ÉNERGIES RENOUVELABLES : QUAND L' ILLUSION POLITIQUE SE HEURTE À LA RÉALITÉ PHYSIQUE


  L'éolien et le solaire sont fréquemment présentés comme l'avenir inépuisable et romantique de notre système énergétique. Pourtant, lorsque l'on écarte le récit politique pour se concentrer sur les réalités techniques, le constat est sans appel : ces technologies s'avèrent être des installations complexes à haute maintenance, à faible rendement, et structurellement incompatibles avec les infrastructures mondiales existantes.
  Derrière les promesses d'une énergie propre et gratuite se cachent des barrières physiques et thermodynamiques inviolables.
 
 
Les limites structurelles de l'éolien et du solaire : entre contraintes physiques et réalités économiques
 
Une illusion romantique face à la réalité matérielle
  Bien que l'éolien et le solaire soient souvent présentés comme l'avenir inépuisable de l'énergie, la réalité technique est bien différente. Loin d'être des infrastructures éternelles, ces installations constituent des assemblages complexes de verre spécialisé, de composants électroniques, de pales composites et de fondations en béton. Comme tout équipement industriel, ils sont soumis à une maintenance élevée, à l'usure mécanique et à une dégradation progressive de leurs actifs.

L'impasse économique de l'intermittence
  Qu'il s'agisse de petites installations locales ou d' usines d'envergure, terrestre ou maritime, la rentabilité financière de ces technologies est structurellement compromise par leur intermittence :
  • Dépendance météo : ne fonctionnant que de manière intermittente, elles ne génèrent pas de profit net réel pour les citoyens — contribuables et consommateurs, qui les subventionnent, à travers différents mécanismes réglementaires et financiers. 
  • Coûts indirects massifs : pour garantir la continuité de l'approvisionnement électrique, elles imposent de lourds investissements dans des réseaux redondants, des centrales thermiques de secours — bien souvent au gaz, ou des usines de batteries, à courte durée de vie.
Éolien et limite de Betz : le plafond physique de l'énergie du vent
  Les promesses de rendements utopiques se heurtent à des lois physiques immuables. L'efficacité de l'énergie éolienne est strictement encadrée par la science :
  • La Loi de Betz : le physicien Albert Betz, 1865-1968, a démontré, dans son livre Wind-Energie und ihre Ausnutzung durch Windmühlen, « L’énergie du vent et son utilisation au moyen des moulins à vent », publié en 1926 que, quelque soit le modèle de turbine, seule une fraction de 16/27e — soit environ 59 %, de l’énergie cinétique du vent peut être convertie en énergie mécanique. Si elle atteignait un rendement de 100 %, l’air en aval des pales serait totalement immobilisé, ce qui empêcherait tout nouvel écoulement.
  • La limite théorique : l'efficacité mathématique maximale absolue pour une turbine à flux d'air ouvert est fixée à... 59,3 % !
  • La réalité opérationnelle : en raison de cette barrière physique, les turbines industrielles les plus performantes plafonnent à environ 45 % d'efficacité dans des conditions optimales.
Un facteur de charge structurellement bas
  Parce que le vent souffle rarement à sa vitesse idéale, la production annuelle réelle des éoliennes — appelée facteur de charge — s'établit seulement entre 21 % et 35 %1 de leur capacité théorique. 
  Plus que des solutions miracles, ces technologies s'apparentent donc à des goulets d'étranglement mécaniques dictés par les lois de la physique.
 
 
 
Albert Betz, dans l'atelier de l' Institute for Pure Mathematics — IPM, pour Fluid Dynamics. 1953. Crédit : ÖNB/Wien. Source. https://www.dlr.de/en/media/publications/magazines/all-digital-magazines/dlrmagazine-175/floating-peas-and-a-patented-clothes-hanger/prof-albert-betz-1953.
 
1« Si la production éolienne a augmenté en 2025, RTE fait état d'un facteur de charge moyen des installations terrestres « extrêmement faible » (21,4 %, le plus faible niveau au cours des dix dernières années). Ce niveau très bas « résulte en premier lieu des conditions de vent. Sur l’année 2025, les vitesses moyennes de vents observées ont été inférieures à leurs niveaux moyens sur la dernière décennie pour l’ensemble du territoire métropolitain à l’exception du Nord de la région Nouvelle-Aquitaine. Le déficit de vent a par ailleurs été plus prononcé dans la moitié Nord de la France où se concentrent la majorité des capacités éoliennes terrestres installées sur le territoire métropolitain », précise RTE. » Source

Solaire et limite de Shockley-Queisser : le mur thermodynamique du silicium
  À l'instar de l'éolien, l'énergie solaire se heurte à des barrières thermodynamiques tout aussi rigides. La limite de Shockley-Queisser2 — SQ, établit le plafond des cellules photovoltaïques standard à jonction simple, fixant leur rendement théorique maximal à environ 33 %. Cette restriction majeure découle de deux mécanismes de perte incontournables :
  1. La perte sous-bande interdite — sub-bandgap loss : elle concerne les photons dont l'énergie est insuffisante. Ne pouvant pas être absorbés par le matériau semi-conducteur, ils le traversent directement sans générer de courant électrique.
  2. La perte par thermalisation — thermalization loss : elle affecte les photons à haute énergie. Bien qu'ils parviennent à exciter des charges électriques, toute leur énergie excédentaire est immédiatement dissipée et perdue sous forme de chaleur.
2. William Bradford Shockley, 1910-1989. Physicien américain. Prix Nobel de physique — 1956. Hans-Joachim Queisser, 1931-2025. Physicien allemand. La limite de Shockley–Queisser désigne le rendement théorique maximal qu’une cellule photovoltaïque à jonction P-N unique peut atteindre. Établie en 1961 par William Shockley et Hans-Joachim Queisser au sein du Shockley Semiconductor Laboratory, elle constitue l’une des références fondamentales de la conversion de l’énergie solaire et l’une des contributions scientifiques majeures dans ce domaine.
 
  File:ShockleyQueisserFullCurve.svg
 «  La limite de Shockley-Queisser pour l'efficacité de cellule solaire sans concentration du rayonnement solaire. La courbe est ondulée à cause des bandes d'absorption IR dans l'atmosphère. Dans l'article original, « Journal of Applied Physics, vol. 32,‎ mars 1961, p. 510-519, le spectre solaire a été approché par un spectre de corps noir à 6 000 K. En conséquence, la courbe d'efficacité était lisse et les valeurs étaient légèrement différentes. » Source
 
 L’envers du solaire : la question des panneaux en fin de vie
 L’essor rapide du solaire s’accompagne d’un défi croissant lié à la gestion des panneaux photovoltaïques en fin de vie. L’auteur rappelle que l’Agence internationale pour les énergies renouvelables — IRENA, estime que les déchets solaires pourraient atteindre jusqu’à 78 millions de tonnes d’ici 2050. Bien que les panneaux soient présentés comme largement recyclables, le coût élevé des opérations de démontage et de traitement rend aujourd’hui la mise en décharge économiquement plus attractive, limitant fortement le recyclage effectif. Ce coup élevé est du à la complexité technique des procédés, qui nécessitent des traitements énergivores pour séparer verre, polymères, silicium et métaux, avec des risques potentiels de pollution liés à certains composants toxiques si les panneaux sont mal gérés3. Enfin, le remplacement anticipé de panneaux encore fonctionnels par des modèles plus récents et plus performants, accélère le phénomène. 
 
 Image
 
3. Lorsque les panneaux sont broyés ou se dégradent en décharge, certains métaux lourds, notamment le plomb et le cadmium, peuvent contaminer les sols et les nappes phréatiques, faisant émerger un risque environnemental durable lié à la gestion des déchets photovoltaïques.
 
4. L'impasse financière et matérielle de la transition
  Qu'il s'agisse de petites installations locales ou d' usines commerciales d'envergure, la rentabilité financière de ces technologies est structurellement compromise par leur intermittence. Pour les millions de particuliers ayant investi dans le solaire résidentiel depuis la fin des années 2000, le bilan s'avère défavorable. L'extinction progressive des subventions et la baisse des tarifs de rachat ont laissé place à des frais d'accès au réseau en constante augmentation. De plus, les onduleurs — des composants indispensables et onéreux — tombent généralement en panne après seulement 10 à 15 ans, transformant l'installation en un équipement de toit inactif et coûteux à remplacer.
 
  À l'échelle globale, pallier l'absence prolongée de vent ou de soleil — le phénomène de Dunkelflaute, se heurte à des contraintes matérielles et financières gigantesques :
  • Dépendance et logistique : une dépendance critique envers l'extraction minière — lithium, cobalt, cuivre, etc.,. De plus, la fabrication des infrastructures — extraction du quartz, fusion du silicium, forge de l'acier, exige une chaleur à haute densité que seuls les combustibles fossiles peuvent actuellement fournir. Paradoxal, non ?
  • Soutien fossile permanent : Pour compenser l'intermittence et maintenir les lumières allumées, le réseau doit maintenir en permanence des centrales à gaz à démarrage rapide ou des réserves de charbon en rotation thermique lente. Étonnant, non ?
  La refonte complète de l'architecture des réseaux mondiaux représente un puits financier sans précédent.
  Selon le McKinsey Global Institute, l'atteinte de la neutralité carbone d'ici 2050 imposera un investissement cumulé phénoménal de 275 billions — 275 000 milliards, de dollars. Une part considérable de cette somme devra être allouée exclusivement à la reconstruction des réseaux et au déploiement des systèmes de stockage nécessaires pour gérer ces sources intermittentes.
 
Le paradoxe des énergies renouvelables
  C'est le paradoxe central de la transition énergétique actuelle. En théorie, installer un panneau solaire ou une éolienne remplace un kWh produit par du charbon ou du gaz, et devrait donc... faire baisser les émissions carbone.
  En pratique, la réalité est beaucoup plus nuancée. Si les énergies renouvelables permettent effectivement de réduire les émissions localement ou secteur par secteur — notamment dans la production d'électricité, elles ne parviennent pas encore et, le pourront-elles un jour, à faire baisser la consommation globale d'énergies fossiles à l'échelle de la planète.
  Plusieurs facteurs interconnectés expliquent pourquoi cette transition « sera toujours loin de bien fonctionner » comme prévu :
  1. L'effet d'addition plutôt que de substitution :  le principal écueil est que le monde ne remplace pas les énergies fossiles par des énergies renouvelables :  il ajoute des énergies renouvelables par-dessus les énergies fossiles. Et pourquoi en serait-il différemment à l'avenir ?
  2. Le piège de l'intermittence et le besoin de « back-up » : comme il était souligné précédemment, le soleil ne brille pas en permanence et le vent est changeant. Pour éviter les black-outs, un réseau électrique ne peut pas dépendre uniquement de sources variables. Pour chaque MW d'éolien ou de solaire installé, il faut toujours conserver une capacité équivalente en centrales pilotables — généralement au gaz ou au charbon, prêtes à démarrer en quelques minutes. Ainsi, même si ces centrales fossiles tournent moins souvent, elles restent indispensables et continuent d'émettre toujours plus de carbone, d'autant plus que leur activité est... intermittente — arrêt, redémarrage, arrêt, redémarrage, etc,...
  3. L'électricité n'est que la partie émergée de l'iceberg : lorsque l'on parle de transition énergétique, on pense souvent à l'électricité — les ampoules, les ordinateurs, les voitures électriques, etc.,. Or, l'électricité ne représente qu'environ 20 % de la consommation d'énergie primaire mondiale. Les 80 % restants sont des secteurs extrêmement difficiles à décarboner — appelés « hard-to-abate », « difficiles à décarboner », qui dépendent directement de la densité énergétique des fossiles tels les transports lourds, aviation, transport maritime et les camions longue distance fonctionnent quasi exclusivement au pétrole. L'industrie lourde : la fabrication de l'acier — via le charbon de forge, du ciment et des engrais chimiques — via le gaz naturel, nécessite une chaleur à très haute température — parfois plus de 1000°C, que l'électricité renouvelable ne peut guère fournir efficacement.
  4. La dette carbone initiale des EnR : une centrale à charbon émet du carbone tout au long de sa vie lorsqu'elle brûle son combustible. Les EnR ont une dette carbone initiale très lourde4 : il faut extraire du silicium, du cuivre, du lithium, du néodyme, fabriquer de l'acier, du béton — pour les fondations et transporter ces structures lourdes. Toutes ces étapes industrielles sont aujourd'hui réalisées dans des pays — comme la Chine, dont le mix énergétique repose massivement sur le charbon. Sans oublier, l'après → le démantèlement et le « recyclage » des turbines. 
 
Conclusion
  Si la source d'énergie — le vent ou le soleil, est gratuite, son captage et son intégration s'avèrent être une entreprise extrêmement lourde en capital, intensive en ressources et strictement limitée par les lois de la nature. Après 40 ans d'impulsion politique et de subventions d'envergure, le doute subsiste encore sur l'efficacité réelle de cette politique quant aux résultats hypothétiques, mais non vérifiée de la réduction d'émissions. Une certitude : la chaîne d'approvisionnement des énergies renouvelables reste profondément ancrée dans l'économie des hydrocarbures, laissant les combustibles fossiles comme garant principal du fonctionnement de notre civilisation — en 2026, 81 % de l'énergie primaire mondiale est encore fournie par le charbon, le pétrole et le gaz5. La réalité physique l'emportera toujours.
 
5. Agence Internationale de l'Énergie — AIE et Energy Institute. Il ne faut pas confondre l'énergie primaire — la totalité de l'énergie brute extraite de la nature, qui inclut le transport, l'industrie lourde et le chauffage et l'électricité. Si les énergies renouvelables progressent de manière spectaculaire dans la production d'électricité mondiale (où elles dépassent désormais le charbon), l'électricité ne représente qu'une fraction de l'énergie totale que l'humanité consomme. C'est pourquoi, au niveau de l'énergie primaire globale, le poids des énergies fossiles reste bloqué à ce plateau historique de 81 %.
 
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AUMELAS : USINE ÉOLIENNE : UN ARRÊT DE JUSTICE SAISONNIER POUR PROTÉGER TOUT CE QUI VOLE

  Comme le souligne l'auteur de l'article ci-dessous : « Un arrêt de justice favorable aux rapaces et chiroptères. Nous dirons « au moins ça »,  faute de mieux ! ».
  Tout en nous réjouissant de cette décision, si nous faisions le point sur la situation réelle chez nous, en Haute-Marne ?
  Ici, les arrêtés préfectoraux censés protéger l'avifaune imposent des arrêts complets en journée et des coupures nocturnes indexées sur la température. Pour les arrêts diurnes, les exploitants transmettent de simple « porter à connaissance »1 afin d'obtenir des bridages dynamiques, systématiquement validés par la préfecture. Pourtant, la mortalité des oiseaux persiste. Sur le terrain, la Ligue pour la protection des oiseaux — LPO, Champagne-Ardenne soutient l'éolien, au contraire de sa consœur héraultaise, et reste passive, laissant les petites associations locales agir seules et au coup par coup.
  Le rapport de force est disproportionné : avec seulement 169 865 habitants — INSEE 2022, pour près de 200 éoliennes massées sur des couloirs migratoires majeurs, un revenu moyen inférieur de 500 à 600 € à la moyenne nationale — soit un écart de 20 %, voir ci-dessous et, pour une fois, en phase avec la Nation, une population vieillissante, voir ci-dessous, nous manquons cruellement de moyens financiers et humains pour faire le poids.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
1. En droit administratif français, un « porter à connaissance » est une procédure par laquelle un acteur — souvent un exploitant, une entreprise ou une collectivité — informe officiellement l’administration d’une modification ou d’un élément nouveau concernant une activité déjà autorisée. Dans le cas des usines éoliennes, un porter à connaissance sert souvent à signaler :
  • un changement technique;
  • une modification des conditions d’exploitation;
  • des mesures de bridage;
  • des adaptations liées à la faune — oiseaux, chauves-souris, etc.,.
  Juridiquement, cela permet à la préfecture ou à la DREAL, d’évaluer, à moindre frais, si la modification reste compatible avec l’autorisation environnementale initiale.
   Les critiques formulées par les associations viennent du fait que cette procédure est perçue comme :
  • trop légère;
  • moins transparente;
  • moins contradictoire qu’une nouvelle autorisation avec enquête publique.
  Elles estiment que ces modifications importantes sont validées, via de simples porter à connaissance, sans réel débat public ni contrôle approfondi.
 
  Quant aux arrêtés de protection des chauves-souris, leurs critères de calcul — basés sur la température, le vent et des horaires variables, sont d'une complexité extrême. S'appliquant surtout la nuit, ils rendent tout contrôle citoyen impossible. Seule la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement  — DREAL, pourrait vérifier les registres d'exploitation, mais ces inspections ne sont quasiment jamais menées.
  En résumé, toutes ces réglementations s'avèrent totalement inefficaces par rapport à une interdiction  totale de ses usines éoliennes et,  agrivoltaïques !
  Pour autant, nous ne baissons pas les bras et nous avons déjà remporté de belles victoires !
 
EN AVANT TOUTES 
 
   Billet écrit avec le concours de BV.
  
Aumelas est une commune dans le département de l' Hérault, région Occitanie.
« Aumelas, village au vaste territoire composé de mas et à l’histoire passionnante, est l’endroit idéal pour une découverte dynamique des trésors médiévaux du territoire. Son « castellas », dominant la plaine depuis près de 1000 ans, est l’un des plus impressionnants sites fortifiés du canton. L’édifice est ainsi classé Monument historique depuis 1989. » 
 
 
Source.  https://www.cc-vallee-herault.fr/annuaire/aumelas/
 
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Éoliennes d' Aumelas : les sociétés exploitantes soumises à un arrêt saisonnier du parc et à la demande de dérogation « espèces protégées »

Par Hervé Texier
 
   Dans un arrêt rendu le 16 avril 2026, la Cour administrative d'appel de Toulouse ordonne l’arrêt des éoliennes d’ Aumelas chaque année du 10 avril au 20 août en période diurne. Les sociétés exploitantes devront aussi déposer une demande de dérogation « espèces protégées ».
  Ce 16 avril 2026, la Cour administrative d’appel de Toulouse a donné gain de cause à France Nature Environnement — FNE et la Ligue pour la protection des oiseaux — LPO, dans l’affaire des parcs éoliens du Causse d’ Aumelas. En 2021, les associations avaient en effet attaqué la décision du préfet de l'Hérault de ne pas exiger des sociétés exploitantes de déposer des demandes de dérogation pour un certain nombre d’espèces à risque. Cette démarche s'inscrit dans la continuité d'un combat judiciaire plus long, pour lequel une première victoire avait déjà été obtenue devant le Conseil d'État en décembre 2024.
 
 
 

Les annulations prononcées par la cour
  La cour annule les décisions de rejet opposées à la demande préalable des associations. Elle soumet désormais les parcs éoliens d' Aumelas à l'obligation de demander une dérogation au titre des espèces protégées, a minima pour quatre espèces dans un délai de 6 mois :
L'arrêt saisonnier des éoliennes ordonné
  Autre victoire particulièrement significative, la cour ordonne la suspension de l'exploitation des parcs éoliens en suivant strictement les demandes des associations. Les éoliennes devront être à l'arrêt du 10 avril au 20 août, en période diurne, chaque année. Cette injonction correspond précisément aux arguments développés par la FNE et la LPO, et va dans le sens des conclusions du rapporteur public.
  Par ailleurs, la cour condamne l'État à verser 1 500 €, partagés entre FNE d'une part et les associations LPO France & Occitanie d'autre part.
 
Source : CAA Toulouse, 16 avril 2026, n°24TL03241

L’ ALLEMAGNE FACE AU TOURNANT DÉCISIF DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

 Où tout ce que vous avez voulu savoir sur l' Energiewende sans jamais oser le demander ! 
  La transition énergétique allemande, souvent désignée sous le nom d’« Energiewende », apparaît aujourd’hui comme l’un des projets industriels et politiques les plus ambitieux d’Europe. En cherchant simultanément à sortir du nucléaire, réduire ses émissions de carbone et transformer en profondeur son système énergétique, l’Allemagne a engagé une mutation d’une ampleur historique.
  Mais cette transformation reste profondément incertaine. Le défi n’est plus seulement environnemental : il est désormais économique, industriel et stratégique. Derrière les objectifs climatiques affichés se pose une question centrale : un grand pays industriel peut-il réussir à décarboner son économie tout en maintenant une énergie abondante, stable et compétitive ?
  Dans l’article ci-dessous, Hartmut Lauer nous propose, à la lumière des décisions passées, une réflexion sur les grands défis qui façonneront le « Wende » — tournant, énergétique et industriel de l’Allemagne.
  Bonne lecture et bonne réflexion. 
 
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  Le mot « Energiewende » est utilisé pour la première fois en 1980 dans un ouvrage de l’ Öko‑Institut appelant à un tournant énergétique sans pétrole ni nucléaire. Depuis, ce terme est devenu le symbole de la politique énergétique allemande.

  Le mot « Energiewende » a été adopté parce qu’il s’agit d’une décision radicale. Le mot « Die Wende » — le tournant, était également utilisé en 1989 pour désigner le processus de changement après la chute du mur de Berlin.

  Bien que la Loi sur les énergies renouvelables mise en place en 2000 et l’abandon du nucléaire acté en 2002 constituent des étapes importantes de la politique énergétique allemande, la transition énergétique repose essentiellement sur la feuille de route énergétique à l’horizon 2050, appelée concept énergétique « Energiekonzept », publiée par le gouvernement en 2010.

  Ce concept définissait les grandes orientations de la transition énergétique et fixait des objectifs quantitatifs notamment pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le développement des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

  En 2010 les centrales nucléaires pouvaient encore bénéficier d’une prolongation de fonctionnement au titre de technologie de transition. Mais quelques mois plus tard, suite à l´accident de Fukushima en mars 2011, le gouvernement a fait marche arrière et a fixé la sortie du nucléaire à 2022.

  Le tournant énergétique a été adapté au fur et à mesure et les objectifs durcis. La Loi sur la protection du climat — Klimaschutzgesetz, vise la neutralité carbone — zéro émission nette, de l’Allemagne d’ici 2045. De plus, le système électrique devrait être pratiquement neutre en carbone dès 2035.

  Après la décision de l’abandon du nucléaire, l’Allemagne avait tablé sur le gaz russe à bon marché pour sécuriser son approvisionnement énergétique. La crise énergétique, née de la guerre en Ukraine, a changé la donne. L’Allemagne, sevrée du gaz russe dont elle était fortement dépendante, s’est trouvé confrontée à une envolée des prix de l’énergie, générant un problème de compétitivité globale de l’industrie.

  Le gaz russe a été finalement substitué courant 2022 par des importations notamment en provenance des pays d’Europe occidentale. En outre, l’infrastructure gazière a été complétée par des terminaux méthaniers destinés à accueillir le gaz naturel liquéfié — GNL.

  Tout cela n’a pas empêché la coalition gouvernementale de persévérer dans sa politique climatique dogmatique et d’arrêter définitivement les trois dernières centrales nucléaires mi-avril 2023.

  Suite à la dissolution du parlement allemand en décembre 2024 et aux élections fédérales en février 2025, l’Union chrétienne démocrate — CDU, et l’Union chrétienne-sociale en Bavière — CSU, sont parvenues à former une coalition gouvernementale avec les Sociaux-démocrates — SPD. Le nouveau gouvernement a pris ses fonctions le 6 mai 2025.

  La politique « énergie-climat » de la nouvelle coalition gouvernementale allemande peut être consultée ici.

  Le nouveau gouvernement mise en général sur la continuité de la politique énergétique du gouvernement sortant : 
  • l’objectif de zéro émission nette d’ici 2045
  • le développement massif des énergies renouvelables — notamment éolienne et solaire, 
  • l’hydrogène « vert », 
  • la sortie progressive du charbon au cours de la prochaine décennie. 
  Tout en maintenant le renoncement aux centrales à fission nucléaire, le gouvernement poursuit son objectif de construction du premier réacteur à fusion en Allemagne à partir de 2040.

  Entre 2020 et 2025, plus de 80 GW de nouvelles capacités éoliennes et photovoltaïques ont été ajoutées. En termes de puissance installée, cela correspond approximativement à 60 centrales nucléaires allemandes.

  Le gouvernement se félicite des records dans le développement de l’éolien et du photovoltaïque, toutefois leur impact sur la décarbonation de la consommation énergétique reste encore limité. C’est la consommation finale d’énergie — électricité, chaud et froid et transports, qui est déterminante, car c’est là que se joue le succès de la transition énergétique. Environ la moitié de la consommation finale d’énergie est consacrée au secteur du chaud et froid, tandis que les secteurs des transports et de l’électricité représentent chacun environ un quart. Pour atteindre la neutralité carbone en 2045, l’électrification massive des usages est indispensable.

  Alors que la part des énergies renouvelables dans la consommation brute d’électricité a augmenté de 10 points depuis 2020, leur part dans les secteurs de la chaleur et des transports progresse assez lentement. En conséquence, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie n’a augmenté que de 4,7 points au cours de la même période
 
 
 

La progression du parc terrestre entre 1995 et 2025.
 
  De plus, ce qui est déterminant c’est la différence entre la puissance installée et le volume d’électricité réellement produit, car les mégawatts installés ne reflètent que la puissance de pointe théorique. Ce qui compte, c’est l’électricité réellement fournie, qui doit en outre être disponible au bon moment. Le photovoltaïque est principalement  produit en été, alors que la demande est plus forte en hiver. Il en résulte donc des déficits saisonniers, et la facture s’avère particulièrement élevée pendant les heures de pointe.

  Les réseaux électriques sont devenus un goulot d’étranglement, car le développement des énergies renouvelables variables et du réseau ne progressent pas au même rythme. Selon le régulateur, les coûts des services système se sont élevés à environ 5,3 Md€ en 2024, plus du quadruple des coûts en 2014.

  Dans le nord, la production éolienne est écrêtée faute de lignes électriques, tandis que dans le sud, les centrales à gaz ou l’importation de l’électricité prennent le relais, ce qui entraîne une double charge.  L’Allemagne doit ainsi verser des indemnités pour l’écrêtement des énergies renouvelables variables et, parallèlement, pour leur substitution coûteuse, alors même que des capacités seraient disponibles. 
 
 
 
 
Installation d’une fondation de type Monopieu — ~ 1500 tonnes, en Mer du Nord /source RWE.

  De plus, le contenu moyen en émissions de la production d’électricité n’a diminué que de 5,6% entre 2020 et 2025 et reste avec environ 350 g CO2éq/kWh à un niveau élevé. Pour réduire les émissions, il faudrait remplacer les combustibles fossiles des centrales en backup par l’hydrogène. Mais la question de savoir si et quand suffisamment d’hydrogène « vert », à un prix abordable, sera disponible reste en suspens.

  En 2026, l’État fédéral dépensera près de 30 Md€ — notamment la prise en charge du soutien aux énergies renouvelables électriques, la subvention des tarifs d’utilisation des réseaux, la réduction de la taxe sur la consommation d’électricité et la réduction du prix de l’électricité pour l’industrie, pour atténuer le niveau des prix de l’électricité pour les entreprises et les ménages.

  Jusqu’en 2022, l’Allemagne était exportatrice nette d’électricité. Depuis la fermeture des centrales nucléaires en 2023, l’Allemagne est devenue un importateur net : environ 26 TWh ont été importés en 2024 et environ 19 TWh en 2025. Cela coûte aux consommateurs plus de deux milliards d’euros par an, alors même que la puissance installée des énergies renouvelables atteint des niveaux records.

  Le coût total de la transition énergétique reste flou. Le gouvernement allemand ne réalise pas ses propres prévisions des coûts. Il observe et analyse les études de coûts réalisées par des tiers sans toutefois adhérer aux résultats. Une étude commandée par la Chambre de commerce et d’industrie estime les coûts pour la poursuite de la politique énergétique actuelle allant jusqu’à 5.400 Md€ pour la période 2025 – 2049.

  Bien que tous les potentiels des renouvelables soient exploités, l’objectif est maintenant d’obtenir des coûts énergétiques durablement bas et prévisibles, compétitifs au niveau international et garantir la sécurité d’approvisionnement énergétique.

  Même si un « nouveau départ » de la transition énergétique a été annoncé, l’année 2025 restera au final surtout une année de transition politique, au cours de laquelle seules quelques initiatives législatives ont été menées à bien. Les prochaines années détermineront si le nouveau gouvernement allemand parviendra à réaliser ses objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre tout en gardant à l’œil la sécurité d’approvisionnement et les coûts énergétiques.

  Le tournant énergétique est un projet mammouth – probablement le plus grand programme d’investissement de l’histoire de la République Fédérale d’Allemagne. L’Europe, et la France en particulier, devraient suivre de près son avancement et les résultats obtenus.

  Ce site parle des progrès – réels – mais aussi de la complexité de ce projet de transformation socio-économique et d’investissement, vus par un Allemand ayant travaillé dans le secteur de l’électricité en Allemagne et en France.

  Les idées reçues sur la transition énergétique allemande sont légion en France. Pour les uns c’est un modèle à suivre, pour les autres c’est un véritable fiasco. Sur la base des informations référencées sur des sources officielles, les lecteurs pourront se forger une opinion éclairée sur la transition énergétique allemande et en déduire d’éventuelles pistes pour la France.
 

ÉNERGIES RENOUVELABLES : QUAND L' ILLUSION POLITIQUE SE HEURTE À LA RÉALITÉ PHYSIQUE

  L'éolien et le solaire sont fréquemment présentés comme l'avenir inépuisable et romantique de notre système énergétique. Pourtant,...