BRENNES, ORCEVAUX ET VERSEILLES-LE-HAUT : L' USINE ÉOLIENNE À NOUVEAU DANS LE VISEUR DE LA PRÉFECTURE

 
  Et de deux ! Déjà verbalisée par la préfecture en 2025, pour un impact mortel sur les chauves-souris et pour des nuisances sonores nocives pour le voisinage, lire ci-dessus, cette usine de 6 éoliennes se fait à nouveau sanctionnée.
 La préfecture annonce de nouvelles mesures pour sauver les chauves-souris ? C'est ce qu'elle veut nous faire croire. En réalité, une phrase bien précise de cet arrêté révèle le double jeu des autorités :
 


Que révèle précisément cette phrase ?
 
1. Le sens littéral que l'on appellera l'intention officielle
  L'arrêté cherche à concilier deux impératifs opposés :
  • Rentabilité : maximiser la production d'électricité quand le vent souffle.
  • Environnement : ajuster le bridage — l'arrêt temporaire des pales d'une année sur l'autre selon l'évolution de la population de chauves-souris, pour éviter des séries de mortalité massives pendant leurs pics d'activité.
2. L'ambiguïté et la contradiction avérée
  Cette phrase cumule plusieurs niveaux d'incohérence :
  1. Incompatibilité physique : produire plus implique de faire tourner les turbines; protéger les chauves-souris, et la faune en général, implique de les arrêter. Présenter ces deux objectifs comme simultanés dans une même phrase relève de la contradiction pure.
  2. Flou sémantique de « lisser » : en économie ou en gestion, « lisser » signifie étaler une courbe. Appliqué à l'activité des chiroptères, le terme est impropre : veut-on lisser la mortalité — accepter de tuer un quota constant de chauves-souris chaque année ? ou, veut-on lisser les arrêts d'éoliennes pour ne pas trop impacter la production ?
  3. Rupture grammaticale : le passage de « destinée à optimiser » à « et de lisser » trahit un assemblage artificiel de morceaux de phrases administratifs.
  En voulant satisfaire à la fois l'exploitant et le code de l'environnement, le rédacteur a produit une formule typique de la langue de bois, dont le sens réel devient contradictoire dès qu'on le confronte à la réalité du terrain. C'est ce qu'on appelle du point de vue des opposants le « en même temps » administratif :
  • Sur le papier : la préfecture affirme agir pour préserver la faune tout en permettant l'exploitation des éoliennes. Voir la photo précédente;
  • Dans la réalité : vouloir « optimiser la production » tout en prétendant protéger les espèces montre où se situent les priorités économiques. Si la priorité absolue était la sauvegarde stricte des chiroptères, les éoliennes seraient purement et simplement arrêtées durant toutes leurs périodes de vol — nuit, températures douces, vent faible, ce qui ferait chuter la rentabilité du business éolien, sans aucun doute !
  La rédaction même de cet attendu montre la recherche d'un compromis financier et politique : 
on adapte les plages de bridage pour éviter les pires hécatombes tout en s'assurant que l'exploitant continue de produire suffisamment. Pour beaucoup d' opposants et d'observateurs, l'usage de ce jargon technocratique sert surtout à masquer le fait que la destruction d'une partie de la faune reste tolérée et intégrée au modèle économique. 
R. I. P. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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