samedi 30 novembre 2019

Haute-Marne : une histoire de trains, épisode II

Les villageois s'attardaient au seuil de leurs maisons. Au loin, roulaient des trains, qui clamaient des cris éperdus. Les femmes se penchaient vers l'ombre, incurablement tristes de n'avoir pas connu les beaux départs. Et quand le train était passé, elles prêtaient encore l'oreille : la grande plaine d'été chantait sur les grillons, les grenouilles et le silence. Elles pensaient alors qu'elles étaient nées de ce village, qu'elles avaient vécu comme leurs mères, ni heureuses, ni malheureuses et qu’après tout, il n' y avait rien à redire à cela.
Marcel Arland, Terres étrangères, Varennes, 1923.

Les gares


Gare de Poinson-Beneuvre

Cette gare de la ligne terminus qui nous intéresse est en même temps située entre Châtillon et Is-sur-Tille. Au début du siècle, y circulent 11 trains par jour.
   De nombreux employés travaillent à la gare. Avant la Grande Guerre 21 personnes habitent le quartier qui fait partie du territoire de Poinson, 28 autres logent dans 5 barrières aux minuscules logements. De plus, quelques employés de la Compagnie habitent Beneuvre, Bussières ou Grancey-le-Château.

  Le dépôt de locomotives pouvait abriter deux machines. Il a été repris par les établissements Ronot, marchands de grains qui en ont fait une partie de leurs entrepôts. La plaque tournante servait chaque fois que la locomotive devait repartir vers Langres.
   Un château d'eau qui existe était alimenté par un étang de près d'un hectare situé derrière le café. Une petite maison abritait une machine à vapeur au charbon servant à actionner une pompe qu'il fallait mettre en route tous les deux jours. Plus tard, une pompe électrique plus efficace a remplacé toute cette machinerie complexe. 




Mademoiselle Frochot - Bussières (Côte-d'Or)


Le camp

   En 1917, non loin de la ligne, des soldats américains sont venus installer un camp spécialisé dans les gaz de combat. Bouteilles d'acier et obus contenant des produits nocifs telle l' ypérite arrivent et repartent par le rail. Parfois, des fuites ont lieu, le père Lallemant chargé d'ouvrir les wagons sera "gazé".

  Les enfants du quartier de la gare qui vont à l'école à Poinson longent le camp. Ils doivent emporter un masque à gaz fourni par les Yankees, avec livres, cahiers, et, bien sûr, le repas de midi. 
  Les bouteilles et les obus ayant eu des fuites seraient encore enterrés dans les champs qui bordent la route. Des espions allemands venus voir d'un peu trop près les installations ont été fusillés.


La laiterie

 
   Vers 1920, une laiterie est montée près de la gare par la société parisienne des Fermiers Réunis. Le lait stérilisé est expédié vers la capitale par le train.
   L' établissement est géré d'abord par Raymond Mangin puis par Paul Daclon venu du Jura. Ce dernier en 1926 fait travailler 6 employés. À la même époque, son frère Louis créé l'entreprise Daclon-Begel à Chalindrey.
   Deloix a racheté cette laiterie pour y établir une scierie qui a fonctionné peu de temps. Il ne reste plus rien sur place de ces industries. Le lait de la région est alors ramassé par le père Russiaux de Poinson pour les laiteries de Bourgogne. Sa tournée durait longtemps car sa mule n'avançait guère. Il ajoutait alors de l'eau oxygénée au lait pour qu'il ne soit pas tourné avant d'arriver à Dijon par le train.



Quelques voyageurs

   Vers 1920, la gare de Poinson-Beneuvre a été tenu par Poupon puis par Auguste Mercier, qui envoie ses enfants à l'école de Villars par le train, et, de 1936 à 1949, par Camille Toussaint. Ces chefs de gare vendent des billets à de nombreux voyageurs. Quelques uns peuvent retenir notre attention.
   Le baron Charles d' Avout qui habite le château de Poinson ne veut pas vendre ses propriétés utiles à la construction du chemin de fer. Il est exproprié en 1880. Parmi ses descendants, un garçon malade s'est perdu dans les bois. Ses restes ne seront retrouvés que l'année suivante. Deux filles, femmes de fortes personnalité, ne manquent pas une messe mais osent contredirent le prêtre pendant qu'il prêche. l'une d'elle, madame Yvonne, dirige l'exploitation de la ferme, l'autre mademoiselle Léonie, professeur de musique devient agent d'assurance à Saint Dizier et revient chaque semaine à Poinson par le train.
   Marthe Abry née en 1904 est institutrice au village pendant 27 ans. Elle vit avec sa soeur Marcelle  qui fait l'école à Poinsenot puis à Vivey. Toutes deux partent à la gare en bicyclette ; elles vont parfois à Langres et souvent à Dijon.
  Le chanoine Paul Fournier né à Damrémont est curé de Poinson de 1937 jusqu'à sa mort en 1964. C'est un passionné de la nature, surtout des plantes. Après de sérieuses études, il devient un spécialiste de réputation mondiale.



@tourisme-langres.com


   Il publie de nombreux articles et des livres qui illustre lui-même. On le voit souvent s'occuper de ses abeilles ou se promener avec une grande boîte métallique dans le dos : il récolte des plantes avec leurs racines afin de pouvoir les dessiner. Les gens qu'il rencontre, s'ils lui parlent flore, sont des amis. Il leur offre de l' hydromel de sa fabrication et se met alors à discuter pendant des heures. Sa servante Marthe le rappelle gentiment à l’ordre de temps en temps, mais lancé sur un sujet qui l’intéresse trop, il en oublie parfois ses activités pastorales. Jamais le chanoine n'aura d'auto. C'est à vélo ou à pied qu'il se déplace pour aller à Poinsenot ou à la gare.




L'hôtel de Nina

   Dès la mise en service de la gare, Pierre Poisson originaire de Haute-Saône fait construire un hôtel pour y installer sa femme et ses 4 jeunes enfants.
   En 1886, cet établissement commence à bien fonctionner grâce à l'activité importante de cette gare carrefour. Pierre Poisson trouve la mort sur un chantier lointain où il travaillait. Sa veuve exploite le café avec ses deux filles Berthe et Nina.
   En ce début de siècle, le café a une bonne clientèle qui donne bien du travail à la famille Poisson. Mais en plus, tous s'occupent d'un élevage d'escargots. On en achète aussi aux ramasseurs de la région et à des Alsaciens. Les animaux sont parqués au bout de l'étang. Après chaque commande, les gastéropodes sont préparés, cuisinés au beurre et emballés dans des caissettes que fabriquent le fils, Emile, menuisier à Grancey-le-Château. C'est par le train que partent des milliers de bons escargots haut-marnais baptisés de Bourgogne, vers les particuliers ou les restaurateurs des villes et de la région parisienne.
   Pendant la guerre de 1914, Celina Poisson, Nina, qui a pris seule la direction de l' hôtel après le mariage de sa soeur recueille sa belle-sœur et ses neveux. Les enfants vont à l'école à Poinson à pied.







   Nina a beaucoup de travail avec son café et les 4 chambres de l'hôtel. Les intérimaires, les représentants, les livreurs, les passagers et les voyageurs animent continuellement ce quartier qui compte une cinquantaine de personnes.
   En plus, la cabaretière loue des terrains à la Compagnie de l'Est pour nourrir une vache et un gros poney qui attelé à une petite voiture peut, à la demande, conduire les voyageurs dans les villages voisins. L'hôtelière est obligée d'utiliser les services d'une domestique qui l'aide à bien servir ses clients. En 1931, c'est Marguerite Damotte de Bure qui fait là son apprentissage d'aubergiste, métier qu'elle exercera plus tard en se mariant avec le fils du café Pitoiset à Giey-sur-Aujon.
   Derrière l'hôtel, l'étang de la gare était loué par Nina. Les carpes, les tanches, la friture et les grenouilles étaient servies aux clients. Les Langrois de la première moitié du siècle aimaient chaque dimanche d'été prendre le petit train ou la micheline. Ils venaient goûter les spécialités de Nina. Avant de repartir, ils se délassaient en jouant aux quilles ou en canotant sur l'étang.
   Un des clients préférés de Nina était Edouard Fourgoux, un marchand de tissus de Haute-Auvergne. Il séjournait à l' hôtel de la gare à chaque hiver. Il sillonnait la région pour vendre des services de table, des trousseaux et des mètres de toile ou de drap. De temps en temps il recevait à la gare de nouveaux rouleaux de tissus qu'il livrait en les détaillant. Prisonnier de guerre, il est revenu d'Allemagne diminué. sa femme l'a alors aidé quelque temps dans son métier. À cette époque les gens de la région ne pouvaient se déplacer souvent. Ils achetaient des étoffes et faisaient faire leurs costumes et leurs robe par des couturières habitant chaque village ou par le père Bresse tailleur à Poinsenot.
   En 1940, Nina ne veut pas partir en exode. quand elle se décide, les allemands arrivent. À ce moment-là, un train sanitaire est bloqué à la gare. Pendant quelques jours, il faut ravitailler les nombreux blessés qui gisent sur des brancards dans les wagons. L'un 'eux décède. Il est enterré provisoirement sous le poirier de Nina. Les Allemands font ensuite hospitaliser les hommes les plus gravement atteints puis le train repart.
   En été 1944, la toiture de l'hôtel endommagée lors du bombardement de la gare, l'est encore lorsque les démineurs font exploser les bombes non-éclatées.
   Après la guerre, Nina continue son commerce. De temps en temps, elle reçoit son frère ancien militaire au Dahomey devenu homme de lettres parisien. Il vient habiter le petit château de Vesvrotte de mai à novembre. Sous le pseudonyme de Charles Val, il écrit des feuilletons. Sa femme Claude Montorge est compositeur de musique.
   Nina continuera avec une clientèle de plus en plus réduite jusqu'en 1973 utilisant toujours la trappe et l'échelle pour descendre à la cave remplir les chopines : elle a 95 ans.



En 1944

   La gare est souvent visée par les maquisards nombreux dans la région. Les Allemands ripostent et convoquent à la Komandatur de Langres Fernand Minot, le maire de Poinson, un ancien gradé de la guerre 14-18 qui n'a jamais eu froid aux yeux. Il part donc en vélo. On veut lui faire dire où se trouvent les résistants. toute la journée, il reste debout, devant des cartes, une mitraillette pointés sur son ventre. finalement, les Allemands le laissent repartir, menaçant de brûler tout le village et de tuer des otages si la ligne est encore attaquée. Au retour, il va prévenir les F.F.I. de la région à Vivey et au moulin de Valosse.
   Lamy, à Vivey, trouve une solution qui ne devrait pas mettre en danger les habitants du secteur. Un bombardement est demandé par radio. Des aviateurs mitraillent les locomotives stockées sur les voies de garage et lancent des bombes qui creusent des grands entonnoirs sur les lignes et autour de la gare.
   Après la libération, tous les gens sont heureux et veulent bien vivre. Jean Balland facteur receveur, joueur de violon à Poinson et les employés du chemin de fer décident d'organiser des fêtes de la gare qui ont beaucoup de succès en 1946 et 1947.






Des films

   En 1971, Pierre Granier-Deferre a tourné "la veuve Couderc" à Cheuge en Côte d'Or. Il revient dans la région pour un nouveau film "le Train" tiré d'un roman de Georges Simenon.
   En 1973, les acteurs logent au château de Prangey. Ce sont Romy Schneider, Régine, Maurice Biraud, Jean-Louis Trintignant et Serge Marquand.
   Des scènes sont tournées à la gare de Recey. On recrute des figurants jusqu'à Langres. Une séquence du film a lieu en gare de Poinson-Beneuvre. Mesdames Balland, Pisaneski et Rouget recrutées sur place sont costumées et montent dans le train qui fait quelques aller et retour entre la gare et le pont. La société Lira-film verse 67.03 F à chacune pour leur participation à cette journée.
   Robert Lamoureux est venu aussi à Poinson-Beneuvre pour l'un de ses films de la série de "la 7e Compagnie". La ligne de Recey à Is-sur-Tille est celle qui convient le mieux pour évoquer les voyages en chemin de fer de la première moitié du siècle.




À suivre...

Bernard Sanrey, Le petit train de la montagne haut-marnaise, de Langres à Poinson-Beneuvre, pp. 13-20, 1990.


Aujourd'hui



Pour compléter
Les petits trains de la Grande Guerre 
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vendredi 29 novembre 2019

La nouvelle tyrannie : tendance "vert" écolo

Sauvons la Biodiversité... Détruisons-la!

"Il n'y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l'on exerce à l'ombre des lois et avec les couleurs de la justice."
Montesquieu - 1689-1755
 
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La tyrannie de l’écologie face au mur de la réalité 
Michel Gay

 
Photo by Devin Avery on Unsplash - https://unsplash.com/photos/ZsgPd6ovNag — Devin Avery


Une écologie politique dogmatique abuse les Français en voulant leur faire croire qu’ils pourront vivre de vent et de soleil, en dépit des réalités physiques, économiques et humaines.

Une écologie politique dogmatique abuse les Français en voulant leur faire croire qu’ils pourront vivre de vent et de soleil. Mais sa volonté impérieuse d’imposer rapidement des règles contraignantes et de formater la pensée pour atteindre le nirvana écologique se heurte aux réalités physiques, économiques et humaines.


Un nouvel obscurantisme vert
Une nouvelle forme pernicieuse d’obscurantisme vert s’insinue dans les esprits au nom d’une « valeur supérieure » qui serait la Nature ou Gaïa.
Dans ce monde idéalisé, les mensonges et la propagande submergent et étouffent méthodiquement les arguments techniques et économiques. Ces méthodes s’inspirent d’idéologies despotiques aux couleurs variées, brune, noire, rouge…, recyclées aujourd’hui dans la couleur verte.
Cette écologie coercitive masque ses intentions à la fois sous des concepts séduisants et lénifiants, le monde vivra d’amour et d’eau fraîche, et en brandissant des épouvantails diabolisant le nucléaire, l’industrie, les insecticides… Le mot pesticide, contre la peste, a été diffusé pour faire peur car le terme exact produit phytosanitaire, pour protéger les plantes, ou même simplement insecticide, était trop doux et rassurant.
En s’appuyant sur des dogmes partisans, des apprentis sorciers dénués de toute compétence légifèrent dans des domaines techniques, industriels et économiques complexes sans seulement entrevoir les graves conséquences sur le niveau de vie, le confort et la sécurité des Français.
Via les grands médias, ces nouveaux « maîtres à penser » bourrent quotidiennement les cerveaux des Français, y compris des enfants, d’arguments séduisants mais faux comme : « la croissance et l’emploi en France vont revenir en développant les énergies renouvelables ».

Mais, c’est le contraire qui se produit.
Cette caste d’experts, parfois autoproclamés, justifie doctement cet assassinat de la pensée rationnelle au nom de l’écologie en érigeant leurs certitudes en dogme « irréfutable » et en s’arrogeant le droit de définir le Bien et le Mal. 


Le Bien et le Mal
S’il existe une possibilité de détruire le Mal, alors seuls les détenteurs du Bien doivent détenir le pouvoir afin de sauver la planète et de libérer l’humanité.
Il faudrait être fou ou pervers pour s’y opposer. Il faut donc forcer les gens à être libres, ce qui implique la suppression de… la liberté, une fois le pouvoir conquis.
La violence, les procès, les prophètes, et le messianisme sont inhérents à ce type de raisonnement commun entre l’écologie et les religions. Le discours écologiste s’est approprié Le Bien et Le Mal de telle sorte qu’après le marxisme… une nouvelle idéologie apparaît : l’écologisme, détentrice du Bien.
L’émergence de la figure de Greta Thunberg jetant l’anathème sur les adultes qui lui ont « volé son enfance » n’est pas due au hasard, tout comme les dérives sectaires et violentes, véganisme, antispécisme, attaque de centrales nucléaires…, .
Quasiment tous les partis politiques tiennent un discours écologiste qui va de pair avec la culpabilisation des citoyens et leur taxation.
Dorénavant, des juges condamnent même des États au nom « du Climat », comme hier au nom de Dieu, du prolétariat ou de la race. 


Écologie et religion
Les écologistes et les religieux extrémistes empruntent pour le moment des chemins parallèles avec les mêmes discours, en utilisant de plus en plus des méthodes violentes pour faire triompher leurs causes.
L’écologie et la spiritualité, porteuses du meilleur et du pire s’occupent respectivement de la protection de la nature et de l’âme.
Les deux sont en charge d’une certaine forme d’immortalité et sont respectables, mais elles s’opposent au choix fait principalement par l’Occident de privilégier la liberté individuelle.
Ces deux forces remettent en cause le marché et la démocratie qui laissent le dernier mot aux Hommes au lieu de privilégier des valeurs naturelles et spirituelles considérées comme supérieures aux lois humaines.
Elles s’uniront en s’appuyant l’une sur l’autre pour faire avancer leurs causes et donner les pleins pouvoirs à ceux qui parlent en leur nom.
Lorsque les écologistes et les religieux se coaliseront, leur idéologie sera d’une force considérable. Cela se fera d’abord par une alliance cynique et utilitaire entre des écologistes radicaux et des extrémistes gauchistes, anarchistes et fascistes, comme il en existe déjà entre des mouvements fondamentalistes et criminels.
Si les démocraties n’y prennent pas garde, elles pourraient être balayées par ces nouvelles forces qui conduiront à de nouveaux totalitarismes après bien des désastres.
Ces rapprochements idéologiques aux relents nauséabonds peuvent se targuer de beaux succès catastrophiques dans l’Histoire du monde.
Les chemises brunes, noires, les foulards rouges, verts, et autres cols Mao sont autant de signes extérieurs de tyrannies ayant réussi brillamment, avant d’imploser devant les réalités économiques et physiques. 


Une dictature verte en gestation ?
Les assassins de la liberté ont besoin de formulations creuses, grandiloquentes et effrayantes, « il faut sauver la Planète », qui émeuvent et rassemblent.
Le pouvoir dictatorial s’impose ensuite par le mensonge, la propagande et l’abêtissement de la population dont les réfractaires « pollueurs » sont désignés à la vindicte médiatique et populaire.
Quelques siècles de pratique de ces méthodes détestables ne permettent pas toujours de discerner ces agissements pernicieux qui contrôlent la pensée. Ils ont l’apparence d’un déroulement logique et rationnel, alors qu’ils ne sont constitués que de syllogismes et de juxtapositions d’idées fausses martelées systématiquement.
Généralement, le peuple berné par la duplicité de ces manœuvres s’en aperçoit trop tard.
 

Les Européens goberont-ils encore longtemps les mensonges de ces « maîtres en écologie » qui sévissent maintenant au plus haut niveau pour établir les lois ?

L’Europe s’éteindra-t-elle sous les vents mauvais de ces nouveaux gourous verts nostalgiques d’un passé naturel idyllique qui n’a jamais existé ?

Pour le moment, l’écologie politique s’appuie sur des médias serviles pour faire croire à sa légitimité. Mais son inconsistance fondée sur « du vent » et des fadaises dévoilera sa vacuité dans le monde réel.
Sa volonté tyrannique se consumera alors sur le bûcher des réalités. Et ce sera une bonne nouvelle ! Mais quand ?
Lorsque les supercheries se révèleront, il sera bien tard et le mal sera fait, et probablement pour longtemps.

Alors, assis sur un monde en ruine, une jeunesse soucieuse regardera à terre les folles illusions d’un monde merveilleux reposant sur du vent et du soleil en se demandant benoîtement : « comment avons-nous pu en arriver là ? »

À la découverte du "syndrome" éolien, témoignage


Demain, l'"opinion publique" découvrira le "scandale" éolien et, comme à chaque fois, sera effarée de l'ampleur des dégâts humains. Nous lui rappellerons, alors, la trop longue liste déjà existante :

  • scandale de l'amiante, 
  • scandale de l' Isoméride, un coupe-faim engendrant de graves problèmes de santé, 
  • scandale du Mediator, un médicament ayant causé des centaines de morts, 
  • scandale de la Dépakine, un traitement ayant provoqué de graves handicaps chez les enfants.
  • etc.
Source : Scandales sanitaires

Nous lui rappellerons, également, que tous ses scandales ont trois points communs :  

  • la mort prématurée de personnes,
  • les pouvoirs publics,
  • la passivité ou la complicité du plus grand nombre d'entre nous, qui ne veut rien entendre et rien voir.
Nous lui rappellerons pour finir que "La démocratie, ce n'est pas simplement voter. C'est tous les jours de déterminer son destin".

TENIR TÊTE, FEDERER, LIBERER

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"Je n’ai jamais entendu ça de ma vie" : sous les éoliennes, son quotidien est impossible
Caroline Quevrain
28/11/2019

 
Photo d'illustration d'éoliennes − Sebastian Grochowicz @UNSLAPSHPlanète

TÉMOIGNAGE - Nausées, insomnies, maux de tête… Il arrive que ces symptômes se développent chez des riverains partageant leur quotidien avec un parc éolien. Au-delà des nuisances sonores provoquées par le mouvement de leurs pales, les infrasons qu’elles dégagent sont également pointés du doigt. Hubert, habitant d’un village d’Auvergne, raconte à LCI comment ce bruit inaudible lui a rendu la vie impossible.

"Quand elles ne tournent pas, c’est le paradis : c’est ce que j’appelle le silence maintenant." Pour Hubert, tout fait sens en 2010 lorsqu’il réalise que le bruit qui l’empêche de dormir depuis deux ans provient des éoliennes installées en périphérie de son village de Haute-Loire. Là, c’est le choc : "Je ne pouvais pas soupçonner que le bruit que j’entendais était celui des éoliennes. Au départ, j’étais comme tout le monde, j’étais pour leur installation." À Saint-Julien Chapteuil, cette commune de 1 800 âmes où vit Hubert dans une ferme isolée, au moins cinq riverains se sont déjà plaints de nuisances sonores provenant de ces éoliennes installées en périphérie. Aucun n’a usé de recours. 


"Ils souffrent mais ne disent rien."
Son quotidien, le sexagénaire commence alors à le coucher sur papier. Dans un journal actualisé chaque jour pendant quatre ans, il raconte. "Dimanche 13 juin 2010 : Couché minuit. Relevé 2h45 (bruit dehors insupportable)", "Samedi 10 juillet 2010 : Je note : ‘Pas de bruit ce soir.’" Ou encore : "Je n’ai jamais entendu ça de toute ma vie, c’est très spécial, ça ‘rentre dans la tête’." Voilà maintenant dix ans que les infrasons générés par les pales rythment ses journées : "Je vis en permanence pour leur échapper. Quand elles tournent très vite, je n’entends plus, mais elles tournent rarement très vite. La plupart du temps, elles tournent moyennement et c’est l’enfer.


Des arrêts maladies pour "syndrome éolien"
Or, les campagnes réalisées par l’ Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, "montrent que ces infrasons sont émis à des niveaux trop faibles pour constituer une gêne et encore moins un danger". Hubert le confirme, "les extrêmes-basses ne sont pas entendues par tous ". Dans son propre cas, "ça ne tient à rien, c’est juste un dépassement de seuil." Une perception bien trop subjective pour être reconnue autant dans la loi que par les élus et les professionnels de santé. Ainsi, le conseil régional d’Auvergne Rhône-Alpes a concédé ne rien pouvoir faire dans le cas d’Hubert. Même son de cloche du côté du ministère de l’ Ecologie. "C’est psychologique", lui dit-on.

C’est en 2012 qu’Hubert trouve une combine lui permettant d’échapper à ce bruit, inaudible mais permanent. "Le seul moyen que j’ai trouvé, c’est de provoquer une vibration à l’aide d’un extracteur d’air. J’ai installé un tube en fer qui provoque du bruit à hauteur de 60 décibels. Le bonheur, j’ai pu dormir à nouveau." Ce qui ne l’empêche pas de faire les frais de ces deux ans d’insomnies. Son médecin lui prescrit plusieurs arrêts de travail, d’une durée totale de quatre ans, pour cause de "syndrome éolien", un symptôme déjà pris en compte par l’Académie de médecine mais non reconnu comme cause directe du mouvement des pales. "J’ai eu de la chance, je suis fonctionnaire : j’ai usé de toutes mes aides. Aujourd’hui, je travaille à nouveau mais je suis sur le fil du rasoir. Je pense que je me suis désensibilisé l’oreille droite, à force." Pourtant, toutes ces années, déménager n’a jamais été une option. "Pour aller où ? Il y a des éoliennes partout là où j’aurais pu atterrir." Aujourd’hui, Hubert a renoncé à solliciter les pouvoirs publics. "Je ne veux pas d’argent. Je veux pouvoir me promener dans ma maison, sans bruit."

jeudi 28 novembre 2019

RTE, bilan prévisionnel 2019 : la fête des voisins


Jean-Marc Jancovici

Associé Carbone 4 - Président The Shift Project

La SFEN décrypte, avec force graphiques, une partie du dernier bilan prévisionnel de RTE :
RTE alerte sur la sécurité d’approvisionnement en France

Si on la fait courte mais bonne, un certain nombre de pays européens mettent en oeuvre une promesse politique de remplacer les "vieilles énergies", charbon et nucléaire, par "l'avenir", éolien et solaire, avec pour conséquence de remplacer des capacités pilotables par des capacités non pilotables, en comptant sur le voisin quand il faut importer
NB : mon avis à moi est qu'il faut remplacer le charbon par du nucléaire - pilotable comme le charbon mais sans CO2 - et faire l'économie de l'éolien et du solaire : 100% renouvelable pour pas plus cher, fastoche ?

RTE explique que ca risque de poser un petit problème quand tout le monde devra importer en même temps. Ce qui est farce dans cette histoire, c'est que l'actuel président de RTE, Brottes, fait justement partie des gens qui ont poussé à la roue, quand il était président de la Commission des affaires économiques de l'Assemblée pendant la présidence de Hollande, et qu'il a fait partie des députés qui ont "promu" l'objectif des 50% de nucléaire. Mais il n'est jamais trop tard pour changer d'avis...



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Somme, Croix-Moligneaux : éolien, pour un maire qui a dit non, combien disent oui? Et parmi eux, combien de corrompus?

Sioux Berger

Commentaire : cette pratique qui semble faire partie du "petit manuel "vert" du savoir-faire du missionnaire éolien en campagne", s'apparente, sans aucun doute, à une tentative de corruption d'un représentant de la Nation.

Rappel

"La corruption est un comportement pénalement répréhensible par lequel une personne (le corrompu) sollicite, agrée ou accepte un don, une offre ou une promesse, des présents ou des avantages quelconques en vue d'accomplir, de retarder ou d'omettre d'accomplir un acte entrant d'une façon directe ou indirecte dans le cadre de ses fonctions.
L'infraction a une double portée puisqu'elle recouvre l'existence d'un corrompu et d'un corrupteur. Le Code pénal (art. 435-1, 435-3, 445-1 et 445-2) distingue ainsi la corruption active, qui est le fait du corrupteur, et la corruption passive, qui est le fait du corrompu. Les fonctions du corrompu peuvent être aussi bien publiques que privées mais leur caractère public va entraîner une peine plus lourde que celle prévue pour la corruption privée."
Source : La corruption : définition et sanctions

Mais pour un maire qui a dit non, combien disent oui? Et parmi eux, combien de corrompus?

Cette situation ne semble pas gêner, en aucune façon le gouvernement et sa majorité.
Suite à la présentation du Rapport de la Commission d'enquête sur l'impact économique, industriel et environnemental des énergies renouvelables, sur la transparence des financements et sur l'acceptabilité sociale des politiques de la transition énergétique, voici ce que déclare Mme le Rapporteur de la Commission, Mme le député Marjolaine Meynier-Millefert :

Morceaux choisis
"citoyens et élus doivent être plus associés à la production d’énergie pour leur permettre de mieux participer à la Transition énergétique et pour que leurs usages soient plus responsables"

En réponse à la question au gouvernement, de Monsieur le député Julien Aubert, président de la dite Commission :
"Allez vous modifier la programmation pluriannuelle de l'énergie, allez vous ré-équilibrer les financements et mettre un moratoire sur l'éolien qui fait l'objet de nombreuses critiques ?
"Je suis contre un moratoire éolien. Les pouvoirs publiques doivent soutenir plus efficacement la compétitivité des éoliennes, en sécurisant juridiquement et financièrement les projets. À terme, les éoliennes SERONT compétitives sans soutien ! Ne cassons pas l’élan!"


" nos investissements pour diversifier notre mix électrique déjà décarboné n’aide pas le climat mais des investissements sont malgré tout obligatoires. Trop d’argent à produire de l’électricité pas assez à l’économiser."
Source : https://twitter.com/M_MeynierM

Pour résumé, le choix de diversifier la production électrique ne permettra pas d' atteindre les objectifs de l' Accord de Paris, réduction des émissions des gaz à effet de serre (GES) pour sauver le Climat et l' Humanité, mais nous continuons quand même à financer les investissements, inutiles, éolien, panneaux solaires, etc., au frais du contribuable/consommateur.
Avec de tels soutiens, l'escrologie a de beaux jours devant elle... et la Biodiversité et les êtres vivants, riverains des ZI d'aérogénérateurs, sont condamnés à la souffrance à perpétuité.


TENIR TÊTE, FEDERER, LIBERER
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Témoignage d’Hervé Frizon, Maire de Croix-Moligneaux ( 80)

Je m’appelle Hervé Frizon, et je suis le Maire de Croix-Moligneaux, dans la Somme. Je suis également Vice-Président de la communauté de communes. Autour de mon village, 34 aérogénérateurs sont déjà installés, et ce n’est pas fini. Je souhaite raconter mon histoire pour faire connaître au grand public les agissements des promoteurs éoliens.
Lorsque je ne m’occupe pas de la mairie, j'exerce la profession d' agriculteur.

J’aime ma région, mon métier, ma charge de Maire, et j’essaie au quotidien de sauvegarder ce que nos anciens nous ont légués. C’est pourquoi, en tant que Maire, je me suis lancé dans un projet pour mon village et ses alentours : obtenir le label « Pays d’Arts et d’Histoire ». Je participe également à l’entretien des chemins, et je suis guide-nature à mes heures perdues.


Face à moi, autour de moi, je suis entouré de maires qui votent majoritairement « pour » les projets éoliens, et je sais très bien pourquoi, car je suis moi aussi passé par là.

En 2013, un promoteur est venu me voir pour installer 6 éoliennes sur ma commune. À ma grande surprise, il m’a proposé ce qu’il a appelé un « droit d’entrée … » dans mon village. Il savait que j’étais en train de travailler sur le projet « Pays d’art et d’histoire », et que j’avais des devis pour la restauration de l’église. Ceux-ci s’élevaient à 300 000 euros. Un budget important pour ma commune. Eh bien figurez-vous que le promoteur m’a tout bonnement et simplement proposé de « m’aider pour le projet » à hauteur de 10 000 euros par mégawatt installé. Il y avait 6 éoliennes à implanter, chacune de 3 mégawatts. Donc cela s’élevait à 30 000 euros par éolienne, multipliés par 6…cela faisait un total de 180 000 euros pour la commune ! Je joins à ce témoignage le document attestant de cette proposition « alléchante »…j’ai aussitôt communiqué ces documents au Conseil. Et nous avons tous voté « non » à l’unanimité ! En effet, où est la logique dans tout cela ? On vous propose de vous aider pour restaurer un monument en vous donnant de l’argent, mais on le démolit totalement en plaçant tout autour une zone industrielle formée par un parc d’aérogénérateurs…c’est un peu comme si quelqu’un vous proposait le médicament miracle, mais en échange, vous devez boire un sirop qui vous achèvera !!




Etant donné que nous avions refusé, le promoteur s’est retiré, mais…pas pour très longtemps, car un autre s’est présenté, et il nous a lui aussi proposé de l’argent contre notre accord. Et le premier promoteur a continué à faire le tour des communes alentours. Il a d’ailleurs proposé de réaliser des chemins de randonnée sur la commune de Douilly…mais …quel touriste aura envie de randonner dans une zone industrielle ?

J’espère que mon témoignage permettra à tous ceux qui le lisent de voir les éoliennes sous un jour différent. 


Amis citadins, lorsque vous circulerez sur l’autoroute A29, aux alentours de la sortie 54, lorsque vous verrez à travers les vitres de votre voiture ces parcs d’aérogénérateurs qui brassent l’air dans un bruit continu, pensez à nous, qui vivons sous le clocher de la toute petite église, là-bas, au loin. Sur la photo, les éoliennes qui cernent l’église de mon village sont à 6 km. Celles qui devaient être installées auraient été à 1,5 km….


Notre région, on l’aime, notre art de vivre, notre campagne, on l’aime. Ils sont venus avec leur argent et leurs machines infernales. Pensez-y : ils ne font pas de l’écologie, ils font du fric.

Témoignage recueilli par Sioux Berger

Haut-Rhin, Fessenheim : des éoliennes à perte de vue...




 Nucléaire, la fermeture de Fessenheim : "Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît."

Laydgeur

Précisions  

-Le détail des calculs avec les sources est à la fin de l'article,
-J’ai été conservateur ; cela implique que les chiffres seraient plus grands dans la réalité,
-Je n’ai pas non plus pris en compte l’intermittence.

Au milieu de cette image, la centrale nucléaire de Fessenheim. Tout autour, 850 éoliennes. Ça fait beaucoup ? Et pourtant, c’est juste le quart des 3 400 aérogénérateurs qu’il faudrait pour produire autant d’électricité que la centrale elle-même.




Comment arriver à ce nombre? C’est, en fait, une simple règle de trois :

Année 2018 :

-Production de la centrale de Fessenheim : 12 TWh

-Production des 8 000 éoliennes françaises, : 28 TWh

12/28*8 000 = 3 400 éoliennes!






Pour dire autrement : à eux seuls, les deux petits réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim, mis en service il y a plus de 40 ans, ont produit l’année dernière autant d’électricité que 3 400 éoliennes de puissance nominale unitaire de 2 MW, le modèle le plus utilisé en France.

Pour implanter ces 3 400 éoliennes, dans des conditions optimales de production, il faudrait un cercle d’au moins 24km de diamètre et mettre dedans des éoliennes de 120m de haut espacées les unes des autres d’environ 500m.




La centrale de Fessenheim a donc produit 12 TWh. 12 milliards de kWh. On ne s’en rend pas compte mais une telle quantité d’électricité... C’est gigantesque.


Par comparaison, 12 TWh cela équivaut à

  • l’ensemble de la consommation électrique de la Lituanie, 
  • le tiers de celle du Danemark,  
  • 20% de celle du Portugal ou de la Grèce.
Source : Statistics

Danemark
Il suffirait donc de 3centrales type Fessenheim, soit 6 réacteurs nucléaires, pour décarboner ENTIÈREMENT leur production électrique.
6 réacteurs nucléaires... comme la centrale de Gravelines. Cette dernière a été construite en 10 ans, et a coûté à l’époque 2,3 milliards d’euros, soit 5,9 milliards d’euros de 2010, tout compris.
Source : Les coûts de la filière électronucléaire , p.19.




la centrale de Gravelines 

L’essor de l’éolien au Danemark a commencé à la fin des années 90. 20 ans plus tard, en 2018, leurs émissions de CO2 par habitant dues à l’électricité sont encore le triple de celles de la France, pourtant 12 fois plus peuplée et qui consomme en tout 15 fois plus d’électricité.



Si les Danois avaient choisi le nucléaire plutôt que l’éolien et avaient construit une centrale comme Gravelines, leurs émissions électriques seraient à quasi zéro depuis de nombreuses années, et ils auraient évité plus de 100 millions de tonnes de CO2 depuis.

La centrale de Fessenheim fermera, c’est inéluctable. Pourtant, les riverains vivent-ils pour autant au milieu d’une ZI gigantesque d’éoliennes? Non! Ce qui nous amène à poser la question légitime :
Mais, qu’est-ce qui fournira les 12 TWh d’électricité en replacement de Fessenheim ?
Et bien... malgré tous les beaux discours qu’on entend sur un merveilleux futur vert et renouvelable débarrassé du nucléaire, l’électricité en remplacement de Fessenheim sera produite avec du gaz et du charbon. que cette production vienne des centrales à gaz françaises ou des imports au charbon depuis l’Allemagne, dans tous les cas, les émissions de CO2 vont augmenter pour produire une électricité qui avant n’en émettait pas.
Et ça voyez-vous, ça m’énerve!
Il n’y avait AUCUNE raison rationnelle de fermer Fessenheim. AUCUNE.

Trop vieille ?
Ce n’est pas un argument en soi, on n’abandonne pas quelque chose JUSTE parce qu’il est trop vieux. C’est à l’encontre de toute logique de durabilité.
Une étude en cours, menée par l' Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), sur l'évaluation environnementale et écologique liées à l’allongement de la durée d’usage a donné ses premiers résultats :

Pierre Galio, chef du service consommation et prévention :
"Allonger la durée d'usage de nos équipements est positif pour la planète et pour notre environnement "
"Si la durée de vie moyenne en France de l’ensemble des TV était augmentée de 1 an, le gain environnemental serait de 1,74 Million de tonnes de CO2. Soit l'équivalent des émissions annuelles d’une ville comme Lyon !"
Raphaël Guastavi, expert

Retrouvez Raphaël Guastavi participant à l' émission "La quotidienne" sur France5, avec pour thème : on veut des appareils qui durent !

Toujours en panne ?
Avec 12 milliards de kWh produits en 2018 et avec une production moyenne de 10.9 milliards de KWh par an depuis sa mise en service.
Source : la centrale nucléaire EDF de Fessenheim

Trop polluante ?
Concernant les émissions de gaz à effet de serre (GES), d'après le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC), le nucléaire est au même niveau que les renouvelables, avec la prise en compte de l'ensemble du cycle de vie : mines d’uranium, construction, exploitation, démantèlement, déchets.
Source : Renewable Energyin the Context of Sustainable Development , p.732.






Idem pour les principaux polluants atmosphériques, comme l'indique encore le GIEC :
Source : Energy Systems, p.548.




Trop de déchets ?
 

Avez-vous reconnu la pyramide du Louvre sur cette image ? Juste devant, il y a un petit cube bleu de 3m de haut. Il représente tous les déchets nucléaires produits par Fessenheim en 2018...




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mercredi 27 novembre 2019

RTE, bilan provisionnel 2019 : en attendant l'extinction des feux

 "Pourquoi nous payons de plus en plus cher pour la perte de notre indépendance énergétique, la menace d’un blackout généralisé et l'aggravation du risque d’un incident nucléaire.
L’échec de la politique énergétique européenne est patent en regard des 3 objectifs qu’elle s’était assignés : "maîtrise des coûts, sécurité d’approvisionnement et réduction de l'impact environnemental".
Bien loin d’en formuler tout bilan chiffré et remise en question stratégique, la France en accélère la marche forcée.
Avec la promesse de lendemains qui déchantent."

Les apprentis sorciers
Jean Pierre Riou


Cette analyse prémonitoire de la politique toxique de la Transition énergétique et de ses "stars" les EnR, éolien, panneaux photovoltaïques, méthanisation, biomasse, pour la Biodiversité, la santé et les finances publiques a déjà... 3ans! Depuis... Les lendemains sont devenus aujourd'hui et, ils déchantent encore et toujours! Le pire est avenir!

TENIR TÊTE, FEDERER, LIBERER
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RTE alerte sur la sécurité d’approvisionnement en France 



Le mercredi 20 novembre, RTE, Réseau de Transport d’ Electricité, a publié son bilan prévisionnel 2019 de l’équilibre offre-demande d’électricité en France. Un exercice de prospective attendu qui, pour la première fois, évoque un risque réel sur la sécurité d’approvisionnement.

Un bilan prévisionnel qui « n’invente rien » et qui repose sur des hypothèses crédibles, selon les propos de François Brottes, le président de RTE. Un vocable prudent, car pendant longtemps la notion de rupture en approvisionnement électrique était « un concept théorique et inconnu du grand public ». Aujourd’hui les projections de RTE l’affirment, la réduction des marges de manœuvre pour affronter le passage de l’hiver 2022-2023 se pose sérieusement. Dans cette perspective, l’ouest de la France apparait comme particulièrement en tension. 

 
La notion de sécurité d’approvisionnement
La sécurité d’approvisionnement est une notion définie par les pouvoirs publics et se résume à la règle des « trois heures » comme le rappelle RTE. Ceci signifie que « la durée moyenne pendant laquelle l’équilibre entre l’offre et la demande ne peut pas être assuré par les marchés de l’électricité, dans toutes les configurations modélisées par RTE, est inférieure ou égale à trois heures par an ».
Il s’agit donc d’une rupture d’approvisionnement, un évènement très différent de la simple coupure de courant. Cette dernière étant une interruption momentanée chez un consommateur particulier du fait d’un épisode exceptionnel, panne technique, incident climatique… .
Si RTE prend la peine de définir ces notions en préambule, c’est notamment parce que cette situation de risque sur la sécurité d’approvisionnement est relativement nouvelle en France. Traditionnellement en situation « surcapacitaire » grâce à son parc électronucléaire, l’Hexagone exporte environ 10 %[1] de sa production chaque année.

Demain certains facteurs peuvent converger et entrainer une situation inédite. D’une part, des moyens d’effacement et de la maitrise de la consommation individuelle limités et d’autre part une vague de grand froid, de plus en plus fréquente du fait du réchauffement climatique. En particulier, plusieurs conditions anticycloniques peuvent se traduire par une vague de froid sur l’ensemble de l’Europe conduisant à une hausse de la demande conjointement à une production renouvelable en forte baisse. Par exemple, en 2022 et 2023 la France ne serait pas capable de faire face à une vague de froid similaire à l’hiver 2012 selon les simulations. RTE peut alors en dernier recours « procéder à des coupures de consommateurs, momentanées, localisées et tournantes afin de préserver la sécurité d’alimentation du plus grand nombre ». Cette projection touche tout particulièrement l’hiver 2022-2023 et la zone Grand Ouest.

La question de la sécurité d’approvisionnement n’a que rarement été posée dans ces termes dans les débats publics sur l’énergie.


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RTE, sécurité d’approvisionnement
Maruan Basic SFEN - Crédit photo EDF - Conty Bruno

26/11/2019

Haute-Marne : une histoire de trains, épisode I

Les villageois s'attardaient au seuil de leurs maisons. Au loin, roulaient des trains, qui clamaient des cris éperdus. Les femmes se penchaient vers l'ombre, incurablement tristes de n'avoir pas connu les beaux départs. Et quand le train était passé, elles prêtaient encore l'oreille : la grande plaine d'été chantait sur les grillons, les grenouilles et le silence. Elles pensaient alors qu'elles étaient nées de ce village, qu'elles avaient vécu comme leurs mères, ni heureuses, ni malheureuses et qu’après tout, il n' y avait rien à redire à cela.

Marcel Arland, Terres étrangères, Varennes, 1923.


La ligne Langres-Poinson-Beneuvre





Autrefois

  En France, les premiers chemins de fer sont construits dans la région de Saint-Etienne en 1828. Les trains étaient alors remorqués par des chevaux. 
  Vingt ans plus tard, les locomotives à vapeur tirent voitures et wagons à une vitesse de 60 km/h. Progressivement le territoire se couvre de lignes de chemin de fer. Toutes les grandes villes réclament l'installation d'une gare espérant remédier au mauvais état des routes.



  En 1846, les lignes Paris-Strasbourg et Paris-Dijon-Mulhouse évitent la Haute-Marne département industriel qui possède des mines de fer et fait venir du charbon pour ses hauts fourneaux. 
  C'est seulement en 1852 que la ligne de chemin de fer de Vitry-le-François à Gray est autorisée et se pose du nord au sud du département. En 1853, la construction de la ligne Paris-Mulhouse par Langres est concédée. Cinq ans plus tard, les trains circulent sur ces deux lignes avec une section commune de Chaumont à Chalindrey. 
  Le trajet Langres-Dijon prévu en 1861 ne se réalise que 16 ans plus tard. La guerre de 1870 a retardé les travaux.



Historique

  1873 voit la déclaration d'utilité publique pour une ligne qui passe par la Grange au Prieur, se dirige vers Saints-Geosmes et revient vers le champ de foire avec une gare à Bel Air. Une prolongation sera possible sur le plateau. Un an plus tard, le projet Langres-Recey est étudié pour raccorder cette ligne à celle d' Is-sur-Tille à Châtillon également prévue. 

  Bientôt, malgré les protestations des Langrois, le tracé se précise avec de nouveaux plans. On abandonne l'idée de gare sur la place Bel Air. La ligne qui nous intéresse rencontrera l'autre à Poinson-Beneuvre.

  En 1878, une enquête est lancée par voie d'affiches. Les conseillers municipaux étudient le tracé retenu et les projets de stations.
  Tous les villages de la région sont consultés de Mardor à Balesmes et Noidant-Châtenoy... Saints-Geosmes est oublié. Les avis émis sont variés et peu écoutés par l'administration. La Compagnie de l' Est, concessionnaire, essaie de mettre en valeur les projets les moins coûteux. Les militaires refusent le tunnel prévu vers Poinson.

  Les travaux commencent en 1880.



   La ligne se construit, contournant la colline des Fourches et desservant la gare de Langres-Ville.
  Sur le plateau, la voie suit  à peu près la ligne de partage des eaux puis descend à Poinson-Beneuvre. Les ouvriers entaillent la roche calcaire et remblaient les endroits argileux. Le travail se fait surtout à la main et à la brouette. Les gares et les barrières sont construites en pierre de Bugnières, Carrières Gentil. 
  En trois ans tout est terminé.
  En septembre 1883, trois trains fonctionnent dans chaque sens mais il y a trop peu de voyageurs. Celui du matin est supprimé après quelques mois d'exploitation pour raison économique.
  En 1908, le Conseil général fait étudier sans suite le projet de transformation de la ligne en voie étroite.
  En 1934, la Compagnie de l'Est ne veut plus exploiter cette ligne à faible trafic. Les 40 villages proches sont consultés. Tous refusent la suppression. Cependant, pour l'armée, cette ligne permettrait de ravitailler ou d'évacuer Langres en cas d' attaques ennemies venant de l' Est. Elle sera donc conservée pour des raisons stratégiques.
  En 1938, à la création de la SNCF, la ligne est affermée à la Société Générale de chemin de fer économique puis CFTA. Cette entreprise supprime des emplois dans les gares ; les barrières peu fréquentées sont abandonnées et l'entretient des voies et bâtiments est confiée à une équipe volante.


 La ligne pendant la guerre 1914

  Au mois d’août 1914, de nombreux mobilisés ont été obligés de partir par cette ligne. Ils quittaient leur famille, leur travail, pour de longues années de souffrance. Beaucoup ne reviendront pas.
  En 1917, les soldats américains arrivent au secours de la France. Ils s'installent dans tous les villages de la région.
  La concentration la plus importante sera à Bourg. Un camp est créé au nord du village. Sont déposés des quantités énormes de matériel venu d' Outre-Atlantique : caterpilars, camions, camionnettes, voitures, vélos et pièces de rechange.


  Au printemps 1918 arrivent à Brennes et Bourg quelques mystérieux engins venus par le chemin de fer. Les premiers ont été débarqués entre Saints-Geosmes et Brennes et conduits nuitamment au bois de Marne où ils s'abritent des regards indiscrets. Ce sont de petits tanks Renault portant 2 hommes et armés d'une mitrailleuse ou d'un canon de 37 mm. Leur nombre va croître. Tout l'été les soldats américains s'entrainent au maniement de ces machines sous la direction du capitaine Patton, libérateur de Saint-Dizier en 1944 avec le grade de colonel.   
  Le 1er septembre, ils viennent se ranger à proximité de la halte de Brennes et du passage à niveau du chemin stratégique. En pleine nuit, sous la pluie, opération délicate, on embarque 74 tanks. Ils partent pour une destination inconnue. On apprendra plus tard qu'ils ont été les triomphateurs de Saint-Mihiel et qu'ils sont allés hâter la victoire dans l' Argonne.




Les michelines

  Entre les deux guerres, pour des raisons d'économie, les chemins de fer invitent les constructeurs à créer des moyens de transport plus légers.
  Renault et Bugatti exécutent de nouveaux et beaux véhicules sur rails.
  Dès 1931, la société Michelin étudie un autorail appelé Micheline et équipé de pneus. Cette machine, de couleur marron, type 11 à 24 places tractée par un moteur Panhard ressemble à un camion. Elle fonctionne à l'essai en 1932. Retirée du service en 1938, la machine finira ses jours, garée au dépôt de Poinson-Beneuvre. Elle sera désossée par les bricoleurs pendant la guerre. D'autres modèles la remplaceront.
  Les "Michelines" faisaient un aller et retour depuis Langres le matin et un autre le soir. Au début de la guerre, elles fonctionnaient au gazogène. Un déraillement dans le bois d' Aujeurres en 1941 provoqua l'arrêt de ce moyen de transport léger sur la ligne.
  Les autorails transportaient voyageurs, courrier et petits colis. En outre, 4 fois par semaine, un train mixte parcourait la ligne pour tirer les wagons de marchandise. 
  À cette époque, aux passages à niveau de Lamargelle, Musseau et Saints-Geosmes, les voyageurs sont pris en charge par le chemin de fer.

Été 1944

  Sur la fin de la guerre, les maquisards essaient d'arrêter la circulation des trains. Des sabotages ont lieu au château d'eau et sur les locomotives à Poinson, un train chargé de produits de l' entreprise Nozal de Praslay déraille et prend feu, la station de pompage de Vaillant est brisée plusieurs fois. 
  Des ponts sautent. Celui sur la nationale près de Hûmes est ébranlé. Mais l'administration allemande fait réparer et parvient à maintenir la circulation jusqu'au 19 août 1944 soit trois semaines avant la libération.

Après la guerre

  Les locomotives 130B assurent la traction des trains. Leur tender qui contient 7 m3 d'eau n'a pas la possibilité de produire beaucoup de vapeur. Si rien ne vient contrarier la marche du train, il arrive au terminus et peut faire un nouveau plein d'eau.
  Parfois, dans la montée en virages entre la Bonnelle et Saints-Geosmes, le train patine, rampe de 15%. Alors la loco abandonne sur place la moitié des wagons, conduit l'avant du train en gare de Flagey et revient chercher le reste avant de continuer le voyage.  Il fallait parfois 5 heures pour atteindre Vaillant.
  D'anciens habitants d'Aprey racontent aussi qu'une fois au retour de Langres, le train s'arrêta dans un bois entre Saints-Geosmes et Flagey. Le chauffeur qui n'était pas dans un état normal avait laissé faiblir le feu de la locomotive au point qu'elle ne donnait plus de vapeur. Les voyageurs sont descendus du train, se sont mis  à la recherche du petit bois mort dans la forêt et ainsi ont pu faire repartir le convoi...
  d'autres fois, en hiver, le vent du plateau a soufflé si bellement que la neige a formé des congères et le train de ralentir, ralentir, voire s'arrêter. Employés et hommes des villages voisins dégagent alors la voie à coups de pelles.
  Le voyage durait parfois si longtemps que le journal de Dijon publia un article se moquant de la ligne la plus lente de France.  Le record? 8 heurs pour parcourir 47 km!

Bernard Sanrey, Le petit train de la montagne haut-marnaise, de Langres à Poinson-Beneuvre, pp. 7-12, 1990.

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mardi 26 novembre 2019

La Science, la Confiance, l'Avenir, l'Humanité ... Mais à quoi ça sert?

(...) "les plus éduqués ont davantage tendance à rejeter le consensus scientifique. Le rejet de la science n'est pas corrélé avec le niveau d'éducation, mais avec l'idéologie."

Définition parfaite des écolos des centres-villes urbains et de leurs représentants politiques. Ces-mêmes qui malgré des centaines d'études scientifiques démontrant le caractère mortifère de l'éolien pour la Biodiversité et les êtres vivants, continuent à en faire la promotion. En creux, nous avons la confirmation, si un doute subsistait, que la majorité des élus ruraux n'étant pas les plus éduqués, sont motivés de construire une ZI d'aérogénérateurs entrainant les dégâts que l'on sait,  non pas par idéologie, mais bien par... vénalité.

TENIR TÊTE, FEDERER, LIBERER
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Historienne des sciences américaine à l'université Harvard, Naomi Oreskes a déconstruit les stratégies trompeuses des climatosceptiques. Elle explique pourquoi les consensus scientifiques sont dignes de confiance, et souligne l'importance du caractère social et collectif de la science.

Les sciences affrontent une crise de confiance de la part du public. La contestation porte en particulier sur certains sujets : le changement climatique, la théorie de l'évolution ou la vaccination. Par nature, les sciences sont faites d'incertitudes, et la communauté scientifique tient aujourd'hui pour justes des idées qu'elle rejetait il y a quelques dizaines d'années. Pourquoi, alors, lui faire confiance ? Cette question préoccupe Naomi Oreskes. Géophysicienne de formation, elle s'est tournée vers l'histoire des sciences. Elle a soutenu une thèse sur le long rejet dont a fait l'objet la théorie sur la dérive des continents - formulée par Alfred Wegener dans les années 1910, mais acceptée seulement cinquante ans plus tard. Selon elle, deux choses sont essentielles pour endiguer la contestation envers les sciences. D'abord, mettre au jour les motivations économiques et politiques de ceux qui promeuvent le déni. Et expliquer, avec humilité, en quoi consiste la démarche scientifique, sur laquelle les chercheurs eux-mêmes se font parfois des idées fausses.

La Recherche Votre dernier livre tente de répondre à la question : « Pourquoi avoir confiance en la science ? » En quoi est-elle cruciale aujourd'hui ?
Naomi Oreskes : d'un côté, les sondages d'opinion montrent qu'il n'y a pas de défiance généralisée envers la science, même aux États-Unis. Cette défiance ne se manifeste que sur des sujets précis, comme la théorie de l'évolution, les vaccins ou le changement climatique. D'un autre côté, la méfiance envers les experts ou l'idée que la vérité serait quelque chose de personnel sont des phénomènes qui se sont répandus ces dernières années, partout dans le monde. C'est pourquoi un sentiment d'urgence a stimulé l'écriture de ce livre, même s'il reste un ouvrage académique. Si nous, scientifiques, ne sommes pas capables de dire pourquoi nous devrions avoir confiance en la science, alors nous avons peu de chance de convaincre nos concitoyens, et encore moins notre personnel politique, qu'il faut que les enfants soient vaccinés ou qu'il est nécessaire d'agir contre le changement climatique.

Quelles idées fausses nous faisons-nous sur ce qu'est la science ?
La principale idée fausse consiste à invoquer « la méthode scientifique » au singulier. Beaucoup de scientifiques en parlent, quand bien même ils ne l'utilisent pas en pratique. C'est un mythe ancré très profondément, qui sera dur à déboulonner. Si l'on examine l'histoire des sciences, on constate qu'il existe toute une variété de méthodes. Si l'on tente d'en extraire une, qui serait la « bonne », ni l'histoire des sciences, ni la philosophie des sciences ne l'étaye. En effet, la méthode hypothético-déductive, celle à laquelle on pense naturellement lorsqu'on parle de méthode scientifique, n'est pas valide d'un point de vue épistémologique.


L’aspect collectif du travail scientifique est important. Ici, les physiciens Albert Einstein, Paul Ehrenfest, Paul Langevin, Heike Kamerlingh Onnes et Pierre Weiss (de g. à d.), en 1920. Crédit photo : Oxford Science Archive / Heritage images/getty images 

 
Pourquoi ?
Cette méthode consiste, pour un scientifique, à formuler une hypothèse, de laquelle il déduit des conséquences, qu'il essaie de tester par des observations. Toutes ces étapes sont valides. Le problème se trouve dans les liens entre chaque étape. Selon cette méthode, la théorie vient avant l'expérience. Si l'expérience confirme la théorie, alors le scientifique peut dire que sa théorie est vraie. C'est là que le problème éclate. Les historiens ont montré en pratique, et les philosophes en théorie, qu'une théorie vraie peut faire des prédictions fausses et vice versa. Le système astronomique de Ptolémée [où la Terre est immobile au centre de l'Univers, NDLR] constitue un exemple très clair. Tous les scientifiques sont aujourd'hui d'accord : cette théorie est fausse. Pourtant, elle fait des prédictions justes. En particulier, elle a permis de prédire avec succès l'heure et la date des éclipses. Elle a donc franchi les étapes de la méthode hypothético-déductive. Mais cela ne suffit pas.

Il existe d'autres façons de définir la méthode scientifique, que vous déconstruisez également. Par exemple, le philosophe Karl Popper affirme, dans son livre La Logique de la découverte scientifique (1934), qu'une théorie n'est scientifique que si elle peut être réfutée par l'expérience.
Oui, c'est l'idée de réfutabilité [aussi appelée falsifiabilité, NDLR]. La vérité serait asymétrique : nous ne pourrions pas prouver qu'une théorie est juste, mais nous pourrions prouver qu'elle est fausse. Les scientifiques devraient donc chercher à réfuter leurs théories. La réfutabilité est une notion puissante, très attirante pour de nombreux chercheurs. Mais, encore une fois, elle échoue à décrire le travail de recherche. Ce n'est pas ce que les scientifiques font en pratique. Ils collectent autant d'indices qu'ils peuvent en faveur de leur idée. Pour eux, c'est le rôle de leurs collègues de les critiquer, de trouver des failles. Avoir un bon esprit scientifique consiste à être ouvert à cette critique. C'est l'oeuvre de la communauté scientifique. Cet aspect collectif a été quasiment ignoré par Popper. Même en théorie, l'idée de réfutabilité ne fonctionne pas, comme l'ont montré les réflexions du physicien français Pierre Duhem [notamment dans son livre La Théorie physique, son objet, sa structure, paru en 1906, avant même les travaux de Popper, NDLR], poursuivies par le philosophe américain Willard Quine dans la seconde moitié du XXe siècle. Imaginons que je fasse une expérience et qu'elle échoue à confirmer ma théorie. Suivant Popper, je devrais dire que j'ai réfuté ma théorie et rejeter cette dernière. Cependant, en pratique, la première chose que j'imagine est qu'il y a un problème avec mon dispositif expérimental. Peut-être l'instrument était-il mal calibré, peut-être ai-je fait une fausse manipulation. Parfois, avec beaucoup de travail, on peut arriver à identifier l'erreur expérimentale. Mais c'est souvent impossible. Et si l'hypothèse théorique en question est très bien établie par ailleurs, tel le fait que l'énergie se conserve, pour reprendre l'exemple de Duhem, alors, malgré le résultat de mon expérience, je ne vais pas rejeter cette hypothèse.

Face à ces idées fausses, vous rappelez qu'a émergé un point de vue qui prend en compte l'aspect collectif du travail scientifique.


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« Le consensus scientifique est le meilleur indicateur de vérité que nous ayons »

Propos recueillis par Sylvain Guilbaud 
décembre 2019