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HAUTE-MARNE : AGRIVOLTAÏQUE : 11 NOUVEAUX PERMIS DE CONSTRUIRE POUR DES USINES

 
 Après le nombre « extraordinaire » de mai 2026, voir ci-dessus, consacré aux projets d'usines agrivoltaïques, portés par des acteurs agricoles locaux adossés à de grands groupes, voici le bilan de juin, qui recense pas moins de 11 permis de construire au nom de l'État, délivrés par la préfecture
 
Liste et détails des projets validés par la préfecture
 
  - Conseil municipal : en 2020 et 2022, avis favorables. 
  - Projet : 
« La CPV SUN 40, société à responsabilité limitée créée par la société LUXEL, sollicite l’autorisation d’implanter une centrale photovoltaïque sur un terrain de 22,46 ha, sur les communes de Montreuil-sur-Thonnance et Thonnance-lès-Joinville, au lieu-dit « La Fortelle » dans le département de la Haute-Marne (52). La surface au sol couverte par les modules est d’environ 10,7 ha soit 48 % de la surface clôturée. La durée minimale d’exploitation prévue est de 30 ans. »
 
 
 
 
   Ce projet s'ajoute à l'usine de 3 éoliennes autorisée, lire ICI
 
2. VESVRES-SOUS-CHALANCEY — 47 habitants 
  - Conseil municipal : avis favorable. 
«  La commune de Vesvres-sous-Chalancey est restée favorable au projet tout au long de son élaboration et a pris les délibérations favorables nécessaires. » 
Source.  
 
  - Projet :
  
 
 
 
 
 
  
3. BEAUCHEMIN —  112 habitants
  - Conseil municipal : avis favorable.
« ... le 7 décembre 2022, il a eu délibération du conseil municipal avec avis favorable au projet. »  
 
 - Projet :
«  La société SUN’R POWER, filiale du groupe Eiffage, sollicite l’autorisation d’implanter une centrale photovoltaïque sur une friche industrielle sur le territoire de la commune de Beauchemin (52). Le site d’implantation, d’une superficie totale de 5,7 ha, correspond à un ancien terrain en friche, situé en bordure de l’autoroute A31, qui a accueilli par le passé une centrale d’enrobage liée à la construction de l’infrastructure routière. » 
 
 
4. FAVEROLLES — 102 habitants
  - conseil municipal : avis favorable.
«  Pour ce qui concerne les collectivités, elles ne se sont pas exprimées au cours de l’enquête. Elles se satisfont d’un revenu fiscal supplémentaire si le projet abouti. La commune de Faverolles est restée favorable au projet tout au long de son élaboration et a pris les délibérations nécessaires. »
 
  - Projet :
«  L’emprise du projet occupe une surface d’environ 20,8 ha (dont 1,38 ha de « zone témoin »), actuellement couverts par des cultures. 6 ha seront couverts par les tables. Seule la partie ouest du projet initial a été conservée. »  
 
 Source
 
À noter :
«  - Le Parc National des Forêts émet un avis défavorable à la réalisation du projet précisant que ses effets sont susceptibles de porter atteinte au caractère du parc, à sa naturalité et altèrent les paysages. Il va à l’encontre de l’article L. 331.1 du Code de l’environnement.
- L’ ABF émet des réserves quant à la proximité du Mausolée. » 
 
 
 
 
 5. VESAIGNES-SUR-MARNE — 103 habitants
  - Conseil municipal : avis favorables, par 2 fois.
«  14 MARS 2022 : Le projet de centrale photovoltaïque et pâturage ovins présenté par la Société MANA VSM a reçu, par délibération, avis favorable du Conseil Municipal de la Commune de Vesaignes Sur Marne.

 4 Décembre 2023 : Une nouvelle délibération du Conseil Municipal de Vesaignes-sur-Marne émet un avis favorable au projet et à sa classification en zone d’accélération en faveur des énergies renouvelables. »

 
  - Projet :
«  La Société MANA VSM, sollicite l’autorisation d’implanter une centrale photovoltaïque sur une emprise agricole de 102 ha, située sur la commune de Vesaignes-sur-Marne dans le département de la Haute-Marne (52). La durée minimale d’exploitation prévue est de 20 ans pouvant être prolongée jusqu’à 35 ans. 
  Le projet est prévu à environ 800 mètres au sud-ouest du village de Vesaignes-sur-Marne. Les terrains nécessaires pour le projet appartiennent à l'exploitation de polyculture-élevage EARL du MILLÉNAIRE, avec laquelle la société MANA VSM a signé un contrat de location des terrains couvrant la durée d'exploitation du site. »
   
 Source
 
 
6ROMAIN-SUR-MEUSE92 habitants
- Conseil municipal : avis favorable
 
 
 
 
  - Projet : 
 
 
 
 
À noter :
  - 2024 → refus de la préfecture;
  - 2025 → annulation de l'arrêté préfectoral, par le Tribunal administratif de Châlons-sur-Saône.
«  Un arrêté préfectoral en date du 23 juillet 2024 notifie le refus de délivrer le permis de construire.
  Par une requête enregistrée le 23 septembre 2024 et un mémoire enregistré le 24 avril 2025 la SAS Energie Romain sur Meuse demande au tribunal administratif de CHALONS EN CHAMPAGNE d’annuler l’arrêté préfectoral du 23 juillet 2024.
  Le tribunal administratif décide d’annuler le refus d’autorisation le 26 juin 2025, notamment en mettant en avant un vice de procédure substantiel car le refus de permis de construire a été prononcé avant la réalisation de l’enquête publique.
  L’exécution du jugement implique que la demande de permis de construire soit réexaminée après la réalisation d’une enquête publique prévue par les dispositions de l’article L. 123-2 du code de l’environnement. » 
 
7MUSSEY-SUR-MARNE — 354 habitants
  - Conseil municipal : avis favorable
 
 
 
 
 
  - Projet :
« ...  Le projet d’implantation d’un parc photovoltaïque au sol est situé sur la commune de
Mussey-sur-Marne, au lieu-dit « L’aérodrome », en Haute-Marne (Grand Est). [...] Le projet prévoit un parc solaire clôturé de 3,88 ha... »
 
 
 
 À noter :
  La Mission régionale d'autorité environnementale — MRAe, ne s'est pas prononcé sur ce projet :
«  Vous avez transmis pour avis de l’autorité environnementale le dossier de centrale photovoltaïque de Mussey-sur-Marne (52300), reçu le 20 mai 2025.
  Je vous informe que la Mission régionale d’autorité environnementale ne s’est pas prononcée dans le délai réglementaire prévu par l’article R.122-7 II du code de l’environnement.
  Cette information sur l’absence d’avis est à porter à la connaissance du public. Elle figure sur le portail de l’évaluation environnementale. » 
 Source
 
8. HAUTE-AMANCE — 967 habitants  
  - Conseil municipal :avis favorable
 
 
 
 Source
 
 - Projet :
 
 
 
 
 

 
 
 
 Source
 
À noter :
«...  Aujourd’hui, le suivi post-exploitation du site est réalisé par le syndicat départemental d'énergie et des déchets (SDED52) qui est également propriétaire des terrains. L’installation de stockage de déchets a été réhabilitée en 2017 avec une couverture définitive de 3 ha... » 
 
9. CHARMES-LA-GRANDE — 163 habitants 
 Le permis de construction existe bien, mais la préfecture a manifestement un problème d'affichage : le lien vers le PDF n'est pas visible dans la version HTML, alors que l'index du site indique qu'un document est bien associé à la page.
  - Conseil municipal : seul l'avis du maire est disponible. Plutôt DÉFAVORABLE, non ?
 
 
 
 
 - Projet : 
 
 
 
 
 
 À noter :
 
 
 
«  Comme l’illustre la photo, la zone d’implantation du projet (ZIP) est une surface entièrement agricole exploitée (en grandes cultures selon une rotation traditionnelle de type colza-blé-orge) par 3 exploitants agricoles organisés en EARL (Exploitation agricole à responsabilité limitée) :
  • l’ EARL Bourgeois7 met à disposition du pétitionnaire les parcelles cadastrales ZC 17 de 14,67 ha et ZC 18 de 4,29 ha soit 18,96 ha ;
  • l’ EARL Huguenin8 met à disposition du pétitionnaire la parcelle cadastrale ZC 22 de
14,2 ha ;
  • l’ EARL des Fontaines9 met à disposition du pétitionnaire la parcelle cadastrale ZC 5 de
7,4 ha.
  Les 3 exploitants mettent à disposition du pétitionnaire ces parcelles de terrain pour le projet photovoltaïque... » 
 
10. PERTHES — 522 habitants 
  Le permis de construction existe bien, mais la préfecture a manifestement un problème d'affichage : le lien vers le PDF n'est pas visible dans la version HTML, alors que l'index du site indique qu'un document est bien associé à la page. Idem pour le Rapport, conclusion et avis du commissaire d'enquête. 
- Conseil municipal : avis favorable
 
 
 
  
   Le vote des 11 élus se décompose comme suit :
 
 
  On peut en déduire que les élus « excusés », mentionné sur le compte rendu, sont ceux concernés personnellement par ce projet. Or, seuls trois noms figurent dans cette catégorie. Le décompte est donc le suivant : 7 élus présents + 4 représentés — cause COVID, + 3 excusés = 14 élus. Une question demeure : où est passé le quinzième élu ? Le mystère reste entier. 
 
  - Projet
 
  
 
 
 
 
 
À noter :
«  Place Royale 1 est situé sur des terrains en eau ou en terre exploités comme carrière par la
société Moroni SA ou par les Établissements Blandin [...] Place Royale 2 est situé quasiment exclusivement sur des terrains appartenant à la société Moroni SA mais n’ayant pas été exploités comme carrière du fait de prescriptions archéologiques... »
 Source
 
11. ANDELOT-BLANCHEVILLE — 814 habitants 
  Le permis de construction existe bien, mais la préfecture a manifestement un problème d'affichage : le lien vers le PDF n'est pas visible dans la version HTML, alors que l'index du site indique qu'un document est bien associé à la page. Idem pour le Rapport, conclusion et avis du commissaire d'enquête.  
  - Conseil municipal : sauf erreur de notre part, le vote formel « favorable » ou « défavorable » de ce dernier, n'a pas été rendue publique dans les documents de la préfecture.
  - Projet :
 
 
 
 
 
 
 Source
 
À noter :
  • Ces terres ont une vocation, depuis plusieurs années, céréalières et fourragères;
  • 3 exploitants agricoles sont concernés.  

Haute-Marne : nouvel Eldorado pour les écornifleurs du soleil ?  

  Notre département fait partie des départements du Grand Est où l’agrivoltaïsme est en forte accélération, sous l'impulsion de grands groupes. Ainsi, on observe trois catégories d’acteurs :
  • les grands énergéticiens nationaux;
  • les développeurs spécialisés agrivoltaïques;
  • les sociétés foncières ou d’investissement travaillant avec des GAEC, exploitants individuels et propriétaires fonciers. 
     Parmi les principaux groupes identifiés, on trouve : 
  Après la colonisation à grands coups de pales éoliennes, qui se poursuit, la Haute-Marne doit faire face à une nouvelle invasion industrielle. 
 
Mais pourquoi un tel engouement pour notre pays ? 
  Parce que notre département a conservé sa beauté originelle et son identité profonde, avec ses immenses prairies, ses paysages préservés et ses terres d'élevage. C'est précisément tout cela qui en fait sa faiblesse première ! Notre terre est trahie par ceux qui sont en charge de l'entretenir et de la protéger — propriétaires, GAEC, élus, Chambre d'agriculture, etc. un monde minoritaire —  ~ 2% des actifs, qui, en quête de revenus complémentaires1 — voir ci-dessous, se laissent séduire par les promesses déclamées par les grands groupes d'un avenir meilleur, l'intérêt particulier passant devant l'intérêt général !
 
1. Les données du Réseau d'information comptable agricole — RICA, montrent que les régions du Bassin parisien, dont fait partie le Grand Est, présentent généralement des revenus par actif non salarié supérieurs à la moyenne nationale, même après le recul observé en 2023 et 2024. Cet élément est intéressant car il relativise un argument souvent avancé par les développeurs d'installations agrivoltaïques, selon lequel les exploitations agricoles seraient, de manière générale, dans une situation économique telle que les revenus issus des panneaux photovoltaïques constitueraient une nécessité. Pour la Haute-Marne, les résultats économiques des exploitations agricoles, tirés notamment par les grandes cultures, sont globalement supérieurs à la moyenne nationale, tout en masquant d'importantes disparités entre les différentes filières de production. 
  
 4 facteurs majeurs en font une des cibles prioritaires pour les grands groupes énergétiques :
  • Le prix du foncier et la taille des parcelles : le coût de location des terres agricoles y est considérablement plus bas que dans les grandes régions céréalières — comme la Beauce ou viticoles. Pour un développeur industriel, le coût du loyer versé au propriétaire reste marginal par rapport au potentiel énergétique. Par ailleurs, les structures d'exploitation y sont souvent vastes ou regroupées en GAEC, ce qui permet d'atteindre facilement les fameux seuils de rentabilité — mégaprojets de plusieurs dizaines d'hectares d’un seul tenant.
  • La proximité du réseau électrique — l'atout invisible : un projet solaire ou EnR, ne vaut rien s'il ne peut pas injecter son électricité dans le réseau national. Le quart Nord-Est de la France, historiquement industriel et proche des grands axes de transit électrique européens, dispose d’un maillage de lignes à haute tension et de grands postes de raccordement. Moins le développeur a de kilomètres de câbles à enfouir pour rejoindre le réseau, plus son projet devient rentable. Même si, aujourd'hui, la saturation guette les réseaux électriques en Haute-Marne
  • La faible densité et mobilisation de la population : la Haute-Marne fait partie des départements les moins densément peuplés de France et, possède des communes rurales aux budgets modestes, pour qui la fiscalité verte — les taxes versées par l'énergéticien à la commune et à l'intercommunalité, représente une source de financement inespérée. À cela s'ajoute, la faible mobilisation contre ces projets. L'expérience montre que les premiers projets autorisés sur un territoire peuvent avoir un effet d'entraînement. Lorsqu'ils rencontrent une population peu opposée, les opérateurs sont susceptibles de considérer que le contexte local est favorable au développement de nouveaux projets, ce qui peut les inciter à engager d'autres démarches d'implantation dans le même secteur. À l'inverse, l'expression d'une opposition argumentée et la mobilisation des acteurs locaux peuvent créer un contexte d'incertitude quant à l'aboutissement des projets. Cette situation est susceptible d'amener les porteurs de projets à réévaluer l'opportunité d'investir dans des études techniques, environnementales et administratives particulièrement coûteuses lorsque les perspectives d'autorisation apparaissent plus incertaines. Le raisonnement se tient également pour tous les projets d'usines EnR...
  Ce cocktail industriel mortifère mène le Pays de l'eau droit au tombeau !

  Sans oublier, par exemple, l'influence de la Chambre d'agriculture, tout autant intéressées financièrement que les autres acteurs agricoles2, qui tenterait d'encadrer, avec la Préfecture, cette ruée vers l'or en créant des « chartes départementales du photovoltaïque au sol ». L'objectif étant de refuser les projets sur les bonnes terres et de n'accepter que ceux qui prouvent un réel intérêt pour l'animal ou la culture. Mais face à la pression des grands groupes, les dossiers d'enquêtes publiques continuent de s'accumuler.  
 
«  Quand on parle pognon, à partir d'un certain chiffre, tout le monde écoute. »
AUDIARD Michel. 
 
2. Lorsqu'un aménageur ou un opérateur énergétique entraîne la consommation de terres agricoles, les mesures de compensation collective agricole donnent lieu au versement de contributions financières à un fonds départemental ou à un Groupement d'utilisation des fonds agricoles — GUFA, généralement constitué sous la forme d'une société par actions simplifiée. Dans de nombreux départements, la création de ces structures est à l'initiative des chambres d'agriculture.
  Il est soutenu que l'importance des ressources financières issues de ces compensations peut conduire certains acteurs du monde agricole à soutenir des projets entraînant une artificialisation ou une perte de surfaces agricoles, davantage en raison des retombées économiques attendues que de leur intérêt pour l'agriculture elle-même. Cette situation alimente les interrogations sur l'indépendance des décisions prises et sur la finalité réelle des mécanismes de compensation collective agricole.
 
 Qui sont les vrais gagnants ? 
 « Le terme « agrivoltaïsme » a été inventé dans le cadre d’un partenariat « public-privé » associant l’ INRAe et des énergéticiens. Il a ensuite été repris par l’ Ademe, qui a notamment associé aux installations photovoltaïques au sol 4 grands services : 
  • protection contre les aléas, 
  • amélioration du potentiel agronomique, 
  • amélioration du bien-être animal 
  • adaptation au changement climatique.
Depuis sa création, ce terme a essentiellement été utilisé comme une notion marketing afin de laisser penser à une synergie entre agriculture et photovoltaïque, sans qu’aucune garantie ne soit jamais apportée quant à la satisfaction de critères relatifs à ces services.... 
Début 2023, l’agrivoltaïsme a été introduit dans la loi d’Accélération de la Production des Énergies Renouvelables. Cette loi confiait à un décret la mission de préciser les critères définissant l’agrivoltaïsme à partir de grandes lignes directrices : 
  • la réversibilité des installations, 
  • la garantie d’une production agricole significative
  • un revenu durable en étant issu...
  Cette loi nécessitait la parution d’un décret, qui est intervenue le 9 avril 2024, pour être applicable. 
  Or, selon ce décret, ne peuvent se réclamer de l’agrivoltaïsme que des installations dont la demande de permis de construire a été déposée à partir du 9 mai 2024. Avant d’être potentiellement acceptée, toute demande de permis de construire doit respecter des étapes réglementaires l' avis de l’Autorité environnementale, avis de la CDPENAF, enquête publique, qui durent plusieurs mois. »
 Source
 
  C'est à partir de ce décret que, les grands énergéticiens, à l'initiative de l' agrivoltaïsme, ont pu déployer leurs équipes de commerciaux sur toute la France et, en Haute-Marne en particulier. 
  En tout premier lieu, ce sont les industriels, dont l'appétit actuel pour les espaces agricoles, naturels et forestiers s'explique par un unique facteur : l'argent. D'après l' INRAE, chaque usine dégage une marge colossale, comprise entre 50 000 et 200 000 euros par hectare/année. Ainsi, le plus gros de cette manne financière retombe directement dans les poches des développeurs énergétiques.
  Sans aucun doute, si l' agrivoltaïsme est présenté comme une réponse aux enjeux agricoles et environnementaux, c'est avant tout une autre façon d'enrichir les acteurs du secteur de l'énergie, que le législateur a bien volontiers respectabilisé par la loi, en profitant des difficultés que traverse le monde agricole
  Pour les associés locaux, loueurs de parcelles, les revenus sont bien moindres. En contrepartie du bail — souvent un bail emphytéotique de 30 ans, l'agriculteur ou le propriétaire perçoit une rente annuelle. Elle oscille généralement entre 1 000 € et 5 000 € par hectare et par an, selon les régions, la puissance installée et le type de culture. Et c'est là que, la question de la pérennité de l'activité agricole mérite d'être posée. Stop ou encore ? En effet, la réglementation ne prévoit en rien de limiter la rente agrivoltaïque3, dont le montant reste fixé par les énergéticiens. Ainsi, par exemple, un exploitant percevant une rente agrivoltaïque de l'ordre de 2 000 € par hectare sur 50 hectares de prairies, soit environ 100 000 € par an, peut être conduit à s'interroger sur l'intérêt économique de poursuivre une activité d'élevage ovin herbager lorsque celle-ci génère un revenu annuel inférieur à 20 000 €, selon les données de l'Institut de l'Élevage —  2022. Dans ces conditions, le risque existe que la production agricole devienne secondaire au regard des revenus procurés par l'installation photovoltaïque, ce qui interroge la réalité du maintien de la vocation agricole des terres concernées. 
 
3. « Dans le cadre de l’agrivoltaïsme, la réglementation prévoit uniquement que le revenu issu de l’agriculture (hors rente de l’électricité) ne baisse pas par rapport à la situation précédant l’installation des panneaux... tout en prévoyant des aménagements « tenant compte de l’évolution de la situation économique générale et de l’exploitation ». Des diminutions plus importantes peuvent aussi être acceptées par le préfet. »
Source.  
 
Les dérives socio-économiques : la spéculation et le blocage des jeunes
  L'afflux d'argent des énergéticiens dans le monde rural crée des effets pervers redoutés sur le foncier.
  • La flambée des prix et la spéculation foncière : les loyers proposés par les énergéticiens — jusqu'à 5 000 €/ha, sont infiniment plus élevés que les fermages agricoles classiques — qui dépassent rarement 150 à 200 €/ha. Cela pousse certains propriétaires à refuser de louer à de vrais agriculteurs dans l'espoir de signer avec un promoteur solaire.
  •  La barrière à l'installation des jeunes : pour un jeune agriculteur qui souhaite s'installer, l'accès à la terre devient encore plus difficile. Il ne peut pas rivaliser face aux offres des géants de l'énergie.
  •  Le risque d' « agriwashing »  : la tentation est grande pour certains exploitants en fin de carrière de réduire l'activité agricole au strict minimum — par exemple, mettre trois moutons sous des hectares de panneaux, uniquement pour toucher la rente solaire
 Associés sur le papier, salariés dans les faits ?
  En préambule, soyons clairs : les vues imprenables ne plaignent nullement la situation, si elle est avérée, pour ces acteurs agricoles, devenus « jardinier » ou en « salarié déguisé » pour le compte de multinationales de l’énergie. 
  Dans de nombreux projets — notamment en élevage ovin, l'éleveur ne touche pas seulement un loyer : il signe un contrat de prestation de service avec l'énergéticien pour entretenir la parcelle — gérer l'herbe sous les panneaux grâce aux moutons. Or, les interventions sous les panneaux nécessitent des investissements parfois importants de la part de l'exploitant agricole, notamment pour l'acquisition d'équipements adaptés — faucheuses déportées, modification du tracteur, etc.,. Selon les projets, ces dépenses peuvent représenter un investissement personnel supérieur à 250 000 euros.
    C'est le groupe énergétique qui dicte le calendrier. Si l'herbe pousse trop haut et fait de l'ombre aux panneaux du bas, l'énergéticien peut exiger que l'agriculteur intervienne immédiatement, même si ce n'est pas le moment idéal pour ses bêtes. L'agriculteur obéit à des impératifs industriels.
  L'essence même du métier d'agriculteur est la liberté d'assolement — choisir ce qu'on sème d'une année sur l'autre en fonction de la météo ou des cours du marché. Avec une usine agrivoltaïque, cette liberté disparaît en grande partie :
  • Des baux bloqués sur 30 ans : vous êtes engagé à vie. Impossible de décider, sur un coup de tête, de repasser l'intégralité de la parcelle en maïs ou en blé si les prix mondiaux s'envolent, car le matériel agricole ne passerait plus ou l'ombre ruinerait la récolte,
  •  Le droit de regard de l'énergéticien : le propriétaire des panneaux dispose de servitudes. Ses techniciens ont le droit de pénétrer sur la parcelle à tout moment pour la maintenance. L'agriculteur n'est plus totalement « maître chez lui ».
  Il faut savoir que le bail rural actuel ne permet pas à un fermier d’installer des panneaux solaires susceptibles de porter atteinte à l’intégrité du fonds agricole. À l’inverse, le bailleur ne peut pas imposer de restrictions à la liberté de culture ou d’élevage du preneur.
  Dans ce contexte, certains acteurs favorables à l’agrivoltaïsme, dont la FNSEA4, défendent la création d’un bail agrivoltaïque. Celui-ci introduirait de nouvelles règles encadrant l’activité des exploitants, avec une réduction de leur autonomie : limitation de la liberté de production, encadrement de l’activité agricole, interdiction de pratiques jugées incompatibles avec les installations, ainsi que de nouvelles clauses relatives à la résiliation du bail.
 — qui protègent énormément les fermiers en France, certains développeurs préfèrent faire signer des commodats, c'est-à-dire des contrats de prêt à usage gratuit de la terre sous les panneaux. Sous ce statut, l'agriculteur n'a plus la protection historique du statut du fermage.
 
4. « A partir de ce travail, la commission gestion des territoires, ainsi que la SNFM et la SNPR ont proposé la création d’un bail rural à clauses agrivoltaïques.Ce modèle de bail rural fonctionne comme celui du bail rural à clauses environnementales. C’est-à-dire un bail rural soumis au statut du fermage, dérogeant sur quelques points très particuliers (montant des fermages notamment) et donnant la possibilité de mettre en place des clauses réglant la cohabitation des deux activités sur une même parcelle. »
Nature, animaux et climat : quels bénéfices ?
1.  Les rendements agricoles
  L'affirmation selon laquelle l'agrivoltaïsme améliorerait systématiquement les rendements agricoles n'est pas corroborée par l'ensemble des travaux scientifiques disponibles. Plusieurs études mettent au contraire en évidence des diminutions de rendement en fonction du taux de couverture des parcelles par les panneaux photovoltaïques.
  Ainsi, une publication scientifique de l 'INRAE, fondée sur la synthèse de plus de vingt études portant sur différentes cultures — blé, maïs, riz, tomates, salades, kiwis, pommiers, etc., et sur plusieurs types d'installations photovoltaïques — fixes ou mobiles, indique qu'un taux de couverture de :
  • 20 % est associé à une baisse moyenne de rendement d'environ 25 %, 
  • 30 % à une baisse de l'ordre de 33 %,
  • 40 % à une diminution moyenne de 38 %.
  Par ailleurs, un rapport de la société Sun'Agri consacré à l'arboriculture, rendu public en avril 2024 par les revues Silence et L'Empaillé, fait également état de diminutions de rendement observées sous les panneaux photovoltaïques, évaluées à environ 30 % pour les pommiers et 20 % pour les nectariniers. Quand au fait que, la pousse de l'herbe serait favorisée sous les panneaux, lire ci-dessous :
« La plupart des études scientifiques disponibles sont financées par les énergéticiens eux-mêmes. En France, une étude est régulièrement citée, celle de l’ INRAe dans le Cantal et l’Allier, financée par deux firmes énergéticiennes. Selon les premiers résultats de cette étude, la pousse de l’herbe aurait presque doublé sous les panneaux. Mais ces résultats préliminaires ne concernaient en réalité que l’été particulièrement chaud de l’année 2020 !Selon les conclusions de l’étude réalisée sur deux ans, la production de biomasse annuelle est inchangée sous les panneaux.
  Toutefois, la qualité de la prairie est largement impactée : développement de mousse en hiver, accroissement de la part de sols nus, et domination des graminées sur les légumineuses.... »
 
  Ces éléments montrent que les effets de l'agrivoltaïsme sur la production agricole ne peuvent être considérés comme uniformément positifs.
  
2. Les animaux 
 L'argument selon lequel les installations agrivoltaïques seraient nécessaires pour assurer le bien-être des animaux au pâturage doit être apprécié à la lumière de la réglementation déjà applicable. En effet, les articles R. 214-17 et R. 214-18 du Code rural et de la pêche maritime imposent aux détenteurs d'animaux de ne pas les maintenir dans un environnement susceptible, notamment en raison de son inadéquation aux conditions climatiques, de provoquer des souffrances. Ils prévoient également que les bovins, ovins, caprins et équins élevés en plein air doivent bénéficier de dispositifs ou d'installations permettant de prévenir les souffrances liées aux variations climatiques.
Extraits : 
« de les placer [...] dans un habitat ou un environnement susceptible d’être, en raison [...] de sa situation inappropriée aux conditions climatiques [...], une cause de souffrances » et de garder des bovins, ovins, caprins et équins en plein air « lorsqu’il n’existe pas de dispositifs et d’installations destinés à éviter les souffrances qui pourraient résulter des variations climatiques ». 
  Ainsi, l'obligation de protéger les animaux contre les effets des fortes chaleurs ou des intempéries existe indépendamment de tout projet agrivoltaïque. Dans la pratique, cette protection est déjà assurée par la grande majorité des éleveurs.
  Par ailleurs, plusieurs auteurs et organismes ont appelé à la prudence concernant les effets potentiels des infrastructures photovoltaïques sur les animaux d'élevage. Les équipements électriques associés aux installations, notamment les câbles, transformateurs et onduleurs, génèrent des champs électromagnétiques dont les conséquences sur le comportement animal continuent de faire l'objet de travaux scientifiques.
  À cet égard, le rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques — 25 mars 2021, relève qu'il peut exister une « concomitance entre l'installation d'infrastructures d'énergie ou de télécommunication et l'apparition de troubles comportementaux chez les animaux ». Ce constat souligne la nécessité d'une vigilance particulière et d'une évaluation scientifique approfondie avant de considérer ces installations comme systématiquement bénéfiques pour l'élevage.
 
3. Le climat 
  Loin d'être des remèdes miracles face aux crises climatiques — canicules, grêle ou gel, les infrastructures telles que les ombrières et les panneaux mobiles bloquent la flexibilité des systèmes de production. En réalité, ces installations représentent une mal-adaptation flagrante au changement climatique, doublée d'un investissement financier disproportionné — environ 800 000 €/hectare.
  • Ces équipements enferment les exploitations dans des contraintes rigides. Plutôt que de privilégier des orientations agronomiques cohérentes et souhaitables, les agriculteurs se voient contraints de choisir des productions simplement compatibles avec la présence des panneaux.
  • Un manque cruel de flexibilité : si un éleveur de bovins souhaite demain se reconvertir dans le maraîchage ou l'arboriculture de plein vent, les opérateurs énergétiques ne viendront pas réadapter leurs structures
  Pour conclure, le décret encadrant l’agrivoltaïsme prévoit qu’il suffit de démontrer une réduction de la grêle sous les panneaux par rapport à une situation en plein champ pour attester qu’une installation agrivoltaïque remplit une fonction de « protection contre les aléas climatiques ». Cette approche réglementaire semble ainsi considérer que les dispositifs photovoltaïques n’apportent pas nécessairement de protection face aux autres types d’aléas climatiques.
  Par ailleurs, toujours dans le rapport de Sun’Agri, paru dans Silence et L’empaillé, indique que les panneaux photovoltaïques n’offriraient pas de protection supplémentaire contre le gel ou les épisodes de canicule susceptibles d’améliorer la production agricole.
 
Le rôle de l'État dans la rentabilité des projets agrivoltaïques ?
  L’État agit principalement sur 4 leviers :
  • prix garanti de l’électricité
  • subventions à l’investissement
  • réduction du risque réglementaire
  • facilitation du financement
  Pour un projet agrivoltaïque de grande envergure soit rentable pour l'écornifleur industriel du soleil et les agriculteurs partenaires, il ne dépend pas du marché libre de l’électricité. Il repose entièrement sur un système de béquilles financières massives et de garanties d’État. 
   Ce soutien public est directement répercuté sur les dépenses des Français, que ce soit via leurs factures d'électricité ou leurs impôts, comme toutes les usines d' EnR.
1. Le mécanisme du « Complément de Rémunération » — CRE
  C'est le moteur principal des projets de plus de 500 kWc. Les opérateurs comme TotalEnergies candidatent aux appels d'offres de la Commission de Régulation de l'Énergie — CRE.
  • Le prix garanti : l’énergéticien obtient un tarif d’achat garanti sur 20 ans — généralement autour de 80 à 90 € le MWh.
  • Le complément d'État : si le prix de l'électricité sur le marché de gros s'effondre — par exemple à 40 €/MWh en plein été à cause d'une surproduction solaire, l'État verse la différence à l’énergéticien — soit 40 à 50 € de subvention par MWh produit.
2. D'où vient l'argent ? La facture des Français
  Rien n'est gratuit, même le soleil et le vent ! : ces compensations financières versées aux énergéticiens sont portées directement par les contribuables et consommateurs français via deux leviers :
  • Les taxes sur la facture d'électricité : les charges de Service Public de l'Énergie — CSPE, aujourd'hui fondues dans l'accise sur l'électricité, sont prélevées directement sur chaque kWh consommé par les ménages et les entreprises françaises. C'est ce fonds qui finance les énergies renouvelables.
  • Le budget de l'État — impôts : lorsque les taxes sur l'électricité ne suffisent pas, le budget général de l’État — donc l'impôt sur le revenu et la TVA des Français, abonde le compte de transition énergétique pour payer ces milliards de garanties d'achat aux opérateurs.
3. Les aides indirectes : le foncier agricole protégé
  L'État utilise aussi des leviers fiscaux et réglementaires pour inciter les acteurs locaux — propriétaires et agriculteurs, à s'associer :
  • L’exonération ou l'optimisation fiscale : les baux emphytéotiques — contrats de location de longue durée, souvent 30 ans, signés entre l'agriculteur et un promoteur industriel génèrent des loyers garantis très élevés pour l’agriculteur, bien plus rentables que la simple culture de céréales. L'État sécurise juridiquement ces montages via le nouveau cadre de la Loi d'Accélération des Énergies Renouvelables.
  • La fiscalité locale — IFER : l'État a mis en place l'Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux — IFER. C'est une taxe payée par l'énergéticien qui est redistribuée aux collectivités — communes et communautés de communes. C'est « l'argument financier » brandi par l'État pour pousser les maires à accepter ces usines, même si, comme on l'a vu souvent, la répartition peut frustrer les communes.
  En conclusion : l'agrivoltaïsme ne vit pas de sa rentabilité commerciale sur le marché de l'énergie. Il vit d'un loyer garanti à l'agriculteur payé par l'énergéticien, lui-même remboursé sécurisé par l'État français, grâce aux taxes prélevées sur les factures d'électricité de chaque citoyen. Tout pareil à toutes formes de production EnR... 
 
« QU'ONT-ILS FAIT DE LA HAUTE-MARNE ? ILS L' ONT PATIEMMENT GÂCHÉE ! »
 
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LA NOUVELLE DÉFERLANTE DES USINES AGRIVOLTAÏQUES DANS NOS PAYSAGES

 
  Dévasté depuis des décennies par l’industrie éolienne — avec environ 240 à 250 éoliennes déjà implantées et près de 230 machines supplémentaires actuellement enregistrées dans les dossiers de la préfecture — notre département est confronté, ces dernières années, à une véritable vague de projets d’usines agrivoltaïques, toujours portée par le même trio d’acteurs déjà à l’œuvre dans l’éolien :
  • des exploitants agricoles et propriétaires terriens → loueurs de parcelles
  • des élus locaux 
  • les porteurs de projet  
 À présent, ils infligent au département ces nouvelles blessures ! Bien que le facteur de charge y soit inférieur de 20 % à la moyenne nationale, la rentabilité des projets haut-marnais demeure garantie grâce à un foncier plus abordable et à une opposition quasi inexistante de la population.
 
 
  Une année compte 8 766 heures. Un facteur de charge compris entre 11 et 12 % correspond à une production équivalente située entre 964 et 1 052 heures par an.
  En pratique, un panneau solaire fonctionne dès le lever du soleil et cesse au coucher, soit environ 12 heures par jour en moyenne sur l’année. Toutefois, il ne délivre pas sa puissance maximale en continu : sa production suit une courbe en cloche.
  Si l’on rapporte ces données à une base quotidienne réelle, sur 365 jours, un facteur de charge de 11 à 12 % signifie qu’une installation produit l’équivalent de 2 h 40 à 2 h 55 par jour à pleine puissance, réparties de la manière suivante :
  • En été, vous pouvez avoir 6 à 7 heures « pleines »
  • En hiver, cela peut tomber à moins d'une heure par jour
  Malgré ce faible facteur de charge, la Haute-Marne voit s’implanter un nombre croissant d’installations solaires et accueille notamment, depuis juin 2025 à Perthes, la plus grande centrale solaire flottante d’Europe, affichant une puissance installée de 74,3 MWc. Pour mémoire, le montant de l’investissement s’élève à environ 50 millions d’euros.
 
Pourquoi ici plutôt que dans le Sud ?
  Le projet de Perthes ne vise pas le « maximum d’ensoleillement », mais le « profit optimal ». Dans ce cas précis, l’équation est simple :
  • Moins de soleil donc moins de chaleur : les panneaux photovoltaïques supportent mal les températures élevées;
  • Foncier très accessible : dans le Sud, trouver 127 hectares disponibles sans susciter l’opposition des agriculteurs, des viticulteurs ou des défenseurs des paysages relève d’un parcours de dix ans;
  • Rendement amélioré par la présence de l’eau;
  • Absence d’opposition;
  • → Rentabilité garantie.
 Les projets - en cours d'enquête publique 
  Nombre de projets sont en cours d'enquête préfectorale actuellement : 
  •  Romain-sur-Meuse 
  •  Cusey 
  •  Mussey-sur-Marne
  •  Neuilly-l'Évêque
  L’ensemble de ces projets s’inscrit dans la continuité d’une première vague qui concernait déjà Chamarandes-Choignes, Laville-aux-Bois, Chambroncourt, Rimaucourt, Vignes-la-Côte, Langres, Montreuil-sur-Thonnance, Thonnance-lès-Joinville, Vesvres-sous-Chalancey et Beauchemin — une série de dossiers dont certains sont encore en cours d’instruction. https://www.haute-marne.gouv.fr/Publications/Enquetes-publiques 
 
 Quel est l’impact budgétaire net pour une commune ?
   Prenons l'exemple de Romain-sur-Meuse :
 
1. Population 
  Les derniers chiffres de l' INSEE, indique 88 habitants — 2022, plutôt vieillissants. Voir graphiques ci-devant.  
 
 
 
 
 
 
2. Santé financière
 En un mot : excellente ! 
 
 
 
 
 
 
 Source 
 
3. Les caractéristiques du projet
  • Puissance installée : 48 MWc — 73 948 panneaux sur 2 641 tables.
  • Emprise au sol : 21,2 hectares de panneaux — sur 65,23 ha de foncier clôturé;
  • Infrastructure technique : 21 postes de transformation et 3 postes de livraison.
4. Recettes Fiscales Annuelles — estimations
  La commune dépend de la communauté de communes Meuse Rognon est fiscalement sous le régime de la Fiscalité Professionnelle Unique — FPU.  
  Le projet générera 2 flux financiers principaux pour la commune :
  • L'imposition forfaitaire des entreprises de réseaux — IFER;
  • La taxe Foncière.
a) L' IFER
  Depuis 2021, la répartition de l’ IFER photovoltaïque a été modifiée afin de compenser la perte de ressources des collectivités. Si votre communauté de communes — CC, est soumise au régime de la fiscalité professionnelle unique — FPU, — ce qui est le cas ici — l’intercommunalité perçoit par principe 100 % de l’ IFER. Toutefois, la loi impose à l’ EPCI — la CC, de reverser 20 % de cette IFER à la commune d’implantation. Dans ces conditions, le produit annuel pour la commune s’élèverait ainsi à 32 582 € par an.
 
b) La Taxe foncière 
  Le montant de cette dernière est d'environ 10 000€
 
c) La Taxe d'aménagement  
« La taxe d’aménagement est un impôt local s’appliquant aux installations photovoltaïques au sol, perçu par les communes, les départements et, en Île-de-France, par la région. Cette taxe d’aménagement pour panneaux solaires est due pour toute construction, rénovation profonde ou agrandissement nécessitant un permis de construire ou une déclaration préalable de travaux. Les panneaux solaires intégrés à une toiture sont exemptés de cette taxe. » 

Le calcul repose sur :
  • La surface taxable : il s’agit de l’emprise au sol des panneaux solaires.
  • Une valeur forfaitaire : fixée à 10 €/m² pour les installations photovoltaïques.
  • Le taux global d’imposition : déterminé par les collectivités locales et comprenant les parts communale, départementale et régionale (en Île-de-France). »
 
Pour le cas présent :
  • Surface taxable : 212 690 m².
  • Assiette de calcul : 2 126 90 ×10 € =2 126 900 €.
  • Recette pour la commune : si le taux communal est de 5 % — taux courant, la commune perçoit : 106 345 € — en une ou deux fois.
 Pour Romain-sur-Meuse, c'est le jackpot ! 
 
d) L’impact sur la Dotation globale de fonctionnement — DGF, ou la « facture » des nouveaux riches
  La Dotation globale de fonctionnement — DGF, versée par l’État, est calculée en fonction de la « richesse théorique » de la commune, appelée potentiel financier.
  En percevant la nouvelle IFER ainsi que la taxe foncière, le potentiel financier communal augmentera fortement. L’État considérera alors que la commune a moins besoin de soutien. Pour une petite collectivité, la DGF peut diminuer de manière significative, voire être supprimée si la commune est réputée « trop riche ». Il existe toutefois un décalage d’environ deux ans : la commune bénéficie d’abord des recettes de la centrale avant que la réduction de la dotation ne s’applique.
  Dans le cas présent, il est probable que la DGF soit fortement réduite, voire supprimée, compte tenu de l’accroissement attendu des ressources.
  Par ailleurs, plus une commune est considérée comme riche au regard de la moyenne nationale, plus sa contribution au Fonds de péréquation des ressources intercommunales et communales  FPIC, augmente. Avec un projet de 48 MWc rapporté à une population modeste, la commune pourrait devenir contributrice. Un prélèvement estimé entre 5 % et 10 % des nouvelles recettes fiscales pourrait ainsi être mobilisé au titre de ce mécanisme de solidarité.

e) Bilan net annuel estimé
  • Recettes Fiscales — IFER + Foncier : 42 582€
  • Baisse de la DGF ou perte : ~ 15 000€
  • Contribution FPIC : ~ 4 000€
  • Effet net annuel : ~ 20 000€
 Pour 88 habitants, bénéficier d’environ 20 000 € de surplus net par an — soit près de 227 € par habitant — représente une somme non négligeable pour une commune déjà financièrement saine.
  Mais la question demeure : le jeu en valait-il la peine ? Derrière ce bénéfice financier se dessinent en effet des impacts importants sur l’environnement, implanter en site Natura 2000, matériel chinois, etc., la santé animale et la faune. De plus, plus les énergies renouvelables intermittentes — EnRi, qu’elles soient solaires ou éoliennes, sont raccordées aux réseaux, plus le contribuable contribue et plus la facture d’électricité du consommateur tend à augmenter
Alors, oui, pour nous, le jeu n'en vaut pas la chandelle ! 
 
 
QU' ONT-ILS FAIT DE LA HAUTE-MARNE ? ILS L' ONT MASSACRÉE PATIEMMENT ! 
 
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LE PHOTOVOLTAÏQUE « MADE IN FRANCE » ENTRE ILLUSION POPULAIRE ET IMPASSE STRATÉGIQUE

   Le solaire photovoltaïque bénéficie aujourd'hui d'une aura exceptionnelle : 79 % des Français lui font confiance pour garantir l'indépendance énergétique du pays. Pourtant, derrière ce plébiscite se cache ce que l'Institut Thomas More1  appelle une « illusion collective ». Entre coûts exorbitants, dépendance étrangère et inefficacité technique, le rapport de Laetitia Puyfaucher déconstruit le mythe d'une énergie qui serait, à tort, perçue comme gratuite et souveraine.
 
1. Créé en 2004 sous l'impulsion de personnalités comme Charles Millon — ancien ministre français de la Défense, 1995-1997, il est aujourd'hui basé à Paris et Bruxelles. L'institut se définit comme un laboratoire d'idées libre et indépendant. Il tire son nom de Saint Thomas More — l'auteur d' Utopia, figure de l'humanisme chrétien, symbolisant la conscience face au pouvoir politique. La liberté et la responsabilité individuelle, l'économie de marché, la subsidiarité, et la défense des racines culturelles de l'Europe — civilisation occidentale, sont ses valeurs. 
 
 
 
Source
 
Une économie sous perfusion
  La réalité financière du solaire est celle d'un gouffre budgétaire. En moins de vingt ans, le secteur a capté 32 milliards d’euros de subventions publiques, donc l'argent des Français, avec une accélération récente atteignant 4 milliards d’euros pour la seule année en cours. Ce soutien massif est jugé disproportionné par rapport aux bénéfices réels :
  • Faible performance carbone : dans un pays dont le mix électrique est déjà décarboné par le nucléaire, l'apport du solaire est marginal.
  • Coûts de réseau masqués : l 'intégration de cette énergie intermittente impose des investissements massifs sur le réseau — pilotés par RTE et Enedis, qui ne sont pas répercutés dans le prix affiché de l'énergie solaire.
  • Le risque de la dépendance et de l'inutilité technique.
  Le rapport souligne un paradoxe géopolitique majeur : en voulant financer notre « indépendance », nous finançons la « déferlante chinoise ». Faute de filière industrielle européenne mature, les subventions françaises enrichissent directement l'industrie de Pékin, donc le gouvernement chinois.
  Sur le plan technique, l'installation massive de panneaux est jugée prématurée, voire « inutile avant 10 ans au plus tôt ». Sans solutions de stockage à grande échelle et sans une modernisation profonde du réseau pour gérer l'intermittence, l'électricité produite en surplus durant les pics de mi-journée est souvent gaspillée ou déstabilise le système électrique.

Pour une « Écologie de Raison »
  Pour sortir de ce que l'Institut qualifie de « biais cognitif », ou erreur de jugement, politique, le rapport préconise un basculement radical de stratégie :
  • Réinvestir dans le socle nucléaire : prioriser la prolongation du parc existant et la construction des EPR2 pour garantir une production pilotable et stable.
  • Imposer une préférence européenne : conditionner les aides publiques à des technologies « Made in Europe » et investir massivement dans la R&D — cellules de nouvelle génération, pour briser l'hégémonie chinoise.
  • Prioriser le stockage et l'efficacité : rediriger les fonds du solaire vers les technologies de stockage — batteries, STEP, et l'isolation thermique des bâtiments, dont l'impact sur la facture et le climat est bien plus certain.
  Le diagnostic de l'Institut Thomas More semble lucide, mais où les solutions proposées arrivent sur un marché déjà largement verrouillé par Pékin. Voyez :
  En 2026, la situation est la suivante :
  • Capacité de production : la Chine est désormais capable de produire seule plus de 1 000 GW de panneaux par an, soit assez pour couvrir deux fois la demande mondiale totale;
  • Les fabricants chinois — Longi, Jinko, Trina, ne se contentent plus de produire moins cher; ils dominent aussi l'innovation sur les cellules à haut rendement — Type-N, TOPCon. L'écart de coût avec un panneau « Made in Europe » est de l'ordre de 30 % à 50 %;
  • En France, 95 % des panneaux installés sont d'origine chinoise. Le rapport Thomas More rappelle que même si nous arrêtions les subventions demain, nous resterions dépendants des onduleurs et des composants chinois pour maintenir l'existant;
  • La France s'est engagée sur des objectifs de décarbonation stricts pour 2030 et 2050. Ralentir le solaire maintenant pour attendre une filière française — qui n'existe pas encore à l'échelle, reviendrait à rater ses objectifs climatiques. C'est le piège : choisir entre la souveraineté — nucléaire/filière locale, et la rapidité — solaire chinois;
  • Stopper les subventions comme le suggère l'Institut pourrait tuer les installateurs français — PME, artisans, avant même que la filière de fabrication ne soit née. 
  En conclusion, les préconisations ou... vœux pieu ? de l'Institut Thomas More arrivent alors que l'Europe tente de corriger 15 ans de moralisme et de naïveté industrielle. S'il n'est, peut-être, pas trop tard  pour sauver une souveraineté technologique future — nucléaire de nouvelle génération et... batteries ?, il semble bien que les carottes soient cuites pour un photovoltaïque français et européen, tué, en partie, par la classe politique qui, par opportunisme électoral, en a fait un de ses arguments  « chouchou ». 

Pour lire le rapport, c'est ICI
 
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SOLEIL NOIR POUR LA RENTABILITÉ DES USINES SOLAIRES

 
 Alors qu'un déferlement de projets d'usines solaires se déroule en Haute-Marne, lire ci-dessus, on apprend que les profits des usines en activité sont actuellement à leur plus bas niveau historique, en Europe.
  Selon Nathalie Gerl, analyste en chef du secteur de l’électricité chez London Stock Exchange Group, LSEG (1), « le plus grand facteur de risque pour le développement des énergies renouvelables est aujourd’hui la baisse de rentabilité du solaire ».
  Un exemple frappant vient d’Espagne : en mai, le taux de capture — c’est-à-dire la part des revenus que les producteurs solaires tirent par rapport au prix moyen de l’électricité — n’était que de 7 %, alors qu’il atteignait 43 % un an plus tôt. Ce chiffre aurait été encore plus faible si certaines installations n’avaient pas volontairement réduit leur production.
  Tous ces éléments combinés font que les revenus des usines solaires baissent fortement. Cela soulève deux questions importantes :  
  1. Le secteur solaire peut-il rester économiquement viable à long terme, sans l'aide d'argent publique et de dispositions préférentielles sur le marché, au même titre que l'éolien ?
  2. Si l’écornifleur du soleil fait faillite ou abandonne le projet, qui paiera ? Est-ce que ce seront les agriculteurs et autres propriétaires terriens, élus locaux, ceux qui y ont permis la réalisation du projet, qui devront tout assumer ou... la collectivité nationale ?
 
(1). London Stock Exchange Group, LSEG, est un important groupe mondial de services financiers et d’infrastructure de marchés financiers, dont le siège est à Londres, formé à la suite de la fusion entre la Bourse de Londres — London Stock Exchange et Borsa Italiana.
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 Les bénéfices solaires européens s'effondrent pour enregistrer le long printemps ensoleillé

 
 
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  Les bénéfices dans les parcs solaires européens se sont effondrés à des niveaux records, ce qui suscite des inquiétudes quant au fait que plus l'industrie se développe, plus les prix vont chuter.
  Les chiffres sont les plus marqués en Espagne, où le taux de capture, une mesure clé de la rentabilité des actifs d'énergie renouvelable, n'a été que de 7 % en moyenne ce mois-ci, selon les données du London Stock Exchange Group Plc. C'est en baisse par rapport à 43 % il y a un an.
 
Source : LSEG
 
  La saison solaire de l'Europe s'étend de plus en plus, exacerbée par une multitude de nouvelles capacités qui inondent le réseau d'électricité. C’est manger aux rendements des producteurs et faire peur aux investisseurs, en particulier en Espagne et en France, où ce printemps a vu des semaines de ciel clair.
« Le principal facteur de risque d’expansion des énergies renouvelables est la baisse de rentabilité dans le secteur de l’énergie solaire », a déclaré Nathalie Gerl, analyste principale de l’électricité chez LSEG. « Des taux de capture inférieurs sapent les arguments économiques en faveur de l’énergie solaire, mettant en péril les objectifs politiques de l’énergie solaire. »
  L'Espagne a vu sa capacité solaire augmenter au-dessus de 50 gigawatts, six fois plus qu'il y a 10 ans, selon BloombergNEF. La croissance rapide reflète une tendance européenne plus large, entraînée en partie par une forte baisse du coût des panels.
  En France, où le taux de capture est à un taux de capture de 13 %, la capacité a presque quintuplé au cours de la période.

Prix zéro

  Lorsque la production d'électricité dépasse la demande, c'est un problème car le volume des batteries branchées sur les réseaux de la région n'a pas encore rattrapé le boom des énergies renouvelables.  Portée par un essor fulgurant, la production d’électricité dépasse parfois la demande. Faute de moyens de stockage, cette surabondance fait plonger les prix — au point de devenir négatifs.
 
  Le taux de capture, qui compare le prix de l'électricité qu'un parc solaire reçoit avec le prix moyen sur le marché de gros, est plus bas en Espagne et en France qu'en Allemagne, où les prix sont plus élevés et le taux supérieur à 30 %.
Le taux de capture de l'Espagne est le plus bas d'Europe, et serait encore plus faible s'il n'était pas nécessaire que les fermes solaires réduisent la production ce mois-ci. Ce changement a eu lieu à l'idée d'une montée en puissance de l'électricité au gaz pour stabiliser le réseau à la suite d'une panne d'électricité à l'échelle nationale en avril.
 
  La responsabilité des propos exprimés ainsi que de leurs conséquences incombe exclusivement à leur(s) auteur(s) à titre individuel. Le blog ne saurait en aucun cas être tenus responsables des contenus publiés.
 

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