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Vendée, îles d’Yeu et de Noirmoutier : éolien et Justice, nous sommes si bien "main dans la main"

"La diversification du mix électrique et la substitution d’électricité de source nucléaire par une électricité de source renouvelable ne répond pas à la problématique du CO2 et du réchauffement climatique induit par les émissions de celui-ci."
Impact économique, industriel et environnemental des énergies renouvelables : rapport de la Commission dite Aubert

Merci de faire parvenir en urgence un exemplaire du Rapport de la Commission Aubert aux juges de la Cour administrative de Nantes et ce, quel qu’en soit le prix à payer.😏😡👊


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Les éoliennes de la discorde Michel Delapierre

Le 6 décembre 2019, la cour administrative de Nantes déboutait une nouvelle fois les opposants aux projets éoliens en mer. Le jugement concernait un recours visant à annuler la concession d’utilisation du domaine public maritime accordée par l’État à la société « Éoliennes en mer Iles d’Yeu et de Noirmoutier ». A quelques jours d’intervalles, Julien Aubert, député Les Républicains de la 5ème circonscription du Vaucluse, publiait un rapport accablant sur la gestion étatique des projets éoliens et demandait un moratoire sur le financement de cette filière.

Ce n’était pas la première fois que la cour de Nantes rejetait une demande des associations environnementales, collectifs citoyens et entreprises de pêche opposés aux éoliennes maritimes mais cette fois, la pilule était plus difficile à avaler. En effet, le dérapage verbal de l’un des membres de la commission d’enquête chargée d’évaluer le recours avait mis à mal son impartialité et menaçait donc l’intégrité de toute la procédure. Ce dernier avait insulté par mail les opposants au projet, les traitant de « personnes sans scrupules et au QI qui n’est pas celui du géranium ». Une saillie a priori risible mais grave dans le cadre d’une procédure judiciaire devant statuer sur le bien-fondé de la construction de 62 éoliennes en mer près des côtes de l’île d’Yeu et de Noirmoutier.

Pour Jean-Louis Butré, président de la Fédération Environnement Durable (FED), « l’enquêteur n’a pas été exclu et la Cour a estimé que ce n’était pas grave. Pour nous, c’est un déni de justice ». L’avocat des opposants, Maître Francis Monamy se dit stupéfait : « On ne peut être plus partial que l’a été la commission d’enquête. En effet, elle a ouvertement jeté son mépris à la face de la population. La cour de Nantes a considéré qu’il ne s’agissait que de « propos regrettables . Je pense que nous sommes bien au-delà du regrettable. Quand on injurie les citoyens avec une pareille méchanceté, je ne vois pas comment on pourrait être regardé comme impartial. Il fallait annuler la concession pour rappeler fermement l’administration à ses obligations ». L’avocat a donc bon espoir de voir son pourvoi en Cassation aboutir.
En France, le sujet des éoliennes maritimes est une affaire sensible. Dans le cadre de la transition énergétique, l’État a décidé de soutenir massivement cette filière. Selon le député Les Républicains de la 3ème circonscription de la Somme, Emmanuel Maquet, spécialiste de la question, « l’éolien va couter à l’État entre 70 et 90 milliards d’euros, dont 9 milliards ont déjà été dépensés et 80% de ces sommes sont déjà gagées ».
Pour favoriser le développement de ces projets, l’État a octroyé des subventions, facilité des autorisations et procédé à des simplifications administratives au premier rang desquelles, l’organisation des contentieux. Tous les contentieux concernant les projets éoliens maritimes en France sont ainsi centralisés à la cour administrative d’appel de Nantes avec la suppression d’un niveau de juridiction, le tribunal administratif. Cette cour devenue exceptionnelle ne permet pas de procédure en appel. En cas de rejet, la seule possibilité offerte aux perdants est de porter leur recours devant le Conseil d’État qui statue en dernière instance.

Depuis une dizaine d’année, les opposants se battent contre tous les projets de parcs éoliens maritimes, à Saint-Nazaire, Saint-Brieuc, Courseulles, Fécamp, les îles d’ Yeu-Noirmoutier et à Dieppe-Le Tréport. Ils ont au total déposé 18 recours. Ces recours concernent les concessions d’occupation du domaine public maritime, les autorisations d’exploiter, les autorisations de la loi sur l’eau, les arrêtés d’approbation des concessions et les dérogations à la destruction des espèces protégées. Sur les 18 recours, 10 n’ont pas abouti et 8 sont toujours en cours de jugement. Les procédures devraient donc s’étaler encore sur plusieurs années.
L’opposition de la population, loin de s’émousser, semble au contraire s’amplifier. Jean-Louis Butré de la FED précise qu’il « ne conteste pas la volonté de la France de développer une industrie performante dans l’éolien. Mais ce n’est pas normal de tordre les lois pour contrer les gens qui ont quelque chose à dire. Ils [l’État et les promoteurs] veulent passer en force quelle que soit la contestation ».
Face à une justice qui leur semble aux ordres, à un État qui donne souvent l’impression d’ajuster les lois aux bénéfices des promoteurs de l’éolien, les opposants ont la sensation d’être confrontés à un rouleau compresseur judiciaire, politique et économique. Jacky Bonnemain de l’Association Robin des Bois affirme ainsi que « même le nucléaire n’a pas été aussi bien protégé juridiquement que l’éolien, c’est incroyable ».

Les critiques sont également féroces concernant les coûts associés au développement de la filière.
Le député Emmanuel Maquet estime que « les sommes injectées dans la filière sont colossales par rapport au gain énergétique attendu en contrepartie. C’est un véritable scandale financier. On ne peut pas continuer comme cela, notamment sur les tarifs de rachat de l’électricité produite. Sur le projet du Tréport par exemple, on prévoit un cout du mégawatt à 131 euros, c’est entre 3 et 4 fois le prix du marché. Ce projet sera extrêmement rentable pour ses promoteurs. »
Fabien Bouglé, auteur de Eoliennes, la face noire de la transition énergétique, dresse un constat sévère, « il y a une volonté déterminée d’imposer coute que coute l’éolien malgré les défauts majeurs de cette filière, en particulier son cout pour la collectivité et les détournements de fonds gigantesques effectués via les systèmes de subventions publiques attribuées aux promoteurs de l’éolien. »

Pour les pêcheurs artisans, le sujet est encore plus sérieux. C’est une question de survie. En effet, sur Dieppe-Le Tréport par exemple, la construction des éoliennes est prévue au milieu de leur zone de pêche, sur une surface de 110 km2, l’équivalent de la superficie de la ville de Paris. Le port de pêche du Tréport est le premier port de poissons de Seine Maritime, celui de Dieppe est le premier port pour les coquilles Saint Jacques. Olivier Becquet porte-parole du collectif Pêcheurs Artisans, explique : « un port comme Le Tréport, c’est 200 marins, il est fréquenté par 75 navires de pêche sur l’année et représente un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros. Lorsqu’on nous a présenté le projet, nous avons tout de suite compris que s’ils mettaient les éoliennes là, nous signions notre arrêt de mort. Uniquement avec le chantier nous serions obligés d’arrêter de travailler pendant 2 ou 3 ans. »

Le problème est identique du côté de Saint-Brieuc comme l’explique Katherine Poujol présidente de l’association « Gardez les Caps » : « La pêche en baie de Saint-Brieuc, c’est 300 bateaux et plus de 1000 emplois directs. L’Europe donne des subventions à la pêche industrielle pendant que l’industrie éolienne chasse les pêcheurs artisans de leur zone alors qu’il s’agit de la pêche la plus respectueuse de la ressource et la mieux gérée qui soit. Il y a des quotas, les contrôles de l’Ifremer, les comités des pêches. Ce sont des petits bateaux, c’est une pêche côtière et on veut mettre des éoliennes au cœur de leur zone, c’est fou. »
Entre 2017 et 2018, devant les nombreuses impasses des procédures engagées en France et l’absence de concertation effective, des pêcheurs concernés par les différents projets éoliens sur les côtes françaises ont décidé de déposer des plaintes auprès de la Commission européenne contre les aides publiques à ces projets. Toutefois, ces plaintes sont, pour l’essentiel, non contraignantes pour la Commission, notamment au niveau du calendrier de traitement.

Les associations se sont donc retrouvées devant un nouveau mur administratif, cette fois au niveau européen.
Comprenant le degré d’inertie auquel ils risquaient d’être une nouvelle fois confrontés, le Collectif des Pêcheurs Artisans a décidé de donner une résonance politique à sa démarche.
Au mois de septembre 2019, le Collectif a déposé une pétition au Parlement européen afin que l’organe législatif de l’Union se saisisse du sujet. Ce faisant, le Collectif des Pêcheurs Artisans a été rejoint par d’autres associations de pêcheurs portugais, belges, néerlandais et allemands également inquiétés par les projets éoliens.
Devant cette révolte des pêcheurs, la commission pêche du Parlement européen s’est saisi du sujet et a décidé d’examiner l’impact de l’éolien en mer sur l’environnement et sur la pêche afin d’adopter une position politique. Face au mécontentement, le Parlement organisera d’ailleurs un colloque sous l’égide de cette commission parlementaire le 22 janvier prochain réunissant des scientifiques, les principaux contestataires et les députés sensibilisés au dossier.

Enfin, au mois de novembre 2019, des entreprises de pêche impactées par les différents projets éoliens en préparation en France ont déposé un recours devant le Tribunal de la Cour de justice de l’Union européenne contestant les aides octroyées par la France à la production éolienne en mer. Le recours vise à l’annulation de la décision de la Commission européenne du 26 juillet 2019 validant les aides du gouvernement français aux projets éoliens de Fécamp, Courseulles-sur-Mer, Saint-Brieuc, Saint-Nazaire, Dieppe-Le Tréport et Yeu-Noirmoutier. Si ce recours aboutit, ce sont tous les projets éoliens maritimes qui pourraient être remis en cause.
Selon maître Morvan Le Berre, avocat des Pêcheurs Artisans à Bruxelles, « en France le plan de développement de l’éolien offshore annonce 30 projets supplémentaires sur la façade atlantique et en Méditerranée, ces affaires vont donc durer. »
Pour le député Maquet, « l’Europe doit se saisir du dossier à la fois sur les restrictions des zones de pêche induites par ces projets mais également sur les tarifs de rachat de l’électricité produit, ils doivent être fixés avant que les concessions soient accordées. »
Olivier Bequet du collectif Pêcheurs Artisans ne voit aucune conciliation possible : « en l’état, ces projets ne sont pas acceptables, la seule solution envisageable est leur abandon. »

Katherine Poujol de « Gardez les Caps » conclut en se référant au rapport du député Aubert : « pas d’éoliennes dans les zones de pêches artisanales et une distance d’éloignement minimale de 50 km en mer. » Une distance qui, au demeurant, en ferait de vrais projets offshores.

Vendée, Brétignolles-sur-Mer : entre protecteurs et destructeurs du vivant, la lutte s’intensifie

Laurie Debove
7 octobre 2019
 

Entre protecteurs et destructeurs du vivant, la lutte à Brétignolles s’intensifie

« Les opérations de pompage de Véolia devraient commencer très rapidement alors qu’on a eu des restrictions d’eau tout l’été et qu’on nous alerte non-stop sur les nappes phréatiques ! Et là on va verser de l’eau douce dans la mer. On ne comprend pas pourquoi cette ancienne carrière a été classée d’intérêt mineur par Vendée Eau. Je suis un enfant du coin, dès petit j’allais à Brétignolles à la plage avec mes parents. Aujourd’hui, je suis surfeur et j’y vais souvent avec mes amis et collègues. Il y a 5 mois, j’ai eu un premier bébé, je veux que lui aussi puisse connaître les côtes sauvages de Vendée et qu’il n’y ait pas de bétonisation partout. » confie Alexandre, bénévole pour Surfrider Vendée, à La Relève et La Peste



Face aux premiers coups de pelleteuses qui ont détruit la dune, 2 500 personnes ont manifesté hier contre la construction du port de plaisance à Brétignolles-sur-Mer. Porté par des élus locaux et des industriels, ce projet est dénoncé comme une aberration environnementale et sociale. Avec l’accélération des travaux, une ZAD s’est créée sur un terrain aux abords du chantier.


Un projet menaçant la biodiversité et les ressources en eau
En Vendée, Brétignolles-sur-Mer est une station balnéaire qui s’étend sur 12km de côtes. La Ville compte 4 510 habitants l’hiver, et environ 50 000 en été. Le projet de port de plaisance, avec 900 places pour des moteurs à voile ou à moteur, est « destiné à améliorer la qualité de vie du territoire, à promouvoir la fréquentation touristique et à renforcer la vocation maritime du Pays de Saint Gilles Croix de Vie » selon la Communauté de communes du Pays de Saint-Gilles-Croix-de Vie. Coût estimé du projet : 43 millions d’euros.
Pour construire le port et creuser un chenal, les travaux ont déjà commencé à enlever une dune de sable pleine de vie et protectrice du littoral, et coupé des arbres centenaires. Au total, le port de plaisance va détruire une partie du Marais Girard, zone naturelle d’expansion des crues et havre de biodiversité, une ferme en agriculture biologique, et… une réserve d’eau douce de 340 000m3 ! 




 

Crédit photo : Surfrider Foundation

En effet, l’ancienne carrière du Brethomé est devenu un immense réservoir alimenté par les précipitations et l’infiltration des nappes phréatiques juste en-dessous. Cette capacité représenterait en cas de pénurie d’eau plus de 40 jours de réserve pour 50 000 personnes. Les travaux du port prévoient de vidanger les 340 000m3 dans l’océan et de boucher le trou avec des gravats.
« Les opérations de pompage de Véolia devraient commencer très rapidement alors qu’on a eu des restrictions d’eau tout l’été et qu’on nous alerte non-stop sur les nappes phréatiques ! Et là on va verser de l’eau douce dans la mer. On ne comprend pas pourquoi cette ancienne carrière a été classée d’intérêt mineur par Vendée Eau. Je suis un enfant du coin, dès petit j’allais à Brétignolles à la plage avec mes parents. Aujourd’hui, je suis surfeur et j’y vais souvent avec mes amis et collègues. Il y a 5 mois, j’ai eu un premier bébé, je veux que lui aussi puisse connaître les côtes sauvages de Vendée et qu’il n’y ait pas de bétonisation partout. » confie Alexandre, bénévole pour Surfrider Vendée, à La Relève et La Peste 


Une opposition de longue date
Surfrider Vendée, Demain Brétignolles et La Vigie font partie des associations locales opposées au projet qui ont mené la mobilisation de ce dimanche 6 octobre. Ils dénoncent l’impact environnemental du projet et la faiblesse des arguments techniques avancés dans le dossier présenté par la Communauté de Communes.
« On a des données totalement dépassées qui datent de 2007 et qui ne sont pas du tout représentatives de la situation locale. Les mesures de vent ont été prises de trop loin, il n’y a pas de mesures précises de la houle et de l’impact qu’elle pourra avoir sur le port. C’est un projet qui n’est pas du tout maîtrisé. » s’est étonné Guillaume Langlois, océanographe, au micro de France 3 Régions

Alors, comment ce projet est-il d’actualité ? Surtout grâce à l’obstination d’un élu local, Christophe Chabot, Maire de Brétignolles-sur-Mer et Président de Communauté de communes du Pays de Saint-Gilles-Croix-de Vie, administrateur de l’Association Nationale des Elus du Littoral (ANEL) et Président du Groupe Akena, fabricant de vérandas et pergolas en aluminium. 


 

Crédit photo : Surfrider Foundation

Né dans les années 90, le projet d’un port de plaisance à Brétignolles-sur-Mer a été finalement imaginé sur la plage de la Normandelière en 2002. En 2003, une consultation publique a émis un avis favorable au projet. Cette consultation a reçu les critiques de nombreux opposants qui estiment qu’elle s’est déroulée trop discrètement pour être représentative de l’ensemble des habitants du territoire. Débouté une première fois par la Préfecture de Vendée en 2011, le projet a finalement été déclaré d’Utilité Publique le 16 juillet 2019, ce qui a permis le lancement des travaux et des appels d’offres.
Le coût annoncé de 43 millions d’euros est donc pour l’heure une simple estimation, les futurs prestataires de travaux n’étant sélectionnés qu’en novembre 2019. Au vu de la taille du chantier, de nombreux observateurs se demandent comment cette somme a été définie et la comparent avec l’agrandissement du Port de Cherbourg qui a nécessité lui 100 millions d’euros. 


Course contre la montre et démonstration de force
La rapidité du lancement des travaux, 15 jours avant la mobilisation prévue du dimanche 6 octobre, a surpris de nombreux habitants. Avec 2 500 participants, l’événement festif et convivial a ainsi rassemblé une foule très hétéroclite de mouvements locaux, associatifs et politiques qui ont dessiné un « S.O.S. humain » dans le sable avec pour mot d’ordre #BALANCETONPORT. Des marins sont également opposés au port de plaisance, comme Paul Meilhat, Vainqueur de la dernière Route du rhum et Ambassadeur Surfrider Foundation Europe, ou le député LREM Jimmy Pahun, ancien skipper, qui a promis de faire remonter le sujet au Ministère de la Transition Écologique et Solidaire.
« Moi, je pense qu’il faut juste qu’on arrête. Un bateau en France sort entre 40 et 60 heures par an. Là, on est en train de bousiller la seule plage familiale de la commune de Brétignolles. Ils ont coupé la sublime Vélodyssée qui relie la Bretagne au Pays Basque, et ils ont coupé le sentier des douaniers. Tout ce qui était accessible aux gens, c’est terminé pour attacher quatre bateaux. Et l’entrée du port va être plein ouest ce qui veut dire que les bateaux vont être violemment rabattus par la houle, comme c’est le cas au port Bourgenay au sud des Sables d’ Olonne. » témoigne la photographe Mélanie Bahuon, qui suit les travaux depuis le début, à La Relève et La Peste
Dans son discours, Martine Luce, la Présidente de Demain Brétignolles, a également dénoncé toutes les intimidations dont ont été victimes certain-e-s habitant-e-s pour « accepter » le projet du port. À l’image des anciens propriétaires de la Ferme de la Normandelière qui ont reçu des pressions pour vendre leur bien à l’Etat, selon l’un des représentants de la Confédération Paysanne qui a témoigné au micro durant la mobilisation. Transformée en locaux pour « Brétignolles veut son port », la ferme de la Normandelière a été brièvement occupée dimanche par des opposants au projet.

Délogés dans le calme par des gendarmes, une dizaine d’entre eux se sont finalement installés sur un terrain privé à côté du chantier, prêté par un habitant. Ils lancent la « ZAD des sables » pour bloquer le plus possible les travaux. Les zadistes des sables sont soutenus par des habitants qui leur apportent des vivres et du matériel. En réaction, la Mairie de Brétignolles a envoyé dix camions de gendarmes ce matin et a annoncé via un communiqué qu’elle « restera fermée durant tout l’occupation illicite de l’emprise sur l’opération ». 


 

Crédit photo : Surfrider Foundation

Surfrider Europe, France Nature Environnement et le Comité de Protection de la Nature et des Sites ont introduit un recours pour contester l’arrêté préfectoral du 16 juillet 2019 portant sur l’autorisation environnementale. Ils prévoient également d’introduire un recours contentieux contre le PLU si leur recours gracieux n’a toujours pas réponses d’ici deux mois. Les grands travaux pour creuser le chenal devraient débuter en janvier/février. Les associations vont mener une vigilance toute particulière sur le choix des prestataires pour vérifier qu’il n’y ait pas de conflits d’intérêt.
La mobilisation se transforme maintenant en course contre la montre entre les protecteurs du vivant et ceux qui veulent se hâter de faire les travaux le plus vite possible. Interrogé par France Bleu Loire Océan ce matin, Christophe Chabot n’a pas voulu expliquer pourquoi il fallait absolument construire le Port de Brétignolles. 


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Vendée : les îles d'Yeu et de Noirmoutier vent debout contre le projet éolien

epaw.org


Commentaire : si certains arguments avancés sont spécifiques à ce projet, beaucoup d'autres sont universels. Profitons-en!
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Projet éolien dans le détail 

@epaw.org
Jacques Oudin (ancien élu de Noirmoutier, ex Sénateur et ex vice-président du Conseil général de la Vendée) s'exprime Contre le projet sur le registre de l'enquête publique.
Son argumentaire est long, mais d'une très grande hauteur d'esprit, lisez le jusqu'au bout !


"Monsieur le Président
Mesdames et messieurs les membres de la Commission d’enquête
En tant que citoyen retraité mais surtout en tant qu’ancien élu local de l’Ile de Noirmoutier  ayant œuvré pendant plus de 40 ans pour sa protection , son environnement et son développement , je vous adresse ,ci- joint, mes remarques sur ce projet de parc d’éoliennes en mer qui va impacter fortement et durablement cet écosystème de la mer littorale et de nos îles d’Yeu et Noirmoutier .

1) Retour sur mon parcours personnel 

Originaire de la Cour des Comptes je me suis préoccupé, toute ma vie professionnelle des comptes publics en tentant de scruter et de pourchasser certains errements de nos finances publiques secteur dans lequel la France se place sur le podium des plus forts prélèvements obligatoires .
Membre du Cabinet du Ministre de l’Aménagement du territoire , de l’équipement , des transports et du logement, de 1970 à 1974 , j’ai participé à la gestion de certains des grands programmes d’aménagement de la France dont la filière énergétique .
J’ai retrouvé une partie de ces préoccupations au Ministère de l’Industrie de 1974 à 1982 où je fus successivement adjoint au Directeur Général de l’Industrie , délégué à la Petite et Moyenne Industrie et , enfin , Directeur de l’Administration Générale et, à ce titre , responsable du contentieux de la sûreté nucléaire .
Mon parcours a également été celui d’un élu local de base ( conseiller municipal de La Guérinière de 1977 à 2014 soit 37 ans ) , président de la structure intercommunale de l’Ile ( SIVOM puis District) de 1977 à 2001 ( 24 ans ) , Conseiller Général de ce canton de 1976 à 2015 ( 39 ans ) puis Sénateur de la Vendée pendant 18 ans de 1986 à 2004.
Dans le domaine associatif j’ai créé de multiples associations qui existent encore dont l’ ANEL ( association nationale des élus du littoral )en 1977 , l’ AVEL ( association vendéenne des élus du littoral ) en 1990 ainsi que le CFE ( Cercle Français de l’Eau )en 1990.
Au terme de ce parcours je pense avoir acquis certaines expériences dans les domaines que j’ai eu à traiter notamment en ce qui concerne la protection de notre littoral cet « espace limité , fragile et convoité » termes qui s’appliquent également à la « mer littorale » domaine que votre commission d’enquête doit aborder sous l’aspect de ce champ de 62 éoliennes de plus de 200m de haut .

2) Les enjeux pour l'île de Noirmoutier
Au cours des 40 années que j’ai consacrées à l’Ile de Noirmoutier, j’ai privilégié Trois thématiques majeures :
A - La protection physique de l’Ile
Espace fragile né de la mer , vivant en symbiose avec elle , L’Île n’avait d’avenir que si elle était suffisamment sécurisée tant pour ses 25 km de digues que pour ses côtes sableuses .
Au sortir de la guerre , face à l’exode rural , à une législation inadaptée ( loi de 1807 ) et à des finances fragiles il a fallu innover : L’ile s’est donc dotée d’un corps de doctrine qui a prouvé son efficacité et a été repris par la loi Gemapi  , 35 ans plus tard .
Le principe était simple et repose sur trois bases :
- un seul maître d’ouvrage pour la Défense contre la Mer ( la structure intercommunale)
- un seul propriétaire des 25 km de digues ( la même structure intercommunale)
- un plan d’ensemble à long terme de confortation des ouvrages et de espaces côtiers .

B- La préservation de l’authenticité de l’Ile

Cette préservation passait par deux actions majeures :

Vendée, éolien : 16 acteurs économiques interpellent le Président Macron

21/04/2018

Dans une lettre ouverte au Président de la République, au Premier Ministre et au Ministre de l’Écologie, 16 personnalités socio-économiques du monde de la pêche, de la gastronomie, du tourisme et du commerce alertent sur les dangers du projet d’implantation de 62 éoliennes entre Yeu et Noirmoutier.

Ce texte devait initialement être dévoilé dans le quotidien Ouest-France dans le cadre d’un encart publicitaire. Le quotidien de la presse régional habitué à diffuser des publicités des promoteurs éoliens et en particulier du promoteur chargé du projet entre Yeu et Noirmoutier a refusé à la dernière minute de diffuser ce texte le jugeant « polémique ».

Nous le produisons in extenso ainsi que les signataires.

Noirmoutier, le 21 avril 2018

NON AUX ÉOLIENNES ENTRE YEU ET NOIRMOUTIER !

LETTRE OUVERTE  À…
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre de la Transition écologique et solidaire,

Les précédents gouvernements ont envisagé la construction d’une centrale de 62 éoliennes  de plus de 200 mètres de haut, sur une superficie de 89 km2 à proximité des îles d’Yeu et Noirmoutier, îles classées Natura 2000.
Ce projet, porté par un consortium Chinois et Européen, suscite une très vive inquiétude des acteurs économiques du littoral, professionnels de la mer et du tourisme, ainsi que des populations locales. Et ce, d’autant plus que les études d’impact sur l’environnement et l’économie locale ont été financées par le consortium lui-même.
C’est pourquoi les habitants des îles et du littoral vous demandent d’annuler ce projet qui constitue un scandale écologique et financier incontestable.

Vendée, Yeu et Noirmoutier : une enquête publique déjà discréditée !

Louis Marin

L’enquête publique sur le projet de centrale éolienne entre Yeu et Noirmoutier a été ouverte le 4 avril pour durer jusqu’au 23 mai. Les permanences sont à peine ouvertes depuis quelques jours que les retours des participants montrent que cette enquête publique est déjà totalement discréditée.
Tout d’abord le contexte ; cette enquête est ouverte alors que le Premier ministre devrait annoncer dans les prochains jours le souhait officiel du gouvernement de renégocier l’ensemble des six centrales éoliennes côtières dont celle entre Yeu et Noirmoutier. En effet, depuis quelques semaines, ce sont plusieurs rencontres interministérielles qui ont été organisées pour prendre à bras-le-corps cette affaire d’État, que nous avions dénoncée dans ces pages et qui pèse plusieurs dizaines de milliards d’euros pour le consommateur et le contribuable.
Plus localement, cette enquête publique débute alors qu’il est établi qu’un certain nombre d’acteurs locaux (collectivités territoriales ou associations locales) ont perçu sous des prétextes parfois culturels ou sportifs de l’argent du consortium industriel, et cela depuis parfois plusieurs années. À cet égard, des plaintes contre x ont été déposées pour corruption.

Vendée, îles de Noirmoutier et d'Yeu : la parole est à Jacques Oudin, ancien sénateur

Christine Vé-Palvadeau
05/04/2018

Enquête publique

Paroles de Jacques Oudin, ancien Sénateur de Vendée, aujourd'hui citoyen engagé pour la défense de nos îles contre la centrale éolienne.
03/04/2018

Chers concitoyens et chères concitoyennes,

Avant l’ouverture de notre enquête publique sur les éoliennes, certains m’ont demandé les raisons de mon hostilité au projet des 62 éoliennes en mer au large des îles de Noirmoutier et d'Yeu.

Il y a, bien sûr, toutes les raisons qui touchent à la détérioration immédiate et irrémédiable de notre environnement marin dont nous vivons, avec la pêche, le nautisme et le tourisme.

Les « terriens » ne seront sensibilisés que lorsqu’ ils viendront, verront …et ne voudront plus revenir ! Malheureusement, pour nous, habitants de l’île de Noirmoutier et d’ Yeu ce sera irrémédiable et irréparable !

Mais quel est alors l’autre grand et véritable enjeu ?

Il est énergétique, industriel et financier.

En fait, un mélange particulièrement explosif de ces trois dimensions ...Mais particulièrement rentable pour ceux qui en profiteront et particulièrement dispendieux pour les malheureux consommateurs que nous sommes !

Il « faut » ( dit-on!) baisser en urgence la part de l’électricité nucléaire : c’est de cet objectif totalement arbitraire et anti- économique que viennent tous nos malheurs.

Certes il est souhaitable et nécessaire d’augmenter la part des énergies renouvelables mais nous devons le faire en fonction de nos possibilités et surtout des progrès de la recherche et de la technique et avec le souci permanent de ne pas faire reposer toute l’addition sur les épaules du consommateur de base !

Malheureusement à cause d’un dogmatisme idéologique et grâce à des subventions excessives (dans un pays aux déficits publics considérables !!) faisant obligation à EDF de racheter cet électricité éolienne à des tarifs 4 fois supérieurs aux prix du marché, des industriels se sont rués sur cette mine d’or faisant miroiter à nos élus et à nos concitoyens des lendemains dorés qui risquent de décevoir et de déchanter dans quelques temps.

Il faut savoir que toute filière industrielle qui ne doit sa survie qu’à des subventions publiques directes ou indirectes n’a pas un avenir radieux et que les créations d’emplois annoncées ne dureront que le temps des subventions !

Vendée, Île d' Yeu : ce que l'on dit sur les éoliennes

 Collectif Neny

Extrait d'un grand dossier paru dans le Courrier Vendéen du 22 mars 2018 
En toute objectivité, nous avons beau chercher, le seul aspect positif pour l'île d' Yeu est mince : une compensation financière bien maigre à mettre en rapport avec les énormes profits escomptés par le consortium avec un tarif de rachat de l'électricité largement surévalué.
Très peu d'emplois bénéficieront hélas aux islais, car les conditions d'embauche pour les techniciens de maintenance ont été données et elles sont beaucoup trop drastiques (passer un diplôme allemand, maitriser l'anglais courant et surtout avoir de l'expérience dans l'éolien offshore, ce qui signifie accepter de s'expatrier pour aller travailler en Mer du Nord ou en Mer Baltique).

FAYL-BILLOT, PIERREMONT-SUR-AMANCE ET PRESSIGNY : NOUVELLE ENQUÊTE PUBLIQUE POUR L' USINE ÉOLIENNE

Épisode précédent : FAYL-BILLOT, PIERREMONT-SUR-AMANCE ET PRESSIGNY : USINE ÉOLIENNE : LES ÉQUIPES DU FABRICANT CHINOIS S' ACTIVENT SUR...