologiste d'Ille-et-Vilaine, Daniel Salmon, remettra ses conclusions le 5 octobre prochain.
  L’Europe aussi travaille sur la question. Ses décisions sont attendues en fin d’année 2021.
   Aujourd’hui, la région Bretagne ne finance plus d’unité de méthanisation. Mais d’autres collectivités locales peuvent continuer à le faire.

Les Mérovingiens, épisode V

Précédemment
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https://augustinmassin.blogspot.com/2021/08/les-merovingiens-episode-ii.html
https://augustinmassin.blogspot.com/2021/08/les-merovingiens-episode-iii.html
https://augustinmassin.blogspot.com/2021/08/les-merovingiens-episode-iv.html

   Ils avaient des palais , le terme désignant tout à la fois le lieu d'exercice et de représentation du pouvoir civil, l'ensemble monumental où siégeaient et résidaient le roi, la cour royale et le gouvernement. Clovis, ses fils et ses petits-fils se sont naturellement inscrits dans la tradition impériale, en choisissant de résider dans des cités romaines, où ils occupaient le palais de l'empereur ou celui des gouverneurs romains. Malgré le tropisme méditerranéen, ils ont établi leurs résidences en pays franc, au nord de la Loire, opérant ainsi un basculement du centre de gravité politique de la Gaule, jusque-là situé en Gaule du Sud. Orléans, Soissons et Reims ont été choisies comme sedes regiae en 511, Chalon et Metz remplaçant Orléans et Reims à la fin du VIe siècle, quand se définirent les "trois royaumes", tria regna,. Chaque "siège social" jouissait d'une dimension symbolique comme lieu central, et sa possession était un enjeu de pouvoir essentiel, comme en témoignent les luttes pour le contrôle de la cité de Paris ou son maintien en indivision à la mort de Charibert. Car pour des raisons historiques et politiques, Paris occupait une place prééminente qui en fit une vraie capitale durant les courtes périodes de réunification. Après sa victoire sur les Wisigoths et le triomphe de Tours en 508, Clovis s'y était installé, probablement sur l'île de la Cité, dans le palais du gouverneur romain. La vieille cité présentait en effet de nombreux atouts stratégiques, au carrefour des routes conduisant en Burgondie et en Aquitaine, ainsi que des infrastructures militaires. Le choix de Clovis fut aussi déterminé par la dévotion royale à sainte Geneviève [vers 420 ; simple bergère, elle fut surtout une femme intrépide et dévouée. Fêtée le 3 janvier, elle est la sainte patronne de la ville de Paris] qui était morte à Paris vers 502. Après Vouillé, Clovis décida d'élever une basilique, qui fut dédiée aux saints apôtres, sur la tombe de la sainte dans la nécropole de la montagne Sainte-Geneviève [Sainte Geneviève y fut inhumée en 512. En 890 son nom fut ajouté à celui de Pierre et Paul. Fermée en 1790. De l'église abbatiale, démolie en 1808, ne reste que la tour Clovis. Les bâtiments subsistants abritent aujourd'hui le Lycée Henri-IV. Source] Clovis, puis Clotilde y furent inhumés. Siège historique de la dynastie, Paris eut aux VIe et VIIe siècle une prééminence de fait.

 

Abbaye de Sainte-Geneviève 508-1790. Source

   Mais les rois mérovingiens se déplaçaient avec leur cours de palais en domaines, villae, royaux, pour répondre aux impératifs de guerre, pour imposer leur autorité aux élites locales, mais aussi pour s'adapter aux nécessités de l' approvisionnement et de la chasse, déterminant ainsi un espace royal. Au VIe siècle, les lieux d'exercice du pouvoir se partageaient entre un "siège royal", qui était un chef-lieu de cité, et un ou deux domaines ruraux, à environ une journée de voyage, le tout formant un système bipolaire. Au VIIe siècle en revanche, les rois ont cessé de résider dans les cités et préféré des palais suburbains, puis des palais ruraux. Le palais suburbain de Clichy a supplanté Paris comme siège de royaume sous Clotaire II et Dagobert, à cause de sa proximité avec la basilique de Saint-Denis qui fut alors élevée au rang de nécropole royale. Compiègne s'affirma ensuite comme siège, en raison de sa situation frontalière entre les tria regna. Choix politiques et expression symbolique donc eu leur part dans le choix et l'usage des palais, Josiane Barbier [historienne ; maître de conférences à l’université Paris X/ Paris Ouest/Paris Nanterre]
  Au VIIe siècle, la cour mérovingienne jouit d'un grand pouvoir d'attraction. On y venait de partout pour y être "nourri" ou pour y obtenir les faveurs royales. Dagobert fut élevé au milieu d'un groupe de jeunes aristocrates qui exercèrent ensuite d'importantes charges palatiales, avant de devenir évêques, comme Didier de Cahors, Ouen et Ansbert de Rouen, Éloi de Noyons-Tournai, Paul de Verdun. Le roi y recevait également de nombreux étrangers comme ces Romains, ces Italiens, ces Goths qui vinrent rendre visite au monétaire de Dagobert. Cependant, le palais royal n'était qu'un médiocre centre de décision politique. Les institutions gouvernementales, étroitement liées à la personne du roi, étaient largement absorbées par les services domestiques. Elle se sont en effet fortement réduites par rapport aux grands corps administratifs romains et l' Administration centrale, à l'exception des bureaux de la chancellerie, d'où sortaient diplômes, préceptes, jugements et où les référendaires gardaient les sceaux royaux, ou encore du tribunal du palais où le comte du palais instruisait les procès. Le trésorier, qui gardait le trésor royal, était un proche du roi, orfèvre à l'occasion comme Saint Éloi [588-659 ; évêque de Noyon en 641 ; saint patron des mécaniciens de l’armée de l’Air, du personnel de l'arme du Matériel de l'armée de Terre, des orfèvres, joailliers, et maréchaux-ferrants. Fêté le 1er décembre, jour de sa mort]. Le maire du palais, qui n'était encore, au VIe siècle, qu'un simple intendant de la maison royale, fut conduit à superviser la gestion de tous les domaines royaux, ce qui lui conféra au VIIe siècle une puissance politique de premier plan, puisqu'il contrôlait désormais la distribution des terres fiscales qui assuraient la fidélité des grands. Il devint donc progressivement l'intermédiaire obligé entre le roi et l’aristocratie.  

 

Saint Éloi 588-659

2. Cités et pagi

  Quels qu'aient été le pouvoir d'attraction de la cour, la force de l'autorité royale et la capacité du roi à se faire obéir, la réalité du pouvoir de protection s'est toujours exercée au plan local, dans un système décentralisé, contrôlé plus ou moins directement par les agents du roi. Il ne pouvait en être autrement puisque les populations rurales vivaient en petits groupes et qu'elles avaient besoin de médiateurs locaux pour survivre. Si la "carrière" des jeunes nobles commençait au palais, elle se poursuivait donc en province pour les plus puissantes d'entre eux.
  De son passé romain, la Gaule avait conservé des cités. Les assemblées municipales, curiales, qui les administraient encore au Ve siècle se sont plus ou moins maintenues jusqu'au VIIe siècle. Les rois ont installé un comte, institution romaine du IVe siècle, par cité, quoiqu'il y ait eu des comtes ruraux, les grafions, en Gaule du Nord. Au VIe siècle, comtes et évêques se partageaient l'autorité dans la ville, mais dans le courant du VIIe siècle, les comtes ont abandonné les cités aux évêques, à l'imitation du roi sans doute, réunissant leurs plaids à l'extérieur de la ville, ce qui illustre la ruralisation de la société.
  L'évêque , chef du clergé local et pasteur de ses ouailles, était aussi le porte-parole des habitants, souvent leur défenseur auprès du roi. L'évêque de Poitiers Marovée [en poste de 584 à 592] obtint ainsi du roi Childebert la révision du rôle de l'impôt, et Grégoire de Tours refusa le rétablissement d'anciens impôts que le roi voulait imposer à nouveau aux habitants de Tours. Les problèmes fréquemment posés par l'élection de l'évêque révèlent les enjeux politiques qui se posaient alors. Dès le VIe siècle, l'intervention du roi fut admise, elle se fit plus directement au VIIe siècle quand les rois cherchèrent à faire des évêques les principaux relais de leur autorité dans les provinces et qu'ils désignèrent à ces postes les plus fidèles de leurs amis. Ils devaient cependant tenir compte des équilibres locaux, du clergé de la cité et surtout des familles aristocratiques. Les puissants fréquentaient la cité, même s'ils n'y résidaient plus en permanence, si bien que la ville pouvait être le théâtre de crises politiques violentes comme celles que connut Marseille, objet de disputes entre les rois mérovingiens d'Austrasie et de Burgondie : en 581, alors que la cité était passée sous la domination du roi de Burgondie Gontran, le clergé de Marseille s'allia au patrice Dynamius [v. 545 — v. 595-596 ; " (...) Dynamius est né vers 545 et semble avoir reçu une solide formation en droit (...) Dynamius est en poste à Marseille, où il administre la justice à un rang subalterne. Il poursuit sans difficulté son cursus honorum jusqu’en 581, où il se trouve solidement établi sur le poste de rector de Marseille, [575-587]. Sa responsabilité est alors considérable, puisque, en prélevant les tonlieux sur le commerce méditerranéen, il contrôle la principale source de numéraire du roi d’Austrasie...". Source] contre l'évêque Théodore [av. 566-591/596 ; Saint Théodore ; évêque de Marseille pendant au moins vingt ans, de l'an 575 à l'an 595] qui fut arrêté avec l'ancien gouverneur Jovin [membre de la noblesse sénatoriale. À la fin des années 560, il est rector de Provence avec la dignité de patrice] alors que tous deux fuyaient à la cour de Childebert d'Austrasie. La cité était alors à un point de cristallisation de forces politiques locales qui rivalisaient entre elles.
  Dans le ressort du pagus, le comte était le représentant direct du roi, avec la délégation de la puissance publique, le ban. Il était donc chargé de présider le tribunal du comté, de réunir les hommes libres et de lever l'ost, l'armée, royal, de percevoir les impôts. Les comtes étaient assistés de centeniers [personne chargée, sous l'autorité du comte, d'administrer une centaine, division territoriale] qui exerçaient à leur niveau des prérogatives de même nature. Il y avait d'autres agents inférieurs que nous connaissons mal mais qui occupaient des positions de médiateurs obligés entre les communautés locales et les puissants. Cependant, de nombreux domaines échappaient aux compétences des comtes : les domaines royaux étaient administrés par des "domestiques" et de nombreux actores, relevant du maire du palais ; des puissants, laïques et surtout ecclésiastiques, jouissaient également de privilèges d'immunité pour certains domaines, au moins en matière fiscale et parfois judiciaire. Au concile de 641, les clercs ont obtenu de relever du tribunal de l'évêque pour tout ce qui concernait leurs propres litiges.

3. Les ducs
  En Francie et en Bourgogne, les rois ont désigné des ducs, puissants personnages dotés de compétence militaire, comme ce Gontran Boson [?-587 ; gouverneur d'Auvergne] qui fit élire Childebert II, mais les duchés n' y ont jamais été permanents, la fonction étant liée à la personne même du duc. Dans les provinces périphériques en revanche, les rois ont institué des ducs dotés d'une certaine compétence territoriale. En Germanie par exemple, dépourvue de structure centrale jusqu'à l'époque carolingienne et de tradition romaine, sauf dans les franges méridionales, les premiers ducs, d'origine franque, ont été institués à la fin du VIe siècle pour l' Alsace, l' Alémanie et la Bavière. Ils ne contrôlaient pas encore l'intérieur des duchés et l'intégration s'est faite progressivement, au rythme de la christianisation, par la fondation d'églises et de monastères, suivie de la création des cadres épiscopaux, celle des comtés n'intervenant que sous les Carolingiens.

 

Chapitre IV 

 Survivre, produire, échanger

 Le monde romain est entré en crise au IIe siècle. la dépression démographique, la diminution générale de la demande, la simplification des circuits d'échange et le développement d'une économie de subsistance à l'échelle locale ont à leur tour influencé sur les conditions et les modes de vie des populations, Chris Wickham [1950- ; historien et universitaire britannique]

I.-Survivre dans un monde difficile


1. L'évolution démographique
  Il est impossible de donner une estimation globale de la population mérovingienne, mais on peut tenter d'en décrire l'évolution dans le contexte démographique de l' Occident romain. À partir du IIIe siècle, l' Occident a été touché par une crise démographique que les troubles dus aux invasions et à l'insécurité croissante ont accélérée au Ve siècle. La diminution de la population est difficile à évaluer et sans doute très variable selon les régions. Au VIe siècle, et plus particulièrement dans la seconde moitié du siècle, la conjonction des catastrophes climatiques entrainant de mauvaises récoltes et de grandes famines, de terribles épidémies, dont les pestes qui touchèrent plus particulièrement les région méditerranéennes, et des guerres civiles achevèrent de contracter la population qui est à son nouveau le plus bas en Gaule à la fin du siècle.
  Cependant, les historiens ont actuellement tendance à expliquer la réduction de la superficie habitée des villes, la progression des friches aux dépens des surfaces cultivées, la disparition brutale ou progressive d'un certain nombre de vici [nom latin donné à une petite agglomération], davantage par de nouveaux modes de gestion de l'espace que par des facteurs démographiques. La conjoncture démographique semble d'ailleurs se retourner au VIIe siècle : après des siècles de dimunition, ou de stagnation, la population commence lentement à augmenter à nouveau, en particulier en Gaule du Nord, où l'archéologie témoigne d'une reprise démographique, avec une augmentation du nombre de sites de plus de 100 habitants.

    

  

Ce village entier du premier Moyen Âge, de sa nécropole et d'une très rare église en bois à plan basilical a été découvert à Pontarlier. Inrap. Source

La découverte a été faite sur le site «des Gravilliers», à Pontarlier, près de la frontière avec la Suisse. Inrap. Source

2. Des conditions de vie difficile  

  À suivre...
  Régine Le Jan, Les Mérovingiens, Que sais-je?, PUF, Troisième édition, 2015, pp . 34- 40 ; 77-78.

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Côte d'Armor, Saint-Brieuc : la "coûte que coûte " zone industrielle de 62 éoliennes

 MEXIQUE
  (...) "Le groupe et sa filiale EDF Energies nouvelles sont accusés de ne pas avoir consulté et obtenu le consentement des communautés autochtone [...] L’électricien est accusé de violation des droits humains au Mexique dans le cadre de la construction d’un gigantesque parc éolien, 300 mégawatts et une centaine de turbines, mené par l’une de ses filiales. [...] Elles accusent l’entreprise de ne pas les avoir consultées en amont et ne pas avoir obtenu leur consentement "libre, préalable et éclairé". 
Source https://augustinmassin.blogspot.com/2019/10/mexique-devoir-de-vigilance-edf-mis-en.html
   En France, 7 projets sur 10 font l'objet d'un recours de la part des "Autochtones" qui ont majoritairement dit non aux projets lors des Commissions d'enquêtes. Aussi, les sociétés éoliennes, les Pouvoirs publics, la justice et les élus locaux, en règle générale, n'obtiennent pas le "consentement libre, préalable et éclairé" des  Autochtones. Mais qu'importe! Comme au Mexique, les pouvoirs politique, judiciaire et financier passent outre leurs avis. Et le cas de Saint-Brieuc n'est pas, malheureusement, une exception.
Jusqu'à quand?
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La magnifique baie de Saint-Brieuc sous la menace d’un méga projet de parc éolien offshore

Augustin Langlade
2021 08 26

   L’objet de la discorde est un méga-projet de parc éolien offshore : d’ici 2023, si rien n’est fait, 62 mâts de 207 mètres de haut, la taille de la tour Montparnasse, quadrilleront une surface maritime de quelque 100 km² au large du cap d’ Erquy, transformant cette baie préservée en usine à ciel ouvert. 



  Dans la nuit du 24 avril, un cocktail Molotov est lancé sur le chantier de raccordement de la plage de Caroual, à Erquy. Cinq jours plus tard, un esclandre a lieu dans un bassin du port du Légué, à Saint-Brieuc, durant lequel un vigile tombe à l’eau.
  Le 3 mai, au petit matin, alors que les travaux doivent débuter dans la journée, plusieurs centaines de pêcheurs tentent de bloquer les navires d’Ailes marines en route vers le site. C’est peine perdue : en début d’après-midi, l’ Aeolus, un paquebot hollandais de 140 mètres de long pouvant se transformer en plate-forme de forage, s’est déjà installé dans la baie. Enfin, le 7 mai, pour alerter l’opinion publique, 70 bateaux entourent le paquebot-foreur. Provenant de Saint-Malo, Cancale, Paimpol et même de Normandie, les pêcheurs passent une heure à tirer des fusées de détresse, surveillés de près par la Marine nationale.

Lire aussi : « Pollution à Saint-Brieuc : une nappe d’huile de 16 km causée par le chantier éolien »

Inquiets pour la biodiversité, à laquelle sont conditionnés des centaines d’emplois locaux et toute une tradition halieutique, les pêcheurs costarmoricains ont plusieurs fois demandé au gouvernement d’annuler le projet. En vain. Dans une lettre adressée à deux ministres, le président du Comité de la pêche des Côtes-d’Armor, Alain Coudray, a accusé l’État de minimiser l’impact d’un parc éolien constituant pour lui « une déclaration de guerre » à sa profession.
  Le comité explique que la présence de 62 éoliennes dans la baie aura des conséquences inévitables, à long terme, sur « la Saint-Jacques, l’amande de mer, la praire, le homard ou les seiches ». À court terme, les travaux gêneront les pêcheurs et pollueront sans doute les eaux. Sans parler du paysage, à jamais balafré par les éoliennes. Le 10 mai, le gouvernement se déclare « déterminé » à achever une usine « nécessaire » à la transition. Un mois plus tard, comme pour donner raison aux pêcheurs, une nappe d’huile de 16 km de long sur près de 3 km de large s’échappe de l’ Aeolus au cours d’un forage, contraignant celui-ci à retourner à son port d’attache, aux Pays-Bas.
  De là au début du mois d’août, deux nouvelles pollutions à l’huile ont été signalées et aucun forage n’a encore pu être finalisé. Les roches des fonds de la baie étant parmi les plus dures d’Europe, le sol résiste à tous les assauts mécaniques. Trois têtes de forage s’y sont brisées, pour l’instant.

Lire aussi : « EDF bafoue les droits des peuples autochtones avec un méga-parc éolien au Mexique »

  Le 9 août marque l’entrée en scène d’un poids lourd du milieu environnementaliste. Ce jour-là, Sea Shepherd lance son opération « Les Vents de la Colère », destinée à alerter la population sur une « aberration écologique » et contraindre le gouvernement à faire machine arrière.
  Embarqués sur deux bateaux, huit activistes ont ainsi mouillé dans le port de Saint-Brieuc pour au moins trois semaines. Ils se joignent aux pêcheurs, à d’autres associations et aux riverains de plus en plus alarmés par les conséquences du chantier. Sea Shepherd dénonce, en particulier, l’existence de deux zones Natura 2000 de part et d’autres de l’usine. Ce statut de protection aurait dû justifier une extrême prudence de la part de l’État. Celui-ci a pourtant accordé à Iberdrola 59 dérogations à l’interdiction de porter atteinte à des espèces protégées — 54 d’oiseaux marins, quatre de dauphins, une de phoques — ainsi qu’à leur habitat.
  Certaines de ces espèces sont en danger critique d’extinction. C’est le cas du puffin des Baléares, un oiseau marin jouissant en France d’un plan national d’action. Selon le bureau d’études missionné par l’opérateur espagnol, la survie des populations d’autres espèces, comme le pingouin torda et guillemot de troil, ne serait pas même assurée.

Lire aussi : « Hérault : un collectif se bat pour la démolition de 7 éoliennes dangereuses pour la biodiversité »

  Jugeant ces dérogations illégales, Sea Shepherd France compte déposer, dans les jours qui viennent, un recours devant le Conseil d’État, seule institution pouvant désormais statuer sur les contentieux relatifs aux énergies renouvelables marines (EMR), depuis la loi « Asap » du 7 décembre 2020.
  La position de l’association semble rejoindre celle du Conseil national de la protection de la nature, dans un avis rendu le 6 juillet dernier sur « le développement de l’énergie offshore en France et ses impacts ».
« L’objectif de la Commission européenne qui pourrait se traduire par l’équivalent de 34 000 éoliennes offshore en 2050 dont 7 100 pour la France semble clairement incompatible avec la survie de nombreuses espèces d’oiseaux marins », écrit l’instance d’expertise, qui estime que les parcs éoliens au sein ou à proximité des zones Natura 2000 sont particulièrement dangereux pour la faune.
  En attendant de déposer son recours, Sea Shepherd a réalisé plusieurs vidéos de sensibilisation. Accompagnés d’un pêcheur professionnel, les militants se sont par exemple approchés de la plate-forme Aeolus au cours d’un forage, afin de montrer, à l’aide d’une caméra plongée dans l’eau, le bruit assourdissant que ces travaux font subir aux animaux sous-marins.
  Nuisances sonores, pollutions industrielles, vibrations et champs électromagnétiques perturbant les poissons, pâles meurtrières pour les oiseaux, « effet barrière » de l’usine sur les migrations : les raisons de refuser le parc de Saint-Brieuc sont légion, tout comme pour les projets de Fécamp, Dunkerque, Belle-Île, Oléron…
  Ces opérations industrielles « présentent des menaces similaires pour des espèces marines vulnérables, s’alarme Sea Shepherd dans un communiqué, et il n’existe à ce jour aucune prise en compte des effets cumulés des différents projets sur les espèces protégées et en particulier sur les espèces migratrices. »
  D’autres recours juridiques ont été déposés par des pêcheurs et des associations auprès des institutions européennes. Ils sont en cours d’examen. La justice française s’étant montrée jusqu’ici sourde aux arguments des opposants, c’est en l’Union européenne que résident les derniers espoirs.  Sans l’intervention de la justice, les éoliennes tourneront pendant vingt ans en baie de Saint-Brieuc, puis laisseront derrière elles, pour des décennies, une friche industrielle de béton et d’acier.

Union européenne, énergie : la Russie met les gaz

  Où comment l' Union européenne et la France, sous gouvernance allemande, confie la sécurité de l'approvisionnement de son réseau électrique et la vie de quelques 446 millions d'individus, entre les mains de...la Russie!?
  Winston Churchill, Premier ministre de l’Angleterre, durant la seconde guerre mondiale, déclarait à l'époque : “La Russie est un rébus enveloppé de mystère au sein d'une énigme.”. Que dirait-il aujourd'hui à propos du comportement des 27 pays de l' Union européenne?


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***

Notre dépendance énergétique à la Russie

Laydgeur
 
  Je vais profiter de cette conférence de presse de Madame Merkel et de Monsieur Poutine à Moscou  pour vous entretenir de la dépendance énergétique de l' Union européenne et donc, de la France, à la Russie. Je décline d'avance toute responsabilité si vous vous sentez faible et vulnérable après avoir lu ce qui suit.😉
 



Quel est le contexte général en Europe?
  Comme dans le monde, le pétrole est la première énergie utilisée avec un tiers de l’approvisionnement total. Le gaz est dans les mêmes proportions, ~un quart, et le charbon est moitié moindre.

Les statistiques sur l’énergie, l'électricité, dans le monde et en Europe
   

  Ainsi, dans l’UE, plus de 70% de l’énergie utilisée est d’origine fossile ; c’est un peu mieux que dans le monde, 80%, mais c’est pas folichon quand même. Là où c'est plus problématique qu'ailleurs, c’est que les dotations géologiques de l’Europe en énergie fossiles sont très limitées.
  Tour d’horizon

  • Les Pays-Bas furent à la fin des années 70 le 3ème producteur mondial de gaz après les Etats-Unis et l’URSS. Ça n’a pas duré mais leur production est restée stable grâce au développement de l’offshore, et s’est complètement effondrée depuis 2014.

 
La production d’hydrocarbures aux Pays-Bas depuis 1960

  • Le Royaume-Uni a été un producteur important de pétrole et de gaz grâce aux gisements de la Mer du nord, mais il passé son pic de production de pétrole en 1999 et de gaz en 2000 et, son pic de charbon en 1913.
 
 
 
  Mais même avec cette baisse de 40% par rapport à son maximum, le Royaume-Uni produit encore actuellement 2 fois plus de pétrole que les 27 pays de l’Union Européenne réunis…! C’est dire la pauvreté de nos réserves…
 
 


  • La Norvège ne fait pas partie de l’Union Européenne mais est un gros producteur d’hydrocarbures, là aussi grâce à la Mer du nord. Elle a passé son pic de pétrole en 2000, et le gaz est en baisse depuis 3 années de suite, ce qui n’était jamais arrivé avant.
 
  • L’Allemagne et la Pologne possèdent à eux deux 70% des réserves de charbon restantes en Union Européenne, soit 6% des réserves mondiales, mais leur production est en baisse constante depuis plus de 30 ans.

  En conclusion, l’Union Européenne est extrêmement dépendante des importations étrangères d’énergies fossiles

  • 95% pour le pétrole,
  • 85% pour le gaz, 
  • 45% pour le charbon, dont 70% pour l’anthracite qui est un charbon de meilleure qualité.

   La provenance des imports en énergie de l’UE

  Et surtout, il faut regarder l’évolution de ces chiffres : sur les 30 dernières années, hormis le pétrole déjà à un niveau très élevé, la dépendance aux importations n’a fait qu’augmenter, entre +25% et +40%, malgré une consommation énergétique quasi constante…!
  Pour importer toutes ces énergies fossiles qu’on a pas, et qu’on a, en fait, jamais vraiment eu, on va parler… de la Russie !
  La Russie est le plus grand pays de la planète, et en règle générale, plus un pays est grand et plus il a de ressources.
  C’est tout à fait le cas ici :

  • 1ère réserve de gaz, 20% mondial,
  • 2ème réserve de charbon, 15%, après les USA,
  • 6ème réserve de pétrole, 6%.

  Des réserves absolument considérables. Cette situation exceptionnelle fait que, malgré la consommation domestique énorme, la Russie peut encore exporter massivement :

  • 2ème exportateur de brut, 12%, après l’Arabie Saoudite,
  • 2ème exportateur de produits pétroliers raffinés, 10%, après les USA,
  • 1er exportateur de gaz, 25%,
  • 3ème exportateur de charbon, 18%, après l’Australie et l’Indonésie.

   Mais là où cela nous intéresse directement, nous Européens et Français, c'est que la "proche" Russie est  le 1er fournisseur de l’Union Européenne en charbon, presque la moitié du total des imports et le 1er fournisseur de l’Union Européenne en gaz, 40% des imports!


    

  La provenance des imports en énergie de l’UE 

  Vous commencez à voir venir le problème ? Maintenant que le décor général est planté, on va se concentrer sur le gaz, c’est le plus rigolo.



" Mère pétrole, Père gaz ", jolie affiche vous ne trouvez pas ?

  Le gaz est importé en Europe à environ 30% via des navires méthaniers, gaz liquéfié, et tout le reste via des pipelines. À elle seule, la Russie compte pour 40% des capacités totales d’imports de l’Union Européenne en gaz, ce qui est considérable!
 
 
 
  Il y a 4 principaux pays d’arrivée dans l’U.E :
  • l’Allemagne, 33%, 
  • la Slovaquie, 22%, 
  • la Pologne, 15%, 
  • la Roumanie, 12%.
   C’est assez peu connu, mais tout comme il y a un réseau européen pour l’électricité, il y a aussi un immense réseau de transport de gaz européen, avec de gros échanges frontaliers entre tous les pays.
 
 
 
  Carte du réseau de gaz en Europe
 
  Une partie importante du gaz en provenance de la Russie arrive aussi en France, faisant de ce pays le 2ème fournisseur de gaz du pays, avec 20% du total.
 
 
 
   Un pipeline ça coûte très cher à construire, mais une fois en exploitation c’est imbattable et c’est fait pour durer des décennies. Aussi, le gaz russe va effectivement continuer à arriver en France et en Europe, et ce, par centaines de milliards de m3. Le président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine, ne dit pas autre chose lors de cette conférence de presse : 
" La consommation de gaz des pays d’Europe du sud augmente, et j’espère que ça continuera dans les prochaines années."
 
 
 
   " Je ne pense pas qu’il y aura de sources d’énergie plus stables et plus fiables que le gaz russe."
 
 
 
 
   Pour vous convaincre, si vous aviez encore tant soit peu des doutes, regardez la page d’accueil de Gazprom, le géant mondial du gaz, dont l’état russe est actionnaire majoritaire. Difficile de faire plus clair.
 
 
 
Source

  Mais comment les européens consomment-ils tout ce gaz importé? :   
  • production d’électricité, 
  • chauffage des logements/commerces/bureaux,
  • source de chaleur pour l’industrie. 
  Cela représente 90% des usages du gaz dans l’Union Européenne.
 
 
 
 
Aparté 
  En France, le soi-disant "pays-tout-nucléaire-qui-gaspille-l’électricité-avec-des-chauffages-grille-pains", et bien sachez que la 1ère énergie de chauffage des logements, c’est le gaz… Fin de l’aparté.
 
 
 Le parc de chauffage des logements en France
  
  Maintenant que vous avez pris connaissance de la situation de dépendance de l’Europe vis-à-vis du gaz russe et l’utilisation qu’on en fait, un dessin pour résumer.
 
 
 
 
   Celui-là n’est pas mal non plus, et malheureusement très vrai je trouve…
 
 
 
 
   Arrivé là, on pourrait naturellement penser qu’une des priorités majeures de tous les pays de l’Union Européenne serait de faire le maximum pour se passer, ou au moins diminuer fortement leur consommation de gaz. Damned! Raté. Dans le plan Energie 2050 de la commission européenne, “le gaz joue un rôle clé dans la transition énergétique” pour remplacer le charbon dans la production électrique, et pour le chauffage résidentiel, où il peut être pertinent si l’électricité est trop carbonée.
  En réalité pour se passer du charbon il n’y a pas 36 000 possibilités : pas le choix, il faut du gaz!   D'aucuns vanteront l’essor massif de l’éolien et du solaire. Sauf, qu' ils ne sont pas sans défauts. Et comme certains pays veulent en plus sortir du nucléaire… 
  C’est le cas de la Belgique avec le Plan national énergie-climat qui définit leur stratégie climatique, surréaliste, qui consiste au final à augmenter leurs émissions de CO2, en arrêtant le nucléaire qui sera compensé par des centrales à gaz. Mais c’est aussi le cas de l’Allemagne. Tous les scénarios du Fraunhofer SIT[Fraunhofer-Institut für Sichere Informations technologie]  prévoient la construction de plus de 100 GW de centrales à gaz dans les 30 prochaines années. Par comparaison, c’est l’équivalent de tout le parc électrique français actuel… mais au gaz!
 
 
 
   Concernant l’Allemagne, au 1er semestre 2021 et pour la toute première fois, leur première énergie consommée était le gaz, à cause d’une météo froide et de vents faibles qui ont augmenté la consommation de gaz pour le chauffage et les centrales électriques. Et devinez qui en a fait un communiqué de presse ? Gazprom!  cela ne s'invente pas!
   En fait un pays qui a très bien réussi à se passer du charbon, c’est le Royaume-Uni, grâce à la mise en place d’une taxe carbone plancher sur la production électrique. Le quasi disparition de la production charbon s'est effectuée en seulement quelques années.
 
 
 
   Mais pour beaucoup de pays l’équation est très compliquée : pour le climat il faut arrêter le charbon au plus vite, mais ça veut dire faire une croix sur ses ressources énergétiques domestiques, et augmenter sa dépendance à la Russie. Ajoutez à ça que le gaz n’est acceptable uniquement car il permet de se passer rapidement du charbon, mais il n’est pas viable à long terme pour le climat, ça reste une énergie fossile très carbonée, mais, dans le même temps, les infrastructures gazières sont prévues pour durer des décennies, et au-delà, car les investisseurs ont bien l’intention de rentabiliser leurs mises de fond. Il y a donc ici un gros risque d’être prisonnier de ce système pendant de nombreuses années. Pas simple n’est-ce pas ?

Quelle est la situation en France

  La loi interdit la construction de nouvelles centrales électriques au gaz, une fois celle de Landivisiau achevée, mais l’exploitation de celles déjà en place, 12 GW, quand même, va continuer pendant des décennies vu qu’elles sont récentes.
 
 
 
 Pour le reste, je cite la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) : " Le gaz émet moins de CO2 que le charbon cela explique qu’il n’y a pas de mesures particulières pour la réduction du gaz naturel"  (...) La demande de cette énergie devrait être réduite du fait des mesures de maîtrise de la demande, notamment dans le bâtiment " (...) " Il n’y a pas de mesures de maîtrise de l’énergie directement ciblée sur le vecteur gaz."
 Ce qui veut dire en termes profanes : " Crois moi sur parole, Français, ça va baisser"
 
 
 
 
 
  Sur les approvisionnements en gaz : (...) " l’approvisionnement de la France a connu ces dernières années une concentration sur la Norvège et la Russie, ces deux pays représentant aujourd’hui près de 70 % des importations, contre environ 50 % au début de la décennie " (...) la Norvège, devrait connaître un plateau de production entre 2020 et 2030. Le déclin de la production européenne […], devrait s’accélérer. Cette baisse de la part des producteurs européens pourrait être compensée par une augmentation des importations de gaz russe ou de GNL"
  Ici, pas besoin d'un dessin...
   Vous connaissez maintenant la situation. Vous avez toutes les données pour comprendre certains aspects de la politique étrangère russe, et notamment les enjeux du pipeline Nord Stream 2, fort bien résumé ici .
 
 
 
 
 
 
 
 

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