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CÔTES-D'ARMOR, TREDIAS : LE COÛT PHARAONIQUE DU DÉMANTÈLEMENT D'UNE USINE ÉOLIENNE

  Alors que les autorités exigent du " cueilleur-chasseur de subventions publiques " éolien de " provisionner une garantie financière pour le démantèlement de chaque éolienne " d'un montant unitaire de 50 000€*, ici, le promoteur qui est obligé par le Conseil d'État de démanteler son usine, fait tomber les masques sur le vrai coût d'une telle opération : "... les pertes induites à 1 500 000 €. " Le calcul est vite fait : 500 000€ par machine!** Bien sûr, certains nous ferons remarquer que ce cas est particulier, qu'habituellement, etc. ; n'empêche que nous sommes TRÈS AU-DELÀ du montant de la caution exigée et, l'exceptionnalité de la situation, si tel est la cas, ne justifie pas tout.
  Merci au promoteur pour ce moment de vérité 

  P.S : nous ne vous parlons même pas de l'empreinte carbone du chantier!

  * "... L’arrêté du 22 juin 2020 « portant modification des prescriptions relatives aux installations de production d’électricité utilisant l’énergie mécanique du vent », outre ses dispositions sur les installations éoliennes elles-mêmes, statut sur la protection de l’environnement, les distances d’éloignement et sur les règles de démantèlement et la gestion des déchets d’un parc éolien en fin de vie. [...] cet arrêté demande aux exploitants de provisionner une garantie financière pour le démantèlement de chaque éolienne et ce, dès la mise en service du parc. Selon les règles de calcul actuelles, ce montant est de 50 000 €/ par éolienne de 2 MW  et 25 000€ par MW supplémentaire, couvre les coûts compris entre 50K€ et 80K€ en fonction des spécificités : le montant des garanties financières est réactualisé chaque année par l’exploitant... "
Source

** À noter, qu'en Allemagne, les sommes provisionnées pour le démantèlement des éoliennes dépendent des régions : länder. Le décret de 2015 du Land Rhénanie-Westphalie, permet notamment à l´autorité locale de demander 6,5% de l´investissement total comme garantie financière pour la déconstruction d´une éolienne. : § 5.2.2.4 " Rückbauverpflichtung ", décret . Ce qui correspond à un provisionnement de 715 000 € pour une machine telle que l' Enercon E 126, dont le coût à la construction est de 11 millions d'euros.
  Sur le Web

  Aux États-Unis d’Amérique, un article estime ce démantèlement à $ 532 000 par machine [~515 000€]. Sur le Web

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 Trédias. « Un chantier hors norme » : annulé par la justice, le parc éolien en pleine déconstruction

  ​Le promoteur du parc éolien de Trédias, Côtes-d’Armor, BayWar. e avait entamé le chantier avant que le Conseil d’État n’annule l’autorisation d’implantation. Il doit aujourd’hui remettre le site dans l’état initial. Pas si simple.
  Une noria de camions bennes traverse dans un nuage de poussière la campagne de Trédias, Côtes-d’Armor, depuis deux semaines. Les engins sont chargés de dizaines de tonnes de béton issu du chantier de déconstruction des socles des trois éoliennes qui devaient être installées cette année.​

Des brises roches de 70 tonnes grignotent les 500 m3 de béton de chaque socle d’éolienne | OUEST-FRANCE

   Ce parc éolien ne verra jamais le jour, annulé par une décision de justice du Conseil d’État le 17 décembre 2021 sur la base d’un effet d’écrasement et de trouble des commodités de voisinage. Un soulagement pour les membres de l’Association pour la préservation du territoire et de l’environnement des riverains de la Rosette, Apterr, qui ont bataillé pendant huit ans devant les tribunaux pour obtenir l’abandon du projet par le promoteur de et la remise en état du site originel.
1 500 m³ de béton, 150 tonnes de ferrailles
  Une catastrophe pour Can Nalbantoglu, le président de BayWar. e France. Bilan : trois socles de bétons armés à détruire, soit 1 500 m3 de béton et 150 tonnes de ferrailles. « C’est un chantier hors norme, reconnaît William Roumier, le chef de chantier de l’entreprise Kerleroux de Brest chargé de la démolition. Si nous avons déjà détruit des parcs éoliens en fin de vie, nous n’avons jamais été appelés pour détruire des socles qui ne supporteront jamais d’éolienne. »

Sur le chantier, des tonnes de ferrailles doivent être retirées. | OUEST-FRANCE

   De son côté, l’entreprise BayWar. e est parvenue à revendre les éoliennes qui étaient stockées sur un site à Montoir et à réutiliser le poste électrique de livraison qui a été transféré cet été sur le parc éolien de Merdrignac-Illifaut. L’addition s’avère tout de même salée puisque le promoteur estimait l’arrêt des travaux, la remise en état du site et les pertes induites à 1 500 000 €.

« Notre matériel casse »
  De son côté, l’entreprise Kerleroux essuie quelques difficultés. « Nous avons besoin de trois semaines par éolienne, pour briser un socle de béton particulièrement résistant et couper la ferraille dont certaines tiges d’acier s’enfoncent à plus de 5 m dans le sol, explique William Roumier. Nous sommes obligés de décaisser tout autour avant de grignoter le béton ultrarésistant avec nos brises roches de 70 tonnes et nos pinces hydrauliques géantes. Et c’est tellement dur que notre matériel casse souvent ! »
  Plusieurs centaines de camions se sont relayés depuis deux semaines pour enlever le béton qui sera broyé et réutilisé. Ensuite, les engins de l’entreprise Colas réaliseront le terrassement avant de recouvrir le site de terre végétale pour permettre la reprise des cultures. Le chantier sera achevé d’ici à la fin août promet le chef de chantier.

  Sur le Web

Côte d' Armor, Saint-Brieuc : comment et pourquoi l'usine éolienne de mer a atterri dans l'escarcelle d' Iberdrola?

  " Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde écoute."
  Michel Audiard, Le Pacha, 1968.

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Iberdrola, les mains sales de l’énergie « propre »

Amélie Quentel
2022 03 29

  Splann !, média breton d’investigation, publie ce mardi 29 mars une enquête consacrée à Iberdrola, leader mondial de l’électricité éolienne. En 2012, cette multinationale espagnole a obtenu le marché public du parc éolien en baie de Saint-Brieuc, un projet vivement contesté.
  « Iberdrola, quand l’énergie “propre” a les mains sales. » Tel est le titre de la longue enquête publiée ce mardi 29 mars par Splann !, ONG bretonne dédiée à l’investigation journalistique en Bretagne. L’équipe de journalistes, déjà autrice en juin 2021 de plusieurs articles sur la pollution à l’ammoniac dans la région, s’est penchée cette fois-ci sur les activités d’Iberdrola en Amérique latine. La multinationale espagnole est une des plus grandes productrices d’énergie solaire et hydraulique dans le monde. Mais ses agissements en Amérique latine ont des conséquences néfastes, tant sur les populations que sur l’environnement.
  Mais pourquoi l’association bretonne s’est-elle intéressée à la première société mondiale d’électricité éolienne, 39 milliards de chiffre d’affaires en 2021 et 62 milliards de cotation en bourse : soit tout de même le double d’Engie d’après l’Express? Tout simplement parce qu’ Iberdrola, entreprise née en 1992 employant aujourd’hui 37 000 personnes, s’est vue attribuer le marché public du parc éolien en baie de Saint-Brieuc, Côtes-d’Armor, en 2012, par le biais de sa filiale Ailes marines.

 

© Gaëlle Sutton/Reporterre

  Celle-ci avait alors été désignée par les ministres de l’Écologie et de l’Industrie pour recevoir 62 éoliennes de 205 mètres de haut, au nez et à la barbe de la société concurrente Éolien maritime France, pourtant choisie par la Commission de régulation de l’énergie. Le comité des pêches des Côtes-d’Armor, dénonçant en outre aux côtés de l’ONG Sea Sheperd le « rejet de substance polluante » et l’« atteinte à la conservation des espèces animales non domestiques », avait ainsi saisi en août 2021 le Parquet national financier pour « recel de favoritisme ». Une enquête a depuis été ouverte, sachant que l’attribution de ce marché public à Ailes marines a déjà été jugée « irrégulière » par le Conseil d’État, en 2019. Alors que la mise en service du projet était prévue pour 2023, le chantier a donc pris du retard.
  Ainsi, à l’heure où Iberdrola s’avère en outre candidate à un projet d’éoliennes flottantes dans le sud de la Bretagne, Splann ! a souhaité lever le voile sur ce « qui se cache derrière la communication de [cette] entreprise » qui se targue d’avoir « l’engagement éthique et le respect de l’environnement » pour « principes fondamentaux ». Ses journalistes ont ainsi enquêté sur « plusieurs projets emblématiques “ d’énergie verte ” » menés par la multinationale au Mexique et au Brésil. Ils ont réalisé des entretiens et ont fouillé la documentation existante et des « travaux publiés par des journalistes locaux, à leurs risques et périls ». Ils évoquent ainsi des « accusations de violations de droits humains », une « hécatombe d’oiseaux migrateurs », des « poissons morts » et même des « activistes craignant pour leur vie » dans ces deux pays.



Le port de pêche d’ Erquy, dans les Côtes-d’Armor. © Hortense Chauvin/Reporterre

  Au Mexique, Splann ! a par exemple travaillé sur les deux grands parcs éoliens terrestres d’Iberdrola encerclant la commune de La Venta, près de l’isthme de Tehuantepec. En service depuis 2007 et 2012, ces deux parcs auraient de nombreux effets délétères pour les habitants de la zone, mais aussi pour les animaux : la Banque mondiale évoque ainsi le fait qu’en 2011 « neuf mille neuf cents oiseaux et chauves-souris seraient morts par collision avec les éoliennes » de l’un des deux parcs. Des « fuites d’huile » et une « hydrographie bouleversée » sont en outre évoquées. Les peuples indigènes, eux, dénonçaient en 2011 des « contrats déséquilibrés et illégaux » avec Iberdrola, et EDF, ou encore des « dommages permanents causés à leurs terres qu’ils attribuent à l’activité des éoliennes ». Contactée à ce propos par Splann !, Iberdrola n’a pas donné suite.
  Au Brésil, les journalistes ont enquêté sur trois barrages hydroélectriques dont Iberdrola est coactionnaire ou co-constructeur et co-gestionnaire. « Problèmes concernant les licences environnementales », « Problèmes d’alimentation et d’accès à l’eau potable pour les autochtones » ou encore « répressions des oppositions » et « perte de biodiversité et pollution des eaux » sont pêle-mêle évoqués concernant ces différents projets. Des révélations, pour la plupart commentées par Iberdrola, à lire dans leur intégralité sur le site de Splann !.


Côte d'Armor, Saint-Brieuc : la "coûte que coûte " zone industrielle de 62 éoliennes

 MEXIQUE
  (...) "Le groupe et sa filiale EDF Energies nouvelles sont accusés de ne pas avoir consulté et obtenu le consentement des communautés autochtone [...] L’électricien est accusé de violation des droits humains au Mexique dans le cadre de la construction d’un gigantesque parc éolien, 300 mégawatts et une centaine de turbines, mené par l’une de ses filiales. [...] Elles accusent l’entreprise de ne pas les avoir consultées en amont et ne pas avoir obtenu leur consentement "libre, préalable et éclairé". 
Source https://augustinmassin.blogspot.com/2019/10/mexique-devoir-de-vigilance-edf-mis-en.html
   En France, 7 projets sur 10 font l'objet d'un recours de la part des "Autochtones" qui ont majoritairement dit non aux projets lors des Commissions d'enquêtes. Aussi, les sociétés éoliennes, les Pouvoirs publics, la justice et les élus locaux, en règle générale, n'obtiennent pas le "consentement libre, préalable et éclairé" des  Autochtones. Mais qu'importe! Comme au Mexique, les pouvoirs politique, judiciaire et financier passent outre leurs avis. Et le cas de Saint-Brieuc n'est pas, malheureusement, une exception.
Jusqu'à quand?
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La magnifique baie de Saint-Brieuc sous la menace d’un méga projet de parc éolien offshore

Augustin Langlade
2021 08 26

   L’objet de la discorde est un méga-projet de parc éolien offshore : d’ici 2023, si rien n’est fait, 62 mâts de 207 mètres de haut, la taille de la tour Montparnasse, quadrilleront une surface maritime de quelque 100 km² au large du cap d’ Erquy, transformant cette baie préservée en usine à ciel ouvert. 



  Dans la nuit du 24 avril, un cocktail Molotov est lancé sur le chantier de raccordement de la plage de Caroual, à Erquy. Cinq jours plus tard, un esclandre a lieu dans un bassin du port du Légué, à Saint-Brieuc, durant lequel un vigile tombe à l’eau.
  Le 3 mai, au petit matin, alors que les travaux doivent débuter dans la journée, plusieurs centaines de pêcheurs tentent de bloquer les navires d’Ailes marines en route vers le site. C’est peine perdue : en début d’après-midi, l’ Aeolus, un paquebot hollandais de 140 mètres de long pouvant se transformer en plate-forme de forage, s’est déjà installé dans la baie. Enfin, le 7 mai, pour alerter l’opinion publique, 70 bateaux entourent le paquebot-foreur. Provenant de Saint-Malo, Cancale, Paimpol et même de Normandie, les pêcheurs passent une heure à tirer des fusées de détresse, surveillés de près par la Marine nationale.

Lire aussi : « Pollution à Saint-Brieuc : une nappe d’huile de 16 km causée par le chantier éolien »

Inquiets pour la biodiversité, à laquelle sont conditionnés des centaines d’emplois locaux et toute une tradition halieutique, les pêcheurs costarmoricains ont plusieurs fois demandé au gouvernement d’annuler le projet. En vain. Dans une lettre adressée à deux ministres, le président du Comité de la pêche des Côtes-d’Armor, Alain Coudray, a accusé l’État de minimiser l’impact d’un parc éolien constituant pour lui « une déclaration de guerre » à sa profession.
  Le comité explique que la présence de 62 éoliennes dans la baie aura des conséquences inévitables, à long terme, sur « la Saint-Jacques, l’amande de mer, la praire, le homard ou les seiches ». À court terme, les travaux gêneront les pêcheurs et pollueront sans doute les eaux. Sans parler du paysage, à jamais balafré par les éoliennes. Le 10 mai, le gouvernement se déclare « déterminé » à achever une usine « nécessaire » à la transition. Un mois plus tard, comme pour donner raison aux pêcheurs, une nappe d’huile de 16 km de long sur près de 3 km de large s’échappe de l’ Aeolus au cours d’un forage, contraignant celui-ci à retourner à son port d’attache, aux Pays-Bas.
  De là au début du mois d’août, deux nouvelles pollutions à l’huile ont été signalées et aucun forage n’a encore pu être finalisé. Les roches des fonds de la baie étant parmi les plus dures d’Europe, le sol résiste à tous les assauts mécaniques. Trois têtes de forage s’y sont brisées, pour l’instant.

Lire aussi : « EDF bafoue les droits des peuples autochtones avec un méga-parc éolien au Mexique »

  Le 9 août marque l’entrée en scène d’un poids lourd du milieu environnementaliste. Ce jour-là, Sea Shepherd lance son opération « Les Vents de la Colère », destinée à alerter la population sur une « aberration écologique » et contraindre le gouvernement à faire machine arrière.
  Embarqués sur deux bateaux, huit activistes ont ainsi mouillé dans le port de Saint-Brieuc pour au moins trois semaines. Ils se joignent aux pêcheurs, à d’autres associations et aux riverains de plus en plus alarmés par les conséquences du chantier. Sea Shepherd dénonce, en particulier, l’existence de deux zones Natura 2000 de part et d’autres de l’usine. Ce statut de protection aurait dû justifier une extrême prudence de la part de l’État. Celui-ci a pourtant accordé à Iberdrola 59 dérogations à l’interdiction de porter atteinte à des espèces protégées — 54 d’oiseaux marins, quatre de dauphins, une de phoques — ainsi qu’à leur habitat.
  Certaines de ces espèces sont en danger critique d’extinction. C’est le cas du puffin des Baléares, un oiseau marin jouissant en France d’un plan national d’action. Selon le bureau d’études missionné par l’opérateur espagnol, la survie des populations d’autres espèces, comme le pingouin torda et guillemot de troil, ne serait pas même assurée.

Lire aussi : « Hérault : un collectif se bat pour la démolition de 7 éoliennes dangereuses pour la biodiversité »

  Jugeant ces dérogations illégales, Sea Shepherd France compte déposer, dans les jours qui viennent, un recours devant le Conseil d’État, seule institution pouvant désormais statuer sur les contentieux relatifs aux énergies renouvelables marines (EMR), depuis la loi « Asap » du 7 décembre 2020.
  La position de l’association semble rejoindre celle du Conseil national de la protection de la nature, dans un avis rendu le 6 juillet dernier sur « le développement de l’énergie offshore en France et ses impacts ».
« L’objectif de la Commission européenne qui pourrait se traduire par l’équivalent de 34 000 éoliennes offshore en 2050 dont 7 100 pour la France semble clairement incompatible avec la survie de nombreuses espèces d’oiseaux marins », écrit l’instance d’expertise, qui estime que les parcs éoliens au sein ou à proximité des zones Natura 2000 sont particulièrement dangereux pour la faune.
  En attendant de déposer son recours, Sea Shepherd a réalisé plusieurs vidéos de sensibilisation. Accompagnés d’un pêcheur professionnel, les militants se sont par exemple approchés de la plate-forme Aeolus au cours d’un forage, afin de montrer, à l’aide d’une caméra plongée dans l’eau, le bruit assourdissant que ces travaux font subir aux animaux sous-marins.
  Nuisances sonores, pollutions industrielles, vibrations et champs électromagnétiques perturbant les poissons, pâles meurtrières pour les oiseaux, « effet barrière » de l’usine sur les migrations : les raisons de refuser le parc de Saint-Brieuc sont légion, tout comme pour les projets de Fécamp, Dunkerque, Belle-Île, Oléron…
  Ces opérations industrielles « présentent des menaces similaires pour des espèces marines vulnérables, s’alarme Sea Shepherd dans un communiqué, et il n’existe à ce jour aucune prise en compte des effets cumulés des différents projets sur les espèces protégées et en particulier sur les espèces migratrices. »
  D’autres recours juridiques ont été déposés par des pêcheurs et des associations auprès des institutions européennes. Ils sont en cours d’examen. La justice française s’étant montrée jusqu’ici sourde aux arguments des opposants, c’est en l’Union européenne que résident les derniers espoirs.  Sans l’intervention de la justice, les éoliennes tourneront pendant vingt ans en baie de Saint-Brieuc, puis laisseront derrière elles, pour des décennies, une friche industrielle de béton et d’acier.

Côtes d'Armor, Saint-Brieuc : les "hidalgos" de l'éolien n'ont rien de touristes

  ..."bien que le climat soit un des paramètres de notre rapport à la nature, il n'y a pas de raison qu'il fasse "régime". Il est d'autant plus important de le signaler que la plupart des solutions technologiques prônées pour lutter contre le réchauffement sont d'énormes consommatrices de nature. Injonction est faite aux gestionnaires d'espaces naturels de contribuer à l'effort de mitigation des changements climatiques, et il ne serait pas surprenant qu’au nom de l’urgence climatique des installations d’énergies dites renouvelables fassent progressivement concurrence à la nature au sein même des aires protégées."

Nous y sommes!
Source : Virginie Maris, La part sauvage du monde, Seuil, 2018.

Notre VIE, notre quotidien, notre VILLAGE, nos prés, nos forêts, nos animaux et, le climat, valent PLUS que leurs profits!

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Loïk Le Floch-Prigent : « Le gouvernement et la région Bretagne continuent de réciter le catéchisme de l’éolien »

Rédaction Entreprendre




  Le projet de parc éolien en baie de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) conduit par le promoteur Ailes Marines, dont l’actionnaire unique est le groupe espagnol Iberdrola, doit permettre de fournir en énergie 832 000 personnes. Mais il suscite de nombreuses critiques, notamment parmi les élus locaux et les associations. Ancien président d’ ELF et de la SNCF, Loïk Le Floch-Prigent fait partie des principaux opposants. Entretien.

Le président de la Région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, évoque « un projet incontournable pour l’avenir énergétique de la Bretagne ». Pourquoi y êtes-vous opposé ?
  Je suis défavorable aux fermes éoliennes et aux éoliennes en mer. Je suis encore moins favorable aux éoliennes en mer situées sur le littoral, où il y a encore énormément de faune, de flore et de pêcheurs. Les promoteurs ont sous-estimé les conséquences pour les pêcheurs et les navires. On a sous-estimé les études d’impact sur la faune et la flore. Les études d’impact réalisées sont bidons.  C’est honteux.
  Dans le cas de Saint-Brieuc, les éoliennes seraient situées près d’un site merveilleux : le Cap Fréhel. Il accueille un million de visiteurs par an et est l’un des plus beaux sites de Bretagne. Ce projet est donc contre le Cap Fréhel. Il a été déposé il y a 8 ans, [en 2012 — ndlr], par la compagnie Ailes Marines, une société dont le capital est de 3000 euros. Elle a obtenu le permis en 2012, sans qu’il n’y ait jamais eu d’étude d’impact. De 2012 à 2020, ce projet a subi une succession de recours, d’irrégularités…

C’est-à-dire ?
  Ailes Marines est arrivé second à l’appel d’offres, mais l’a finalement remporté. De 2012 à 2020, Ailes Marines a participé à toutes les festivités organisées dans les Côtes d’Armor. Pourquoi ? En regardant de près le dossier, on s’aperçoit que le raccordement au réseau va être payé par RTE, [gestionnaire des lignes à haute tension — ndlr]. Le prix de l’électricité sera de de 155 euros le mégawattheure sur 20 ou 25 ans, par rapport au projet actuel qui donnait un prix de 44 euros le mégawattheure. C’est-à-dire près de quatre fois plus que ce qu’Ailes Marines va recevoir pour réaliser cette opération. C’est complètement ahurissant.
  Soit le prix du courant est de 44 euros, auquel cas ce qui est fait par Ailes Marines est une ponction extraordinaire sur le contribuable et sur le consommateur français. Soit le vrai prix est 155 euros, auquel cas on se demande pourquoi les décideurs sont en train de signer des programmes à 44 euros… Il y a une forme d’incohérence à signer des contrats à 155 euros hier et à 44 euros aujourd’hui. Il y a comme un trouble.

Sous-entendez-vous qu’il y ait pu avoir une forme de favoritisme vis-à-vis d’Ailes Marines ?
  Je pose la question. Je demande à toute le monde de le faire. Je ne comprends pas cette affaire. Plus je la regarde, moins je la comprends. Alors, j’alerte les uns et les autres. Lorsque j’appelle les élus de mon département, qu’ils soient de gauche ou de droite, ils me disent tous que c’est ahurissant. Le seul argument qui m’est rétorqué est le suivant : la Bretagne n’est pas autonome en électricité. C’est absurde. Ce projet ne changera rien à l’autonomie de la Bretagne.
  J’ai l’impression d’être devant un nouveau Plogoff [projet de centrale nucléaire situé à Plogoff et abandonné suite à une mobilisation populaire — ndlr]. C’était le pire endroit pour une centrale, une imbécilité. Il ne fallait pas faire cette centrale à Plogoff, pas plus qu’il ne faut faire une ferme éolienne au Cap Fréhel ! Il y a des endroits sacrés : le Cap Fréhel, la Pointe du Raz… Ce projet est horrible pour l’âme bretonne.

Vous évoquez les nombreuses irrégularités qui émaillent ce projet. De quel ordre sont-elles ?
  Il y a dix pages d’irrégularités. Pourquoi le second à l’appel d’offres a-t-il eu le contrat ? Pourquoi le Conseil d’État a dit que c’était irrégulier, que l’Etat était coupable et devait payer 2,5 millions à l’entreprise arrivée première ? Et pourquoi pas plus de 2,5 millions ? Pourquoi le contrat n’a-t-il pas été annulé ? Pourquoi l’Etat doit-il payer ? Ce projet est un tissu de choses incompréhensibles, sans commune mesure avec ce qui peut arriver sur d’autres projets éoliens, comme à Saint-Nazaire et à Fécamp. C’est un scandale absolu.

De nombreux opposants se font entendre. Plusieurs associations ont même porté un recours devant la cour européenne du Luxembourg…
  Ces recours sont légitimes en raison de la différence colossale entre les deux contrats présentés. Étant donné que la France refuse de s’interroger, il faut bien que quelqu’un le fasse. Dans cette affaire, on cherche à forcer la main pour faire en sorte que ce soit irréversible, notamment en installant le plus rapidement possible le raccordement, avant que les travaux n’aient commencé. Ils envisagent d’effectuer ce raccordement en pleine saison du bulot et du homard, et ce alors que les pêcheurs n’ont pas pu travailler durant le confinement…

Quel sera le coût total ?
  Cinq milliards. EDF paiera les 155 euros, puis ce sera au tour du contribuable et du consommateur. Il me semblait que compte tenu de l’état de l’économie française post Covid-19, nous étions à 5 milliards près. J’espère que le chef de l’État et l’ensemble du gouvernement sont à 5 milliards près, ainsi qu’Élisabeth Borne [ministre de la Transition écologique et solidaire — ndlr]. Pourquoi engage-t-on une telle somme sans l’ombre d’une hésitation en pleine période de doute sur la capacité de l’économie française à rebondir ? Cette absence d’interrogation au sein du gouvernement, parmi les décideurs ou la presse est totalement ahurissante.

Vous exigez donc le retrait pur et simple du projet ?
  Le retrait et une véritable expérimentation. Il est urgent de faire une réelle étude d’impact sur la faune et la flore marines. La baie de Saint-Brieuc possède la plus grande accumulation de coquilles Saint-Jacques d’Europe. Le Cap Fréhel, c’est un million de visiteurs par an ! En plus, on nous dit que ce projet est vitale pour des raisons environnementales… Cela s’appelle de l’idéologie environnementale. Même les associations environnementales sont contre, elles ont interpellé le président de la région [Loïg Chesnais-Girard — ndlr]. Certains défendent plus la chauve-souris que la coquille Saint-Jacques. Je ne comprends pas.

Avez-vous bon espoir ?
  Oui. La raison l’emporte toujours. Je ne mène pas des combats d’arrière-garde, je mène des combats pour gagner. Celui-ci doit être gagné, comme celui de Plogoff. Il faut abandonner ce projet le plus rapidement possible. D’autant plus que nous sommes dans une période économique difficile.

Iriez-vous jusqu’à parler de « lobby éolien » ?
  Absolument. D’autres sont même allés été au-delà du mot « lobby ». En Italie, on ne parle pas de « lobby », on parle de « mafia ». Mais je ne veux pas utiliser des mots désagréables. N’oublions pas que pour Ailes Marines, la rentabilité de cette opération est considérable. C’est un pactole, une rente exceptionnelle et totalement imméritée. Si tout avait été envisagée avec des entreprises françaises, on aurait pu parler de relocalisation industrielle, mais ce n’est pas le cas ! Il y a d’un côté les élus locaux, et de l’autre le gouvernement et la région.

N’est-ce pas un peu caricatural ?
  C’est la réalité, et c’est dans la continuité du mouvement des Gilets jaunes. J’ai l’impression que le gouvernement et la région Bretagne sont complètement autistes. Ils continuent à réciter le catéchisme de l’éolien. Ils devraient arrêter.

A titre personnel, quel rôle jouez-vous auprès des opposants au projet ?
  J’interviens en tant qu’industriel, et j’affirme que ce projet est absurde. Et le nombre de gens qui pensent la même chose est en train de s’accroître.

Côte d'Armor, Allineuc : "Mes vaches dorment le cul en l’air et ma boussole indique 3 Nords différents"

Ruraux, sommes-nous condamnés à n'être que des rats de laboratoire ou des animaux de boucherie?

Notre VIE, notre quotidien, notre VILLAGE, nos prés, nos forêts, nos animaux et le... climat valent PLUS que leurs profits!


MUNICIPALES : PAS UNE SEULE VOIX AUX CANDIDATS PRO-EOLIENS ET AUX "SANS AVIS"!


TENIR TÊTE, FEDERER, LIBERER! 


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Mes vaches dorment le cul en l’air et ma boussole indique 3 Nords différents   

Sioux Berger
Février 2020

Témoignage de Stéphane Le Béchec, Allineuc, Bretagne. ( Côtes d’Armor)

"Je m’appelle Stéphane le Béchec, et quand on me demande si je suis éleveur ou agriculteur, je réponds : « Ni l’un ni l’autre, je suis paysan. Je suis celui qui aime son pays, sa terre, et son métier». Et devenir paysan, pour moi, ça a toujours été un rêve de gosse. 

  Autrefois j’étais menuisier charpentier, artisan du bois. J’ai parcouru la France pour construire des maisons, j’ai même participé à la restauration de l’ Olympia en 95, c’est vous dire si on est loin des champs et des élevages. Alors, lorsque je me suis établi en tant que paysan, il y a 4 ans, j’entendais bien travailler comme le faisaient les anciens, je voulais un élevage en pleine nature, sans pesticides et engrais chimiques, avec le veau sous la mère, comme il y a 50 ans.
 
Bien sûr, quand j’ai racheté la ferme, on ne m’avait pas dit qu’il y aurait des problèmes

. J’étais un peu comme Jean de Florette qui débarque et qui cherche sa source…sauf que…les problèmes ne sont pas venus de la source, ils sont venus des infrasons, de l’électricité et des ondes. Oh ! il ne m’a pas fallu longtemps pour m’apercevoir qu’il y avait un énorme souci, d’une gravité…planétaire…

J’ai démarré en 2016 : le premier janvier, j’appelais déjà le vétérinaire, et le 3 janvier une de mes vaches mourait. Caillot de sang dans l’intestin…voilà ce qu’on m’a dit. Plus tard, j’allais m’apercevoir que cette date du 1er janvier était loin d’être le fruit du hasard…Mais à ce moment-là j’ai seulement pensé « courage, tu débutes, ça peut arriver ».
Sauf que… j’ai très vite compris que ça ne venait pas de moi. J’en ai eu rapidement la preuve, puisque lorsque j’achetais une bête qui fournissait 35 litres de lait, dès le surlendemain, elle ne donnait plus que 25 litres. Et puis c’était toujours le même scénario : elle ne buvait pas assez et elle dépérissait… Un jour, je venais d’acquérir une vache, elle s’est couchée à peine descendue du camion, et elle ne s’est plus jamais relevée. Elle était comme paralysée par le sol.
Alors j’ai commencé à faire des recherches, j’ai fait analyser mon fourrage …mais rien d’anormal. De toute façon, ça ne pouvait pas venir de la nourriture, puisque j’avais des troupeaux dans quatre champs différents, et au même moment, certaines mouraient d’un coup. C’était donc lié à une zone géographique précise, et non à ce que je leur donnais à manger.

 
Et puis au mois de mai tout s’est accéléré. On venait de passer à la 4G dans le secteur et j’ai observé que mon troupeau se comportait de plus en plus bizarrement. Une vache, ça dort toujours la tête au Nord. Pas besoin d’avoir 20 ans d’expérience pour le savoir. Les miennes dorment la tête au Sud, à l’Ouest, à l’Est…incompréhensible…pour en avoir le cœur net j’ai placé dans mon étable 3 boussoles différentes : pas une ne m’indique le même Nord. 3 Nords différents pour un même lieu !
Si la boussole est folle, la vache l’est encore plus. Dans les prés, je les regarde s’allonger, elles se couchent avec le cul en l’air, dans le sens de la pente. Vous ne verrez jamais une vache en bonne santé dans une position pareille, c’est un animal qui sait ce qui est naturellement bon pour son transit !
Et leur folie ne s’arrête pas là : lorsque j’étale du fourrage dans le champ, mes bêtes mangent tranquillement jusqu’à une certaine zone, et là soudain elles s’arrêtent, comme frappées par une barrière invisible. Et puis, une à une, elles dépérissent et refusent de boire.

Bien entendu, j’ai fait venir le véto, et on m’a dit tour à tour « vous les nourrissez trop », puis « vous ne les nourrissez pas assez »…..mais de toute façon, dans mon troupeau, j’ai des vaches trop maigres et des vaches trop grosses, sur un même pré. Toutes ont le poil hérissé. Toutes ont des problèmes dans leur sang. Certaines crèvent d’hémorragie en plein champs et le sang pisse par les mamelles.
Alors j’ai fait venir des géobiologues, et ils ont constaté que ma ferme est totalement cernée. Pour que vous compreniez mieux, j’ai réalisé un petit croquis. 






Imaginez une horloge. Ma ferme est au centre
- À midi, c’est le Nord…celui que mes vaches ont perdu…
- À 14 h, il y a une antenne relais, 
- À 16 h, un poste de distribution électrique, 
- À 18 h et à midi, deux lignes électriques de 20 000 volts qui traversent cette horloge de part en part, 
- À 20 h, une autre antenne relais, 
- À 10 h, un autre poste de distribution électrique, et 
- À 11 h, un parc éolien avec des aimants gros comme une locomotive dans chaque machine…

J’ai poursuivi mes observations et j’ai constaté que la mort de mes vaches correspond pile poil aux pics de consommations électriques, et aux compteurs heures creuses heures pleines. J’ai pris des notes, et non, je ne suis pas fou : mes animaux sont branchés sur le monde moderne…Plus étonnant encore : ils meurent toujours le week-end…et oui, le week-end les gens ne sont pas au boulot, ils sont chez eux, ils se regardent tranquillou un petit film en streaming, ils téléphonent, ils font tourner une machine, et hop, dans mon sol, dans la terre, je mesure 1 volt 100 en courant continu …et je peux vous dire qu’au-dessus de 40 millivolts, aucune vache ne boit, aucune ne survit à long terme…


Le pire, c’est pendant les vacances scolaires. Du 20 décembre au 6 janvier 2020, c’est le moment des fêtes. On se retrouve autour d’un bon dîner, on s’envoie des selfies et on allume le four…pendant ce temps, mes vaches ne se sont pas couchées une seule fois. Un autre exemple ? Le 26 décembre 2016, j’en ai perdu 4. Le 2 janvier 2017, j’en ai perdu encore 2. Six en deux jours.
Bien entendu, je ne suis pas resté les bras croisés. J’ai convoqué tout le monde. Les services vétérinaires, la laiterie, j’ai mis tous ces spécialistes autour d’une table pour en discuter. Sauf que…on a estimé qu’il n’y avait pas de sujet de débat. Le bétail crève mais il n’y a rien à discuter. Pourquoi ? Tout simplement parce que le mal dont souffre mes vaches n’existe pas. Un peu comme si en 1950 vous aviez affirmé vous-même devant des spécialistes que vous avez un cancer à cause de l’amiante. Le juge qui vous écoute enlève ses lunettes, lève les sourcils, et vous dit que vous pouvez déposer toutes les plaintes que vous voulez, elles seront classées sans suite, puisque vous dénoncez quelque chose qui …n’existe pas. Et bien entendu, on m’a menacé de me saisir mon troupeau pour maltraitance animale…


Attention, les images sont le reflet de la souffrance des animaux
Le film

Aujourd’hui je regarde le noyer centenaire qui pousse à côté de ma ferme. Il meurt, et les sapins autour végètent. Au pied du vieux noyer, un professionnel a mesuré du 60 hertz. En France, la lumière, c’est du 50 hertz, et là, on est carrément au-dessus…faites pousser vos plantes vertes au milieu d’un champs d’ampoules allumées et vous m’en direz des nouvelles. 


Aujourd’hui j’observe la nature : la rivière, les flaques, les fleurs, et je ne vois ni grenouilles, ni escargots, ni têtards, ni abeilles, mes vaches sont en hypothermie, et mes génisses sont stériles. J’ai des vertiges, j’ai froid en plein été, des acouphènes, des nausées, les bras qui picotent en permanence. Le vivant se meurt mais en ville on ne le voit pas…


C’est un désastre, mais il n’existe pas. Au Nord, on va planter prochainement d’autres éoliennes. Et la 5G arrive. Tout cela va passer par le sol, par les failles d’eau, par les lignes électriques…et s’abattre sur ma ferme. 

 
Pourtant, je ne regrette pas le choix que j’ai fait devenir paysan. J’ai toujours su que j’aimais la terre. Si je parle aujourd’hui, si je parle demain, et demain encore, je sais que je peux aider. Et c’est ce que je veux faire à présent. Parler, continuer à observer, pour qu’enfin le vivant ne soit plus étouffé par le monde du business."

Témoignage recueilli par Sioux berger

Côtes-d'Armor, Saint Brieuc : le projet sera le plus cher de tous les parcs éoliens français



Commentaire
: l' Union européenne par sa Commission nous permet d'avoir des informations sur les couts des ENR en mer. Autrement, quid de la transparence sur le sujet? L’État, à la baguette? Silence radio! Les politiques locaux? Silence radio! Les promoteurs? Silence radio! Les politiciens écolos? Silence radio! Ces "muets" pourtant si prompts et volubiles à dénoncer la soit-disant non transparence de l' énergie nucléaire... Donc 155 €/MWh pour la ZI éolienne de Saint Brieuc, dont la production ne correspondra pas à la demande et qui ne participera pas à la lutte contre le réchauffement climatique.

Les responsables politiques, à tous les étages, rendront-ils un jour des comptes à la Nation?

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Éolien en mer. Le projet de Saint-Brieuc sera le plus cher de tous les parcs éoliens français

Thibaud Grasland
04/09/2019


Le parc éolien de la mer Baltique, construit par Iberdrola, sera le cousin de celui de la baie de Saint-Brieuc. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

La Commission européenne a publié, mi-août, des informations qui étaient restées confidentielles ces dernières années : le prix de rachat de l’électricité et les aides publiques octroyées par l’État pour la construction du parc éolien.

Le parc éolien de la baie de Saint-Brieuc, dont la construction est prévue entre 2021 et 2023, sera le plus cher de tous les parcs offshore français. C’est ce que révèle un document publié par la Commission européenne, le 12 août dernier. Elle a publié des données qui étaient restées confidentielles jusqu’alors : le prix d’achat de l’électricité ainsi que les montants des aides publiques de l’État.


4,7 milliards d’aide sur vingt ans à Iberdrola
L’électricité produite par le promoteur Ailes Marines (détenu par l’espagnol Iberdrola) sera vendue à la France 155 € le MWh. Pour les cinq autres parcs éoliens offshore construits dans la Manche et l’Atlantique par EDF et Engie, le prix d’achat oscille 131 € et 143,6 € le MWh. Ce tarif est celui qui a été renégocié par l’État en 2018 en raison de la baisse des prix du marché.

Le gouvernement estime que le prix du marché est en moyenne de 51 €/MWh. La différence entre ce prix (51 €) et le prix d’achat par de l’électricité à Ailes Marines (155 €) est considérée comme une aide publique de l’État à l’industriel. Sur vingt ans, cette aide est estimée à 4,7 milliards d’euros. Au-delà, Ailes Marines vendra l’électricité au prix du marché.


« Une addition salée », pour les opposants
Pour les autres parcs (Courseulles, Fécamp, Saint-Nazaire, Yeu/Noirmoutier et Dieppe), l’aide maximum ne dépasse pas les 3,7 milliards. Le document explique ces prix plus chers que dans le reste de l’Europe par « les particularités de la côte française : vents plus faibles et nature de sol plus complexe ».

« L’addition est particulièrement salée pour les Français, pour une efficacité du projet qui reste à démontrer tant sur le plan énergétique que sur sa contribution à réduire les gaz à effet de serre », a commenté, hier, l’association Gardez les Caps qui s’oppose au parc. On comprend mieux pourquoi les Ministères de l’Écologie successifs ont caché ce tarif à la société civile pendant 7 ans. »

PIERREMONT-SUR-AMANCE : USINE AGRIVOLTAÏQUE : ÉTUDE PRÉALABLE AGRICOLE VALIDÉE MAIS LE PROJET EST LOIN D' ÊTRE AUTORISÉ

Épisode précédent : PIERREMONT-SUR-AMANCE : UNE USINE AGRIVOLTAÏQUE EN PROJET      Certains d’entre nous ont pu remarquer, en passant du cô...