Ce n’est pas un, ni deux, mais bien trois projets d’usines agrivoltaïques qui sont actuellement en cours ! 1 à Vitry-lès-Nogent et, sauf erreur de notre part, 2 à Nogent. 3 projets, deux communes voisines : une funeste réalité qu’il est essentiel de mettre en lumière.
Les projets d' usines agrivoltaïques se multiplient comme des petits pains dans notre département, au risque de le priver progressivement de plusieurs centaines d’hectares de terres agricoles, pourtant indispensables pour produire et nourrir la France. Derrière les discours séduisants sur la transition énergétique se profile une réalité bien moins reluisante : l’industrialisation de nos campagnes au détriment de notre potentiel agricole. Ces 3 projets potentiels seraient situés à moins de 5 km les uns des autres. Plus particulièrement, à Nogent, les 2 projets seraient en visibilité directe l’un de l’autre si tous deux voyaient le jour, illustrant la très forte proximité de ces implantations. Voir la carte ci-contre
De plus, ces projets, dont la rentabilité et donc, l'existence même, dépendent essentiellement des subventions publiques et des mécanismes de soutien à l’achat de l’électricité, font peser, comme l’éolien et la méthanisation, une charge considérable sur les contribuables et les consommateurs d’électricité. Et ce n’est pas tout ! Dans notre département, le réseau électrique est déjà saturé sur certains secteurs1. La multiplication des projets en préparation risque donc d’imposer de nouveaux investissements massifs pour adapter les infrastructures à cette production supplémentaire. Après la colonisation de nos paysages par les éoliennes, faudra-t-il désormais sacrifier nos terres au soleil, puis dépenser encore des sommes considérables pour acheminer l’électricité produite ? Qui paiera la facture, sinon, directement ou indirectement, les citoyens ?

Haute-Marne : réseau électrique saturé. Source.
1. En Haute-Marne, la situation du réseau électrique — géré par RTE pour le réseau de transport haute tension HTB et Enedis pour le réseau de distribution HTA/BT, présente un fort contraste géographique et structurel. Ce département rural est caractérisé par un fort taux d'injection d'énergies renouvelables — EnR, notamment éolien et photovoltaïque, couplé à une consommation locale modérée, ce qui met sous pression les réseaux régionaux.
État de saturation du réseau par grands secteurs
- Secteur Sud → Langres, Bassigny, Montigny-le-Roi, Bourbonne-les-Bains : très élevé / Saturé. Ce secteur concentre une densité massive d' usines éoliennes et solaires. Les lignes 63 kV — axes Bassigny – Chaumont, Bassigny – Montigny-le-Roi, Montigny-le-Roi – Rolampont, atteignent régulièrement leur capacité maximale d'évacuation.
- Secteur Centre → Chaumont, Froncles, Joinville, Nogent : élevé. La boucle HTB locale tourne à pleine capacité en période de forte production. Les postes-sources — comme Chaumont ou Froncles, ont dû faire l'objet de travaux d'extension ou d'ajouts de transformateurs pour continuer à absorber le flux d'injection.
- Secteur Nord — Saint-Dizier, Val-de-Blaise : moyen à modéré. Grâce à la présence d'un bassin d'activités industrielles et à la proximité d'interconnexions plus fortes vers la Marne et la Meuse, ce secteur dispose d'un meilleur équilibre entre injection EnR et soutirage — consommation, local.
En clair : pour raccorder une entreprise, un commerce, une habitation ou des bornes de recharge pour véhicules électriques, le réseau est globalement fonctionnel et disponible sur l'ensemble des secteurs : niveau faible à moyen. Pour la production EnR : niveau élevé à saturé !
Pour s'informer, c'est ici :
- portail Caparéseau — RTE, permet de visualiser poste par poste la capacité d'accueil réservée restante pour les nouveaux projets.
- Open Data Enedis : la cartographie interactive des capacités d'accueil des réseaux de distribution — CapaRéseau Enedis, indique la saturation au niveau de chaque poste-source.
Pour faire accepter cette occupation industrielle de nos terres, les écornifleurs des énergies renouvelables savent manier l’argument financier. Aux exploitants agricoles et aux propriétaires fonciers, ils promettent des loyers annuels parfois très attractifs. Aux communes et aux collectivités territoriales qui acceptent de collaborer à cet essor, ils font miroiter des recettes fiscales et des retombées financières présentées comme une aubaine.
Mais derrière ces promesses, que reste-t-il réellement pour le territoire ? Les loyers, les impôts et les taxes perçus localement ne représentent qu’une fraction des revenus générés par ces installations — entre 2% et 5% du CA, tandis que les sociétés qui les développent et les exploitent captent l’essentiel des bénéfices. Quant aux emplois, ils restent souvent limités une fois les usines construites, sans commune mesure avec l’ampleur des surfaces mobilisées et les transformations imposées à nos campagnes.
Le procédé est habile : quelques propriétaires et collectivités bénéficient de retombées financières immédiates, tandis que les coûts liés aux aides publiques, au renforcement des réseaux et à l’intégration de cette production sont répartis sur l'ensemble des Français : contribuable et consommateur d'électricité !
Mais derrière ces promesses, que reste-t-il réellement pour le territoire ? Les loyers, les impôts et les taxes perçus localement ne représentent qu’une fraction des revenus générés par ces installations — entre 2% et 5% du CA, tandis que les sociétés qui les développent et les exploitent captent l’essentiel des bénéfices. Quant aux emplois, ils restent souvent limités une fois les usines construites, sans commune mesure avec l’ampleur des surfaces mobilisées et les transformations imposées à nos campagnes.
Le procédé est habile : quelques propriétaires et collectivités bénéficient de retombées financières immédiates, tandis que les coûts liés aux aides publiques, au renforcement des réseaux et à l’intégration de cette production sont répartis sur l'ensemble des Français : contribuable et consommateur d'électricité !
À eux, les bénéfices. À nous, les dépenses et les conséquences !
Et, c'est comme ça que le contribuable et le consommateur d’électricité payent 2 fois :
- une première fois pour soutenir ces installations,
- une seconde pour financer les infrastructures nécessaires à leur raccordement et à l’acheminement de leur production.
La transition énergétique n'est qu'un prétexte pour couvrir une ruée vers l'or industrielle enrichissant quelques-uns et, une colonisation accélérée de nos campagnes.
AGIR AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD :
« Tout confort se paie. La condition d’animal domestique entraîne celle de bête de boucherie. »
Ernst Jünger, Traité du rebelle ou le recours aux forêts — Der Waldgang, 1951.
LE PROJET DE VITRY-LÈS-NOGENT
Du 26 octobre au 27 novembre 2026, une enquête publique sera organisée dans le cadre de la demande de permis de construire déposée le 17 décembre 2024 par la société SAMFI 29, porteuse d’un projet d' usine agrivoltaïque.
Vous souhaitez participer à cette enquête publique ? Plusieurs possibilités s’offrent à vous :



Le projet
Il s'agit d'une usine agrivoltaïque avec une activité d’élevage ovin, située sur le plateau du Chatelet. La surface clôturée du projet sera d'environ 11.5 ha sur la surface de la parcelle de 12.01 ha.


Le loueur de parcelles et l'écornifleur du soleil
- Le loueur de parcelles : l’ EARL DE LA ROCHE BREBIS, une exploitation agricole familiale dirigée par Monsieur Sylvain CORBOLIN depuis 2007.
- L'écornifleur du soleil : la société SAMFI 29 est une société par actions simplifiée — SAS, constituée sous la forme d’une société de projet — Special Purpose Vehicle, ou SPV. Ce type de structure est couramment utilisé pour porter juridiquement et financièrement un projet spécifique, notamment dans le secteur des énergies renouvelables. Dotée d’un capital social de 1 000 euros, SAMFI 29 s’inscrit dans l’organisation du groupe SAMFI-INVEST, un groupe familial d’investissement normand. Au sein de ce projet, SAMSOLAR est chargée de son développement. Filiale de SAMFI-INVEST, elle assure la préparation et le suivi du projet, depuis les études préalables et les démarches administratives jusqu’à sa mise en service.
Répartition des Rôles — opérationnel vs actif
Soulignons que les 3 sociétés sont domiciliées à la même adresse — Rue du Poirier à Carpiquet 14.
En résumé, SAMSOLAR est l'opérateur / développeur et SAMFI 29 est la coquille propriétaire d'un projet piloté par SAMSOLAR pour le compte du groupe SAMFI-INVEST.
Ce montage est totalement légal, très courant et parfaitement encadré par le droit des affaires, le droit fiscal et le droit de l'énergie en France1.
1. Chaque projet comporte des risques — météo, pannes, impayés, litiges d'urbanisme. Isoler une usine agrivoltaïque dans une société dédiée — comme dans le cas présent, SAMFI 29, protège les autres filiales du groupe et la maison mère si le projet spécifique rencontre un problème majeur. Les banques qui prêtent plusieurs millions d'euros pour construire une usine agrivoltaïque ou autres EnR, exigent la création d'un SPV. Cela leur permet de nantir — prendre en garantie, directement les actifs et les revenus issus de la vente d'électricité de ce projet précis, sans dépendre des finances globales du groupe. Si le groupe SAMFI souhaite un jour revendre 49 % de l'usine à un fonds d'investissement, il est très simple de céder des parts de la SAS SAMFI 29, sans devoir toucher au reste du groupe.
Les projets de NOGENT
À Nogent, la situation est plus complexe qu'il n'y paraît : ce sont en réalité 2 projets distincts qui apparemment, se partagent les terres de la famille Simon au lieu-dit La Perrière. D'un côté, la société SAMFI 29 — idem Vitry-lès-Nogent, propose un aménagement d'envergure de 45 hectares, pour lequel l'étude préalable a déjà été réalisée, avec la société partenaire SAMSOLAR. De l'autre, le groupe Qair avance un projet plus restreint de 25 hectares, qui n'en est encore qu'au stade de la présentation initiale devant le Conseil municipal. Éclairage sur ce choc de projets agrivoltaïques.
1. Projet porté par SAMFI 29 et SAMSOLAR et son loueur de parcelles :
« ... Les parcelles ZC 28 et 10 sont la propriété du beau-père de l’exploitant (M. Gillot), M. Simon. Les parcelles A 77 et 928 appartiennent à l’exploitation concernée par le projet (EARL des Haies), tandis que la parcelle A 916 est la propriété de M. Gillot, le chef d’exploitation de l’ EARL des Haies. Par conséquent, bien que le projet concerne plusieurs propriétaires, il n'y a qu'un seul exploitant, l' EARL des Haies, dirigée et exploitée par Jérôme Gillot uniquement. [...] »
Ce projet qui accueillera des bovins a déjà fait l'objet d'un avis favorable préfectoral à la création d'une étude préalable, dont sont extraits les informations et carte, en provenance du site de la préfecture.


« ... Le projet se situe au nord du hameau de la Perrière, une partie de la zone clôturée au sud est localisée le long du chemin de Sarcey. Ce chemin appartient à l'association foncière de Nogent. Un accord de principe a été signé pour l'ensemble des servitudes qui seront nécessaires lors des différentes phases (construction/exploitation/démantèlement)... »
2. Projet porté par QAIR
Ce projet en est encore aux balbutiements. Il est précisé dans l'excellent jhmQuotidien que :
« ... Un projet agrivoltaïque devrait voir le jour au hameau de la Perrière, chez Paul et Roland Simon ... »
À la manœuvre le fils du père — Paul, 19 ans, qui souhaiterait « ... créer un atelier ovin d'environ 200 brebis.. », dixit le journal. Après la présentation au CM, Qair organisait hier — mercredi 14 octobre, une permanence afin d'échanger avec la population.

Qui est le groupe Qair international ?
Ce groupe, c'est :
- plus de 222 millions d'euros de chiffre d'affaires et près de 58,7 millions d'euros de bénéfice net.
- implanté dans plus de 20 pays — Europe, Brésil, Afrique, nombreuses usines en service — solaire, éolien, hydrogène vert, et membre du label French Tech Next402.
- soutenu par la banque publique Bpifrance et des fonds d'investissement spécialisés dans la transition écologique — RGreen Invest, DIF Capital Partners.
Lire également : Qair International prend position dans la mondialisation énergétique
À suivre...
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