LE PHOTOVOLTAÏQUE « MADE IN FRANCE » ENTRE ILLUSION POPULAIRE ET IMPASSE STRATÉGIQUE

   Le solaire photovoltaïque bénéficie aujourd'hui d'une aura exceptionnelle : 79 % des Français lui font confiance pour garantir l'indépendance énergétique du pays. Pourtant, derrière ce plébiscite se cache ce que l'Institut Thomas More1  appelle une « illusion collective ». Entre coûts exorbitants, dépendance étrangère et inefficacité technique, le rapport de Laetitia Puyfaucher déconstruit le mythe d'une énergie qui serait, à tort, perçue comme gratuite et souveraine.
 
1. Créé en 2004 sous l'impulsion de personnalités comme Charles Millon — ancien ministre français de la Défense, 1995-1997, il est aujourd'hui basé à Paris et Bruxelles. L'institut se définit comme un laboratoire d'idées libre et indépendant. Il tire son nom de Saint Thomas More — l'auteur d' Utopia, figure de l'humanisme chrétien, symbolisant la conscience face au pouvoir politique. La liberté et la responsabilité individuelle, l'économie de marché, la subsidiarité, et la défense des racines culturelles de l'Europe — civilisation occidentale, sont ses valeurs. 
 
 
 
Source
 
Une économie sous perfusion
  La réalité financière du solaire est celle d'un gouffre budgétaire. En moins de vingt ans, le secteur a capté 32 milliards d’euros de subventions publiques, donc l'argent des Français, avec une accélération récente atteignant 4 milliards d’euros pour la seule année en cours. Ce soutien massif est jugé disproportionné par rapport aux bénéfices réels :
  • Faible performance carbone : dans un pays dont le mix électrique est déjà décarboné par le nucléaire, l'apport du solaire est marginal.
  • Coûts de réseau masqués : l 'intégration de cette énergie intermittente impose des investissements massifs sur le réseau — pilotés par RTE et Enedis, qui ne sont pas répercutés dans le prix affiché de l'énergie solaire.
  • Le risque de la dépendance et de l'inutilité technique.
  Le rapport souligne un paradoxe géopolitique majeur : en voulant financer notre « indépendance », nous finançons la « déferlante chinoise ». Faute de filière industrielle européenne mature, les subventions françaises enrichissent directement l'industrie de Pékin, donc le gouvernement chinois.
  Sur le plan technique, l'installation massive de panneaux est jugée prématurée, voire « inutile avant 10 ans au plus tôt ». Sans solutions de stockage à grande échelle et sans une modernisation profonde du réseau pour gérer l'intermittence, l'électricité produite en surplus durant les pics de mi-journée est souvent gaspillée ou déstabilise le système électrique.

Pour une « Écologie de Raison »
  Pour sortir de ce que l'Institut qualifie de « biais cognitif », ou erreur de jugement, politique, le rapport préconise un basculement radical de stratégie :
  • Réinvestir dans le socle nucléaire : prioriser la prolongation du parc existant et la construction des EPR2 pour garantir une production pilotable et stable.
  • Imposer une préférence européenne : conditionner les aides publiques à des technologies « Made in Europe » et investir massivement dans la R&D — cellules de nouvelle génération, pour briser l'hégémonie chinoise.
  • Prioriser le stockage et l'efficacité : rediriger les fonds du solaire vers les technologies de stockage — batteries, STEP, et l'isolation thermique des bâtiments, dont l'impact sur la facture et le climat est bien plus certain.
  Le diagnostic de l'Institut Thomas More semble lucide, mais où les solutions proposées arrivent sur un marché déjà largement verrouillé par Pékin. Voyez :
  En 2026, la situation est la suivante :
  • Capacité de production : la Chine est désormais capable de produire seule plus de 1 000 GW de panneaux par an, soit assez pour couvrir deux fois la demande mondiale totale;
  • Les fabricants chinois — Longi, Jinko, Trina, ne se contentent plus de produire moins cher; ils dominent aussi l'innovation sur les cellules à haut rendement — Type-N, TOPCon. L'écart de coût avec un panneau « Made in Europe » est de l'ordre de 30 % à 50 %;
  • En France, 95 % des panneaux installés sont d'origine chinoise. Le rapport Thomas More rappelle que même si nous arrêtions les subventions demain, nous resterions dépendants des onduleurs et des composants chinois pour maintenir l'existant;
  • La France s'est engagée sur des objectifs de décarbonation stricts pour 2030 et 2050. Ralentir le solaire maintenant pour attendre une filière française — qui n'existe pas encore à l'échelle, reviendrait à rater ses objectifs climatiques. C'est le piège : choisir entre la souveraineté — nucléaire/filière locale, et la rapidité — solaire chinois;
  • Stopper les subventions comme le suggère l'Institut pourrait tuer les installateurs français — PME, artisans, avant même que la filière de fabrication ne soit née. 
  En conclusion, les préconisations ou... vœux pieu ? de l'Institut Thomas More arrivent alors que l'Europe tente de corriger 15 ans de moralisme et de naïveté industrielle. S'il n'est, peut-être, pas trop tard  pour sauver une souveraineté technologique future — nucléaire de nouvelle génération et... batteries ?, il semble bien que les carottes soient cuites pour un photovoltaïque français et européen, tué, en partie, par la classe politique qui, par opportunisme électoral, en a fait un de ses arguments  « chouchou ». 

Pour lire le rapport, c'est ICI
 
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