Eolienne : locale, locale, est-ce que j'ai une gueule de production locale?

  "... Selon Arendt, il importe d’établir une distinction entre vérité rationnelle et vérité de fait pour saisir l’impact du mensonge. La première, qui se rapporte aux vérités des sciences, de la philosophie et des mathématiques, survit plus aisément aux assauts du politique, qui les conteste rarement, alors que la deuxième, qui touche aux faits historiques et sociaux, est d’un statut plus précaire, sans cesse soumise aux manoeuvres du pouvoir. Si le camouflage ou le silence ne guettent la vérité de fait, c’est le
bannissement par l’oubli qui l’emporte à jamais hors du monde."
Source : http://agora.qc.ca/documents
/le_mensonge_arme_de_deception_massive_verite_et_politique_selon_hannah_arendt

   Pourtant, aujourd'hui, même la vérité rationnelle est contestée et piétinée par le mensonge politique.
  Ce pays est perdu!

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L’éolien : une énergie locale ?


Tribulations d'un MWh éolien
  La dissémination des éoliennes dans le paysage français est présentée comme un bienfait, au nom d’une production "locale" et "décentralisée".
  Or, loin d’être un avantage, leur décentralisation entraîne un casse tête pour la gestion du réseau, auquel elle impose une restructuration coûteuse pour en refouler toujours plus loin la production.
  En effet, ce modèle "local" s’est accompagné du raccordement des machines sur le réseau de distribution, et c’est là que commence le problème.
  Non seulement en ne résolvant rien des besoins en capacité d’alimentation, l'absence totale de garantie de production des énergies intermittentes implique la nécessité de rester raccordé à une même puissance du parc conventionnel pour les périodes sans vent, mais surtout, demande au réseau de fonctionner à contre-sens, et d’accepter des pics de refoulement bien supérieurs à la puissance qui était jusqu’alors injectée dans le sens pour lequel il avait été conçu.
  Le gestionnaire du réseau de transport RTE confirme ce raccordement des éoliennes dans son dernier bilan annuel :
   « Au 31 décembre 2019, (…) 1 106 MW sont raccordés sur le réseau RTE et 15 388 MW sur les réseaux d’Enedis, des ELD et d’ EDF-SEI pour la Corse »
  Soit 93% des éoliennes sur le réseau local de distribution contre 7% sur le réseau de transport.
  Le gestionnaire du réseau de distribution, Enedis, indique la quantité d’électricité injectée sur son réseau. La régularité d’un ruban d’injection d’électricité d’origine hydraulique et de biogaz apparaît notamment dans ses bilans mensuels, l’essentiel de l’injection étant constitué par le photovoltaïque, dont les cycles journaliers restent réguliers et surtout par l’éolien, beaucoup plus aléatoire, ainsi que le montre le bilan de septembre 2020. « Autres » représentant donc hydraulique et biogaz.



Le début de l'errance
  La comparaison, du bilan Enedis ci-dessous, entre la puissance injectée sur son réseau et celle qui est refoulée sur le réseau RTE interroge même sur la réalité d’une part quelconque consommée localement, si on retranche de la production le ruban hydraulique/biogaz, plus facile à gérer par anticipation.







  Cette comparaison, la plus récente sur 1 année, 13/11/2019 au 13/11/2020, reste aussi éloquente quelle que soit la période retenue.

La remontée sur le réseau de répartition
  Avant de parvenir sur le réseau de grand transport de RTE, ces flux de refoulement transitent par le réseau régional de répartition dont la fonction était jusqu’alors d’acheminer un courant régulier vers le réseau de distribution et non de le remonter dans l’autre sens.
  RTE publie régulièrement les synthèses de son travail prospectif visant à intégrer les énergies renouvelables. Le « document de cadrage » [1] du groupe 8 ne manque pas d’intérêt concernant les défis qu’il lui reste à relever.
  Il montre notamment les conséquences de ce refoulement sur le réseau régional de répartition.
  L’exemple choisi de la ligne Airaines-Argoeves de ce réseau, 90 kV, fait apparaître, ci-dessous, des pics de refoulement éolien de plus de 100 MW, flux positif sur le graphique,  sur une ligne qui transportait jusqu'alors une puissance inférieure à 20 MW, flux négatif, avant le raccordement des éoliennes.



Le grand transport
  Ces pics de cette production à refouler ont amenés RTE à entreprendre, avec les Hauts de France, une carte des congestions permettant d’identifier les points « où la production peut, de façon temporaire, être supérieure aux capacités de transport »
  Cette carte, reproduite ci-dessous, établit le bilan des puissances à compenser pour permettre de prendre en charge les énergies renouvelables et prend notamment acte de l'apparition d'énergie non évacuée, 3580 MWh, en raison des contraintes évoquées.


 

  Concernant ces congestions, le modèle repose en France « sur une gestion décentralisée des moyens de production par chaque producteur et une gestion de la congestion par le gestionnaire de réseau via les mécanismes de redispatching après le fixing du marché day-ahead. Les coûts de ces actions sont répercutés vers les utilisateurs via le tarif. [2]»
  Ce « redispatching » consiste à rémunérer l’exploitant auquel on demande d’interrompre sa production et à en trouver l’équivalent en aval du point de congestion, si nécessaire.
  En Allemagne, ces coûts de redispatching ont notamment représenté 703 millions d’ € en 2019 pour le seul gestionnaire de réseau Tennet. Trois autres gestionnaires partagent ce rôle : Amprion, 50 Hertz et Transnet.
  En France, les Schémas régionaux de raccordement au réseau des énergies renouvelables (S3REnR) font actuellement le point des renforcements de lignes, des renforcements et créations de postes de transformation qui nécessaires à la prise en charge des énergies renouvelables par le réseau de transport RTE. On se doute que ce n'est pas pour relier les riverains avec leurs éoliennes.

Au delà des frontières

  RTE a publié une note dans laquelle il estime que sur les 22 millions de tonnes de CO2 réputées évitées par les énergies renouvelables françaises, seulement 5Mt l’auraient été en France et 17Mt à travers les exportations dans les pays voisins. Dans l’Arlésienne, nous avions d’ailleurs réfuté, chiffres à l’appui, la réalité du CO2 ainsi réputé évité en France.
  En tout état de cause, la comparaison entre la production éolienne et ces exportations évoque la distance qui peut séparer une éolienne du lieu de consommation de sa production.
  Le graphique ci-dessous montre, en vert, la production éolienne du 1er septembre au 26 octobre 2020 et, en quasi miroir, les exportations qui en évoquent la corrélation.


(Source RTE Eco2Mix)


  Il ne semble pas qu’il revienne à la France de payer pour décarboner le mix électrique de ses voisins, dans la mesure où l’intermittence de ses éoliennes fragilise son propre réseau.
  Mais surtout, de grâce, qu’on cesse de nous parler d’énergie « locale ».


[1] https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&ved=2ahUKEwi2ssXOj6PtAhUjyYUKHRJODC0QFjABegQIBBAC&url=https%3A%2F%2Fwww.concerte.fr%2Fsystem%2Ffiles%2Fdocument_travail%2F2020-04-28-GT8-Fonctionnement-du-systeme-electrique-Document-de-cadrage.pdf&usg=AOvVaw3yeqRjN2xerj_HrQdRjemR

[2] https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&ved=2ahUKEwiz2riI4KXtAhWk4YUKHTCHC2IQFjACegQIAhAC&url=https%3A%2F%2Fwww.economie.gouv.fr%2Ffiles%2Ffiles%2Fdirections_services%2Fcge%2Ftarifs-electricite-gaz.pdf&usg=AOvVaw3qxkFoffkeQ6TBnNFmIzwM

Sauvons la planète : l' énergie ne se résume pas qu'à l' électricité, il ne faudrait pas l'oublier

  Dans les filières électriques, priorité est donnée aux EnR, animées par les ressources naturelles, bois, gaz, soleil, vent, pour déterminer un avenir meilleur pour la planète. Si des résultats probants se font ENCORE attendre, jusqu'au doute du bien-fondé de cette politique?, voire, tout près de chez nous, Outre-Rhin, la Transition énergétique, Energiewende, voilà qu'un "virus", inconnu en France, pointe son nez : le blackout!
  Alors, ce choix politique énergétique, " Il y a le ciel, le soleil et la mer" doit-il être mené... jusqu'au bout de la nuit?
Attention futur, les utopistes ont la vie dure!

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Énergies renouvelables dans l’UE : de la perception aux réalités

Samuel Furfari et Ernest Mund
2020 11 27


 

  Samuel Furfari est professeur à l’Université libre de Bruxelles (ULB) et président de la Société européenne des Ingénieurs et Industriels.
   Ernest Mund est professeur émérite à l'Université catholique de Louvain (UCL) et directeur de recherche honoraire du FNRS [ Fonds de la recherche scientifique, anciennement Fonds national de la recherche scientifique (FNRS), est une agence de financement de la Fédération Wallonie Bruxelles. Elle a pour mission de développer la recherche scientifique fondamentale dans le cadre d’initiatives présentées par les chercheurs]

  Nous assistons aujourd’hui à des conversations interminables sur l’« énergie » sans que ce dont on parle soit dûment précisé. Parle-t-on de l’énergie pour chauffer notre maison ou bien de celle nécessaire pour charger un véhicule électrique ? Ce n’est pas indifférent. Beaucoup ignorent les principes fondamentaux, alors que d’autres les connaissent mais évitent soigneusement d’en tenir compte.
  L’un de ces principaux fondamentaux est la distinction entre « énergie primaire » et « énergie finale ».  Précisons qu’il ne s’agit pas d’une vaine querelle de mots : une bonne compréhension a un impact fondamental en matière de choix de politique énergétique et d’adoption lucide de cette politique par les citoyens concernés.

Quelques rappels : définitions
  L’« énergie primaire » désigne l’énergie « brute » contenue dans les ressources naturelles comme le charbon, le pétrole, le gaz, l’uranium, la biomasse, le vent, le soleil et d’autres sources d’énergie renouvelables. Notons ici que, dans la plupart des statistiques mondiales, l’énergie primaire provenant de sources pourtant largement répandues dans les populations les plus pauvres - à savoir la combustion du bois et des déchets de bois, du charbon de bois et des excréments d’animaux séchés - n’est pas comptabilisée.
  L’énergie primaire n’étant généralement pas facile à utiliser, ni à manipuler, par exemple, le pétrole tiré du puits ne peut pas être mis directement dans un moteur, elle peut nécessiter une transformation, essentiellement dans les centrales électriques et les raffineries de pétrole. À chaque étape de transformation, l’énergie se dégrade, création d’entropie. Précisons que l’énergie primaire peut, dans certains cas, être consommée sans transformation, par exemple lorsque du gaz naturel ou du bois est brûlé pour chauffer une maison.
  L’énergie livrée au consommateur final est qualifiée d’« énergie finale ». En conséquence, et ceci est un principe fondamental, la quantité d’énergie finale est toujours inférieure à la quantité d’énergie primaire, pertes liées aux transformations éventuelles et au transport, et la différence est parfois significative, les pertes qui varient d’un pays à l’autre sont de l’ordre de 1/3 de l’énergie primaire.



  L'énergie fournit trois grands types de « services » satisfaits par différentes formes d'« énergie finale » :

  • la production de chaleur et de froid, également appelée « usage fixe », que ce soit pour les besoins domestiques, chauffage et eau chaude sanitaire, ou de l'industrie, comme les fours industriels. Cette production utilise très majoritairement des combustibles fossiles ou de la biomasse, bois ;
  • le transport qui repose à 94% sur des « produits pétroliers », issus de la transformation de pétrole brut dans une raffinerie ;
  • l'électricité qui est principalement produite au niveau mondial par les énergies fossiles, et dans une moindre mesure par l'énergie nucléaire, l'hydroélectricité et d’autres sources d'énergies renouvelables.


Quelques réflexions : statistiques dans l’Union européenne
  La plupart des données utilisées par la suite proviennent d’ Eurostat qui est une Direction générale de la Commission européenne qui collecte et traite les statistiques des États membres (1). Il existe de nombreuses autres bases de données qui ont chacune des spécificités intéressantes : Enerdata, Agence internationale de l’énergie, BP Statistical Review, une des meilleures sources d’information en matière d’énergie, utilisée même par les ONG écologistes (2), US Energy Information Service, etc.



  Il apparaît qu’entre consommation d’énergie primaire et finale, plus d’un tiers de l’énergie disparaît dans l’UE à 27, hors Royaume-Uni, selon les dernières données d’ Eurostat, données de juillet 2020, portant sur l’année 2018 (3).





  Notons par ailleurs que l’objectif de développement des énergies renouvelables dans les directives européennes est exprimé en pourcentage par rapport à la consommation totale d’énergie finale. Cette part des renouvelables peut donc augmenter soit par hausse du numérateur, c'est-à-dire en produisant plus d’énergies renouvelables, soit par baisse du dénominateur, c'est-à-dire en réduisant la consommation d’énergie finale. La crise de la Covid-19, qui a conduit à une diminution de la consommation d’énergie finale, va ainsi permettre de se rapprocher de l’objectif de 20% d’énergies renouvelables à l’horizon 2020 et ainsi d’affirmer lors de la publication des statistiques en 2021 que cette cible - fixée en 2009 - était réaliste…



  Dans l’imaginaire collectif et surtout médiatique, l’énergie se résume trop souvent à l’électricité. La part croissante et parfois très importante des énergies renouvelables intermittentes est mise en avant, mais en omettant de préciser que l’on se réfère uniquement à l’électricité, qui a compté pour 23% de la consommation d’énergie finale en 2018.





  Autrement dit, lorsque l’on ce que se préoccupe uniquement d’électricité, on néglige plus des trois quarts de l’énergie que l’on consomme. Bien entendu, on s’attend à moyen terme à électrifier plus les consommations finales et donc cette part est amenée à croître. Mais peut-on raisonnablement penser que nous allons aussi chauffer les 180 millions de logements de l’UE avec des filières électriques intermittentes ?
  Voyons toutefois de plus près les données concernant l’électricité. Les énergies renouvelables ont compté pour environ un tiers de la production d’électricité en 2018 selon les dernières données d’ Eurostat et l’énergie hydraulique (4) a elle-même compté pour 38% de la production électrique d’origine renouvelable cette année-là, alors que le terme « énergie renouvelable » est souvent considéré à tort comme un synonyme des seules énergies éolienne et solaire, (5).




  Lorsque l’on ramène le poids des filières renouvelables intermittentes dans le bilan en énergie primaire de l’UE – l’indicateur fondamental lorsqu’on se préoccupe d’énergie, que ce soit pour les aspects géopolitiques, de balance des paiements et de décarbonation – leur part se limite ainsi à quelques pourcents. En 2018, ces énergies si populaires dans les médias n’ont ainsi compté que pour 2,5% de la consommation d’énergie primaire dans l’UE à 27, 1,4% en France, 1,8% en Belgique et 4,3% en Allemagne…


Sources / Notes

1. Fonds national de la recherche scientifique.
2. Elle a débuté cette collecte dans le cadre de la CECA (Traité de Paris de 1951) afin de pouvoir gérer, à l’époque, le marché commun de deux produits de base de l’économie d’alors, le charbon et l’acier.
3. Carbon Brief.
4. Energy statistics - an overview, Eurostat, juillet 2020.
5. Pourtant, des voix se lèvent pour ne plus considérer comme « renouvelable » la plus ancienne des filières renouvelables dans le domaine de l’électricité, du fait qu’elle perturberait l’environnement, par l’inondation des vallées en amont des barrages hydroélectriques. Or, si l’on retirait l’hydroélectricité de la nomenclature des énergies renouvelables, ces dernières verraient la part de l’éolien et du solaire grossir artificiellement dans la production renouvelable, mais aussi la part du renouvelable dans la production totale d’électricité fondre.
6. La part des filières renouvelables a très fortement augmenté dans l’Union européenne au 1er semestre 2020 : alors que la consommation d’électricité a baissé d’environ 7% dans le contexte de la crise de Covid, la production éolienne et solaire a été injectée de façon prioritaire sur les réseaux et a en outre bénéficié de conditions météorologiques favorables. Au total, les filières éolienne et solaire auraient ainsi compté pour près de 20,2% de la production électrique dans l’UE à 2017 au 1er semestre 2020 selon les données du think tank Ember, ce qui reste moins que le nucléaire, principale source d’électricité dans l’UE.

Haute-Marne : Émigrés bassignots et comtois aux Etats-Unis de 1830 à 1870, épisode II

Précédemment
https://augustinmassin.blogspot.com/2020/11/haute-marne-emigres-bassignots-et.html

Les festivités commencent par une messe le samedi à 16 h. Le pique-nique en lui même débute une heure plus tard sous la forme d'une soirée familiale, qui se clôture vers 22 h par un grand feu d'artifice. Les activités dominicales reprennent à midi, autour d'un barbecue géant dans lequel le poulet et le jambon côtoient d'autres viandes grillées, qui sont servies jusqu'aux environs de 17 h. Des jeux et des spectacles ont lieu tout l'après-midi, au milieu de stands de "bondieuserie", d'artisanat, de produits du terroir, et d'un marché aux puces. Le tout est géré par la paroisse qui organise une tombola afin que, grâce à la générosité, la fête puisse, à l’exception des repas, rester gratuite. À cette occasion, quelques anciens jouent au piquet, un jeu de cartes français quelque peu désuet. On se croirait presque en France sur un de ces vide-greniers brocantes qui foisonnent aux beaux jours. À Frenchville, la manifestation, qui attire chaque année un public de plus en plus nombreux, venu parfois de plusieurs milliers de kilomètres, a su concilier modernité et tradition française de la bonne bouffe, comme le rapporte la presse locale.



Le piquet : un jeu de cartes à jouer à deux, autrefois pratiqué par l’aristocratie qui en avait fait un jeu d’argent. Les règles, ici

  Une première école a été créée à Frenchville peu après 1837, parce que les colons français ont toujours souhaité apprendre la langue anglaise, plutôt que leur langue maternelle. Malgré leur volonté de s'intégrer, le français était toujours parlé dans les familles, pour que la nouvelle génération née outre-Atlantique puisse comprendre l'ancienne originaire du vieux continent. La langue maternelle des migrants restera ainsi, pendant plusieurs générations, la seule langue parlée dans les foyers. En 2004, soit 170 ans après, des septuagénaires racontèrent que, dans leur famille, leurs parents refusaient qu'ils s'expriment autrement qu'en français. Comme ils ne l'apprenaient pas à l'école, leur langue était un mélange de français et de mots américains pour tout ce qui était automobile ou tout ce qui n'existaient pas à l'époque où leurs aïeux avaient quitté la France.
  Cette particularité linguistique (6) n' a été découverte qu'en 1967 par Simon Belasco, un professeur de linguistique de Pennsylvanie. C'était un français classique prononcé sans une trace d'accent anglais. Et lorsque les vieux frenchvillois se mettaient à parler en anglais, parfois en plein milieu d'une phrase, ils le faisaient sans aucun effort, et les mots étaient prononcés sans le moindre accent français. Cependant, ils ne voulaient pas parler la langue de Molière devant des étrangers parce qu'ils étaient ridiculisés en raison des expressions qu'ils utilisaient (7). Belasco réussit quand même à obtenir quelques enregistrements. En contrepartie, il leur avait promis de venir en France enregistrer des habitants de l' Est pour leur faire entendre la langue du pays de leurs ancêtres. Mais Simon Belasco n'a jamais tenu parole et les derniers francophones refusèrent alors de converser en public. En 2004, il ne restait plus que deux frères qui ne parlaient français qu'entre eux... quand ils jouaient aux cartes... et si leurs femmes n'étaient pas là! Ils étaient alors septuagénaires, et semblent aujourd'hui être décédés.
  Tous ces "Haut-Marno-Saônois" sont donc restés aux Etats-Unis. Y ont-ils mené la vie dont ils rêvaient? Probablement, pour la plupart d'entre eux. Un seul Frenchvillois, Coudriet, y a fait fortune en construisant plusieurs scieries et fabriques de portes. Il possédait quelques 4 000 hectares de terres et de forêts. Un autre semble avoir fait exception à l'idée d'une implantation définitive en Pennsylvanie : François Lamotte. S'il résidait à Tornay, il était né à Malvilliers, Haute-Saône. Venu de France en 1833, il avait acheté des terres sur lesquelles il construisit, en 1837, une scierie ayant pour force motrice l'eau de la rivière. Plus tard, et légèrement en aval, il bâtit un moulin à farine. Bien que le bois scié ait été de la meilleure qualité et d'une épaisseur uniforme, il n'avait pas suffisamment de travail pour toutes ses filles. Celles-ci se sont alors fait embaucher dans les usines des environs, mais quelques années plus tard, François Lamotte rentra en France et y maria ses enfants. Anne Mélanie, née à Tornay le 8 janvier 1831, épousa le 14 novembre 1852 à Fayl-Billot François Uzette. Quand à Pauline, née à Frenchville le 15 juin 1835, elle convola le 1er mai 1854 également à Fayl-Billot, avec Nicolas-Louis Delanne. Leurs parents, François Lamotte et Anne Garnier, étaient alors qualifiés de rentiers et étaient domiciliés à Fayl-Billot. Mais peut-on exclure qu'ils soient retournés finir leurs jours à Frenchville, sachant que nous n'avons pas retrouvé la trace de leurs décès?

Rosière
   On voit bien avec le cas de Frenchville que nous sommes en présence d'une émigration de colonisation. C'est aussi le cas avec un village nommé Rosière au bord du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent, à la frontière américano-canadienne. Celui-ci a été fondé par des Haut-Saônois, tous venus du village de Rosières-sur-Mance [les habitants se nomment les Bèquerons] (8). En cet été 1832, Mgr Jean Dubois, évêque de l' état de New-York, est en visite. C'est un Français. Tout comme les personnes qui l'accueillent avec faste : des habitants de la région du Cape Vincent. Des agriculteurs qui, grâce à un gué, pouvaient venir proposer leurs produits au Marché de Kingston, dans le Canada voisin, et qui, grâce à la générosité d'un autre Français, Le Ray de Chaumont, ont entrepris la construction d'une église catholique. Et ce jour-là, Mgr Dubois, vient symboliquement poser la première pierre.



Rosières-sur-Mance, Franche-Comté, France - La fontaine Ronde- février 2018 - Photo Arnaud Dubois @https://rosieres-usa.monsite-orange.fr/




Rosière , Comté de Jefferson, Etat de New-York, Etats-Unis - Mai 2018 - Photo Rick Lawrence @ https://rosieres-usa.monsite-orange.fr/

C'est que sous la Restauration [période du 6 avril 1814 au 29 juillet 1830 où la souveraineté des Bourbons a été rétablie, hormis l'intermède des "Cent-jours", du 20 mars au 22 juin 1815] , des proches de Napoléon Ier, parmi lesquels son frère Joseph, ancien roi d'Espagne, se sont établis dans la région de Cape Vincent, ville ainsi baptisée en hommage à un fils de Le Ray de Chaumont et déjà fortement baignée d'influence française par sa proximité avec le Canada... Cette même famille Le Ray a encouragé, au XIXe siècle, l'installation de Français dans cette région, où sont donc arrivés des colons vers 1828-1830.

Cape Vincent




La maison de pierre a été construite par James Le Ray de Chaumont en 1815 pour son fils Vincent, dont il a donné le nom au village. La maison a été utilisée en 1838 pour héberger les soldats canadiens pendant la guerre patriotique. C'est la première maison de la région à avoir été construite en pierre, d'où le nom qui est resté jusqu'à aujourd'hui.@ https://www.1000islands.com/cape-vincent/






Ce sont ceux-là mêmes qui ont donc entrepris la construction d'une église qui sera dédiée à Saint-Vincent-de-Paul, et qui, dans un document imprimé en février 1832, réclament que les environs de l'édifice où ils ont souhaité résider prennent le nom de Rosière. Pour la simple et bonne raison que les signataires sont originaires du petit village haut-saônois de Rosières-sur-Mance.




Rosière, Cape Vincent, église Saint-Vincent-de-Paul. Photo Rick Lawrence. @https://rosieres-usa.monsite-orange.fr/page-5c764675efbad.htm



Rosières-sur-Mance, église Saint-Siméon-le-Stylite. @https://www.routedescommunes.com/haute-saone/jussey/rosieres-sur-mance


Trouvez des courants d'émigration à destination des Etats-Unis à cette époque est peu commun. En 1830-1831, que ce soit à Frenchville ou à Rosière, nous sommes quelques années avant le départ des Chanitois pour le Mexique, 1833. Quinze ou vingt ans après, émigrer sera plus courant, mais les raisons seront totalement différentes.

b) Emigrants malgré eux

  En France, les années 1848-1850 furent terribles. De mauvaises récoltes et la hausse des prix ainsi qu'un terrible hiver 1846-1847 entrainèrent la famine et indirectement la Révolution de 1848. Les pauvres et les sans-travail étaient très nombreux. Au début de 1850, le préfet de police de Paris [Pierre Charles Joseph Carlier, dit Pierre Carlier ] propose au gouvernement de purger la capitale de ses indésirables, mais aussi des simples indigents. Les nouvelles autorités qui étaient particulièrement méfiantes des personnes sans ressources, ainsi que des révolutionnaires, des émeutiers et des socialistes, adhérèrent tout de suite à l'idée. Pour cela, le préfet avait mis au point un stratagème destiné à faire miroiter la possibilité de gagner un lingot d'or en participant à une loterie. Le but premier était en réalité de convoyer vers la Californie 5 000 ouvriers sans travail. Rien qu'au mot Californie, chacun pensait or. L'argent récupéré par la Loterie des lingots d'or permettait d'envoyer à San Francisco des chercheurs d'or français. Rêvant d'eldorado californien, les postulants devaient s'inscrire en préfecture.



La famille Boudin. Isidore, le gagnant, garçon boulanger, trapu des épaules autant que de la moustache, brandissant, tel un étendard, la pelle à enfourner les miches. Il fonda la boulangerie, du même nom, en... 1849, jusqu'à aujourd'hui. Photo de famille exposée au musée qui porte son nom, à San Francisco @ https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2020/07/23/ruee-vers-l-or-a-la-loterie-des-lingots-un-aller-simple-pour-san-francisco_6047024_3451060.html

Celle-ci effectuait alors arbitrairement le choix des émigrants. C'étaient en majorité des Parisiens, mais un dixième environ venait de province, notamment des personnes désargentées appuyées par des notables locaux. Arrivés à San Francisco, ceux qui avaient survécu au passage du Cap Horn et à la fièvre jaune déchantaient puisque la grande époque de la ruée vers l'or était terminée et que la vie y était hors de prix. Cette loterie qui fonctionna de 1851 à 1853 était doublée d'une escroquerie. Le lingot d'une valeur de 400 000F n'avait aucune chance d'être gagné. Victor Hugo accuse Louis-Napoléon Bonaparte d'avoir organisé cette affaire, et laisse entendre que la révélation de l' escroquerie a pu jouer un rôle dans le déclenchement du coup d’État du 2 décembre 1851.
  Arrêtons-nous sur le cas d' Antoine Legros, 1808-après1860, de Serqueux qui a bénéficié de l'aide du gouvernement pour partir. Jardinier de son état, il achète des jardins potagers et des vergers en 1835. Mais, en 1840, un état des inscriptions aux hypothèques fait état d'une dette importante. En 1852, il est condamné contre un de ses débiteurs. Mis en faillite, il est devenu indésirable. La suite est connue puisqu'il embarque pour l' Amérique le 16 décembre 1852. La lettre qu'il écrit depuis le port d'embarquement, au moment du départ, nous le confirme :
Le Haves 16 décembre 1852 11 heures du matin,
Mes chers parents,
À l'arrivée de ma femme à Paris, voyant toutes les sottises que l'on nous a fait et principalement celles que l'on dit de moi, ma femme la première m'a conseillé de partir pour l' Amérique quoique j'eusse retenu nos places provisoires. C'est à dire que je nous avais tout fait enregistrer, mais libre à nous de partir ou de rester. Après m'avoir fait le récit de la conduite que l'on avait tenu à notre égard, nous n'avons pas balancé un seul instant à partir quoiqu'il faut encore de grande protection. Enfin nous sommes arrivés au Havre jeudi matin à sept heures par le chemin de fer. En arrivant nous avons été reçus dans des hôtels où nous sommes nourris, logés, aux frais du gouvernement. Nous devons partir à midi. On nous a donné des chapeaux. À bord du bâtiment nous aurons un paletot, un pantalon, des chaussettes, trois chemises de laine et une paire de grosses bottes. Tout le monde doit en avoir autant. Plusieurs messieurs de distinction passent également comme nous. Nous avons plusieurs dames qui passent aussi, dont leurs maris y sont depuis plusieurs années, et nous disent qu'il y a de biens grands avantages, attendu qu'ils sont tous établis bien honorablement. Ce qui nous encourage beaucoup...

  Suit l'énumération d'objets et de biens divers qu'il destine à des parents ou à des voisins. Antoine Legros conserve seulement sa maison à Serqueux. Plus bas, il précise :
  J'ai fait tout mon possible pour que ceux de Serqueux qui sont arrivés soient enregistrés pour partir avec nous, comme du même pays. Ce que j'ai eu bien de la peine à obtenir attendu qu'il y en a huit cent de reste et qu'il n'y aura plus qu'un convoi dans le mois de janvier. Enfin de tous ceux qui partent avec nous, qui sont au nombre de trois cent trente, c'est nous de Serqueux qui représentons le plus la pauvreté, car tous sont très bien habillés et paraissent dans l'aisance. À l'arrivée nous avons droit à quinze jours de logement et de nourriture en attendant que l'on soit placés ou établis. Après tout le monde emporte son matelas, sa couverte, les habillements qu'on a donnés, des pelles, des pioches, des marteaux et des outils nécessaires avec tous les effets qui nous appartiennent, c'est à dire ce qu'on a emporté de chez soi. Après on ne s'occupe plus de vous. C'est tout à fait faux qu'il y a des engagements. On est tout à fait libre de s'établir où bon nous semble. On nous presse, je n'ai pas le temps de vous en dire davantage, on nous attend...
Il ajoute en post-scriptum :
  J'oubliais de vous dire que si dans tous les cas, vous nous écrivez en Amérique, ne mettez pas quelque chose de suspect. Toutes les lettres qui vont à l'étranger sont décachetées, comme celles qui en [r]eviennent le sont également.
  Carnandet, qui nous dit que 40 personnes ont quitté Serqueux en 1853 pour la Californie, n'en indique ni les raisons, ni les noms. Mais la faillite, la pauvreté ou encore l'espoir d'une vie meilleure, aidés en cela voire instrumentalisés par la générosité intéressée de l' Etat, ont mis l' Atlantique entre ces pauvres diables et la terre de leurs aïeux. L'instituteur du village confirme bien que :
  Près de quarante personnes se sont embarqués pour cette nouvelle terre promise où des malheurs et des déceptions de toutes sortes les attendaient. En effet, presque les trois quart y sont morts par suite des fièvres qui règnent dans ces contrées lointaines.
  Effectivement, très peu de couples de Sarcophagiens, comme on appelle les gens de Serqueux, semblent avoir fait souche aux Etats-Unis.

c) Émigrés politiques et religieux


  En 1848, les Etats-Unis sont les seuls à manifester de la sympathie pour les révolutions en Europe. Ils deviennent une terre d'exil idéale pour les personnes dont un gouvernement veut se débarrasser. Mais d'autres sont partis volontairement pour des raisons politiques. Au printemps 1853, François Noirot, agriculteur demeurant à Bonnecourt, s'installe à Findlay dans l' Ohio avec une partie de ses enfants. Sa femme, Françoise Raclot, ainsi que son deuxième fils, Nicolas, et la famille de ce dernier, ne le rejoindront qu'un an plus tard. On ne peut pas vraiment dire que François Noirot représente le "migrant standard", c'est-à-dire seul ou qui fait venir sa famille plus tard, mais surtout jeune. Noirot a alors 55 ans, ce qui n'est plus véritablement la force de l'âge, mais c'est aussi un notable puisqu'il a été brièvement maire de son village. Très brièvement même. Il était alors adjoint du maire-médecin Nicolas Dechanet (9), qui était un "socialiste dévoué et dangereux". Il pouvait alors faire un chef de parti assez redoutable et a fini par être suspendu de ses fonctions par son autorité de tutelle le 8 juillet 1851. Le 4 septembre de la même année, il est

À suivre...

Didier Desnouveaux, Émigrés bassignots et comtois aux Etats-Unis de 1830 à 1870, les Cahiers haut-marnais, pp. 20-25, n° 293, 2019/02.

6. Le français est encore parlé : en Louisiane, et à Vieille Mine dans le Missouri, isolat comme Frenchville.

7. Par exemple : apprendre à driver, apprendre à conduire, ôter le gaz, lever le pied de l'accélérateur, met' les brake, freiner, avoir un flat, une crevaison.

8. Canton de Vitrey-sur-Mance.

9. Dechanet est né à Bonnecourt le 4 mai 1815, il était marié et avait un enfant. Il était réputé pour être d'un caractère indomptable, ainsi que le chef des contestataires sur les cantons de Neuilly-l'Evêque et de Montigny-le-Roi. En 1853, il paraît alors calme même s'il professe toujours des idées socialistes. Quand l'alternance viendra, Dechanet sera élu conseiller général du canton de Neuilly, de 1869 à 1874.

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Le projet Désertec ou quand l' Union Européenne rêve d'une autoroute de l' hydrogène "vert" depuis... le Sahara

  "... Un pipeline transcontinental d'hydrogène peut-il relier les futurs énergétiques de l'Europe et de l'Afrique ? [...] L'idée derrière Desertec était que jusqu'à 20 % des besoins énergétiques de l'Europe pouvaient être satisfaits par d'énormes panneaux solaires et éoliens situés dans le Sahara,"
   Sans parler que ce projet "écolo" pour sauver la planète, ressemblerait fort à une nouvelle forme de colonisation, l'industriel remplaçant le soldat. De plus, on sait, maintenant, en Europe et en particulier en France, l'impact destructeur qu'à le développement des EnR sur l'environnement, la santé des populations et l'économie pour un résultat, plus que discutable, sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre* Pouvons-nous, décemment, souhaiter le même sort aux êtres humains de l' autre côté de la Méditerranée, sans leur demander leur avis?
Attention, futur, les utopies ont la vie dure!

* Allemagne, energiewende : 40% de production d' ENR ; premier producteur de CO2 en Europe



Ce tableau montre que la France reste un pays où la production d’électricité est décarbonée à plus de 92 %, dont 8,5 % d’ ENR intermittentes, contre l’Allemagne, 52 % dont 40 % d’ ENR intermittentes.

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***

L'engouement et l'espoir de l'hydrogène vert du désert du Sahara

Ben Willis
2020 11 16

Les plans de super-réseau passés ont échoué. Un pipeline transcontinental d'hydrogène peut-il relier les futurs énergétiques de l'Europe et de l'Afrique ?
L'énergie du désert est de retour. Alors que l'Union européenne vise un boom de l'hydrogène vert dans le cadre de ses plans pour tenir ses promesses de décarbonisation et reconstruire les économies ravagées par la pandémie COVID-19, l'Afrique du Nord est apparue comme une source possible pour une part importante de l'approvisionnement futur en hydrogène de l'Europe.
  Une version 2020 de la stratégie de la Commission européenne pour l'hydrogène fait référence à une proposition selon laquelle l'UE pourrait assurer une partie de son approvisionnement futur à partir de pays voisins tels que l'Ukraine, ainsi que des régions désertiques d'Afrique du Nord, qui offrent à la fois un énorme potentiel d'énergies renouvelables et une proximité géographique.
  L'idée est née d'un document publié en mars par l'organisme professionnel Hydrogen Europe, qui présente l'initiative "2 x 40 GW d'hydrogène vert". Selon ce concept, l'UE disposerait d'ici 2030 d'une capacité nationale de 40 gigawatts d'électrolyseurs d'hydrogène renouvelable et importerait 40 GW supplémentaires provenant d'électrolyseurs situés dans des régions voisines, dont les déserts d'Afrique du Nord, via des versions rénovées des gazoducs naturels qui sont déjà connectés à l'Europe.
  Si cette idée semble familière, c'est parce qu'elle n'est pas entièrement nouvelle. Il y a un peu plus de dix ans, un plan similaire a connu son heure de gloire lorsqu'une coalition d'entreprises industrielles et d'institutions financières a uni ses forces pour promouvoir ce que l'on a appelé le concept Desertec. À un moment donné, RWE, Siemens et First Solar étaient tous impliqués. L'idée derrière Desertec était que jusqu'à 20 % des besoins énergétiques de l'Europe pouvaient être satisfaits par d'énormes panneaux solaires et éoliens situés dans le Sahara, amenés dans le bloc via un réseau électrique transméditerranéen à haute tension.
  Pendant quelques années, Desertec a généré des titres hyperboliques sur le Sahara pour finalement fournir de l'énergie propre au monde entier. Mais l'entreprise a finalement échoué, car on lui reprochait d'avoir été un gâchis excessivement coûteux, étayé par des notions dépassées sur les ressources naturelles de l'Afrique qui étaient à la portée du reste du monde.
  Cependant, cette idée semble maintenant avoir reçu un nouveau souffle, cette fois comme réponse possible aux besoins en hydrogène renouvelable de l'Europe. Une partie de la réflexion remonte à l'organisation héritée de l'initiative Desertec, Dii, qui a abordé la proposition dans un document "manifeste" sur l'hydrogène entre l'Afrique du Nord et l'Europe publié l'année dernière. L'un des auteurs de ce manifeste a également co-rédigé le document de l'initiative 2 x 40 GW de Hydrogen Europe.


Sous-estimation du potentiel de l'Europe en matière d'énergies renouvelables
  Peut-être en raison de l'héritage résolument mitigé de Desertec, l'idée d'une autoroute de l'hydrogène renouvelable entre l'Europe et l'Afrique a reçu un accueil tiède, suscitant des objections similaires à celles qui visaient son prédécesseur, principalement autour du coût et de la praticabilité.
  Selon Aurélie Beauvais, responsable politique et directrice générale adjointe de l'organisme commercial SolarPower Europe, l'idée d'un mégaprojet UE-Afrique sur l'hydrogène est une sorte de "chimère" basée sur ce qu'elle considère comme une idée fausse selon laquelle l'Europe manque de ressources énergétiques renouvelables abondantes.
"Cela repose sur une vision un peu préhistorique selon laquelle il n'y a de soleil que dans le sud et de vent que dans le nord, alors qu'en réalité les ressources sont bien mieux réparties", a déclaré Mme Beauvais, citant une étude de SolarPower Europe et de l'université finlandaise LUT publiée plus tôt dans l'année, qui montre que le potentiel de l'Europe en matière d'énergies renouvelables est "immense".
  L'UE sous-estime fortement leurs ressources en électricité renouvelable", a-t-elle ajouté.
  L'idée que l'Europe ne sera pas en mesure de répondre à la demande future d'hydrogène renouvelable qu'elle envisage avec ses propres ressources néglige le potentiel d'innovation des solutions décentralisées, affirme Mme Beauvais. Avec ce type d'innovations, l'hydrogène renouvelable pourrait être à la fois produit et consommé localement "sans avoir besoin d'énormes usines ou de tuyaux gigantesques".
"Nous sommes au début d'une révolution, c'est donc un moment où nous devons encourager la technologie et l'innovation, et la production décentralisée d'hydrogène est très intéressante car elle ne nécessite pas la même quantité d'infrastructures", dit-elle.

Pipelines ou chimères ?
  Cela fait écho aux préoccupations exprimées par d'autres personnes concernant l'idée que l'Europe puisse compter sur l'hydrogène renouvelable produit outre-mer et la logistique du transport du carburant vers le marché.
  Comme l'a souligné l'analyste Ben Gallagher de Wood Mackenzie, l'hydrogène a une faible densité énergétique volumétrique par rapport au gaz naturel, ce qui rend son transport plus difficile. "Il devrait être hautement pressurisé, liquéfié [ou] transformé en ammoniac, ou... un autre transporteur [devrait être utilisé] pour le transport", a déclaré M. Gallagher. "Actuellement, l'hydrogène est comprimé et mis dans des camions, mais c'est pour une distribution à assez petite échelle ; cela n'a jamais été fait à grande échelle."
  Martin Lambert, chercheur principal à l'Oxford Institute for Energy Studies, a convenu que le coût du transport de l'hydrogène produit en Afrique du Nord ou ailleurs par des gazoducs de gaz naturel reconvertis serait substantiel. "Il faut faire des travaux d'ingénierie assez poussés pour convertir un système de gazoduc en hydrogène ; l'hydrogène est très différent du méthane, donc on ne peut pas le convertir facilement", a-t-il déclaré.
  M. Lambert est largement favorable à l'idée d'exploiter le potentiel de régions telles que le Sahara pour fournir de l'énergie directement à l'Europe ou pour produire de l'hydrogène renouvelable. Mais il s'interroge sur la faisabilité des délais impliqués et sur la possibilité d'atteindre une capacité de 40 GW d'ici 2030.
  Les modèles de développement du marché de l'hydrogène que Lambert et d'autres ont entrepris sont plus conformes à l'approche décentralisée suggérée par SolarPower Europe, en s'appuyant sur quelques structures locales initialement développées autour de grands centres industriels comme le Teesside, le Humberside ou le Merseyside au Royaume-Uni ou la Ruhr en Allemagne.
  "Quelques groupes pourraient se développer, et à partir de là, on commence à intégrer le lien entre elles. Dire qu'il y aura dans un premier temps d'énormes conduites d'hydrogène à travers l'Europe semble un peu prématuré", a-t-il déclaré.

Une nouvelle technologie et un nouvel élan apportent un regain d'optimism
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  Les partisans du concept restent néanmoins fidèles à ses objectifs.
  Constantine Levoyannis, responsable politique de Hydrogen Europe, est d'accord pour dire qu'une approche décentralisée devrait être le premier objectif du développement d'un marché de l'hydrogène renouvelable en Europe. Mais il affirme que les nombreux acteurs impliqués dans la "révolution" énergétique et industrielle que la Commission européenne propose dans sa stratégie sur l'hydrogène nécessiteront inévitablement une approche tournée vers l'extérieur pour y parvenir.
  "Nous voulons que l'industrie européenne investisse dans les électrolyseurs et nous aide à atteindre cet objectif. D'autre part, nous sommes conscients que nous n'avons pas assez d'espace pour pouvoir produire plus de 40 ou 50 GW [dans l'UE]. Nous allons donc avoir besoin d'une stratégie qui engage également les parties extérieures", a déclaré M. Levoyannis.
  M. Levoyannis reconnaît que certaines des critiques formulées à l'encontre de Desertec sont maintenant formulées à l'égard de l'initiative 2 x 40 GW, mais il souligne que la nouvelle donne dans laquelle des facteurs tels que les progrès technologiques, un élan politique nettement plus important et la baisse spectaculaire des coûts des énergies renouvelables ont créé un contexte très différent de celui dans lequel Desertec opérait.
  "Il y aura toujours des opposants, mais je pense que les faits parlent d'eux-mêmes. La discussion que nous avons aujourd'hui est complètement différente de celle que nous avions il y a dix ans", a-t-il déclaré.
  Sur la question de savoir comment l'hydrogène renouvelable pourrait être physiquement transporté vers le marché européen, M. Levoyannis a reconnu qu'une ingénierie importante serait en effet nécessaire. Mais le coût de la reconversion des pipelines existants pour transporter l'hydrogène serait toujours moins cher que la construction de nouveaux pipelines et plus efficace que d'essayer d'amener l'électricité renouvelable de l'Afrique du Nord, par exemple, dans l'UE sous forme d'électrons, a-t-il dit.
  "Vous pouvez transporter beaucoup plus d'énergie renouvelable par pipeline, comme sous forme moléculaire, que par le réseau électrique", a-t-il déclaré. Le document de Hydrogen Europe affirme que le transport de l'hydrogène par pipeline coûte 10 à 20 fois moins cher que l'électricité transportée par câble.
  L'inclusion de l'initiative 2 x 40 GW dans la proposition de stratégie de la Commission européenne de juillet ne signifie pas qu'il s'agit d'une politique officielle de l'UE. Mais selon M. Levoyannis, le fait qu'elle ait été incluse montre à quel point l'idée est prise au sérieux aux plus hauts niveaux de la CE. Ce point de vue est renforcé par l'activité déjà en cours au niveau législatif pour ouvrir la voie au développement d'une "épine dorsale" de l'hydrogène en Europe afin de soutenir l'économie de l'hydrogène.
  D'autres conviennent que l'UE a raison de regarder au-delà de ses frontières si elle veut sérieusement que l'hydrogène joue un rôle central dans la réalisation de la neutralité climatique

Le plan peut amener l'Afrique dans l'économie de l'hydrogène
  Selon Nils Røkke, président de l'Alliance européenne pour la recherche énergétique, une collaboration plus étroite entre l'UE et l'Afrique dans des domaines tels que l'énergie apporterait des avantages mutuels. Il pourrait s'agir notamment de permettre à l'Europe d'exploiter les vastes ressources d'énergie renouvelable de son voisin et aux pays africains de bénéficier d'un meilleur accès à l'énergie domestique grâce à cet investissement.
  "L'Afrique
et l'Europe seraient dans une bien meilleure situation s'il y avait une coopération entre le développement des énergies renouvelables et le développement de carburants renouvelables tels que l'hydrogène", a déclaré M. Røkke. "Et il y aura des retombées, j'en suis presque sûr ; ne pas le faire reviendrait à isoler l'Afrique de la participation au développement industriel de ce genre de technologies".
   Il est bien trop tôt pour prédire si ces facteurs seront suffisants pour permettre la réalisation de 40 GW d'électrolyseurs d'hydrogène renouvelable en Afrique du Nord, qui acheminent le carburant par la Méditerranée. Ce qui semble clair, c'est que dans les cercles officiels au moins, on estime de plus en plus qu'au moins une partie des besoins futurs de l'Europe en hydrogène renouvelable doit être satisfaite en dehors de ses propres frontières.
  D'ores et déjà, des initiatives sont en cours pour mobiliser l'industrie afin qu'elle commence à trouver des moyens de mettre en œuvre les plans de la Commission européenne, notamment le lancement d'une Alliance pour l'hydrogène propre réunissant les principales parties prenantes. L'UE se prépare également sur le front diplomatique, avec des initiatives de la Commission telles que l'initiative Afrique-Europe pour l'énergie verte, qui explore les possibilités de collaboration en matière d'hydrogène propre.
  Alors que ces entreprises commencent à prendre forme et que les changements législatifs commencent à jeter les bases d'un futur marché de l'hydrogène propre, une image plus claire devrait commencer à émerger pour savoir si la perspective d'une révolution de l'hydrogène alimentée en grande partie par le soleil et le vent du Sahara n'est qu'un mirage ou une solide vision d'un avenir plus vert.

Haute-Marne, Gilley : un projet photovoltaïque en attendant... les 52 éoliennes!

jhm 2020 11 27







"Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue."
Albert Einstein

  Cette citation, on ne peu plus célèbre de Monsieur Einstein, convient parfaitement à la classe politique haut-marnaise, à de trop rares exceptions. De même que les fosseurs éoliens et solaires chassent en meute, nos élus additionnent les conneries sanitaire environnementale et économique dans un bel effort collectif. Aussi, pour savoir ce que qui attend les... 68 Gratte-Murgers, nous les invitons à lire ou relire, ainsi que tous nos fidèles lecteurs, Heu, tu crois qu'il y en a? Va savoir, Charles, ce que nous écrivions déjà à l'époque concernant le projet photovoltaïque identique de la commune de Saints-Geosmes. Bis repetita! Haute-Marne, Saints-Geosmes : l' "effet papillon" du projet photovoltaïque

Présentation du village de Gilley

En 1908


 Aujourd'hui


Gilley, dominé par le lieu-dit "les Noirées", choisi pour recevoir le projet photovoltaïque.@ FEDER Région Grand Est https://www.geoportail.gouv.fr/carte



@ FEDER Région Grand Est https://www.geoportail.gouv.fr/carte


  Deux mots, tout de même sur la Société par actions simplifiée (SAS) porteuse du projet : Soleia 42.
   C'est la holding*, JP environnement énergie (JPEE),  basée à Caen, qui en est à la fois le créateur et le président, comme pour toutes les autres "petites sœurs", de Soleia 1 jusqu’à 43, 50, 60, etc.
- À chaque projet, correspondent une SAS et un n° mais,... une adresse identique : celle de la holding!,
- Pas de salarié,
- Capital social : 1 000€.
Source : https://www.societe.com/societe/soleia-42-840957575.html


Documents rattachés au dossier
- Arrêté n° 52-2020-10-271, portant ouverture de l' enquête publique, p.40 ;
- Etude d'impact sur l' environnement ;
- Avis de la Mission régionale d'autorité environnementale (MRAe) Grand-Est  ;
- Mémoire de réponse du promoteur à la MRAe ;
- Dossier de demande de permis de construire ;
- Pièces complémentaires ;
- Compléments à la demande de permis de construire.

 Bon bah, vous voilà, ma foi, Madame, Messieurs les élus, et les 61 administrés, avec tous les éléments en main. Et, l'heure du choix est venue: STOP ou ENCORE!... En attendant d'être encerclés, peut-être,
par.. les FUNESTES machines des fosseurs éoliens.
À n'en pas douter, il va faire bon vivre à Gilley et dans les environs dans les 20 prochaines années, non?


Conseil municipal 2020-2026
- Elise Deprez, employés administratifs d'entreprise,
- Daniel François, maire, agriculteurs sur grande exploitation,
- Jean-Claude François, ouvriers qualifiés de type artisanal,
- David Frison, agriculteurs sur grande exploitation,
- Loïc Goiset, ouvriers qualifiés de type artisanal,
- Patrick Maupin, anciens artisans, commerçants, chefs d'entreprise,
- Régis Mille, agriculteurs sur moyenne exploitation.
Source : http://www.mon-maire.fr/maire-de-gilley-52
À noter, que mise à part Francis Frison, le conseil municipal 2014 a été réélu en 2020.
Source : https://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Municipales/elecresult__MN2014/(path)/MN2014/052/052223.html


 Gilley, au milieu du futur "nid" éolien!? Création : association Van d'Osier


* "... Outre l’optimisation fiscale, constituer une société Holding permet de réunir plusieurs objectifs recherchés par les entrepreneurs.[...] La société Holding est un outil qui permet de faciliter les flux financiers entre les sociétés d’un même groupe, et d’organiser les rapports juridiques de manière à anticiper toute problématique." https://gestiondepatrimoine.com/entreprise/les-points-cles/les-societes-holding.html#sh2

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Haute-Marne : émigrés bassignots et comtois aux Etats-Unis de 1830 à 1870, épisode I

  Quelque soit la destination choisie pour émigrer, il n'est pas inutile de rappeler quelques généralités couramment admises quant aux raisons qui poussent l'être humain à se déraciner (1).
  Une migration humaine est le changement de lieu de vie d'individus. C'est un phénomène aussi ancien que l' humanité.
  Les relations privilégiées qu'entretenaient la France avec ses anciennes colonies ont entrainé des flux migratoires qui sont restés modérés.
  Les migrations sont souvent qualifiés d'économiques ou de politiques.
  Quand on a énoncé ces principes, et en tant que Haut-Marnais, le pays de destination qui nous vient tout de suite à l'esprit, c'est la Nouvelle France, c'est-à-dire le Canada, l' Acadie et la Louisiane, de 1534 à 1763, avec pour personnage principal la langroise Jeanne Mance [co-fondatrice de Montréal, fondatrice et administratrice de l’Hôtel-Dieu de Montréal] . Puis, au XIXe siècle, le Mexique avec nos voisins chanitois [habitants de Champlitte, Haute-Saône] partis fonder Jicaltepec, dans la région de Vera Cruz, et s'implanter à San Rafael, de 1833 à 1862.

Mexique, Jicaltepec. Source : @ancacos.over-blog.org/album-1076318.html

  Si des Français se sont installés en Cochinchine en 1862-1863, il semble y avoir eu très peu de résidents d'origine haut-marnaise, mis à part quelques religieux. Le principal pays d'émigration qui a concerné nos compatriotes du XIXe siècle, c'est l' Algérie. En 1830, Charles X conquiert Alger, mais l'émigration haut-marnaise ne commence que vers 1845 avant d'être organisée en 1848 pour coloniser la Mitidja (2). C'est de l'émigration choisie et organisée. Elle attirera au moins 12 284 Haut-Marnais. Cette donnée quasi-officielle résulte des secours financiers et des avances effectués par les communes ou les villes aux émigrants à destination de l' Algérie. Sur ces 12 284 personnes aidées financièrement, 5 736, soit plus de 45%, concernent le secteur de Langres, donc le sud haut-Marnais.




Plaine de la Mitidja vue depuis le Mausolée royal de Maurétanie Yelles, CC BY-SA 3.0

  À la lecture de ces quelques statistiques, on voit qu'il n'est pas inutile de limiter la portée des généralités énoncées en préambule, ce qui se vérifie également lors de l' étude des raisons qui poussent nos compatriotes à partir parce que les migrations peuvent être à la fois économiques et politiques, comme nous le verrons un peu plus loin. Concernant les Etats-Unis, ce n'est pas de l' émigration organisée. Dès lors, il y a très peu de documents aux Archives départementales. Ceci n'a rien de surprenant puisqu'il est couramment admis que ce sont des Allemands et des Alsaciens-Lorrains qui sont massivement partis s'y installer au XIXe siècle. D'autre part, aucun livre sur l' histoire de la Haute-Marne ne parle de départ groupé vers les Etats-Unis si ce n'est Jean Carnandet [bibliothécaire de la ville de Chaumont], en 1860, dans sa Géographie historique de la Haute-Marne (3), qui écrit qu'à Serqueux, 40 personnes ont quitté le pays en 1853 pour aller en Californie, au moment de la ruée vers l'or.
  En étudiant les passeports conservés aux Archives départementales de Haute-Marne, on s'aperçoit que quelques-uns sont délivrés à des marchands ou à des notables, pour des voyages d'affaires ou des voyages d'agrément. Sur les 35 passeports délivrés en moyenne chaque année, on voit bien que les villages du sud haut-marnais sont surreprésentés, notamment vers 1830-1835 et vers 1850-1855. Les passeports n'incitent pas à croire qu'il y ait pu avoir une réelle émigration dans le but de s'établir aux Etats-Unis, et encore moins une émigration de nécessité.
  Essayons donc, à partir d'extraits biographiques et plus généralement de tranches de vie, de comprendre les différentes raisons qui poussèrent nos compatriotes à franchir l' Atlantique.

I - Une immigration de nécessité

a) Les colons

  Définissons tout d'abord ce que sont une colonie et un colon. À la définition du mot "Colonie" correspondent deux sens :
- Territoire occupé par une nation en dehors de ses propres frontières. Elle l'administre et le maintient dans un état de dépendance ; en anglais : colony.
- Ensemble d'individus d'une même nation et qui vivent à l'étranger dans une même région, une même
ville ; en anglais : community.
   Notons que si les Américains emploient des termes différents pour chaque sens du mot colonie, la première définition ne peut pas être envisagée puisque la France n'a jamais occupé les Etats-Unis au XIXe siècle (4). Le second sens est non seulement en adéquation avec le sujet traité, mais il est en parfaite corrélation avec la définition d'un colon qui est " une personne qui a quitté son pays pour aller exploiter une terre, faire du commerce, etc., dans une colonie", ou un " descendant de ces émigrés installé à demeure dans ce pays et cohabitant avec les autochtones".
  Pour utiliser le terme américain, étudions quelques communautés haut-marnaises et haut-saônoises installées aux Etats-Unis.

Frenchville
  Les navires débarquaient généralement leurs passagers à New York. Les Alsaciens-Lorrains s'établissaient dans cet état, ainsi que dans celui voisin de Pennsylvanie, c'est donc évidemment dans cette région que nous y avons trouvé des colons originaires de nos contrées. Margaret Mignot, une généalogiste américaine, avait effectué tout un travail de recherches portant sur ses ancêtres possiblement originaires de Paris, de Picardie, de Lorraine et de l' est de la France. Or, ceux-ci avaient des noms à consonance haut-marnaise ou franc-comtoise ; d'ailleurs, son nom de jeune fille était Billotte. Or, c'est en Haute-Saône que le nom est le plus répandu, variante Billiotte. Plubel, c'est un nom de Fayl-Billot et de sa région, et Hugny, Lieigey, Picard, Roussey, Fauconnier, Nodier, Denis, Voinchet, Rougeux, rien que des patronymes locaux. Nos supputations se vérifièrent rapidement puisque nous trouvâmes les actes correspondants aux ancêtres de la généalogiste dans les registres paroissiaux et d'état civil des départements de Haute-Marne et de Haute-Saône. Des membres de ces familles sont donc partis en 1834 rejoindre d'autres de leurs compatriotes émigrés dès 1830-1831 qui s'appelaient Roussey, Plubel, Coudriet et Renaud. Tous se sont installés à Frenchville en Pennsylvanie. Frenchville, un écart de la commune de Covington dans le comté de Clearfield, à peu près au centre de l' état de Pennsylvanie qui se trouve dans l'est américain, juste en dessous de New York.

Frenchville est unique en Amérique du Nord. Elle est le résultat d'une installation d'immigrants du XIXe siècle directement de l'est de la France plutôt que d'une réinstallation de francophones du Canada. Aujourd'hui, seuls quelques locuteurs sont à l'aise en français, tous les autres sont passés à l'anglais. http://www.personal.psu.edu/beb2/Frenchville%20.htm



Un aperçu de l'ancienne Frenchville où je suis né se trouve dans un court article intitulé "American Gallic - The Mystery of Frenchville" qui a paru en 1974 dans le Today Magazine du Philadelphia Inquirer. La Frenchville d'aujourd'hui est assez différente. Voir : http://engr.case.edu/merat_francis/flm/Frenchville/Frenchville_Today.pdf



Une vue de Frenchville aujourd'hui, 2015. Georgie lennon8705 CC BY-SA 4.0

 
  Vers 1830, dans la région où allaient s'implanter les premiers colons, c'est-à-dire le comté de Clearfield, il y avait 4 800 habitants sur une surface d'environ 3 000km2. Si on rapproche ceci avec la Haute-Marne qui a 6 200km2, cela ferait 9 900 habitants. Le plus gros contingent de colons est arrivé en 1834. Il y avait plus d'une centaine de personnes dont le plus âgé avait 82 ans. Tous venaient du sud haut-marnais et du nord de la Haute-Saône. Ils ont tous été regroupés à Frenchville, appelé ainsi parce qu'ils étaient tous français.
  Pourquoi partaient-ils? En 1832, les enfants étaient nombreux et nos campagnes étaient surpeuplées.  Un courant d'émigration entrainait vers l' Amérique le surcroît de population. Ces colons avaient acheté des terres à un financier américain qui leur donnait ainsi la possibilité de vivre comme ils l'avaient toujours fait dans le pays de leurs ancêtres. Un parent resté en Haute-Marne écrit (5) :
  "les débuts furent excessivement pénibles. Tout leur manquait, jusqu'aux vivres qu'il fallait se procurer au loin. Ont eu faim bien des fois lorsque les rivières débordées interceptaient les communications."
  Petit à petit, les pionniers achetèrent du bétail et construisirent des fermes qui devinrent rapidement prospères.
  "Les pépins, les noyaux et les greffes, emportés ou envoyés de France, devinrent bientôt des arbres de plein rapport."
  Mais le territoire n'était pas favorable à la culture de la vigne dont le rendement était faible, contrairement au sud haut-marnais, cantons de Laferté, Varennes, Fayl-Billot, ou nord saônois, Amance, Vitrey-sur-Mance...,.
  Margaret Mignot, qui avait parfois mal interprété les lieux d'origine de ses ancêtres, se heurtait à une deuxième difficulté : l'américanisation des patronymes outre-atlantique.

- Billiotte est devenu Billott
- Bronoël est transformé en Brunwell
- Coudriet/Condret
- Denis/Dennis
- Gormont/Gormount
- Grossaint/Grossein, Grosurt
- Lecomte/Lecont
- Plubel/Plubell
- Rousselot/Russlow
- Viard/Veard
- Liegey/Leiga ou Leigey
- Rollée/Rolley ou Rollet, Roliet, Roby
- Hugueney/Hugini, Hugnot, Hugury
- Fauconnier/Vallimont

  La lecture de ces noms n'apporte aucun commentaire particulier, si ce n'est le dernier. Fauconnier devient Vallimont. L'américanisation logique aurait dû être Falconer. Les descendants actuels avancent deux versions, relativement peu crédibles. La première proviendrait du fait que quelques locaux auraient, en raison de la prononciation, vulgarisé le nom de Fauconnier en "Fucking ay" à son arrivée à Frenchville. Ce qui une fois traduit relève plus de l'insulte que d'un patronyme facile à porter. La seconde hypothèse remonterait à une époque au cours de laquelle un membre de la famille Fauconnier aurait travaillé pour le roi de France. Il aurait formé des faucons à la chasse. Ainsi lui serait venu son patronyme Fauconnier. Au moment de la Révolution française, son nom aurait alors été changé pour éviter toute analogie avec le roi auquel on venait de couper la tête. C'est d'autant moins vraisemblable que les Fauconnier étaient implantés dans le sud de la Haute-Marne depuis plusieurs générations et qu'ils faisaient partie des basses classes de la société. De plus, le nom de Vallimont est apparu pour la première fois au départ du Havre puisque Fauconnier figure sous ce patronyme sur la liste des passagers du bateau Attica.  Ce nom est-il un pseudonyme, et Fauconnier avait-il quelque chose à cacher? Le mystère demeure.
  Le premier colon qui décède à Frenchville est Irénée Plubell, en 1833, à l'âge de 55 ans. Comme il n'y avait pas d'église, la messe d' enterrement fut dite dans sa maison, selon le rituel du diocèse de Langres, car les pionniers avaient emporté dans leurs bagages quelques ouvrages religieux. Quant au cimetière, il fut créé sur une parcelle de terre, de deux acres, donnée à la collectivité par un colon nommé François Lamotte. En 1840, une église en bois rond fut construite non loin du cimetière. Elle fut frappée par la foudre en 1863. Un lieu de culte en pierre fut alors bâti par les habitants du lieu en 1870 et consacré trois ans plus tard.

Cimetières à Frenchville, Clearfield County, Pennsylvania, USA
- Gillingham cemetery



Photo : Jamie Price

- Saint Mary of the Assumption Cemetery ; également appelé Frenchville Cemetery. "Il est situé sur le côté nord de la route de Frenchville (route de canton 638) à environ 0,1 miles à l'ouest de son intersection avec Dales Drive. "


 

Ici, vous trouverez la liste des noms des personnes enterrées. Sa réalisation a été achevée au cours de l'été 1978. Elle est conservée par la Clearfield Historical Society. L'auteur ou les auteurs en sont inconnus. Avec l'aimable autorisation de Sue et Tom Moore.
Photo : Eillen


St. Mary of the Assumption Parish
64 St. Mary's Lane , Frenchville , PA 16836




   Il permettait d'accueillir près de 200 personnes. Quand l'église fut achevée, une fête paroissiale fut organisée sous la forme d'un pique-nique rassemblant toute la communauté "frenchvilloise". Les années passant, les habitants ont continué à se réunir, et à collecter des fonds. Ceci leur a permis d'obtenir assez d' argent pour construire le clocher de l' église en 1890. Ce qui est extraordinaire, c'est qu' aujourd'hui encore, le Picnic a toujours lieu chaque troisième week-end de juillet.

 

 Chaque troisième week-end de juillet, le Picnic annuel de Frenchville


À suivre...

Didier Desnouveaux, Émigrés bassignots et comtois aux Etats-Unis de 1830 à 1870, les Cahiers haut-marnais, n° 293, 2019/02, pp. 15-20.

1. Cette communication, prononcée lors du colloque "Étrangers en Haute-Marne, Haut-Marnais à l'étranger" organisé par les Cahiers haut-marnais le 9 décembre 2012, emprunte de larges extraits à l'ouvrage Keskidees, émigrés bassignots et comtois aux Etats-Unis, 1830-1870, co-écrit par Didier Desnouveaux et Lionel Fontaine et publié par le Club Mémoires 52 en 2011.



2. Arrière-pays d' Alger.

3. P. 456.

4. À l'exception de la Louisiane, et seulement jusqu'en1803. Même dans la Louisiane du XVIIIe siècle, qui représentait un tiers des Etats-Unis actuels, le nombre de colons français, et volontaires, est resté très limité.

5. A. Mulson, Histoire de Pierrefaite, avec Ouge, ancienne succursale, Montesson, annexe, Langres, Rallet-Bideaud, 1898. 

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Les certitudes de la Transition énergétique

  La Transition énergétique portée depuis les années 2000 par les présidents de la République qui se sont succédés et leurs gouvernements, réduction du nucléaire & essor des EnR associées au gaz, contient 3 certitudes :
  • une augmentation significative de risque de blackout ;
  • un accroissement des émissions de gaz à effet de serre ;
  • une perte d'indépendance de la production électrique française.

  Ainsi, le résultat obtenu est loin, très loin, de satisfaire les objectifs ambitieux de l' Accord de Paris, 2015, et des "sauveurs de la planète" que sont certaines ONG, femmes et hommes politiques "verts" ou...non, bobos-écolos des centres-villes urbains, etc.
  Et les Français, ils en pensent quoi? Chut, ne les réveillez pas avant 2039...

   "Il est bien difficile de gouverner en conscience"
Napoléon, Honoré de Balzac, Maximes et Pensées

"Qu'est-ce qu'il dit?"

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Une transition énergétique raisonnée pour une croissance raisonnable 

Philippe Charlez

 


Electricity By: Eva Cristescu - CC BY 2.0 


  Grâce à sa génération électrique nucléaire, le mix énergétique français est l’un des plus décarbonés d’Europe.
  En prononçant cette phrase historique « notre maison brûle et nous regardons ailleurs » le 2 septembre 2002, Jacques Chirac avait vu juste bien avant nous.
  La Terre se réchauffe, c’est un fait avéré. Le meilleur indicateur en est la fonte des glaces. La surface de glace se réduit dans les Alpes comme peau de chagrin. Le glacier des Bossons n’est plus que l’ombre de lui-même, le glacier du Rhône est en train de disparaître, de nouvelles routes maritimes s’ouvrent dans l’océan Arctique.
  Quant au Groenland jadis blanc il reprend son nom originel de Pays Vert. Les saisons de ski se réduisent d’année en année tandis que les vendanges se font de plus en plus tôt.
  La cause humaine de ce réchauffement climatique est incontestable. L’ingénieur que je suis a appris de longue date que les phénomènes géologiques ou astronomiques s’étalaient sur des milliers voire des millions d’années. La temporalité du réchauffement que nous observons aujourd’hui est de l’ordre de quelques dizaines d’années. Son origine principale est donc bien humaine et en grande partie liée à nos émissions excessives de gaz à effet de serre. 


Tout ne doit pas être expliqué par le réchauffement climatique

  Le réchauffement climatique n’est pas pour autant l’explication de tous les évènements météorologiques de la planète. Météo et climat sont deux sciences différentes quant à leur temporalité. C’est la raison pour laquelle je préfère parler de réchauffement climatique plutôt que de dérèglement climatique sous le couvert duquel on essaye souvent de justifier tout et n’importe quoi.
  Les émissions de gaz à effet de serre proviennent essentiellement de la combustion des énergies fossiles. Ces dernières représentent aujourd’hui encore 85 % de la consommation énergétique de la planète. Réduire la consommation d’énergies fossiles pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 représente pour l’humanité un objectif majeur des trente prochaines années.
  Cet objectif n’a effectivement de sens que si on l’accompagne d’un plan d’action pertinent à la fois sur le plan technique, économique et sociétal.
  Le dessein n’est pas, comme certains le prônent, de sortir de la société de croissance mais au contraire de conjuguer une transition énergétique raisonnée et efficace avec une croissance économique raisonnable. La pandémie et le confinement ont sur ce point clairement démontré que la décroissance est une voie sans issue. En 2020, la récession mondiale sera de l’ordre de 10%.
  Parallèlement les émissions de GES devraient diminuer de 10 %. Mais 10 % c’est seulement moins d’un demi ppm de CO2 rejeté dans l’atmosphère. Un effort surhumain en termes économiques pour un résultat quasi insignifiant en termes climatiques.

Confinés pendant 30 ans ?
  Respecter les objectifs de Paris via la décroissance économique nous demanderait de rester confinés à plein temps pendant… trente ans. Je vous laisse le soin d’apprécier le réalisme d’une telle stratégie qui nous conduirait inévitablement à la pauvreté absolue.
  Une transition énergétique raisonnée, cela demande d’abord de définir une méthodologie pertinente.  L’approche actuelle du gouvernement repose sur ce que j’appelle un agenda inversé. Il se donne des objectifs en recherchant a posteriori les moyens techniques et économiques pour y arriver.
  Nous avons choisi la démarche inverse en considérant la réduction des émissions comme un résultat contraint par des hypothèses raisonnables. Partant de la situation actuelle nous avons construit un scénario robuste tant sur le plan technique en utilisant des technologies suffisamment matures sur le plan économique pour rester compatible avec une croissance économique minimum de 1 % par an.
  Quels leviers pour la décarbonation ? La consommation d’énergie finale de la France est dédiée pour 40 % à l’habitat pour 30 % aux transports et pour 20 % à l’industrie. Habitat, transports et industrie sont donc les trois leviers d’usages qu’il faudra décarboner en « presque totalité ». Presque totalité car neutralité carbone ne veut pas dire comme beaucoup le pensent « zéro fossiles ».
  En 2050, le mix français consommera encore une part non négligeable de pétrole et surtout de gaz naturel notamment dans certaines industries énergétivores comme le ciment, la sidérurgie, le verre ou la chaux dont les procédés pourront difficilement se passer de la température de la flamme fossile.
  Aussi faudra-t-il compenser ces émissions résiduelles en les captant puis en les réinjectant dans le sous-sol. Cette technique dite du Carbon Capture Storage mature mais non encore économique jouera un rôle clé dans la future neutralité carbone.
  La décarbonation passera par un accroissement de la biomasse sous forme de bois, de bio gaz produits à partir de déchets agricoles et alimentaires ainsi que via des biocarburants liquides. 


L’avenir de l’électricité
  Mais elle se traduira surtout par une augmentation très significative de la consommation d’électricité. Sa consommation devrait doubler en France d’ici 2050. Si le XIXe fut le siècle du charbon et le XXe celui du pétrole, le XXIe siècle sera celui de l’électricité. Et donc la question qui vient naturellement est de savoir d’où viendra cette électricité.
  Les énergies renouvelables participeront de façon significative au mix énergétique de demain. Il est toutefois illusoire de penser que les 12 % d’heures de soleil et les 20 % d’heures de vent pourront à elles seules décarboner la société. Au plus les renouvelables intermittents pourront couvrir en moyenne annuelle 30 % à 35 % de nos besoins électriques, 50 % si on y ajoute l’hydroélectricité.
  La croissance 100 % verte est donc une dangereuse utopie qui conduirait inévitablement soit à des blackouts électriques récurrents comme observés récemment en Californie soit à un accroissement des émissions via un nécessaire renfort de la génération électrique au gaz. Le 100 % renouvelable est pour moi le pire des agendas inversés.
  Grâce à sa génération électrique nucléaire, le mix énergétique français est l’un des plus décarbonés d’Europe. Il ne contient que 51 % de combustibles fossiles contre plus de 80 % pour notre voisin allemand et près de 75 % en moyenne pour l’Union européenne. Le Français émet moins de 5 tonnes de CO2 par an contre près de 10 pour le citoyen d’outre-Rhin. 


Miser sur le nucléaire
  C’est donc dans l’accroissement de la génération nucléaire et non dans sa réduction que se trouve le futur salut énergétique français mais aussi mondial. Nucléaire imparfait avec la classique fission pour les 40 prochaines années puis peut-être le nucléaire parfait sans déchets avec la fusion nucléaire à l’horizon 2060.
  La réussite du projet ITER qui se cache à Cadarache dans la vallée de la Durance libérerait pour des dizaines de milliers d’années l’humanité de sa geôle énergétique.
  Les Chinois, les Indiens ou autres Émiratis et même certains pays de l’est européen l’ont parfaitement compris, considérant le nucléaire comme le meilleur ami des renouvelables. L’Agence International de l’Énergie et même le GIEC ont clairement annoncé que sans le nucléaire la neutralité carbone 2050 serait inaccessible.
  L’Europe semble rester sourde à ces messages de bon sens. La sortie du nucléaire est programmée en 2022 en Allemagne et en 2025 en Belgique. La France a fermé la centrale de Fessenheim et envisage de fermer 14 autres réacteurs à l’horizon 2035. Elle a également décidé l’arrêt du projet Astrid. Des positions schizophrènes quand on décrète, comme le fait madame Von de Layen, la neutralité carbone en 2050.
  En conclusion je vous laisserai méditer sur un sondage récent effectué par l’ IFOP. Il montre que 80 % de nos jeunes de moins de 24 ans pensent que le nucléaire est davantage émetteur de CO2 que le charbon.
  Proust disait que « les faits ne pénètrent pas dans l’univers où règnent nos croyances ». J’ajouterai que l’idéologie verte conduit aujourd’hui certains à reformuler le « je pense donc je suis » de Descartes en « je crois donc je sais ».
  En dehors du progrès technologique, de la mobilisation des moyens et des changements de comportement, la transition énergétique c’est aussi un énorme travail pédagogique à réaliser notamment et surtout auprès de nos jeunes générations.

TRANSITION ÉNERGÉTIQUE, NUCLÉAIRE : LA POSITION AMBIGÜE DES " ANTI " DEVANT L'ARRÊT OBLIGÉ DE 26 RÉACTEURS

  Ainsi, les mêmes, qui ont exigé la limitation de la production nucléaire à 50% dans le mix énergétique français, en attendant d'impose...