lundi 11 novembre 2019

Haute-Saône, La Rochelle : ZI éolienne des Hauts de la Rigotte : permis de construire du poste électrique, changement de bénéficiaire, vraiment?


Le chantier de la construction du poste électrique est situé le long de la RN19, direction Vesoul, peu après le village de La Quarte et du Chêne de la Vierge, site classé, en bordure de la RN19, 0.03 ha, arbre, 1937/04/22, domanial, sur la commune de Pressigny. Vous empruntez un chemin de terre sur environ 300 mètres et vous êtes arrivés.
Voir
Visite du chantier



À la lecture des de l'affichage obligatoire des arrêtés, nous apprenons que :

-Le 08/12/ 2015, le permis de construire a été attribué à la société porteuse du projet de ZI ;
-Le 10/09/2018, le permis de construire a été prorogé pour une période d'un an ;
-Le 05/07/2019, le permis de construire a changé de bénéficiaire. Dorénavant, c'est la société Ve'lec qui est en droit de construire.

Changement de bénéficiaire, vraiment?

La société Ve'lec?
La société VE'LEC a été immatriculée le 17 juin 2019, il y a 5 mois, basée à PARIS 8 dans le 75.
L’institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) a classé cette entreprise en Travaux d'installation électrique dans tous locaux, code NAF 4321A*
VE'LEC avec un capital de 10 K euros est dirigée par :

  • M Leroy Guillaume en qualité de Directeur général 
  • M Caradec Eric en qualité de Président
Sources :Ve'Lec + Infogreffe 

* Code NAF 4321A : Travaux d'installation électrique dans tous locaux
Cette sous-classe comprend :
- l’installation de :
• câbles et appareils électriques
• câbles de télécommunications
• câblage de réseau informatique et de télévision par câble, y compris les fibres optiques
• paraboles
• systèmes d’éclairage
- le montage des antennes d’immeubles
- l’installation des systèmes d’alimentation de secours (groupes électrogènes)
• systèmes d’alarme incendie
• systèmes d’alarme contre les effractions
- l’installation de systèmes électriques de paiement pour parking

Cette sous-classe comprend aussi :
- l’installation de capteurs d’énergie solaire électriques asservis aux locaux
- la connexion d’appareils électriques et d’électroménagers, y compris le chauffage par plinthe chauffante


Cette sous-classe ne comprend pas
:
- la surveillance et la surveillance à distance de systèmes de sécurité électroniques tels que des dispositifs d’alarme anti-vol et d’alarme incendie, y compris leur installation et maintenance (cf. 80.20Z)
- les opérations d’installation des matériels de production d’électricité dans les centrales (cf. 42.22Z)
- l’installation des matériels de contrôle ou de régulation industriels (cf. 33.2)
- l’installation des systèmes de commande ou de sécurité pour voies ferrées (cf. 42.12Z)


Source : convention.fr

Qui sont ses dirigeants
-Guillaume Leroy n'est autre que le ... Directeur général de Velocita Energies, filiale française du groupe Envision, qui, avec avec le soutien du développeur Opale Energies Naturelles, porte le projet des Hauts de la Rigotte...

-Caradec Eric, n'est autre que le... Directeur de France Envision Energy/ Directeur Général Velocita Energies.

Ce changement de bénéficiaire ne serait-il pas, au final, juste une opération fiscale?



Affichage obligatoire des entreprises intervenant sur le chantier





08/12/ 2015, le permis de construire a été attribué
 



10/09/2018, le permis de construire a été prorogé




05/07/2019, le permis de construire a changé de bénéficiaire

php

dimanche 10 novembre 2019

Haute-Marne, Chassigny : le mât de mesure éolien au tapis!

jhm.fr

Et de trois pour la Haute-Marne! Avec ce nouveau mât de mesure éolien au tapis, le département reprend la tête du classement devant la Haute-Saône, 2, et la Côte d'Or, 1.
@BalanceTonMatdeMesure


Un nouveau département, la Loire, nous informe de son score : 2 mâts au tapis.
Le classement rectifié :
1er : Haute-Marne, 3 ;
2e : Haute-Saône et Loire : 2 ;
4e : Côte d'Or : 1.


Rectificatif : la SAS porteuse du projet 
se nomme Ventelys, et son siège est à Rueil-Malmaison, Haut-de-Seine.
"
VENTELYS énergies partagées, Société par action simplifiées au capital de 2 000€, a débuté son activité en septembre 2017."
Source : BFMTv verif 

Jean-Paul Arizzi est "entrepreneur individuel est active depuis 30 ans.
Située à CHASSIGNY (52190), elle est spécialisée dans le secteur d'activité de la culture et élevage associés.
"
Source : société


 


@jhm.fr 

php

Haute-Marne, Doulaincourt-Saucourt : le photovoltaïque pour horizon...

jhm.fr

En Haute-Marne, l'escrologie développe, depuis quelques mois, sa nouvelle machine à faire du fric, avec l'argent des consommateurs et des contribuables : la centrale photovoltaïque! Voir, les projets sur les communes de Saints-Geosmes, Prauthoy, etc.


Tout cela coûte un pognon de dingue aux consommateurs/contribuables, pour une production famélique, déstabilisant pour les réseaux électriques, nuisible pour la planète et inefficace pour lutter pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, GES.

(...) "Un rapport sur «le soutien aux énergies renouvelables». Ce chiffre ? 121 milliards d’euros. Il est inéluctable. Il représente en effet uniquement le montant du soutien public auquel s’est engagé l’Etat par les contrats signés avant 2017 au bénéfice des producteurs d’électricité d’origine éolienne et photovoltaïque, plus un chouïa de biométhane."




Source : La Cour des comptes alerte sur le coût des EnR


Rappel

Pour la région Grand-Est, le taux de facteur de charge* moyen solaire en année glissante au 31/03/19 est de :  13.9%!

* : "Le facteur de charge d’une unité de production électrique est le ratio entre l’énergie qu’elle produit sur une période donnée et l’énergie qu’elle aurait produite durant cette période si elle avait constamment fonctionné à puissance nominale, la puissance la plus élevée qu’une unité de production peut délivrer."
Source : Qu’est-ce que le facteur de charge d’une unité de production électrique ?

Sachant qu’une année correspond à 8 760 h, les 13.9% représentent... 1217h de production annuelle.
Sachant que le solaire ne produit pas la nuit, ces 1217h correspondent, environ, à 100 jours de production annuelle. 


 Source : PANORAMA DE L’ÉLECTRICITÉ RENOUVELABLE AU 31 MARS 2019


Comme pour l'éolien, le biogaz, méthaniseurs, biomasse, etc., le discours tenu pour convaincre des élus qui, neuf fois sur dix, sont ignorants de la chose, est le suivant :

1. Vanter les soit disant "bienfaits" écologiques et durables des EnR en général et, du photovoltaïque en particulier ;

2. Faire miroiter des retombées financières exceptionnelles pour la commune.

Ce dernier argument sonne bien aux oreilles de nos élus locaux. Aussi, à défaut d'avoir une bonne vue, voir plus loin que le bout de leur nez, nous voilà rassurés : les élus ont une bonne ouïe.

Le maire veut associer les habitants à ce projet. Il faut que les administrés sachent que cette démarche, réunion publique, est, avant tout, une action de communication organisée par la société porteuse du projet. Car, comme dans un projet éolien, en vérité, l'avis des habitants... ON S'EN FOUT !

Doulaincourtoises, Doulaincourtois, l'unique façon pour que votre opinion soit réellement prise en compte au sujet de ce projet de centrale photovoltaïque, c'est de... voter lors des élections municipales.😏

Doulaincourt-Saucourt : le site Internet





@jhm.fr



Lire également


Photovoltaïque : un gâchis écologique

Michel Gay
29/03/2017

Le développement des panneaux photovoltaïques est contraire au développement durable. Il hypothèque notre avenir et celui de nos enfants car non seulement il est inutile, mais il est nuisible à la planète.

Le versement massif de subventions publiques pour la promotion des panneaux photovoltaïques1 en France est une aberration environnementale, économique et sociale qui a pu se développer sur l’ignorance des uns et l’intérêt personnel des autres. Ce scandale éclaboussera tôt ou tard la classe politique quand l’opinion publique s’apercevra enfin du gâchis écologique et de la gabegie des ressources naturelles et financières organisée par des commerciaux et des idéologues jusqu’au sein de l’appareil d’État.
Le développement des panneaux photovoltaïques, PV, est contraire au développement durable. Il hypothèque notre avenir et celui de nos enfants car non seulement il est inutile, mais il est nuisible à la planète.

Les panneaux voltaïques sont écologiques
Leur fabrication ne nécessite pas que du silicium, silice et carbone, issu du sable. Elle nécessite aussi du phosphore, du bore, de l’ EVA, éthylène-acétate de vinyle, du verre et de l’aluminium. Dans moins de 20 ans, comment recyclera-t-on ces millions de panneaux, d’onduleurs et de batteries associés à leur fonctionnement ? Et qui paiera ?
La quantité de CO2 produite pour la fabrication, le transport, la commercialisation et la pose des panneaux, surtout produits en Chine ou en Allemagne avec de l’électricité issue majoritairement du charbon émettant 900 grammes de CO2 par kWh, g/kWh, ne « rembourse » quasiment jamais le CO2 économisé par sa production d’électricité.
De plus, par ciel clair, la montée en puissance de la production des panneaux est rapide le matin, puis c’est l’inverse le soir, pour aboutir à zéro. Les centrales à combustibles, notamment celles au gaz, interviennent alors pour adapter la production à la demande qui, elle, atteint son maximum vers 19 heures.

Rôle des centrales à combustibles
Elles sont le complément indispensable à la stabilité du réseau. Et c’est bien le cas en Allemagne ou plus de la moitié de leur production électrique provient toujours du charbon et du gaz pour lisser l’intermittence de la production des énergies renouvelables, et notamment des panneaux voltaïques.
Ces derniers augmentent donc le besoin en combustible fossile pour les pays qui possèdent peu de centrales à gaz ou à charbon. C’est le cas de la France où 90 % de la production électrique n’émet pas de gaz à effet de serre, notamment grâce au nucléaire, 75 %, et aux barrages, 12 %.
La moyenne d’émission de CO2 en France est une des plus faibles d’Europe, 75 g/kWh, grâce au nucléaire, 6 g/kWh2, et aux barrages, 2 g/kWh.
Certains pourraient imaginer que l’été, période de climatisation en journée, la production des panneaux économise des combustibles fossiles. Hé bien pas du tout ! L’été étant une période de faible consommation d’électricité en France, les centrales nucléaires et les barrages produisent davantage que la consommation française. Le surplus est vendu à nos voisins au prix du marché, à environ 5 centimes par kilowattheure , c€/kWh, alors qu’EDF achète la production des PV de 20 à 60 c€/kWh !

Le soleil est gratuit : faux
L’énergie solaire primaire est gratuite tout comme le vent, le gaz, l’uranium ou le pétrole qu’il suffit de ramasser. C’est ensuite que cela se complique car la transformation en électricité coûte cher. Malgré les étapes de transport, de raffinage, de distribution, etc.., l’électricité produite par le gaz, le nucléaire ou le pétrole coûte 4 à 9 c€/kWh, soit environ cinq fois moins que celle issue des panneaux voltaïques. Et les contrats signés jusqu’à aujourd’hui engagent l’État, donc tous les contribuables, et pour 20 ans.

Les panneaux voltaïques fournissent une énergie locale : faux
Leur développement massif nécessite de renforcer les réseaux d’électricité, comme en Allemagne, qui n’ont pas été prévus à l’origine pour recevoir cet afflux ponctuel d’électricité. Des milliards d’euros sont en jeu.
Aujourd’hui, il n’existe quasiment aucun « auto consommateur autonome », ni en Allemagne, ni en France, car le coût est, et restera, trop élevé…
De plus, lisser cette production pour la rendre plus conforme à la demande de puissance nécessite d’énormes et coûteux moyens de stockage polluants dont on ne voit pas le début d’une solution propre et viable, hors les barrages avec aussi leurs inconvénients.

Les panneaux voltaïques constituent une chance pour les pays pauvres : faux
Les pays pauvres n’ont pas les moyens de s’offrir l’électricité la plus chère à produire malgré la « gratuité » de la source, ni les coûts du stockage pour la nuit. Généralement, des pays riches, la France par exemple, ou des associations généreuses payent pour eux le matériel et l’installation.
Un groupe électrogène rustique, essence ou diesel, transportable qui fonctionne aussi la nuit et par mauvais temps, nuages, serait beaucoup plus efficace et moins cher.

Les panneaux photovoltaïques sont nuisibles
Des gouvernements se sont laissés influencer par des lobbies aux motivations mercantiles, ou idéologiques, pour favoriser le développement de cette filière ruineuse qui mène à une impasse environnementale, technique et financière.
Développer à grande échelle le panneau voltaïque est nuisible à l’humanité. Par kWh d’électricité, leur fabrication fait appel à beaucoup trop de matières premières concentrées en Asie. Les milliards d’euros dilapidés chaque année dans cette production ruineuse seraient certainement plus utiles ailleurs.
Il est grand temps d’arrêter ce gaspillage honteux d’argent public en arrêtant immédiatement le développement des panneaux photovoltaïques contraire au développement durable.


1. L’électricité produite par les centrales thermiques à concentration solaire, qui est aussi une ruine pour les pays qui la subventionnent, et le solaire thermique individuel, chauffe-eau solaire d’appoint ou non, ne sont pas abordées dans cet article.
2. Note RTE / ADEME du 08/10/2007 


php

samedi 9 novembre 2019

Climat, nucléaire, homéopathie… Pourquoi nous maltraitons la science

Thomas Mahler
9/11/2019

ENTRETIEN. Des climatosceptiques aux écologistes, Sylvestre Huet déplore le manque de culture scientifique des politiques, journalistes et citoyens. 




Longtemps journaliste à « Libération », Sylvestre Huet avait consacré un livre impitoyable à Claude Allègre, L'imposteur, c'est lui, en 2010. © DR 

 
Il est l'un des meilleurs journalistes scientifiques français. « L'honneur de votre profession », nous confiait récemment l'académicien des sciences Yves Bréchet. Sur son blog (Sciences²) hébergé par Le Monde, Sylvestre Huet évoque avec pédagogie les nouvelles alarmantes du réchauffement climatique. S'il ferraille contre les climatosceptiques, l'homme, de gauche, s'engage aussi clairement pour le nucléaire en tant que source d'énergie décarbonée et épingle les biais idéologiques de certains écologistes comme les contresens du « rouge et vert » François Ruffin. Dans un grand entretien, nous avons évoqué avec lui le cas Claude Allègre, ex-chroniqueur du Point à qui Sylvestre Huet avait consacré un livre impitoyable, L'Imposteur, c'est lui, en 2010. Nous l'avons aussi interrogé sur le manque de culture scientifique des responsables politiques, des journalistes et des Français en général. Entretien.

Le Point : Vous avez publié L'Imposteur, c'est lui sur Claude Allègre en 2010. Quelle est la genèse du livre ?
Sylvestre Huet : quand Claude Allègre sort son livre, L'Imposture climatique, en 2010, Laurent Joffrin, alors directeur de la rédaction à Libération, trouve l'ouvrage formidable. Et annonce en conférence de rédaction qu'il faut absolument que l'on en parle en positif. Je botte en touche car je ne sais pas trop comment annoncer à mon directeur qu'il vient de dire une énorme bêtise. Mais j'avais repéré une énorme falsification dans un des graphiques de l'ouvrage, censé n'être que la reproduction d'une courbe de température de l'an 500 à nos jours, parue dans une revue scientifique (1). Or, sur le graphique du livre, non seulement la période après 1900 ne correspondait pas au graphique initial du scientifique, mais Allègre avait ajouté comme une prolongation qui prédisait que la température moyenne de la Terre allait… chuter. J'ai alors eu l'idée de faire commenter cette falsification par l'auteur même de la courbe originale, le paléo-climatologue suédois Hakan Grudd, en lui envoyant par courriel un scan du graphique falsifié. Grudd a réagi, par écrit, en qualifiant l'attitude d'Allègre de « contraire à l'éthique de la recherche » et « trompeuse » pour le grand public. Muni de cet argument incontestable, j'ai pu faire un article critique dans Libération, titré Allègre part en courbes. L'article a eu un retentissement important, mais ne pouvait avoir aucune conséquence sur la carrière scientifique de Claude Allègre puisqu'elle était déjà terminée. Dans le milieu scientifique, falsifier des données constitue la faute la plus grave pour un chercheur, provoquant le licenciement sec et la rétractation de l'article publié. La raison de cette sévérité est simple : aucune discussion scientifique n'est possible si quelqu'un ment sur des données d'observation ou des mesures expérimentales. J'ai ensuite continué ce « débunkage » du travail d'Allègre sur mon blog, Sciences², puis dans L'Imposteur, c'est lui. J'y ai ajouté un chapitre sur les aventures en climatologie du géophysicien Vincent Courtillot, le bras droit d'Allègre. Aventures révélant son incompétence totale en ce domaine, ce qui lui a valu le titre comique de « chevalier de la Terre noire et plate » décerné par des climatologues américains, amusés de ses erreurs grossières de calcul.

Le Point a, la même année, consacré une couverture à Claude Allègre, avec en titre Le procès Allègre…
Je suis très sévère envers la direction du Point de l'époque. Elle peut avoir les idées politiques qu'elle veut. Mais quand vous regardez le cas Allègre, il est alors déjà très lourd en mensonges grossiers sur les sciences du climat et les climatologues. L'article qui constituait le cœur du dossier comportait un nombre d'erreurs ahurissant.

Ne fallait-il pas donner la parole à une opinion « dissidente » ?

En science, la « dissidence » n'existe pas. Ce qui fait qu'un résultat scientifique est considéré comme vrai ou faux, ce n'est pas un vote, c'est son devenir. Lorsque la communauté scientifique a obtenu des réponses aux questions qu'elle se posait, elles sont la vérité scientifique du moment. Lorsque cette vérité scientifique du moment est confirmée vraiment longtemps, on ne se demande plus si la Terre est plate ou ronde. Mais il faut se méfier, car une « vérité » peut durer longtemps puis suivre brusquement un autre destin. Souvent, elle peut être dépassée, c'est-à-dire qu'elle n'est pas fausse, mais qu'on a trouvé quelque chose de plus vrai, au sens de plus proche de la réalité indépendante de l'observateur. Un bon exemple en est l'évolution de la physique de la gravitation, lorsque Newton est dépassé par la théorie de la relativité générale d'Einstein. Si vous voulez calculer la trajectoire d'une fusée vers Mars, vous prenez les équations de Newton, cela suffit. Si vous devez calculer l'onde gravitationnelle provoquée par la fusion de deux étoiles à neutrons, Einstein est nécessaire. Enfin, cette vérité du moment peut également être totalement invalidée. Avant Einstein, la quasi-totalité des physiciens pensait que l'Univers baignait dans une substance, l'éther. Ce concept a totalement disparu de la physique avec les articles de 1905 du physicien.
Dès lors qu'il suit la méthode scientifique normale, tout travail est publié, même s'il est en désaccord avec les résultats antérieurs. Comment s'assurer que cela ne débouche pas sur une avalanche d'articles inconsistants ? La solution, c'est le « peer review », c'est-à-dire l'évaluation par les pairs, des collègues spécialistes du sujet, avant décision de publier. C'est un premier filtre où les « reviewers » n'indiquent pas si le résultat est vrai ou faux, mais si le travail a été fait correctement, dans les règles de l'art. C'est un modèle de débat très puissant, qui permet aux scientifiques de ne pas perdre leur temps avec des charlatans et d'écouter toutes les idées neuves sérieusement construites, même si elles sont iconoclastes.
Ce modèle n'a rien à voir avec celui de la vie politique. Le problème, c'est que nous avons des directions de journaux qui proviennent toutes de formations de type Sciences Po ou littéraires et voient la science et ses débats à travers ce prisme. Dans un système démocratique, on veut que les opinions puissent s'exprimer. Voltaire disait : « Je hais vos idées, mais je me ferai tuer pour que vous ayez le droit de les exprimer. » Ce qui est très louable. Mais ce modèle ne s'applique pas à la science. Revenons au cas Allègre. Non seulement Allègre n'a jamais rien publié en climatologie – c'est un cosmo-chimiste qui a fait du très bon boulot dans son domaine –, mais l'Institut de physique du globe de Paris, IPGP, qu'il a dirigé n'a jamais fait de climatologie. Lui donner la parole sur le climat, pour un journaliste scientifique, est aussi stupide que d'aller consulter un gastro-entérologue pour un cancer du cerveau. On peut même dire que les articles de Vincent Courtillot, parus en 2005 et 2007, n'auraient jamais dû être publiés tant ils sont erronés et la question de leur rétractation demeure posée. C'est d'ailleurs un des très nombreux exemples de ce que les scientifiques préfèrent un certain laxisme dans leur système de publications, ce qui conduit à publier des erreurs ou même des manipulations, plutôt que de rater une idée originale.

Vous comprenez ce qui a pu pousser Claude Allègre à s'engager de la sorte sur le réchauffement climatique ?
Allègre ne s'est vraiment lâché sur le climat qu'une fois sa carrière politique détruite par sa mauvaise gestion du ministère de l'Éducation nationale. Il ne supportait pas la perte de surface sociale et médiatique consécutive à son éviction du gouvernement par Jospin. Il est évident qu'il a utilisé ce sujet pour exister. Il était tellement accroché à ça qu'il est allé très loin dans la caricature et le mensonge. S'il s'était contenté de faire de la vulgarisation de la science du climat, comme il l'avait fait dans des livres précédents, il n'aurait été qu'un scientifique parmi les autres et n'aurait pas eu l'exposition médiatique que sa posture de « climato-sceptique en chef » lui a fournie.

Aux États-Unis, le réchauffement climatique est associé à un clivage politique gauche-droite. En France, dans les médias, il y a aujourd'hui un consensus, non ?
Nous sommes loin des États-Unis, où le sujet est effectivement polarisé idéologiquement entre démocrates et républicains. La plupart des médias français font en apparence correctement leur boulot sur le sujet, et informent les citoyens sur la base des travaux scientifiques, et notamment des publications du Giec qui les synthétisent. Le problème de l'Europe, c'est plutôt qu'on a encore, malgré le consensus apparent, une très large méconnaissance du grand public, et parfois des responsables politiques, des causes réelles du changement climatique et donc des solutions. Les enquêtes de l'Ademe sur les connaissances des Français sur le climat montrent que la majorité pense que le changement climatique est une certitude scientifique, mais un tiers d'entre eux répond que c'est seulement une hypothèse sur laquelle les scientifiques ne sont d'ailleurs pas tous d'accord. Surtout, quand on leur demande d'expliquer les causes de ce changement, c'est la grande déconvenue ! Malgré un quart de siècle d'explications, les Français ont beaucoup de mal à dire spontanément que le changement climatique est, pour l'essentiel, provoqué par nos émissions de gaz à effet de serre, et surtout le CO2 issu du charbon, du pétrole ou du gaz. Ce que je viens de dire ne semble pas très compliqué. Pourtant, la majorité des Français a du mal à l'exprimer ainsi et à s'en servir comme base pour réfléchir aux solutions. Quand on pose mal un problème, en mathématiques, c'est compliqué de trouver la solution. Si on n'a pas compris qu'il faut s'attaquer en priorité aux émissions de CO2 liées aux énergies fossiles, on ne va pas s'attaquer au cœur du problème. Un institut de sondage a montré que 69 % des Français interrogés pensent que le nucléaire participe aux émissions de gaz à effet de serre et au changement climatique. Indépendamment de l'opinion qu'on a sur le nucléaire comme solution, le fait qu'une grosse majorité de jeunes et de femmes pense que les centrales nucléaires contribuent de manière importante aux émissions de gaz à effet de serre signifie qu'ils n'ont pas compris le b.a.-ba du sujet. Cette incompréhension est trop massive pour ne pas peser sur le débat public et sur les décisions politiques.

Sur votre blog, vous couvrez – et défendez – le nucléaire. Est-ce pour vous une énergie indispensable pour réduire les émissions de CO2 ?
Que l'électricité obtenue par les centrales nucléaires soit décarbonée est un fait, il n'y a pas à le défendre. Cette technologie permet d'obtenir une électricité en grande quantité par un procédé, la fission nucléaire, qui ne contribue pas au réchauffement climatique. C'est parce que son système électrique est massivement décarboné que la France émet sensiblement moins de gaz à effet de serre, par habitant, que les autres pays de même niveau économique, comme l'Allemagne par exemple. Ensuite, si un gouvernement ne veut pas utiliser le nucléaire pour d'autres raisons – la sécurité, les déchets, les coûts, l'indépendance –, ce sont des arguments valables à discuter. Mais si le débat public n'intègre pas le fait que l'électricité issue du nucléaire est décarbonée et disponible de manière massive, il ne peut se dérouler correctement. D'autant plus qu'il est beaucoup plus difficile d'imaginer un futur décarboné pour l'économie, les transports, l'industrie ou le contrôle thermique des bâtiments sans le nucléaire qu'avec. Je parle pour la France. C'est une question qui ne se pose pas partout. De nombreux pays n'en ont pas besoin, comme la Norvège ou l'Islande. Quand on peut produire toute l'électricité dont on a besoin avec de l'eau et des pentes, ce serait stupide de construire un réacteur nucléaire…

Comment voyez-vous la représentation du nucléaire dans les médias ?

Disons qu'il y a une présentation très biaisée de l'industrie nucléaire mondiale comme française. Demain, le géant nucléaire mondial sera la Chine. Dès qu'ils auront terminé les neuf réacteurs en construction, les Chinois auront autant de réacteurs que la France, et ils dépasseront rapidement les États-Unis. Dans le monde, plus de cinquante réacteurs sont en construction, avec un essor rapide des exportations russes, et 449 fonctionnent, ce qui fait à peu près 10 % de l'électricité mondiale. L'idée que cette industrie serait en déconfiture totale est un souhait des écologistes qui refusent cette énergie, mais cela ne correspond pas à la réalité. En ce qui concerne la France, le nucléaire produit entre 70 et 75 % de l'électricité, cela dépend des années, pour un coût très compétitif qui est la seule explication aux bas prix domestiques et industriels relativement à l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Espagne, l'Italie… Autrement dit : cela marche très bien.
Mais ce qui est vrai, c'est qu'EDF et les industriels qui participent à la construction de l' EPR de Flamanville ont rencontré d'énormes difficultés sous l'œil vigilant et très sévère de l'Autorité de sûreté nucléaire, ASN. Elles sont dues pour l'essentiel à des pertes de compétences et d'expériences industrielles. En outre, EDF n'a peut-être pas compris que, depuis la loi TSN, Transparence et sûreté nucléaire, de 2006, elle a affaire à une autorité administrative indépendante, et qu'il ne fallait pas jouer au chat et à la souris avec elle. Tout se paie cash et en public. À titre personnel, cela me réjouit, parce que la sûreté de cette industrie, au potentiel de dangerosité très élevé, requiert un système de contrôle extrêmement sévère. Du coup, il y a une exposition médiatique qu'on ne verrait sans doute pas pour d'autres industries. Mais c'est tant mieux ! Soit dit en passant, l' EPR de Flamanville est actuellement en phase « d'essais à chaud ». Cela signifie que toute la tuyauterie et les circuits ont subi avec succès tous les essais à froid, eau à température ambiante, et que tous ces circuits – y compris ceux dont il faut refaire les soudures – ont vu passer sans problème l'eau à 350 °C sous 150 bars de pression et la vapeur.

Que pensez-vous du rapport des écologistes avec les connaissances scientifiques ? Nous avons récemment interrogé Michèle Rivasi, qui défend la figure de proue des anti-vaccins Andrew Wakefield comme l'homéopathie…
Ils sont victimes du biais de confirmation. Ces personnes sont tellement engagées dans un combat où les idées sont structurées à l'avance avec des messages simplifiés à but de propagande – c'est malheureusement la vie politique normale – qu'ils en arrivent à développer une relation malsaine à la science. Quand celle-ci ne va pas dans leur sens, elle est forcément corrompue. Les écologistes ne sont pas les seuls dans ce cas. Des hommes et femmes, dans d'autres partis politiques, ont la même relation malsaine à la science. Quand Nicolas Sarkozy, en campagne électorale en 2016 pour conquérir la primaire de la droite, a lancé que « cela fait 4 milliards d'années que le climat change, l'homme n'est pas le seul responsable », pour surfer sur le climato-scepticisme supposé des électeurs les plus conservateurs, il savait très bien qu'il disait une bêtise. Il s'était d'ailleurs bien battu au sommet de Copenhague en 2009. Malheureusement, nous avons des responsables politiques qui, dans le feu de l'action pour conquérir le pouvoir, sont prêts à contredire les connaissances scientifiques.

Xavier Bertrand, ancien ministre de la Santé, a défendu l'homéopathie alors que Boiron a un site dans son fief des Hauts-de-France, tout en ne sachant pas ce qu'est un « CH », la centésimale hahnemannienne à la base de cette pseudo-science…
C'est très grave. Lorsque des responsables politiques éloignent la société des connaissances scientifiques, cela accroît l'écart déjà abyssal entre le savoir constitué, détenu par les scientifiques, et l'ensemble de la population. Et cet abysse est vrai pour tout le monde, chef de gare, journaliste ou président de la République… et même pour les scientifiques puisqu'un biologiste sera incapable de faire de la physique nucléaire et inversement. Individuellement, nous n'avons accès qu'à un tout petit volume du savoir existant. Permettre à la société d'avoir des débats sérieux sur les technologies, c'est une clé pour la démocratie de demain. Malheureusement, on part de très bas. La majorité de la population française, même celle diplômée, méconnaît très souvent les bases de la science moderne. Une amie ingénieure m'explique sans rire que l'homéopathie marche avec les chats, car elle a donné des granules à son chat et qu'il a guéri. Avec un tel raisonnement, on doit jeter toute la science moderne à la poubelle, en particulier la médecine. Faut-il revenir à Diafoirus ?

Michèle Rivasi assure d'ailleurs que l'homéopathie fonctionne très bien sur les animaux…
Il n'y a évidemment aucune étude qui compare quatre élevages de milles vaches, chacun ayant les mêmes problèmes sanitaires, et testant l'un les antibiotiques, l'autre l'homéopathie, le troisième l'absence de traitement et le quatrième la tisane, le tout en double aveugle. La science, c'est ça.

Une autre solution, plutôt que la technologie, est la décroissance prônée par de nombreux écologistes…
C'est vrai, mais ces personnes écrivent cela sur leur ordinateur et envoient des tweets pour dire qu'il faut arrêter de consommer de l'énergie. Je caricature, mais on est face à une simplification abusive qui passe à côté des vrais problèmes. La décroissance des consommations de matières premières et d'énergie, comme d'espaces naturels, est une nécessité absolue à l'échelle planétaire si l'on veut que nos civilisations durent. Mais cette vision n'a pas de sens pour les deux milliards d'êtres humains – dont 800 millions qui ont faim – qui survivent avec quelques euros par jour. Quant aux sociétés à fortes consommations, aucune force politique n'est en mesure de les convaincre d'opter pour la sobriété sans une réduction drastique des inégalités de revenus et de patrimoines, ont déjà démontré des économistes. S'il est vrai que sans réformes économiques, sociales et culturelles d'envergure aucune politique n'est susceptible d'atteindre les objectifs de la Convention Climat, pour ne parler que de ce dossier majeur, l'idée que l'on puisse y arriver à technologies constantes est absurde.

Comment voyez-vous la controverse sur le glyphosate, qui est devenu un symbole ? Même votre confrère Stéphane Foucart du Monde reconnaît que ce n'est pas un scandale sanitaire du niveau de l'amiante…
Vous avez utilisé le mot « symbole », et c'est bien là tout le problème. Nous sommes face à un problème technico-économique sur l'avenir de notre agriculture. Le mode de production actuel en l'Europe de l'Ouest est très productif, mais utilise beaucoup d'intrants. Engrais, herbicides, insecticides, fongicides. Ces produits ont presque tous des impacts négatifs sur l'environnement et reposent sur des pratiques non durables. Depuis Darwin, il est connu qu'utiliser longtemps au même endroit le même insecticide ou le même herbicide ne peut manquer de provoquer l'apparition de résistances par mutations. La chute des populations d'insectes, et en conséquence des oiseaux insectivores, due aux insecticides mais aussi à la raréfaction des fleurs sauvages, en est un autre exemple. Nous avons donc de nombreuses raisons de penser qu'il serait bien de réorienter le système agraire vers des techniques plus durables. Cela nécessite des discussions très sérieuses sur des sujets difficiles. Comment dé-spécialiser les territoires, rapprocher les productions végétales des productions animales pour mieux utiliser l'engrais animal. Comment cultiver en utilisant le moins possible d'herbicides ou d'insecticides ? Des solutions techniques existent souvent, mais dont les conditions de mise en place relèvent la plupart du temps non de la technique elle-même mais de l'économie agraire, de la répartition de la valeur créée entre agriculteurs, commerçants et consommateurs, ou de la maîtrise des échanges internationaux, la logique agronomique voudrait que la France produise moins de blé à exporter et plus de protéines pour ses élevages. Cela suppose des discussions très sérieuses. À la place, on a des débats hystériques sur des symboles, tel le glyphosate, avec une course à l'échalote des responsables politiques, à celui qui fera le discours le plus simplificateur, populiste et alarmiste. Le résultat, c'est qu'on risque d'avoir un recours accru à d'autres herbicides nettement plus dangereux, sans débat de fond.

Que faire ?
On ne peut pas transformer chaque citoyen en scientifique. On ne va pas faire lire les dossiers d'homologation utilisés en agriculture par soixante millions de citoyens ! Mais il faut que la société utilise mieux les savoirs constitués et correctement expertisés, à l'image de ce que font des structures comme l' Anses ou le Giec. Le devoir des responsables politiques est de les créer, les organiser, de nommer à leur tête des personnes digne de confiance et de leur donner les moyens de travailler. Puis, de s'y référer pour leurs décisions, en expliquant aux citoyens que ces structures se sont vues garantir une indépendance vis-à-vis des pouvoirs économiques et politiques. Et lorsque ces structures défaillent, ils doivent les réformer. Mais pour que la société dans son ensemble puisse participer aux discussions qui découlent de ce travail d'expertise, nous avons aussi besoin de plus de journalistes formés aux matières scientifiques, et de plus de directions de rédactions sensibles à cela. Parce que la démocratie, ce n'est pas seulement que les citoyens décident, mais surtout que les citoyens décident en connaissance de cause.

(1) Hakan Grudd, Climate dynamics, 2008.


php

Géopolitique de l' électricité : lettre mensuelle, octobre 2019

Géopolitique de l' Electricité
octobre 2019


Lettre n°95


L’ industrie française de production d’électricité
Partie II -Les renouvelables: l’absence de stratégie industrielle
 
 
"Après l’industrie nucléaire, cette nouvelle Lettre observe l’industrie dédiée aux renouvelables qui doivent fournir 35% de notre électricité vers 2035.Leur développement viendra essentiellement du solaire et de l’éolien,or les entreprises correspondantes sont essentiellement des installateurs assemblant des matériels spécifiques importés. Pour les éoliennes marines, le géant américain General Electric permettra à notre industrie de contribuer à leur construction.Mais ce même General Electric en limitant l’objet du pôle hydraulique de Grenoble, activités héritées de Neyrpic et Sogreah, à la petite hydraulique et aux réservoirs de stockage rompt avec un passé résolument exportateur. Le quart des turbines hydrauliques mondiales venait de France,dont, récemment,celles du barrage géant chinois des Trois Gorges.Il s’agit ici d’un désastre industriel.


Solaire, éolien, hydraulique : la France n’a pas de politique industrielle dédiée aux énergies renouvelables.

Lire l'étude en totalité


php

Haute-Saône, Chauvirey-le-Châtel : le mât de mesure éolien au tapis!

L'Est républicain
9/11/2019

Commentaire
: à l'initiative de @BalanceTonMatdeMesure, la Haute-Saône vient de porter son score à deux de chute, et rejoint ainsi en tête, la Haute-Marne. La Côte d'or fermant la marche avec un seul mât à son actif.
Une nouvelle audition à la gendarmerie à prévoir pour les présidents des associations locales? Militantes pour la protection et la préservation des territoires, pour le bien-être de ses habitants, pour la sauvegarde de leurs atouts culturels et patrimoniaux et pour leur attractivité touristique.


(...) Serge Richard*, maire de Chauvirey-le-Vieil, ne décolère pas : « C’est du sabotage.La destruction de ce mât n’arrêtera pas le projet ».
À moins que qu'une majorité d'électeurs en décident autrement lors des élections municipales, et virent monsieur le maire et son équipe... 
* Serge Richard est agriculteur propriétaire exploitant! non sans blague!
Source : mon maire
"la Société Elements va entreprendre le nettoyage du terrain : « Le mât ne sera pas remonté.Les mesures ont été enregistrées depuis bientôt deux ans ».
Cette décision sous-entend que, sans cet incident, la société envisageait prochainement le démontage du mât? Donc, c'est un peu de temps de gagné et de l'argent économisé. Merci qui? Ou est-ce que cette décision est liée, éventuellement, à un manque de moyens financiers? Va savoir, Charles!

À suivre...
php


Un mât de mesure a été installé sur un terrain communal de Chauvirey-le-Châtel en vue d’installer cinq éoliennes sur la commune et deux sur celle de Chauvirey-le-Vieil. Dernièrement, ce mât a été découvert câbles sectionnés et éléments au sol.




Sur le terrain, ce n’est plus qu’un amas de ferraille ce qui met en colère les deux maires, Roland Drouot de Chauvirey-le-Châtel et son adjoint Michel Richeton ainsi que Serge Richard de Chauvirey-le-Vieil. Photo ER

L’ambiance du conseil municipal de Chauvirey-le-Châtel, le 13 mai dernier, était bien représentative du climat créé au sein de la population du village, suite au projet de création d’un parc éolien sur la commune et celle Chauvirey-le-Vieil, sa voisine, une majorité pour une minorité contre.

Historique
Les élus de ces deux communes ont émis le projet d’installation de sept éoliennes sur des terrains communaux, deux à Chauvirey-le-Vieil et cinq à Chauvirey-le-Châtel, dans le but de conforter leur trésorerie respective. La Société Elements, basée à Montpellier, a été chargée de l’étude du dossier et de sa réalisation après accord préfectoral, non reçu à ce jour.
Première décision : l’installation d’un mât de 90 m de haut sur la commune de Chauvirey-le-Châtel afin de quantifier le volume, l’intensité et la fréquence du vent. Ce mât a été récemment vandalisé.

Un amas de ferrailles parmi les fougères
C’est en empruntant le chemin « La Belle Allée » que Roland Drouot, maire de Chauvirey-le-Châtel et son adjoint, Michel Richeton, ont constaté que le mât, installé au centre d’un terrain communal, avait été vandalisé. Sur la vingtaine de câbles métalliques assurant son maintien, deux ont été sectionnés à leur base. Il n’en aura pas fallu plus pour que la partie supérieure s’effondre : « Le mât mesurait 90 m de hauteur, aujourd’hui, tout juste 30 » selon Roland Drouot. Sur le terrain, c’est un amas de ferrailles et de câbles. La partie encore debout n’est plus tout à fait droite.

Serge Richard, maire de Chauvirey-le-Vieil, ne décolère pas : « C’est du sabotage.La destruction de ce mât n’arrêtera pas le projet ».
À noter que les mêmes « incidents » ont eu lieu sur des communes voisines, Molay et Pressigny en Haute-Marne ainsi que Belmont en Haute-Saône où des mats de mesure ont été installés en vue d’un projet de parc éolien. Les gendarmeries de Jussey et Fayl-Billot ont enregistré les dépôts de plainte. Par mesure de sécurité, la Société Elements va entreprendre le nettoyage du terrain : « Le mât ne sera pas remonté.Les mesures ont été enregistrées depuis bientôt deux ans ».

Le mât,destiné à relever les mesures concernant le vent sur la commune de Chauvirey le Chatel, a été vandalisé, 50 mètres de sa partie supérieur se sont effondrés sur le terrain.

Haute-Marne, Langres : l'inauguration de l' Hôtel de ville restauré, 5 mai 1895, épisode III


Ces deux nouveautés réjouissaient le Spectateur, qui, le 15 avril 1894, en expliquait tous les avantages à ses lecteurs :
 "Le campanile est presque prêt à mettre en place et les blocs de pierre préparés et taillés n'attendent plus que l'heure de leur ascension. Nous avons vu le plan de cette partie du monument conçu par M.Durand, architecte-voyer de la Ville. Il est d'un style très heureux et sera du meilleur effet à l’œil, car il surgira bien en relief sur le sommet du fronton et non comme l'ancien campanile qui était perdu au centre de la toiture. Si la chose peut vous intéresser, nous vous apprendrons que le poids du campanile sera de 85 000 kilos environ ; son élévation ne demandera guère qu'un mois de durée".

  À partir du 11 mai, un échafaudage de 26 mètres de haut permettait de hisser la première pierre du fameux campanile. La Croix de la Haute-Marne du jeudi 17mai 1894 admirait ce "beau travail", faisant "honneur au constructeur", mais en soulignait les dangers :
  "Ainsi, jeudi, en installant la grosse chaine qui hisse le plateau sur lequel on place les pierres, un ouvrier a eu la main droite profondément coupée à la base du pouce. Immédiatement pansé, il en sera quitte pour quelques jours d'indisposition.
  "Vendredi, autre accident, mais qui aurait pu avoir, celui-là, des suites plus graves.
  "Une énorme pierre de taille, presque arrivée au faîte, a basculé et est tombée sur le sol sans occasionner aucun dégât. La chute a été directe, de sorte qu'elle est tombée perpendiculairement dans l'intérieur de l'échafaudage.
 "On frémit à l'idée de ce qui serait arrivé si un ouvrier se fût trouvé là par hasard, étant donné surtout que la pierre tombait d'une hauteur de 20 mètres environ".


Hôtel de Ville, le campanile© Angélique Roze

  Les travaux intérieurs débutèrent au printemps 1894. Les adjudications les plus importantes eurent lieu le 31 mai. Les plâtres revinrent au Chaumontais Fuzelier, rabais de 13% et 21 750 F ; les peintures au Parisien Combrouze, 33% et 10 050 F ; les parquets de chêne à Gérouville, de Villegusien, 17% et 20 501 F ; la menuiserie intérieure au Langrois Louis Péchiné, 15% et 19 550 F ; la serrurerie au Langrois Joseph Kreutz, 12% et 4 900 F ; les escaliers intérieurs à Gérouville, 1% et 4 554 F 18. Le 14 septembre 1894, Durand procédait à la réception de la première pierre du grand escalier qui devait être installé dans la salle des pas perdus et serait de granit gris 19.
  Le 13 janvier 1895, le Spectateur signalait l'achèvement des travaux de plâtrerie. 
  "Elle n'a pas été un des moindres sujets d'admiration des visiteurs. C'est qu'en effet, avec un petit nombre d'ouvriers, mais tous praticiens exercés et véritables artistes en la partie, M. Fuzelier, entrepreneur, est arrivé, en très peu de temps, en un délai qui a même étonné les gens du métier, à faire effectuer un travail considérable et d'une exécution irréprochable". Et de signaler l'allure grandiose des plafonds et de la salle du Conseil municipal, et surtout de l'étage supérieur, "plafonds à caissons profonds, artistement dessinés, d'un style vraiment majestueux".

  En février 1895, la Ville avait conclu un marché de gré à gré avec un sculpteur parisien, Alfred Thiebault,  qui s'était engagé à exécuter tous les modèles de décoration sculptés nécessaires à la confection des motifs en staff ou "carton-pierre" remis à l'entrepreneur de plâtrerie. Ces modèles devaient rester la propriété du sculpteur qui recevait la somme de  990 F   dès que les décors auraient été posés par les plâtriers 20
 En janvier 1895, le quincaillier langrois Joblon-Gy s'engageait à fournir deux cheminées, l'une de style Louis XV pour le cabinet du maire, 770 F, l'autre de style Louis XVI pour la salle du Conseil municipal, 1 400 F. En mars 1895, le tapissier langrois Bachmann signait le marché des rideaux moyennant 2 480 F. Les aménagements furent complétés par l'installation du téléphone, dont l'horloger langrois Colin devait fournir les éléments qu'il monterait lui-même, 20 mars. Le 27 mars, Le Conseil décida d'acheter un nouveau mobilier pour le cabinet du maire, avec Edmond Bailly, fabricant à Saint-Ouen-lès-Parey, Vosges, 20 avril 21
  Tout était donc prêt ou presque pour l'inauguration officielle du 5 mai 1895. S'y ajouteront, avant la venue du président Félix Faure, les lustres du cabinet du maire, de la salle du Conseil et du vestibule, dont les marchés seront passés avec plusieurs fournisseurs : les deux grands lustres de la salle du Conseil, de style Louis XVI et à 1 100 F chacun, viendront de chez Bordenavre à Paris, 4 rue Saint-Ambroise ; le lustre et les deux girandoles du cabinet du maire, les deux girandoles de la salle du Conseil, l'éclairage du second étage sortiront de chez Bengel, à Paris également, 64 rue Parmentier ;  les deux candélabres du vestibule seront fournis par Poinsat, les candélabres et lanternes extérieures par Mégret, tous deux de Paris 22.

 
Président Félix Faure, portrait officiel


  Au total, selon les chiffres officiels, la restauration et l'aménagement du bâtiment municipal coutèrent 274 000 F. La Ville ayant touché 225 000 F des compagnies d'assurance et reçu 70 000 F du département y aurait donc gagné quelque 20 000 F. Heureux temps!... Mais que valent réellement les chiffres officiels? Très tôt, bien des Langrois avaient manifesté un certain scepticisme.   Dès le 19 février 1893, alors que le maire Léon Mougeot assurait que la reconstruction ne coûterait pas un centime aux contribuables, la Croix de la Haute-Marne avait joué l'ironie :
  "M. Mougeot est vraiment un maire incomparable. Ni Marseille, ni la Gascogne n'ont jamais vu le pareil. Il a trouvé la pierre philosophale.  Il faut encadrer cet homme-là"!

  Seule une étude critique sérieuse des chiffres avancés permettrait de se faire une opinion certaine, étude que ne permet guère l'actuel état des archives municipales. Cependant, il n'est pas interdit de penser que l'influence politique de Léon Mougeot et de ses amis radicaux, alors tout puissants, a effectivement joué en faveur du portefeuille des Langrois. 

  III polémiques et questions

  En réalité, l'ironie de la Croix de la Haute-Marne s'inscrivait dans une longue histoire de rapports difficiles entre la majorité républicaine qui tenait l' Hôtel de Ville et ses opposants. L'incendie et la reconstruction de l' édifice apportèrent de nouveaux aliments à un débat qui dépassait  largement les murs noircis du bâtiment ; même la fête de 1895 nourrit la polémique 23.  

  1. Autour de l'incendie
  Le sinistre lui-même souleva immédiatement deux questions : quelle en était l'origine? Les secours furent-ils aussi rapides et efficaces que possible? Chose curieuse : il ne semble pas qu'une enquête judiciaire officielle ait été ouverte, qui permettrait d'apporter des éléments de réponse "objective" à ces questions. Force est donc de se rabattre sur les journaux du temps, éminemment partisans. 
  La Croix de la Haute-Marne du 11 décembre 1892 résumait les diverses versions des origines de l'incendie. Ou bien celui-ci avait pris naissance dans le local de la justice de la paix ; mais on n'y avait pas allumé de feu depuis le samedi après-midi. Ou bien le sinistre était parti de la salle des adjudications, chauffée tout le dimanche à cause de réunions ; mais cette salle ne s'était embrasée qu'après la chute du toit. ou bien le tuyau du fourneau du secrétariat de la mairie était le coupable ; mais il se dirigeait vers l'aile orientale, alors que l'incendie avait débuté à l'opposé. restaient les cheminées du logement du secrétaire de mairie et du cabinet du maire : situées du "bon "côté, elles disposaient d'un mauvais regard dans la salle de justice de paix, regard que l'administration municipale n'avait pas fait réparer. 
  Le journal reprochait à son rival, le Spectateur, et au maire Mougeot d'avoir décidé, sans la moindre enquête, que le sinistre avait pris dans la salle de la justice de paix, pour ainsi écarter d'emblée une part possible de responsabilités. Ces critiques furent reprises et développées dans l' Avenir de la Haute-Marne, royaliste. Et il faut bien reconnaitre que le Spectateur ne répondit pas vraiment, se contentant de dire que ces remarques émanaient "d'une infime fraction de politiciens, grincheux toujours et quand même"24.
  La Croix fournissait du reste à ses adversaires une superbe échappatoire qu'ils saisirent au vol. Parmi les papiers à demi brulés que le vent avait dispersés dans la ville, se trouvaient un morceau de la prose liturgique du deuxième dimanche de l' Avant arraché à un antique missel et parvenu "miraculeusement" jusqu'au journal. Or l'incendie avait eu lieu justement le deuxième dimanche de l' Avent et la prose de ce dimanche célébrait le Christ, sévère dans sa justice et clément dans sa puissance. Et La Croix de conclure :
  "L'incendie de dimanche est une rude leçon. Saurons-nous implorer la clémence comme nous avons provoqué la justice?"

  L'idée que l'incendie était le châtiment providentiel d'une municipalité qui multipliait les gestes anticléricaux provoqua les réponses indignées de toute la presse radicale du département, notamment celle du Petit Champenois de Chaumont. Elle fit oublier la cause réelle du sinistre 25
  La lenteur des secours provoqua également de rudes échanges. Dès le premier récit de l' évènement, la Croix avait insisté sur les retards et les insuffisances. À l'en croire, le tocsin ne retentit que trois quart d'heure après les premiers cris d'alarme et ne sonna qu'une fois alors qu'il aurait fallu en prolonger la sonnerie pour réveiller les gens. De même le clairon ne retentit que dans quelques rues. Les pompiers apparurent enfin, mais sans les pompes ; il fallut encore aller les chercher dans le local qui les abritait, au sous-sol du collège. De plus les pompiers n'avaient plus de chef, le capitaine ayant démissionné depuis deux mois et n'ayant pas été remplacé. Le démissionnaire, habitant place de l' Hôtel-de-Ville, prit heureusement les choses en mains. Cependant la première pompe fut incapable d'atteindre le deuxième étage. Et l'on ne sut empêcher le feu de s'étendre, en protégeant efficacement les parties de l'édifice encore épargnées. L' Avenir de la Haute-Marne prétendit même que le seul détenteur des clefs du local des pompes habitaient fort loin. 
  Certaines de ces critiques étaient injustes. l' Avenir du reconnaître son erreur : quatre personnes, habitant près du collège, gardaient les clefs du local des pompes. L'ex-capitaine Paris écrivit lui-même dans le Spectateur pour souligner que le matériel avait été modernisé peu après sa prise de fonction : "il existe au contraire peu de villes aussi bien outillées que la notre"26. Le Spectateur regrettait cependant que la Ville n'ait pas les moyens de s’offrir des pompes à vapeur ni d'entretenir un poste en permanence ; car le jet maximum des pompes à bras, manœuvrées à toute pression, était de 20 mètres environ en hauteur et de 30 mètres horizontalement.
  Il était vrai que certains pompiers  étaient arrivés avec quelque retard ; mais il fallait les excuser :
  "Si les pompes ont été actionnées avec retard, c'est que le dimanche était jour de la fête de saint Éloi, patron des pompiers, qui se sont divertis un peu plus qu'à l'ordinaire, et qui dormaient de leur premier sommeil à l'heure de l'alarme".


Ordination de saint Éloi à l'évêché de Noyon. XVe siècle. Patron des ouvriers travaillant les métaux tels que les maréchaux-ferrant, les charretiers, les laboureurs


  De toutes façons, le feu avait été découvert trop tard, le vent était trop violent, les murs de refend percés d'énormes portes de communication : tout s'opposait à une maîtrise rapide du feu.  Et là où la Croix voyait finalement la main vengeresse de Dieu, l' Avenir préféra reconnaître la part de "fâcheuses circonstances"27

  2.Les travaux de reconstruction

  La restauration du bâtiment provoqua d'autres querelles. Le premier problème soulevé concernait le maintien du tribunal civil dans l'enceinte municipale. Cette contrainte datait de la construction du XVIIIe siècle : la Ville s'était engagée à héberger le tribunal du Roi puisque celui-ci "payait" l'édification de la maison de ville. Un moment, semble-t-il, Léon Mougeot espéra obtenir la construction d'un véritable palais de justice dans un autre endroit. Mais il se résigna rapidement à l'inévitable : personne ne voulait remettre en cause l'accord de 1773, et le Conseil général accepta finalement de verser une subvention de 70 000 F, à condition que la Ville continuât d' héberger les tribunaux, 14 juin 1893. À Paris cependant, le ministère de l' Intérieur disait son hostilité à la cohabitation mairie-tribunal. Et devant les plans proposés pour les tribunaux, le ministère de la Justice faisait la fine bouche, trouvant l'ensemble beaucoup trop exigu.
  Le 28 mars 1894, trouvant inacceptables les prétentions du ministère de la Justice, le Conseil municipal décida de passer outre, de s'en tenir à l'accord passé avec le Conseil général  et de reconstruire le tribunal comme il était antérieurement. Un mois plus tard, il confirmait cette attitude de fermeté. Le 11 mai 1894, le Spectateur publiait un communiqué de Léon Mougeot affirmant que toutes les difficultés  étaient aplanies et que les deux ministères concernés avaient finalement accepté les propositions de la Ville. l'influence parisienne du maire se trouvait ainsi confirmées 28
  Dans ce conflit...

À suivre...


Georges Viard,  L'inauguration de l' Hôtel de ville de Langres restauré, 5 mai 1895, pp.467-489, Bulletin trimestrielle de la Société historique et archéologique de Langres, XXIIe Tome, n°333, 1998, imprimerie Dominique Guéniot, Langres-Saints-Geosmes.
Notes
18. Archives de la Haute-Marne, 2 0 1874.
19. Le Spectateur, vendredi 14 septembre 1894.
20. Archives de la Haute-Marne, 2 0 1874. Signalons encore d'autres marchés : installation d'urinoirs et de cabinets d'aisance par le fabricant Jacob, 721 F, le 18 octobre 1894, approbation préfectorale du 17 novembre 1894 ; fourniture et pose de carrelages céramiques par M.Charroy, de Paray-le-Monial, 5 454 F, le 2 novembre 1894, approbation préfectorale du 22 novembre 1894. L’adjudication de l' horloge  à M.Radet, horloger-bijoutier à Langres, provoqua le mécontentement d'un autre horloger de la ville, Bourlon, chargé avant l'incendie de l'entretien de l'horloge municipale, et une polémique dans la presse : cf. la Croix de la Haute-Marne, 4 novembre 1894.
21. Archives de la Haute-Marne, 2 0 1874.
22. Ibid.
23. Sur le contexte politique de cette période, voir l'Histoire de Langres des origines à nos jours. La vie d'une cité, sous la direction d'André Journaux, Caen, éd. A.Journaux, 2e éd., 1991, pp.263-274. 
24. Polémique développée dans les journaux de la fin de l'année 1892.
25. La Croix riposta au Petit Champenois dans un article du 11 décembre 1892. Comme un autre incendie devait ravager, le 27 décembre 1892, l'ancienne chapelle des dominicains, la Croix y vit un nouveau signe de la Providence : " Par cette grande porte où hier, à 7 heures précises, les pompiers pénétraient, la hache à la main, pour aider et en même temps circonscrire le sinistre, il y a 12 ans, à 7 heures précises, le bon Dieu sortait, porté par un prêtre. À cette fenêtre, où, hier, un sergent de ville, appelé par des cris effarés, appliquaient une échelle de sauvetage, il y a douze ans, des voix amies et indignées jetaient  à la figure d'un commissaire ahuri ces cris vengeurs : Vive les Dominicains! Vive la liberté! À bas les crocheteurs! À bas les crocheteurs! Hélas! et voilà que tout est à bas, les crocheteurs il y a quelques années,  aujourd'hui les bâtiments, les bâtiments expropriés depuis, et qui, privés de leurs saints religieux et de leurs chants célestes, semblent n'avoir pas voulu servir plus longtemps à des usages profanes ou retenir du bruit des machines", La Croix du 29 décembre 1892. On sait que le couvent des dominicains et la chapelle construite en 1869 abritaient les services de la crémaillère.
26. Le Spectateur, 21 décembre 1892.
27. Voir comment le Spectateur des 9,11 et 14 décembre 1892.
28. Voir notamment le Spectateur du 3 mars 1893 et la Croix du 5 mars 1893 pour l'histoire des faits. 

php

Civilisation écologique : la grande transformation de la Chine du XXIe siècle

Zhe Liu
2015





La trajectoire de développement de la Chine a suivi la même tendance que l'industrialisation occidentale, mais sur une période beaucoup plus courte. Au terme de son processus d'industrialisation, la Chine est devenue la deuxième économie mondiale depuis la mise en place en 1978 de sa politique " d'ouverture et de réforme ". Le pays est aujourd'hui le plus gros consommateur de la plupart des matières premières et énergies primaires, ainsi que le premier émetteur de gaz à effet de serre (GES). La Chine est désormais confrontée à de nombreux défis, en particulier en termes de sécurité énergétique et de pollution de l'eau et de l'atmosphère. Cela s'est notamment traduit par la détérioration de la qualité de l'air dans les zones urbaines chinoises au cours des dernières années (cf. repère 1). La rapidité et l'ampleur des changements environnementaux sont sans précédent dans l'histoire, tout comme le peu de temps disponible pour y remédier.

Le repère 2 montre le lien entre le PIB par habitant et les émissions de SO2 et de CO2 entre 1978 et 2013. Ce graphique montre que les émissions chinoises de SO2 ont atteint un sommet en 2006, mais que les émissions de CO2 continuent d'augmenter rapidement malgré les efforts considérables réalisés par la Chine dans les domaines de l'énergie et des émissions. L'atténuation des GES peut aussi présenter des avantages indirects pour le contrôle des polluants locaux, la santé, l'économie d'énergie, etc.
En économie de l'environnement, il existe un lien hypothétique entre le développement et l'environnement, appelé " Courbe environnementale de Kuznets " (CEK). Selon cette théorie, la relation entre le développement économique et la qualité de l'environnement suit une courbe en U inversée, c'est-à-dire que lorsqu'un pays connaît une croissance économique, la dégradation de son environnement tend à s'aggraver jusqu'à ce que le revenu moyen atteigne un certain point, à partir duquel la situation environnementale commence à s'améliorer, Grossman et Krueger, 1995. La CEK est-elle une fatalité ? Et si oui, comment pouvons-nous provoquer le tournant le plus tôt possible ? Et quand la Chine atteindra-t-elle ce tournant ?

Identifier les causes
Qu'est-ce qui a plus particulièrement aggravé les problèmes de la Chine en matière de ressources et d'environnement au cours des dernières décennies ? Deux éléments essentiels expliquent la situation chinoise : les facteurs économiques et politiques. Les moteurs économiques s'appliquent à la Chine de la même façon qu'aux pays développés : ainsi, des facteurs comme l'industrialisation rapide, l'urbanisation et le changement de mode de vie, ainsi que la poursuite d'une trajectoire de développement économique orientée vers le commerce et l'exportation, ont certainement eu un impact majeur.
Toutefois, un grand nombre de moteurs politiques sont propres à la Chine, notamment le bas prix des ressources naturelles, les subventions élevées aux combustibles fossiles et les réglementations environnementales laxistes. Ces problèmes ont de nombreuses causes historiques profondes, par exemple : les ressources sont des propriétés publiques appartenant à l'État ; les prix sont contrôlés par le gouvernement et non pas formés par les marchés ; les prix des ressources sont maintenus bas afin de subventionner les entreprises publiques ; et la promotion des gouverneurs locaux dépend en grande partie de leur aptitude à accroître le PIB, souvent au détriment de l'environnement, Qi et al., 2009. Même si ces problèmes sont en grande partie apparus après l'ouverture et la réforme de 1978, l'effet de dépendance au sentier signifie qu'ils sont encore aujourd'hui pertinents dans de nombreux domaines. Il est important de bien appréhender ce contexte pour mieux comprendre les récentes réformes chinoises en termes de ressources et d'environnement. 


S'attaquer aux causes
Dans les domaines de l'énergie, de l'environnement et du climat, les institutions politiques sont au cœur de la définition, de la mise en œuvre et des performances des politiques. La Chine présente trois niveaux d'institutions politiques : le gouvernement central, le gouvernement local, et d'autres acteurs comme les entreprises et les sociétés.
Le gouvernement chinois étant un État unitaire fortement hiérarchisé, Qi et al., 2009, de nombreux experts considèrent sa politique publique dans les domaines de l'énergie, de l'environnement et du climat comme un exemple d'" environnementalisme autoritaire ". Cela signifie que les politiques publiques ont tendance à être dirigées par des élites au sein d'organismes exécutifs, qui cherchent à améliorer les résultats environnementaux avec une participation limitée de la population , Beeson, 2010. Dans la pratique, ce modèle de " commandement et contrôle " pose de nombreux problèmes, il est généralement rigide et d'un mauvais rapport coût/efficacité, même s'il offre certains avantages en termes de mobilisation effective des acteurs étatiques et sociaux pour réaliser les objectifs fixés par le gouvernement central, Gilley, 2012. Par exemple, pour atteindre l'objectif annuel d'intensité énergétique, le gouvernement central divise l'objectif global en cibles secondaires pour chaque province et pour les grandes entreprises d'État ; ces provinces et entreprises publiques subdivisent à leur tour leurs cibles pour définir des objectifs pour les comtés ou les entreprises affiliées, et ainsi de suite.
Dans les domaines de l'énergie, de l'environnement et du climat, différents acteurs institutionnels sont impliqués. Par exemple, le Comité national sur les changements climatiques, CNCC, est divisé en quinze unités bureaucratiques comprenant le Comité national du développement et de la réforme, National Development and Reform Commission, NDRC, le ministère de la Protection de l'Environnement, MEP, l'Administration nationale de l'énergie, ANE, filiale du NDRC, le ministère des Finances, Ministry of Finance, MOF, etc. Ces différents bureaux ont tous leurs propres idées et objectifs. Par exemple, concernant les futurs instruments de la politique sur le carbone, le NDRC encourage le système d'échange des émissions de carbone car ce Comité s'en verrait confier la gestion, tandis que le ministère des Finances préfère la taxe carbone parce que la mise en œuvre de cette dernière rapporterait plus en termes d'impôts.

Le gouvernement central, composé de différents ministères, joue un rôle décisif dans le processus d'élaboration des politiques, tandis que les gouvernements locaux, provinciaux, municipaux, collectivités, etc., sont chargés de la mise en œuvre des politiques. Cependant, les gouvernements locaux aux différents niveaux ont leurs propres intérêts, qui peuvent ne pas être les mêmes que ceux de l'administration centrale ou d'autres autorités de niveau supérieur. Deux principales raisons expliquent cette disparité. La première est qu'il existe des conflits entre les intérêts des hauts responsables des gouvernements locaux et les objectifs environnementaux. Par exemple, dans le passé, le PIB était le critère le plus important du système de promotion du gouvernement, ce qui signifie que les autorités locales avaient tendance à chercher à accroître le PIB par tous les moyens possibles. Toutefois, des objectifs environnementaux et énergétiques figurent désormais dans le système de promotion, et ces mêmes autorités sont freinées par la non-réalisation de ces objectifs ; aussi, une attention particulière doit être accordée à la réalisation de ces objectifs tout en mettant l'accent sur le PIB, car le gouvernement central n'a pas encore abandonné les critères de PIB.
La seconde explication est le cadre institutionnel. Au niveau central, le MEP est responsable des questions environnementales, tandis qu'au niveau des provinces et des comtés, les agences locales de l'environnement relèvent de l'autorité des gouvernements locaux. Les agences locales de l'environnement jouent toujours un rôle marginal par rapport aux autres organismes, et doivent généralement obéir aux ordres d'élus locaux souhaitant alléger la réglementation environnementale pour ne pas entraver la croissance du PIB. Actuellement, le gouvernement central (MEP) cherche à accroître son propre pouvoir et à rendre les agences locales de l'environnement plus indépendantes.
En 2014, afin de tenter d'améliorer la qualité de l'air à Pékin, le MEP a envoyé des équipes de supervision dans les provinces voisines, et les agences locales de l'environnement ont joué un rôle de chef de file dans l'élaboration, la coordination et la mise en œuvre des politiques visant à lutter contre les sources de pollution. 


Transformation de la Chine du XXIe siècle : vers la civilisation écologique
Le gouvernement chinois a déployé des efforts considérables pour répondre aux problèmes d'énergie, de pollution et d'émissions de GES, et des progrès importants ont été réalisés dans le cadre du concept général de " civilisation écologique ", cf. encadré. Pendant la période couverte par le onzième Plan quinquennal chinois, 2006-2010, l'intensité énergétique du pays, consommation d'énergie par unité de PIB, a diminué de 19,1 %, cf. repère 2, et les principaux polluants, SO2 et demande chimique en oxygène, ont diminué de plus 10 %. Les objectifs du douzième Plan quinquennal, 2011-2015, comprennent une réduction de 16 % de l'intensité énergétique ; une diminution de 8 % à 10 % des principaux polluants, notamment l'ammoniac, l'azote et les NOx, ; une augmentation de 8,3 % à 11,4 % de la part de consommation d'énergie primaire provenant de combustibles non fossiles ; et une diminution de l'intensité de CO2, une cible nouvellement établie, de 17 %.
En 2014, le Conseil d'État publiait le Plan d'action pour la stratégie de développement de l'énergie (2014-2020), annonçant les nouveaux objectifs et plans pour réduire la consommation de charbon, accroître l'offre de gaz naturel et l'utilisation de combustibles non fossiles. Ces objectifs ne sont qu'une partie de la " révolution énergétique " initiée par le président Xi.
Le nouveau Comité permanent chinois, dirigé par le président Xi Jinping et le Premier ministre Li Keqiang, accorde désormais une attention particulière au concept de civilisation écologique en mettant l'accent sur la bonne conception des institutions. Par exemple, les questions écologiques et de sécurité des ressources figurent parmi les onze principaux enjeux de sécurité nationale soulevés par le président Xi en 2014. Par ailleurs, en 2013, la troisième session plénière du 18e Congrès national du Parti communiste chinois a prévu une revalorisation du rôle du gouvernement, mais aussi du marché, dans les domaines des ressources naturelles et de l'environnement : par exemple, il est prévu d'établir un bilan national des actifs en ressources naturelles, de définir des capacités de charge environnementale et de fixer des limites de développement correspondantes dans les différentes régions, de mettre en œuvre des mécanismes de compensation écologique, d'augmenter progressivement le prix des ressources naturelles et les impôts sur la pollution, de prélever un impôt sur les produits à forte consommation d'énergie et polluants, ou encore de remplacer les frais de pollution actuels par un impôt environnemental. Les instruments de politique de marché, tels que le système d'échange d'émission, sont en cours de développement et joueront un rôle plus important à l'avenir.
Dans le nouveau système de promotion du gouvernement, la performance énergétique, l'intensité énergétique, et probablement la proportion d'énergies renouvelables et le contrôle de la quantité de charbon consommé, ainsi que les objectifs de réduction des polluants, SO2, COD, NOX, CO2, et probablement PM2.5, seront des critères essentiels pour évaluer les performances des responsables locaux. La stratégie de la Chine est de lancer une " révolution énergétique ", de réformer ses politiques environnementales et de se fixer des objectifs ambitieux en termes d'émissions de CO2. Ainsi, la Chine espère accélérer sa transformation vers une civilisation écologique et redescendre la courbe de Kuznets aussi vite qu'elle en a fait l'ascension. 


La détérioration croissante de la qualité de l'air des villes chinoises

La qualité de l'air est de plus en plus mauvaise dans les villes chinoises et le phénomène ne cesse de s'étendre.


Croissance et pollutions en Chine

La croissance chinoise s'est accompagnée d'importantes pollutions qui s'avèrent aujourd'hui coûteuses en termes de santé humaine et environnementale, au point de provoquer un changement dans l'agenda du gouvernement chinois.







php