EDF, nucléaire : la France et l' Union européenne vont-ils me "tuer"!?

  Voici un document éclairé et éclairant dont la lecture est vivement recommandée à tous les citoyens et consommateurs de France et de Navarre, du café du commerce jusqu'aux plus hautes sphères de l' Etat. Après en avoir pris connaissance, nul ne pourra plus ignorer comment, politiquement, l'un des fleurons de l' industrie française, synonyme d'indépendance énergétique, d'électricité à volonté, bon marché pour tous partout sur le territoire, est en danger de mort! Si tel était le cas, ce serait la victoire de la minorité  "verte" antinucléaire et décroissante, via la loi de Transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) et surtout, la fin d'une époque dorée pour la majorité des Français et...pour le climat.
   Une autre issue est-elle encore possible? Un début de réponse en 2022!?
   Va savoir, Charles, va savoir!

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EDF et le spectre de l’endettement : dépasser la finance de court-terme

Francois Dos Santos
Citoyen et salarié du secteur de l'énergie
2021 07 11

  Quand l’on parle d’EDF, on évoque souvent sa dette avec des batailles de chiffres : plus il y a de milliards, plus cela génère de l’émoi, et l'aversion à tout investissement. Cette peur est issue d’une méconnaissance du modèle économique de l'électricité, mais aussi la conséquence d’une financiarisation qui limite la visibilité. Démystifions ce sujet, en prenant appui sur l’expérience passée.



 

La production d’électricité : une activité très capitalistique
  La production d’électricité a une caractéristique : Il s’agit d’outils ayant une durée de construction relativement longue – cinq à dix ans – et une durée de vie très longue, de l’ordre de 40 à 60 ans s’agissant du nucléaire. À ce titre, l’investissement dans la production d’électricité se rapproche beaucoup d’un investissement dans une infrastructure, comme un aéroport, une autoroute, un réseau d’eau, d’électricité ou de gaz.
  Il se succède ainsi trois périodes : 
  1. la phase de construction, où les dépenses sont extrêmement importantes sans aucune recette, ce qui génère un endettement important. 
  2. Une phase d’exploitation, où les investissements sont plus faibles, mais où les recettes arrivent, permettant de rembourser progressivement l’investissement initial et où l’on constitue les provisions pour le futur démantèlement. 
  3. Et où une phase de démantèlement, où bien qu’il n’y ait plus de recettes, les provisions constituées sont mobilisées. 
 
 

  Au cours de la vie d’une centrale, des maintenances lourdes, « major refurbishment » dans le graphique, peuvent s’opérer, notamment pour allonger la durée de vie de la centrale. Il se succède ainsi une série de « bosses » et de « creux » qui traduisent les grandes phases d’investissement.
  Puisque l’opposition entre « renouvelables » et « nucléaire » est devenue – hélas – la règle, précisons immédiatement que le cycle d’investissement des ENR est quasiment le même que le nucléaire, à l’exception que la durée de vie initiale est plus proche de 20 à 25 ans. La « maintenance lourde » étant généralement appelée « repowering ».
  Ce cycle s’observe très bien lorsque l’on regarde rétrospectivement l’endettement d’EDF. Il croit très vite à compter de 1975 jusqu’à culminer à près de 230 milliards de Francs dans les années 1980, environ 55 milliards d’euros de 2018. La presse et les institutions publiques s’en alarmaient, comme on peut le lire dans Le Monde, édition du 30 juin 1984 : « La Cour des comptes s'inquiète de la situation "très préoccupante" d'EDF Des frais financiers qui représentent 22 % du chiffre d'affaires ». L’histoire leur a donné tort. 
 
 
 
Source : Rapport Bataille-Galley, OPECST, 1999

  En effet, l’endettement a décru de manière continue à compter de 1990, jusqu’à atteindre la somme extrêmement faible de 17,4 milliards d’euros en 1999. C’est totalement cohérent avec le cycle d’investissement évoqué précédemment. À la succession de bosses et de ceux de l’investissement correspond celle de la dette. Et pourtant, l’origine de la dette au début des années 2000 n’était déjà plus tout à fait la même, puisque des sommes importantes avaient été mobilisées pour acheter London Electricity, Royaume-Uni, Montedison, Italie, ou une participation au capital d’ ENBW, Allemagne.
 
 
 
Rapport annuel EDF 2004

  Marcel Boiteux, ancien Directeur général puis Président d’EDF revenait, en 2000, au cours d’une conférence à l’ Ecole de Paris du management sur cette lecture biaisée de l’endettement : « Notre taux d’investissement n’a pas changé avec le passage au nucléaire. Une centrale à fuel coûte 1, une centrale nucléaire coûte 2, une centrale hydraulique coûte 3. Or, nous étions habitués à avoir 50% d’hydraulique et 50% de fuel : notre taux d’endettement n’a donc pas changé. Seulement, l’endettement, qui n’était pas un problème jusque-là, a commencé à devenir une obsession pour l’intelligentsia dans les années 1975-1980. Or, si notre endettement s’élevait à 2 ou 3 fois notre chiffre d’affaires, nous avions un cash-flow qui représentait 40% dudit chiffre d’affaires et qui nous permettait donc largement de faire face. Car l’unique problème était de savoir si nous étions capables de payer nos dettes au cas où nous devrions disparaître progressivement au cours des 50 prochaines années et on vérifiait régulièrement que c’était bien le cas »
  Ainsi, regarder les sommes décaissées pour l’investissement sans jamais regarder la production qu’elle permet ni sa valeur économique est une vision courante dans le débat sur EDF, le « mur d’investissement », mais qui est totalement en décalage avec les savoirs basiques de tout gestionnaire en bon père de famille.

Des prix de l’électricité restés relativement bas
  Enseignement supplémentaire de l’histoire, EDF a réussi à la fois à se désendetter très massivement, tout en baissant de manière continue les prix de l’électricité. Du milieu des années 1980 jusqu’en 2010, les prix TTC en euros constants ont baissé de manière continue. Ce prix d’ailleurs est resté un des moins chers d’Europe, atout indéniable pour le pouvoir d’achat des particuliers et la compétitivité des industriels. 
 
 
 
Source : site "Connaissance des énergies", statistiques DGEC

  Cela permet également de répondre à une idée couramment répandue : « Le nucléaire a été financé par le contribuable ». Il a été financé en réalité par les clients et non pas par l'impôt. Ce sont bien les recettes des ventes qui ont couvert les différentes dépenses, notamment le désendettement lié à l’investissement initial. Dans un document d’EDF intitulé « le point sur le programme nucléaire », paru en 1996, il est rappelé que le programme nucléaire a été financé à 50% par autofinancement, 42% d’emprunts et 8% de dotations en capital.
  Il reste à observer qu’alors que des investissements majeurs sont à venir – voir ci-après – le levier tarifaire n’aura pas été utilisé pour des raisons particulières sur lesquelles nous reviendrons.

Faire face à l’avenir : le Grand carénage et le renouvellement du parc en France
  L’avenir d’EDF va nécessiter des investissements importants. Deux nouveaux cycles d’investissement s’ouvrent en dix années d’écart. Le premier, c’est le grand carénage, c’est-à-dire une maintenance majeure permettant d’allonger la durée de vie de 10 à 20 ans des centrales nucléaires.  Le coût est évalué à 45 milliards d’euros entre 2014 et 2025. Certaines évaluations divergent car elles considèrent qu’une partie des coûts de prolongation sont au-delà de 2025. S’il est difficile d’isoler les coûts de prolongation proprement dit de la maintenance courante, on peut évaluer que la moitié de ce coût correspond à de la prolongation proprement dite – EDF investissait 1 à 2 milliards par an avant le grand carénage, et investira 3 à 4 milliards par an pendant la période de grand carénage. 
 
 

 
  Ainsi, pour une somme d’environ 25 milliards d’euros, l’on peut disposer d’un parc de production de 61,4 GW, 56 tranches, Fessenheim étant à l’arrêt définitif, pour 10 à 20 ans. Cela représente un investissement de 400€/kW. Par comparaison, l’ ADEME, dans son évaluation du coût des énergies renouvelables, considère que le coût de l’éolien terrestre est de l’ordre de 1400€/kW. Si les charges d’exploitation du nucléaire seront plus élevées, il faut noter que cette centrale produira environ 7000 heures par an contre 2200 heures pour l’éolien.
  Rapporté aux ordres de grandeur qui alarment souvent les ONG, investir 25 milliards d’euros pour maintenir 61,4 GW pendant 10 à 20 ans, cela revient à un investissement de 86 milliards si l’on souhaitait installer 61,4 GW d’éolien terrestre. Pour une durée de fonctionnement trois fois moins élevée. Cela relativise grandement la notion de « mur d’investissement » réservé, étrangement, au seul nucléaire.
  L’autre approche possible est celle du coût cash du nucléaire historique. La SFEN l’évalue à 33€/MWh, incluant le coût du grand carénage. La Cour des comptes, dans une évaluation antérieure, retenait 36€/MWh. Cela signifie, en prenant l’hypothèse d’un prix de vente sur le marché de gros à 45€/MWh que la prolongation créera une richesse de 36 milliards d’euros en 10 ans. Il est considéré ici que les prix de gros et les coûts restent stables sur la période, en considérant que les prix suivront l’inflation naturelle des coûts.
  Ainsi, le Grand carénage est une opération extrêmement rentable et non pas un « mur d’investissement ». En tout état de cause, il faudrait que le prix soit en continu, pendant dix ans, sous les 36€/MWh, ou 33€/MWh selon la SFEN, pour que le Grand Carénage ne soit pas rentable. Il ne peut être affirmé sérieusement que cette hypothèse est probable.
  La question du renouvellement du parc nucléaire français est plus complexe car les coûts ne sont pas tout à fait cernés et surtout que nous « vivons sur l’acquis », c’est-à-dire un parc amorti qui a des coûts extrêmement faibles. La reconstitution du capital initial, c’est-à-dire les marges qui ont été réalisées par EDF ces quarante dernières années, auraient pu être allouées en vue de cet objectif. Des choix de gestion discutables tels que le versement de 23 milliards d’euros de dividende, des acquisitions internationales coûteuses ou encore le préjudice économique lié à l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique, qui revient à subventionner les concurrents d’EDF pour mieux lui prendre des parts de marché sur la fourniture, ont obéré cette capacité d’investissement et expliquent en partie la dette d’EDF.
  EDF aurait pu disposer de ressources importantes qui lui auraient permis de financer le renouvellement du parc avec un recours très faible à l’emprunt, annihilant les frais financiers qui prennent une part majeure dans ce type d’opération. Le grand carénage reste toutefois une opportunité car si l’on affecte les 36 milliards de richesse crée au renouvellement du parc, cela donne déjà une garantie importante pour le financer. Encore faut-il qu’EDF ait la garantie de pouvoir exploiter toutes ses centrales jusqu’à au moins 50 ans, sous réserve de l’avis des autorités de sûreté.

Fin du monopole, libéralisation : l’EDF de 2020 n’est plus celui de 1974
  En 1974, EDF était en situation de monopole, il n’y avait pas de bourse de l’électricité et ses prix de vente étaient discutés avec l’Etat, avec la double ambition de couvrir les coûts mais surtout d’apporter une visibilité sur le long terme. Si l’on reprend le premier graphique de cet article, sans visibilité sur les prix de gros sur 60 ans, aucun investisseur ne peut avoir la garantie que ses dépenses initiales seront couvertes sur toute la durée de vie de l’actif.
  La bourse de l’électricité française reste à cet égard très volatile puisque les prix de l’électricité peuvent osciller entre 80€/MWh en 2008, 25€/MWh en 2016 et 45€/MWh aujourd’hui alors qu’il s’agit du même produit, et qui a des coûts de production relativement stables par ailleurs. Ou, en tous cas, l’amplitude des variations de prix sont supérieures à celles des coûts, étant rappelé que le nucléaire – mais comme les ENR d’ailleurs – sont des industries de coûts fixes. 
 
 
 
Source : Opéra énergie - données EEX

  Il en découle que peu d’investisseurs n’acceptent de prendre un tel risque. C’est la raison pour laquelle peu d’investissements, toutes technologies confondues, ne se font sans soutien public ou garantie publique. À l’instar des tarifs d’achat garantis sur l’éolien et le photovoltaïque qui émancipent totalement les producteurs de la bourse. Ou encore l’ EPR d’ Hinkley Point C, qui bénéficiera d’un contrat pour différence (CfD) qui est un mécanisme similaire.
  Le rapport de l’ IEA « World Energy Investment » montre cette réalité cruelle : la quasi-totalité des investissements dans le secteur de l’électricité, tous domaines confondus, se font hors-marché. La bourse sert donc davantage aux fournisseurs d’électricité, ceux qui achètent en gros pour le revendre au détail aux particuliers et entreprises, qu’aux producteurs. En particulier puisque les prix de gros sont souvent inférieurs au coût complet d’un investissement neuf, toutes technologies confondues. 
 
 
 
Rapport IEA : World energy investment 2019

  Il faut d’ailleurs observer que les opérateurs historiques, tels qu’EDF souffrent beaucoup de l’évolution des prix de gros, car, bien qu’elle soit le plus gros investisseur en France, elle est aussi l’entité la plus exposée au risque marché. Un acteur économique rationnel ne peut pas maintenir un moyen de production quand ses prix de vente sont significativement en dessous des coûts de revient. Sauf à voir son endettement repartir à la hausse. La relation entre l’ EBITDA d’EDF et l’évolution des prix du marché de gros est de 300M€ pour 1€ d’écart à la bourse. On mesure assez vite ce que peut représenter une chute de 45€ à 30€/MWh. Et cela se ressent sur les résultats financiers de 2016 à 2018 par exemple.
  Ce point se retrouve aussi sur le mode de fixation des tarifs de l’électricité sur le marché de détail, les consommateurs. Ils dépendent des prix de gros pour les grandes entreprises, le problème évoqué ci-dessus étant alors strictement identique. Pour les petits consommateurs particuliers et professionnels, c’est le tarif réglementé qui s’applique. Celui-ci est fixé à partir d’une formule de calcul qui ne tient pas compte des coûts d’EDF et est partiellement indexé sur les prix de gros.
  Il en découle que le levier tarifaire est totalement absent dans la politique d’investissement d’EDF. L’entreprise ne maîtrise plus le niveau de ses recettes, mais c’était bien l’objectif des pouvoirs publics en instaurant une bourse de l’électricité au moment de la libéralisation du marché.
  Enfin, la dernière évolution porte sur la nature même de l’activité d’EDF. Auparavant, son rôle était essentiellement tourné sur la France, c’est-à-dire que les recettes de l’électricité française visaient à financer l’outil productif français. Aujourd’hui, EDF est un acteur mondial et très présent sur certains marchés comme le Royaume-Uni ou l’Italie. De telle sorte que les recettes de l’électricité ont été utilisées pour développer des activités à l’étranger et, par exemple, que c’est l’intégrité du premier électricien français qui est en risque dans un projet tel qu’ Hinkley Point C, de près de 20 milliards d’euros. Car précisément pendant la phase de construction, comme tous les autres projets, il ne rapportera rien. Et ce sont les recettes de tout le Groupe EDF, dont plus des deux tiers sont encore issues des activités historiques, qui soutiennent en partie ce développement. Cela ne signifie pas qu’il s’agit d’un mauvais projet, mais tout simplement que le profil de risque et l’allocation du capital n’est plus la même. Cela explique par exemple que la dette d’EDF est passée de 17 à 44 milliards d’euros entre 2007 et 2009, non pas sous le seul l’effet de l’activité nucléaire française, mais aussi après avoir acquis plusieurs entreprises comme British Energy, 11 mds €, Constellation, 2,5 mds €, ou SPE Luminus, 1,3 Mds.
  Il reste toutefois cocasse d’observer que la France n’est pas capable de demander à EDF d’engager un renouvellement du parc électronucléaire français, par aversion au risque ou opposition politique, tout en soutenant, en tant qu’actionnaire, qu’EDF le fasse auprès du Royaume-Uni par exemple.
  En guise de conclusion : l’urgence de sortir du déclinisme
  En synthèse, ce que nous avons essayé d’expliquer dans cet article :
  • Le nucléaire est une activité très capitalistique, mais comme le sont aussi les ENR
  • La production électrique se rémunère très difficilement sur une bourse dont la volatilité est importante et n’envoie pas les signaux de prix nécessaires pour stimuler l’investissement
  • La notion de « mur d’investissement » n’a pas de sens et tout investissement doit être regardé sur l’ensemble du cycle de vie de l’actif pour pouvoir apprécier son opportunité
  • L’endettement d’EDF a été bien plus élevé par le passé et a réussi à se désendetter tout en baissant significativement ses tarifs
  • EDF a apporté une valeur économique indéniable au Pays en protégeant le pouvoir d’achat des particuliers et la compétitivité des entreprises
  Nous devons progresser en maturité politique, et cesser de pousser des cris d’orfraie dès que le mot « milliard » est prononcé. À cet égard, les ONG et les partis politiques sont un contre-exemple absolu qui n’aide pas à la décision publique, ni à éclairer les citoyens.
  Le monde de demain va peut être nécessiter plus d’électricité. Dans tous les cas il faudra remplacer l’outil actuel qui va progressivement arriver en fin de vie. Qu’importe la technologie retenue, cela constituera des sommes importantes à mobiliser, dans une période très brève. La peur excessive et irrationnelle dont font preuve les décideurs publics et les leaders d’opinion empêche toute décision.  Or, la sécurité d’approvisionnement du pays, sa capacité à relever le défi climatique et le maintien de prix de l’électricité abordable dépendent de décisions qui doivent être prises très rapidement et dans une optique de long terme.
  L’autre sujet majeur va être de construire un modèle de marché compatible avec les impératifs de long terme de l’industrie électrique. Un marché à terme sur trois ans dont les prix fluctuent chaque jour est tout simplement incompatible avec les enjeux de l’investissement sur une centrale dont la durée de vie dépasse les cinquante ans et qui produit un bien de première nécessité.
  Gageons que les décideurs publics sauront trouver la voie pour éviter, ce que François Soult qualifiait dans un ouvrage écrit en 2003, de « désastre inéluctable »

Péninsule ibérique : quand un petit avion maladroit créé une coupure massive de courant

  Ce blackout sonne-t-il comme une répétition générale "grandeur nature" de ce qui attend à l'avenir les Européens? et devront-ils, dès lors, s'habituer à vivre avec cette menace permanente?
  Va savoir, Charles!

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La péninsule ibérique déconnectée du réseau européen

2021 07 26

   L'Espagne et le Portugal ont subi une coupure de courant massive le 24/07.  Plus d'un million de personnes ont dû se passer d'électricité. C'est la deuxième fois cette année qu'un sous-réseau a dû être déconnecté du réseau électrique européen pour éviter une panne générale. Le 8 janvier, le réseau d'Europe de l'Est avait déjà été déconnecté , et il fallait maintenant déconnecter la péninsule ibérique du réseau européen.
 
 
 
 Péninsule ibérique déconnectée du réseau européen. Une perturbation relativement faible en France provoque presque une panne générale du réseau électrique européen.

Un petit avion en France endommage une ligne électrique
  La cause de la panne était en France. Là, un petit avion a endommagé l'une des nombreuses lignes électriques à haute tension vers l'Espagne. L'opérateur a dû couper la ligne par précaution. Cela a provoqué une pénurie d'électricité en Espagne et au Portugal et la fréquence du réseau est tombée à un niveau critique de 48,6 Hz.
  Cette baisse de fréquence a déclenché un délestage automatisé, comme décrit dans notre article "5-Stages to Blackout - The Safety Concept of the Electricity Grid", qui a entraîné la panne de courant dans plusieurs provinces d'Espagne et du Portugal..
 
La péninsule ibérique déconnectée du réseau européen
   La région la plus gravement touchée a été la Catalogne, où environ 645 000 clients de l'électricité ont été affectés. Mais la capitale Madrid, la région d'Andalousie, l'ensemble du Pays basque, ainsi que la région de Valence et plusieurs provinces du Portugal ont également dû se passer d'électricité.  La panne a duré environ une heure et n'a pas été grave grâce à l'intervention des systèmes de sécurité européens.
 
Le réseau électrique européen est déjà menacé par de petites perturbations locales
   Cependant, cet incident montre à quel point le réseau électrique européen est devenu critique. Le petit avion mentionné comme étant la cause n'est qu'une partie de la vérité.
   Avant l'expansion massive des énergies renouvelables, les lignes à haute tension entre les points d'alimentation étaient généralement conçues de manière redondante. C'est pourquoi ces lignes étaient utilisées au maximum à 50 % de leur capacité de transmission en fonctionnement normal. En cas de défaillance d'une ligne, les autres lignes pourraient augmenter la capacité en conséquence et ainsi prévenir de manière fiable une panne d'électricité.

Les réseaux ne sont pas conçus pour une expansion massive des énergies renouvelables
   Cependant, en raison de l'expansion croissante des énergies renouvelables, tant les points d'injection dans le réseau électrique que la direction du transport de l'électricité changent. Il en résulte des charges nettement plus élevées sur les différentes lignes du réseau à haute tension, de sorte que cette redondance n'existe plus. Si une ligne tombe en panne, les autres atteignent leurs limites de capacité, de sorte que la puissance totale transmise doit être réduite. Cela signifie que même de petites perturbations locales, comme celle du 8 janvier, peuvent provoquer l'effondrement de l'ensemble du réseau électrique européen.
   Ce n'est qu'une question de temps avant que la prochaine perturbation n'entraîne de nouvelles déconnexions du système. Il ne reste plus qu'à espérer que les systèmes de sécurité continueront à réagir rapidement et de manière fiable et qu'ils empêcheront ainsi un black-out à l'échelle européenne. Cependant, il ne faut pas utiliser le système de sécurité trop souvent, après tout, on ne freine pas constamment sa voiture avec une intervention de l'ABS.
 

Union européenne : l'illusion politique de la neutralité carbone

  Pendant que l'Union européenne pratique, en vain, la "course à l'échalote" de la décarbonisation, drivée à la cravache par l' Allemagne et les écolos antinucléaires décroissants, ailleurs dans le monde : "...les émissions mondiales ont augmenté de 58 % depuis l’adoption de la convention sur les changement climatique des Nations Unies et que la Chine augmente chaque année en moyenne, sur 10 ans, ses émissions de CO2 de 70 % de celles émises par la France en une seule année..."
  Une seule certitude et ce, quelque soit le résultat de cette course folle, on connait les "perdants" : "...Tout cela ne sera possible qu’en rendant l’énergie chère et rare". Ce que l'on peut traduire par : consommateur/citoyen européen prépare-toi à passer à la caisse!

 

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Union européenne : le pacte vert incompatible avec le traité de Lisbonne

Le traité de Lisbonne nous sauvera-t-il des mesures liberticides du pacte vert ?

Samuele Furfari
   Docteur en sciences appliquées et ingénieur, Samuele Furfari enseigne la géopolitique de l’énergie à l’Université libre de Bruxelles depuis 2003. Il a été fonctionnaire européen pendant 36 ans à la Direction générale de l'énergie de la Commission européenne. Il est président de la Société Européenne des Ingénieurs et Industriels.

  La Commission européenne a adopté le 14 juillet 2021 un ensemble de propositions pour adapter les politiques de l’Union en matière de climat, d’énergie, d’utilisation des terres, de transport et de fiscalité. Son but est d’atteindre l’objectif entériné en décembre dernier par le Conseil et le parlement visant à réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici à 2030, par rapport aux niveaux de 1990.

 

Ursula von der Leyen by EU2017EE(CC BY 2.0) — EU2017EE,

  Elle ambitionne d’être le « le premier continent » (!) à parvenir à la neutralité climatique d’ici à 2050. À l’occasion d’une conférence de presse avec 7 Commissaires, 12 propositions législatives ont été présentées, en louant l’énormité jamais égalée des milliers de pages de textes destinés à permettre de transformer en profondeur l’économie et la société qui est « équitable, écologique et prospère ». Sans retenue, le vice-président a introduit le sujet en jouant sur la peur. On peut imaginer combien la démagogie aurait été exploitée si cette présentation était intervenue après les inondations
du lendemain.

Des proposition pas assez radicales pour les écolos
   Dès sa publication, les ONG écologistes ont trouvé à redire parce que ces propositions ne vont pas assez loin et pas assez vite. Certaines se sont plaintes du traitement favorable que la Commission accorde à la combustion du bois ― pompeusement rebaptisé bioénergie ― afin de s’amadouer les pays nordiques qui ne peuvent compter sur l’énergie solaire comme ceux plus au sud, mais aussi parce que sans la bioénergie qui représente deux tiers des énergies renouvelables l’objectif européen
serait une aberration totale.
   Chaque lobby industriel ou du transport a trouvé à redire sur les points qui vont les frapper. Pour l’anecdote, le lobby des forêts suédoises conteste les mesures de taxation du transport maritime, parce que cela va rendre le transport de leur bois plus cher. Car cet ensemble législatif et fiscal va frapper tous les aspects du monde économique, mais aussi chaque moindre geste des citoyens européens. Il s’agit ni plus ni moins de 12 textes liberticides.
  Nous avons appris au lycée que l’énergie est la même notion physique que le travail, c’est-à-dire le déplacement d’une force, un poids, sur une distance. En conséquence, tout ce que nous faisons dans la vie — absolument tout — a besoin d’énergie. Ces mesures proposées par la Commission vont donc impacter tout et tous.
  On comprend qu’on va devoir payer cher ces mesures qui n’ont rien d’économique puisqu’ autrement il n’aurait pas été nécessaire de légiférer. Ne prenons qu’un exemple : celui des énergies renouvelables que la Commission veut porter en 2030 — en 9 ans — à 40 % de l’énergie finale consommée alors qu’elles sont de 15,8 % selon les dernières données d’ Eurostat.

Le défi insoutenable des renouvelables

  On observera en passant que les seules énergies acceptées par les écologistes, éolien et solaire, représentent 1/5 des énergies renouvelables. On mesure le défi. Mais surtout, on réalise l’ampleur de la manipulation de tous ceux qui prétendent sans rire que les énergies renouvelables sont économiques.
  Mais alors, pourquoi faudrait-il que la Commission européenne publie un texte de 469 pages pour contraindre leur production ? Tout cela ne sera possible qu’en rendant l’énergie chère et rare ce qui est le contraire de l’objectif à la base de la création des Communautés européennes qui voulait une « énergie abondante et bon marché », Messine, 1955.
  La Commission est consciente des implications sociales des mesures fiscales indispensables pour forcer la mise en œuvre de mesures non économiques. C’est la raison pour laquelle elle a également proposé un nouveau Fonds social pour le climat pour allouer des moyens spécifiques aux États membres afin d’aider les personnes à financer leurs investissements dans la rénovation, de nouveaux systèmes de chauffage et de refroidissement et une mobilité plus propre.
  Le Fonds social pour le climat serait financé par le budget de l’Union, doté de 72,2 milliards d’euros de financement pour la période 2025-2032, ce qui exigera une « modification ciblée » du cadre financier pluriannuel durement marchandé en fin d’année dernière. On va donc ouvrir la boîte de Pandore. Elle demande aussi aux État membres d’apporter autant sur leurs budgets.
  Le gouvernement hongrois a déjà fait savoir qu’il opposerait son veto à ces mesures. Il en a le droit pour ce qui concerne les mesures fiscales. En effet, l’article 194.3 du Traité de Lisbonne demande l’unanimité pour les mesures « essentiellement de nature fiscale ».
  C’est précisément le cas pour plusieurs des textes proposés par la Commission. Les juristes des trois principales institutions de l’UE vont devoir trancher, mais nul doute que cela finira devant la Cour européenne. Cela prendra des années et bien entendu l’objectif de 2030 ne pourra pas être atteint.
  On peut aussi se demander si toutes ses mesures ne sont pas contraires à l’article 194.2 du traité qui sauvegarde « le droit d’un État membre de déterminer les conditions d’exploitation de ses ressources énergétiques, son choix entre différentes sources d’énergie et la structure générale de son approvisionnement énergétique ».
  La directive sur les énergies renouvelables se garde bien de dire quelles énergies renouvelables produire ou utiliser, ce serait illégal. Mais l’ensemble des mesures proposées ce 14 juillet impactent toutes indirectement le choix énergétique des États. Le cas de la Pologne est un exemple : ce pays dont 72 % de l’électricité provient de son charbon national a dit accepter de réduire ce pourcentage, convaincue par la généreuse dotation sociale européenne.
  Mais passer du charbon au gaz naturel pour produire l’électricité est une chose, mais taxer le chauffage domestique comme le propose la Commission européenne en est une autre. Interdire les voitures thermiques dont la Pologne est un énorme producteur de composants ne sera pas accepté si aisément, surtout que les composants des véhicules électriques seront essentiellement importés de
Chine.

Et le nucléaire ?
  D’autant plus que pour ne pas froisser l’Allemagne — mais aussi par conviction de certains de ses commissaires les plus actifs dans ce domaine — la Commission européenne n’ose pas évoquer le nucléaire dans tout ce paquet.
  Elle ne peut l’interdire mais elle ne fait rien pour l’aider comme elle le fait avec les énergies renouvelables alors que cette énergie non seulement ne produit pas de CO2, elle évite l’émission de 311 Mt soit 11 % des émissions totales du secteur de l’énergie, mais contrairement à celles renouvelables, elle n’est ni intermittente ni variable et n’a pas besoin de la contrainte législative pour être produite.
  Plusieurs mesures concernent les pouvoir locaux comme l’imposition de rénovation des bâtiments publics, gestion des forêts à des fins énergétiques. Les juristes pourraient devoir vérifier si ces mesures sont compatibles avec le traité, notamment l’article 192.
  Tout cela renforce dans tous les cas les craintes que nous avions déjà évoquées l’an dernier au sujet de l’incompatibilité du Pacte vert avec le traité de la charte de l’énergie qui protège les investissements en matière d’énergies fossiles encore pendant 20 ans même au cas où une partie sort de ce traité international.
  Fort de l’appui médiatique et des ONG écologistes la Commission tente le passage en force. Les gouvernements vont réagir. La population encore plus. Les Gilets jaunes seront insuffisants, c’est toute la garde-robe qui sera jaune. On connait l’histoire de la grenouille que l’on plonge dans l’eau chauffée progressivement et qui finit par être bouillie sans s’en apercevoir.
  La population européenne constamment effrayée par des prévisions apocalyptiques des ONG écologistes et des politiciens en quête d’adhésion populaire méconnaissent les conséquences
terribles des politiques climatiques.

Le prétexte de la pandémie ?
  Elle a tout accepté naïvement alors que les émissions mondiales ont augmenté de 58 % depuis l’adoption de la convention sur les changement climatique des Nations Unies et que la Chine augmente chaque année en moyenne, sur 10 ans, ses émissions de CO2 de 70 % de celles émises par la France en une seule année. Les politiciens profitent-ils des privations de liberté décidées pour affronter la pandémie pour imposer à la population cette autre vague de contraintes ?
  Comme la grenouille, allons-nous sauter de la marmite européenne du changement climatique déjà très chaude qui est en train de détruire ce que nous avions si bien construit depuis 1950 ? Nous avons besoin de l’UE, mais celle de la prospérité, de l’innovation et non pas celle des lois et des taxes.

Haute-Marne, Thonnance-lès-Joinville : c'est NON à l'éolien

L' "enfer du Nord" éolien! Ce surnom donné en 1968 à la mythique course cycliste Paris-Roubaix et " ses fameux 29 secteurs pavés sur 55km", va malheureusement comme un gant au territoire situé au nord de Chaumont tant la présence de zones industrielles d'éoliennes y est extraordinaire : plus de 100 à ce jour! Et c'est au milieu de ce territoire perdu pour des décennies que vivent au quotidien les 773 Thonnançaises et Thonnançais. Les vents dominants, ouest/sud-ouest/sud plus la situation géographique du village, au nord de plusieurs ZI d'éoliennes, font que la population subit régulièrement les pollutions que sont le bruit et les infrasons, inaudibles pour l'homme qui peuvent déclencher chez certains résidents permanents des symptômes tels que des troubles du sommeil, des maux de tête, de la fatigue, des nausées, etc. C'est ce que la médecine nomme le "syndrome éolien"

Au milieu de l' "enfer du nord" éolien , Thonnance-lès-Joinville!
- éoliennes autorisée éoliennes refusées
- éoliennes construites
- projet déclaré sans suite
- flèches = vents dominants : ouest/sud-ouest/sud.
Source

 Dans ces conditions, est-ce que le nombre d'éoliennes va finir par dépasser le nombre de lotissements?, le NON du conseil municipal est, quand même, synonyme de protection de la santé, de la Biodiversité et du patrimoine. En ce sens, tous nos remerciements vont à la majorité municipale. Maintenant, nous savons que rien n'est définitivement terminé et qu'un ou une poignée de propriétaires privés ou/et des exploitants agricoles pourraient privilégier leurs propres intérêts au détriment de la collectivité, et accepter de louer leurs terres... On dit ça, on dit rien!
À suivre...

   À noter que la commune est, du point de vue financier, fort bien gérée puisqu'elle obtient la note de 18/20, mairie économe :
- Montant des dépenses par habitant en 2 019 : 359 €
- Médiane des communes de même taille : 549 €
Source
  Ceci expliquant peut-être cela...

Conseil municipal 2020-2026

- Janique Malingrey, commerçants et assimilés
- Yolande Stocker, anciens employés
- Marie-France Tissot, anciens employés
- Alain Malingrey, maire, anciens cadres
- André Guérinot, anciens ouvriers
- Gérard Morant, ouvriers qualifiés de type industriel
- Jérémy Vallon, employés civils et agents de service de la fonction publique
- Virginie Contignon, employés de commerce
- Priscillia Floquet, personnels des services directs aux particuliers
- Evelyne Pionnier, personnels des services directs aux particuliers
- Fabien Barbier, agriculteurs sur moyenne exploitation
- Didier Lecomte, anciens artisans, commerçants, chefs d'entreprise
- Biagio Limongi, anciens artisans, commerçants, chefs d'entreprise
- Joël Pseaume, anciens cadres
- Roland Voillemin, chauffeurs
  En gras, les réélus en 2020

- inscrits : 548 / 632 en 2014
- abstentions : 277 / 257
- votants : 271 / 365
- blancs ou nuls : 8 / 33
- exprimés : 263 / 332
 Source

 jhm 2021 07 25

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Haute-Marne : Chaumont à la La Belle Époque, épisode VIII

Précédemment
https://augustinmassin.blogspot.com/2021/06/haute-marne-chaumont-la-la-belle-epoque.html
https://augustinmassin.blogspot.com/2021/06/haute-marne-chaumont-la-la-belle-epoque_13.html
https://augustinmassin.blogspot.com/2021/06/haute-marne-chaumont-la-la-belle-epoque_21.html
https://augustinmassin.blogspot.com/2021/06/haute-marne-chaumont-la-la-belle-epoque_26.html
https://augustinmassin.blogspot.com/2021/07/haute-marne-chaumont-la-la-belle-epoque.html
https://augustinmassin.blogspot.com/2021/07/haute-marne-chaumont-la-la-belle-epoque_11.html
https://augustinmassin.blogspot.com/2021/07/haute-marne-chaumont-la-la-belle-epoque_18.html

  Le tableau démographique de la Haute-Marne arrêté fin de semestre 1908 dit que :
  • la population de l'arrondissement de Chaumont est de : 72 775 habitants
  • la population de l'arrondissement de Langres est de : 79 477
  • la population de l'arrondissement de Wassy est de : 69 472
  • Total : 221 724 habitants [2021 : 174 069 ; INSEE]
  Dans son "almanach" édition 1969, corrigée le 25 novembre 1967, l' Administration des P.T.T [sigle de l'Administration des Postes, Télégraphe(s) et Téléphone(s), jusqu'en 1959 ; puis par extension : appellation usuelle de l'Administration des Postes et Télécommunications, de 1959 à 1980] déclare que la population de la Haute-Marne n'est plus que de 208 446 habitants. Baisse : 6%.

À partir de 1963, c'est le téléphone Socotel s63, en plastique gris, qui s'imposera, et qui se colorera dans les années 1970-80. Remplacé dans les années 80 par un nouveau modèle avec clavier multi fréquences ... Pour tout savoir sur l'histoire du téléphone, c'est ICI.

  La même année la population de Chaumont atteint, en hausse, 27 569 habitants. [2021 : 21 990 ; INSEE]
  Deibler au travail [Anatole Joseph François, 1863-1939 ; bourreau ; il opéra de 1899 jusqu'au 24 février 1939 jour de sa dernière exécution, à Lyon, où il décapite Abdelkader Rakida. Il aura exécuté en tout près de quatre-cents criminels. Source]
  Le Bourreau de Justice ne viendra que plus tard à Chaumont pour instrumenter les misérables Ernette [Alphonse, 25 ans, ouvrier, déserteur. Profite de l'ivresse de Charles-Jules Saulnier, 57 ans, ouvrier, le 13 mars 1921 à Saint-Dizier, pour tenter de voler son portefeuille, mais face à sa résistance, l'assomme à coups de bouteille, puis de coups de pied au visage, pour lui dérober au total 410 francs ; exécuté le 29 juin 1921 à Chaumont] et Bâton [Fernand, 23 ans, cheminot auxiliaire à la Compagnie des chemins de fer de l'Est. Assomme à coups de bâton et étrangle Marthe Huguenin, 42 ans, le 20 janvier 1921 pour... 4 francs et un parapluie, objet qui causa son arrestation ; exécuté le 28 juin 1921 à Chaumont. Pour connaître tous les condamnés à mort en France, c'est ICI]
  Aujourd'hui je ne veux que noter, au hasard de mes lectures de presse, l'atroce et scandaleuse nuit qui précéda, à Béthune, l'exécution de quatre malandrins. Toute la nuit, une foule indigne a empli les estaminets [petit café, débit de boissons, surtout dans le nord de la France et en Belgique ; Larousse] voisins de la place du supplice et mené un tel tapage que l'un des condamnés, réveillé par les cris et les chants bien avant l'heure officielle, a pu deviner le sort qui allait être le sien.
  Quand enfin se découvre la rouge machine et qu'un à un, les suppliciés garrottés sont poussés et jetés vers elle, c'est un déferlement de cris, d'acclamations, d'insultes ordurières aussi à l'adresse des malheureux qui vont mourir. Deibler, le bourreau, est applaudi, congratulé à l'instar d'un bienfaiteur national.

Anatole Deibler, 54 ans de carrière. Quelques célébrités : Santo Jéronimio Caserio, assassin de Sadi Carnot, président sous la IIIe République, 1894 ; les 3 membres survivants de la "Bande à Bonnot", 1913 ; Henri Désiré Landru, célèbre tueur en série surnommé "le Barbe-Bleue de Gambais", 1922 ; Paul Gorguloff, l'assassin de Paul Doumer, président sous la IIIe République, 1932. Source

Paul Doumer évacué de l'hôtel Salomon de Rothschild immédiatement après avoir été atteint par des coups de feu : "Le président de la République est transporté dans son automobile" Le Matin, le 7 mai 1932

  Le scandale est tel que l'opinion s'émeut devant tant de cruelle bassesse. Les fêtes de sang sans-culottides, sur la Place de Grève, devenue Place Louis-XV avant d'être de la Concorde, ont toujours leurs fervents... En marge de ces scènes d'une répugnante bestialité, nous aurons appris que, pour prix de son ouvrage, M. Deibler perçoit un traitement mensuel de 500 F augmenté d'une indemnité de 666, 66 F pour l'entretien de la guillotine. Ses aides, M. Desfourneaux, qui deviendra son gendre et lui succèdera plus tard, et M. Deville touchent respectivement 4 000 F et 3 000 F par an.
  Dans une autre partie de cet ouvrage, j'aurai à vous entretenir des grandes affaires criminelles à Chaumont.

Les Livres-Penseurs
  Par réaction, car l'on est toujours le "réactionnaire" de quelqu'un ou de quelque chose, contre la "soutane", la "calotte" ou les "mômeries [enfantillage, surtout pluriel, Larousse] d'église", les Sociétés de Libre-Pensée affirment, publiquement maintenant, le droit de leurs membres à vivre et à mourir selon leur consciences, sans recourir aux bons offices de la religion.
  La plus haute manifestation de refus, la dernière aussi, est, pour le libre-penseur, d'exiger des obsèques civiles. Mais il se trouve aussi que la famille du moribond ne partage pas toujours d'aussi fermes convictions et il en résulte certaines tractations secrètes, assez sordides au demeurant, pour faire tomber l'âme défaillante du "bon côté". Plus d'une fois, la future veuve ou quelque fille dévote réussira à introduire le prêtre dans la maison pour le conduire au chevet de l' agonisant. Saisi de la grande peur dernière, l'homme qui s'en va se raccroche-t-il à cette ultime espérance? Calcule-t-il, au seuil de la tombe, l'incertitude finale de son destin et choisit-il, en toute lucidité, le" Pari" de Pascal?  [Blaise, 1623-1662 ; mathématicien, physicien et écrivain ; " Pascal propose à l'athée le pari suivant : “Dieu est ou il n'est pas. Mais de quel côté pencherons-nous ? La raison n'y peut rien déterminer; il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu, à l'extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile. Que gagnez-vous ? Par raison, vous ne pouvez faire ni l'un ni l'autre; par raison vous ne pouvez défendre nul des deux. ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont pris un choix; car vous n'en savez rien“, Pensée, 1669. Source] Nul ne nous le dira.

 

 Blaise Pascal, 1623-1662


  Demain, dans la réalité des faits, nul ignorera que le "mécréant" d'hier, "le mangeur de curé", le "saucissonneur du Vendredi-Saint" est mort "muni des Sacrements de l' Eglise" et va partir au cimetière derrière la croix, suivi de l’encensoir et du goupillon. Un affront durement ressenti par la Société de Libre-Pensée de Chaumont. Car, à Chaumont, le doyen des Libres-Penseurs vient de disparaître et on l'a "enterré à l'église!".
  Le 14 février, la Société que préside le journaliste Le Page, du "Petit Haut-Marnais", tient assemblée dans la Salle de la Justice de la Paix pour examiner ce cas entre tous inexplicable. C'est un fait patent que le défunt doyen, sociétaire depuis plus de vingt ans, était "connu comme un libre-penseur militant". Quelles puissances occultes ont bien pu faire pression sur sa conscience pour qu'il ait accepté de se faire inhumer avec le concours des prêtres? C'est avec une vive indignation que la Société prend acte de ce défi à la pensée libre et vote incontinent un ordre du jour "protestant contre les obsèques religieuses injurieuses pour (sa) mémoire, qui lui furent faites".
  Et pour que semblable fait ne se reproduise plus à l'avenir, les assistants décident à l'unanimité que, désormais, "tout nouvel adhérent devra déposer, à la Société de Libre-Pensée, son testament en règle. Les adhérents actuels sont pareillement invités à en faire autant, sous peine d'exclusion".
  De cette dernière lutte d'idées menée jusqu'au bout au chevet des moribonds, de ces marchandages, somme toute fort indécents, disputés entre les tenants du ciel et les suppôts de l'enfer, faut-il rire? ou ne convient-il pas plutôt de pleurer?

En calèche
  Mais laissons ces funèbres propos pour reprendre goût à l'aimable vie chaumontaise.
  L'automobile dévastatrice des basses-cours, mangeuse de poussière, aussi bruyante que nauséabonde, n'a pas encore conquis les foules, malgré les très louables efforts de Lorinet, de Brion, de Malburet. On se fie plus volontiers au paisible "moteur à crottin" et qu'il s’agisse de promenades hygiéniques ou de grandes cérémonies de famille, la calèche à double ressorts est toujours de mise. Que dis-je? C'est un signe d'élégance et de haute distinction! C'est à son bord que l'on n'hésite pas à entreprendre de longues expéditions vers les campagnes lointaines et la moitié du village au moins s'ébaubit et s'extasie quand, le jour de la fête patronale, juste à l'heure de la grand'messe chantée, arrive dans son grand roulement, le phaéton des cousins de Chaumont.
  Hé bien! dites donc! on peut dire que vous en recevez du beau monde! Et quelle belle carriole!


                

 Phaéton, année 1900, signé Delpigny.

   Le médecin de campagne, le vétérinaire de canton ne dédaignent pas la bicyclette mais l'engin présente l'inconvénient grave d'exiger un rude effort physique. Combien n'est-il pas plus commode d'atteler un demi-sang dans les brancards d'un tilbury léger?

 

 Tilbury, au musée des voitures de Geraz do Lima, Portugal. Porte le nom du carrossier qui l'a mise au point. Source

 Pour ce qui est des campagnards - le mot est plus noble que péjoratif - ils ne sont pas à la veille de s'en laisser conter avec toutes ces bastringues  à moteur. S'ils viennent en ville, pour le marché, les habits de noce ou les cierges de l'enterrement, c'est à pied, s'ils sont du voisinage, ou dans leur charrette à deux roues hautes. Sur cette balançoire, le siège avant est fait d'une bonne planche, les sièges arrière d'un botte de paille. Le pur-sang qui la tire s'appelle "Mignonne" ; elle a douze ans et son poulain annuel attrape un an tous les douze mois. Elle pèse dans les 800 kilos et ne rougit pas de son embonpoint : c'est la fierté, c'est aussi la force tranquille des Ardennais. C'est toujours le plus
lourd qui l'emporte.

"...Connu et mentionné depuis l’Antiquité romaine où il sert à la remonte des armées, l’ardennais devient jusqu’au début du XIXe siècle l’une des meilleures races de chevaux de selle et de trait léger pour la traction du matériel d’artillerie militaire. Sous l’empire napoléonien, ils sont réputés pour avoir survécu à la campagne de Russie..." Source

   Aussi n'a-t-il pas mal calculé son affaire, M. Scharpf-Petit, restaurateur rue Pasteur, n°14, qui, non content de soigner et sustenter l'homme à pied, loue de "bons chevaux et des voitures très confortables : petit et grand coupé, calèche blanche pour mariage, petit et grand break couverts pour noces. Prix modérés".

Fiacre Peugeot Break de 1894, musée de l'automobile Peugeot de Sochaux. Source

  À souligner que M. Scharpf-Petit n'hésita pas à donner son numéro de téléphone, le 197. Il est sinon le seul, du moins l'un des rares à le faire car la grande majorité des annonceurs, fût-ce les plus en vue commercialement, ne jugent pas utiles de faire connaître à tout-venant qu'ils possèdent cet instrument de télécommunications. Pour une prescience [connaissance de l'avenir, Larousse] admirable, ils ont déjà reconnu que le téléphone va devenir l'intrus, insupportable et indiscret, cordialement maudit dès que l'on n'a plus besoin de lui.

Enfin, la Fée!
  En ces temps de rationalisme, de positivisme à l' Auguste Comte [1798-1857 ; philosophe et fondateur du positivisme ; définition : toutes les activités philosophiques et scientifiques ne doivent s'effectuer que dans le seul cadre de l'analyse des faits réels vérifiés par l'expérience et que l'esprit humain peut formuler les lois et les rapports qui s'établissent entre les phénomènes et ne peut aller au-delà, Larousse. Tout savoir sur le personnage, c'est ICI], une fraction des têtes pensantes a rejeté le miracle hors de son horizon. Un mouvement s'est même dessiné, graves opinions médicales à l'appui, pour exiger l'interdiction des bains insalubres donnés aux malades dans les eaux de la grotte de Lourdes. Un praticien de la région de Langres a joint modestement sa voix à celle de ses confrères parisiens. Mais tout le monde croit - sceptiques, agnostiques, libres-penseurs et athées - au proche miracle de la divine Electricité.
  Tout comme pour l'avènement du Christ, des voix prophétiques l'annoncent pour demain, voire tout de suite. La Compagnie d’Éclairage l'a promis, presque juré : 1908 ne verra pas sa fin sans que jaillissent à Chaumont, dans les maisons, dans les magasins, sur les places publiques, les éblouissements des arcs électriques. C'est tellement sûr que M. Pol Antoine, en ses magasins en face du Lycée - car il est devenu gendre de M. Lisse - croit pouvoir promettre à sa nombreuse clientèle l'installation et l'inauguration de l'éclairage électrique dans ses agrandissements pour le dimanche 15 novembre. Mais de quinzaine en quinzaine, la Compagnie d’Éclairage retarde le prodige tant et si bien que M. Antoine se décide à inaugurer ses locaux sans le secours de la fée capricieuse. Et, ma foi le bon vieux gaz de Philippe de Brachay [Philippe Lebon dit d’ Humbersin, 1767-1804, né à...Brachay, Haute-Marne ; ingénieur et chimiste ; inventeur du gaz d’éclairage et, en 1801, du premier moteur à explosion. Source] fera tout aussi bien l'affaire!


Timbre à l'effigie de Philippe Lebon.

  Avec quelques semaines de retard, le courant électrique sera donné à Chaumont, dans le premier secteur, les 23 et 24 janvier 1909. Sans plus d'étonnement ni d'agitation. On s'étonne, certes, on admire que le mystérieux fluide, véhiculé par de minces conducteurs métalliques soit aussi simple à manier : crac! un tour de bouton de porcelaine, et la maison s'illumine du haut en bas! crac! encore un demi-tour, et c'est la nuit! C'est tout de même merveilleux, l'électricité! Autre chose que le gaz et l'allumeuse de réverbères qui, aussi maigre que sa perche porte-feu, s'en va chaque soir dans un interminable périple redonner vie aux anémiques lumignons des rues et des carrefours.8
  Mais aussi économes que méfiants en présence des nouveautés, nos gens ne se jettent pas goulûment sur la petite fée. Certains, les gros du négoce, pensent que leur "standing" leur fait devoir de mettre leurs boutiques au goût du jour ; de plus modestes les imiteront, c'est une question de dignité, de vanité aussi. Mais des années passeront avant que l'électricité entre en souveraine dans les appartements et le vieux bec Auer [sur la base d'un brûleur Bunsen surmonté d'un manchon à incandescence contenant des terres rares, cérium, thorium, yttrium, pour les réverbères d'éclairage urbain et les lampes à gaz, pétrole ou essence , ébranlé mais non vaincu, fera encore longue carrière. 

 

 

 Femme, bec Auer : [photographie de presse] / [Agence Rol]

                                           

 Carl Auer Freiherr von Welsbach, 1858-1929 ; chimiste autrichien ; il inventa entre autre le manchon à incandescence, 1885, qui fut exploité en France à partir de 1892 avec le bec Auer. La même année il créa la société AUER. Source
 
  Même décroché des cloisons et des murs, ses tuyaux demeureront préservés : profonde sagesse! Trente années plus tard, la pénurie électrique née de la guerre et de l'occupation rendra un nouveau lustre au gaz d'éclairage que l'on pensait bien avoir définitivement détrôné. Combien heureux et contents les "conservateurs" qui ne jettent rien, en vertu du principe : "On ne sait jamais... Ca peut encore servir!".
  La Municipalité elle-même, qui avait laissé prévoir l'immédiate installation de puissantes lampes-à-arc aux points stratégiques de la Ville sans, pour autant, renoncer au partout au gaz, met une sage lenteur à réaliser le brillant projet.
  En vérité dans les années 30, l'allumeuse de réverbères, qui doit bien approcher l'âge de la retraite, continuera son office, tardive aurore aux doigts de rose...
  La naturelle méfiance du Chaumontais va bientôt trouver un aliment et une réponse à la question que l'on se pose entre soi : finalement, ce fameux éclairage électrique ne va-t-il pas coûter des mille et des cents aussi bien à la Ville qu'aux usagers les plus regardants? Qui, le 1er mars, a bien pu faire placarder dans les journaux locaux cette espèce d'affiche dont on cherche en vain le nom d'auteur? les gens de l' Usine à Gaz, peut-être?
   En tout ca, ces Messieurs annonceurs se sont livrés à un calcul savant et n'ont pas eu grand'peine à démontrer, chiffres en mains, que le prix de l' hectowatt-heure étant de 0,09 centime, quatre lampes de 25 bougies l'une, fonctionnant pendant un an, dépenseront 163,40 F, tandis que le gaz, deux fois bien de chez nous puisque de Lebon, donnera tout autant de bonne lumière pour 53,60 F seulement.
  Conclusion triomphale de l' affiche : L' Éclairage électrique coûte trois fois plus que l'éclairage au gaz!
  Argumentation de poids et qui portera puisque, nous l'avons dit, le gaz à Chaumont fera encore un long chemin.

CHAPITRE XVI 

Naissance de l' aviation

  Le 25 juillet 1909, un petit bonhomme en paletot de "pékin", moustachu comme tout le monde mais casqué de cuir souple s'installe sur le siège étroit d'une sorte de bicyclette qu'il a munie d'une queue empennée, d'un moteur à l'avant et de deux ailes de toile sur les côtés. Il part de Calais et, bientôt, pose son engin frémissant sur les falaises de Douvres. C'est la première traversée de la Manche, le premier vol de continent à continent.
L'ingénieur Louis Blériot [Charles Joseph, 1872-1936 ; ingénieur, pilote et constructeur de lanternes d'automobiles, d'avions, de motocyclettes et de chars à voile. Source] qui est alors âgé de 37 ans, n'est pas le précurseur de l’aviation. Certes, dès le 31 octobre de l'année précédente, il a réussi le premier vol en circuit fermé de ville en ville et retour, de Toury à Arthenay [la distance à vol d'oiseau séparant les 2 communes est de...14km].
  Mais en 1902, deux Américains, les frères Wilbur et Orville Wright [1867-1912 et 1871-1948], tout d'abord constructeurs de bicyclettes, avaient commencé à quitter le sol à bord d'un planeur. Le 17 décembre 1903, Orville, sur une machine équipée d'un moteur de 16 CV à deux hélices avait exécuté un vol réel, au-dessus de la terre ferme. Blériot n'en était pas moins le premier à avoir bravé l'océan, ne fût-il large que de 34 kilomètres.




Louis Blériot remportant le prix de Mme Edmond Archdeacon, en 1909.  Domaine public                             

La fête de Bar-sur-Aube

À suivre...

Robert Collin, Chaumont à la Belle Époque, Les Presses de l'Imprimerie de Champagne, Langres, 1970, pp. 122-128-148  


8. Jusqu'aux temps modernes de 1863 qui virent naître, rue de l' Abattoir, sous la direction de l'ingénieur Louis Jumelin, l'usine à gaz hydrogène pour l'éclairage de la Ville, Chaumont comme ses pareilles s'éclairait tout bonnement à l'huile.

 

 Usine à gaz dite La Chaumontaise, puis S.A. des Usines à Gaz du Nord et de l'Est, actuellement bureaux ERDF-GRDF et habitations - Chaumont. - Usine à Gaz / Julien et Morel édit., [1er quart 20e siècle]. 1 impr. photoméc. (carte postale) : n. et b. (Collection particulière). Source

 

 

 

 Usine à gaz dite La Chaumontaise, puis S.A. des Usines à Gaz du Nord et de l'Est, actuellement bureaux ERDF-GRDF et habitations - Plan de site, état en 2013. Source

  Le soin d'éclairer la cité était concédé, par adjudication au rabais, pour 3, 6, ou 9 années.
  En 1820, par exemple, on dénombrait à Chaumont 30 réverbères, comportant ensemble 83 becs, consommant chacun 1/2 once d'huile à l'heure [une once liquide correspondait à 30Ml environ]. En cours d'année, on comptera 106 jours d'éclairage pour un total de 579 heures, un peu moins de six heures par jour d'éclairage, - ou plutôt par nuit.
  En 1827, le nombre de réverbères sera porté à 40 avec 105 réflecteurs, dont 84 viennent d'être réargentés à neuf.
  En 1847, 62 réverbères éclaireront les points les plus favorisés de la ville. Ce nombre ne changera pratiquement pas jusqu'en 1863, année qui verra s'imposer l'éclairage au gaz.
  De 1853 à 1863, le matériel d'éclairage à l' huile ira se détériorant et les nombreux rapports des sergents de ville, signalant le non-fonctionnement des réverbères ne changeront rien à cet état de choses.
  Le gaz apportera ses illuminations et permettra l'extension du réseau. Grand besoin en était car les appareils n'étaient pas d'un maniement facile. Suspendus en travers des rues sur un filin souple, ballotés à tout vent, leur mérite était grand de répandre, de loin en loin, le halo rassurant de leur jaune lueur.

Source

  Tous les soirs, le préposé à l'allumage et à leur entretien venait décrocher la corde qui, par le moyen de deux poulies, permettait d'amener le réverbère à hauteur d'homme pour se mise en route nocturne. Matelot du plancher des vaches, l'allumeur - ho! hisse! - remontait le fanal à bout de drisse mais il y fallait du temps car le système à vérifier et entretenir en ordre de marche n'était guère moins compliqué qu'un de nos actuels carburateurs à double corps.

 "...L’employé ouvrait d’abord le portillon avec sa clef, puis insérait la manivelle qu’il portait avec lui sur l’axe carré du cabestan, et laissait descendre la lanterne à hauteur confortable pour travailler. Une fois ses gestes quotidiens accomplis (changement de la mèche, remplacement du verre, remplissage du réservoir, nettoyage des vitres), il remontait la lanterne et refermait le portillon à clef avant d’aller quelques dizaines de mètres plus loin, recommencer ces mêmes opérations avec la lanterne suivante, une des quelques dizaines dont il avait la charge..." Source 

  Pour l'allumeur, allumer n'était rien mais il devait, auparavant, vérifier le niveau de l'huile dans la bouteille-pompe adéquate, s'assurer de la position réglementaire du godet latéral placé sous la lampe pour recevoir les "égoutailles", constater que le porte-verre garni de son cylindre se trouvait bien en place, ainsi que le porte-mèche et le bec à courant d'air prévu pour activer la combustion.
  Toutes ces explications fournies pour vous faire mieux participer à ce sombre drame vespéral dont, le 2 novembre 1837, M. Edme Debricon rend compte circonstancié à M. le maire de Chaumont. Les faits sont tels :
"Edme Debricon, employé sur le nettoyage et l'allumage des réverberres de la Ville a l'honneur de vous exposer que très souvent les diligences et voitures publiques qui doivent traverser la ville et qui arrivent au moment où il est occupé soit à les nettoyer ou à les allumer, ne veulent pas arrêter, pour lui laisser le temps de les relever, malgré les insistances qui leur sont faites. Cela est déjà arrivé quelque temps à celui de la porte de Buxereuilles ou le reverbere a été arraché et le mur de la dame Bazin tiré à bas, hier le grand vent qui donnait de toute part avait défait la corde de dessus la polie (poulie) de celui qui est sous la porte de Buxereuilles, de manière à ne pouvoir ni le remonter, ni le redescendre, pendant que j'étais allé chercher une échelle pour pouvoir le remettre, il est arrivé une diligence à qui mon épouse a été dire, en allant au devant d'elle d'arrêter et de ne pas marcher, par ce que le réverberre ni se remonter, ni se redescendre, le Conducteur ne voulait entendre aucune raison et persistait à vouloir marcher, il vouloit même passer pendant j'étais sur l' Echelle, il m'est arrivé en portant l' Echelle et en voulant me presser pour ne pas retarder la voiture d'attraper une femme avec l'Echelle, ce qui l'a faite tomber. Je puis vous attester cette vérité par les deux hommes qui ont tenu l'échelle pendant que j'étais dessus pour remettre la corde. Comme cela peut encore se renouveller pendant l'hiver que nous allons passer et qu'il pourrait y arriver des inconviéniens plus graves, je vous prie Monsieur le Maire de vouloir bien ordonner à Messieurs les Directeurs de ces voitures, de donner ordre aux Conducteurs de leurs voitures, de s'arrêter lorsque le réverberre sous lequel ils doivent passer est à bas, soit pour le nettoyer ou l'allumer, et ce le plutôt qu'il sera possible et vous ferez bien.

J'ai l'honneur d'être
Monsieur le Maire
votre très respectueux serviteur
E. DEBRICON.
"

  J'ai respecté le style, l'orthographe et la ponctuation du rédacteur de cette supplique lequel n'est que le porte-plume de ce brave homme de Debricon. Mais orthographe ou non, nous admettons ensemble que nos petites gens connaissaient de bien grandes misères pour gagner petitement leur vie.

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France, électricité : le prix du kWh poursuit son ascension vertigineuse, oui et alors?

  "Le prix de l’électricité a augmenté de 50 % en 10 ans (...) les tarifs pourraient encore augmenter de 6 % en février 2022 par rapport à cette année. (...) ces taxes pour les subventionner sont dorénavant réparties sur tous les produits pétroliers, carburants, gaz… (...) + 550 % (!) entre 2002 et 2015. [taxe « contribution au service public de l’électricité » (CSPE)] (...) le montant des subventions distribuées aux opérateurs d’énergies renouvelables, tout de même 5 milliards d’euros prélevés sur les consommateurs cette année contre 7 milliards l’an passé. (...)"
  Et pourtant, a-t-on déjà vu des "gilets jaunes" ou autres, manifester ces dernières années pour dénoncer une électricité trop chère?😕
   Imaginons un seul instant l'onde de choc provoquée si on remplaçait le mot "électricité" par
"carburants" : "Le prix des carburants a augmenté de 50% en 10 ans!"
  En attendant la taxe carbone, l'hydrogène "vert", la voiture électrique, la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) ou l'économie verte , etc., qui, au final, seront financées par le consommateur/contribuable/automobiliste, les Français en vacances...


 

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Coup de chaud sur les tarifs d’électricité

 Michel Gay

Le prix de l’électricité a augmenté de 50 % en 10 ans, davantage que l’inflation, et plus particulièrement ces 3 dernières années.

  Après la hausse de 10 % des prix du gaz pour les particuliers au 1er juillet 2021, et celle de 0,48 % de l’électricité prévu pour le 01 août 2021, la facture d’électricité pourrait augmenter de 6 % début 2022. Le gouvernement et le régulateur de l’énergie s’inquiètent enfin…



Olivier Durand-EDF(CC BY-NC-ND 2.0)

Le gouvernement s’alarme… pour la présidentielle
  Les prix sur le marché de l’électricité étaient restés relativement bas ces dernières années, autour de 50 euros par mégawattheure (MWh). Mais ils ont dernièrement grimpé de 50 % pour atteindre 75 euros/MWh, dans le sillage de ceux du pétrole et du prix du carbone. Cette tendance haussière devrait se poursuivre. Un prix de 100 euros/MWh est même envisagé à la fin 2021.
  Or, le mois de décembre 2021 servira de référence dans le calcul du prix qui sera appliqué au 1er février 2022, et les tarifs pourraient encore augmenter de 6 % en février 2022 par rapport à cette année.
  Cette forte hausse des tarifs de l’électricité en pleine campagne présidentielle ne serait pas du meilleur effet… alors que l’électricité devient de plus en plus vitale. Le sujet est donc sensible « en haut lieu ».
  Hors TVA, les taxes pèsent aujourd’hui trois fois plus sur le prix de l’électricité qu’en 2008.
  Les ministères réfléchissent à plusieurs solutions pour masquer « un certain temps » les véritables coûts de la transition énergétique gouvernementale fondée à tort sur les énergies renouvelables intermittentes (EnRI).
  L’une d’elle consisterait à baisser la taxe « contribution au service public de l’électricité » (CSPE) qui, jusqu’en 2016, finançait essentiellement les éoliennes et les panneaux solaires. Elle est aujourd’hui bloquée à 2,25 c€/kWh, et versée directement dans le budget de l’Etat.
  Le ministère de l’Écologie semble favorable à cette baisse de la CSPE, alors que le ministère de l’Économie traîne des pieds car le déficit budgétaire explose à cause de la Covid-19.
  Ces « folies renouvelables » devant bien être financées par quelqu’un, ces taxes pour les subventionner sont dorénavant réparties sur tous les produits pétroliers, carburants, gaz…, pour être mieux dissimulées…
  La CSPE ne sert donc plus à financer les énergies renouvelables car cette taxe trop visible gonflait à vue d’œil les factures d’électricité, + 550 % (!) entre 2002 et 2015.

Et le consommateur ?
  De plus, ces dernières années, les cours mondiaux faibles ont masqué l’augmentation des taxes. Mais si l’offre se raréfie en Europe, fermeture de centrales à charbon et de deux réacteurs nucléaires en parfait état de fonctionnement à Fessenheim, et que la demande augmente, ainsi que les subventions aux EnRI, alors les prix vont grimper !
  Certains « décroissants » qui n’aspirent qu’à une réduction de la consommation par la contrainte, des prix élevés dissuasifs en sont une, vont se réjouir…
  Paradoxalement, l’augmentation des prix de marché diminue le montant des subventions distribuées aux opérateurs d’énergies renouvelables, tout de même 5 milliards d’euros prélevés sur les consommateurs cette année contre 7 milliards l’an passé.
  Mais si le prix de marché est plus élevé, où est le bénéfice pour le consommateur de la baisse d’une taxe compensée par une hausse des prix ?
  Le sujet promet d’échauffer les esprits, surtout lorsqu’il faudra expliquer les véritables raisons de cette hausse que les militants écologistes antinucléaires s’empresseront d’attribuer comme d’habitude au nucléaire.
  Déjà, début 2017, quelques mois avant l’élection présidentielle, la ministre de l’Écologie Ségolène Royal avait tenté sans succès de bloquer une augmentation de prix car elle pense toujours que la politique est plus forte que l’économie…

Déposséder encore davantage EDF ?
  Une autre fausse « solution » consisterait à augmenter la quantité d’électricité nucléaire vendue par EDF à ses concurrents « verts », Total, Engie…. Aujourd’hui, la loi oblige EDF à céder un quart de sa production nucléaire, soit 100 TWh, au prix bas de 42 euros/MWh, inférieur au prix actuel de marché.
  Cette « option » appauvrirait encore davantage EDF au profit de ses concurrents sans aucun bénéfice pour les consommateurs puisque la production d’électricité, et donc l’offre, restera la même.
  Quel est l’intérêt de cette pseudo-solution destinée uniquement à éviter la faillite des concurrents d’EDF qui ne produisent rien, ou presque ?
  L’entreprise EDF serait spoliée de sa production et financièrement pénalisée. Elle aimerait certainement profiter de ses propres investissements judicieux dans le nucléaire et garder sa production d’électricité nucléaire à bas coûts pour la revendre au prix élevé du marché et engranger le résultat de ses efforts.
  La hausse des prix sera inévitable, soit sur l’électricité, soit diluée sur une multitude d’autres produits courants comme le carburant par exemple afin de masquer le gâchis des milliards d’euros dilapidés chaque année dans les orientations énergétiques délirantes des gouvernements français successifs depuis 15 ans…
  Le prix de l’électricité a augmenté de 50 % en 10 ans, davantage que l’inflation, et plus particulièrement ces trois dernières années.
  Alors que le coût de production des centrales nucléaires est resté faible, comment expliquer cette faramineuse augmentation que certains attribuent « évidemment » à la Covid ?
  Serait-il politiquement incorrect de suggérer, comme l’a fait la Cour des comptes en 2018, que les coûts gigantesques du développement des énergies renouvelables, hors hydroélectricité, n’y est pas étranger ?
  L’augmentation du prix de l’électricité, « en retard sur l’Allemagne » dont le prix pour les particuliers est encore le double de celui de la France, risque de donner un coup de chaud au gouvernement, au moins jusqu’au printemps 2022…

Allemagne : le "road trip" sur les routes de vacances en France au volant d'une voiture électrique

"... À l'heure des départs en vacances, la moitié des aires d'autoroute, soit 164 sur le territoire, sont équipées de bornes de recharge rapide, qui permettent en théorie une recharge à 80% en moins de 20 minutes. L'ensemble des aires doit être équipé d'ici fin 2022. «L'année 2021 marque une véritable accélération sur le déploiement des bornes de recharge, mais nous savons qu'il nous faut encore accélérer car cela reste un des principaux leviers pour le développement du véhicule électrique», a déclaré la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili dans un communiqué..."
 
  Damned, raté!😟

VW ID.3. " trois choix de batteries seront disponibles : 45 kWh pour 330 km d’autonomie, 58 kWh pour 420 km et 77 kWh pour 550 km; également deux puissances (150 ou 204 ch) et un couple de 310 Nm pour le moteur situé au niveau du train arrière. La vitesse maximale sera bridée à 160 km/h. Pour la recharge, Volkswagen annonce une récupération de 260 km en 30 minutes sur une borne rapide de 100 kW."
Source

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Un désastre en douze actes

Bornes de recharge cassées, manque d'autonomie : le voyage de vacances en VW ID.3 tourne à l'horreur pour un couple de retraités

Von Jonas Raab
2021 05 15

  Un voyage de vacances dans une toute nouvelle VW ID.3 s'est transformé en un voyage d'horreur en voiture électrique pour deux retraités. Le ministre des transports Scheuer a reçu un courrier importun à cause de cela.

Fribourg - Un voyage en Provence, s'il vous plaît : Un couple de retraités souhaitait en fait se détendre lors d'un voyage en France. Leur toute nouvelle Golf électrique, une VW ID.3, était censée montrer ce dont elle était capable. Le voyage s'est transformé en une histoire d'horreur en douze actes.
  En fait, le trajet de 790 kilomètres entre Fribourg et la destination prévue dans le sud de la France  était censé prendre moins de sept heures. Du moins, c'est ce que dit Google Maps. Cependant, les stations de recharge cassées, les applications imprécises et les indicateurs d'autonomie qui diminuent soudainement dans le nouvel ID.3 ont transformé les sept heures en 26 heures. Les deux retraités ont documenté le "voyage de l'horreur". Sévèrement déçus, ils ont envoyé leur carnet de voyage au ministre allemand des transports Andreas Scheuer (CSU) et à Focus Online.

En Allemagne, l'installation de bornes de recharge pour les voitures électriques a beaucoup progressé, mais en France, un couple d'Allemands a fait une mauvaise expérience.
© picture alliance/dpa | Julian Stratenschulte

L'horreur au volant du tout nouveau ID.3 de VW : 178 kilomètres d'autonomie seulement
  Commençons par le commencement : en février, ce couple de retraités du sud de l'Allemagne a pris livraison de son ID.3 flambant neuf, gris métallisé et superbement équipé, en provenance de Volkswagen. Une telle voiture coûte environ 35 000 euros. Mercredi dernier, à 10 heures du matin, ils ont pris le chemin de la France, bien préparés, car c'était leur premier long voyage dans une Golf électrique. Carte de recharge "VW We Charge", "We Connect ID" et application "Chargemap", bienvenue à bord.
  Bien que VW promette une autonomie de 550 kilomètres, le premier arrêt de charge a déjà eu lieu après 178 km à la station-service "Aire Ecot" sur l'A36 en France, selon Focus Online. La station de recharge étant en panne, contrairement à toutes les informations fournies par l'application, le couple s'est rendu chez un concessionnaire VW situé à quelques kilomètres de l'autoroute. Là, sous la pluie et la tempête, un employé de VW les a branchés sur une prise de 22 KW. "Après deux heures de charge, on nous déconnecte avec une charge de 40 % et on continue jusqu'à Besançon", lit-on dans le journal de bord tenu par le retraité racontant le "voyage de l'horreur".

France : ID.3- "Voyage de l'horreur" : station de recharge ? Rien du tout !
  À 14 heures, à la station-service suivante, même jeu : l'appli ment, pas de borne de recharge à perte de vue, à nouveau la recherche d'une prise de 22 KW hors autoroute. L'affichage indique que le processus de chargement devrait être terminé à 18h30. Dans l'obscurité, nous continuons sur l'A36 jusqu'à l' "Aire de Glanon" - et, enfin, se trouve une station de recharge de 50 KW en état de marche.   Malheureusement, cela reste un cas isolé. À la station-service suivante, la carte de recharge des retraités n'est pas acceptée. Là encore, une prise de 22 KW doit suffire. Vers 21 heures, les deux hommes ont accompli une bonne moitié du voyage.
  Ceux qui pensent que les choses vont s'améliorer maintenant se trompent : les deux arrêts de recharge suivants échouent également en raison du non-fonctionnement de la carte de recharge, puis un arrêt à minuit dans un parking glauque, puis une station-service fermée pour rénovation. Avec la dernière étincelle d'électricité, les deux hommes se rendent à la succursale VW de l'autoroute, rechargent leur voiture et arrivent à leur appartement de vacances après exactement 26 heures.

Après une odyssée dans la VW ID.3 : Andreas Scheuer reçoit du courrier
  Le couple semble avoir les nerfs solides : car même après ce voyage d'horreur, le retraité décrit son VW ID.3 à Focus Online comme un "véhicule formidable avec le meilleur confort". Il considère toujours la mobilité électrique comme une tendance, mais estime que le réseau de recharge des voitures électriques en Europe accuse un retard considérable. Le ministre des transports Andreas Scheuer et la Commission européenne des transports ont donc reçu du courrier du retraité alors qu'il se trouvait encore en France. Espérons qu'au moins le voyage de retour aura été bien meilleur...

HAUTE-MARNE, DARMANNES : LES USINES ÉOLIENNES SONT-ELLES APPROPRIÉES AU BIEN-ÊTRE ANIMAL ET HUMAIN ? TÉMOIGNAGE

  “ Si les faits ne correspondent pas à la théorie, changez les faits .”   Albert Einstein php *** L’éolien est-il compatible avec l’agricu...