jeudi 31 janvier 2019

Haute-Marne, agents de l' ONF : gens qui rient, gens qui pleurent

voixdelahautemarne.fr
29/01/2019


😁😰

 

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Loire-Atlantique : deux conceptions de l’agriculture s’affrontent aux élections

 Nicolas de la Casinière 

Commentaire : du rififi chez les "y a que nous" exploitants agricoles qui prennent toute leur part dans le massacre des territoires ruraux en facilitant avec l' Etat et les Collectivités l'implantation de zones industrielles d'éoliennes, en multipliant les projets de méthanisation avec le concours de l' ADEME et des Chambres d'agriculture, en arrachant des haies, en transformant des prés en champs, etc. Le tout grâce à des subventions et des revenus garantis ...payés par le contribuable et le consommateur! 😂😡
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Les élections de renouvellement des chambres d’agriculture se terminent le 31 janvier. En Loire-Atlantique, les trois syndicats agricoles ont confié à Reporterre l’étendue de leurs divergences en matière de pratiques et de gestion.

Nantes (Loire-Atlantique), correspondance
Une cinquantaine de manifestants le 14 janvier dernier devant le siège nantais de la chambre d’agriculture protégé par un cordon de CRS, un mois après une action similaire devant une antenne de la chambre dans le sud du département. Terres communes, un collectif d’agriculteurs et de citoyens, proteste contre la reprise de 340 hectares d’un seul tenant par un gros paysan normand « au détriment de petits paysans locaux porteurs de projets ». En Loire-Atlantique, ce type d’action s’inscrit dans la ligne des luttes contre les accapareurs, menées dans les années 1970 par les Paysans travailleurs, l’ancêtre de la Confédération paysanne (la « Conf’ »). L’appel à la manif s’illustre d’une ferme usine derrière des barbelés, devant un parterre de souches d’arbres ratiboisées. 




La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), majoritaire à la chambre, crie au scandale dans les colonnes de son hebdo Loire-Atlantique agricole renommé Agri44. Mickaël Trichet, président de la FDSEA et gérant de la société Inf’agri 44, qui édite cet hebdo, s’y dit « écœuré, pour ne pas dire plus », et associe ses opposants à l’action en question et, au passage, à la liste de fermes-usines publiée en novembre par Greenpeace dont l’inventaire a été âprement contesté par la FNSEA.


« Un respect de la démocratie et du fait majoritaire accordé par le vote »
Mickaël Trichet met du même coup en cause la Confédération paysanne, le groupement des agriculteurs biologiques, et le dessin — aux « références nauséabondes » — d’appel à la manif : « Greenpeace fait de la délation, et la Confédération paysanne et l’association [le GAB 44, Groupement des agriculteurs biologiques] nous comparent à travers les dessins de leurs sites au nazisme », en ajoutant : « Nous avons décidé de contester toutes les structures qui feront de l’“agribashing” et qui nous trainerons dans la boue. C’est un point essentiel de notre programme aux élections à la chambre […] Nous nous retrouvons, nous, agriculteurs qui défendons toutes les agricultures devant d’autres soi-disant agriculteurs et associations qui prônent le retour à la préhistoire, les travaux à la main dans les champs, le refus de la modernité, le tout arrêt de pesticides sans période de transition. Les agriculteurs s’en souviendront dans les urnes.



Au sens propre, au figuré, voire au sens moins propre, la campagne bat son plein


« J’étais président des JA [Jeunes Agriculteurs], quand on a conquis la chambre en 2007, poursuit Mickaël Trichet. On a voulu lui donner le goût de l’indépendance, alors que les accompagnements techniques, cultures, suivi d’élevages laitiers et bovins, installations, avaient été abandonnés par la chambre. C’est vrai, ces services ne sont pas gratuits et il y a un bonus, une ristourne d’une heure gratuite de service, si les gens adhèrent [à la FNSEA]. Pour les demandes d’appui juridique, comme il y a besoin de plusieurs juristes pour confronter leurs options, et que ça coûte, on a mutualisé [entre la chambre et la FDSEA]. Mais non, il n’y a pas de distorsion de traitement : on n’a jamais refusé d’accompagner quelqu’un… Sur les problématiques de pollution à la dioxine, des éoliennes ou des sangliers, on s’est occupé de tous les agriculteurs, pas que ceux qui ont notre carte syndicale. »
Il n’y aurait donc pas de favoritisme, selon lui, « juste un respect de la démocratie et du fait majoritaire accordé par le vote. On n’a pas la même vision, pas la même bible politique que la Conf’. À la FNSEA, on accompagne l’agriculture bio mais on n’affiche pas forcément la sortie des phytos, on demande du temps pour une évolution, des alternatives… On n’est pas dans l’extrême ni pour l’arrêt de la protection des plantes que revendique le zéro phyto ».

Quand la Conf’ parle de « sortir des pesticides », la FDSEA préfère dire qu’il faut « mieux appréhender les produits phytosanitaires » et édite des fiches « guide phyto pour y voir clair ».
La chambre d’agriculture de Loire-Atlantique est menée par une majorité FNSEA depuis 2007, son score de 44,27 % des voix faisant alors basculer ce fief de la Confédération paysanne, syndicat né dans la continuité de Bernard Lambert et des Paysans travailleurs


« Il n’y a aucun pluralisme syndical »
Le scrutin de 2013 a confirmé cette avance au score avec 45,63 % à la liste FNSEA, 34,79 % à la Confédération paysanne et 19,58 % à la Coordination rurale. Ce qui a accordé 16 sièges à la FNSEA, trois à la Confédération, deux à la Coordination.
Élue Coordination rurale lors du dernier mandat, Catherine Laillé, éleveuse de porcs label rouge à Fégréac, centre ses critiques sur une gestion servant essentiellement les intérêts du syndicat majoritaire. Agri 44, le journal de la chambre lancé en août 2007 est payant [abonnement 174,50 € par an] et ne publie que les positions de la FNSEA : « C’est la pensée unique. On n’a jamais eu droit de parole dans ces colonnes. Nous sommes nous pour un journal gratuit, ouvert, où chaque expression syndicale aura sa place. » Même critique sur le conseil juridique aux agriculteurs : « Quand on sollicite la chambre pour un avis juridique, on tombe sur le conseil de la FNSEA. Ce n’est pas normal. Il n’y a aucun pluralisme syndical. » Quant à la transparence, l’élue d’opposition remarque que, dans les deux dernières années, les réunions intermédiaires entre les sessions plénières ont pratiquement disparu. « En session , on n’a que des chiffres globaux, les grandes lignes, alors qu’avant, on pouvait étudier des tableaux bien plus précis. Autre problème la subvention de 75.000 € par an votée par la chambre à la FNSEA-JA. Alors que nous, Coordination rurale, pour un congrès de producteurs laitiers, on nous a royalement octroyé 500 €… Soit il n’y a pas de subventions du tout, soit on les repartit au prorata des scores électoraux. »
Elle ajoute que « les techniciens de la chambre ne reçoivent que dans leurs bureaux. Pas normal non plus : il faudrait organiser des réunions sur le terrain, par secteur, par canton ».


  
Le siège de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique

Catherine Laillé estime que la chambre doit défendre les agriculteurs contre les « insupportables attaques des véganes et des “écolo-bobos”, et refaire du lien avec les consommateurs, par l’acte d’achat mais aussi par l’explication, et renouer avec les ONG, les néoruraux, organiser des réunions avec des films, des débats, des visites d’exploitations. La transparence sur les produits, on la doit au consommateur. C’est le rôle de la chambre de montrer le travail fourni par les différentes productions ».
Vis-à-vis des revirements de choix alimentaires dans les collectivités, Mickaël Trichet ne cache pas son agacement : « J’étais la semaine dernière avec une collectivité qui introduit un repas sans viande dans son projet d’alimentation territorial. Je suis très mécontent. On nous force la main, on va provoquer un affaiblissement de la filière. C’est le rôle de la chambre de défendre les agriculteurs, de faire de la pédagogie auprès de gens qui ne connaissent rien, ni les vertus économiques et sociales ni les impacts environnementaux… » 


«
Pour les gens de la FNSEA, ça semble insupportable qu’on puisse penser différemment d’eux »
Pour Dominique Deniaud, éleveur de vaches laitières bio à Vertou, et président de la Confédération paysanne 44, « le problème de la FNSEA est d’avoir depuis 2007 tout voulu gérer seule. Mais pour faire ça, il faut avoir des forces vives. S’il y a des électeurs, ça n’en fait pas des animateurs. Et sur certains domaines, comme les changements de pratiques au regard des enjeux environnementaux et climatiques, la chambre n’est pas toujours la mieux placée. Nous, on souhaite s’appuyer sur les structures déjà présentes, le GAB [Groupement des agriculteurs biologiques], les Civam [Centres d’initiative pour valoriser l’agriculture en milieu rural], pour la formation, mais aller plus loin, intégrer les Cuma [Coopératives d’utilisation de matériel agricole] dans les discussions, ou les services de remplacement des agriculteurs en cas d’accident… »
Quant au « point accueil installation », guichet unique de passage de tous les porteurs de projet en agriculture, il faudrait pour la Confédération paysanne qu’il « intègre le pluralisme syndical, et non pas en faire un point d’entrée dans le moule des FNSEA-JA… Ce n’est pas normal qu’on perde deux tiers, voire trois quarts des candidats qui devraient tous trouver un écho correspondant à leur type de projet ». La FNSEA, de son côté, reproche l’existence d’une structure bis d’accompagnement de projets agricoles, CAP44, mise en place par la Confédération paysanne, et qui lui rafle des marchés « grâce à des complaisances politiques dans les collectivités, faisant concurrence aux services de la chambre, et donc contraire à l’intérêt collectif », plaide Mickaël Trichet.
Pour Dominique Deniaud, l’accès à l’information semble contrarié par la gouvernance de la FNSEA qui « ne partage pas les travaux réalisés, observations, mesures, financées en partie sur des fonds publics ». Il a le même avis que la Coordination rurale sur l’hebdo Agri 44 : « C’est une information très partiale. Deux exemples : pas un mot, pas une annonce, pas de compte rendu sur la Fête de la vache nantaise, le plus gros événement agricole du département, qui rassemble quand même 50 à 60.000 personnes début septembre… Et quand on s’est retrouvé à cinq du département audités par la commission du Sénat sur les compensations agricoles, Agri 44 a réussi à ne montrer en photo que le représentant de la chambre et celui de la FDSEA, passant sous silence les autres, le responsable du Civam et nous, qui étions deux de la Conf’. Pour les gens de la FNSEA, ça semble insupportable qu’on puisse penser différemment d’eux. »


 

Le candidat de la Confédération paysanne ne serait pas hostile à une entrée des consommateurs au sein des conseils d’administration : « Qu’ils puissent entendre ce qu’on fait, ce qui obligerait aussi les agriculteurs à soigner un peu plus leur discours. »



Isoler votre maison, changer la chaudière, ces fumisteries qui confinent à l'arnaque

Charles Sannat



33 ans! Il faudra 33 ans pour rentabiliser une nouvelle chaudière vendue 6 000
euros


Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Hier soir, voyant qu’une tempête de neige terrible était annoncée sur le pays, je me suis précipité pour vérifier l’état du stock de boîtes de raviolis : imaginez que l’on soit bloqué pendant 6 mois en raison d’une grande glaciation. Justement, à propos de glaciation, aux États-Unis ils annoncent du -50°, et de quoi bien sourire avec nos 5 centimètres de neige. Allez, je vous en donne 10 parce que je suis très large.

Bref, -50°, je disais perfidement à ma femme que de telles températures allaient nous valoir une sortie de Trump sur le réchauffement climatique. Évidemment, ce qui devait se passer se passa… et Trump de twitter ce matin : « Je me caille, rendez-moi mon réchauffement climatique. » Du coup, je suis encore un génie dans le regard de ma femme.

Heureusement, de vous à moi, que l’on n’a pas du -50° parce que là, ils peuvent nous bourrer le mou (nos mamamouchis) avec toutes les transitions énergétiques qu’ils veulent, on se caillera tous !

Bon, venons-en au fait, à savoir sur la manière dont on vous arnaque copieusement, et là, ma patience est à bout. Cessez d’être écolo comme on nous demande de l’être, car en fait, on se fait juste enfler jusqu’à la moelle et encore, je retiens ma vulgarité sous l’œil courroucé de ma moitié qui ne supporte pas les gros mots devant les enfants et en public… 


Charles, on m’a proposé une chaudière à condensation à 6 000 euros, c’est une bonne affaire, hein ?
Tout part de l’histoire d’un voisin à qui « on » tente de refourguer une chaudière à condensation GTI 16 soupapes avec injection intégrée et vraisemblablement au moins 16 soupapes et sans doute également « biturbo ». Pour ceux qui s’y connaissent un peu en moteur, dans les turbo, on utilise les gaz, et dans les chaudières à condensation, on récupère aussi de la chaleur, du coup, on augmente le rendement…

mercredi 30 janvier 2019

États-Unis : les émissions de CO2 liées à l'énergie ont augmenté de 2,8% en 2018

Enerdata

Commentaire : Big up à tous ceux qui voudraient nous faire croire que le gaz naturel est bon pour le climat sous prétexte qu'il est moins pire que le charbon.

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Selon l' Energy Information Administration (EIA) des États-Unis, les émissions nationales de CO2 liées à l'énergie ont augmenté de 2,8 % en 2018. Il s'agit de la plus forte augmentation des émissions de CO2 liées à l'énergie depuis 2010. Les émissions domestiques de gaz naturel, qui ont augmenté de près de 10 %, ont alimenté la croissance globale en 2018, bien que les émissions de pétrole, principalement utilisées dans le secteur des transports, représentent la plus grande part des émissions totales de CO2 liées à l'énergie.

L' EIA américaine estime également que la consommation totale d'énergie américaine en 2018 est inférieure de 0,4 % au record établi en 2007. Ce chiffre est en grande partie imputable aux changements climatiques, car les tendances de température ont conduit à des niveaux records de consommation d'électricité et de gaz naturel tout au long de l'année : les degrés-jours de refroidissement (DJC) pondérés par la population américaine ont atteint un nouveau record en 2018, tandis que les degrés-jours de chauffage (DJC) enregistrés étaient les plus élevés depuis 2014.

Les émissions de CO2 liées à l'énergie devraient diminuer en 2019 et 2020, en raison du temps plus doux en hiver (moins de DJC) et en été (moins de DJC). Ils resteraient plus élevés qu'en 2017.

Une hausse des tarifs de l’électricité de 6 % proposée par le régulateur de l'énergie

Alexandre Boero
 
Pixabay

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) propose une forte hausse des tarifs qui pourrait concerner l'ensemble des consommateurs résidentiels liés au tarif bleu d'EDF, ainsi que les professionnels, soit près de 30 millions d'abonnés.

Voilà une nouvelle qui, par les temps qui courent, ne devrait pas atténuer le pessimisme ambiant dans lequel la France est plongé depuis plusieurs mois, et dont l'une des conséquences a été la naissance du mouvement des Gilets Jaunes en 2018. Mercredi, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a annoncé son intention de proposer une hausse très importante des tarifs de l'électricité le 31 janvier aux acteurs du secteur, avant une délibération le 7 février 2019.


Une hausse de 7,7 % hors taxes En se basant sur « une méthodologie de construction des tarifs réglementés de vente d'électricité » et à la suite de différentes consultations publiques (2016 et 2017), le régulateur du marché de l'énergie compte proposer une augmentation de 7,7 % HT, soit 5,9 % TTC, du tarif réglementé de l'électricité, ce qui représenterait une hausse de plusieurs dizaines d'euros de la facture annuelle, qui passerait alors de 1 400 euros en moyenne à 1 484 euros.

La hausse souhaitée concernerait à la fois les abonnés résidentiel (25,6 millions de foyers) et non résidentiel au tarif bleu (3,2 millions). Celle-ci est motivée par la croissance des prix de l'énergie sur les marchés de gros (+4,6 % TTC), causée par la hausse des cours du carbone l'an passé, et le doublement des prix moyens des garanties de capacité (+1,3 % TTC).


L'augmentation pourrait intervenir dès le 1er mars 2019L'autorité administrative indépendante note aussi, depuis le début de l'année, une hausse des prix des énergies sur le plan international. Elle se justifie ainsi d'une augmentation des tarifs de l'électricité en Espagne et en Allemagne, mais aussi en Italie, au Royaume-Uni et en Belgique. La plupart de ses pays proposent des tarifs plus élevés qu'en France, où l'on reste encore en-deçà de la moyenne européenne, mesurée à 200 €/MWh TTC par la Commission européenne.

Réponse de l'Académie à l'étude de l'Ademe sur le mix énergétique futur

l’Académie des technologies

Trajectoires d’évolution du mix électrique 2020-2060 : la réponse de l'Académie à l'étude de l' ADEME sur le mix énergétique futur".
Commentaires d’une étude ADEME publiée le 10 décembre 2018 


Synthèse de l’avis de l’Académie des technologies
L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) a largement médiatisé en décembre 2018 son évaluation de l’évolution du Mix électrique jusqu’en 2060. Elle recommande en substance d’arrêter les centrales existantes avant leur fin de vie, les remplacer massivement par des installations solaires et éoliennes (multiplication par plus de dix des puissances installées actuelles), et développer une économie de l’hydrogène avec les surplus d’électricité des périodes favorablement ventées et ensoleillées.

L’Académie des technologies, comme elle l’a déjà écrit, s’inscrit pleinement dans la politique de développement des énergies renouvelables. Elle considère que la réussite de cette politique suppose des hypothèses réalistes. C’est pourquoi elle estime que les conclusions de l’étude de l’ ADEME doivent être prises avec une très grande prudence. Elles ne devraient en aucun cas servir de base à des décisions de politique publique et leur médiatisation est prématurée. L’avis de l’Académie, justifié dans la note jointe, est notamment fondé sur les éléments ci-après.


1. L’ ADEME n’a publié qu’une « synthèse » de son étude, qu’elle n’a pas soumise à une évaluation scientifique. Elle ne met pas en mesure les experts d’exercer leur légitime rôle d’évaluation et de contrôle. Présentée comme une « réponse à ses adversaires », l’étude de l’ ADEME est affectée de nombreuses erreurs de méthodes et de contradictions.

2. L’approche de l’ ADEME se concentre sur le secteur Électrique. Cependant les hypothèses qu’elle  prend impactent les autres secteurs énergétiques et particulièrement le Gaz. Il existe des interactions entre ces secteurs ; par exemple, l’ ADEME propose le développement d’importantes quantités de biogaz, notamment à partir d’hydrogène produit par électrolyse. Cependant on peut douter que cette stratégie soit compatible avec les contraintes propres au stockage et au transport de l’Hydrogène dans le secteur Gaz.

3. L’ ADEME envisage une quasi-stagnation de la demande d’électricité jusqu’en 2060, malgré de nouveaux usages. Cette hypothèse est plus basse que celle retenue par la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) du Ministère de l’Environnement. Sur une aussi longue période, la prise en compte d’une croissance, ne serait-ce que de
1% par an, modifierait radicalement les résultats
Malgré ces hypothèses basses sur la demande, les trajectoires de l’ ADEME n’assurent pas la neutralité Carbone en 2050 – ce qui est pourtant un objectif gouvernemental - ni même en 2060. A cet horizon, les trajectoires de l’ ADEME requièrent des importations significatives d’électricité, pour pallier les aléas du soleil et du vent. Mais les pays limitrophes seront soumis à des conditions météorologiques analogues, et ils ne seront pas en mesure de garantir les besoins français d’électricité.

4. Les coûts induits sur le secteur Gaz par le Mix électrique envisagé ne sont pas présentés. L’ ADEME fonde à tort ses conclusions sur la seule économie de l’ Electricité, sans prendre en compte les nécessaires investissements et d’exploitation du secteur Gaz.

5. De nombreuses hypothèses économiques retenues par l’ ADEME (a) paraissent très discutables :
-Le facteur de charge de la production éolienne terrestre adopté par l’ ADEME est sensiblement supérieur au facteur de charge actuel ; cependant l’ ADEME admet que les futurs sites seront moins bons que les sites présents (b), ce qui est inévitable.
-
Les installations de production d’hydrogène auront des facteurs de charge faibles ; en outre, les rendements attendus des processus de conversion (électrolyse d’électricité excédentaire, transport, stockage d’hydrogène, production d’électricité à partir de l’hydrogène) se heurtent à des limites physiques ; ils sont, in fine, très faibles. Ces pénalités ont-elles été correctement prises en compte ?

6. Certaines perspectives d’évolution des coûts d’investissement des énergies renouvelables sont surestimées par l’ ADEME ; par exemple des baisses encore très significatives de l’éolien terrestre – technologie mature – sont peu probables.

7. L’ ADEME ne semble pas prendre en compte de manière réaliste deux difficultés d’un système électrique fondé sur une proportion importante d’énergies intermittentes : la garantie du synchronisme (c) – clef de la stabilité du réseau - et l’ajustement aux variations rapides et fréquentes de la charge. L’ ADEME convient que « des analyses supplémentaires seraient nécessaires ».

8. Les coûts des trajectoires de l’ ADEME sont très voisins (moins de 3%) ; au vu d’écarts aussi faibles à un horizon si lointain, et d’incertitudes aussi grandes, les conclusions de l’ ADEME sont prématurées. En l’absence d’écarts significatifs entre trajectoires, il serait plus pertinent de reconnaître la nécessité de diversifier le mix énergétique, sans donner l’exclusivité à une au développement des énergies renouvelables intermittentes.

La transition énergétique va mobiliser des centaines de milliards d’euros ; elle est porteuse de changements majeurs pour les générations futures. Ce serait une erreur de fonder cette transition sur des hypothèses techniques et économiques erronées tant sur les filières de production (renouvelables, nucléaire) que sur le système énergétique global, en négligeant les acquis de la France dont l’électricité est déjà essentiellement décarbonée au profit de solutions hypothétiques et aléatoires. Les orientations proposées par l’ ADEME sont risquées.

(a) Ou qui paraissent avoir été retenues : nous n’avons qu’une synthèse de l’étude, avec une connaissance très partielle de ses hypothèses.
(b) L’agence retient dans son étude un facteur de charge sensiblement supérieur à celui qu’elle propose dans son cahier d’hypothèses.
(c) C’est à dire l’ajustement instantané entre production et demande d’électricité

Télécharger le texte intégral de l'avis de l'Académie des technologies : Trajectoires d’évolution du mix électrique 2020-2060 : la réponse de l'Académie à l'étude de l' ADEME sur le mix énergétique futur - Commentaires d’une étude ADEME publiée le 10 décembre 2018



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mardi 29 janvier 2019

Allemagne : le nombre d'implantations d'éoliennes terrestres s'effondre en 2018

Beatrix Fontius

Energie éolienne : chiffres d'expansion pour l'ensemble de l'Allemagne en 2018


L'énergie éolienne à terre - l'expansion s'effondre brutalement, les perspectives à moyen et long terme doivent maintenant être fixées par la loi

L'expansion des éoliennes terrestres étaient de 2 402 mégawatts (MW) ou 743 éoliennes en 2018. Ce résultat est inférieur aux attentes déjà peu ambitieuses.
Les perspectives d'expansion à court terme pour 2019-2020 restent faibles ; des appels d'offres spéciaux donnent confiance pour une reprise à partir de 2021.
Le compromis sur le charbon confirme la nécessité d'établir juridiquement un cadre temporel et quantitatif à moyen et long terme pour atteindre les objectifs de protection du climat d'ici 2030.
La rationalisation des procédures d'autorisation et l'élimination des obstacles administratifs sont essentielles

Selon les chiffres calculés par Deutsche WindGuard, L'expansion des éoliennes terrestres est inférieure aux attentes déjà peu ambitieuses. Avec seulement 2 402 mégawatts (MW) ou 743 turbines, les nouvelles constructions sont encore en deçà du niveau de 2013, bien que la demande d'électricité renouvelable augmentera considérablement dans le futur. Il s'agit d'une baisse de 55 % par rapport à 2017, bien en deçà du chiffre de 3 300 MW estimé par la Fédération allemande de l'énergie éolienne (BWE) et VDMA Power Systems à la mi-2018.

"Aujourd'hui, il est plus important que jamais de définir rapidement l'expansion des énergies renouvelables pour l'objectif 2030 et de définir les orientations à adopter. Le Stop-and-Go doit être arrêté. Le niveau élevé et stable des nouvelles constructions entre 2013 et 2017 a conforté les objectifs du gouvernement fédéral en matière de protection du climat et les objectifs de développement des énergies renouvelables dans les Länder. Si une augmentation soutenue du développement des énergies renouvelables - justifiée par les réductions de coûts réalisées et la décision désormais annoncée de ne pas produire d'électricité à partir de lignite et de houille - est une évidence, un déclin massif pour 2018 et 2019 en serait la contrepartie : la position dominante du secteur éolien allemand dans le monde serait ainsi mise en péril et le secteur serait en concurrence Nous ne pouvons pas non plus cacher le fait que l'Allemagne reste le plus grand marché européen pour l'énergie éolienne", commente Matthias Zelinger, directeur général de VDMA Power Systems, à propos des chiffres, ajoutant : " Il est évident que l'objectif de 65% du gouvernement fédéral ne peut être atteint en 2030 si l'expansion annuelle actuellement prévisible se poursuit."

lundi 28 janvier 2019

Les associations attaquent les décrets Lecornu/de Rugy


" Les besoins d'un être humain sont sacrés. Leur satisfaction ne peut être subordonnée ni à la Raison d’État, ni à aucune considération soit d'argent, soit de nationalité, soit de race, soit de couleur, ni à la valeur morale ou autre attribuée à la personne considérée, ni à aucune condition quelle qu'elle soit."

Simone Weil (1909-1943)


conception : lesvuesimprenables


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Le gouvernement dévoile la programmation pluriannuelle de l’énergie

Valéry Laramée de Tannenberg


Commentaire : voyage au bout de la nuit et jusqu'en enfer!

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La France devra réduire de 14% sa consommation d’énergie finale entre 2012 et 2028. [Shutterstock]

Après bien des retards, le gouvernement français a rendu public son projet de programmation pluriannuelle de l’énergie. Relativement audacieuse, cette politique décennale souffre pourtant de nombreux défauts. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.
La France rentre dans le dur. Près de deux mois après en avoir dévoilé les grandes lignes, le gouvernement a publié le vendredi 25 janvier, le projet programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Institué par la loi sur la transition énergétique, cet exercice de planification énergétique porte sur les périodes 2019-2023 et 2024-2028. Il est la déclinaison opérationnelle de la stratégie nationale bas carbone (SNBC).
Le nouveau paquet Énergie Climat 2030 européen demande d’ailleurs aux 27 membres de l’Union européenne de fondre ces deux documents en un plan national intégré Energie Climat (Pniec). À charge ensuite pour les services de la Commission européenne de vérifier que les orientations des Pniec soient conformes aux objectifs Energie Climat assignés à chaque pays membre.
La PPE fixe avant tout un grand objectif, qui détermine le reste. Dans dix ans, la France ne devra pas émettre plus de 227 millions de tonnes de CO2 issues de la combustion de fossiles: 43% de moins qu’en 1990 (année de référence pour la comptabilité carbone de l’ONU).

Énergie électrique : l’Europe a décidé de se suicider

jacqueshenry
25 janvier 2019




Il aura fallu un peu moins de 9 années pour que les deux EPR chinois à Taishan soient successivement connectés au réseau électrique à quelques mois d’intervalle, le résultat d’une longue coopération de 35 années dans le domaine du nucléaire civil entre la France et la Chine datant du premier balbutiement du pays dans ce domaine pour la construction du réacteur nucléaire de Daya Bay de type 900 MWe par Framatome et EDF. Le 29 juin 2018 restera donc une date symbolique tant pour la France que pour la Chine quand le premier EPR du monde a été connecté au réseau suivie du 13 décembre de la même année quand le statut commercial a été finalement accordé à cette installation industrielle après de multiples vérifications ultimes. Pour ceux qui se posent des questions au sujet de cette coopération en profondeur entre EDF et le groupe China General Nuclear Power (CGN) il faut rappeler que plus de 200 ingénieurs français ont travaillé sur le site de Taishan et que 40 compagnies françaises ont été directement impliquées dans la construction de cette usine. Qu’en est-il des accords de transfert de technologie ? Il ne faut pas attendre de réponse de la part d’EDF ni du gouvernement français à ce sujet.

Toujours est-il que cette réalisation qui a nécessité plus de 15000 personnes sur le site est surtout le résultat de la préoccupation de la Chine de disposer d’une source d’énergie propre et disponible à bon marché 24/24 heures tout en évitant l’émission de carbone dans l’atmosphère à hauteur de 21 millions de tonnes par an et par réacteur ainsi qu’à l’acharnement au travail admirable du peuple chinois. Il y a actuellement deux autres réacteurs EPR en cours de finalisation : Olkiluoto-3 en Finlande et Flamanville-3 en France, et sur le site d’ Hinkley Point C le tout début de la construction de deux EPR. Pour ce qui concerne l’ EPR d’ Olkiluoto il se pourrait qu’en cette année 2019 on assiste à la conclusion de la plus longue saga de construction d’une centrale nucléaire en Europe. C’est en 2002 que le gouvernement finlandais manifesta le désir de construire un nouvel équipement électro-nucléaire. Cette décision représentait un changement de politique puisque en 1993 les autorités avaient décidé de ne plus développer l’énergie nucléaire dans le pays. Aujourd’hui avec plus de 7 ans de retard sur le programme initié en 2002 – cet EPR devait être raccordé au réseau en 2012 – le chargement en combustible devrait débuter dans quelques semaines et l’installation être opérationnelle au cours de l’année 2020. Le budget global de la construction de cette usine aura triplé par rapport aux estimations initiales. Quant au réacteur EPR de Flamanville, bien que l’autorisation de fonctionnement ait été accordée par l’agence de sécurité nucléaire française (ASN), il est probable que le couvercle du réacteur soit changé au cours du premier arrêt pour rechargement de combustible puisqu’il présente des anomalies !

Haute-Marne : chauve-souris, y es-tu encore?

jhm.fr

Ainsi, le Conservatoire des espèces naturels de Champagne Ardenne, organisme agréé par l' Etat et la région Grand Est, qui a pour un de ses objectifs "la préservation des milieux naturels et notamment les chiroptères et leurs habitats" a mandaté l' association spéléologique de Haute-Marne pour faire l'inventaire "des populations cavernicoles hibernantes." Quelle belle initiative!

Et en même temps, l' Etat et la région Grand Est on fait du territoire la deuxième région éolienne de France, derrière les Hauts-de-France*, en terme de puissance nominale installée: 3 197 MW répartis sur 335 sites
Or, l'éolienne est le pire prédateur pour les chauves-souris!

Chauves-souris : le Monde perdu où Massacre à éolien park
Et tous ces amoureux et protecteurs de la nature et de la vie ne sont ni choqués ni révoltés?



Mazette, ma bonne dame, faut bien vivre...

* ancienne région Nord-Pas-de-Calais-Picardie


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dimanche 27 janvier 2019

40 millions de tonnes de déchets toxiques

stopthesethings
10/08/2017



Les écologistes du genre de ceux que l'on appelle affectueusement les " écolos " (plutôt que les adeptes des aérogénérateurs) finissent par comprendre que l'industrie éolienne est tout sauf la source d'énergie " propre et verte " que ses partisans prétendent.


Dans cet article, Emily Wade rend son indignation palpable ; elle a l'impression d'avoir été roulée dans la farine..
À cet égard, Emily peut être pardonnée. L'industrie éolienne a fait des heures supplémentaires pour démontrer son respect de l'environnement et enterrer toute preuve du contraire.
Les vrais éco-guerriers, comme Emily, ne sont pas si préoccupés par l'oubli de faits gênants de la part de l'industrie éolienne, ils sont enragés de constater que l'industrie éolienne fait enfouir des dizaines de millions de tonnes de déchets toxiques, parmi une série d'autres nuisances écologiques.

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Des études révèlent que les éoliennes ne sont pas durables et qu'elles sont nuisibles pour la faune
Pensez-y maintenant
Emily Wade
6 juillet 2017

De nouvelles études estiment que les éoliennes produiront 43 millions de tonnes de déchets d'ici 2050. Les scientifiques disent que l'énergie éolienne est une catastrophe environnementale non durable qui remplit les sites d'enfouissement et nuit à la faune. Toutefois, le département de l'Énergie des États-Unis se vante que l'énergie éolienne est la principale source d'énergie renouvelable aux États-Unis, avec une capacité suffisante pour alimenter plus de 20 millions de foyers.
"L'Office des technologies éoliennes du ministère de l'Énergie affirme qu'il " dirige les efforts du pays en matière de recherche et de développement de technologies novatrices, de réduction des coûts et d'accélération du déploiement de l'énergie éolienne dans tout le pays. Le bureau a un portefeuille complet et investit par le biais d'accords de coopération avec une variété d'entreprises, d'universités, de laboratoires et d'autres organisations." Le scénario d'étude de la vision du vent du Ministère vise à accroître l'approvisionnement en énergie éolienne du pays de 35 % d'ici 2050, et il a recours à des incitatifs comme des subventions gouvernementales et des crédits d'impôt pour atteindre cet objectif.
Le gouvernement prétend que l'énergie éolienne est durable, mais la publication de 2017 du Journal of Waste Management intitulée  "Déchets de pales d'éoliennes in 2050" indique que les pales des éoliennes remplissent les décharges.
En plus des pales, l'étude indique qu'il y a jusqu'à 45 % de déchets supplémentaires provenant de la fabrication, des essais et des étapes en service de l'utilisation des éoliennes. Les scientifiques estiment qu'il y aura 43 millions de tonnes de déchets de lames dans le monde d'ici 2050. Les chiffres estimatifs étaient fondés sur les données actuelles des ventes et de la production et ne tenaient pas compte du plan du gouvernement visant à augmenter considérablement l'utilisation des turbines d'ici 2050.

Allemagne : Rosa Luxemburg par-delà l’icône : auto-administration, autonomie, autogestion

Claudie Weill
15 janvier 2019



Au printemps 2009 éclata un scoop : on aurait retrouvé le cadavre de Rosa Luxemburg au laboratoire de médecine légale de l’hôpital de la Charité à Berlin. Le directeur du laboratoire, Michael Tsokos, affirmait être à peu près sûr de son fait. Le torse d’une noyée repêché en 1919 présenterait des similitudes frappantes avec Rosa Luxemburg : même âge, même taille, possible claudication. Tsokos déclara être parvenu à isoler l’ADN et chercher à le confronter avec des traces qu’on aurait pu déceler sur son herbier ou encore en procédant à l’exhumation de ses parents, ce que la petite-nièce de Rosa Luxemburg aurait refusé. Parmi les historiens susceptibles d’infirmer ou de confirmer la thèse, convoqués par Michel Tsokos, ne figurait pas la principale éditrice de ses œuvres et de sa correspondance en allemand (soit douze volumes), Annelies Laschitza. Et pour cause. Sollicitée deux ans et demi plus tôt en tant qu’experte par les archivistes de Berlin-Lichterfelde où sont réunis les fonds de l’ancien Institut du marxisme-léninisme de Berlin, elle a scrupuleusement observé son devoir de réserve. Le recueil de contributions et de documents qu’elle publie avec Klaus Gietinger après que Michael Tsokos eut rompu unilatéralement le silence[1], s’il n’apporte pas la preuve formelle que le cadavre enterré en 1919 était bien celui de Rosa Luxemburg, fournit à tout le moins un faisceau de probabilités convergentes.
Interrogé sur ses motivations, Michael Tsokos s’est déclaré peu intéressé par l’aspect politique du personnage, voire être apolitique, mais « Rosa Luxemburg était une femme extrêmement forte à une époque où il n’était nullement habituel que les femmes s’affirment ainsi […] Elle a énormément souffert mais sa volonté n’a pas été brisée pour autant »[2].

Un autre événement médiatique de moindre retentissement fut le spectacle de la comédienne Anouk Grinberg lisant des lettres de prison, accompagné d’un choix de textes au titre éloquent : Rosa la vie[3] ; elle aussi tente d’esquiver l’aspect politique ou du moins de louvoyer. Car si les qualités littéraires de Rosa Luxemburg épistolière sont indéniables, elle est surtout l’une des rares figures politiques de première grandeur pour laquelle on dispose d’un tel ensemble d’ego-documents que constitue sa correspondance.
Enfin c’est presque sans bruit que, le 8 mars 2010, à l’occasion d’une ex position intitulée « Place aux femmes » et consacrée par la mairie du 18e arrondissement de Paris aux femmes   illustres qui y ont résidé, était inaugurée au 21 rue Feutrier une plaque signalant l’un des domiciles parisiens de Rosa Luxemburg, en 1894.
Là aussi, son activité politique est estompée : il n’est question que d’exil et d’études et non de la publication de l’organe de son parti, la SDKP (Social- démocratie du Royaume de Pologne).
Apparemment, c’est cette tentative d’édulcoration consistant à privilégier la femme par rapport à la militante que dénonçaient déjà les critiques du film de Margarete von Trotta en 1985. Ils reprochaient à la cinéaste d’avoir renvoyé l’image « d’une petite bonne femme qui écrit de belles lettres dans des circonstances difficiles »[4]. Mais en fait, leur démarche était tout autre : il s’agissait, à travers un parti pris antiféministe à peine masqué qu’avait épinglé auparavant Christel Neusüss[5], d’ignorer la femme pour mieux attaquer la personnalité politique, à l’instar de Daniel Bensaïd, lorsqu’il affirmait dans une confrontation classique entre Lénine et Rosa Luxemburg : « Pourtant, on ne saurait trouver chez Rosa Luxemburg qu’un contrepoint fragmentaire à la démarche léniniste : les soubresauts affectifs et les trivialités s’y mêlent, il en résulte une arlequinade bariolée, séduisante de fantaisie, peut-être, mais qui ne saurait être prise pour une théorie de l’organisation »[6]. Lorsque je l’ai interrogé bien des années plus tard, après avoir relu cet article, il a reconnu l’antiféminisme de ses propos d’alors et affirmé avoir fait depuis amende honorable.

Car pour les adversaires allemands de la panthéonisation[7] et de ce qu’ils considèrent comme ses avatars féministes, l’enjeu se situe ailleurs. Multiplier les hommages serait déplacé puisqu’en plaidant lors de la révolution allemande contre la convocation de l’assemblée nationale, elle aurait amorcé l’hostilité à la démocratie au sein de l’extrême-gauche[8]. Elle ne saurait donc être une des figures tutélaires de l’Allemagne réunifiée.
Le sujet, « Rosa Luxemburg et la démocratie » préoccupe chercheurs et militants depuis bien longtemps[9]. Mais avec l’effondrement des soi-disant démocraties populaires et de l’URSS s’est imposée une définition canonique de la démocratie fondée sur le parlementarisme et la réhabilitation du nationalisme, ou plutôt du principe de nationalité du XIXe siècle que n’entrave plus le correctif du seuil de viabilité[10]. Dès lors, la formation nationale n’est plus un processus d’intégration comme pour les unités allemande et italienne, voire yougoslave, mais de dislocation, en même temps que s’estompait avec la réunification l’identification à l’Europe qui avait prévalu dans la gauche allemande après 1945. Rosa Luxemburg, au contraire, héritière en quelque sorte de la conception engelsienne opposant les nations historiques aux peuples sans histoire[11], contestait qu’à l’ère de l’impérialisme l’indépendance des petites nations pût être autre chose qu’une illusion. Elle affirmait en outre, contre Kautsky : « ‹ État national › et ‹ nationalisme › sont des moules vides dans lesquels chaque période historique et les rapports de classe dans chaque pays coulent un contenu matériel particulier »[12]. C’est ce qu’elle avait tenté de démontrer dans son écrit majeur sur la question nationale en se concentrant sur la Pologne russe, La Question nationale et l’Autonomie[13], qui est aussi une tentative pour analyser le polymorphisme de la démocratie. A travers une démarche qui s’apparente à l’anthropologie, elle a défini les contours de la culture nationale, ne reconnaissant comme nations que les sociétés formées où la pénétration du capitalisme permet la confrontation entre bourgeoisie et prolétariat avec pour enjeu la culture nationale essentiellement urbaine. Insensible au « réveil des nations sans histoire » constaté par Otto Bauer[14], elle conteste que des populations majoritairement rurales puissent accéder au statut de nation, les paysans n’étant selon elle que les gardiens passifs de la nationalité. Mais elle méconnaît tout autant l’incontestable floraison de la culture juive yiddishophone[15] dont la social-démocratie juive (le Bund), pour elle le seul facteur de civilisation de la yiddishkeit (judaïcité) est pourtant coresponsable, de même que l’impact de l’écrivain ukrainien Taras Chevtchenko.

Contre le droit à l’autodétermination jusqu’à la séparation, elle a implicitement privilégié la formule alternative qu’avaient adoptée en 1903, au congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), ceux qui allaient devenir minoritaires, et reprise en 1912 lors du congrès menchevik du Bloc d’août, à savoir la création d’institutions garantissant la liberté du développement culturel national, sans toutefois apporter sur ce point davantage de précision. Ainsi, quand elle polémique contre l’autonomie nationale culturelle extra-territoriale – la moins mauvaise des solutions possibles selon Vladimir Medem, le théoricien du Bund de la question nationale –, c’est bien plus aux socialistes révolutionnaires de Russie et surtout à leur branche juive, le Serp (qui préconise d’ailleurs une autonomie extraterritoriale élargie) qu’elle s’attaque qu’au Bund ou aux austro-marxistes[16].
Après avoir constaté, comme d’autres socialistes de l’empire multinational de Russie, l’impossibilité d’y faire coïncider nation et territoire, elle restreint son examen au seul cas où cette adéquation lui paraît possible, celui de la Pologne qui est aussi son champ d’action et où elle tente de combiner l’auto-administration (la démocratie locale) et l’autonomie nationale. Le centralisme est pour elle une nécessité qu’elle oppose au fédéralisme d’essence anarchiste. Mais la démocratie doit aussi s’exprimer dans des instances locales destinées, comme en France, à contrebalancer le pouvoir central incarné par le préfet. Elle constate que l’évolution va dans le sens d’un contrôle accru des élus dans les municipalités, les arrondissements, les districts, les conseils départementaux, selon des modalités différenciées dans divers contextes avec des modes de scrutin plus ou moins démocratiques, qui leur confère un surcroît de légitimité et, par conséquent, de compétences : elle examine les cas français, anglais (où elle dénonce le caractère trompeur de la qualification ancienne de self-government), allemand (où elle est de ceux qui préconiseront la grève de masse pour imposer le suffrage universel dans les Diètes, notamment celle de Prusse), autrichien, russe (où elle mentionne les zemstvos mais pas les doumas urbaines), et polonais. Cette démocratie de proximité peut en Pologne russe se combiner à l’autonomie nationale où les affaires « nationales » seraient du ressort d’un parlement régional, en l’occurrence le Sejm. Ce dernier est habilité à se prononcer sur l’éducation publique à tous les échelons, « indissolublement liée à la vie nationale – de par l’existence d’une langue séparée et d’une culture nationale séparée – »[17] et par conséquent sur la culture, mais aussi sur la législation en matière agricole, compte tenu des différences dans les relations agraires et du conservatisme des spécificités locales ; s’y ajoutent la gestion des forêts, le soutien à l’industrie et au commerce, la maîtrise des communications fluviales et routières ainsi que la santé publique. L’État est appelé, à travers le parlement central, à fixer les règles générales en matière de législation sociale ou d’éducation par exemple : c’est à cette échelle que devrait être promulguée « une loi linguistique séparée […] sauvegardant les intérêts de la minorité, pour établir une norme en vertu de laquelle les minorités nationales, à partir d’un minimum numérique, peuvent constituer la base de création obligatoire d’écoles dans leurs langues nationales dans la commune, le district ou la province »[18], langues devant être également pratiquées dans les institutions locales publiques et administratives, devant les tribunaux, etc. C’est instaurer au minimum le trilinguisme : langue de l’État, langue de la majorité locale, langue de la minorité. Rosa Luxemburg ne précise pas toutefois à quelle instance nationale devrait être dévolue l’application de ces directives. Elle doute d’ailleurs que ces solutions soient réalisables dans le cadre du capitalisme.

Le sont-elles davantage une fois déclenchée la révolution en Russie et en Allemagne, avec l’apparition des conseils ? Dans sa critique des bolcheviks, elle dénonce la distribution des terres aux paysans et la proclamation du droit à l’autodétermination qui ont produit le contraire de l’effet escompté et plutôt éloigné de la révolution ceux dont les revendications étaient ainsi satisfaites, confortant ses pronostics, car les mesures adoptées, estime-t-elle, auraient dû aller « dans le sens des perspectives fondamentales d’une réforme socialiste ultérieure »[19] et non lui barrer la voie.
Mais elle condamne tout autant la dissolution par les bolcheviks de l’assemblée constituante et leur refus de nouvelles élections en ce que ces mesures préfigurent la suppression de toute forme de démocratie, car, affirme- t-elle, « toute l’expérience historique […] nous montre au contraire que l’opinion publique irrigue constamment les institutions représentatives, les pénètre, les dirige »[20]. Y a-t-il contradiction avec son refus des élections à l’assemblée nationale en Allemagne ? Or, dès lors que le Congrès des conseils de décembre 1918 s’est prononcé pour la tenue des élections et en a fixé la date, à un mois plus tard, celles-ci, « nouvel instrument de la lutte révolutionnaire », doivent servir à « mobiliser les masses contre l’assemblée nationale » pour « conquérir la forteresse de la contre-révolution » qu’elle représente[21]. Il en découle la nécessité de fonder la tactique « sur toutes les éventualités possibles, y compris celle d’une utilisation révolutionnaire de l’assemblée nationale au cas où elle serait constituée »[22].

Cette prise de position n’était pas nouvelle : pour la gauche du SPD, les élections et la tribune du parlement devaient servir à dénoncer le système, comme en témoigne l’action prioritairement antimilitariste de Karl Liebknecht en son sein[23]. Dans la continuité, le parlement devrait rester provisoirement un terrain de la lutte des classes jusqu’à la consolidation des acquis de la révolution en cours qui, pour Rosa Luxemburg, est loin d’être achevée. Persuadée que le mouvement révolutionnaire est en mesure de faire naître les institutions qui permettront l’exercice de la dictature du prolétariat – position que l’on a eu tendance à qualifier de spontanéiste –, Rosa Luxemburg insiste davantage qu’on ne l’a souligné sur l’expérience des conseils/soviets. Ne commence-t-elle pas par affirmer : « la révolution vivra sans les conseils, sans la révolution, les conseils sont morts »[24] ? D’ailleurs, en 1905, la social-démocratie allemande avait fait l’impasse sur l’expérience des soviets en Russie : pour un premier exposé, il fallut attendre 1907 et la publication d’un article de Trotsky dans la Neue Zeit, organe théorique du mouvement bien au-delà de l’Allemagne. En effet, l’idée des conseils était étrangère au parti dans lequel Rosa Luxemburg continuait à assurer un rôle dirigeant, la SDKPiL, qui refusa de reconnaître les conseils ouvriers comme organes de l’autogestion révolutionnaire, les considérant comme une forme archaïque d’organisation valable pour la Russie, moins développée, mais rendue caduque, dans une Pologne plus évoluée, par les organisations du parti[25].

Dans ses écrits allemands, Rosa Luxemburg, médiatrice privilégiée de l’expérience russe, parle des comités ouvriers, de la création spontanée d’organisations syndicales dans le cours de la révolution qu’elle oppose au fétichisme de l’organisation des syndicats allemands, mais elle ne mentionne pas les soviets. Or en 1918, elle proclame aussi, comme Lénine : « Tout le pouvoir aux mains des masses laborieuses, aux mains des conseils d’ouvriers et de soldats »[26]. Ce qui peut apparaître comme un revirement s’explique par la concordance des formes que revêt le mouvement révolutionnaire en Allemagne et en Russie. Internationaliste, Rosa Luxemburg lance avec ses amis spartakistes Karl Liebknecht, Franz Mehring et Clara Zetkin, ceux-là mêmes avec lesquels elle avait en 1914 déclaré son opposition à l’Union sacrée, un appel à la création de conseils dans les autres pays. Mais aussi, ces formes d’articulation de la volonté collective surgies spontanément tracent pour elle la continuité de la révolution russe entre 1905 et 1917, leur résurgence même étant un gage de leur importance. « Les conseils d’ouvriers et de soldats étaient donc des organes de la révolution, des agents de l’ordre nouvellement créé, des exécutants des masses laborieuses en bleu de travail ou en uniforme de soldats »[27], telle est son analyse de leur apparition en Allemagne. Elle tranche ainsi la controverse, la question de savoir si ce sont les instruments de la révolution ou les organes du pouvoir révolutionnaire : pour elle, incontestablement, ils sont l’un et l’autre.

Ainsi, les délégués au conseil sont appelés à siéger en permanence et sont révocables à tout moment, comme ceux qu’ils délèguent à leur tour au Conseil central (ou congrès des conseils ou Parlement des ouvriers et des soldats) qui se réunit au moins tous les trois mois (elle reproche aux bolcheviks d’avoir porté de trois à six mois les délais de convocation entre deux congrès des soviets et y voit une preuve supplémentaire de la suppression de la démocratie). Le Conseil central élit le Conseil exécutif comme organe suprême du pouvoir législatif et exécutif, habilité à nommer et à remplacer les commissaires du peuple, dans une « interaction constante, vivante entre les masses populaires et leurs organes, les conseils d’ouvriers et de soldats »[28]. Bref, le système des conseils est pour Rosa Luxemburg l’expression de la dictature du prolétariat, synonyme de démocratie socialiste. Sont électeurs au conseil ouvrier « l’ensemble des ouvriers des deux sexes dans les villes et les campagnes », sur la base des entreprises. Quant aux conseils de soldats, ils doivent émaner des troupes, « à l’exclusion des officiers et des capitulateurs »[29]. Ainsi elle appelle de ses vœux l’extension à la campagne, parmi les ouvriers agricoles et les petits paysans, du phénomène essentiellement urbain que sont les conseils, afin de combler le fossé existant.

En outre, la démocratie socialiste doit se fonder tout autant sur l’expropriation des grands domaines et la création de coopératives agricoles (que les petits exploitants ne rejoindront que de leur plein gré) que sur la socialisation de l’industrie devant se traduire par l’élection, dans toutes les entreprises, de conseils « qui, en accord avec les conseils ouvriers, ont à gérer les affaires internes des entreprises, à régler les conditions de travail, à contrôler la production et, finalement, à prendre la direction de l’entreprise »[30]. C’est donc une structure élaborée de la société socialiste que proposent Rosa Luxemburg et l’organisation à laquelle elle appartient, la Ligue Spartakus. Le sort réservé aux syndicats qui, pendant la guerre, sont apparus comme des instruments de la collaboration de classe, consiste à être progressivement vidés de leur contenu, « expropriés » par les conseils d’entreprise. La deuxième phase, économique, de la révolution qui se traduit dans les grèves de masse doit y contribuer. La seule organisation ouvrière susceptible de perdurer dans le système des conseils, c’est le parti dont le rôle de boussole lui apparaît comme indispensable.

Les nombreuses monographies régionales sur les conseils, souvent assorties de documents et publiées en RFA dans les années soixante-dix et quatre-vingt, ont confirmé les fonctions de contrôle que les conseils ont exercées auprès des instances locales, municipalités, Diètes, etc., qui semblaient ouvrir la voie, au terme du double pouvoir, à une prise en charge sans partage de la démocratie locale, de l’auto-administration. Pour la plupart, ces études insistent toutefois davantage sur les conseils comme instruments de formation à la démocratie et, par conséquent, sur les chances perdues du fait de leur disparition précoce qui auraient pu éviter la catastrophe de 1933 plutôt que sur la diffusion du pouvoir dans divers organes, synonyme de démocratie directe[31]. Le contexte allemand n’incitait guère à la réflexion sur l’autonomie nationale et les institutions garantissant la liberté du développement culturel. Cependant, des formes d’exercice de l’autonomie nationale culturelle extraterritoriale ont été mises en œuvre dans la phase démocratique de la révolution en Russie, par exemple pour les Polonais, les Russes et les Juifs en Ukraine, confirmant les conditions de possibilité des différentes facettes de la démocratie abordées par Rosa Luxemburg, à savoir l’approfondissement des acquis de la révolution à laquelle la guerre civile en Russie et l’instauration du parlementarisme pur et simple en Allemagne, outre la répression féroce de janvier 1919 et celle des autres républiques des conseils, ont mis un terme.

Notes

[1] Annelies Laschitza et Klaus Gietinger (éd.), Rosa Luxemburgs Tod. Dokumente und Kommentare, Leipzig, Rosa-Luxemburg-Stiftung  Sachsen,  2010
[2] taz, 10 juin 2009, p. 13.
[3] Editions de l’Atelier, 2009.
[4] Manfred Scharrer dans Die Neue Gesell- schaft, cité par Hans-Josef Steinberg, « Zur Be- handlung Rosa Luxemburgs in der Bundesrepublik Deutschland » in Rosa Luxemburg im Meinungsstreit. Beiträge zur Geschichte der Arbeiterbewegung, 33e année, 1991, n° 4, 456
[5] Christel Neusüss, Die Kopfgeburten der Ar- beiterbewegung oder Die Genossin Luxem- burg bringt alles durcheinander , Hambourg/Zurich, Rasch und Röhring-Verlag, 1985.
[6] Daniel Bensaïd et Samy Naïr, « A  propos de la question de l’organisation. Lénine et Rosa Luxemburg », Partisans, n° 45, décembre-janvier 1969, Rosa Luxemburg vivante, p. 10.
[7] Sur la panthéonisation de Rosa Luxemburg, cf. C. Weill, Rosa Luxemburg, ombre et lumière, Pantin, Le temps des cerises, 2009, p. 21-39.
[8] Voir par exemple Heinrich-August Winkler et al.,Arbeit am Mythos Rosa Luxemburg. Braucht Ber- lin ein neues Denkmal für die ermorderte Revolu- tionärin ?, Bonn, Friedrich-Ebert-Stiftung, 2002.
[9] Pour l’une des tentatives les plus récentes examinant à la lumière de documents nouveaux  di- vers aspects de la période de la guerre et de la ré- volution, cf. Ottokar Luban, Rosa Luxemburgs Demokratiekonzept. Ihre Kritik an Lenin und ihr po- litisches Wirken 1913-1919, Leipzig, Rosa-Luxemburg- Stiftung Sachsen e. V., 2008.
[10] Cf. Claudie Weill, « Principe de nationalité »,  Pluriel recherches. Vocabulaire historique et critique des relations interethniques, cahier n° 5, 1997, p. 79-80.
[11] Cf. Georges Haupt, Michael Löwy, Claudie Weill (éd.), Les Marxistes et la question nationale, Paris, Maspero, 1974 (réédition L’Harmatan, 1997).
[12] Rosa Luxemburg, Sur la révolution. Ecrits poli-
tiques 1917-1918, Paris, La Découverte, 2002 (1e éd. 1969, Maspero), p. 94-95.
[13] Pantin, Le Temps des Cerises, 2001.
[14] Cf. Otto Bauer, La Question des nationalités et la Social-démocratie (1907), traduction française, Paris, EDI, 1987.
[15] L’un de ses pionniers, J. L. Perets, était, comme Rosa Luxemburg, natif de Zamosc.
[16] Sur ces débats, cf. C. Weill, L’Internationale et l’autre. Les relations inter-ethniques dans la IIe In- ternationale, Paris, Arcantère, 1987.
[17] La Question nationale et l’Autonomie, op. cit., p. 234.
[18] Ibid., p. 176.
[19] Sur la révolution, op. cit., p. 67.
[20] Ibid., p. 78.
[21] Rosa Luxemburg, « Was will der Spartakus- bund ? » Gesammelte Werke (GW), vol. 4, Berlin, Dietz, 1974, p. 483
[22] Sur la révolution, op. cit., p. 121.
[23] Cf. Karl Liebknecht, Militarisme, guerre, révolu- tion, Paris, Maspero, 1971.
[24] GW, op. cit., vol. 4, p. 455.
[25] Cf. Georg Ströbel, Die Partei Rosa Luxemburgs, Lenin und die SPD. Der polnische « europäische » In- ternationalismus in der russischen Sozialdemo- kratie, Wiesbaden, Steiner, 1974.
[26] GW, op. cit., vol. 4, p. 455.
[27] Ibid., p. 437.
[28] Ibid., p. 444.
[29] « Was will der Spartakusbund », ibid., p. 448.
[30] Ibid., p. 449.
[31] Pour une tentative de synthèse, voir mon article « Les conseils en Allemagne, 1918-1919 », Le Mouvement social, n° 152, juillet-septembre 1990, p. 77-93.

Australie, Melbourne : panne d'électricité, samedi noir

Charis Chang
25/01/ 2019


Commentaire : l'Australie, le pays pionnier en black-out électrique et grand pollueur de la planète grâce à :

  • une production d'électricité fournie à 85,4 % par des combustibles fossiles (2016) dont ~64% charbon (centrales vieillissantes) et ~20% gaz. Le charbon est la principale ressource énergétique de l'Australie. 
  • un développement extraordinaire des éoliennes, 88 zones industrielles totalisant 9.7 GW de puissance nominale (mars 2018), 
  • un parc de panneaux photovoltaïques d'une puissance nominale de 7,2 GWc, 
  • aucun réacteur nucléaire, excepté le réacteur OPAL (2007), un réacteur de recherche. En 2008, le premier ministre de l'époque, Kevin Rudd (2007-2010) ayant déclaré que l'Australie pouvait se passer de l'énergie nucléaire Going nuclear not essential : Rudd ; les Verts  sont également opposés à cette source d'énergie. Mais depuis quelques années (2013), plusieurs personnalités et entreprises contestent cette position dont le climatologue Tom Wigley.
Ainsi, au Pays des kangourous, tout va bien!😇 Mais qu'on se rassure, nous français et européens, nous allons nous aussi pouvoir gouter au black-out à l'australienne grâce aux politiques irresponsables menées par des élus incompétents dans le domaine de la production électrique.

À suivre...


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@routard.com

En raison d'une panne d'électricité, les Victoriens s'apprêtent à vivre la journée la plus chaude depuis le samedi noir.


Plus de 200 000 foyers de Victoria ont été privés d'électricité aujourd'hui après que les températures aient grimpé au-dessus de 40°C et que les groupes électrogènes soient tombés en panne.
Aujourd'hui, plus de 200 000 propriétés ont été privés d'électricité à Victoria en raison du délestage causé par le temps chaud.

 
L' Australian Energy Market Operator (AEMO) a confirmé qu'en période de pointe, il lui fallait trouver 250 MW d'énergie en coupant l'électricité à environ 60 000 clients et plus en rotation.
Les pannes ont eu lieu entre 12h  et15h et étaient rendues obligatoires pour " protéger le système électrique lors de températures record, d'une forte demande et d'une disponibilité réduite de la production ", selon un communiqué.

L' AEMO a indiqué que certains résidents et entreprises peuvent encore ne pas être alimentés en électricité en raison de défaillances non liées sur le réseau.
"Nous encourageons les consommateurs à surveiller les cartes des pannes de leur réseau de distribution local au moyen d'appareils mobiles ou en ligne ", a-t-il ajouté.
"L' AEMO reconnaît les inconvénients et les difficultés de la panne d'électricité dans des conditions extrêmes, et remercie tous les Victoriens de leur patience.
"L' AEMO aimerait également féliciter les consommateurs et les entreprises victoriens qui ont délibérément économisé leur consommation d'énergie au cours des 48 dernières heures.

 
Pendant les pannes de courant, une centaine de feux de circulation ne fonctionnaient pas à Melbourne et à Geelong


Des jeunes sautent du Lagoon Pier à Port Melbourne Beach le 25 janvier. Photo : Robert Cianflone/Getty Images Source : Getty Images

Pétition : pour économiser et redistribuer 121 milliards d'€ en pouvoir d'achat

Kelly, Gérard, Jean-Luc ...

Pour économiser et redistribuer 121 milliards d'€ en pouvoir d'achat, C'EST ICI




ÉNERGIE DURABLE a lancé cette pétition adressée à Monsieur le Président de la République


Monsieur le Président de la République, dans votre lettre aux français du 14 janvier 2019 vous appelez à «transformer les colères en solutions». Sur la fiscalité et la transition écologique vous nous posez deux questions : «quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier»? «Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale»? Cette pétition répond à ces deux questions.
Pour réussir notre transition écologique comme pour améliorer notre pouvoir d’achat il faut stopper certaines subventions, excessives et devenues inutiles, aux éoliennes et au solaire photovoltaïque (PV):
  1. ces deux sources d’énergies sont inefficaces pour dé-carboner notre économie (nos émissions de CO2 remontent même depuis 3 ans, voir réf.1),
  2. leurs promoteurs vantent désormais leur compétitivité,
  3. et les caisses de l’Etat sont vides. Trois bonnes raisons pour remettre en cause la partie inefficace et coûteuse en pouvoir d'achat de notre politique de soutien à l’éolien et au PV.
Selon la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) 68% des aides et subventions (plus de 5 milliards d’€/an) vont aux énergies renouvelables électriques (réf.2). Or, l'électricité en France ne représente que 23% de notre consommation d’énergie finale (contre 68% pour les carburants, le gaz et le charbon) ; de plus, déjà dé-carbonée à plus de 90%, notre électricité est hors sujet dans notre lutte contre le dérèglement climatique.

Selon la Cour des Comptes (voir réf.3) qui dénonce ce gaspillage de fonds publics les taxes qui vont être prélevées dans les poches de nos concitoyens pour financer uniquement les contrats d’aides aux renouvelables électrogènes déjà signés avant 2017 représentent à elles seules 121 milliards d’€.

NOUS DEMANDONS UN MORATOIRE SUR CES AIDES, qui proviennent pour l’essentiel de taxes prélevées à la pompe à essence : 121 Mds d'€ C'EST UNE ÉCONOMIE POTENTIELLE DE 4000 € PAR MÉNAGE FRANÇAIS !