USINES ÉOLIENNES DE « LANGRES SUD » ET DE « LE LANGROIS » : VOLS MORTELS POUR LE MILAN ROYAL...

 Épisode précédent : HAUTE-MARNE : ÉOLIENNES : DES ORNITHOLOGUES VENUS DE TOUTE LA FRANCE MESURENT LEUR IMPACT SUR LA FAUNE VOLANTE 

  On se souvient qu'il a été démontré, comme rappelé plus haut, que la mortalité récurrente et avérée des Milans royaux, d'autres espèces de rapaces ainsi que des chiroptères avait suscité l'inquiétude de la plus haute autorité de l'État dans le département. Celle-ci avait alors mandaté plusieurs ornithologues, venus de toute la France, afin d'établir un état des lieux de l'impact des usines éoliennes sur l'avifaune.
  Les deux nouveaux arrêtés préfectoraux complémentaires — APC, publiés à la mi-juillet confirment malheureusement que ce phénomène est loin d'être anecdotique : il s'agit d'une véritable tragédie !
 
  À noter qu'il s'agit encore d' APC et non de MISE EN DEMEURE, alors qu'ils n'en sont pas à leur première mortalité !
  La différence tient principalement à la nature de la décision et à son niveau de contrainte.
 
  - L' arrêté préfectoral complémentaire — APC, est un acte administratif par lequel le préfet modifie ou complète les prescriptions applicables à une installation classée — ICPE. Il peut être pris pour :
  • renforcer les mesures de protection de l'environnement ;
  • imposer de nouvelles prescriptions techniques ;
  • tenir compte de l'évolution de l'installation, des connaissances ou de la réglementation.
 L' APC n'est pas nécessairement une sanction. Il peut être adopté même en l'absence de manquement de l'exploitant.
 
  - La mise en demeure préfectorale est une mesure de police administrative prise lorsque l'exploitant ne respecte pas ses obligations — arrêté préfectoral, réglementation ICPE, prescriptions techniques, etc.,.
Elle :
  • constate un ou plusieurs manquements ;
  • fixe un délai pour se mettre en conformité ;
  • peut être suivie de sanctions si l'exploitant ne régularise pas la situation — astreinte, consignation de sommes, exécution d'office, suspension d'activité, voire sanctions pénales dans certains cas,.
  La mise en demeure est donc une mesure coercitive destinée à faire cesser une non-conformité.
 
  Pourtant, alors que les oiseaux et les chiroptères tués par les pales des éoliennes continuent de s'accumuler, la préfecture ne prend toujours pas la décision qui s'impose selon nous : l'arrêt définitif des usines éoliennes responsables1. Combien de mortalités officiellement recensées faudra-t-il encore avant que Mme la Préfète ne prenne cette décision ? Est-ce la rumeur persistante annonçant son départ au cours du mois d'août, qui nous laisse à penser que ses priorités se situent désormais ailleurs ?
 
1D'autant plus que, ces deux usines sont des récidivistes. Combien réellement d'oiseaux morts et non retrouvés au pied des éoliennes → charognards ?  
 
  Les APC de juillet sanctionnent deux usines, appartenant au même écornifleur du vent, représentant 34 éoliennes, dans le sud du département, voir la carte ci-devant : 
  • Langres sud — 26 éoliennes 
  • son extension, le langrois — 8 éoliennes
  Ces deux usines sont responsables, d'au moins, ... la mort de 3 Milans royaux. Ce qui porte le bilan officiel en Haute-Marne à... 34 individus morts.
 
 
 
 
 Source : DREAL GRAND EST. La carte n'est pas à jour → 13 avril 2026. L'usine le Langrois est en activité.
 
 1. LANGRES SUD — Aujeurres, Vaillant, Vesvres-sous-Chalancey, Leuchey, Baissey, Saint-Broingt-les-Fosses et Le Val d'Esnoms — mis en service en 2009.  L'exploitant actuel envisage un projet de repowering de ses aérogénérateurs, consistant à remplacer les 26 éoliennes existantes — 135 m en bout de pale, par 21 éoliennes de plus grande capacité, dont la hauteur en bout de pale serait comprise entre 165 et 180 m. L' avifaune a encore de quoi s'inquiéter...
 
 
 
 « Grandes orientations du renouvellement ». Source.
 
  - APC n° 52-2026-07-00131, du 15 juillet 2026 

 
 
 
 
 
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  Il est à noter que les autorités préfectorales n’ont pris un arrêté préfectoral complémentaire —APC, visant à remédier aux insuffisances des mesures de biomonitoring2 qu’après un délai... d’1 an ! 
  Le biomonitoring cherche à répondre à une seule question : les éoliennes ont-elles un impact sur l'état de conservation de la population du Milan royal ? Poser la question c'est y répondre... 
 
2. Pour protéger le Milan royal, trois niveaux d'action sont généralement mis en place.
  • La surveillance consiste à observer les oiseaux sur le terrain : où ils volent, où ils nichent et si des collisions avec les éoliennes se produisent.
  • Le biomonitoring est un suivi scientifique réalisé sur une période plus longue. Il permet de savoir si le parc éolien a des conséquences sur la population de Milans royaux — mortalité, reproduction, évolution des effectifs.
  • L'alerte est déclenchée lorsque des événements préoccupants sont constatés, par exemple la mort d'un Milan royal ou une fréquentation importante de la zone par l'espèce. Des mesures de protection, comme l'arrêt temporaire de certaines éoliennes, peuvent alors être mises en œuvre.
 
 
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 À nos yeux, les paragraphes 1 et 2 traduisent une volonté — éternelle ? de privilégier la poursuite de l'exploitation plutôt que l'application immédiate du principe de précaution. Pendant ce temps, le Milan royal, les autres oiseaux et les chauves-souris continueront de mourir au champ du déshonneur éolien !
 
 
 
 
  Le biomonitoring de l'administration doit correspondre ... aux heures de bureau : pas trop tôt le matin, par trop tard le soir et sur une partie de l'année seulement.  Des horaires qui ne correspondent pas toujours aux périodes d'activité les plus importantes de la faune3. Pour nous, opposants, cette méthode risque de sous-estimer les impacts réels sur les espèces protégées.
 
3. Dans le cadre d'un biomonitoring, les observateurs doivent généralement être présents sur le terrain. Un biomonitoring peut être considéré comme insuffisant si les observations humaines sont réalisées :
  • sur des plages horaires trop limitées;
  • en dehors des périodes de forte activité des oiseaux;
  • avec une fréquence trop faible;
  • sans tenir compte des conditions météorologiques favorables aux déplacements. 
 
 
   On demande aux agriculteurs qui louent leurs parcelles aux éoliennes, de travailler dans les créneaux horaires de l'administration : 9 h–16 h. Une contrainte qui semble ignorer que les stakhanovistes de la terre ne s'arrêtent pas de travailler à la fin des horaires de bureau, certains travaux se réalisant le soir, de nuit ou au lever du jour. Et pour vérifier que les consignes de bridage sont bien respectées par l'exploitant,, on confie le contrôle à... l'exploitant lui-même. La confiance règne…
 
 
 
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Conclusion
  Après près de 17 années d'exploitation de l'usine éolienne dit « Langres sud », il est pour le moins consternant de constater que l'administration en est encore à commander des études et des campagnes de biomonitoring pour tenter de comprendre les comportements du Milan royal, ses déplacements quotidiens et ses phases de migration post-nuptiale.
  Pendant toutes ces années, les impacts des éoliennes sur cette espèce protégée étaient connus. Pourtant, il semble qu'il faille encore accumuler les observations avant d'envisager de véritables mesures — arrêt définitif, permettant de réduire à néant le risque de collision avec les pales.
  Combien de temps faudra-t-il encore attendre avant de placer la protection de la biodiversité au même niveau que les intérêts privés des écornifleurs du vent ? La multiplication des études ne transforme-t-elle pas la connaissance en simple prétexte... à l'inaction ?
 
2. LE LANGROIS — Aujeurres, Vaillant et Vesvres-sous-Chalancey — mis en service 2024 — 8 éoliennes, 180m en bout de pale
  Comme dans le cas précédent, la préfecture se déjuge à nouveau, en reconnaissant que l'ensemble de ses mesures, pondues en 2024 — le bridage agricole, le suivi environnemental, le biomonitoring et le système d’alerte — est insuffisant pour protéger le Milan royal, ses semblables et les chauves-souris ! La seule satisfaction par rapport à Langes sud, c'est que le délai de réaction est plus court !... 
  Mais la vérité est que, cette usine récidiviste — déjà responsable de deux morts déclarées officiellement en à peine deux ans !2025-2026, va continuer de tourner comme si de rien n'était. N'est-ce pas là l'essentiel pour tous les écornifleurs du vent, d'ici ou d'ailleurs !? 

 

Inauguration de l'usine. Source.
 
- APC n° 52-2026-07-00130, du 15 juillet 2026  
 
 
 
 
 
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  À noter que, dans un élan de générosité de la préfecture, les périodes de présence imposées aux écologues sur les 2 sites, sont les mêmes — juillet à novembre. Quelle merveilleuse synergie pour éviter, certainement, à l'écornifleur du vent, de dépenser un centime de trop... Merci qui ? Merci la préfecture !  
 
 
 
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Conclusion
  Les APC des deux usines sont, à quelques détails près, des copies conformes. Dans les deux cas, la préfecture se déjuge, impose de nouvelles restrictions d’exploitation, puis confie le contrôle de la bonne exécution de ces mesures… à l’exploitant lui-même.
  Pendant ce temps, le Milan royal, ses espèces associées et les chiroptères peuvent continuer à disparaître en silence, pourvu que l’objectif administratif des 80 % d’éviction soit atteint4.
  Une logique où l’indicateur chiffré semble primer sur la réalité du terrain et sur la protection effective du vivant.
  « L’homme est un loup pour l’homme »… certes. Mais il semblerait qu’il puisse aussi l’être pour le reste du vivant.
 
4. « ... Ainsi, dans certains documents administratifs, à titre d’exemple, l' APC de « Haut de Conge », Vitry-lès-Nogent, Poinson-lès-Nogent et Dampierre, du 1er avril 2025 :
« ... le dispositif doit présenter, pour le Milan royal, un « taux d’efficacité à 80 % » dans certaines conditions de distance de détection., ... ».
  Autrement dit, l’objectif de la préfecture admet que, potentiellement, 20 % des oiseaux entrant dans la zone à risque pourraient être des victimes. ... » Source.
 
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