FOULAIN - CRENAY : LA COMMISSION D'ENQUÊTE DONNE UN AVIS FAVORABLE AU PROJET DE L'USINE ÉOLIENNE

Précédemment
https://augustinmassin.blogspot.com/2023/04/haute-marne-neuilly-sur-suize-avis.html
 
  Il est important de rappeler que ce projet d’usine de 8 éoliennes avait DÉJÀ été rejeté par un arrêté préfectoral en 20I8. Cependant, il a été relancé suite à une décision du Tribunal administratif, TA, Châlons-sur-Marne, saisi par le porteur du projet.
  Dans les 121 pages de son rapport, le commissaire enquêteur valide le projet. Et, comme il est courant dans ce genre d’enquêtes, il se limite à proposer quelques modifications mineures, afin de ménager la chèvre et le chou. En somme, rien de bien nouveau ni surprenant. D’ailleurs, a-t-on déjà vu un commissaire enquêteur de notre département émettre un avis défavorable sur un projet éolien ? N’hésitez pas à vérifier par vous-même. 😉
  Une phrase illustre parfaitement, à nos yeux, l’attitude servile que les commissaires enquêteurs adoptent généralement envers les porteurs de projets :

  " En finalité, le pétitionnaire n’en rajoute pas sur le déroulement de cette enquête et c’est tout à son honneur. ", p. I20.

Rien que ça !...
  En revanche, il faut souligner l'importante mobilisation et participation des habitants de Crenay même, avec pour résultat, une très forte majorité des participants contre le projet.
  Malgré tout, le match I se solde par... une défaite, puisque le commissaire enquêteur donne un avis favorable !
    La démocratie, c'est bien « CAUSE TOUJOURS ! » ** : score : 0/I.
  - Match 2 : décision préfectorale : 0/2 ou I/I ?
  - Match 3 : recours! Oui mais... de quelle équipe ?
   Un élément pourrait venir rebattre favorablement les cartes pour les opposants : la nouvelle carte des Zones favorables au développement éolien, ZFDE. Et si, Crenay se retrouvait en zone incompatible avec l'éolien ?*** Si tel était le cas, cela viendrait confirmer les préconisations émises lors de l'Étude sur la capacité des paysages haut-marnais à accueillir le développement de l'éolien, commanditée par la préfecture, en 20I8,  voir ci-devant :


 
 
* Le commissaire enquêteur qui est-il ?
   «  Le président du tribunal administratif [le nomme] dans la majorité des cas, afin de garantir son indépendance. Dès qu’il accepte une mission, le commissaire enquêteur signe une déclaration sur l’honneur attestant qu’il n’a pas d’intérêt personnel susceptible de mettre en cause son impartialité et que les activités exercées au titre de ses fonctions précédentes ou en cours ne sont pas incompatibles avec la conduite de l’enquête publique concernée.
  L’avis donné par le commissaire enquêteur constitue une aide à la décision : il ne lie pas l’autorité organisatrice de l’enquête, appelée à prendre la décision, laquelle est susceptible de recours devant le Tribunal Administratif.
  Le président du tribunal administratif fixe le montant de l’indemnité du commissaire enquêteur, sur la base du nombre d’heures déclarées par ce dernier, en tenant compte des difficultés de l’enquête, de la nature et de la qualité du travail fourni. Le porteur de projet prend en charge les frais de l’enquête, et à ce titre l’indemnisation du commissaire enquêteur.
  Le nombre d'enquêtes annuellement ordonnées pour chaque commissaire enquêteur est de l'ordre de 1 à 2 en moyenne, parfois moins !, ce qui veut dire que ce n'est pas une activité à plein temps.
 »
  Sur le Web
 
** « La dictature, c'est ferme ta gueule ; la démocratie, c'est cause toujours. »
  BARRAULT Jean-Louis, I9I0-I994, comédien, metteur en scène et directeur de théâtre.
*** La concertation publique organisée par le Grand Est, via la DREAL, est close depuis le 2I avril 2023. Pour rappel, si la région propose les ZFDE, il appartiendra au maire et à son conseil municipal, au final, de valider ou non ce choix. Bonjour l'ambiance au village entre les élus responsables, ceux qui se retrouveront dans une ZFDE et les autres, exemptés!...

Commission d'enquête, extraits
  « Le projet, d’une puissance maximale de 31,2 MW, porte sur la construction et l’exploitation de 8 aérogénérateurs, d’une puissance nominale maximum de 3,9 MW maximum et de trois postes de livraison.
p. 5.

« Ce projet final s'organise en 2 lignes courbes respectivement de 5 et 3 éoliennes ». Source

  Ainsi se présente le cheminement du dossier
- Février 2009 : prise de contact avec les élus de Foulain-Crenay et Neuilly-sur-Suize,
- Août 2009 : le 28, délibération favorable du Conseil Municipal de Foulain-Crenay,
- Juin 20I2 : publication du Schéma Régional Eolien, SRE, de la région Champagne-Ardenne, mentionnant les secteurs favorables à l’éolien,
- Février 20I3 : réunion pour le lancement de la Zone de développement éolien, ZDE, à l’échelle de l’agglomération de Chaumont,
- Mars 20I3 : suppression des ZDE mais l’agglomération de Chaumont souhaite établir un schéma directeur éolien sur son territoire,
- Mai 20I4 : présentation du projet éolien au nouveau conseil municipal de Foulain-Crenay,
- Septembre 20I4 : publication du Schéma directeur d’implantation éolien de la Communauté
d’agglomération de Chaumont incluant Foulain-Crenay et Neuilly-sur-Suize,
- Mars 20I5 : réunion d’information des propriétaires et exploitants des communes concernées,
- Septembre 20I6 : lancement des études environnementales et paysagères,
- Décembre 20I6 : le 6, lancement des études acoustiques et implantation d’un mât de I00 mètres, de mesure du vent,
- Janvier 20I7 : présentation du projet aux élus locaux de Neuilly-sur-Suize,
- Février-Mars 20I7 : première campagne de mesures acoustiques,
- Avril 20I7 : installation d’un dispositif d’écoutes sur le mât pour mesurer l’activité des chauves-souris migratrices,
- Juin-juillet 20I7 : réalisation d’une seconde campagne de mesures acoustiques,
- Juillet 20I7 : le 28, présentation du projet au conseil municipal de Foulain-Crenay,
- Octobre 20I7 : le I6, réunion de pré-cadrage avec la DREAL,
- Octobre 20I7 : délibération défavorable du conseil municipal de Foulain,
- Novembre 20I7 : le 24, présentation au conseil municipal de Neuilly-sur-Suize du projet finalisé d’études environnementales, paysagères et acoustiques,
- Février 20I8 : dépôt de la demande d’autorisation environnementale pour 8 éoliennes, sur la commune de Foulain-Crenay,
- Février 20I8 : présentation du projet à l’Association Foncière de Remembrement de Crenay,
- Mai 20I8 : avis défavorable de la Direction de la Sécurité Aéronautique d’État sous la zone LF-R 5 A2 où évoluent des aéronefs télépilotés non habités,
- Juillet 20I8 : arrêté préfectoral de rejet de la demande d’autorisation,[SOULIMAN Françoise, en poste de février 20I6 à octobre 20I8]
- Juillet 20I8 : recours auprès du Tribunal Administratif pour le rejet de la Préfecture,
- 08 octobre 20I8 : demande d’autorisation environnementale reçue et enregistrée en Préfecture de la Haute-Marne à Chaumont, sous n° AEU/052/2018/3 PEO,
- Entre le 08 octobre 20I8 et février 2022, la Préfecture consulte les services de l’État et autres
organismes afin de connaître les servitudes et contraintes afférentes au site,
- Mai 20I9 : révision et avis favorable de la Direction de la Sécurité Aéronautique d’ État suite à la mise en œuvre de nouveaux éléments opérationnels des aéronefs et arrêté préfectoral abrogeant le rejet et permettant la reprise de l’instruction du projet,[DEGIOVANNI Élodie, en poste de octobre 20I8 à septembre 2020]
- Septembre 20I9 : demande de complément de la Préfecture,
- Février 2020 : dépôts de pièces complémentaires en Préfecture,
- Août 2020 : réunion d’informations avec propriétaires, exploitants et élus à Richebourg,
- Novembre 2020 : distribution d’une lettre d’informations à la population de Foulain-Crenay, Neuilly-sur-Suize, Richebourg et Leffonds,
- Décembre 2020 : tenue d’une permanence publique à la salle des fêtes de Crenay,
- Ier semestre 202I : présentation du projet au SDED, à la CA de Chaumont, aux élus des communes de Chaumont, Neuilly-sur-Suize et Richebourg, aux députés et sénateurs,
- Octobre et novembre 202I : réunions publiques à Neuilly-sur-Suize et Crenay,
- Novembre 202I : tenue de deux permanences d’information à Foulain et Crenay,
- Ier semestre 2022 : présentation aux représentants de la Fédération des chasseurs et du SRADDET,
- Février 2022 : le 07, avis de la Mission Régionale de l’Autorité environnementale, MRAe,
- Juin 2022 : réponse de la SAS Les Hauts Poiriers à l’avis de la MRAe,
- Décembre 2022 : le 06, recevabilité du dossier d’autorisation par la DREAL,
- Décembre 2022 : le I9, saisine du Tribunal administratif,
- Ier semestre : envoi de « courriels » et « flyers » dans les mairies du périmètre et aux riverains de la commune d’accueil du projet,
- Janvier 2023 : le I0, parution de l’arrêté préfectoral de mise à l’enquête publique,
- Février 2023 : le I3, ouverture de l’enquête publique.
pp. 5-6. 
Concertation préalable
  3.1. Les élus :
  - Présentation de la société et d’une étude de faisabilité aux élus de Foulain en 2009,
  - Délibération favorable du Conseil municipal de Foulain en 2009,
  - Réunion avec la Communauté d’agglomération de Chaumont,
  - Présentation du projet au nouveau Conseil municipal de Foulain en 20I4,
  - Réunion d’information avec les propriétaires-exploitants et élus de Foulain-Crenay en 20I5,
  - Présentation du projet aux élus de Neuilly-sur-Suize en janvier 20I7,
  - Présentation du projet au Conseil municipal de Foulain en juillet 20I7,
  - Délibération défavorable du Conseil municipal de Foulain en 20I7,
  - Présentation du projet à la Députée Bérengère ABBA en février 20I8,
  - Présentation du projet au nouveau Conseil municipal de Foulain en 2020,
  - Présentation du projet au Syndicat d’électrification, SDED, à la CA de Chaumont, aux élus de Chaumont, Richebourg et Neuilly-sur-Suize, aux députés et aux sénateurs en 202I,
  - Envoi de « courriels » et « flyers
» à l’ensemble des mairies du périmètre d’enquête en 2023.

  Remarque : après lecture des évènements, nous noterons que, comme d'habitude, nombre de décideurs de l'époque ont, entre temps, quitté la Haute-Marne. Comme toujours, celles et ceux qui ont le mauvais «  rôle » sont les pénitents locaux, condamnés à vivre ad vitam æternam sous le joug des usines éoliennes !
 
p. I5.
Participation des collectivités

 
  «  À l’issue du délai de I5 jours, 8 des 2I collectivités intégrées au périmètre d’affichage et susceptibles d’émettre un avis, ont répondu. Toutes leurs délibérations sont défavorables mais seuls le Conseil Municipal de Marac et le Conseil communautaire du Grand Langres ont voté à l’unanimité contre le projet de parc éolien des Hauts Poiriers à Crenay : ces délibérations font l’objet des PJ n° I6-I à I6-8.
Remarque
  • La commune de Neuilly-sur-Suize a depuis, le 11 avril 2023, donnée un avis défavorable au projet.
  • La commune de Foulain, par l'intermédiaire de son maire, précisait dans le jhmQuotidien du 11 mai 2022, que « jusqu'à présent, le conseil municipal s'est prononcé contre ce parc ».
  pp. 20-2I.
Commentaires du Commissaire enquêteur sur les observations des Personnes publiques associées : PPA,
  En ce qui concerne les divers intervenants dans le dossier, les Personnes publiques associées, PPA, leurs avis sont résumés au § 3.3 du présent rapport.
  L’avis défavorable de l’ UDAP 52 est rappelé à plusieurs reprises par les contributeurs. Il est dans la logique de protection du patrimoine et il est juste de remémorer la pollution visuelle tant pour les monuments classés que pour les sites protégés dont fait partie la Commanderie de Mormant qui se trouve à 2,5 km du parc et en contrebas.
  Cet avis ne doit pas être un faire valoir pour les opposants ni un prétexte aux sites classés ou en devenir, pour s’opposer à toute forme de progrès. Il est certain qu’il faut faire des choix.
  Pour les autres intervenants, tels que ARS, Météo France, Affaires culturelles Grand Est, DDT, etc, chacun est, soit non concerné, soit rappelle la réglementation afférente à son implication et/ou les différentes mesures qui devront être appliquées par le pétitionnaire.
  La DGAC a changé son avis et ne s’oppose plus au projet bien qu’un contributeur s’en offusque car l’armée resterait défaillante du fait de la guerre en Ukraine. Laissons les compétences s’exercer.
  La DREAL, Service eau, biodiversité, paysages, précise que le dossier est incomplet mais ne s’oppose pas au projet,
  Le Parc National des Forêts émet un avis défavorable principalement en raison des impacts sur le cœur de parc. C’est logique quand on veut construire un parc éolien alors qu’on vante un parc naturel et la qualité de vie en Haute-Marne.
  Le dossier répond à ces questionnements d’ordre technique et bien sûr, j’insisterai dans mes conclusions à ce que le pétitionnaire les respectent.
  C’est principalement l’avis de la DDT, Bureau aménagement, qui pose question avec une interrogation sur l’effet de surplomb du village de Crenay. Les éoliennes E1 et E2 sont trop proches des dernières habitations de Crenay et presque à la même altitude, à 15 mètres près. L’éloignement est d’un peu plus de 800 mètres des maisons mais au même niveau. A défaut de surplomb, c’est plus un problème d’oppression et de risques de nuisances sonores que l’on peut rencontrer.
  La MRAe a émis un avis le 07 février 2022 et ne s’oppose pas au projet. Cependant, ses remarques et commentaires ont permis au pétitionnaire, d’actualiser et d’apporter des modifications à son projet mais également de prendre des engagements en matière de protection environnementales.
  Pour ce qui concerne les collectivités du périmètre d’affichage et qui sont au nombre de 2I, on constate que 8 délibérations sont défavorables dont deux à l’unanimité.
  Par contre le Conseil Municipal de Foulain n’a pas délibéré.
Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’observation [du pétitionnaire], p. I20.
  Dans son introduction de mémoire en réponse, le porteur de projet revient sur la politique énergétique internationale et nationale pour présenter son projet qui s’inscrit dans le contexte en évitant un rejet de 4090 tonnes de CO2 par an et alimente 9300 ménages du Grand Est. C’est son rôle.
  Dans la conclusion, il rappelle son action en communication depuis le lancement du projet puis aborde le déroulement de l’enquête publique.
  À la faveur d’une association de défense de l’environnement de la vallée de la Suize, la participation a été importante avec une présence continue à chaque permanence et des contributions volumineuses le dernier jour. Il regrette le climat social et l’hostilité des débats qui ne sauraient être attribués à la seule démarche du parc éolien. Il conclut par la nécessité de son projet.
  En finalité, le pétitionnaire n’en rajoute pas sur le déroulement de cette enquête et c’est tout à son honneur.
5.4.3. Commentaires du Commissaire enquêteur sur l’enquête, pp. I20-I2I.
  L’enquête avec un dossier auquel sont joints divers compléments ou versions consolidées, est
conséquent mais de qualité. Elle a été menée sans difficulté mais avec beaucoup d’intervenants et surtout une grande quantité de questions de la part du public. Le pétitionnaire a répondu sans détours, tant au public qu’aux services de l’État, mais surtout, a pris beaucoup d’engagements.
  Je dois cependant préciser, comme je l’ai expliqué au § 4.5 Organisation de l’enquête, que les opposants au projet, sous couvert d’une association locale récemment créée, ont œuvré par une présence envahissante lors des deux premières permanences puis méthodiquement pour les trois autres.
  L’affluence et l’écoulement à ces trois dernières permanences, s’est faite sous contrôle quasi-constant d’opposants au projet : dans le hall ou devant la Mairie.
  Pendant ces moments d’échanges respectueux et malgré tout conviviaux, j’ai entendu parler de démocratie mais j’en ai peu vu la pratique.
  Il n’y a rien de répréhensible dans ces agissements mais on peut penser que le public ne disposait pas de toutes les libertés pour venir s’exprimer en faveur du projet, sans risque de pression psychologique, pour le moins.
  Ces opposants sont restés très actifs et si on décompte I97 contributions, elles n’ont été formulées que par 86 personnes. C’est en finalité 59 personnes de Crenay qui se sont exprimées défavorablement, sur une population locale à Foulain d’environ 688 âmes.
  Sur le fond, ce projet nécessite encore nombre d’affinements de la part du pétitionnaire et la MRAe principalement en donne les directions de travail. Pour ma part, mes interrogations vont à la pollution visuelle provoquée par la proximité des éoliennes EI, E2 et E8 des lieux habités. J’en fais recommandations dans mes conclusions.
  Il en sera de même pour la protection de l’avifaune ou encore de servitudes diverses.
  On peut regretter un manque d’implication des collectivités du périmètres d’affichage alors qu’elles bénéficient de retombées économiques directes ou indirectes. L’absence d’une majorité de délibérations équivaut presque à un quitus et c’est dommage.

  À Parnoy en Bassigny, le I4 avril 2023.
  Bernard RORET
  Commissaire-enquêteur
p. II8.

  Pour lire le rapport dans sa totalité, c'est ICI

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RUSSIE, OCCIDENT ET NUCLÉAIRE : JE T'AIME, MOI NON PLUS ET TOUS LES CHABADAS QUI ACCOMPAGNENT

  "... L' homme politique ne peut pas se borner à être une machine enregistreuse de ce qui se produit. Et pas davantage, l'homme politique ne peut se borner à des choix partiels. La décision politique contient inéluctablement des choix concernant les fins et des choix concernant les moyens ; la dissociation des deux est absolument artificielle dans le politique. Tous les grands politiques ont été des hommes qui ont extraordinairement compris l'importance majeur des moyens, et qu'il n' y a pas de vraie décision sans un choix, une élaboration rigoureuse des moyens, que la décision politique n'est pas, ne peut pas être une " idée générale ", un choix de fins, laissant à de soi-disant exécutants l'option des moyens. (...) Ainsi la décision politique est à la fois profonde, générale, et actuelle, détaillée. Elle procède alors d'une série de choix parcellaires dont l'ensemble aboutit à être la décision. Rappelons la formule remarquable de Hegel résumant tout cela :
  " L'homme d'action, le politique, a la certitude que par son acte, la nécessité deviendra contingence, et la contingence, nécessité. " ...
"

ELLUL Jacques, L'illusion politique, La petite vermillon, Éditions de La Table ronde, 2004, pp. 58-59.

 https://cdn.unitycms.io/images/4Zb9XEQyaipAbiOzQ7tRQw.jpg?op=ocroped&val=1200,1200,1000,1000,0,0&sum=DqPuiTdhg1I

Sur le Web 

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***

Le nucléaire occidental et la Russie


La rupture
   En 202I, près de la moitié des achats d’uranium occidentaux a transité par le port russe
de Saint-Pétersbourg. Un signe de dépendance? La réalité est bien différente. L’entreprise
étatique russe Rosatom, gérant toutes les activités nucléaires, ne peut se contenter du marché
russe.
Son développement et son existence dans le marché mondial nécessitent une vaste
politique d’exportation, menée avec détermination. Mais cela implique un apport indispensable
de dizaines d’entreprises occidentales. La rupture de cette collaboration serait gravissime pour
Rosatom. Une alternative chinoise? Le dynamisme commercial russe est un obstacle pour les
autres exportateurs, dont la Chine, qui a de grandes ambitions dans ce domaine.
   Par des prix avantageux, Rosatom s’est fait une place dans les marchés occidentaux
liés au combustible nucléaire, notamment pour l’uranium enrichi. Par des mesures diverses,
les Occidentaux, qui possèdent les capacités techniques nécessaires, vont se passer de ces
apports de Rosatom. C’est dans ce cadre que l’usine française George Besse II sera agrandie.
L’Occident n’a pas pris de sanction contre la Russie en matière nucléaire. Il prépare la rupture.

Le nucléaire occidental et la Russie : la rupture
 I. Des dépendances fort différentes
  Tchernobyl est loin. La Russie propose aujourd’hui des réacteurs très convenables dont la
sûreté respecte les normes occidentales
1. Les activités nucléaires civiles et militaires du pays sont du ressort de Rosatom, une entreprise étatique. Sa stratégie repose sur l’exportation : « Rosatom occupe la première place [au monde] en termes de nombre de projets de réacteurs nucléaires mis en œuvre simultanément : 3 tranches en Russie en œuvre et 34 à l’étranger »2. Ces exportations concernent, entre autres, la Turquie, l’Inde, le Bangladesh, l’Égypte et la Chine. Elles visent aussi, ou visaient, l’Europe de l’Est. C’est la seule stratégie possible : le marché russe est trop petit pour le développement de Rosatom qui viserait, en 2030, la moitié de son chiffre d’affaires à l’extérieur.
  Mais pour assurer ces exportations, Rosatom a dû largement impliquer des industries occidentales. Dans la chaine d’approvisionnement des chantiers russes, on compte une cinquantaine d’entreprises occidentales dont l’apport est aujourd’hui précieux, voire indispensable. Pour un projet de Rosatom de son réacteur vedette VVER construit en Europe, « 80% de son coût reste en Europe sous forme de contrats d’équipement, d’ingénierie, de service et de construction. Ainsi pour chaque unité construite en Europe ou ailleurs, jusqu’à un milliard d’euros irait à des technologies françaises »3. Parmi les industriels occidentaux impliqués on trouve, entre autres, les Français Assystem, Dassault Systèmes, Framatome mais aussi l’Allemand Siemens et l’Américain General Electric. Ce dernier fournissait jusqu’en fin 2022 les turbines Arabelle, d’origine française et récupérées récemment par EDF. Rosatom a grand besoin de ces turbines pour ses exportations, d’abord pour son projet vedette d’ Akkuyu en Turquie, vitrine commerciale irremplaçable. Une première a été livrée. Il en faut trois de plus. D’autres seront nécessaires, pour le projet El Daaba en Égypte, mais aussi à Paks, Hongrie, et en Azerbaïdjan... si ces derniers chantiers voient le jour : cf. plus bas.
  De son côté, Framatome est devenu un partenaire apprécié de Rosatom, en particulier pour le
contrôle commande des réacteurs4.
  Ces collaborations n’ont pas été interrompues par des sanctions spécifiques. Mais la menace plane et cela modifie déjà le comportement occidental. Dassault Systèmes « suspend ses activités en Russie » : Communiqué 2022/03/09. L’Allemagne interdit à Siemens de collaborer au chantier actuel de Rosatom de Paks : Hongrie5. Quel avenir en ce cas pour d’autres projets à Paks? Une aide chinoise?   La Chine s’apprête à lancer, elle-même, une grande politique d’exportation. Il lui suffit d’attendre que les exportations russes soient plombées par la carence des apports occidentaux pour occuper le terrain. Ce qui se profile. Les dirigeants de l’Ouzbékistan freinent un projet de centrale nucléaire proposée par les Russes... en 20I8. Ils craignent que des sanctions occidentales amènent des difficultés pour les transactions financières et l’accession à certaines technologies6. La fin de la collaboration avec l’Occident, menaçant les exportations est gravissime pour Rosatom. Cette éventualité obsède ses dirigeants depuis longtemps. En 20I4, et en 2023, la même déclaration est apparue dans leurs communiqués : « L’énergie nucléaire doit être tenue à l’écart de la politique »7.
  Stupéfiante illusion. L’Occident n’a pas pris de sanctions dans le domaine de l’atome mais se prépare à la rupture. Cela est évident dans le domaine de sa dépendance à Rosatom.
  La dépendance actuelle du nucléaire occidental à Rosatom est particulière. Rosatom, en pratiquant des prix modérés a développé ses exportations liées au domaine du combustible vers les clients les plus intéressants : les gestionnaires des parcs nucléaires occidentaux. Aujourd’hui des dispositions sont prises pour qu’ils puissent s’en passer. C’est le sujet développé ci-après.

II. Le combustible, de la mine au retraitement

  Certains atomes lourds peuvent se fracturer. C’est la fission. Les matières correspondantes
sont dites fissiles. La fission produit de l’énergie, utilisée dans les centrales nucléaires pour produire de l’électricité.
Aujourd’hui, pratiquement tous les réacteurs nucléaires produisant de l’électricité utilisent, comme combustible, de l’uranium composé d’uranium fissile, l’uranium 235, dans une
proportion généralement de 3 à 5%, et d’uranium 238 pour le reste. L’uranium 238 n’est pas une
matière fissile, mais peut le devenir. On dit qu’il est fertile.
  L’uranium naturel ne contient que 0,7% d’uranium fissile, U235, pour 99,3% d’uranium non
fissile : U238. Il faut donc fabriquer le combustible indiqué ci-dessus en faisant passer la part
d’uranium fissile de 0,7% à 3 à 5%. L’uranium naturel devient alors de « l’uranium enrichi ».
  Pour obtenir le combustible nucléaire plusieurs étapes sont nécessaires :

  • Les mines d’uranium. À partir du minerai brut on produit une poudre concentrée d’uranium appelée « yellow cake ».
  • La conversion : après plusieurs opérations, l’uranium passe du yellow cake à un gaz, l’hexafluorure d’uranium, UF6.
  • L’enrichissement vient ensuite par centrifugation. Sous l’effet de la force centrifuge les molécules les plus lourdes de l’UF6, donc contenant de l’uranium 238, se concentrent à la périphérie, les plus légères, celles contenant l’uranium 235, vers le centre. Cette étape de séparation est répétée au sein d’un ensemble de centrifugeuses mises en série, appelée cascade. Elle se poursuit jusqu’à l’obtention de l’uranium enrichi souhaité, le reste constituant de l’uranium appauvri : Uapp.
  • La fabrication des assemblages combustibles. L’uranium enrichi est mis sous forme de pastilles de dioxyde d’uranium, assemblées dans des gaines nommées crayons qui composent les assemblages combustibles des centrales nucléaires.

  La France a choisi de retraiter les combustibles utilisés dans ses centrales. Il est possible de réduire fortement le volume de déchets en recyclant certains composants. Ce qui permet d’obtenir le combustible MOX, mélange d’oxydes issu du traitement du combustible usé des centrales nucléaires.
  Il est constitué d’environ 92% d’uranium appauvri, — Uapp, — et de 8% de plutonium et produit aujourd’hui environ 10% de l’’électricité française, donc de réduire la demande française en uranium. Voir le Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs : PNGMDR.

III. Le minerai d’uranium
A) Des réserves mondiales suffisantes
  La profession édite régulièrement une synthèse des réserves, production et besoins en uranium. La conclusion est : « Il y a suffisamment de réserves d’uranium identifiées pour satisfaire la croissance de la demande correspondant aux scénarios les plus optimistes de croissance du parc nucléaire mondial »8.
  Le rythme maximum de croissance du parc nucléaire mondial pris comme hypothèse pour parvenir à cette conclusion conduit à une puissance installée d’un peu plus de 600 GWe en 2040 soit 60% de plus qu’actuellement. Il faut ajouter que les réacteurs actuels vont devenir obsolètes. Ils céderont la place à des réacteurs avancés, qui auront comme caractéristique de pouvoir utiliser non seulement l’uranium 235, mais aussi l’uranium 238, voire d’autres combustibles : thorium. Ce qui signifie que les besoins en uranium s’effondreront à terme, disons vers la fin de ce siècle. Les déchets, également, se feront rares.
  Voici la répartition des réserves raisonnablement assurées, RAR, à coût inférieur à 130 $/kg d’uranium pour les pays qui disposent de plus de 2% du total mondial9 :


  On constate que les pays occidentaux disposent de 37% des réserves raisonnablement assurées, RAR, par l’Australie et le Canada. Certes Anthony Albanese, Premier ministre australien, est réservé sur l’utilisation de l’atome. Mais son appétit débordant pour les sous-marins nucléaires américains devrait le rendre sensible à d’amicales pressions des États-Unis.
  À long terme, les réserves d’uranium des pays occidentaux garantissent leur approvisionnement.
  Reste à étudier la situation actuelle liée à la répartition des pays producteurs.

B) Les pays producteurs
  Voici les pays ayant produit en 202I plus de I 000 tonnes d’uranium. Ils ont fourni au total 98% de la production mondialeI0.



Ce tableau met en lumière des faits importants :
  • Plus de la moitié de l’uranium extrait dans le monde vient de deux pays voisins, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, anciennes républiques de l’URSS d’Asie centrale. Kazakhstan et Ouzbékistan n’ayant pas de réacteurs, toute leur production est exportée. Leur poids est énorme sur le marché.
  • États-Unis et France disposent des deux premiers parcs nucléaires mondiaux. Ils ne figurent pas dans le tableau. Ils sont les deux plus grands importateurs mondiaux d’uranium.
  • Chine et Russie disposent des 3éme et 4éme parcs nucléaires mondiaux. Leurs productions sont inférieures à leurs besoins. D’où vient la réputation d’exportateur d’uranium de la Russie?
C) Les entreprises minières
  Les compagnies minières d’uranium exploitent des concessions de part le monde. Certaines compagnies appartiennent à des pays, d’autres en sont très proches. Ce qui signifie que des États ont accès directement ou non à de productions d’uranium hors de leurs frontières. Ainsi :
  • L’État français est largement majoritaire dans le capital d’ Orano.
  • La compagnie canadienne Cameco est proche des intérêts des États-Unis. Elle est propriétaire de 49% des parts de Westinghouse, compagnie clef de l’industrie nucléaire américain.
  • L’État chinois possède deux entreprises propriétaires d’actifs miniers d’uranium : la CNNC plutôt à l’intérieur du pays, la CGN plutôt à l’extérieur : Kazakhstan.
  • La Russie, via Rosatom, possède deux compagnies minières d’uranium, ARMZ à l’intérieur de ses frontières et Uranium One pour l’extérieur. Uranium One est officiellement une compagnie canadienne, basée à Toronto. De plus, elle n’a aucune activité à l’intérieur de la Russie. En cas de sanction, cela peut aider!
   Voici les productions des principales compagnies mondiales d’extraction d’uranium, 90% de la production mondiale11, et leurs nationalités officielles : chiffres pour 202I en milliers de tonnes :

  La première entreprise mondiale productrice d’uranium est de loin Kazatomprom, entreprise d’État du Kazakhstan. Les autres ont souvent des liens avec les pays grands consommateurs.

D) Cas de la Russie
  En additionnant les productions revenant à ARMZ, 2 635 tonnes11 et Uranium One, provenant essentiellement du Kazakhstan, 4 5I4 tonnes11, on parvient à une production d’uranium contrôlée par la Russie de 7 I50 tonnes en 202I, soit I5% de la production mondiale. Ce qui correspond au pourcentage publié par Rosatom. La Russie ayant un parc nucléaire un peu inférieur à la moitié du parc français, ses besoins intérieurs sont de l’ordre de 4 000 tonnes/an. Il lui reste 3 000 tonnes/an à exporter. Or en 202I, les États-Unis ont importé 2 850 tonnes d’uranium de RussieI2 et l’Union Européenne 2 360 tonnesI3, soit au total 5 2I0 tonnes. Rosatom a certainement vendu de l’uranium kazakh, via Uranium One. Mais cela n’a pas suffi. Comme les autres pays, la Russie a des stocks d’uranium. En 202I, il lui a fallu puiser dedans. Les statistiques américaines indiquent que le coût de l’uranium russe était en 202I de 50 $/kg largement inférieur au prix moyen, 75 $/kgI2, qui fut aussi le prix facturé par la compagnie kazakh : Kazatomprom. En 20I, Rosatom a vendu aux États- Unis de l’uranium issu des mines kazakh un tiers moins cher que celui vendu directement par Kazatomprom.
  Être bon marché est la stratégie générale commerciale russe. Mais la Russie ne peut consacrer à l’exportation que la moitié de la production d’uranium qu’elle contrôle, soit 7% de la production mondiale. L’atonie du nucléaire occidental avait fait tomber le prix de l’uranium à 45 $/kg en 20I7. Après une pointe due à l’invasion de l’Ukraine, il s’est stabilisé depuis un an à II0 $/kg du fait du renouveau nucléaire mondialI4. Le prix de l’uranium naturel n’entrant que très faiblement dans le coût de l’électricité produite, ces variations n’ont que peu d’importance.
  Par contre, cette augmentation permet la réouverture ou l’ouverture de mines. Ainsi les pays occidentaux n’ont pas besoin des ventes russes d’uranium. Il y en a suffisamment ailleurs.
  Le Kazakhstan a produit 45% de l’uranium mondial. Tout a été exportéI5 : d’abord vers l’Asie, 41%, premier fournisseur de la Chine, vers l’Amérique, 32%, premier fournisseur des États-Unis, plus d’un tiers de achats en 202II2, 27% vers l’Europe, dont la France : 2 850 tonnes selon Orano soit l’équivalent d’un tiers des besoins français d’une année.
  Cet apport important du Kazakhstan aux pays occidentaux nécessite d’étudier la sécurité de l’accès aux mines du pays et du transport de l’uranium vers l’Occident.


IV. Un nouveau Kazakhstan

  Le Président du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokaïev a vécu une semaine difficile en janvier 2022, lors d’une lutte pour le pouvoir. De fortes émeutes ont secoué le pays. Il fit appel aux troupes russes. L’affaire terminée, Tokaïev ne souhaita pas que les Russes restent dans le pays. Cette intervention fut interprétée par certains observateurs comme le signe d’une certaine dépendance du Kazakhstan à la Russie. Cependant Tokaïev se montra en public en juin 2022 fort critique de l’intervention russe en Ukraine, face à Vladimir Poutine blême de colèreI6. Les 28 et 29 novembre 2022, il a effectué un voyage officiel en France. Fin février 2023, il a reçu dans sa capitale, Astana, le Secrétaire d’État américain Antony Blinken.
  Lors des troubles de janvier 2022, Tokaïev avait reçu une autre offre d’aide militaire, celle de l’Organisation des États Turciques : OET. Conçue comme l’alliance des peuples turcs, ou turciques, d’Asie et d’Europe, l’ OET regroupe aujourd’hui le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan, le Turkménistan et l’Azerbaïdjan autour de la TurquieI7. En janvier 2022, l’ OET n’existait comme organisation que depuis trois mois. Sa proposition d’intervention armée ne fut pas retenue.
  Les peuples turcs, ou turciques, bénéficiant d’une démographie généreuse, relèvent la tête et redeviennent, ensemble, une puissance politique régionale. La Turquie, en créant d’abord le Conseil des États Turciques, puis fin 2022, l’ OET, l’a compris. La Russie doit en tenir compte. L’Azerbaïdjan, membre de l’ OET, se permet aujourd’hui de bloquer impunément depuis plusieurs mois une province arménienne, le Haut Karabakh, alors que la Russie est sensée garantir la stabilité de la région. Le Ministre russe des Affaires étrangères menace la Géorgie et la Moldavie. Rien sur l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan. L’ex-Président Medvedev s’était risqué à des admonestations contre le Kazakhstan en août 2022. Il a été prié de se taire. Le Kazakhstan et ses alliés de l’Organisation des États Turciques ne sont pas des adversaires de la Russie. Mais ils veulent exister comme États indépendants et on voit mal, dans ce contexte la Russie tenter de reconquérir, même partiellement, une Asie centrale de plus de quatre-vingts millions de musulmans, alliée à la Turquie. L’affaire ukrainienne a accéléré une résurgence de la puissance des populations turques d’Asie et d’Europe, qui de toute façon, se serait produite. Les Kazakhs, réduits jadis par une épouvantable famine organisée par Staline, à être minoritaires chez eux, sont de nouveau largement majoritaires face à une population russe marginalisée et vieillissante. La révolte des berceaux est passée par là : 425 000 naissances en 2020 pour moins de 20 millions d’habitantsI8.

Le nouveau Kazakhstan est arrivé. Il n’est pas inféodé à la Russie
  L’entreprise d’État Kazatomprom prévoit une production d’uranium qui pourrait dépasser 30 000 tonnes/an jusqu’en 2030. Le Kazakhstan est très ouvert vers l’extérieur et la moitié de sa production revient à des entreprises liées à d’autres nations, Japon, Chine, Amérique du Nord, Russie, FranceI9, via des co-entreprises, joint-ventures, avec Kazatomprom. Le Français Orano a ainsi constitué une co-entreprise, KATCO, dont il détient 5I% des parts et Kazatomprom, 49%.
  La présence russe dans le nucléaire, en particulier par Uranium One, reste importante, mais la nostalgie d’un passé où elle était bien plus forte se lit dans une note récente de Rosatom20. Il n’est plus certain que Rosatom construise la première centrale du pays. Un appel d’offre a été lancé. Chine et France sont sur les rangs, tandis qu’une collaboration avec la Corée du Sud a été lancée.
  L’accès à l’uranium de l’Asie centrale est raisonnablement assuré pour les puissances occidentales. Reste le transport. Kazakhstan et Ouzbékistan ne sont bordés que par une mer fermée, la Mer Caspienne. L’uranium d’Asie centrale emprunte un chemin bien rodé et historique : via la Russie, il est ensuite chargé dans le port russe de Saint-Pétersbourg. Les exportations russes d’uranium font de même.

V. La route de Saint-Pétersbourg

  Voici la situation observée en 202I :

  • Les États-Unis ont importé 35,4% de leur uranium du Kazakhstan, et I3,5% de la Russie : dont certainement une part vient du Kazakhstan, via Uranium One. Les achats à l’Ouzbékistan n’ont pas été publiésI2. Tout ceci a transité par Saint-Pétersbourg soit la moitié des besoins en uranium des États-Unis en 202I.
  • L’Union européenne a acheté en 202I, 23% de son uranium au Kazakhstan et I9,7% à la Russie dont une part vient du Kazakhstan, via Uranium OneI3. Ainsi plus de 40% des besoins en uranium de l’UE est passé par le Port de Saint-Pétersbourg.
  • EDF n’achète pas d’uranium à la Russie. Mais Orano a tiré en 202I du Kazakhstan le tiers de l’équivalent des besoins français2I, qui a donc transité par Saint-Pétersbourg. 
  Kazatomprom, la compagnie d’État du Kazakhstan, s’est préoccupée de la situation qui serait créée par l’impossibilité de faire transiter les envois d’uranium par Saint-Pétersbourg. Il faut remarquer que la seule raison invoquée par le Kazakhstan serait des sanctions occidentales qui interdiraient cette route et non une décision russeI9. Les États d’Asie centrale étant enclavés, le fait pour la Russie d’empêcher leurs exportations, uranium ou autres, pourrait être considéré par eux comme un acte inamical. Or, aujourd’hui le ton russe envers l’Asie centrale se veut accommodant.
  En tout état de cause, Kazatomprom a défini une voie alternative : la Route Internationale Transcaspienne, Trans-Caspian International Transport Route : TITR. Elle comprend la traversée de la Mer Caspienne d’ Aktau, Kazakhstan, à Bakou, Azerbaïdjan, puis par voie de terre, Azerbaïdjan et Georgie, elle conduit au port géorgien de Poti. Ensuite l’uranium est dirigé par voie maritime vers l’Europe et l’Amérique. Une variante consiste à utiliser le port turc de Mersin22. La compagnie Cameco canadienne a testé cette voie avec succès en 2022. Mais elle est moins pratique et exige aménagements et travaux.
   Les pays occidentaux doivent contribuer à l’aménagement de la Route Internationale Transcaspienne, dont le financement est certainement à leur portée.
  Compte tenu de l’importance des livraisons d’uranium des deux États d’Asie centrale, Kazakhstan et Ouzbékistan, auxquels s’ajoutera peut-être la Mongolie, il est nécessaire de posséder une alternative pour le cas improbable ou leur apport ferait défaut. On ne traite ici que le cas français, mais les autres pays occidentaux ont tout loisir de procéder de même.
   Les quantités d’uranium nécessaires se comptent en milliers de tonnes et non en millions de tonnes comme pour les combustibles fossiles. Des stocks stratégiques de quelques années ont été constitués. À cela s’ajoutent d’importantes quantités d’uranium appauvri issues de l’enrichissement. Il est possible de les repasser dans la cascade des centrifugeuses. L’uranium enrichi obtenu ainsi serait un peu plus cher, mais le coût de l’électricité produite n’en serait que peu affecté. En conséquence l’uranium appauvri ne doit pas être considéré comme un déchet. Peu radioactif, son stockage est aisé.
   La France en dispose de plus de 300 000 tonnes, ce qui procurerait l’équivalent de 60 000 tonnes d’uranium naturel23. Avec les stocks stratégiques, cela donnerait une dizaine d’années de fonctionnement du parc nucléaire24, temps suffisant pour remplacer les mines d’Asie centrale.
   La France ne doit pas considérer que ses réserves d’uranium appauvri issu de l’enrichissement sont un déchet. Elles doivent être entreposées. Elles sont la garantie d’un fonctionnement de notre parc nucléaire, sans apport extérieur, durant une dizaine d’années.
   Conclusion générale : le contexte géopolitique de cette région d’Asie centrale est tel que son apport important au marché de l’uranium mondial peut être accepté sans risque majeur, compte tenu de la Route Transcaspienne alternative et des stocks divers d’uranium.

VI. L’uranium enrichi
   Actuellement quatre entreprises produisent 99% de l’uranium enrichi mondial. La répartition
des capacités installées était la suivante25 : Rosatom : 43%, Urenco : 31%, CNNC : 13%, Orano : 12%.
  Rosatom et CNNC sont des entreprises étatiques russe et chinoise. Le capital d’ Orano est
détenu par l’État français : 90%. Les I0% restant reviennent à deux entreprises japonaises JNFL, 5%, et Mitsubishi : 5%. Le capital d’ Urenco se divise en trois parts égales. Un tiers appartient au Royaume-Uni, un tiers aux Pays-Bas et un tiers à un holding détenu à parts égales par deux groupes allemands RWE et E.ON, ayant des activités en électricité. CNNC ne s’occupe que de la Chine.
  Par contre, Rosatom fournit aujourd’hui 30% des besoins occidentaux en uranium enrichi dont 28% aux États-Unis et 3I% en Europe25.
  Les États-Unis ont établi des quotas afin de limiter les importations de Russie d’uranium enrichi à I5% en 2030, et des réflexions sont en cours pour les réduire plus rapidement. Pour l’Union européenne, aucune disposition contraignante n’est actuellement en vigueur mais le plan REPowerEU appelle à « renforcer les capacités de conversion, d’enrichissement et de fabrication de combustibles nucléaires »26 afin de réduire le plus possible les livraisons et services de Rosatom, y compris pour les réacteurs d’origine russe. L’obtention de l’uranium enrichi comporte deux étapes :

A) La conversion
  En 2020, 38% des capacités mondiales utilisées appartenaient à Rosatom, réduisant fortement l’utilisation des installations occidentales27. La raison était probablement un moindre coût russe. Aujourd’hui, la sécurité d’approvisionnement prime sur le coût, ce que les clients occidentaux de Rosatom admettent28. Cela permet de mieux utiliser les capacités occidentales.
  Le Français Orano possède une usine neuve, Philippe Coste, à Tricastin. De 2 600 tonnes d’hexafluorure d’uranium en 2020, la production est passée en 202I, à 8 600 tonnes, et à 11 500 tonnes en 202229 et ne demande qu’à monter à sa capacité nominale de I5 000 tonnes. En deux ans l’usine Philippe Coste a pratiquement égalé la production totale de Rosatom en 2020, I2 000 tonnes, qui fonctionnait à la limite de ses capacités. Dès à présent cette usine dépasse les besoins français et contribue à restreindre les exportations russes. Avec d’autres projets comme la remise en route de l’usine américaine de ConverDyn, les capacités de conversion russes ne seront plus nécessaires.

B) L’enrichissement proprement dit
  Les entreprises occidentales, Urenco et Orano augmenteront leur production. Orano va procéder à une augmentation progressive de la capacité d’enrichissement de 7,5 à 11 millions d’ UTS, de 2028 à 2030, de son usine de Georges Besse II. Il faut un peu plus de I00 000 UTS pour enrichir l’uranium nécessaire à l’alimentation d’un réacteur de 900 MWe durant un an. On constate, comme l’indique Orano dans son dossier de présentation du son projet d’extension25 :

  • Les capacités actuelles de George Besse sont suffisantes pour EDF.
  • L’augmentation de 3,5 millions d’ UTS pourra être entièrement consacrée à contribuer à compenser l’apport russe estimée de 5 à 8 millions d’ UTS en fonction des hypothèses prises25.
  • Le premier module devrait fonctionner en 2028, et atteindre sa pleine capacité à partir de 2030.
  • La part de l’enrichissement russe sera partagée à terme entre Orano et Urenco.


VII. Le combustible
  Westinghouse se présente comme le « leader mondial du combustible nucléaire ». Rosatom,
par sa filiale TVEL, revendique 17% du marché mondial. Framatome annonce : « 230 000 assemblages de combustible, fabriqués par Framatome alimentent près de 125 réacteurs dans le monde ». Soit presque un réacteur sur trois : cf. les sites web de ces entreprises.
  Un certain nombre de réacteurs en Europe de l’Est d’origine russe sont ou étaient alimentés par Rosatom TVEL. Quelques autres aussi, probablement pour des questions de coût.
  Avant la guerre d’Ukraine, les clients de TVEL dans l’Union européenne se répartissaient entre les
pays suivants : Finlande, deux réacteurs, Tchéquie, six réacteurs, Hongrie, quatre réacteurs, Slovaquie, quatre réacteurs, Bulgarie, deux réacteurs, et « dans de qui est appelé l’Europe occidentale », trois autres réacteurs : dont certainement en Suède. Aucun client en Amérique30.
  Sauf en Hongrie, l’ensemble de ces pays ont pris ou prennent des dispositions pour se passer de
TVEL. Ils font état de réserves de combustible leur facilitant la transition. Ils se tournent généralement vers Westinghouse, certes car les pays de l’Est apprécient en ces temps troublés la garantie de l’armée américaine, mais pas uniquement. Très tôt, Westinghouse a proposé aux Ukrainiens des assemblages combustibles adaptés aux réacteurs russes. Au moment de l’invasion russe une demi-douzaine de réacteurs ukrainiens utilisait du combustible Westinghouse30.
  Cependant, Framatome a de bons espoirs d’alimenter en combustible le parc bulgare.
  Hors Hongrie, les livraisons de combustible pour réacteur ne devraient plus provenir de Russie
prochainement. Westinghouse et Framatome y pourvoiront.


VIII. Quelques points particuliers importants

  • URT et URE : l’uranium issu des combustibles usés des réacteurs après retraitement est nommé uranium de retraitement : URT. Son taux en uranium fissile, U235, est légèrement plus élevé que celui de l’uranium naturel : 0,9% contre 0,7%. Il peut être enrichi et devenir de l’uranium de retraitement enrichi, URE, réutilisé comme combustible. Actuellement seule une usine de Rosatom à Seversk, Sibérie, offre ce service. Deux contrats ont été signés dans ce but par Orano et EDF. Le premier a été soldé. L’autre avec EDF est en cours. Orano possède les compétences techniques pour remplacer Rosatom et fabriquer de l’ URE à partit de l’ URT, opération qui est souhaitable. Orano doit pour cela construire les installations nécessaires. Si cela demande du temps, il vaut mieux commencer rapidement.
  • HALEU : un certain nombre de réacteurs avancés, dont nombre de SMR nécessitent un combustible enrichi au taux d’uranium 235 plus élevé que pour les centrales actuelles et allant jusqu’à 20%. C’est le combustible « High-Assay Low-Enriched Uranium » : HALEU. Rosatom TVEL, est seul, aujourd’hui, à commercialiser ce produit. Le Department Of Energy des États-Unis, DOE, a lancé un programme de production et a annoncé un premier contrat avec l’entreprise Centrus Energy Corp. Orano est également sur les rangs et possède les compétences nécessaires. L’affaire est urgente. Il ne semble pas que de ce côté de l’Atlantique une initiative ait été prise pour commercialiser du combustible HALEU. Ce qui est regrettable.
Les recommandations d’ Euratom, mai 2022, et les recherches du Consortium HERACLES existent mais il est nécessaire de parvenir maintenant à une offre commerce.

Résumé et conclusion
  En 202I, près de la moitié de l’uranium acheté par les États Unis et l’Union Européenne a transité par le port russe de Saint-Pétersbourg. La preuve d’une dépendance inacceptable? La réalité est différente. Le marché russe, trop petit, ne peut assurer le développement de Rosatom, l’entreprise étatique russe du nucléaire. Une politique d’exportation massive est obligatoire. La chaine d’approvisionnement russe comporte nombre d’entreprises occidentales indispensables aux exportations. Une alternative chinoise? Le dynamisme commercial russe gêne fortement tous les autres exportateurs, dont la Chine, qui a de grandes ambitions dans ce domaine.

Sans l’apport des entreprises occidentales, Rosatom ne peut continuer son indispensable politique d’exportation
  Rosatom s’est rendu utile aux parcs nucléaires occidentaux par des prix avantageux dans le domaine du combustible, principalement pour l’uranium enrichi. Il en est résulté en Occident, des sous-utilisations de capacités, des fermetures d’installations, voire des délocalisations. Des mesures sont en cours pour se passer de ces apports russes. C’est dans ce contexte que se situent, entre autres, la remise en route de CoverDyn, conversion, États Unis, et l’augmentation de la capacité de George Besse II : enrichissement, France. Une nouvelle répartition du marché de l’enrichissement en Occident se fera entre Urenco et Orano, et de celui du combustible, entre Framatome et Westinghouse.
  Orano et Framatome ont su garder de remarquables compétences dans un contexte politique français incertain. Afin de les renforcer face de puissants concurrents, Urenco et Westinghouse, le temps est venu de leur réserver la clientèle d’EDF.
   Compte tenu du contexte géopolitique, les pays occidentaux peuvent s’approvisionner en uranium en Asie Centrale, Kazakhstan..., en prenant quelques précautions comme le stockage de l’uranium appauvri issu de l’enrichissement, qui n’est pas un déchet, et le financement de la Route Transcaspienne.
  L’Occident n’a pas pris de sanctions contre la Russie dans le domaine du nucléaire. Bien plus, il prépare la rupture des relations.


I. Débat public, — « Nouveaux réacteurs nucléaires et projet Penly », — IRSN, — « Les alternatives au réacteur EPR2 »-I8 octobre 2022.
2. https://www.rosatom.ru/en/investors/projects/
3. Revue Générale Nucléaire, — « Rosatom, un partenaire pour la filière nucléaire française », I3 mars 20I8.
4. Framatome, — Communiqué de presse, 202I/I2/02, — « Framatome et Rosatom signent un accord de coopération à long terme ».
5. Nuclear Engineering International, — « France or Russia to provide equipment to Paks-II if Germany refuses », 3 mars 2023.
6. The Diplomat, 6 december 2022, — « Russia wants to speed up joint nuclear power plant in Uzbekistan »
7. Tass, 2023/02/05, — « Nuclear power should stay out of politics », — Reuters, 20I4/09/11, — « Nuclear energy should be kept out of politics ».
8. Red Book, — Agence Internationale de l’Energie Atomique, — OCDE, Agence de l’Énergie Nucléaire, Ed. 2020.
9. World Nuclear Association, — “ Supply of uranium ”, I.
I0. Euratom Supply Agency, — Annual Report 202I, table. 8, p. 6I ;  ne figurent que les pays produisant plus de 1000t/a
11. World Nuclear Association, — « World Uranium Mining Production », I.
I2. US Energy Information Administration, 202I, Uranium Marketing Annual Report, table. 3.
I3. Euratom supply agency, Annual Report, 202I.
I4. https://tradingeconomics.com/commodity/uranium
I5. Kazatomprom, 2022, Analyst Day, 26 october 2022, p. 25.
I6. Forum économique de Saint-Pétersbourg-Juin 2022
I7. Novastan, — « Le Grand Touran, mythe ou perspective », — Traduction de l’ article paru dans Asia-Plus, 2022/11/29.
I8. Agence Anadolu, Turquie, — « La population du Kazakhstan atteint le cap historique de I9 millions d’habitants », 202I/08/04.
I9. Kazatomprom, 2022, Analyst Day.
20. Rosatom Newsletter, june 2022, — « Kazakhstan Interested ».
2I. Les activités minières d’ Orano, — Dossier d’information, septembre 2022, p. I5.
22. Kazatomprom, 2022, Analyst Day, p. 28.
23. Office parlementaire pour l’évaluation des choix techniques et scientifiques,— L’uranium appauvri, — Compte rendu n°85, 2020/I2/03.
24. Voir également Orano : « Pour Orano, le recyclage des matières nucléaires va continuer à se développer ».
25. Orano-Projet d’extension de l’usine d’enrichissement d’uranium Georges Besse 2, — Concertation publique, — Dossier du maître d’ouvrage.
26. REPowerEU-COM, 2022, 230 final, — p. 2.
27. World Nuclear Association-Conversion and deconversion, janvier 2022.
28. Intelligence Economique-Interview : ” Orano’s Ponthieu on navigating market in fog of War ", 2022/09/23.
29. Sources d’information utilisées pour la production par année : 2020, World Nuclear Association, — 202I, Rapport d’activités Orano, — 2022, déclaration de François Lurin à Objectif Gard le 22/6/2022.
30. Nuclear Engineering International,— « A global realignment », october, 20, 2022.

  Sur le Web 

BLAISY : LA MUNICIPALITÉ CANDIDATE À L' ÉOLIEN

  • " BLAISY : Petite commune du canton de Châteauvillain. Elle est bordée par la Blaise qui à sa source à Gillancourt, commune située à 2 km,
  • Elle est labellisée 2 fleurs,
  • Dans le cimetière, est érigée une croix classée d’origine celte. Lors de la construction de la mairie, il a été trouvé des vestiges mérovingiens,
  • À l’entrée du cimetière, on peut voir des sarcophages de cette époque,
  • Située à I5 km de Chaumont, c’est une commune rurale appréciée pour son calme et sa verdure ainsi que son fleurissement,
  • 72 habitants. "
  Voici comment cette commune est présentée sur le site Internet de l' Agglo de Chaumont, dont elle est une des communes adhérentes. Sans aucun doute, cela donne envie d'habiter ce village!...
  Puis, encore tout à cette sympathique présentation, l'envie nous prend d'en savoir un peu plus et pour cela, nous regardons les photos présentes sur la même page. Et là, soudain, le rêve prend un sérieux coup de bambou ou, plutôt, de pale!... Une éolienne trône au-dessus du village et de son église! Même pas d'avertissement pour le lecteur du genre : Attention, des images sont déconseillées, elles sont susceptibles de heurter la sensibilité des plus jeunes et des plus âgés...

 

  Et comme chacun sait, une éolienne en cache toujours des autres. Aussi, remis de notre émotion, ni une ni deux, nous consultons la situation éolienne du jour sur le secteur blaisois.

 

  À la lecture de la carte ci-dessus, nul doute que l'éolienne photographiée fait partie de l'usine dit " Pays chaumontais ", située sur le territoire de la commune voisine de Jonchery, 20I8, à une distance, à vol d'oiseau, de ~3 km et, comprenant 6 éoliennes.

   Et comme, visiblement, la municipalité ne serait pas contre le fait de posséder sa propre usine, un tour s'imposait sur le site de la DREAL Grand Est, pour savoir si la commune était éligible aux zones favorables au développement éolien, ZFDE, comme défini dans la Loi relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables? À priori, et, en attendant le résultat final de la consultation publique qui consacrera la carte définitive des ZFDE, arrêtée par la région et les communes concernées, Blaisy est en secteur INCOMPATIBLE avec l'éolien! Enfin, une bonne nouvelle, du moins l' imagine-t-on, pour les Blaisoises et les Blaisois.

 Sur le Web : Grand Est DREAL

  Toutefois, comme il en va de l'éolien comme du furet du Bois jolis, " il est passé par ici, il repassera par là ", restons attentifs.
  En attendant la suite, saluons le conseil familial oh, pardon, municipal ; en effet, depuis, au moins le mandat 2008-20I4, des élus répondant au patronyme de LEBEUF, ont toujours été " majoritaires " au sein de ce conseil ; comptant même jusqu'à 4 élus sur 7 lors du mandat 2008-20I4!... En 2020, certains élus en sont, au minimum, à leur 3eme mandat = * Le nombre des inscrits est lui régulièrement en baisse : 2008 = 6I → 20I4 : 56 → 2020 : 48.

  - France-Albine Lebeuf*, premier adjoint au maire, agriculteurs sur moyenne exploitation,
  - Pierre Delaître*, maire, professions intermédiaires de la santé et du travail social,
  - Claude Lebeuf*, anciens agriculteurs exploitants,
  - Denis L' Hôte*, second adjoint au maire, anciens cadres,
  - Dominique André, personnes diverses sans activité professionnelle de moins de 60 ans, sauf retraités,
  - Marie Louise Lebeuf, personnes diverses sans activité professionnelle de moins de 60 ans, sauf retraités,
  - Karima Medjber, professions intermédiaires de la santé et du travail social.
  En gras, les réélus en 2020

  - Inscrits : 48 / 56 en 20I4
   - Abstentions : 11 / I6
  - Votants : 37 / 40
  - Blancs ou nuls : 0 / 0
  - Exprimés : 37 / 40
    Source

jhmQotidien 2020 04 2I

 

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ÉOLIENNES ET MICROPLASTIQUES : L' U. E. RECONNAÎT LES DÉGÂTS, LA FRANCE REGARDE AILLEURS

  Il faut se réjouir que la Commission européenne reconnaisse désormais officiellement ce que plusieurs travaux scientifiques mettent en évi...