Ce que Paris a vu ; Souvenirs du Siège de 1870-71, épisode IV

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   Nous avions cessé, à cette époque, de cantonner dans nos villas de l'avenue de Versailles ; nous étions logés sous la tente, dans le bastion même et le long des deux courtines latérales.
  La douceur du temps permettait encore de trouver quelque charme à ce camping. Nos grandes maisons coniques servaient à coucher vingt hommes chacune : la tête à la circonférence et les pieds au centre. Comme traversin, on avait un sac à terre, où la tête avait fini par creuser son trou, — si bien que l'humidité des nuits séchant, le jour venu, et le sable se durcissant, nous finissions par dormir, sans trop de gêne, ma foi, la nuque posée sur une sorte de billot rigide, analogue à celui des Japonais. [le traversin est un oreiller, qui fait toute la largeur du lit ; au Japon, il se nomme Makura, 枕 ; au 17ème siècle au début de l’époque d’ Edo, le makura était sous forme de boite rectangulaire en bois sur laquelle on déposait une sorte de polochon. ; source]
  Je n'ai entendu personne se plaindre de cette façon d'oreiller et j'ai constaté moi-même que cela était excellent contre les céphalalgies, vulgairement appelées maux de tête.

Oreiller japonais de l’époque d’ Edo. Le polochon au dessus se dit kukuri makura “oreiller noué/attaché ”. Sur le Web

  Le corps est si souple à vingt ans, et nous sommes si bien faits, en somme, pour vivre tout près de la terre, que nul ne trouva trop dur ni trop nu le sol où nous dormions. Seul l'encombrement de la tente nous gênait un peu.
  Quand l'heure était venue de prendre une faction de nuit, on avait fort à faire, d'enjamber tous les corps voisins sans heurter personne et sans se cogner nulle part.
  Et c'était merveilleux, quand on sortait de cet immense éteignoir, d'apercevoir, les yeux encore pleins de sommeil, l'émouvant tableau de guerre qu'on avait devant soi : les talus sombres, les chemins plus clairs, les grandes silhouettes des pièces tournées vers la campagne avec leur cou tendu comme une gargouille, et les trous noirs des casemates encore désertes, et le ruban blanc ou jaune de la route voisine, et la silhouette aérienne du long viaduc dressant au-dessus du fleuve ses larges voûtes et ses arcades minces.
  Les trains ne passaient plus, là haut.
  Sur le fleuve, on distinguait une lourde forme noire semblable à un sabot qui aurait eu un bec de cigogne : la canonnière Farcy [du nom de son concepteur Eugène Farcy, 1830-1910 ; officier de Marine et homme politique ; "...mise en chantier en 1869 sur ordre de Napoléon III. Construite à St Denis en 5 semaines par les ateliers Claparède... " ; source] tournée vers les collines et montant la garde.

La canonnière Farcy fut exposée à l'Exposition universelle de 1889. Sur le Web

IV


L'exemple des Mathurins. — Les five o'clock du matin, à la pompe. — Alcoolisme d'un nouveau genre. — Au parlementaire!
  ... Si l'on avait un beau spectacle devant les yeux, en montant la garde au saillant du bastion ou sur la plus haute traverse, pour surveiller le fossé, la contrescarpe et les glacis, la faction était moins agréable, aux portes des magasins de batterie ou le long du boulevard Murat. De ce côté, l'aspect désolé des choses ; les maisons, rares à cette époque, muettes et vides pour la plupart ; les terrains vagues, lépreux et déserts, s'étendaient jusqu'au viaduc, — tout nous montrait en quelque sorte l'envers de la guerre : la ruine et la désolation qui s'ensuivent et je ne sais quoi de farouche, de triste, de résigné comme une vaste prison.
  Là seulement, on comprenait que l'on était assiégé.
  Mais, au fait, où était donc l'assiégeant? Que faisait-il? Pourquoi ce silence prolongé des batteries que, paraît-il messieurs les Prussiens étaient en train de monter contre nous? Les journaux de Paris étaient remplis de renseignements, empruntés pour la plupart aux confrères anglais, dont il parvenait des ballots [faits] par des voies mystérieuses, sans doute avec la complicité des avant-postes allemands! et qui nous annonçaient l'arrivée sous Paris de formidables convois de pièces Krupp [famille d'industriels allemands ; " Alfred, Essen, 1812-Essen 1887, prit à 14 ans la direction de la modeste fonderie d'acier paternelle, fondée en 1811, mit au point en 1847 un procédé de production de l'acier, réalisa la fabrication de canons et introduisit sur le continent, en 1862, le procédé Bessemer. Son entreprise était devenue l'une des plus puissantes de l'époque. Son fils, Friedrich Alfred, Essen, 1854-Essen 1902, acquit de très grands chantiers navals à Tegel : 1902. Il fut membre du Reichstag de 1893 à 1898. ; etc. " ; Larousse], semblables à celles qu'on avait vues lors de l' Exposition de 1867, au Champ de Mars. Ces engins monstrueux allaient damer le pion à la fameuse " Joséphine " du Mont-Valérien ; ils allaient pulvériser nos remparts, éventrer nos abris, ouvrir des brèches, en se jouant, dans les vieilles fortifications du père Thiers [Adolphe, 1797-1877 ; journaliste ; député et ministre ; hostile à la guerre contre la Prusse, il milite pour la paix ; 17 février-31 août 1871, l'Assemblée le désigne comme « chef du pouvoir exécutif de la République française » ; il conclut la paix avec la Prusse au prix de la perte de l'Alsace-Lorraine ; il réprime sévèrement la révolte de la Commune de mai 1871] et de Louis-Philippe. Nous n'avions qu'à ein nous tenir!
   En attendant, ils ne tiraient pas, ces mastodontes d'acier! Où gisaient-ils?


Gravure, 1867, représentant le canon Krupp. Ph. Coll. Archives Larbor

   " La « Joséphine » était un canon de 19 centimètres, à cinq rayures, pesant, sans son affût, 8 000 kilogrammes. Il envoyait, à la charge de 8 kilogrammes de poudre, un obus de 52 Kg. 250, y compris une charge d’éclatement de 2 Kg. 200. Avec une inclinaison de 29 degrés et demi, la « Joséphine » portait au moulin d’ Orgemont, c’est-à-dire 8 000 mètres. Avec une inclinaison de 47 degrés, elle eût atteint le but à 10 Kilomètres. Lorsqu’elle fut installée dans la courtine du bastion 40, sa voix puissante, plus encore, sans doute, que la justesse ou la portée de son tir, lui conquirent une singulière popularité. Ce bruit plein et solennel résonnait la nuit, d’échos en échos, au-dessus de la ville endormie, comme le grondement d’un tonnerre. Tout Paris voulut voir la « Joséphine ». Le bastion 40 était à la Porte Saint-Ouen. À gauche, le Mont Valérien couronné par la forteresse, puis la ligne irrégulière des jardins, des rues et des habitations de Clichy et Levallois. Tout à l’extrême droite Asnières... "
Sur le Web

  Et puis, qu'est-ce que c'était ce siège où l'on entendait parler d'aucun travail d'approche, même contre les forts minuscules et si faciles à enlever d' Issy, de Vanves et de Montrouge?
  Pour investis, nous l'étions certainement ; mais assiégés? — Pas du tout.
  Et c'était l'éternel sujet de nos conversations, à nous qui avions pu canonner déjà plusieurs fois sans recevoir de réponse, les positions présumées de l'ennemi, les plus favorables, les plus belles, celles qu'on lui avait pour ainsi dire livrées dès le début, faute d'y avoir creusé la moindre tranchée d'abri et d'y avoir mis quelques pièces pour en écarter son avant-garde!...
  Mais je n'en finirais pas de retracer ici tout ce que nous pensions, de répéter tout ce que nous disions : l'évènement a bien prouvé, à la fin du mois de janvier 1871, c'est-à-dire après quatre mois d'investissement et non de siège, que les Allemands, pour vaincre Paris, n'avaient compté que sur les désordres et sur la faim, et que Paris, pour dénouer la ceinture d'armée nouée autour de sa taille par ce faux grand homme de guerre qu'on appelle de Moltke [Helmut, comte von Moltke, 1800-1891 ; "... En 1870, il remporte la victoire de Sedan, puis organise le siège de Paris. Lorsqu'il veut poursuivre l'extermination des armées françaises, il entre en conflit avec Bismarck, qui souhaite une paix politique rapide et obtient l'appui de l'empereur Guillaume Ier. Il est fait comte puis nommé feld-maréchal en 1871... " ; source], n'aurait eu qu'à multiplier de toutes parts et à pousser à fond les sorties que réclamaient à grands cris les patriotes qui voulaient le défendre.

***


   Chez nos voisins, les fusilliers marins cantonnés à notre gauche, vers le chemin de fer, ou chez les mobiles bretons, campés assez confortablement, ma foi, sous les arcades mêmes du viaduc, on raisonnait beaucoup moins. Les rudes gars du Finistère parlaient peu et s'étaient déjà bien battus. Nous allions les visiter, quelquefois, et nous aimions à écouter le chant mélancolique de leurs binious, qui alternaient drôlement avec leurs clairons.
  Quand aux mathurins, c'est de grand matin que nous allions chez eux. Ils avaient déniché dans un enclos, une pompe et un tonneau qu'ils avaient scié pour en faire deux bailles [baquet servant à divers usages à bord d'un navire ; Larousse]. Dès le réveil, ils s'en allaient vers ce cabinet de toilette et procédaient à une opération que nous obtînmes facilement la permission d'imiter.
  On se mettaient les uns derrière les autres, nus jusqu'à la ceinture et les jambes couvertes seulement d'un pantalon de treillis. On s'envoyait réciproquement dans le dos et sur la tête des paquets d'eau froide, puisée à pleine gamelle dans les bailles sans cesse renouvelées, et, quand chacun avait reçu sa douche, le suivant frottait les épaules et les reins du précédent avec une extrême vigueur. Quelques-uns d'entre nous, les raffinés si j'ose dire, ajoutèrent même un rite spécial à cette cérémonie quotidienne : le demi-quart d'eau-de-vie que nous servait chaque matin le gouvernement était employé à cette friction.
  Seulement, je ne suis pas bien sûr, en ce qui me concerne, que Calvert, le toucheur de bestiaux, qui avait la charge de me doucher tandis que je douchais Perrenot, mon pointeur-servant, ne prélevât pas chaque matin sur mon gobelet quelques gouttes d'alcool... pour se réchauffer intérieurement. Il y avait des jours où je sentais à peine la brûlure bienfaitrice du trois-six sur mon épiderme.
  Heureusement que la réaction se faisait tout de même.


***


   On pense bien qu'à ce régime nous étions tous alertes et dispos. Le fait est que, pendant les cent trente jours de siège, si nous avons eu des blessés et aussi des morts, hélas! nous n'avons pas eu de malade. Quand on n'a plus eu assez à manger, on s'est serré le ventre, et l'on a continué à se frotter mutuellement le dos, même au cœur de l'hiver, même lorsque les mathurins nous eurent quittés, même en cassant la glace dans les bailles qu'ils nous avaient laissés, même en employant la neige après que les conduites eurent été gelées...
  Le brigadier Barbier qui ne cessa jamais d'être notre exemple et notre réconfort, — je le trouvai toujours pareil, après être devenu son supérieur hiérarchique, — Barbier poussa même le souci de l'hygiène et la coquetterie jusqu'à faire sa barbe tous les trois ou quatre jours, à la fontaine des fusilliers marins.
  Le bombardement n'interrompait point sa toilette, et, tout en mêlant avec son blaireau un peu de savon à quelques flocons de neige, dans une coquille de Saint-Jacques, il aimait à se comparer gaiement au maréchal Ney pendant la retraite de Russie.
  Enthousiasmés par son exemple, nous étions plusieurs qui l'aurions bien imité ; mais nous n'avions pas encore de barbe au menton, ou si peu!...

***


   Nous avons assisté, dans cette première partie du mois d'octobre 1870, que j'achève en ce moment de conter, à une série de démarches mystérieuses dont nous n'avons eu l'explication que beaucoup plus tard. Je veux parler de ces sonneries " au parlementaire " qui, depuis le 1er octobre, et pendant trois semaines, n'ont pour ainsi dire pas cessé, aux bords de la Seine, entre Sèvres et Saint-Cloud.
  Deux officiers américains, le général Burnside [Ambrose Everett, 1824-1881 ; officier général de l’armée de l'Union pendant la guerre de sécession, 1861-1865 ; Après sa démission, 1865, il est employé au sein de plusieurs directions de l’industrie et des chemins de fer ; il devient, à la même époque, gouverneur de l' État de Rhode Island ; en 1869, il devient le premier président de la National Rifle Association of America, NRA, dont l'objet est de protéger le droit de posséder et de porter une arme ; sa médiation entre Français et Allemands sera un échec] et le major Forbes, se disant chargés d'une mission de leur gouvernement pour son agent diplomatique à Paris, M. Washburne [Elihu Benjamin, 1816-1887 ; en poste à Paris entre 1869 et 1877, sous l'administration du président Ulysse S. Grant ; à noter que, demeurant à Paris durant cette période, il est autorisé par Bismarck à faire passer ses valises diplomatiques à travers les lignes en échange de la protection accordée aux ressortissants prussiens en France], se présentèrent aux avants-postes et demandèrent, couverts par une sonnerie allemande, à être reçus dans nos lignes.


Ambrose Burnside, entre 1865 et 1880 ; Library of Congress description: " Burnside, Hon. Ambrose of R.I. ". Source : Library of Congress Prints and Photographs Division. Brady-Handy Photograph Collection.


Ici, 15 lettres sont en vente. Sur le Web

   L'arche du milieu du pont de Sèvres étant rompue, on les fit passer en barque.
   Le général Trochu, retenu à l' Hôtel de Ville, ne put les recevoir que le lendemain, en compagnie de Jules Favre [1809-1880 ; "... il ne peut s'opposer aux exigences de Bismarck, entrevue de Ferrières, 19-20 septembre 1870, et doit accepter de lier la capitulation de Paris à l'armistice : 28 janvier 1871. Il négocie, comme ministre de Thiers, la paix de Francfort, 10 mai 1871, et démissionne peu après : 2 août. " ; Larousse] ministre des affaires étrangères et eut la surprise de voir ces officiers, après lui avoir dit ce qu'officiellement ils venaient faire, lui remettre une lettre de M. de Bismarck, répondant à une précédente et double demande du gouvernement de la Défense, qui peut se résumer ainsi :
   " 1° prévenir, en cas de bombardement de Paris, afin de permettre au corps diplomatique de se retirer ;
  2° permettre, une fois par semaine, des communications diplomatiques des ambassadeurs et ministres étrangers enfermés à Paris.
"
  Deux demandes : deux refus. Ils étaient formulés sans aucune politesse et sur le ton le plus narquois.
  Gambetta [Léon, 1838-1882 ; avocat et homme politique ; " ... Après la chute de Napoléon III, Gambetta joue un rôle important avec Jules Ferry dans l'avènement de la IIIe République proclamée le 4 septembre 1870. En octobre, Ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de la Défense nationale, il quitte Paris en ballon pour rejoindre Tours et organiser la levée de troupes. Le gouvernement s'étant replié à Bordeaux, il est chargé d'organiser la guerre en Province. Après la capitulation de Paris, le 20 janvier 1871, Gambetta est décidé à poursuivre la guerre, mais en conflit avec les autres membres du gouvernement, il démissionne après l'armistice. Représentant le Bas-Rhin à l'Assemblée nationale élue en janvier 1871, il démissionne lorsque ce territoire est abandonné à l'Allemagne. Quelques mois plus tard, Gambetta est élu député de la Seine. Il dirige l'Union républicaine et défend la République contre la restauration monarchique. Il est l'artisan des lois constitutionnelles de 1875. Réélu en 1875 et en 1877, il perd cependant la confiance des ouvriers de Belleville qui lui préfèrent en 1880 Alexis Trinquet, un ancien communard. Après avoir été Président de la Chambre des députés, Gambetta devient Président du Conseil et Ministre des Affaires Étrangères du 14 novembre 1881 au 27 janvier 1882. Mais il ne peut s'y maintenir sous les attaques des radicaux. Après une septicémie provoquée par une blessure à la main, il meurt d'une appendicite aiguë à l'âge de 44 ans... " ; source], qui n'avait pas encore quitté Paris pour la province, fut indigné, dit-on, et de la grossièreté de l'ennemi et du singulier procédé de ces deux officiers appartenant à une puissance neutre, sinon même amie, qui se faisait les porteurs d'une missive blessante et qui, en tout cas, servaient de truchement à l'adversaire. Ses collègues du gouvernement, moins primesautiers, s'opposèrent à sa proposition de les surveiller étroitement et de les renvoyer au plus vite dans les lignes allemandes... Néanmoins, tous les efforts faits pour utiliser leur bonne volonté, s'ils étaient réellement nos amis, furent probablement vains, puisque deux ou trois jours plus tard ils repassèrent la Seine, à Sèvres, et ne réapparurent plus.
  M. Washburne, leur ministre, bombardait au même moment l' Hôtel de Ville de ses réitérées de libre passage pour une soixantaine de citoyens américains désireux de quitter Paris.
  Le gouvernement résistait, alléguant avec raison les lois de la guerre, et faisant observer que ces nombreuses personnes avaient eu tout le temps de se retirer avant l'investissement. Il était un peu tard, vraiment, pour quitter la ville quand depuis près d'un mois on avait pu mesurer ses ressources, compter ses défenseurs et recueillir assez de renseignements sur toutes choses pour que de fâcheuses indiscrétions se répandissent au dehors...
  Chez nous, qui ne faisions pas de politique, c'était devenu un jeu, chaque fois qu'on sonnait " au parlementaire " sur la ligne, de nous répéter les uns aux autres : " C'est pour les Américains!... "
  Une fois, ce fut pour eux, en effet. Profitant d'une suspension d'hostilités qui devait durer quatre heures, on nous permit d'aller, une douzaine, en armes, jusqu'au pont de Sèvres. C'était, je m'en souviens bien, le 23 octobre.
  Ce que nous vîmes, entre la rive française de la Seine et la rive prussienne, ne sortira jamais de ma mémoire.
  Le pont, tel qu'on le voit aujourd'hui, possède une chaussée en dos d'âne fortement prononcée, des parapets de pierre et, aux deux extrémités, des retours d'appui le long des berges.
  En 1870, l'aspect était le même. Seulement, dès qu'on avait franchi un tiers de la largeur du fleuve, on se trouvait en présence d'un abîme. L'arche du milieu était écroulé sous l'effet d'un coup de mine que la pioche avait ensuite régularisé. Il y avait une coupure d'une dizaine de mètres.
  Sur la brèche, près du parapet, de notre côté, se tenait, quand nous arrivâmes, un factionnaire de l'infanterie, l'arme au bras. On l'avait choisi, naturellement, parmi les meilleurs soldats de son escouade. Il était proprement ficelé, dans sa grande capote bleue retroussée. Il avait le sac, mais pas la musette. La visière carrée de son képi était à peine cassée. Elle avait un petit air crâne, sans rien de débraillé, ni de crapuleux. Une vraie silhouette à tenter le pinceau d' Alphonse de Neuville [1835-1885 ; rendu célèbre par ses tableaux contant la guerre franco-allemande de 1870 ; il collabora avec de Detaille pour deux tableaux, entre 1881 et 1883] ou de Detaille [Édouard, 1848-1912 ; renommé pour ses "scènes militaires ", il est reconnu comme un expert de la peinture militaire] : du pittoresque et de la tenue.


Siège de Paris 1870-1871. Débarquement des gourmands au pont de Sèvres venant d'acheter des vivres à l'armée allemande, entre 1870 et 1871 ; Jules Ferat, 1829-1906. Sur le Web

   En face, de l'autre côté de l'arche effondrée, un factionnaire prussien. Il avait mis son casque, pour la circonstance, et rien ne saurait traduire le sentiment complexe dont nous fûmes saisis en voyant si près de nous un de ces effets d'équipement qui hantaient alors l'imagination des foules.
  Casque à pointe! Casque à pointe! C'était le refrain de tous nos propos. On en vendait déjà dans Paris, qui avaient été ramassés par quelques chapardeurs sur les terrains des premiers combats. Un des fils de Lacressonnière [Louis Charles Adrien Le Sot de la Panneterie, dit, 1819-1893 ; acteur de théâtre] m'avait gentiment demandé de lui en rapporter un " pour jouer au soldat ": il avait six ans! Et je n'ai malheureusement jamais pu le satisfaire...

Sur le Web


   Mais il se passait quelque chose, au-dessous de nous, sur la berge! On nous permit, après avoir déposé nos mousquetons en lieu sûr, de nous glisser un à un jusqu'au bord de la route, et là, nu-tête, afin de n'être point remarqués par l'ennemi, nous pûmes contempler à loisir le spectacle.
   Deux barques étaient au milieu de la Seine, arrêtées presque bord à bord, les mariniers qui les menaient ayant piqué leur gaffe dans l'amas de moellons éboulés. Elles étaient montées, chacune, par un officier, accompagné d'un sous-officier porte-fanion. Ils échangeaient quelques mots et visaient des papiers : l' Allemand, avec de grands gestes, évidemment un peu apprêtés pour la galerie ; le Français, avec une attention sérieuse et sans affectation.
   On attendait avec impatience, sur la rive, qu'ils eussent fini leurs pourparlers. quand ils se séparèrent enfin, avec un bref salut militaire, douze personnes, munies de légers bagages, on avait interdit les malles et chaque valise avait été visitée à la porte de Paris, montèrent dans deux bachots [ petit bateau à fond plat servant à passer des bras de rivière] qui démarrèrent lourdement et traversèrent d'un bord à l'autre.
   Quand ce fut fini, un sous-officier français alla relever notre factionnaire, un sous-officier allemand alla chercher le sien. Les deux gradés se regardèrent ; puis ils se saluèrent avant de se tourner le dos. Le nôtre, soldat cuit et recuit, marchait d'un pas saccadé. Il semblait furieux. Le prussien de son côté, ne put s'empêcher de tourner la tête vers nous, comme s'il avait craint qu'on ne lui tirât dans le dos. Et il se dépêchait!...
   Ils représentaient en somme assez exactement l'âme respective des deux peuples : ici, confiante, hardie... imprudente ; là-bas, prudente, cauteleuse [qui manifeste de la défiance et de la ruse ; hypocrite ; Larousse] et brutale.
  Nous avons parlé d'eux, en revenant, tout le long de la route.

V

Les ballons-postes. — Le départ de Gambetta. La première dépêche par pigeons. — Le combat de la Jonchère. — Le premier combat du Bourget.


  À suivre

  Charles Laurent, Ce que Paris a vu, Souvenirs du Siège de 1870-1871, Albin Michel, 1914, pp. 43-57.

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Canada, Ontario : le vent d'été est un " ami inconstant " pour l'éolien et cela fragilise le réseau

Frank Sinatra : " Summer wind "

 

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Le vent d'été est l'ami énergétique inconstant de l'Ontario


Parker Gallant : Le nucléaire, l'hydroélectricité ou le gaz naturel sauvent la mise pour les ménages et les entreprises de l'Ontario.

 2022 07 12

  Les lecteurs plus âgés se souviendront du tube de 1966 de Frank Sinatra, " Summer Wind ", dont les paroles en anglais ont été écrites par Johnny Mercer à partir de l'original allemand : " Der Sommerwind ". La chanson parlait de la versatilité et du temps qui passe. En fin de compte, concluaient Sinatra/Mercer, le vent d'été était un " ami inconstant ".
  C'est une musique que les producteurs d'électricité de l'Ontario pourraient fredonner ces jours-ci, alors qu'ils tentent de répondre à la demande d'électricité en raison de la chute du vent dans la province, un phénomène saisonnier annuel.
  Le déclin estival du vent était évident jeudi dernier, le 7 juillet, alors que les éoliennes industrielles de l'Ontario, qui ont une capacité de production totale d'environ 15,6 % de l'approvisionnement total de la province lorsque toutes les sources d'énergie fonctionnent à plein régime, étaient au bas de l'échelle en ce qui concerne leur production.
  La demande de pointe de l'Ontario ce jour-là s'est produite pendant un intervalle de cinq minutes à la 17e heure, c'est-à-dire à 17 h, atteignant 19 741 MW. À cette heure-là, l'énergie éolienne n'a produit que 332 MW, ce qui représente seulement 6,7 % de sa production maximale théorique de 4 900 MW et seulement 1,7 % de la demande provinciale totale.

Mais alors, quelles sources ont permis de passer l'heure de pointe sans dommages?
Voici la répartition :

  • Nucléaire 9 529 MW
  • Hydro 5 222 MW
  • Gaz naturel 4 336 MW
  • Éolien 332 MW
  • Solaire 207 MW
  • Biocarburant 115 MW

  En clair, les trois sources " nouvelles " et " renouvelables ", éolien, solaire et biocarburant, ont fourni collectivement 654 MW, soit seulement 3,3 % de la demande. Sans la production de l'énergie nucléaire, de l'hydroélectricité ou du gaz naturel, les ménages et les entreprises de l'Ontario auraient subi des pannes de courant — au minimum — tout au long de la journée.
  Ce jour-là, selon l'exploitant du réseau d'énergie de la province, la production maximale de l'énergie éolienne a eu lieu à l'heure de Sinatra, c'est-à-dire aux petites heures du matin, à la première heure, celle qui se termine à une heure du matin. À ce moment-là, l'énergie éolienne a produit 462 MW de sa capacité, 9,4 %, dont le réseau aurait pu facilement se passer, puisque la demande à cette heure-là était inférieure à 13 000 MW. À contrario, le matin, à neuf heures, alors que la demande augmentait, les éoliennes industrielles ne produisaient que 57 MW, soit seulement 1,2 % de leur capacité.
  Alors que le gouvernement dirigé par Doug Ford [Douglas Robert Ford, Jr., dit, 1964 ; Premier ministre ; homme d’affaires accompli à la direction de l’entreprise Deco Labels, société canadienne d'étiquetage, spécialisée dans les étiquettes autocollantes pour les produits d'épicerie emballés dans du plastique, etc. https://www.ontario.ca/fr/page/doug-ford-premier-ministre] entame son deuxième mandat majoritaire, les Ontariens devraient espérer et prier pour que le Premier ministre et ses subordonnés fassent vraiment quelque chose pour remédier au gâchis dans le secteur de l'Énergie que le Parti libéral local a créé pendant les 15 années où il a dirigé la province. Cela ne saurait être trop demander ou même exiger, en ces temps d'inflation croissante causée en grande partie par l'augmentation des coûts de l'énergie.
  Financial Post
  Parker Gallant est un ancien cadre bancaire qui a regardé sa facture d'électricité et n'a pas aimé ce qu'il a vu.

  Sur le Web https://financialpost.com/opinion/opinion-the-summer-wind-is-ontarios-fickle-energy-friend

AUSTRALIE, TRANSITION ÉNERGÉTIQUE : EN AVANT TOUTES LES ENR ET QU' IMPORTE LES DÉGÂTS POUR LA POPULATION

  " Les marchands d'énergie renouvelable ne cessent de nous dire que nos factures d'électricité vont inévitablement baisser parce que les énergies éolienne et solaire sont " gratuites " et de moins en moins chères.
   Avant les élections fédérales de mai, le travailliste Anthony Albanese a promis que tous les ménages australiens verraient leur facture d'électricité baisser de 275 dollars, dès que lui et son obsédé de l'éolien et du solaire prendraient les rênes et remettraient sur les rails la transition " inévitable " de l'Australie vers l'éolien et le solaire.
  Au lieu de cela, les ménages et les entreprises viennent d'être frappés par une augmentation annuelle minimale de leurs factures d'électricité comprise entre 18 et 20 %, qui vient s'ajouter aux augmentations à deux chiffres de l'année dernière, de l'année précédente et de l'année d'avant, et qui s'annonce bien pire encore.
  Les ménages et les entreprises australiens subissent aujourd'hui des prix de l'électricité parmi les plus élevés au monde ; il y a 20 ans, ils bénéficiaient des prix les moins chers de la planète. Mais l'éolien et le solaire, chaotiquement intermittents et fortement subventionnés, ont changé tout cela.
  Les subventions ont été délibérément conçues pour éliminer la production d'électricité fiable et abordable à partir du charbon, ce qui a été fait. Mission accomplie", pourrait-on dire.
  Afin d'éviter que le réseau électrique de l'Est ne subisse un " black system " total, les cerveaux d' Albanese supplient les propriétaires de générateurs au charbon de rester en ligne en leur promettant des seaux d'argent du contribuable appelés par euphémisme " paiements de capacité ".
  L'idée de verser des subventions à des générateurs au charbon fiables, qui peuvent fournir de l'électricité à la demande, quel que soit le temps, pour surmonter le chaos causé par l'octroi de subventions massives à des générateurs éoliens et solaires totalement peu fiables, qui fournissent de l'électricité à l'occasion lorsque le soleil et le temps le permettent, ressemble à quelque chose que l'on pourrait trouver dans les rêveries tordues d'Orwell ou de Kafka.
  Mais non, c'est ce qui passe pour une politique énergétique sérieuse dans un pays dont le gouvernement et les institutions associées ont été envahis par des diplômés en arts et en droit qui n'ont absolument aucune idée de la façon dont les choses fonctionnent, surtout la production et la distribution d'électricité.

  Judith Sloan, de The Australian, reprend le fil ci-dessous. "
 Stopthesethings

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Aller de l'avant avec les énergies renouvelables, et faire fi des coûts élevés

L'Australien
Judith Sloan
2022 07 05

  Alors que l'Europe se tourne vers les centrales au charbon en raison de la rareté et de la cherté du gaz naturel — pensez à l'Allemagne, à l'Autriche, aux Pays-Bas et à la Grande-Bretagne — tout est prêt pour investir encore plus dans les énergies renouvelables pour produire de l'électricité. Et ce, en dépit de l'intermittence inhérente à l'énergie renouvelable et des problèmes liés à la stabilisation de l'électricité pour répondre à notre demande 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
  La publication, la semaine dernière, de la version finale du plan de système intégré de l' Australian Energy Market Operator est le dernier exemple en date d'une aspiration bien intentionnée qui l'emporte sur les sombres réalités de l'ingénierie et de l'économie.
  Avec en toile de fond les fermetures de centrales au charbon qui ont déjà eu lieu, l' AEMO [" Australian Energy Market Operator ; cet organisme gère le marché national de l'électricité, NEM, le marché de gros de l'électricité, WA, WEM et, le réseau de transport de gaz de l'État de Victoria ; elle facilite également la contestabilité totale de la vente au détail de l'électricité et du gaz, en supervisant ces marchés de détail dans l'est et le sud de l'Australie. Elle est en outre responsable de la planification du transport national de l'électricité et de la mise en place d'un Short Term Trading Market, STTM, pour le gaz. " ; source] prévoit une nouvelle réduction de 8 000 mégawatts d'ici la fin de la décennie, mais concède qu'il pourrait s'agir, en réalité, de 14 000 MW — une grande différence.
  Regardez ce qui s'est passé lorsque la centrale au lignite Hazelwood de 1 600MW a fermé de manière inattendue en 2017, en partie parce que le gouvernement travailliste de Victoria a augmenté le taux de redevance sur le charbon. Les prix de gros ont grimpé en flèche, malgré les assurances du premier ministre que l'impact de la fermeture sur les prix serait négligeable.
  Les propriétaires de centrales électriques sont désormais tenus de donner un préavis d'au moins trois ans en cas de projet de fermeture. Origin Energy a annoncé qu'elle fermerait sa centrale au charbon de 2 800 MW d' Eraring en Nouvelle-Galles du Sud en 2025, avançant ainsi sa sortie de sept ans. Ce cas illustre les tensions potentielles auxquelles le marché national de l'électricité sera confronté.
  La réponse de l' AEMO est d'accorder une grande importance à l'accélération des investissements dans les énergies renouvelables — le directeur général de l' AEMO qualifie les dépenses nécessaires de " faramineuses "— et de " valider d'urgence des projets de transmission pour un montant de 10 milliards de dollars ". L'espoir est que le stockage supplémentaire permettra au NEM de fournir une électricité fiable tout en atteignant les objectifs de décarbonisation. L'évolution des prix est une autre question.
  Il existe un graphique dans le blockbuster de 100 pages de l' AEMO qui, soit dit en passant, regorge d'hypothèses douteuses. Nous y apprenons la disparition rapide des énergies fossiles, en particulier le lignite et le charbon noir : ils représentent actuellement environ 60 % de toute l'électricité produite, en moyenne.
  Mais comme il n'y a pas d'options réalistes pour un stockage abordable et de longue durée, au-delà de l'hydroélectricité par pompage, elle-même limitée, l'image qui émerge est une baisse substantielle de la proportion d'énergie répartissable qui sera disponible. Ce qui s'est produit récemment dans le NEM — l'offre ne répondant pas à la demande, les prix augmentant rapidement et l' AEMO suspendant le marché — pourrait devenir un événement régulier.
  Étant donné la nature intermittente des énergies renouvelables, il est nécessaire de disposer d'une quantité suffisante d'énergie pilotable pour couvrir près de la totalité de la demande, même s'il y aura des moments où les énergies renouvelables pourront satisfaire plus de 80 % de la demande totale. Le degré de redondance du système est élevé et c'est l'une des raisons pour lesquelles le coût de l'électricité est susceptible de monter en flèche — il a déjà augmenté de manière substantielle — selon les scénarios de l' AEMO.
  Il convient de s'interroger sur l'appel aux armes de l' AEMO en matière d'investissement dans les transmissions. Les projets immédiats cités sont en cours de réalisation, mais il est peu probable qu'ils avancent au rythme que l' AEMO juge nécessaire.
  Il y a de gros problèmes pour obtenir les autorisations d'urbanisme ; les habitants ne sont pas très enthousiastes à l'idée d'avoir de grands pylônes dans leur jardin. Il y a également des pénuries de fournitures et de travailleurs nécessaires.
  Il ne faut pas oublier que l'approbation réglementaire des nouvelles usines éoliennes garantit un taux de rendement au propriétaire, ce qui fait également augmenter le prix de l'électricité pour les consommateurs. Un réseau de nouvelles usines éoliennes sillonnant l'Australie rurale, dont certaines seront peu utilisées, aidera l'énergie renouvelable à atteindre le marché, mais contribuera à rendre l'électricité moins abordable : les coûts de transmission/infrastructure représentent environ 40 % des prix de l'électricité.
  Le rapport de l' AEMO n'est pas le seul rapport publié récemment qui a une incidence sur le NEM. Le Conseil de la sécurité énergétique a publié un document de conception de haut niveau sur un mécanisme de capacité. Selon ce rapport, " nous pourrions nous tromper dans le choix du moment, de la transformation du NEM, trop peu, trop tard, ou dans le mélange, pas assez de capacité pilotable, y compris le stockage à long terme, pour consolider l'énergie renouvelable variable. Il en résulterait des prix élevés, dus à la rareté et aux coûts du capital gonflés par l'incertitude."
 
Une solution consiste à payer " les fournisseurs de capacité pour que leur capacité soit disponible pendant certaines périodes, ce qui contribuera à réduire le risque d'une transition désordonnée ".
  Si les caractéristiques de conception sont importantes, l'essentiel est de garantir une alimentation en électricité 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, au moindre coût, en incitant les fournisseurs à participer à des enchères pour répondre à des besoins de capacité spécifiques.
  Un tel mécanisme est important pour faire face à des événements à faible probabilité ayant de graves conséquences. La période prolongée sans vent qui s'est produite en Europe l'année dernière en est un exemple. L'énergie solaire peut également être perturbée pendant plusieurs jours.
  L'éventualité d'un mécanisme de capacité tire la sonnette d'alarme chez certains militants écologistes et investisseurs dans les énergies renouvelables. Le ministre de l'Énergie de l'État de Victoria a déclaré de manière peu convaincante que la construction de turbines offshore dans l'État — à un coût quatre fois supérieur à celui des turbines terrestres — rendait inutile un tel mécanisme. Il existe une certaine opposition à l'inclusion du gaz comme source d'énergie, tandis que le charbon est presque exclu.
  L'idée que chaque État participant et l' ACT [Australian Capital Territory ; territoire fédéral australien enclavé contenant la capitale nationale Canberra et quelques communes environnantes. Il est situé dans le sud-est de l'Australie continentale et constitue une enclave entièrement intégrée à l'État de Nouvelle-Galles du Sud] puissent spécifier leurs sources d'énergie dans un mécanisme de capacité pourrait potentiellement sonner le glas du NEM. Après tout, un électron est un électron, quelle que soit sa source, et il existe des interconnexions entre les participants. En d'autres termes, cette idée n'a aucun sens. La seule conclusion à tirer est que le NEM est un véritable gâchis et qu'il est fort probable que ses performances diminuent encore. L'idée que nous avons besoin d'encore plus d'investissements dans les énergies renouvelables — une multiplication par sept, en fait — doit être évaluée par rapport aux investissements hautement subventionnés qui ont déjà eu lieu.
  Comme le note ESB [Energy Security Board ; il mène des réformes visant à accroître la transparence dans le secteur de l'énergie et à égaliser les conditions de concurrence entre les entreprises énergétiques] , " depuis 2012, plus de 90 % des investissements dans la production d'électricité dans les États de l'Est ont été réalisés dans l'éolien et le solaire. Et, en termes par habitant, l'Australie a le taux le plus élevé de production renouvelable à l'échelle du réseau au monde. Il est environ 10 fois supérieur à la moyenne mondiale."
  Sans énergie pilotable, nous nous dirigeons vers de possibles pannes et délestages et des prix de l'électricité encore plus élevés. Les Européens ont pris conscience de ce fait ; nous sommes juste en retard sur la scène. Le temps que l'on reconnaisse pleinement que nous avons pris le mauvais virage, le processus de rectification des problèmes sera long, douloureux et coûteux.

Avec cette paire aux commandes [Anthony Albanese, Premier ministre et Chris Bowen, Ministre du Changement climatique et de l'Énergie], préparez-vous à des coupures de courant régulières.

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