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SAINT-BRAIS : HIER L' USINE ÉOLIENNE, DEMAIN L' USINE AGRIVOLTAÏQUE ?

« Voici le projet de IWB (services industriels bâlois)pour notre village de 280 habitants! Après 2 éoliennes géantes qui ont transformé notre quotidien, nous pensions avoir fait notre part. Mais non, ce n'est pas assez. Il faut saccager, détruire des terres agricoles, se moquer de la cohésion sociale au village, provoquer la colère. Comme si la transition énergétique ne pouvait se faire que dans l'irrespect des uns pour assouvir l'idéologie, la voracité industrielle, les intérêts financiers des autres. Je n'ai plus de mots face à de telles attaques. Je suis triste de vivre dans un monde aussi aveugle, sourd ou muet. Pour cela, et pour tellement d'autres choses. Bien que les conséquences terribles de nos non actes se déroulent sous nos yeux, nous continuons de marcher vers notre fin, en silence et les yeux baissés. »
 
  Ainsi, même dans une Suisse réputée pour sa qualité de vie, ses paysages, ses montagnes et ses lacs, certains profiteurs du vent et du soleil parviennent encore à y imposer des usines inutiles et destructrices pour l'environnement, de la même manière qu’en France, avec la complicité de certains responsables politiques en fonction et de loueurs de terrains
 
Saint-Brais
  Saint-Brais est un charmant village situé dans le canton du Jura, en Suisse, au cœur du district des Franches-Montagnes. Ce petit coin de nature, perché à 967 mètres d'altitude, est un lieu de vie paisible et un témoin vivant de l'histoire régionale. La commune est bordée par les communes de Lajoux, Montfaucon, Clos du Doubs, Glovelier, Montfavergier et Saulcy. Elle est traversée par le ruisseau Tabeillon, qui alimente l'étang de Bollement, un site naturel remarquable. L'étang et ses environs forment une réserve naturelle, offrant un havre de paix pour la faune et la flore locales. Le paysage est dominé par deux coteaux : le Grand Rocher — Les Roches, à 1 053 mètres et le Plain à 1 057 mètres. Ces sommets offrent des panoramas exceptionnels sur la région et sont prisés des randonneurs.
  Saint-Brais est mentionné pour la première fois en 1275, comme dépendance du village de Planey, aujourd'hui disparu. Au XIIIe siècle, le village était rattaché à la paroisse de Planey, et l'église actuelle, dédiée à Saint Brice, a été érigée en 1765 sous le patronage de Saint Brice. Saint-Brais est également connu pour ses grottes, où des vestiges préhistoriques ont été découverts, notamment une incisive de Néandertalien en 1955, faisant de ce site le premier en Suisse à livrer un reste humain néandertalien
 La commune de Saint-Brais est composée de plusieurs hameaux et fermes isolées, offrant un cadre de vie rural et authentique. 
  Jusqu’en 2009, le panorama du canton du Jura offrait un horizon intact, symbole d’un équilibre ancien. Puis le tournant est brutal : une usine de deux éoliennes surgit à seulement 300 mètres des habitations, inaugurée en 2010, devenant la première du canton. Ce choc architectural et environnemental, qui sera suivi de bien d'autres1, rompit violemment avec la quiétude d’autrefois, malgré l’opposition tenace d’une trop petite partie de la population.
 
1. En novembre 2019, le Parlement jurassien a ratifié la fiche 5.06 « Énergie éolienne » du plan directeur cantonal. Ce document identifie les zones propices à l'installation de parcs éoliens et définit les procédures administratives associées. Il ne constitue pas une autorisation, mais un cadre pour les projets futurs. En 2022, la Suisse comptait 41 éoliennes, dont 24 en Suisse romande. La région jurassienne devrait accueillir près de 150 éoliennes supplémentaires dans les années à venir, réparties sur 22 usines.
 
 
  
 Une des deux éoliennes, à environ 300 mètres des habitations. Source.
 
  Aujourd'hui, le nouvel déflagrateur du village et de ses environs, est un projet d'agrivoltaïque, porté par IWB — services industriels bâlois2
 
Le projet détaillé
«  La centrale est prévue sur une surface agricole privée de 20 hectares au lieu-dit Sur-Moron, dans le bas de la commune. IWB assure que seuls 10% du périmètre, soit 2 hectares, seront grappillés à l'agriculture.  IWB assure que seuls 10% du périmètre, soit 2 hectares, seront grappillés à l'agriculture. »
« Le projet est devisé entre 11 et 12 millions de francs3. Il détient une espérance de vie de 30 ans et le début de la construction du parc solaire est espéré pour 2027 voire 2028. »  
  « Environ 4'000 poteaux soutiendront les 10'000 panneaux qui se trouveront à deux mètres au-dessus du sol. Et puis chaque rangée de panneaux sera espacée de onze mètres pour minimiser l’impact sur le travail agricole. « Il sera possible de lâcher du bétail et de pratiquer les travaux de fenaison », souligne l’ingénieur agronome Hervé Schaffter. »
   « Du côté d’AgriJura4, la position reste défavorable. Son directeur François Monin était présent à la séance. Il désapprouve le projet sur le fond car celui-ci retire des terres à l’agriculture, mais il a toutefois salué l’attitude professionnelle du promoteur bâlois et a rappelé que le dernier mot reviendra à la population de St-Brais. Les citoyens se prononceront en assemblée communale le 29 septembre. »
 Source. 
 
Une soixantaine de personnes a pris part à la séance mercredi soir dans la halle de gym de St-Brais. Source. 

2. Les Industrielle Werke Basel — IWB, fondés en 1852, sont un acteur majeur dans la fourniture de services énergétiques, d'eau potable, de télécommunications et de solutions de mobilité durable dans la région de Bâle, en Suisse. En tant qu'entité de droit public, IWB est détenue par le canton de Bâle-Ville depuis 2010, après avoir été une entreprise publique indépendante depuis sa création.  www.iwb.ch
3. Soit entre 12 et 13 millions d'€
4. AgriJura est l'organisation faîtière de l'agriculture dans la République et Canton du Jura, en Suisse. Fondée en 1975, elle représente et défend les intérêts professionnels, sociaux et culturels du secteur agricole jurassien. En 2018, elle a été rebaptisée AgriJura pour mieux refléter son rôle central dans le monde rural du canton. 
 
  Ces photomontages offrent un aperçu de l’évolution du paysage si cette usine agrivoltaïque venait à s’implanter.
 
 
 
 
 
Aux jours qui viennent... 

QU' ONT-ILS FAIT DU JURA SUISSE ? ILS L' ONT PATIEMMENT GÂCHÉ ! 

 
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LA CONFÉDÉRATION HELVÉTIQUE PAR PEUR DU BLACKOUT EN APPELLE À L'UNION EUROPÉENNE

   Mais comment nos amis suisses en sont arrivés là ?
  • En I979 et I984, le peuple a rejeté, de justesse, deux initiatives antinucléaires, respectivement  témoignant des débats intenses et des divisions marquées autour de l’avenir de l’énergie nucléaire en Suisse durant cette période.

  • En I990, à la suite de l'accident nucléaire de Tchernobyl, deux votations populaires ont lieu la même année, une, via le Pari socialiste, PS, pour une sortie du nucléaire qui est rejetée à 53 %, et une autre, via le PS et les Verts, en faveur d'un moratoire de dix ans sur la construction de nouvelles centrales nucléaires, approuvée à 54,5 %.
  • En 2003, à l'expiration de ce moratoire, lors d’un référendum unique, destiné à inscrire des mesures contraignantes dans la Constitution, les électeurs suisses ont clairement rejeté deux propositions antinucléaires déposées initialement en I998. La première, intitulée « Électricité sans nucléaire », à l'initiative du Parti socialiste, PS, visait une élimination progressive de l’énergie nucléaire d’ici 2014. La seconde, appelée « Moratoire Plus », portée par le PS et les Verts, proposait un objectif similaire en limitant les incitations à investir et à moderniser les centrales existantes. La première initiative a été rejetée par deux tiers des votants, tandis que la seconde a été refusée par 58 % des électeurs. Pratiquement tous les cantons ont rejeté les deux propositions, marquant une opposition nette à ces mesures à l’époque.
  • En 2011, « le Japon a été secoué par ce qui est devenu connu sous le nom de tremblement de terre du Grand-Pêle Japon (Tohoku). Il a été suivi d'un tsunami qui a entraîné des vagues atteignant des hauteurs de plus de 10 mètres. suite au tsunami,(...) ayant entraîné un accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi,...»*,  le Conseil national a décidé de ne remplacer aucun réacteur, et donc d'éliminer progressivement l'énergie nucléaire.
  • En 20I6, l'initiative populaire « Pour la sortie programmée de l’énergie nucléaire » est rejetée à 54,2 %
  • En 20I7, un référendum approuve de justesse, 52%, le remplacement progressif du nucléaire, aucune licence de construction ne sera délivrée pour les nouveaux réacteurs nucléaires et aucune « modification de base » des centrales nucléaires existantes ne sera autorisée, et une plus grande dépendance à l'égard de l'énergie hydraulique et des énergies renouvelables intermittentes.
  • En 2023, un sondage réalisé lors du forum nucléaire suisse, indiquait que 49 % de la population était favorable à la poursuite de l'utilisation de l'énergie nucléaire, tandis que 38 % l'a rejetait.
  • En 2024, la Suisse, à la recherche d'une garantie d'approvisionnement énergétique, appelle à la rescousse l'Union européenne. Merci qui ?
* Agence internationale de l'énergie atomique, IAEA : Accident nucléaire de Fukushima Daiichi
 
Nucléaire : les chiffres
  • 3 centrales; 4 réacteurs en activité.
 

 
 
  •  La consommation d'électricité est restée stable à 55-60 TWh

 

  •  Balance des importations/exportations : 2,4 TWh exportations nettes : 29,1 TWh exportations, 31,5 TWh importations
    Consommation totale: c. 58.1 TWh
    Consommation par habitant: c. 6700 kWh
    Source : Agence internationale de l'énergie et Banque mondiale. Données pour l'année 2021.
Source.

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 Les consommateurs suisses d’électricité face aux impacts de l’accord avec l’UE


  L’accord récemment conclu entre la Suisse et l’Union européenne marque un tournant pour les consommateurs d’électricité helvétiques. Avec l’ouverture à la concurrence, les ménages suisses pourront choisir leur fournisseur, une révolution qui pourrait affecter les prix et la sécurité énergétique.
 
 
 pylônes de transport d'électricité
 
 Les consommateurs suisses d’électricité face aux impacts de l’accord avec l’UE | Econostrum.info - Suisse
 
  Jusqu’à présent, les consommateurs suisses n’avaient d’autre choix que de souscrire leur électricité auprès d’entreprises parapubliques locales. Selon leur lieu de résidence, ils s’approvisionnent, par exemple, auprès des Services industriels genevois à Carouge ou d’ Oiken à Hérémence. Cet accord prévoit une libéralisation qui permettra aux ménages de choisir librement leur fournisseur d’électricité, y compris à l’étranger, avec des acteurs comme EDF en France ou Energias au Portugal.
  Le Conseil fédéral espère que cette ouverture dynamisera la concurrence, entraînant une baisse des prix pour les ménages. Toutefois, cette perspective est loin d’être garantie. Les marchés européens, déjà libéralisés, pratiquent des tarifs souvent plus élevés que ceux de la Suisse. En outre, les prix sur un marché ouvert fluctuent davantage, exposant certains consommateurs à des hausses imprévues, comme cela a été observé récemment chez des entreprises suisses ayant opté pour le marché libre. 

Une sécurité énergétique négociée

  Pour obtenir cet accord, la Suisse a négocié des garanties en matière de sécurité d’approvisionnement énergétique. Les États voisins s’engagent à ne pas restreindre leurs exportations d’électricité vers la Suisse, même en cas de crise énergétique. Cet engagement est particulièrement stratégique pour un pays qui dépend fortement des importations durant les mois d’hiver.
  La Suisse fait face à des défis structurels pour assurer son autosuffisance énergétique. Les performances des parcs solaires alpins ne répondent pas aux attentes, et la construction de nouveaux barrages hydrauliques nécessite plusieurs décennies. De plus, l’avenir du nucléaire reste incertain malgré les débats en cours. Dans ce contexte, les termes de l’accord offrent une certaine protection contre les pénuries, bien que cela implique l’ouverture du marché aux entreprises européennes. 

Une validation politique et populaire en suspens
  Avant de devenir réalité, cet accord devra passer par une validation parlementaire et, potentiellement, par un référendum populaire. En 2002, les Suisses avaient déjà rejeté une proposition de libéralisation totale du marché de l’électricité. Ce précédent, bien que différent dans sa forme, souligne les sensibilités liées à cette question. Les débats à venir mettront en lumière les attentes des consommateurs, partagés entre la perspective d’économies et les craintes liées à la volatilité des prix. 
 
 
 
 
 
 

PIERREMONT-SUR-AMANCE : USINE AGRIVOLTAÏQUE : ÉTUDE PRÉALABLE AGRICOLE VALIDÉE MAIS LE PROJET EST LOIN D' ÊTRE AUTORISÉ

Épisode précédent : PIERREMONT-SUR-AMANCE : UNE USINE AGRIVOLTAÏQUE EN PROJET      Certains d’entre nous ont pu remarquer, en passant du cô...