Épisode précédent : MAREILLES : AU MILIEU DES PROJETS MUNICIPAUX 2025, LES ÉOLIENNES SONT ACTÉES
La commune devient l'épicentre de la colonisation du lobby éolien sur le secteur. Cette réalité se vérifie clairement à la lecture de la carte officielle de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement — DREAL, Grand Est — 13 avril 2026.

Le nouveau projet — cercle rouge, se situe au sud de la commune, encerclant définitivement cette dernière. Source.
Pour plus de détails, il nous suffit de nous rapporter sur les sites Internet :
- Une pétition des opposants en cours : « Pour le retrait du projet éolien du Bois des Charmes à Mareilles en Haute-Marne »
- Page Facebook, « Retrait du projet éolien du Bois des Charmes », d'où est extraite la carte du projet.
Le projet prévoit l’installation de 7 éoliennes de 230 mètres de haut, en bout de pale, dont 3 en zone forestière1. Pourtant, au-delà de l'impact visuel et écologique, c’est la gouvernance locale de la commune de Mareilles qui pose problème.
Sur les 11 membres que compte le conseil municipal, 4 élus dont la profession officielle indiquée est... agriculteurs — dont le maire et son deuxième adjoint — sont directement concernés par la réalisation du projet.
1. En Haute-Marne, la confrontation entre le développement de l'énergie éolienne et la préservation des espaces boisés — très denses dans le département, fait l'objet d'un encadrement strict. Les autorités s'appuient sur l'ancien SRE — Schéma Régional Éolien, de Champagne-Ardenne — 2012, dont les grandes orientations paysagères et environnementales guident toujours l'instruction, la doctrine de la MRAe Grand Est — Mission Régionale d'Autorité Environnementale, et les lignes directrices d' EUROBATS pour la protection des chauves-souris.
Voici comment s'appliquent concrètement ces dispositions sur le terrain haut-marnais :
Voici comment s'appliquent concrètement ces dispositions sur le terrain haut-marnais :
La Haute-Marne se caractérise par des massifs forestiers majeurs, incluant une large portion du Parc national de forêts.
- Sanctuarisation des forêts : suivant les recommandations historiques du SRE et la sensibilité écologique du territoire, l'implantation d'éoliennes à l'intérieur des massifs forestiers est généralement exclue ou soumise à des avis conformes ultra-restrictifs — notamment par le Parc national. La forêt est considérée comme un réservoir majeur de biodiversité.
- La règle de recul des 200 mètres : pour les usines éoliennes implantées en zone agricole périphérique — cultures, la MRAe et la préfecture de la Haute-Marne exigent systématiquement le respect des recommandations d' EUROBATS : un recul minimal de 200 mètres entre chaque éolienne et les lisières de boisements ou les haies. Les lisières sont en effet des corridors de déplacement et de chasse majeurs pour les chauves-souris et les oiseaux — comme le Milan royal, très présent dans le département.
- Les insectes s'agglutinant autour des pales et attirent les chauves-souris. Pour respecter l'accord international EUROBATS, la Haute-Marne applique des mesures d'évitement et de réduction très strictes lors des demandes d'autorisations environnementales.
- Le SRE Champagne-Ardenne avait défini des critères d'encadrement visuel pour éviter l'encerclement des communes et préserver les grands horizons forestiers et vallons de la Haute-Marne.
- Indices de respiration : lors de l'instruction d'un projet, l'État vérifie que les projets respectent les seuils de densité visuelle. Un angle de respiration humaine d'au moins 60∘ sans aucune éolienne visible à l'horizon est exigé pour éviter l'effet « omniprésence ».
- Éloignement des habitations : bien que la loi française impose 500 mètres, le contexte local pousse généralement les projets à s'éloigner de 800 mètres à 1000 mètres des habitations pour cumuler protection acoustique et préservation des perspectives paysagères forestières.
L'analyse de ces critères démontre sans ambiguïté que le projet des 7 éoliennes dit « Bois des Charmes » n'est absolument pas conforme aux exigences requises. Par conséquent, ce projet doit être purement et simplement annulé.
Or, d'après le Journal de la Haute-Marne — jhmQuotidien du 17 juin, le maire a lui-même introduit le projet de « l'écornifleur du vent » en séance, allant jusqu'à proposer au conseil une entrée au capital de la structure porteuse :
« [Le maire] a exposé le projet avec la société Valeco. Il a proposé au conseil une entrée au capital de la société PE... »
Toujours selon le jhm, ces 4 élus se sont finalement retirés lors du vote. Si cette abstention vise à respecter les règles de prévention des conflits d'intérêts, elle confirme implicitement l'existence d'intérêts personnels directs dans ce dossier.
En droit public français, l'interdiction va beaucoup plus loin que le simple fait de ne pas presser le bouton au moment du vote final.
L’article L.2131-11 du Code général des collectivités territoriales — CGCT, et la jurisprudence du Conseil d'État sont extrêmement sévères sur ce qu'on appelle les « conseillers intéressés ». L'interdiction s'applique à l'ensemble du processus de décision. Un élu concerné doit s'abstenir de :
L’article L.2131-11 du Code général des collectivités territoriales — CGCT, et la jurisprudence du Conseil d'État sont extrêmement sévères sur ce qu'on appelle les « conseillers intéressés ». L'interdiction s'applique à l'ensemble du processus de décision. Un élu concerné doit s'abstenir de :
Le simple fait que le maire ait personnellement exposé le projet et proposé l'entrée au capital de la société — alors qu'il est concerné — entache la procédure d'irrégularité. Cela vaut également pour les 3 autres élus investis qui ont participé à la séance du conseil municipal.
Même s' ils se sont sagement abstenus au moment du vote, leur participation à la séance en amont, suffit juridiquement à faire annuler la délibération par un tribunal administratif pour excès de pouvoir, et ouvre la porte à des qualifications pénales beaucoup plus graves, comme la prise illégale d'intérêts.
Même s' ils se sont sagement abstenus au moment du vote, leur participation à la séance en amont, suffit juridiquement à faire annuler la délibération par un tribunal administratif pour excès de pouvoir, et ouvre la porte à des qualifications pénales beaucoup plus graves, comme la prise illégale d'intérêts.
À suivre...
Conseil municipal 2026-2032 ou 2033
À noter que Mareilles, à l’instar d’environ 90 % des communes haut-marnaises — sur les 426 que compte le département, seules Chaumont, Langres, Wassy, et de manière plus inattendue Leschères-sur-le-Blaiseron ont connu un second tour — n’a connu qu’un seul tour de scrutin, avec une liste unique présentée aux électeurs.
Avec un taux de participation de 34,3 %, l’équipe municipale est donc élue par une minorité des inscrits, dans un contexte marqué par une abstention majoritaire.
Par ailleurs, 8 élus de la mandature précédente ont été reconduits, ce qui représente un renouvellement d’environ... 27 % de l’assemblée. Mais, les administrés avaient-ils le choix ?... Avec un jeu de chaises musicales, entre 2020 → 2026 : l'ancien maire rétrograde conseiller; puis viennent les promus : le 1er adjoint, devient maire; 2 conseillers deviennent adjoints. Enfin, comme auparavant, on peut relever le caractère relativement familial de ce conseil municipal.
Avec un taux de participation de 34,3 %, l’équipe municipale est donc élue par une minorité des inscrits, dans un contexte marqué par une abstention majoritaire.
Par ailleurs, 8 élus de la mandature précédente ont été reconduits, ce qui représente un renouvellement d’environ... 27 % de l’assemblée. Mais, les administrés avaient-ils le choix ?... Avec un jeu de chaises musicales, entre 2020 → 2026 : l'ancien maire rétrograde conseiller; puis viennent les promus : le 1er adjoint, devient maire; 2 conseillers deviennent adjoints. Enfin, comme auparavant, on peut relever le caractère relativement familial de ce conseil municipal.
- Jean-Christian THÉVENIN, maire, agriculteur sur moyenne exploitation
- Gwenaëlle GRAILLOT, 1er adjoint, technicienne
- Emmanuel CAUSSIN, 2eme adjoint, agriculteur sur moyenne exploitation
- Luc VAUTRIN, ancien maire, ancien employé / ouvrier
- Anne-Laure DUVAUX, profession intermédiaire administrative de la fonction publique
- Christine MAGALHAES, ex TOUATI ?, profession intermédiaire de la santé et du travail social
- Romain GRAILLOT, agriculteur sur moyenne exploitation
- Sandra AMARO, profession intermédiaire de la santé et du travail social
- Ludovic THÉVENIN, agriculteur sur moyenne exploitation
- Virginie CHEVALLIER, ouvrière qualifiée de type artisanal
- Joël VAUCOULEUR, employé civil et agent de service de la fonction publique
- Inscrits : 102 / 112 en 2020
- Abstentions : 34 / 16
- Votants : 68 / 96
- Blancs ou nuls : 33 / 0
- Exprimés : 35 / 96
EN AVANT TOUTES !
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