jeudi 21 mars 2019

Haute-Marne, Bure, Groupement d'intérêt public (GIP) : si, si, le ruissellement économique existe et c'est chez nous

jhm.fr
Céline Clément

Ainsi, le nucléaire :
-C'est bon pour le Climat. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) dans son dernier rapport le désigne comme un des éléments indispensables pour sortir des énergies fossiles et participer activement à la réduction de gaz à effet de serre (GES), soit 3 à 6 gCO2 par kWh ; À titre de comparaison, 50 pour le photovoltaïque.

- Consomme peu de terres agricoles, de sols, aucune déforestation. À comparer avec l'ogre éolien jamais rassasié. Une zone industrielle éolienne occupe une surface environ 2 400 fois plus importante qu'une centrale nucléaire, à puissance produite équivalente.
(...) "On peut tirer 10 MW par km2. Si l’on compare à une centrale thermique moyenne de 1GW occupant 1 km2, il faut 500 fois plus de surface en éolien.

Avec l’hypothèse d’une charge de 20 %
Si l’on voulait qu’en moyenne 20 % d’électricité soit d’origine éolienne en France, il faudrait installer 80 GW d’éolien. On pourrait tabler sur la moitié off-shore et la moitié on-shore.
Pour l’ on-shore, il faudrait y consacrer 4000 km2 en zone venteuse, soit par exemple un ruban de 3 km de large sur les 1400 km de cotes de la Manche, Bretagne et du Roussillon.
Si l’on opte pour un parc plus diffus avec des petites éoliennes réparties d’une façon homogène sur la France, le vent y soufflant moins fort, on n’obtient plus que 1 MW/km2 et il faudrait alors occuper un huitième de la surface possible en France (consistant en cultures, prairies, landes et alpages)
."
L’énergie éolienne


Sachant que les éoliennes étant de plus en plus grande, jusqu'à 240m toute hauteur envisagée en Bourgogne-Haute-Saône-Franche-Comté, l'espace entre deux machines, de l'ordre de 300m, augmente inévitablement.


Ajoutez-y, les éoliennes en mer.
(...) " Le plus grand parc éolien du Royaume-Uni, pays leader de l'éolien offshore, est le London Array ; les 175 éoliennes de sa phase 1, réparties sur une surface de 100 km2,"

Le nucléaire possède encore bien d'autres avantages comparé à l'inutile et nuisible éolien tant au point de vue sanitaire, écologique et économique : création d'emplois locaux, Balance commerciale, indépendance énergétique, valorisation des biens, etc.,
Le nucléaire national écrase l’ éolien PV importé quatorze à zéro
 
Et en plus, il redistribue des paquets de pognon qui n'est pas de l'argent du contribuable! Au contraire de l’éolien qui lui reverse sous forme d'aumône aux collectivités... l'argent du contribuable qu'il a perçu auparavant, subventions, tarif obligatoire de rachat et complément de revenu.

Malgré ces bons points, il ne se passe pas un jour sans que le nucléaire soit dénigré et l'éolien et les ENR, vendus comme les sauveurs du monde à une population, élus compris, majoritairement ignares sur le sujet. Tout cela à base de discours anxiogènes de la part des marchands de la peur que sont les élus, les ONG, les personnalités médiatiques et autre fondation "verts".

À quoi ressemblerait la Haute-Marne si le nucléaire disparaissait,
comme le désire ardemment EELV, La France Insoumise, le PS, etc., "remplacé" par les ENR associées aux indispensables centrales thermiques (gaz ou charbon/lignite) afin d'éviter un blackout électrique à monsieur-tout-le-monde, à l'heure du diner? Au désert des Tartares saturé d'éoliennes, de panneaux photovoltaïques, de méthaniseurs, de quelques centrales thermique, de lignes à Haute tension,etc. À ça en sommes :


Palm Springs Californie @.tuxboard.com/photos-de-lannee-2010/eolienne-palm-springs-californie/

Et la population? Quoi la population?😈

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Eolien : l'accélérateur à pour nom Borloo et depuis 2010



Les ministres de l'écologie, les préfets et les services de l' Etat, tous de bons petits soldats de la république, se succèdent les uns après les autres, pour appliquer à la lettre, la circulaire de monsieur Borloo* datée du 7 juin 2010.


Nous, défenseurs pour la protection et la sauvegarde de la ruralité, de la Biodiversité et du Patrimoine ne cesseront de nous battre au quotidien contre vos directives et nous attendront avec patience et détermination qu'un jour vous et vos semblables, responsables et coupables du massacre sanitaire, écologique et économique de nos territoires soyez sur les bancs de la justice des Hommes pour rendre des comptes.
 
Qui êtes-vous, monsieur Borloo?

-Co-fondateur de Génération écologie
"Génération écologie (GÉ) est un mouvement politique écologiste français créé en mai 1990 par Brice Lalonde, Jean-Louis Borloo, Yves Piétrasanta, Noël Mamère et Corinne Lepage"

-Les lois Grenelle de l' Environnement
" Il a notamment été chargé d'organiser le Grenelle Environnement et de préparer, défendre et faire adopter les procédures législatives issues des conclusions de ce dernier : la loi Grenelle I du 3 août 2009 puis celle dite « Grenelle II » du 12 juillet 2010."

-Les recherches exploratoires de gaz de schiste
" En 2010, alors que Jean-Louis Borloo était ministre de l'Écologie, des arrêtés continuent à être signés par l'administration autorisant les recherches exploratoires sur les gisements de gaz de schiste (Ardèche, Aveyron, Drôme, Gard, Hérault, Lozère et Vaucluse). Assumant son défaut de vigilance, il déposa lui-même une proposition de loi visant à annuler ces permis et interdire ces pratiques."

-Plan Énergies pour l'Afrique
"Le 3 mars 2015, Jean-Louis Borloo donne une conférence de presse en présence de François Hollande et des présidents du Sénat et de l'Assemblée Nationale pour le lancement de sa fondation, Énergies pour l'Afrique. Le programme de sa fondation bénéficiera de « 3 milliards d'euros de subventions par an pendant 15 ans, et 200 milliards en prêts"

Jean-Louis Borloo


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mercredi 20 mars 2019

Exagérations climatiques extrêmes

Jean N.
14 mars 2019

Il ne se passe pas une journée sans que l’on entende ou lise dans les médias que le climat est “déréglé” et qu’il y a de plus en plus d’évènements climatiques extrêmes. Et de nombreux scientifiques semblent penser la même chose. Par exemple, une pétition publiée fin janvier 2019 et signée par 3400 scientifiques belges, déclare au point 3 : “Le seul réchauffement actuel de 1°C entraîne déjà une augmentation de l’occurrence et de l’intensité des extrêmes climatiques tels que les canicules, les sécheresses ou encore les inondations.” Aucune référence n’est malheureusement donnée par les signataires de la pétition… Ces phénomènes climatiques sont-ils exagérés? Consultons donc le dernier rapport du GIEC, l’AR5 publié en 2013, et particulièrement le chapitre 2 qui traite des évènements climatiques extrêmes (depuis 2013, le GIEC n’a plus rien publié d’aussi complet sur le sujet). Préparez-vous à être surpris! 


1. Le chapitre 2 du rapport scientifique du GIEC

Les évènements climatiques extrêmes sont traités dans le chapitre 2 du rapport scientifique du GIEC[1]. Ce chapitre fait 94 pages et a été dirigé par Dennis Hartmann (USA), Albert M.G. Klein Tank (Pays-Bas), et Mathilde Rusticucci (Argentine). Notons que le rapport AR5 comporte au total 1535 pages. Selon le GIEC, il y existe 9 phénomènes climatiques qui peuvent devenir extrêmes :

– 1. Les températures
– 2. Les précipitations
– 3. Les inondations
– 4. Les sécheresses
– 5. Les évènements météorologiques locaux sévères (grêle, orages)
– 6. Les tempêtes tropicales
– 7. Les tempêtes extratropicales
– 8. Les vents
– 9. Les marées

Chacun de ces 9 éléments est traité séparément par le GIEC dans le chapitre 2 (et le chapitre 3 pour les marées). Le chapitre 2 se termine par 18 pages de références citant plus d’un millier d’articles scientifiques, contrairement à la pétition belge susmentionnée qui ne cite aucune référence.

Analysons maintenant les phénomènes climatiques extrêmes point-par-point en relevant les phrases les plus importantes du chapitre 2 du rapport scientifique du GIEC. Comme ce rapport n’existe pas en français, nous vous proposerons ci-dessous une “traduction maison” de ces phrases. 


2. Les températures extrêmes (AR5, p 212)
Le rapport AR5 du GIEC nous dit : ” (…) depuis 1950 il est presque certain (very likely) que le nombre de jours et de nuits considérés comme froids a diminué et que le nombre de jours et de nuits considérés comme chauds a augmenté globalement, pour les régions terrestres qui présentent suffisamment de données. Il est probable (likely) que de tels changements se soient produits en Amérique du Nord, Europe, Asie et Australie. Mais ceci est moins certain (low to medium confidence) pour l’Afrique et l’Amérique du Sud car il n’y a pas assez de données. Il existe une confiance modérée que la longueur et la fréquence d’épisodes chauds, incluant les vagues de chaleur, ait augmenté depuis 1950 et il est probable (likely) que la fréquence des vagues de chaleur ait augmenté durant cette période dans de larges parties d’Europe, Asie et Australie.” 


3. Les précipitations extrêmes (AR5, p 213)
Il est probable (likely) que depuis 1951 il y ait eu une augmentation significative dans le nombre d’évènements de précipitations extrêmes pour plus de régions que l’inverse (diminution significative), mais il y a de fortes variations régionales et sous-régionales dans les tendances. En particulier, de nombreuses régions présentent des tendances non significatives ou négatives, et, lorsque les variations saisonnières ont été prises en compte, il y a aussi des variations entre saisons (c.à.d., plus de tendances affirmées en hiver qu’en été pour l’Europe). Les tendances les plus nettes vers des évènements de précipitation plus intenses concernent l’Amérique du Nord centrale (augmentation presque certaine, very likely). Pour l’Europe il est probable (likely) qu’il y ait plus d’augmentations que de diminutions pour de nombreuses régions.


4. Les inondations (AR5, p 214)
A l’échelle globale il n’y a pas plus ni moins d’inondations et la magnitude n’a pas varié significativement.” 


5. Sécheresse (AR5, p 215)
Il n’y a pas suffisamment d’évidences pour suggérer une tendance globale depuis 1950. Il est probable que la fréquence et l’intensité des sécheresses ait augmenté en région Méditerranéenne et Afrique de l’Ouest depuis 1950, et diminué en Amérique du Nord centrale et Australie du Nord-Ouest.” 


6. Les évènements météorologiques locaux sévères (AR5, p 216)
Il s’agit par exemple de grêle et d’orages à petite échelle. “Les tendances observées ont un faible niveau de confiance, à cause d’inhomogénéités dans les données et de problèmes dans les systèmes de monitoring.” 


7. Les tempêtes tropicales (AR5, p 216)
Concernant ce point, nous vous proposerons ici une traduction intégrale des 4 paragraphes traitant des tempêtes tropicales. Les références données dans le texte pourront être trouvées dans le rapport du GIEC.
“L’AR4 concluait qu’il était probable (likely) qu’il y ait eu une tendance à l’augmentation dans l’activité des cyclones tropicaux intenses depuis 1970 de certaines régions mais qu’il n’y avait pas de tendance claire dans le nombre annuel de cyclones tropicaux. Depuis, d’autres analyses et d’autres publications indiquent qu’il est difficile de tirer des conclusions définitives concernant le niveau de confiance associé avec les tendances observées avant l’ère satellitaire ainsi que dans les bassins océaniques en dehors de l’Atlantique Nord.”
La Section 14.6.1 (du rapport AR5 du GIEC) discute en détail des changements dans les tempêtes tropicales. Les données actuelles n’indiquent aucune tendance significative pour la fréquence des cyclones tropicaux au niveau global pour le siècle passé et il reste incertain si les augmentations à long terme rapportées soient robustes, après avoir pris en compte les variations des méthodes d’observation (Knutson et al. 2010). Des tendances régionales de la fréquence des cyclones tropicaux et des cyclones tropicaux très intenses ont été identifiées dans l’Atlantique Nord. Ces tendances semblent robustes depuis 1970 (Kossin et al. 2007). Cependant, la cause de cette augmentation de fréquence est débattue et sur de plus grandes échelles de temps la fidélité de ces tendances est également débattue (Landsea et al., 2006; Holland and Webster, 2007; Landsea, 2007; Mann et al., 2007b) en raison de l’existence de différences de méthodologie pour les enregistrements anciens (Chang and Guo, 2007; Mann et al., 2007a; Kunkel et al., 2008; Vecchi and Knutson, 2008, 2011). Aucune tendance robuste dans les nombres annuels de tempêtes tropicales, ouragans et ouragans majeurs n’a été identifiée pour les 100 dernières années dans le bassin de l’Atlantique Nord. Les mesures concernant la fréquence des cyclones tropicaux arrivant sur terre sont généralement considérées comme plus fiables que les relevés de toutes les tempêtes qui tendent à être fortement influencées par celles qui sont les plus faibles ou qui ont une courte durée de vie. Callaghan et Power (2011) ont trouvé rapporté une diminution significative des cyclones tropicaux touchant l’Australie de l’Est depuis la fin du 19e siècle, mais en incluant les années 2010/2011 cette tendance devient non significative. Des tendances significatives ne sont pas observées dans d’autres océans sur de plus courtes échelles de temps (Chan and Xu, 2009; Kubota and Chan, 2009; Mohapatra et al., 2011; Weinkle et al., 2012), bien que Grinsted et al. (2012) ait noté une tendance positive pour l’Est des USA à partir des données de marégraphes (de 1923 à 2008) uilisées comme proxies pour évaluer les tempêtes associées aux ouragans arrivant sur les terres. Les différences entre les études concernant les cyclones tropicaux sont telles qu’il est très difficile d’établir des tendances à long terme.
Sans aucun doute, la fréquence des tempêtes est d’une utilité limitée si on ne l’associe pas avec l’intensité et la durée des mesures. Les mesures d’intensité dans les enregistrements historiques sont très sensibles aux changements d’instrumentation et de méthodologie. Cependant, depuis l’avènement des satellites, les augmentations de l’intensité des plus fortes tempêtes dans l’Atlantique semblent certaines (Kossin et al., 2007; Elsner et al., 2008) mais cette évidence est limitée pour les autres régions du globe. Les séries temporelles des indices cycloniques, comme la dissipation de la puissance, un composé agrégé de la fréquence des cyclones tropicaux, la durée et l’intensité qui mesurent l’énergie éolienne totale des cyclones tropicaux, montrent des tendances positives pour l’Atlantique Nord, et plus faibles pour le Pacifique Nord-Ouest depuis la fin des années 1970 (Emanuel 2007), mais l’interprétation de tendances à plus long terme est à nouveau contrainte par la faible qualité des données (Landsea et al. 2011).
En résumé, le présent rapport ne modifie pas les conclusions du rapport SREX : l’activité des cyclones tropicaux n’a pas augmenté sur le long terme, après avoir tenu compte des variations dans les méthodes d’observation. Les publications les plus récentes indiquent qu’il est peu probable que le nombre annuel de tempêtes tropicales, d’ouragans et d’ouragans majeurs ait augmenté au cours des derniers 100 ans dans le bassin Atlantique Nord. Cependant, il est virtuellement certain qu’il y ait une augmentation de la fréquence et de l’intensité des cyclones tropicaux les plus forts depuis les années 1970 pour cette région.” 


8. Les tempêtes extratropicales (AR5, p 217)
En résumé, les changements à large échelle d’intensité pour les cyclones extratropicaux depuis 1900 sont incertains (“confidence is low”). Il n’y a pas de tendance claire en ce qui concerne les proxies de tempêtes pour le siècle dernier à cause d’inconsistances entre études ou un manque de données à long terme dans certaines parties du monde. Les tendances concernant les vents extrêmes sont incertaines, car les données analysées sont inconsistantes ou de faible qualité.” 


9. La vitesse du vent en surface (AR5, p 226)
En résumé, la vitesse du vent de surface au-dessus des terres et des océans n’a pas changé de manière significative et il reste de nombreuses incertitudes dans les bases de données et les méthodes utilisées.” 


10. Les marées extrêmes (AR5, p 290)
Ce point est traité au chapitre 3 du rapport AR5. Voici quelques phrases importantes : “Les analyses globales des changements concernant les niveaux marins extrêmes (les grandes marées) sont limitées, et la plupart des rapports sont basés sur l’analyse de données régionales (voir Lowe et al. 2010 pour une review). Les estimations de variations dans les extrêmes sont basées soit sur l’analyse de données issues de marégraphes locaux, soit sur des prévisions multidécadales “à postériori” en employant un modèle dynamique (WASA-Group, 1998). La plupart des analyses se sont focalisées sur des régions spécifiques et montrent que les valeurs extrêmes ont augmenté depuis 1950, en employant diverses mesures statistiques comme la hauteur maximale annuelle, la hauteur maximale annuelle à marée haute, le niveau moyen de marée haute mensuel, la variation du nombre de maximas obtenus lors de tempêtes, ou les changements dans les évènements dépassant le 99e percentile (e.g., Church et al., 2006; D’ Onofrio et al., 2008; Marcos et al., 2009; Haigh et al., 2010; Letetrel et al., 2010; Tsimplis and Shaw, 2010; Vilibic and Sepic, 2010; Grinsted et al., 2012). Une analyse globale basée sur les marégraphes a été réalisée pour des données à partir de 1970 uniquement avec des données robustes, et a montré que la magnitude des marées extrêmes a augmenté dans toutes les régions étudiées (Woodworth and Blackman, 2004; Menéndez and Woodworth, 2010; Woodworth et al., 2011).” 


11. Analyse du résumé pour décideurs (SPM)
Le résumé pour décideurs ne fait que 30 pages et ce pour tout le rapport scientifique qui fait 1535 pages. Il doit donc être bref. Concernant les évènements climatiques extrêmes les conclusions sont essentiellement présentées dans une table, la Table SPM.1. La partie la plus importante de la table est reproduite ci-dessous (Figure 1).

À quoi servent donc les énergies renouvelables ?

Michel Gay

« Arrêtez de gaspiller nos sous ! » s’égosillait un Gilet jaune. « À quoi ça sert de produire de l’électricité avec de ruineux panneaux solaires et des éoliennes ? »

En voilà une bonne question… que nos élus oublient de plus en plus de se poser : les énergies renouvelables, notamment les éoliennes et les panneaux photovoltaïques, à quoi ça sert


Les énergies renouvelables serviraient-elles à :

Produire notre électricité ?
NON ! La France en produit suffisamment et elle exporte même ses nombreux excédents vers les pays voisins (plus de 2 milliards d’euros net en 2018).

Diminuer les rejets de gaz à effet de serre ?
NON ! La production française d’électricité n’émet pas de gaz à effet de serre (à 95 %, record des pays industrialisés). Il est difficile de faire mieux. Ses émissions moyennes de CO2 sont d’environ 50 g de CO2 par kWh, soit 10 fois moins que l’Allemagne. L’intermittence des renouvelables augmente ces émissions à cause du soutien obligatoire de centrales thermiques à gaz et à charbon, comme en Allemagne.

Accroître la sécurité d’approvisionnement ?
NON ! Leur disponibilité aléatoire dépendant du vent et du soleil ne permet pas de compter sur les renouvelables car l’électricité n’est pas stockable à l’échelle d’un pays. Il faudrait donc en importer (d’où un gros problème si nos voisins sont dans la même situation météorologique ?)

Réduire le coût de l’électricité ?
NON ! Le courant (acheté prioritairement et obligatoirement aux producteurs) est payé deux à quatre fois plus cher que le mix EDF. Ce coût est compensé par une ponction appelée « contribution au service public de l’électricité » (CSPE) sur notre facture EDF. Ce prélèvement représentera près de 8 milliards d’euros cette année. Le cumul déjà prévu par la Cour des comptes atteindra 121 milliards d’euros (!).
Le prix de l’électricité et maintenant du carburant explose au détriment du pouvoir d’achat des Français et de l’industrie nationale. Seuls quelques affairistes profitent de ce système immoral.

Produire une électricité de proximité ?
NON ! Des milliers de pylônes et de transformateurs électriques supplémentaires ainsi que 4 000 km de lignes à haute tension sont nécessaires pour renforcer le réseau. Ce dernier doit accueillir des dizaines de milliers de points de production aléatoire par bouffées qui le déséquilibrent avec des risques grandissants de black-out.


Le développement des éoliennes et des panneaux photovoltaïques serait-il :

mardi 19 mars 2019

La France peut-elle sortir du nucléaire?

Hervé Kempf
24 novembre 2011


 
Deux spécialistes répondent : "Oui", estime Thierry Salomon, qui défend un scénario basé sur la sobriété. "Non", rétorque Bertrand Barré, partisan d’une électricité bon marché.

 
   

Vue de la centrale de Fessenheim, mise en service en 1977. AFP/FREDERICK FLORIN

Le choc de Fukushima a conduit à poser une question longtemps interdite : la France peut-elle abandonner l’énergie nucléaire ? Et le débat peut s’organiser, entre deux des meilleurs spécialistes de l’énergie. L’un, Thierry Salomon, est ingénieur énergéticien, et préside l’association négaWatt, qui vient de publier un scénario de transition énergétique. Quant à Bertrand Barré, il a été directeur des réacteurs au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et attaché nucléaire près de l’ambassade de France aux Etats-Unis. Il est aujourd’hui conseiller scientifique auprès d’Areva. Pour la première fois, ces personnalités très opposées échangent leurs points de vue.

Thierry Salomon, vous présidez l’association négaWatt et vous venez de publier un rapport sur une stratégie de sortie du nucléaire à l’horizon 2050. Quels en sont les principaux axes ?

Thierry Salomon. D’abord, ce n’est pas un scénario de sortie du nucléaire, mais un scénario de transition énergétique. Celle-ci concerne à la fois nos usages et nos besoins en chaleur, en mobilité et en électricité spécifique. Le point essentiel du scénario est la nécessité d’une action très forte sur la maîtrise de la demande énergétique, par la sobriété et par l’efficacité énergétiques. La sobriété appelle à une réflexion sur la façon de consommer l’énergie, ce qui renvoie aux comportements individuels et collectifs. Nous disons qu’il faut limiter les usages extravagants par la réglementation. Il faut réfléchir au bon dimensionnement des appareils, à leur juste utilisation, faire en sorte, par exemple, que les appareils ne fonctionnent que quand il y a quelqu’un pour en bénéficier. On dispose là d’un gisement d’économie considérable, souvent accessible à un coût extrêmement faible.
Le deuxième niveau est celui de l’efficacité énergétique. Il y a de grands progrès à faire sur le rendement des appareils, en considérant toute la chaîne depuis la production de l’énergie jusqu’à son utilisation. Le troisième étage est celui des énergies renouvelables, qui sont des énergies de flux par opposition aux énergies de stock. Les énergies de stock reposent sur des stocks finis que sont le pétrole, le gaz, le charbon et l’uranium. Il faut passer à un autre équilibre, basé sur les énergies de flux, principalement celles du soleil, soit directement, soit par le vent, qui dépend du soleil, ou par la biomasse, qui découle de la photosynthèse.

Et de votre côté, Bertrand Barré, adhérez-vous à ce scénario ?

Bertrand Barré. Dans sa globalité non, à certaines parties oui. On ne peut qu’être d’accord avec tout ce qui est dit sur la sobriété et l’efficacité. Mais il est très ambitieux. En revanche, je ne suis pas convaincu que négaWatt n’est pas fondé sur l’idée de sortir du nucléaire, donc de réduire la part de l’électricité dans la consommation énergétique. Quand on parle rendement et qu’on fait une analyse complète, on constate que le passage par l’électricité se traduit souvent par une économie. Et donc, je compare négaWatt à un autre scénario qui s’appelle Négatep, que l’on peut trouver sur le site Internet de l’association Sauvons le climat : son but est le même, c’est-à-dire diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre en 2050, mais dans l’idée que le problème est surtout de réduire la part des combustibles fossiles.

Dans ces conditions, on peut augmenter la part de l’électricité, donc du nucléaire et du renouvelable dans des proportions accessibles et sans avoir à être trop tyrannique. Il y a des choses à faire, mais le pourra-t-on ? Je prends un exemple : à cause de l’intermittence des électricités renouvelables, ce serait bien de pouvoir faire beaucoup plus de stockage dans les barrages hydrauliques. Cela impliquerait de réaliser quatre ou cinq équipements comme Grand’Maison, qui est le dernier grand barrage construit en France. Eh bien, ces dernières années, quand on a proposé de faire des barrages de beaucoup plus faible ampleur pour régulariser le cours supérieur de la Loire, on en a été empêché par une très vive résistance.

Donc, sur le papier, il y a des choses qu’on trouve bien mais, au moment où il faudra obtenir l’adhésion des populations, ce ne sera pas forcément facile. C’est vrai pour les stations de pompage, comme pour l’éolien au-delà d’une certaine taille. L’exemple du gaz de schiste montre aussi que tout nouvel investissement énergétique est devenu beaucoup plus sensible qu’au moment où en 1974 on a pu lancer le programme nucléaire.

États-Unis : une production électrique record en 2018

Connaissance des énergies
06/03/2019


Commentaire : À noter qu'aux Etats-Unis comme en France, la production des ENR hors hydraulique, éolien, solaire, biomasse, etc., est marginale. Pourtant en 2018, les États-Unis se classaient au 2e rang mondial derrière la Chine pour la puissance nominale installée, 96 488 MW. 
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Centrale électrique d' Anclote en Floride (« convertie » au gaz en 2013). (©Duke Energy)

 

La production nette(1) d’électricité des États-Unis a atteint un niveau record de 4 177,8 TWh en 2018 selon les dernières données de l’ EIA américaine (Energy Information Administration)(2). État des lieux.

Pourquoi la production américaine d’électricité a-t-elle atteint un niveau record en 2018 ?
En 2018, le parc électrique américain a généré 4% d’électricité de plus qu’en 2017 et davantage que son pic historique de production de 2007 (4 157 TWh) selon l’ EIA. Cette hausse est liée à la croissance de la demande que l' EIA explique principalement par les conditions météorologiques – « des hivers froids (en début et fin d’année) et un été chaud » – qui ont fait fortement augmenter la demande d’électricité dans les bâtiments résidentiels et tertiaires en 2018.

L’ EIA précise que 87% des ménages américains refroidissent leurs logements en été grâce à la climatisation (et donc au vecteur électrique)(3) tandis que près de 35% d’entre eux ont recours à l'électricité pour se chauffer en hiver. À ce titre, « les jours de climatisation en été ont plus d’impact sur (la consommation et donc) la production totale d’électricité des États-Unis que les jours de chauffage en hiver » (la production mensuelle d’électricité culmine aux États-Unis aux mois de juillet et d’août). Au total, les ventes d’électricité dans le secteur résidentiel ont augmenté de 6% en 2018 par rapport à 2017.

Côte d'Or, Santosse, Val-Mont, Aubaine, Antheuil et Saint-Jean-de-Bœuf : l'enfer éolien encore et toujours!

Le Bien Public

Commentaire : des éoliennes en activité cachent toujours des dizaines d'autres à venir! À bon entendeur salut.


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La Côte-d’Or devrait bientôt voir pousser 24 éoliennes supplémentaires dans la vallée de l’Ouche et le pays beaunois. Explications, en trois points.



Le parc éolien des Portes de la Côte-d’Or, dont deux extensions sont prévues, compte déjà 27 éoliennes. Photo archives LBP /Justine BOULO


Le parc éolien des Portes de la Côte-d’Or, dans le pays beaunois, pourrait bien prendre plus de place dans le paysage. En cours, en effet, un important projet d’implantation de 24 nouvelles machines (en plus des 27 existantes), ce qui ferait de ce site de production d’électricité l’un des plus importants de France.


1 La société RES confirme ses projets d’implantation
« Nous développons actuellement deux projets indépendants d’extension du parc actuel des Portes de la Côte-d’Or », confirme la société RES, qui avait déjà développé le projet initial. « Une extension au sud, composée de sept machines qui seront situées à Santosse et Val-Mont. Il s’agit du projet éolien Chaumes des Communes. Il produira l’équivalent de la consommation électrique d’environ 20 000 personnes. »

Second projet : le parc éolien Grands Communaux, composé de 17 éoliennes situées à Aubaine, Antheuil et Saint-Jean-de-Bœuf, dans la vallée de l’Ouche. « Il produira l’équivalent de la consommation électrique d’environ 65 000 personnes, soit presque la moitié de la métropole de Dijon », précise RES.


Carte de l'éolien en Bourgogne-Haute-Saône-Franche-Comté, plus celles à la frontière, Haute-Marne et Haute-Saône, en activité, en projet, en étude ou en construction, cercles rouges :
-Haute-Marne, secteur Fayl-Billot, ~ 40 éoliennes ;
-Haute-Saône, secteurs Vitrey-sur-Mance, La Rochelle,  Fouvent,  ~ 30 éoliennes.


 @lebienpublic.fr


Pour plus de détail

L’opération séduction des industriels de la forêt

Gaspard d’ Allens


Commentaire : Peu importe le messager, le message est toujours le même : pour ces industriels l'objectif est de faire du fric jusqu'à plus soif, en accélérant le massacre industriel de la ruralité!

À noter que  : (...) " une dizaine d’associations, dont Greenpeace, la Ligue de protection des oiseaux, France Nature Environnement ou encore les Amis de la Terre. "

Rire jaune de voir ces associations, vivant avec l'argent du contribuable (subvention ou don défiscalisé) ou à coup d' optimisation fiscale, dénoncer une spéculation financière alors qu'elles sont, les mêmes, à l'initiative (Greenpeace) ou au soutien de l'essor des ENR, éolien, méthaniseur, panneaux photovoltaïques, etc., spéculation financière s'il en est, causant les mêmes dommages irréversibles, sanitaires, artificialisation de milliers d'hectares de terres agricoles et de sols, déforestation, pollution, etc.! 
À dénoncer et à combattre sans hésitation!
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La forêt et le bois, nouvelle cause sacrée des écolos ? C’est le sentiment de la filière forestière, qui a décidé d’occuper le terrain médiatique et de forger les esprits par une grande opération de communication. Quitte à s’enfermer dans le déni en refusant d’interroger ses pratiques et en caricaturant ses opposants.

Des sourires éclatants, des formules qui sonnent bien, des spots publicitaires… Quoi de mieux qu’une campagne de communication pour redorer son blason et calmer les esprits ? Face à la fronde qui grandit contre l’industrialisation des forêts, la filière bois s’est récemment lancée dans une nouvelle bataille, celle de l’image.

Il y a urgence car la pression monte. Le mode de gestion productiviste des forêts françaises avec ses coupes rases et ses monocultures résineuses est vivement décrié : accusé de reproduire le schéma destructeur de l’agriculture intensive en polluant les sols et en dégradant les écosystèmes.

Les mobilisations à son encontre se renforcent. En automne dernier, 2.000 personnes ont traversé la France à pied pour dénoncer l’extractivisme forestier. À l’issue de cette marche, un manifeste a été publié : « La forêt n’est pas un objet de spéculation financière de court terme », écrivaient une dizaine d’associations, dont Greenpeace, la Ligue de protection des oiseaux, France Nature Environnement ou encore les Amis de la Terre. 


« Nous ne pouvons pas assouvir les fantasmes de tous les citadins »
De quoi inquiéter les industriels. Récemment, ils ont multiplié les rapports et les notes d’analyse. Ils ont même décidé d’acheter les services de consultants et de professionnels de la com’ pour reprendre, selon les mots du cabinet de conseil Comfluence, « le leadership sur l’image de la forêt » et « transformer ce contexte médiatique, sociétal et économique négatif ».

Note de Comfluence sur la « filière forêt et bois ».

Dans un éditorial, Henri de Cerval, le président de la plus grosse coopérative forestière de France — Alliance forêt bois — le déclare sans ambages : « Nous avons trop vécu cachés. À nous de faire notre communication. (…) et défendre le rôle économique de la forêt. » Sa coopérative représente plus de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires et 15 % du bois commercialisé au sein de la forêt privée. « Nous ne pouvons pas assouvir les fantasmes de tous les citadins, dit-il. Non, nous ne supportons plus d’être la caution de tous ceux qui polluent notre planète et qui, pour se donner bonne conscience nous interdisent de travailler. »

L’écologisme politique ne peut être solidaire, ni démocratique

Michel Negynas

 



écologie crédits Denis Adam de villiers (licence creative commons)


Sommes-nous en train de voir l’écologie glisser vers l’écologisme et ses méthodes peu avouables ?

L’écologie est une science éminemment utile et respectable. Elle a pour objet d’étudier les interactions entre sujets dans un environnement (au sens large) défini par des considérations géographiques (c’est le cas pour l’étude des environnements dits naturels, les plus discutés, ou des études régionales technico économiques) ou des considérations purement immatérielles (écologie des intellectuels, de la classe bourgeoise des grandes villes…).
Une pseudo-science idéologique s’est greffée sur cette vraie science. Elle a pour base un dogme catastrophiste : avec notre progrès technique, et notre mode de vie, nous conduisons l’humanité à la catastrophe par l’épuisement des ressources et le dérèglement climatique.

Nous le nommerons écologisme.

L’histoire montre pourtant que le progrès technique a toujours triomphé des impasses dans lesquelles il était censé mener l’humanité en croissance. L’invention du propulseur a permis de nourrir une population croissante de chasseurs, l’invention de l’agriculture a encore augmenté la disponibilité de la nourriture, l’esclavage, force motrice et limite de l’industrie manufacturière, a pris fin avec la machine à vapeur, l’épuisement des forêts a été stoppé par l’arrivée des combustibles fossiles, l’agriculture moderne quintuple les rendements… et l’accession à la prospérité fait chuter la natalité. En outre, pour tous ces bouleversements, il n’y a pas eu vraiment de transition. Ils sont survenus sans avoir été prédits ou anticipés. 


Vers un monde (encore) meilleur
D’après l’ONU, même s’il y a encore des situations intolérables pour certains habitants de cette planète, tous les clignotants sont au vert. Voici l’état des objectifs suivis par l’ONU en 2015 :

Objectif 1 : Éliminer l’extrême pauvreté et la faim
En 1990, près de la moitié de la population des pays en développement vivait avec moins de 1,25 dollar par jour. En 2015, cette proportion est tombée à 14 %.
La proportion de personnes sous-alimentées dans les régions en développement est passée de 23 % en 1990 à 13 % en 2015. 


Objectif 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous
Le nombre d’enfants non scolarisés en âge de fréquenter l’école primaire est passé de 100 millions en 2000 à 57 millions en 2015
Le taux d’alphabétisation des jeunes est passé de 83 % en 1990 à 91 % en 2015.


Objectif 3 : Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes
Dans leur ensemble, les régions en développement ont atteint la cible consistant à éliminer la disparité entre les sexes dans l’enseignement primaire, secondaire et supérieur.
En Asie du sud, par exemple, en 1990, 74 filles allaient à l’école primaire pour 100 garçons. Aujourd’hui, 103 filles sont scolarisées pour 100 garçons. 


Objectif 4 : Réduire la mortalité des enfants de moins de cinq ans
Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans dans le monde a diminué de plus de moitié, passant de 90 à 43 décès pour 1 000 naissances entre 1990 et 2015.
84 % des enfants dans le monde ont reçu au moins une dose de vaccin contre la rougeole en 2013, contre 73 % en 2000.

lundi 18 mars 2019

Comment La Poste tente de constituer une base de données géante sur « tous les Français »

Le Postillon
15 mars 2019

 



Une entreprise française sait beaucoup de choses sur vous : où vous habitez, quand vous déménagez, de combien de membres se compose votre famille, quel type de colis vous recevez et de qui… Cette entreprise, c’est La Poste, déjà connue pour revendre des fichiers d’adresses à des entreprises pour leurs prospections commerciales. Un nouveau cap pourrait être franchi : La Poste a racheté une start-up grenobloise spécialisée dans l’intelligence artificielle, qui permet de collecter et d’organiser des milliards de données personnelles. Le Postillon, journal local isérois partenaire de Basta !, a enquêté sur ces pratiques. Ou comment l’ex-établissement public utilise sa position pour s’approprier un gigantesque patrimoine de données privées.

Cet article a été initialement publié dans le numéro de l’hiver 2019 du Postillon, journal régional de Grenoble et de sa région.


Ça vous est sûrement déjà arrivé : déménagement, donc changement d’adresse. Vous voulez faire les choses bien alors vous signez un contrat avec La Poste pour que votre courrier soit réexpédié. Et puis les semaines suivantes, vous ne comprenez pas. À peine arrivé dans votre nouveau chez-vous, vous recevez dans votre boîte aux lettres plusieurs publicités de grandes surfaces situées juste à côté. Qui leur a donné votre nouvelle adresse ?

La Poste, bien sûr ! Car il y a de fortes chances pour que vous n’ayez pas coché dans le bon ordre les petites cases à côté des petits caractères qui permettent que « vos données personnelles soient utilisées à des fins de prospection commerciale ». Avec les contrats de réexpédition, La Poste a le meilleur fichier d’adresses de France. Plein d’entreprises envoient des milliers de publicités à partir de leurs propres fichiers, bourrés d’adresses périmées. La Poste, elle, se vante d’ « une base, actualisée mensuellement, de plus de 15 millions de foyers français », validée sur le terrain par les postiers qui doivent vérifier votre pièce d’identité au moindre geste. 


Des « données enrichies de critères géographiques, socio-démographiques et comportementaux »
Sur le site internet de Médiapost, la filiale de La Poste qui revend vos données, on peut lire des accroches comme : « Partez à la conquête de nouveaux clients. Artisan, TPE, PME ou grand compte : vous devez régulièrement recruter de nouveaux clients pour entretenir et développer votre portefeuille. La location de nos fichiers d’adresses postales, régulièrement mis à jour, vous permet de vous faire connaître rapidement de vos cibles au meilleur coût. »

Mais La Poste ne vend pas simplement une adresse afin d’« optimiser votre budget communication », elle croise ses données avec « des sources fiables, répondant à une charte rigoureuse : Insee, Direction générale des finances publiques, LSA, référentiels La Poste, études terrain et base Médiapost », pour proposer des « données enrichies de critères géographiques, socio-démographiques et comportementaux (âge, pouvoir d’achat, composition du foyer, caractéristiques de l’habitat, habitudes de consommation, loisirs, taux d’équipement...) ». La Poste peut ainsi satisfaire un « client » qui voudrait acquérir les coordonnées de – par exemple – femmes d’un quartier aisé âgées de 30 à 50 ans qui font des achats en ligne et possèdent une voiture.

CO2 : Byzance, ou le diviseur qui divise

 Rémy Prud’homme
16/03/2019

Le parti au pouvoir est secoué sur une question grave : D’ici 2050 la France doit-elle diviser ses rejets de CO2 par 4, par 6 ou par 8 ? Le diviseur était depuis longtemps fixé à 4, un objectif dont on voit d’ailleurs mal comment il pourrait être atteint. Mais qui ne suffit pas aux lycéens et aux écologistes. L’avenir du climat, et de l’espèce humaine, sont en balance. Qu’à cela ne tienne, portons-le diviseur à 6 ont dit les modérés du parti. Non, ont protesté quelques extrémistes, et les ONG. Il nous faut 7, ou 8. Pour éclairer ce choix stratégique crucial, et ramener la paix au sein du gouvernement, nous avons cherché à estimer ce qui est en jeu, c’est-à-dire les conséquences sur le climat.
On le fait en s’appuyant sur les données du GIEC, qui n’est pas suspect de minimiser la gravité du problème. Le GIEC nous dit que la température du globe dépend du stock de CO2, et plus précisément qu’un doublement de ce stock causera une augmentation de 1,5 degré centigrade (dans l’immédiat, davantage un siècle plus tard). Le stock augmente chaque année de la moitié des émissions annuelles de CO2, l’autre moitié étant absorbée par les océans et la végétation. Le stock de CO2 de l’atmosphère est actuellement de 3200 milliards de tonnes. Les rejets actuels du globe sont de 33 milliards de tonnes, ceux de la France 0,33 milliards de tonnes. Ces quatre chiffres suffisent pour apprécier les enjeux.

dimanche 17 mars 2019

Suisse : je marcherai contre les multinationales irresponsables, parce que c'est ici et maintenant

Voisine d'éoliennes industrielles


Certains pensent que je suis coincée dans un monde rigide et que je refuse le changement. Cela me fait toujours sourire, ce blog démontre le contraire à longueur d'articles et de liens auxquels je me réfère. Il est vrai que je ne peux pas m'enthousiasmer pour les marches qui s'organisent sur la planète en faveur du climat, non pas parce que je soupçonne les jeunes d'être "vendus par avance" comme on me l'a écrit, mais parce que l'écho médiatique, politique ou économique donné à ces marches n'est pas à la hauteur de l'alerte lancée. Je pense que beaucoup de jeunes vont très vite comprendre la manipulation qui entoure leur mobilisation et que c'est à partir de cette prise de conscience qu'ils vont réellement se mobiliser et exprimer des revendications claires.

Personnellement il y a dix ans que je me mobilise pour un autre monde. Que je dénonce les expropriations, les colonisations industrielles ici et ailleurs, maintenant aussi pour "produire vert". Que j'alerte sur la précarité qui menace les zones rurales très convoitées par l'économie verte qui surfe sur cette vague anxiogène qu'elle exploite. Je ne peux pas manifester dans la rue avec une pancarte "sauvez le climat" en sachant qu'elle sera récupérée par des partis politiques dépassés par la donnée du problème.

L’abécédaire de Virginia Woolf

Ballast
Tous les abécédaires sont confectionnés, par nos soins, sur la base des ouvrages, articles, entretiens ou correspondances des auteur·e·s.


« Pourquoi la vie n’offre-t-elle pas une chose sur quoi poser la main et pouvoir dire : c’est ça ? », se demandait en 1926 Virginia Woolf, dans les pages de son journal. Peut-être est-ce parce qu’on lui a pris beaucoup, de son vivant comme après son suicide, les poches pleines de pierres dans la rivière Ouse, en pleine Seconde Guerre mondiale. Son père, sa mère et son frère aîné meurent avant ses 25 ans ; son mariage prend la forme d’un pacte où chacun perd autant qu’il gagne. Figure du féminisme de la première moitié du XXe siècle, celle qui a marché aux côtés des suffragettes est aujourd’hui louée pour son apport à l’émancipation des femmes et, principalement en Grande-Bretagne et aux États-Unis, critiquée pour de bien déplorables écrits confidentiels1. « Si nous [les femmes] pouvions nous libérer de l’esclavage nous pourrions libérer les hommes de la tyrannie », opposa-t-elle à la progression du fascisme en Europe. À l’auteure de fiction, bien connue, choisissons ici l’écrivaine de son temps.

 


Animaux : « Car, si nombre d’instincts sont communs aux deux sexes, se battre a toujours été l’apanage des hommes, pas celui des femmes. Cette différence, fût-elle naturelle ou accidentelle, s’est nourrie de la loi et de l’usage. Tout au long de l’histoire, il est rare qu’un être humain soit tombé sous les balles d’une femme ; c’est vous qui avez tué l’immense majorité des oiseaux et des animaux, pas nous ; et il est difficile de se prononcer sur ce que l’on ignore. » (Trois Guinées [1938], Éditions des Femmes, 1977)

Bateau : « Peut-être que tous les romanciers sont dans le même bateau. C’est le prix que nous payons pour avoir brisé le carcan de la tradition ; mais la solitude rend ce travail d’écriture encore plus excitant, même si nous sommes moins lus que d’autres. Peut-être que l’on devrait plonger au plus profond de la mer et ne plus jamais en bouger, avec nos propres mots comme compagnons. » (Journal, 14 juin 1925, Quel soulagement : se dire j’ai terminé, Les Belles Lettres, 2018)

Cerveau : « Mon cerveau est une machine que je ne maîtrise pas — toujours à l’affût, en effervescence, inspiré, actif, engagé, puis soudain effondré dans la boue. » (Journal, 28 décembre 1932, Quel soulagement : se dire j’ai terminé, Les Belles Lettres, 2018)

Diversité : « Il serait infiniment regrettable que les femmes écrivissent comme des hommes ou vécussent comme des hommes, car si deux sexes sont tout à fait insuffisants quand on songe à l’étendue et à la diversité du monde, comment nous en tirerions-nous avec un seul ? » (Une chambre à soi [1929], 10/18, 1996)

Ébullition : « Les esprits des femmes ouvrières étaient en ébullition et leur imagination en éveil. Mais comment faire pour concrétiser leurs idéaux ? Comment faire pour exprimer leurs besoins ? La classe moyenne avait ses associations. Les femmes avaient fondé des collèges, et commençaient même à se frayer un chemin dans les professions libérales. […] C’est à ce moment-là, j’imagine, au début des années 1880, que la coopérative des femmes a fait son apparition, timidement […]. » (« Souvenirs d’une coopérative d’ouvrières », Essais choisis, Gallimard, 2015)

Femmes : « Avez-vous quelque idée du nombre de livres consacrés aux femmes dans le courant d’une année ? Avez-vous quelque idée du nombre de ces livres qui sont écrits par des hommes ? Savez-vous que vous êtes peut-être de tous les animaux de la création celui dont on discute le plus ? […] mais ce qui est surprenant et difficile à expliquer c’est que le sexe — c’est-à-dire les femmes — intéresse […] des hommes que rien ne semble qualifier en apparence pour parler des femmes, sinon qu’ils n’en sont pas. » (Une chambre à soi [1929], 10/18, 1996)

Guerre : « Les femmes anglaises ont été très critiquées pour avoir eu recours à la force dans leur lutte pour le suffrage. […] Ces critiques, apparemment, ne s’appliquaient pas à la force utilisée dans la guerre européenne. Le vote en effet a été donné aux femmes anglaises en grande partie en raison de l’aide qu’elles ont apportée aux hommes anglais dans leur utilisation de la force dans cette guerre. » (Trois Guinées [1938], Éditions des Femmes, 1977)

Homme : « […] nous nous approchons de ce complexe masculin, une fois encore si intéressant et obscur, qui eut une telle influence sur l’évolution des femmes, le désir profondément enraciné dans l’homme, non pas tant qu’elle soit inférieure, mais plutôt que lui soit supérieur, désir qui l’incite à se placer de façon à attirer tous les regards, non seulement dans le domaine de l’art, et à transformer la politique en chasse gardée, même quand le risque qu’il court semble infime et la suppliante humble et dévouée. » (Une chambre à soi [1929], 10/18, 1996)

Le fascisme français, une histoire refoulée

Laurent Kestel et Didier Leschi
15 mars 2019


Nous publions ici l’introduction, par Didier Leschi et Laurent Kestel du livre dirigé par Zeev Sternhell : L’histoire refoulée. La Rocque les Croix de feu, et la question du fascisme français, Paris, Les éditions du Cerf, 2019.


 

Présentation du livre
Y a-t-il eu, dans l’entre-deux-guerres, un fascisme français ? Pourquoi cette question demeure-t-elle une controverse historique majeure ? En quoi conditionne-t-elle non seulement notre passé, mais aussi notre présent ? Et qui furent vraiment, pour commencer, le colonel La Rocque et les Croix de feu, qui comptèrent plus d’un million d’adhérents à leur apogée ?

Rouvrant ce dossier brûlant en compagnie des meilleurs spécialistes, le grand historien Zeev Sternhell en instruit toutes les zones d’ombre. L’enfièvrement populaire et le culte du chef charismatique, la propension corporatiste et le rejet de la démocratie parlementaire, l’inclination antisémite et l’exaltation du pouvoir autoritaire : chacune de ces dimensions idéologiques fait ici l’objet d’une enquête sans préjugés, mais aussi sans concessions.

Un livre qui fera date sur les méthodes et les finalités en historiographie contemporaine. Un essai qui fera débat parmi les savants, les politiques et par-delà.

Didier Leschi ainsi que Caroline Campbell, Samuel Kalman, Laurent Kestel, Chris Millington et Kevin Passmore entourent ici Zeev Sternhell, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, lauréat du prix Israël en science politique, et l’auteur, entre autres, de Ni droite, ni gauche : l’idéologie fasciste en France, classé parmi les contributions majeures à l’histoire du xxe siècle.

Haute-Marne, Clairvaux : un rai de Lumière sur des femmes de l'ombre

jhm.fr

"Méconnaître le dévouement d'un cœur généreux, c'est le blesser à mort."

Sosthène de La Rochefoucauld (1785-1864)


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Climat : au secours ! Les enfants tyrans sont dans la rue !

Phoebe Ann Moses


Commentaire : (...) « Environ 140 organisations, de Greenpeace France à la Fondation Nicolas Hulot, en passant par SOS Racisme, Ni putes ni soumises, ATD Quart Monde, Les Amis de la Terre, ou encore 350.org et Alternatiba, ont appelé à descendre dans la rue, estimant qu’il est « temps de changer de système industriel, politique et économique, pour protéger l’environnement, la société et les individus »

Combattons toutes ces nouvelles "églises" avec leurs prêcheurs de la "bonne" parole climatique, qui veulent changer soit-disant le système industriel mais qui... en même temps, se  gavent de subventions d’État payées par l'argent du contribuable et ou à l’optimisation fiscale...

 "On ne fait rien de bien que ce qu'on fait librement."
Montesquieu (1689-1728) 
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Le Village des Damnés-Capture d'écran YouTube


Ils ne payent pas encore d’impôts mais il savent déjà quoi faire avec les vôtres : au secours, les enfants sont dans la rue !

En d’autres temps, on aurait crié au scandale de la manipulation, de l’exploitation des mineurs, de l’instrumentalisation des enfants… Mais cette époque est révolue : aujourd’hui il est de bon ton de matraquer de l’école primaire au lycée que la planète est en danger et qu’il faut tout faire pour la sauver. Y compris en mettant des enfants dans les rues, pancartes et slogans affûtés pour une nouvelle vie faite de verdure et de petits oiseaux qui chantent, mais aussi de taxes, d’impôts, et de décroissance à tous les étages.

Les enfants sont déjà les héros de publicités : ils choisissent quelle voiture conduiront leurs parents, décident de ce qu’il faut manger… Alors, puisqu’ils sont déjà en charge du porte-monnaie familial, pourquoi s’arrêter en si bon chemin et ne pas les laisser décider de ce qu’il faut faire avec l’argent des autres ?

Greta Thunberg est invitée à faire un discours à la COP 24. Un grand moment d’autoflagellation de gosse de pays riche, qui ignore probablement ce que signifierait de vivre aussi chichement qu’elle le prône, mais qui se permet de donner des leçons de vie à un parterre de décideurs, certes pas forcément inspirés, mais… adultes. Une Leonarda version viking, en somme.

Quoi de plus malléable qu’un esprit enfantin ? Quoi de plus attentif qu’une oreille jeune qui n’entend qu’un seul son, celui de l’État qui veut votre Bien ? Et quand , en plus, la vérité sort de la bouche des enfants, il ne reste qu’à s’incliner…

Que le climat soit en cours de « réchauffement », de « dérèglement », ou simplement de « changement » (une commodité de vocabulaire qui élargit considérablement le champ des possibles, on est sûr de ne pas se tromper), voilà que les marmots « sèchent les cours » au nom d’une planète en danger…

J’ai ma pancarte !!!#GreveMondialePourLeClimat #GrevePourLeClimat pic.twitter.com/yhtyqTEiLQ

samedi 16 mars 2019

Haute-Marne, "Maison du parc", XIè Parc national : 2 candidatures pour surtout... ne pas gagner

jhm.fr

La Maison d'un parc est à la fois le siège des équipes de terrain des secteurs, le lieu d'accueil et de préparation à la découverte de l'espace protégé et de ses patrimoines. Aussi, son emplacement est tout sauf anodin pour le territoire élu. 

Cette position incompréhensible et pénalisante, deux candidatures, consacre-t-elle définitivement la connerie, unisexe, de nombre d'élus haut-marnais? 
Mais elle pose plus largement à s'interroger sur : 

- Pourquoi et comment le département n'a-t-il pas pu ou voulu imposer une candidature unique?
- Y-a t-il un vrai PATRON aux commandes du territoire?





@jhm.fr

vendredi 15 mars 2019

L’extraction des ressources responsable de la moitié des émissions mondiales de carbone

Jonathan Watts
translated by Marion Candau et Yasmine Alfihr
14/03/2019


[Parolan Harahap / Flickr

Langues : English

Les industries extractives sont responsables de la moitié des émissions de carbone et de la perte de plus de 80 % de la biodiversité, selon le bilan environnemental le plus complet de l’exploitation minière et agricole. Un article de notre partenaire, The Guardian.

Une étude du programme des Nations unies pour l’environnement révèle que le poids croissant de l’économie mondiale a un impact bien plus nocif sur le climat et les écosystèmes qu’il ne l’avait été évalué auparavant. Les ressources sont aujourd’hui extraites de la planète trois fois plus vite qu’en 1970, bien que la population n’ait fait que doubler depuis lors, selon le rapport Global Resources Outlook, publié à Nairobi le 12 mars.

Chaque année, plus de 92 milliards de tonnes de matières premières sont consommées : de la biomasse (principalement pour l’alimentation), des métaux, des combustibles fossiles et des minéraux, et ce chiffre croît à hauteur de 3,2 % par an.

Depuis 1970, l’extraction des combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz) a augmenté de 5 milliards de tonnes, celle des métaux augmente de 2,7 % chaque année et celle d’autres minéraux (particulièrement le sable et le gravier pour la fabrication de béton) a pratiquement été multipliée par 5, passant de 9 à 44 milliards de tonnes. Sur la même période, la récolte de la biomasse est quant à elle passée de 9 à 24 milliards de tonnes.

Le climat ou le nouvel enjeu de la tentation autoritaire

Nathalie MP
14 mars 2019



Greta Thunberg, jeune activiste écologiste suédoise, délivre un message d’alarme climatique lors de la COP24 de Katowice, Pologne, en décembre 2018. Vidéo Brut


La semaine est très climatique : Emmanuel Macron préside aujourd’hui au Kenya la 3ème édition de son « One Planet Summit » tandis que lycéens et étudiants rejoints par de nombreux syndicats de gauche seront demain en grève scolaire pour le climat à l’initiative de la nouvelle figure médiatique de la lutte climatique, la jeune suédoise Greta Thunberg. Malheureusement, là où il serait bon de laisser la toute récente science du climat gagner en maturité, on voit au contraire que le climat est devenu le nouveau terrain de jeu de la tentation autoritaire.

L’information n’a pas pu vous échapper : la planète est en danger, le climat est en danger, les papillons et les abeilles sont en danger, l’humanité court à sa perte, la fin du monde est proche, jamais l’humanité n’a été confrontée à un risque de cette ampleur, il faut absolument sauver ce qui peut encore l’être, on ne peut plus attendre, il y a urgence, il n’y a plus une minute à perdre, l’avenir de la planète et l’avenir de la vie sont en jeu !
Ce discours typiquement catastrophiste, mélange d’inquiétudes sur l’épuisement des ressources et sur le réchauffement climatique anthropique qui va tous nous engloutir dans les eaux impétueuses des océans ou la fournaise accablante de terres en désertification croissante, on nous le sert depuis près de 50 ans.

Dans son célèbre rapport de 1972 intitulé The Limits To Growth, le Club de Rome voyait déjà le système économique mondial aller au désastre en 2030 si rien n’était fait au plus vite pour mettre un terme à l’épuisement des ressources naturelles provoqué par les coups conjugués des croissances démographique et économique débridées.
Quant à faire quelque chose, il n’était question que d’en passer par un contrôle drastique de nos vies : limitation des naissances à deux enfants par famille, taxation de l’industrie pour limiter la production et redistribution des richesses à chacun selon ses besoins. Bref, du planisme et de l’autoritarisme.
En 2012, une petite mise à jour des projections de 1972 conduisait le Club de Rome au même résultat : le système de production capitaliste s’effondrera en 2030, certains « experts » parlant même de 2020.
Nous sommes en 2019, je vous laisse juges de la pertinence de ces analyses – sachant que les populations souffrant de sous-nutrition sont passées sous la barre des 800 millions de personnes quand la population mondiale grimpait à 7 milliards ; sachant qu’il n’existe aucune inquiétude sérieuse à avoir sur l’épuisement à moyen terme des ressources naturelles ; et sachant que les projections démographiques actuelles font toutes état d’une baisse de la fécondité qui va entraîner à plus ou moins brève échéance une baisse de la population mondiale.
En fait d’effondrement, on a plutôt assisté à la chute du monde riant de la planification communiste tandis que le monde capitaliste faisait et continue à faire de son mieux pour adapter ses processus industriels et ses produits aux exigences environnementales croissantes des opinions publiques. Sans compter que partout où le mode de production capitaliste est suffisamment appliqué, il a l’incommensurable audace d’augmenter l’espérance de vie et le niveau de richesse.

Mais la catastrophite aigüe n’en a pas disparu pour autant, bien au contraire. Focalisée sur le climat depuis le Protocole de Kyoto de 1997 qui fixa les premiers objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (CO2 principalement), elle permet aux tentations autoritaires nichées au coeur de l’écologie radicale depuis le premier rapport du Club de Rome de rebondir de plus belle.
C’est ainsi qu’en août dernier, l’astrophysicien français Aurélien Barreau accédait à la notoriété mondiale en lançant un Appel face à la fin du monde. Oui, vous avez bien lu, la fin du monde :
« Il n’est plus possible de le contester : le monde se meurt. La catastrophe en cours est immense. Peut-être sans précédent dans l’histoire universelle. (…) Beaucoup d’humains – probablement une majorité, voire la totalité – vont souffrir et peut-être mourir. Les individus animaux vont mourir par dizaines de milliers de milliards. (…) Au rythme actuel, dans quelques décennies, nous aurons presque tout saccagé. Nous aurons commis un crime contre l’avenir. » etc. etc.

L’apocalypse puissance mille, autrement dit, et c’est aujourd’hui, sous nos yeux, à nos portes, dans nos champs et dans nos villes que ça se passe : silence, on tue.
Tremblez, pleurez, lamentez-vous tant que vous voulez, humains trop lâches pour résister aux injonctions de la consommation capitaliste sans limite ni vergogne, mais il n’existe qu’un seul chemin de rédemption : renoncez à votre petit confort apparent et « exigez du pouvoir politique qu’il impose le nécessaire » ! 


Ce qui est bien avec les solutions autoritaires, c’est que même si tout est mis en oeuvre pour nous faire comprendre qu’on nage en pleine horreur écologique et climatique, il n’est finalement jamais trop tard pour se soumettre. Tant il est vrai que ce qui compte n’est pas la réalité, mais le sentiment d’urgence profondément inoculé en nous à force d’activisme et d’appels de ce type qui pourraient enfin nous pousser à renoncer volontairement à notre mode de vie libéral et à nous placer docilement sous la contrainte tyrannique du prétendu impératif climatique.
Si l’on reste attaché à la notion de réalité et à l’analyse des faits, disons qu’on observe un (tranquille) réchauffement de la planète ainsi qu’un accroissement du taux de CO2 dans l’atmosphère. Mais c’est tout, ajouterais-je, au risque de choquer peut-être certains lecteurs sensibles.

jeudi 14 mars 2019

Et si on passait aux autoroutes électriques ?

Michel Gay
 
 
 

Le diesel consomme moins de pétrole et émet moins de gaz carbonique (CO2) par kilomètre parcouru que l’essence. Alors pourquoi vouloir réduire sa consommation (au profit des moteurs à essence moins diabolisés) alors la France s’est donnée comme objectif d’importer moins de pétrole et de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050 (loi du 13 juillet 2005) ? 


Haro sur le diesel
La part des ventes de voitures diesel représentaient 73% il y a 7 ans. Elle n’est plus que de 40% aujourd’hui.
Or, l’industrie française et européenne figure parmi les champions de ce type de moteurs. Cette réduction au profit soit de l’essence, soit des batteries (produites en Chine et en Corée pour les voitures électriques) pourrait faire perdre 15.000 emplois dans le secteur de l’automobile (qui en compte plus de 35.000 en France).
Les taxes sur les carburants automobiles, et notamment sur le diesel, augmentent pour, parait-il, inciter les Français à rouler « propre », notamment à l’électricité avec des primes incitatives. 


Pourquoi d’abord le diesel ?

Parce que c’est le plus consommé et c’est donc lui qui peut rapporter le plus… à l’Etat !
La majorité des véhicules roulent au diesel et c’est (c’était) le carburant le moins taxé. En augmentant les prélèvements sur ce dernier, c’est le « jackpot » fiscal ! En y ajoutant en plus la taxe carbone « pour sauver la planète » en finançant en partie les ruineuses énergies renouvelables, c’est même le « double jackpot » pour le gouvernement.
Nicolas Hulot avait présenté le 6 juillet 2017 son plan climat prévoyant de supprimer les voitures à essence et diesel d’ici 2040 pour les remplacer par des voitures électriques.

Mais d’où viendra le surplus d’électricité pour alimenter ces véhicules (30 milliards de kilowattheures pour un million de voitures électriques selon l’ ADEME) ?
Pense-t-il vraiment qu’en recouvrant la France d’éoliennes et de panneaux solaires, leurs ruineuses productions erratiques et intermittentes y pourvoiront ? On croit rêver.

Quelques millénaires de transition énergétique

Jean-Marc Jancovici
Éditorial paru avec l’édition de décembre 2017 de la revue Clefs CEA, consacrée à la transition énergétique


 

En route pour la transition énergétique ! Tel aurait pu, au fond, être le slogan d’à peu près n’importe quel monarque, chef de clan ou président depuis qu’il existe des hommes, puisque, aussi loin que remonte notre connaissance, dompter l’énergie a été au cœur des envies humaines.

Cet intérêt n’est pas étonnant quand on se rappelle que l’énergie est, par définition même, la transformation de toute chose. Faire entrer une nouvelle énergie dans le champ de notre influence, c’est donc, un peu ou beaucoup, accroître notre pouvoir de modifier l’environnement, et donc la prise sur notre destin.

Domestiquer la combustion, il y un million d’années environ, nous a fourni un premier avantage décisif sur l’environnement, et plus précisément sur nos prédateurs (qui n’aiment pas le feu) et nos proies (parfois chassées avec des incendies).
Puis, il y a 10.000 ans, nous avons domestiqué la photosynthèse, et de l’agriculture est née une foule de choses aujourd’hui encore au cœur de nos vies : la sédentarisation, la propriété foncière, le commerce, les villes, l’administration, la fiscalité, la comptabilité….

L’exploitation des énergies mécaniques déjà présentes autour de nous (force du vent, force de l’eau) a fait franchir un pas supplémentaire à l’industrie et au commerce, puis c’est à nouveau la combustion qui a été au centre de l’avancée la plus marquante des derniers siècles : la machine à vapeur et le moteur à combustion interne.

Aveyron : le Larzac se lève contre un projet géant de centrale solaire

Lorène Lavocat
13/09/2019

Commentaire : (...) 

 -Guy Degreef, entrepreneur en énergies renouvelables, habitant à côté :
"C’est un projet démesuré, à la rentabilité incertaine, qui ne correspond pas aux besoins du territoire, et qui cherche pourtant à passer en force.
 -Pierre Maigre, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) dans l’Hérault :
 Nous ne sommes pas contre les énergies renouvelables, mais nous n’en voulons pas quand elles condamnent des pans entiers de notre biodiversité,[...] Les panneaux photovoltaïques ne doivent pas être implantés au sol dans des zones naturelles ou agricoles. [...]  
 -Jean-Noël Malan, maire d’un village voisin et vice-président à l’agriculture de la communauté de communes du Lodévois Larzac
Ce projet est trop consommateur d’eau, porte atteinte à la biodiversité et entre en contradiction avec le classement au patrimoine mondial de l’Unesco [...]
 -Agnès Langevine, vice-présidente région Occitanie, chargée de la transition énergétique :
Sous un vernis écolo et d’innovation, il s’agit d’un projet industriel, fondé sur une technologie du power to gas qui n’est pas éprouvée, et qui pose de sérieuses questions en matière de préservation de la biodiversité et des terres agricoles. "

Quel beau concert de cris d’orfraie et quelle belle lucidité sur les dangerosités de ce projet : 
  • pour la biodiversité, 
  • l'artificialisation de terres,
  • son inutilité pour sauver le Climat, 
  • son incertitude financière. 
Dommage que concernant les projets éoliens, d'ici et d'ailleurs, présentant les mêmes nocivités avec en plus, la mise en péril de la santé des riverains, le même type d' intervenants ne trouvent rien à redire ou au pire, sont à l'initiative des dits projets.  
En France, vaut-il mieux être un aigle royal qu'un être humain? Posez la question, c'est déjà y répondre, non?

 😡👊
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Sur le causse du Larzac à l’histoire bouillonnante, la société Arkolia projette la construction de la plus grande centrale photovoltaïque de France. Élus, naturalistes, paysans, éleveurs affûtent leurs arguments contre Solarzac, cette installation industrielle jugée « démesurée ».
Le Caylar et Le Cros (Hérault), reportage

À perte de vue, des prairies parsemées de buis, entrecoupées çà et là de bosquets de chênes blancs. Quelques monticules calcaires reflètent un soleil hivernal brûlant. Au loin, les monts cévenols, à peine tachetés de neige, fixent un horizon. Le long de la route qui mène au cirque de Navacelles, une brise légère secoue doucement les arbustes. En contrebas, des craves à bec rouge picorent paisiblement dans un pré. « Sur le Larzac, les conditions sont idéales pour produire de l’énergie photovoltaïque : un fort ensoleillement et un vent qui vient rafraîchir les installations pour un rendement optimal », note Guy Degreef en désignant un hangar agricole couvert de panneaux noirs.

 

Des craves à bec rouge

Et c’est précisément sur ce causse à l’histoire militante bouillonnante que pourrait s’implanter la plus grande centrale photovoltaïque de France. « Solarzac », c’est le nom marketing donné par la société Arkolia à son projet, encore en phase de concertation. Pour le moment, rien n’est donc sorti des terres caillouteuses du sud du Larzac. Mais sur la plaquette de présentation aux couleurs vives, les dimensions de l’installation font tourner la tête. 29.990 tables photovoltaïques implantées sur 400 hectares, pour une puissance de 320 MW supposée capable d’approvisionner en électricité l’équivalent d’une ville de 210.000 habitants. Mais ce n’est pas tout : le projet comprend également une unité « power to gas » capable de transformer de l’eau et du CO2 atmosphérique en méthane [voir encadré] . « En phase d’exploitation, le projet permettrait des émissions négatives [captation de CO2] à hauteur des émissions de 10.000 voitures », conclut la plaquette


« Si on recouvre les prairies de panneaux, les aigles ne pourront plus se nourrir ! »

Pas de quoi convaincre Guy Degreef. Habitant des Cévennes gardoises toutes proches, cet entrepreneur en énergies renouvelables a fait de la lutte contre Solarzac son cheval de bataille. « C’est un projet démesuré, à la rentabilité incertaine, qui ne correspond pas aux besoins du territoire, et qui cherche pourtant à passer en force », résume-t-il. À ses côtés, Bernard Ricau observe aux jumelles une grande bâtisse accrochée à une colline, perdue au milieu de la végétation caussenarde. « Voici le domaine de Calmels, montre-t-il. C’est là qu’ils veulent construire la centrale. » 


 
Bernard Ricau

C’est là aussi que Bernard Ricau est venu pendant de longues semaines l’été dernier observer un couple d’aigles royaux. « Nous avons mis plusieurs mois avant de parvenir à capturer le mâle afin de l’équiper d’une balise, raconte l’ornithologue et agent retraité du Parc national des Cévennes. Une fois l’oiseau bagué, nous avons pu suivre très précisément tous ses déplacements. » Ainsi, lorsqu’il a appris, fin septembre 2018, qu’une installation photovoltaïque pourrait s’implanter sur le domaine de Calmels, son sang n’a fait qu’un tour. « C’est leur territoire de chasse, explique-t-il en étalant une carte de la région sur un muret en pierre. S’ils recouvrent les prairies de panneaux, les aigles ne pourront plus se nourrir ! » Sur la carte, un méli-mélo de traits rouges, représentant les trajets des rapaces, forme une vaste zone de 150 km². Autour, d’autres taches colorées similaires représentent les territoires d’autres aigles royaux. Des voisins pas très partageurs, précise le naturaliste : « Le couple de Navacelles ne pourra pas aller trouver ses proies ailleurs. »

Depuis trente ans, le Groupe d’études des rapaces du sud du Massif central travaille avec persévérance afin de sauver ces oiseaux emblématiques : la population est ainsi passée de 10 à 45 couples. D’où la colère de Bernard Ricau envers le projet Solarzac : « Ils vont détruire des années d’efforts, sans compter les autres animaux qui pourraient être touchés ». Vautours fauves ou moines, gypaètes, percnoptères, bruants ortolans ou grands corbeaux ont aussi été observés dans la région. Le domaine de Calmels comprend d’ailleurs quatre sites Natura 2000, et se trouve à proximité immédiate d’une zone naturelle d’intérêt écologique (Znieff) et d’une zone d’intérêt pour la conservation des oiseaux (Zico).