CONTRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE : SCIENCE OU IDÉOLOGIE, IL FAUT CHOISIR


  Face à la multiplication des canicules, l'auteur de l'article, lire ci-devant, estime que la France continue de réagir comme si elle était prise de court, plus de vingt ans après la catastrophe de 2003. Pour lui, ces épisodes de chaleur extrême ne sont plus des anomalies météorologiques mais les signes d'un changement climatique durable auquel le pays doit impérativement s'adapter.
  Son constat est sans appel : les réponses publiques seraient largement dictées par l'idéologie plutôt que par la science
  Il considère que la France a progressivement abandonné l'un de ses principaux atouts, son industrie nucléaire, au profit de choix énergétiques qu'il juge coûteux, inefficaces et contraires à l'intérêt national. À ses yeux, le nucléaire demeure le pilier indispensable d'une électricité abondante, décarbonée et souveraine.
  L'auteur s'attaque également à certains discours de l'écologie politique, qu'il accuse de privilégier la culpabilisation et les postures morales plutôt que des solutions concrètes. Il prend l'exemple de la climatisation, souvent présentée comme un symbole de surconsommation, alors qu'il la décrit comme un outil d'adaptation efficace, peu énergivore lorsqu'elle repose sur des pompes à chaleur réversibles, et capable de sauver des milliers de vies lors des vagues de chaleur.
  Au-delà de l'énergie, il dénonce des politiques urbaines qui aggraveraient les effets des canicules :
  • Densification excessive, 
  • Bétonisation, 
  • Disparition des arbres
  • Manque de végétalisation. 
  Il regrette également que les conséquences du réchauffement climatique sur l'agriculture, les élevages et la biodiversité soient largement reléguées au second plan.
 
  Pour l'auteur, la lutte contre le changement climatique ne peut se résumer à des injonctions individuelles ou à des débats symboliques. Elle exige une véritable stratégie nationale fondée sur les connaissances scientifiques : relancer massivement la filière nucléaire, adapter les bâtiments aux fortes chaleurs, végétaliser les villes, protéger l'agriculture, réindustrialiser le pays et renforcer la culture scientifique dans les décisions publiques.
 
Son message est clair : 
  La question n'est plus de savoir s'il faut agir, mais de choisir entre des réponses guidées par la science ou par l'idéologie.
 
Bonne lecture.
 
php 

***

Les canicules s’emballent, les idéologues aussi




Regulus, William Turner. 1828.
 
   Depuis 2003, nous n’avons rien appris, rien fait… si ce n’est perdre un jour férié (d’ailleurs, où est passé l’argent de cette « journée de solidarité » ?). En témoignent la sidération, les tergiversations et le chaos vécus ces derniers jours. Nous venons de connaître, en l’espace d’un mois, deux canicules exceptionnelles de tous les points de vue. Comme toujours en cette matière, il faut être très prudent et prendre garde de ne pas verser dans la confusion entre météo et climat, entre le temps qu’il fait ponctuellement quelques jours en France et les bouleversements environnementaux à l’échelle de la planète. C’est l’erreur que commettent, par bêtise ou mauvaise foi, les climato-négationnistes lorsque, goguenards, ils prennent un froid hiémal vigoureux ou une pluie estivale abondante pour autant de preuves du « mensonge » que serait le réchauffement climatique provoqué par l’activité humaine. Rien de tel ici : quand tous les records sont battus à ce point – et plusieurs fois ! —  ces épisodes caniculaires ne peuvent pas, ne doivent pas être interprétés comme des accidents anecdotiques mais bien comme des symptômes révélateurs des bouleversements catastrophiques actuels. Aujourd’hui aberrations statistiques, ils ont de bonnes chances, demain, de devenir la norme — avec des durées, non plus de « seulement » cinq à dix jours, comme nous venons de l’expérimenter, mais d’un mois ou plus.

*

  L’énergie est sans doute l’enjeu majeur. Et le nucléaire la meilleure réponse. En tout cas, la plus scientifique, la plus robuste, la plus fiable, la plus économique, la plus propre, la plus pilotable, la plus en mesure d’assurer notre souveraineté énergétique… bref : si le nucléaire n’est pas la solution miracle à la crise que nous vivons et que nous allons vivre plus dramatiquement encore dans les années qui viennent, elle est absolument incontournable. L’avantage extraordinaire que nos prédécesseurs nous ont légué est, hélas, consciencieusement torpillé par tout ce que la France compte d’ennemis étrangers comme de l’intérieur. La fronde antinucléaire est ainsi menée par les idéologues écologistes dénués de la moindre connaissance scientifique (je reviendrai dans quelques instants à ces sinistres pitres), téléguidés par les industries du gaz et du charbon qui financent également les associations de type Greenpeace, maîtresse dans la désinformation.

  L’Allemagne – ce « modèle » tant vanté par les écologistes pour son asservissement au lobby des énergies renouvelables — avec ses centrales à charbon dont la pollution tue des milliers d’Européens chaque année, est l’un des plus gros producteurs de carbone; sa production d’électricité émet plus de dix fois plus de gaz à effet de serre que la France [1], qui demeure l’un des meilleurs élèves au monde. Bien peu soucieux, en réalité, de la planète et craignant surtout pour son hégémonie en Europe, notre voisin n’a jamais supporté l’avantage économique et industriel que représentait le nucléaire français, pourtant écologiquement très vertueux, et a tout fait pour le calomnier et l’anéantir… avec quelque succès !

  Imprégnés de cette propagande mensongère, les dirigeants français se sont appliqués à mener des politiques énergétiques au service d’intérêts étrangers opposés aux nôtres (Dominique Voynet n’est que l’exemple le plus abject et caricatural de plusieurs générations d’élus sans vision ni conscience), avec le développement d’éoliennes coûteuses, polluantes et inefficaces, les fermetures de centrales nucléaires comme Fessenheim ou l’abandon du projet Astrid… autant de sabotages qui apparaissent comme des trahisons criminelles.

  L’idéologie qui anime et sous-tend une grande partie des discours assenés par les politiques et militants écologistes n’a pas grand-chose à voir avec la nécessité absolue d’une prise en compte sérieuse et scientifique de la catastrophe climatique, mais tout à voir, en revanche, avec la religion. Moraline, puritanisme, dolorisme : ces donneurs de leçon, ces curés froids à gueule de gibet, le plus souvent bien à l’abri dans leurs appartements et leurs bureaux climatisés où ils profitent du confort qu’ils refusent aux autres, n’ont que le cilice à l’esprit et la pénitence à la bouche. Quelle idéologie mortifère, qui réclame que nous souffrions le plus possible pour expier nos crimes imaginaires et prendre conscience des enjeux environnementaux et climatiques ! Il y a là une passion cléricale, une passion morbide qui puise à tout ce que la pensée magique et la religion ont toujours produit de pire, de plus funeste – une passion imperméable à tout argument scientifique, rationnel. Ces croyances obscurantistes sont d’autant mieux ancrées qu’elles sont délirantes.

  Et en leur nom, on laisse mourir des gens qui pourraient continuer de vivre. Sans rien changer aux comportements collectifs. Comment peut-on perdre à ce point toute forme d’humanité ? Ce que j’appelle la société de l’obscène, c’est aussi cette déconnexion complète de la souffrance de l’autre, ce snobisme infect, cette illusion d’incarner le Bien qui conduit inéluctablement à la déshumanisation.

  Car cette idéologie tue.

  À cause d’elle et de ses zélotes demi-instruits, au lieu d’œuvrer à l’intérêt général, nous nous perdons dans des débats surréalistes sur… la climatisation !

  Alors, puisqu’il faut en parler, parlons-en, de la climatisation. Dénués de toute connaissance scientifique de base, n’ayant aucune idée de comment fonctionne une climatisation, ils déblatèrent des inepties et refusent de comprendre qu’une climatisation sur le principe de la pompe à chaleur air-air réversible consomme très peu d’énergie électrique, énergie à la fois abondante et décarbonée, en France, grâce au… nucléaire (et au photovoltaïque en été, lorsque la production est la plus élevée) ! La seule chaleur qu’elle « fabrique » est celle, marginale, qu’émet son moteur : schématiquement, elle « extraie des calories » à l’intérieur qu’elle « déplace » à l’extérieur. Comme ces calories seraient de toute façon « sorties » d’une manière ou d’une autre, le bilan est globalement nul. La climatisation ne « réchauffe » donc pas la planète. Quant à la pollution par les gaz réfrigérants, c’est le seul vrai point noir, bien connu, et l’objet de recherches intenses qui, ajoutées aux progrès techniques et aux évolutions normatives, ont déjà permis de la diminuer très largement. Enfin, la climatisation s’avère beaucoup plus écologique que le chauffage utilisé l’hiver (qui « fabrique » de la chaleur, lui… ce qui n’émeut guère nos anticlim doctrinaires), qu’elle remplace très avantageusement en étant beaucoup plus efficace qu’un chauffage électrique (consommation trois à quatre fois inférieure) et complètement décarbonée par rapport aux chaudières aux énergies fossiles. Autrement dit : l’installation massive de climatisations sur le principe de la pompe à chaleur réversible permettrait de réduire en même temps la consommation électrique et les émissions de gaz à effet de serre [2] !

  Malgré ces faits, malgré la science et malgré la raison, l’idéologie l’emporte encore, notamment dans les projets immobiliers de construction ou de restauration. L’anecdotique et l’accessoire y prennent la place centrale et les véritables enjeux sont délaissés. Avec des conséquences d’autant plus insupportables qu’elles auraient pu, qu’elles auraient dû être évitées. Je l’ai écrit au début de ce billet : depuis 2003, nous n’avons rien appris, rien fait. Les exemples médiatiques de la gare (inaugurée en 2020) et de l’hôpital (prévu pour 2028) de Nantes, édifiés selon des principes bien plus idéologiques que rationnels, montrent l’inanité de cette démarche : ces étuves non climatisées ne peuvent qu’être des espaces hostiles aux êtres humains. Il en va de même des crèches, des écoles, des hôpitaux, des Ehpad, etc., dans lesquels la climatisation a été rejetée par principe — et, il faut être honnête, par économie, l’écologie étant un excellent prétexte lorsqu’elle peut servir à réduire les coûts. Tous ces espaces ont un point commun : ils sont censés être des havres pour les plus fragiles. Si les décisions avaient été guidées par la raison et non par l’idéologie, par l’intérêt général et non par l’incurie des élus nationaux comme locaux, bien des morts et bien des souffrances auraient pu être largement évitées, parmi les plus jeunes, les plus pauvres, les plus précaires, les plus vieux, les plus vulnérables. Ce sont toujours les mêmes qui trinquent. Et les mêmes qui s’en sortent sans jamais rendre compte de leur (ir)responsabilité.

  Les villes deviennent donc invivables. Nos élus en sont largement responsables qui, non seulement n’appliquent pas les solutions nécessaires mais, en plus, souvent au prétexte fallacieux de l’écologie, aggravent encore la situation avec leurs politiques urbaines de densification (folie des dents creuses comblées qui créent des « canyons urbains » privés de ventilation), de minéralisation, de bétonnage, d’utilisation de revêtements de mauvaise qualité, de suppression des arbres matures, etc. Paris est l’exemple caricatural de ces politiques antiécologiques… menées par des municipalités auxquelles participent le plus souvent des élus prétendument écolo. Pourquoi a-t-on si aisément oublié Adolphe Alphand, qui doit jouer au ventilateur dans sa tombe s’il voit ce que l’on inflige à sa ville, et son entreprise novatrice et salutaire de végétalisation (réelle) de Paris au XIXe siècle avec la plantation de très nombreux arbres ? L’amnésie qui accompagne l’inculture et l’arrogante illusion « progressiste » nous fait dilapider, avec une morgue suicidaire, ce précieux héritage, inconscients que nous sommes de l’importance de ce patrimoine.

  Pendant que nous perdons notre temps avec des débats stupides, nous perdons aussi de vue des enjeux gravissimes : en-dehors de nos villes-fours, dans cette France rurale qui n’intéresse ni les médias ni les politiques, cette canicule a provoqué la mort de millions de bêtes d’élevage et d’animaux sauvages, brisé une part importante de notre agriculture et grandement fragilisé voire anéanti des écosystèmes entiers [3]. Ici aussi, en matière d’agriculture et de protection des écosystèmes, la situation réclame une politique ambitieuse ; ici aussi, nous souffrons d’un terrible déclassement de la France.

  Devons-nous vraiment nous résoudre, comme le veau que l’on conduit à l’abattoir, à crever de froid en hiver et de chaud en été ? Dans les deux cas, nous subissons une forme de déchéance nationale qui atteint déjà tant de pans de notre société : école, hôpital, transports… La France devient de plus en plus un pays… du tiers-monde. Et pour y répondre, nous ne faisons que multiplier les bricolages débiles (recouvrir les fenêtres de « blanc de Meudon » : vraiment ? on en est là ?), proposer des solutions contre-productives (le dogme de l’isolation des bâtiments qui les transforme souvent en véritables « bouilloires thermiques ») ou encore plus polluantes.

  Il serait pourtant possible, avec une volonté politique portée par de véritables hommes d’État (espère disparue en nos contrées), de rendre à la France son rang de leader mondial de l’énergie nucléaire. Quand un dirigeant politique proposera-t-il enfin un nouveau « plan Messmer », avec la construction de dizaines d’ EPR et surtout l’investissement massif nécessaire dans la recherche scientifique en matière nucléaire ? Mesures de salubrité nationale auxquelles il faut ajouter — parce que tout commence toujours là : à l’école — le renforcement de l’enseignement scientifique à tous les niveaux, dans un pays où l’inculture scientifique fait des ravages autant dans la population qu’au sein d’une classe politique profondément ignare, donc perméable aux pires obscurantismes et aux propagandes idéologiques.

  Il faut en finir avec les leçons de morale d’idéologues incompétents : tout discours sur l’écologie, sur l’environnement, sur le climat, qui ne se fonde pas sur des connaissances scientifiques minimales, est nul et non avenu. Chacun a le droit d’avoir une opinion et de l’exprimer dans l’espace public mais l’ iségorie, fondamentale en démocratie, ne signifie pas que toutes les opinions se valent et l’expertise dans un domaine doit être reconnue. Or, de ce point de vue, les partis soi-disant écologistes, dont aucun cadre n’a la moindre légitimité scientifique malgré leurs innombrables diplômes de sociologie en « gender studies » de l’université Paris-VIII, sont les pires impostures possibles. De même, les Autorités administratives indépendantes, les associations, les lobbies divers, gangrenés par l’idéologie et obstinément imperméables à la science, sont les pires ennemis de la planète —  l’ ADEME, par exemple, doit être démantelée et ses fonctions réintégrées aux administrations centrales et, surtout, confiées à des ingénieurs et des scientifiques sérieux.

*

  Évidemment, moins encore que le nucléaire, la climatisation ne saurait être envisagée comme la solution miracle, ni même unique, contre le réchauffement climatique – cette idée est complètement idiote et, contrairement à ce qu’affirment les sombres inquisiteurs de l’ anti-science, personne ne prétend rien de tel ! Mais nous avons là une solution rationnelle et raisonnable d’adaptation, qui sauverait des milliers de vies. Et qui doit être cumulée avec d’autres : reconstruire une filière nucléaire intégrée et renouer avec la tradition d’excellence française, je l’ai dit ; mais aussi végétaliser réellement les villes (au contraire de l’hécatombe d’arbres causée par la municipalité parisienne); électrifier les usages ; réindustrialiser le pays afin de retrouver notre souveraineté, de diminuer les pollutions dues au commerce international et de cesser d’exporter notre pollution et nos émissions dans des pays dont la faiblesse ou l’absence des normes permettent un injuste dumping environnemental (argument à la fois écologique et économique); protéger et adapter notre agriculture; en finir avec les escroqueries des moulins à vents qui ne produisent rien, polluent, détruisent les paysages, fragilisent notre réseau électrique et engraissent des entrepreneurs et des politiciens corrompus; et puis (quoique la liste ne s’arrête pas là), tâche bien difficile, modifier nos habitudes de consommation. Or, pour ce dernier point, la culpabilisation individuelle (si tu ne tries pas ta poubelle, tu détruis la planète) et la déresponsabilisation collective (il suffit de faire pipi sous la douche pour sauver la planète), comme le dolorisme antihumaniste, ne servent à rien. Comme s’il fallait choisir entre sauver la planète et sauver les êtres humains : l’alternative est absurde et criminelle.

  Il faut être très clair : nous ne retrouverons jamais le climat de notre enfance. En revanche, il faut tout faire pour que la planète ne devienne pas invivable. Il s’agit donc tout à la fois de s’adapter et de réduire au maximum les émissions de gaz à effet de serre. Et, pour cela, nous avons besoin de sciences mais aussi de politique, dans le sens le plus fort du terme.
 

L' ÉOLIENNE, LA CHAUVE-SOURIS ET... LA MORT

   La Société Française pour l'Étude et la Protection des Mammifères — SFPEM, nous indique, dans le document ci-après, quelles sont les espèces de chauves-souris victimes de la mortalité liée aux éoliennes en France. Elle rappelle également aux « écornifleurs du vent » que l'existence de ce rapport ne les dispense en aucun cas de réaliser leurs propres études locales, afin d'identifier les espèces présentes et de mettre en œuvre les mesures nécessaires à leur protection dans le cadre de leurs futurs projets éoliens.

php 
 
Dans le détail
 
 
 
 

 

 
 
 

 

 

 

 
 
 
 
 

 

HAUTE-MARNE : AGRIVOLTAÏQUE : 11 NOUVEAUX PERMIS DE CONSTRUIRE POUR DES USINES

 
 Après le nombre « extraordinaire » de mai 2026, voir ci-dessus, consacré aux projets d'usines agrivoltaïques, portés par des acteurs agricoles locaux adossés à de grands groupes, voici le bilan de juin, qui recense pas moins de 11 permis de construire au nom de l'État, délivrés par la préfecture
 
Liste et détails des projets validés par la préfecture
 
  - Conseil municipal : en 2020 et 2022, avis favorables. 
  - Projet : 
« La CPV SUN 40, société à responsabilité limitée créée par la société LUXEL, sollicite l’autorisation d’implanter une centrale photovoltaïque sur un terrain de 22,46 ha, sur les communes de Montreuil-sur-Thonnance et Thonnance-lès-Joinville, au lieu-dit « La Fortelle » dans le département de la Haute-Marne (52). La surface au sol couverte par les modules est d’environ 10,7 ha soit 48 % de la surface clôturée. La durée minimale d’exploitation prévue est de 30 ans. »
 
 
 
 
   Ce projet s'ajoute à l'usine de 3 éoliennes autorisée, lire ICI
 
2. VESVRES-SOUS-CHALANCEY — 47 habitants 
  - Conseil municipal : avis favorable. 
«  La commune de Vesvres-sous-Chalancey est restée favorable au projet tout au long de son élaboration et a pris les délibérations favorables nécessaires. » 
Source.  
 
  - Projet :
  
 
 
 
 
 
  
3. BEAUCHEMIN —  112 habitants
  - Conseil municipal : avis favorable.
« ... le 7 décembre 2022, il a eu délibération du conseil municipal avec avis favorable au projet. »  
 
 - Projet :
«  La société SUN’R POWER, filiale du groupe Eiffage, sollicite l’autorisation d’implanter une centrale photovoltaïque sur une friche industrielle sur le territoire de la commune de Beauchemin (52). Le site d’implantation, d’une superficie totale de 5,7 ha, correspond à un ancien terrain en friche, situé en bordure de l’autoroute A31, qui a accueilli par le passé une centrale d’enrobage liée à la construction de l’infrastructure routière. » 
 
 
4. FAVEROLLES — 102 habitants
  - conseil municipal : avis favorable.
«  Pour ce qui concerne les collectivités, elles ne se sont pas exprimées au cours de l’enquête. Elles se satisfont d’un revenu fiscal supplémentaire si le projet abouti. La commune de Faverolles est restée favorable au projet tout au long de son élaboration et a pris les délibérations nécessaires. »
 
  - Projet :
«  L’emprise du projet occupe une surface d’environ 20,8 ha (dont 1,38 ha de « zone témoin »), actuellement couverts par des cultures. 6 ha seront couverts par les tables. Seule la partie ouest du projet initial a été conservée. »  
 
 Source
 
À noter :
«  - Le Parc National des Forêts émet un avis défavorable à la réalisation du projet précisant que ses effets sont susceptibles de porter atteinte au caractère du parc, à sa naturalité et altèrent les paysages. Il va à l’encontre de l’article L. 331.1 du Code de l’environnement.
- L’ ABF émet des réserves quant à la proximité du Mausolée. » 
 
 
 
 
 5. VESAIGNES-SUR-MARNE — 103 habitants
  - Conseil municipal : avis favorables, par 2 fois.
«  14 MARS 2022 : Le projet de centrale photovoltaïque et pâturage ovins présenté par la Société MANA VSM a reçu, par délibération, avis favorable du Conseil Municipal de la Commune de Vesaignes Sur Marne.

 4 Décembre 2023 : Une nouvelle délibération du Conseil Municipal de Vesaignes-sur-Marne émet un avis favorable au projet et à sa classification en zone d’accélération en faveur des énergies renouvelables. »

 
  - Projet :
«  La Société MANA VSM, sollicite l’autorisation d’implanter une centrale photovoltaïque sur une emprise agricole de 102 ha, située sur la commune de Vesaignes-sur-Marne dans le département de la Haute-Marne (52). La durée minimale d’exploitation prévue est de 20 ans pouvant être prolongée jusqu’à 35 ans. 
  Le projet est prévu à environ 800 mètres au sud-ouest du village de Vesaignes-sur-Marne. Les terrains nécessaires pour le projet appartiennent à l'exploitation de polyculture-élevage EARL du MILLÉNAIRE, avec laquelle la société MANA VSM a signé un contrat de location des terrains couvrant la durée d'exploitation du site. »
   
 Source
 
 
6ROMAIN-SUR-MEUSE92 habitants
- Conseil municipal : avis favorable
 
 
 
 
  - Projet : 
 
 
 
 
À noter :
  - 2024 → refus de la préfecture;
  - 2025 → annulation de l'arrêté préfectoral, par le Tribunal administratif de Châlons-sur-Saône.
«  Un arrêté préfectoral en date du 23 juillet 2024 notifie le refus de délivrer le permis de construire.
  Par une requête enregistrée le 23 septembre 2024 et un mémoire enregistré le 24 avril 2025 la SAS Energie Romain sur Meuse demande au tribunal administratif de CHALONS EN CHAMPAGNE d’annuler l’arrêté préfectoral du 23 juillet 2024.
  Le tribunal administratif décide d’annuler le refus d’autorisation le 26 juin 2025, notamment en mettant en avant un vice de procédure substantiel car le refus de permis de construire a été prononcé avant la réalisation de l’enquête publique.
  L’exécution du jugement implique que la demande de permis de construire soit réexaminée après la réalisation d’une enquête publique prévue par les dispositions de l’article L. 123-2 du code de l’environnement. » 
 
7MUSSEY-SUR-MARNE — 354 habitants
  - Conseil municipal : avis favorable
 
 
 
 
 
  - Projet :
« ...  Le projet d’implantation d’un parc photovoltaïque au sol est situé sur la commune de
Mussey-sur-Marne, au lieu-dit « L’aérodrome », en Haute-Marne (Grand Est). [...] Le projet prévoit un parc solaire clôturé de 3,88 ha... »
 
 
 
 À noter :
  La Mission régionale d'autorité environnementale — MRAe, ne s'est pas prononcé sur ce projet :
«  Vous avez transmis pour avis de l’autorité environnementale le dossier de centrale photovoltaïque de Mussey-sur-Marne (52300), reçu le 20 mai 2025.
  Je vous informe que la Mission régionale d’autorité environnementale ne s’est pas prononcée dans le délai réglementaire prévu par l’article R.122-7 II du code de l’environnement.
  Cette information sur l’absence d’avis est à porter à la connaissance du public. Elle figure sur le portail de l’évaluation environnementale. » 
 Source
 
8. HAUTE-AMANCE — 967 habitants  
  - Conseil municipal :avis favorable
 
 
 
 Source
 
 - Projet :
 
 
 
 
 

 
 
 
 Source
 
À noter :
«...  Aujourd’hui, le suivi post-exploitation du site est réalisé par le syndicat départemental d'énergie et des déchets (SDED52) qui est également propriétaire des terrains. L’installation de stockage de déchets a été réhabilitée en 2017 avec une couverture définitive de 3 ha... » 
 
9. CHARMES-LA-GRANDE — 163 habitants 
 Le permis de construction existe bien, mais la préfecture a manifestement un problème d'affichage : le lien vers le PDF n'est pas visible dans la version HTML, alors que l'index du site indique qu'un document est bien associé à la page.
  - Conseil municipal : seul l'avis du maire est disponible. Plutôt DÉFAVORABLE, non ?
 
 
 
 
 - Projet : 
 
 
 
 
 
 À noter :
 
 
 
«  Comme l’illustre la photo, la zone d’implantation du projet (ZIP) est une surface entièrement agricole exploitée (en grandes cultures selon une rotation traditionnelle de type colza-blé-orge) par 3 exploitants agricoles organisés en EARL (Exploitation agricole à responsabilité limitée) :
  • l’ EARL Bourgeois7 met à disposition du pétitionnaire les parcelles cadastrales ZC 17 de 14,67 ha et ZC 18 de 4,29 ha soit 18,96 ha ;
  • l’ EARL Huguenin8 met à disposition du pétitionnaire la parcelle cadastrale ZC 22 de
14,2 ha ;
  • l’ EARL des Fontaines9 met à disposition du pétitionnaire la parcelle cadastrale ZC 5 de
7,4 ha.
  Les 3 exploitants mettent à disposition du pétitionnaire ces parcelles de terrain pour le projet photovoltaïque... » 
 
10. PERTHES — 522 habitants 
  Le permis de construction existe bien, mais la préfecture a manifestement un problème d'affichage : le lien vers le PDF n'est pas visible dans la version HTML, alors que l'index du site indique qu'un document est bien associé à la page. Idem pour le Rapport, conclusion et avis du commissaire d'enquête. 
- Conseil municipal : avis favorable
 
 
 
  
   Le vote des 11 élus se décompose comme suit :
 
 
  On peut en déduire que les élus « excusés », mentionné sur le compte rendu, sont ceux concernés personnellement par ce projet. Or, seuls trois noms figurent dans cette catégorie. Le décompte est donc le suivant : 7 élus présents + 4 représentés — cause COVID, + 3 excusés = 14 élus. Une question demeure : où est passé le quinzième élu ? Le mystère reste entier. 
 
  - Projet
 
  
 
 
 
 
 
À noter :
«  Place Royale 1 est situé sur des terrains en eau ou en terre exploités comme carrière par la
société Moroni SA ou par les Établissements Blandin [...] Place Royale 2 est situé quasiment exclusivement sur des terrains appartenant à la société Moroni SA mais n’ayant pas été exploités comme carrière du fait de prescriptions archéologiques... »
 Source
 
11. ANDELOT-BLANCHEVILLE — 814 habitants 
  Le permis de construction existe bien, mais la préfecture a manifestement un problème d'affichage : le lien vers le PDF n'est pas visible dans la version HTML, alors que l'index du site indique qu'un document est bien associé à la page. Idem pour le Rapport, conclusion et avis du commissaire d'enquête.  
  - Conseil municipal : sauf erreur de notre part, le vote formel « favorable » ou « défavorable » de ce dernier, n'a pas été rendue publique dans les documents de la préfecture.
  - Projet :
 
 
 
 
 
 
 Source
 
À noter :
  • Ces terres ont une vocation, depuis plusieurs années, céréalières et fourragères;
  • 3 exploitants agricoles sont concernés.  

Haute-Marne : nouvel Eldorado pour les écornifleurs du soleil ?  

  Notre département fait partie des départements du Grand Est où l’agrivoltaïsme est en forte accélération, sous l'impulsion de grands groupes. Ainsi, on observe trois catégories d’acteurs :
  • les grands énergéticiens nationaux;
  • les développeurs spécialisés agrivoltaïques;
  • les sociétés foncières ou d’investissement travaillant avec des GAEC, exploitants individuels et propriétaires fonciers. 
     Parmi les principaux groupes identifiés, on trouve : 
  Après la colonisation à grands coups de pales éoliennes, qui se poursuit, la Haute-Marne doit faire face à une nouvelle invasion industrielle. 
 
Mais pourquoi un tel engouement pour notre pays ? 
  Parce que notre département a conservé sa beauté originelle et son identité profonde, avec ses immenses prairies, ses paysages préservés et ses terres d'élevage. C'est précisément tout cela qui en fait sa faiblesse première ! Notre terre est trahie par ceux qui sont en charge de l'entretenir et de la protéger — propriétaires, GAEC, élus, Chambre d'agriculture, etc. un monde minoritaire —  ~ 2% des actifs, qui, en quête de revenus complémentaires1 — voir ci-dessous, se laissent séduire par les promesses déclamées par les grands groupes d'un avenir meilleur, l'intérêt particulier passant devant l'intérêt général !
 
1. Les données du Réseau d'information comptable agricole — RICA, montrent que les régions du Bassin parisien, dont fait partie le Grand Est, présentent généralement des revenus par actif non salarié supérieurs à la moyenne nationale, même après le recul observé en 2023 et 2024. Cet élément est intéressant car il relativise un argument souvent avancé par les développeurs d'installations agrivoltaïques, selon lequel les exploitations agricoles seraient, de manière générale, dans une situation économique telle que les revenus issus des panneaux photovoltaïques constitueraient une nécessité. Pour la Haute-Marne, les résultats économiques des exploitations agricoles, tirés notamment par les grandes cultures, sont globalement supérieurs à la moyenne nationale, tout en masquant d'importantes disparités entre les différentes filières de production. 
  
 4 facteurs majeurs en font une des cibles prioritaires pour les grands groupes énergétiques :
  • Le prix du foncier et la taille des parcelles : le coût de location des terres agricoles y est considérablement plus bas que dans les grandes régions céréalières — comme la Beauce ou viticoles. Pour un développeur industriel, le coût du loyer versé au propriétaire reste marginal par rapport au potentiel énergétique. Par ailleurs, les structures d'exploitation y sont souvent vastes ou regroupées en GAEC, ce qui permet d'atteindre facilement les fameux seuils de rentabilité — mégaprojets de plusieurs dizaines d'hectares d’un seul tenant.
  • La proximité du réseau électrique — l'atout invisible : un projet solaire ou EnR, ne vaut rien s'il ne peut pas injecter son électricité dans le réseau national. Le quart Nord-Est de la France, historiquement industriel et proche des grands axes de transit électrique européens, dispose d’un maillage de lignes à haute tension et de grands postes de raccordement. Moins le développeur a de kilomètres de câbles à enfouir pour rejoindre le réseau, plus son projet devient rentable. Même si, aujourd'hui, la saturation guette les réseaux électriques en Haute-Marne
  • La faible densité et mobilisation de la population : la Haute-Marne fait partie des départements les moins densément peuplés de France et, possède des communes rurales aux budgets modestes, pour qui la fiscalité verte — les taxes versées par l'énergéticien à la commune et à l'intercommunalité, représente une source de financement inespérée. À cela s'ajoute, la faible mobilisation contre ces projets. L'expérience montre que les premiers projets autorisés sur un territoire peuvent avoir un effet d'entraînement. Lorsqu'ils rencontrent une population peu opposée, les opérateurs sont susceptibles de considérer que le contexte local est favorable au développement de nouveaux projets, ce qui peut les inciter à engager d'autres démarches d'implantation dans le même secteur. À l'inverse, l'expression d'une opposition argumentée et la mobilisation des acteurs locaux peuvent créer un contexte d'incertitude quant à l'aboutissement des projets. Cette situation est susceptible d'amener les porteurs de projets à réévaluer l'opportunité d'investir dans des études techniques, environnementales et administratives particulièrement coûteuses lorsque les perspectives d'autorisation apparaissent plus incertaines. Le raisonnement se tient également pour tous les projets d'usines EnR...
  Ce cocktail industriel mortifère mène le Pays de l'eau droit au tombeau !

  Sans oublier, par exemple, l'influence de la Chambre d'agriculture, tout autant intéressées financièrement que les autres acteurs agricoles2, qui tenterait d'encadrer, avec la Préfecture, cette ruée vers l'or en créant des « chartes départementales du photovoltaïque au sol ». L'objectif étant de refuser les projets sur les bonnes terres et de n'accepter que ceux qui prouvent un réel intérêt pour l'animal ou la culture. Mais face à la pression des grands groupes, les dossiers d'enquêtes publiques continuent de s'accumuler.  
 
«  Quand on parle pognon, à partir d'un certain chiffre, tout le monde écoute. »
AUDIARD Michel. 
 
2. Lorsqu'un aménageur ou un opérateur énergétique entraîne la consommation de terres agricoles, les mesures de compensation collective agricole donnent lieu au versement de contributions financières à un fonds départemental ou à un Groupement d'utilisation des fonds agricoles — GUFA, généralement constitué sous la forme d'une société par actions simplifiée. Dans de nombreux départements, la création de ces structures est à l'initiative des chambres d'agriculture.
  Il est soutenu que l'importance des ressources financières issues de ces compensations peut conduire certains acteurs du monde agricole à soutenir des projets entraînant une artificialisation ou une perte de surfaces agricoles, davantage en raison des retombées économiques attendues que de leur intérêt pour l'agriculture elle-même. Cette situation alimente les interrogations sur l'indépendance des décisions prises et sur la finalité réelle des mécanismes de compensation collective agricole.
 
 Qui sont les vrais gagnants ? 
 « Le terme « agrivoltaïsme » a été inventé dans le cadre d’un partenariat « public-privé » associant l’ INRAe et des énergéticiens. Il a ensuite été repris par l’ Ademe, qui a notamment associé aux installations photovoltaïques au sol 4 grands services : 
  • protection contre les aléas, 
  • amélioration du potentiel agronomique, 
  • amélioration du bien-être animal 
  • adaptation au changement climatique.
Depuis sa création, ce terme a essentiellement été utilisé comme une notion marketing afin de laisser penser à une synergie entre agriculture et photovoltaïque, sans qu’aucune garantie ne soit jamais apportée quant à la satisfaction de critères relatifs à ces services.... 
Début 2023, l’agrivoltaïsme a été introduit dans la loi d’Accélération de la Production des Énergies Renouvelables. Cette loi confiait à un décret la mission de préciser les critères définissant l’agrivoltaïsme à partir de grandes lignes directrices : 
  • la réversibilité des installations, 
  • la garantie d’une production agricole significative
  • un revenu durable en étant issu...
  Cette loi nécessitait la parution d’un décret, qui est intervenue le 9 avril 2024, pour être applicable. 
  Or, selon ce décret, ne peuvent se réclamer de l’agrivoltaïsme que des installations dont la demande de permis de construire a été déposée à partir du 9 mai 2024. Avant d’être potentiellement acceptée, toute demande de permis de construire doit respecter des étapes réglementaires l' avis de l’Autorité environnementale, avis de la CDPENAF, enquête publique, qui durent plusieurs mois. »
 Source
 
  C'est à partir de ce décret que, les grands énergéticiens, à l'initiative de l' agrivoltaïsme, ont pu déployer leurs équipes de commerciaux sur toute la France et, en Haute-Marne en particulier. 
  En tout premier lieu, ce sont les industriels, dont l'appétit actuel pour les espaces agricoles, naturels et forestiers s'explique par un unique facteur : l'argent. D'après l' INRAE, chaque usine dégage une marge colossale, comprise entre 50 000 et 200 000 euros par hectare/année. Ainsi, le plus gros de cette manne financière retombe directement dans les poches des développeurs énergétiques.
  Sans aucun doute, si l' agrivoltaïsme est présenté comme une réponse aux enjeux agricoles et environnementaux, c'est avant tout une autre façon d'enrichir les acteurs du secteur de l'énergie, que le législateur a bien volontiers respectabilisé par la loi, en profitant des difficultés que traverse le monde agricole
  Pour les associés locaux, loueurs de parcelles, les revenus sont bien moindres. En contrepartie du bail — souvent un bail emphytéotique de 30 ans, l'agriculteur ou le propriétaire perçoit une rente annuelle. Elle oscille généralement entre 1 000 € et 5 000 € par hectare et par an, selon les régions, la puissance installée et le type de culture. Et c'est là que, la question de la pérennité de l'activité agricole mérite d'être posée. Stop ou encore ? En effet, la réglementation ne prévoit en rien de limiter la rente agrivoltaïque3, dont le montant reste fixé par les énergéticiens. Ainsi, par exemple, un exploitant percevant une rente agrivoltaïque de l'ordre de 2 000 € par hectare sur 50 hectares de prairies, soit environ 100 000 € par an, peut être conduit à s'interroger sur l'intérêt économique de poursuivre une activité d'élevage ovin herbager lorsque celle-ci génère un revenu annuel inférieur à 20 000 €, selon les données de l'Institut de l'Élevage —  2022. Dans ces conditions, le risque existe que la production agricole devienne secondaire au regard des revenus procurés par l'installation photovoltaïque, ce qui interroge la réalité du maintien de la vocation agricole des terres concernées. 
 
3. « Dans le cadre de l’agrivoltaïsme, la réglementation prévoit uniquement que le revenu issu de l’agriculture (hors rente de l’électricité) ne baisse pas par rapport à la situation précédant l’installation des panneaux... tout en prévoyant des aménagements « tenant compte de l’évolution de la situation économique générale et de l’exploitation ». Des diminutions plus importantes peuvent aussi être acceptées par le préfet. »
Source.  
 
Les dérives socio-économiques : la spéculation et le blocage des jeunes
  L'afflux d'argent des énergéticiens dans le monde rural crée des effets pervers redoutés sur le foncier.
  • La flambée des prix et la spéculation foncière : les loyers proposés par les énergéticiens — jusqu'à 5 000 €/ha, sont infiniment plus élevés que les fermages agricoles classiques — qui dépassent rarement 150 à 200 €/ha. Cela pousse certains propriétaires à refuser de louer à de vrais agriculteurs dans l'espoir de signer avec un promoteur solaire.
  •  La barrière à l'installation des jeunes : pour un jeune agriculteur qui souhaite s'installer, l'accès à la terre devient encore plus difficile. Il ne peut pas rivaliser face aux offres des géants de l'énergie.
  •  Le risque d' « agriwashing »  : la tentation est grande pour certains exploitants en fin de carrière de réduire l'activité agricole au strict minimum — par exemple, mettre trois moutons sous des hectares de panneaux, uniquement pour toucher la rente solaire
 Associés sur le papier, salariés dans les faits ?
  En préambule, soyons clairs : les vues imprenables ne plaignent nullement la situation, si elle est avérée, pour ces acteurs agricoles, devenus « jardinier » ou en « salarié déguisé » pour le compte de multinationales de l’énergie. 
  Dans de nombreux projets — notamment en élevage ovin, l'éleveur ne touche pas seulement un loyer : il signe un contrat de prestation de service avec l'énergéticien pour entretenir la parcelle — gérer l'herbe sous les panneaux grâce aux moutons. Or, les interventions sous les panneaux nécessitent des investissements parfois importants de la part de l'exploitant agricole, notamment pour l'acquisition d'équipements adaptés — faucheuses déportées, modification du tracteur, etc.,. Selon les projets, ces dépenses peuvent représenter un investissement personnel supérieur à 250 000 euros.
    C'est le groupe énergétique qui dicte le calendrier. Si l'herbe pousse trop haut et fait de l'ombre aux panneaux du bas, l'énergéticien peut exiger que l'agriculteur intervienne immédiatement, même si ce n'est pas le moment idéal pour ses bêtes. L'agriculteur obéit à des impératifs industriels.
  L'essence même du métier d'agriculteur est la liberté d'assolement — choisir ce qu'on sème d'une année sur l'autre en fonction de la météo ou des cours du marché. Avec une usine agrivoltaïque, cette liberté disparaît en grande partie :
  • Des baux bloqués sur 30 ans : vous êtes engagé à vie. Impossible de décider, sur un coup de tête, de repasser l'intégralité de la parcelle en maïs ou en blé si les prix mondiaux s'envolent, car le matériel agricole ne passerait plus ou l'ombre ruinerait la récolte,
  •  Le droit de regard de l'énergéticien : le propriétaire des panneaux dispose de servitudes. Ses techniciens ont le droit de pénétrer sur la parcelle à tout moment pour la maintenance. L'agriculteur n'est plus totalement « maître chez lui ».
  Il faut savoir que le bail rural actuel ne permet pas à un fermier d’installer des panneaux solaires susceptibles de porter atteinte à l’intégrité du fonds agricole. À l’inverse, le bailleur ne peut pas imposer de restrictions à la liberté de culture ou d’élevage du preneur.
  Dans ce contexte, certains acteurs favorables à l’agrivoltaïsme, dont la FNSEA4, défendent la création d’un bail agrivoltaïque. Celui-ci introduirait de nouvelles règles encadrant l’activité des exploitants, avec une réduction de leur autonomie : limitation de la liberté de production, encadrement de l’activité agricole, interdiction de pratiques jugées incompatibles avec les installations, ainsi que de nouvelles clauses relatives à la résiliation du bail.
 — qui protègent énormément les fermiers en France, certains développeurs préfèrent faire signer des commodats, c'est-à-dire des contrats de prêt à usage gratuit de la terre sous les panneaux. Sous ce statut, l'agriculteur n'a plus la protection historique du statut du fermage.
 
4. « A partir de ce travail, la commission gestion des territoires, ainsi que la SNFM et la SNPR ont proposé la création d’un bail rural à clauses agrivoltaïques.Ce modèle de bail rural fonctionne comme celui du bail rural à clauses environnementales. C’est-à-dire un bail rural soumis au statut du fermage, dérogeant sur quelques points très particuliers (montant des fermages notamment) et donnant la possibilité de mettre en place des clauses réglant la cohabitation des deux activités sur une même parcelle. »
Nature, animaux et climat : quels bénéfices ?
1.  Les rendements agricoles
  L'affirmation selon laquelle l'agrivoltaïsme améliorerait systématiquement les rendements agricoles n'est pas corroborée par l'ensemble des travaux scientifiques disponibles. Plusieurs études mettent au contraire en évidence des diminutions de rendement en fonction du taux de couverture des parcelles par les panneaux photovoltaïques.
  Ainsi, une publication scientifique de l 'INRAE, fondée sur la synthèse de plus de vingt études portant sur différentes cultures — blé, maïs, riz, tomates, salades, kiwis, pommiers, etc., et sur plusieurs types d'installations photovoltaïques — fixes ou mobiles, indique qu'un taux de couverture de :
  • 20 % est associé à une baisse moyenne de rendement d'environ 25 %, 
  • 30 % à une baisse de l'ordre de 33 %,
  • 40 % à une diminution moyenne de 38 %.
  Par ailleurs, un rapport de la société Sun'Agri consacré à l'arboriculture, rendu public en avril 2024 par les revues Silence et L'Empaillé, fait également état de diminutions de rendement observées sous les panneaux photovoltaïques, évaluées à environ 30 % pour les pommiers et 20 % pour les nectariniers. Quand au fait que, la pousse de l'herbe serait favorisée sous les panneaux, lire ci-dessous :
« La plupart des études scientifiques disponibles sont financées par les énergéticiens eux-mêmes. En France, une étude est régulièrement citée, celle de l’ INRAe dans le Cantal et l’Allier, financée par deux firmes énergéticiennes. Selon les premiers résultats de cette étude, la pousse de l’herbe aurait presque doublé sous les panneaux. Mais ces résultats préliminaires ne concernaient en réalité que l’été particulièrement chaud de l’année 2020 !Selon les conclusions de l’étude réalisée sur deux ans, la production de biomasse annuelle est inchangée sous les panneaux.
  Toutefois, la qualité de la prairie est largement impactée : développement de mousse en hiver, accroissement de la part de sols nus, et domination des graminées sur les légumineuses.... »
 
  Ces éléments montrent que les effets de l'agrivoltaïsme sur la production agricole ne peuvent être considérés comme uniformément positifs.
  
2. Les animaux 
 L'argument selon lequel les installations agrivoltaïques seraient nécessaires pour assurer le bien-être des animaux au pâturage doit être apprécié à la lumière de la réglementation déjà applicable. En effet, les articles R. 214-17 et R. 214-18 du Code rural et de la pêche maritime imposent aux détenteurs d'animaux de ne pas les maintenir dans un environnement susceptible, notamment en raison de son inadéquation aux conditions climatiques, de provoquer des souffrances. Ils prévoient également que les bovins, ovins, caprins et équins élevés en plein air doivent bénéficier de dispositifs ou d'installations permettant de prévenir les souffrances liées aux variations climatiques.
Extraits : 
« de les placer [...] dans un habitat ou un environnement susceptible d’être, en raison [...] de sa situation inappropriée aux conditions climatiques [...], une cause de souffrances » et de garder des bovins, ovins, caprins et équins en plein air « lorsqu’il n’existe pas de dispositifs et d’installations destinés à éviter les souffrances qui pourraient résulter des variations climatiques ». 
  Ainsi, l'obligation de protéger les animaux contre les effets des fortes chaleurs ou des intempéries existe indépendamment de tout projet agrivoltaïque. Dans la pratique, cette protection est déjà assurée par la grande majorité des éleveurs.
  Par ailleurs, plusieurs auteurs et organismes ont appelé à la prudence concernant les effets potentiels des infrastructures photovoltaïques sur les animaux d'élevage. Les équipements électriques associés aux installations, notamment les câbles, transformateurs et onduleurs, génèrent des champs électromagnétiques dont les conséquences sur le comportement animal continuent de faire l'objet de travaux scientifiques.
  À cet égard, le rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques — 25 mars 2021, relève qu'il peut exister une « concomitance entre l'installation d'infrastructures d'énergie ou de télécommunication et l'apparition de troubles comportementaux chez les animaux ». Ce constat souligne la nécessité d'une vigilance particulière et d'une évaluation scientifique approfondie avant de considérer ces installations comme systématiquement bénéfiques pour l'élevage.
 
3. Le climat 
  Loin d'être des remèdes miracles face aux crises climatiques — canicules, grêle ou gel, les infrastructures telles que les ombrières et les panneaux mobiles bloquent la flexibilité des systèmes de production. En réalité, ces installations représentent une mal-adaptation flagrante au changement climatique, doublée d'un investissement financier disproportionné — environ 800 000 €/hectare.
  • Ces équipements enferment les exploitations dans des contraintes rigides. Plutôt que de privilégier des orientations agronomiques cohérentes et souhaitables, les agriculteurs se voient contraints de choisir des productions simplement compatibles avec la présence des panneaux.
  • Un manque cruel de flexibilité : si un éleveur de bovins souhaite demain se reconvertir dans le maraîchage ou l'arboriculture de plein vent, les opérateurs énergétiques ne viendront pas réadapter leurs structures
  Pour conclure, le décret encadrant l’agrivoltaïsme prévoit qu’il suffit de démontrer une réduction de la grêle sous les panneaux par rapport à une situation en plein champ pour attester qu’une installation agrivoltaïque remplit une fonction de « protection contre les aléas climatiques ». Cette approche réglementaire semble ainsi considérer que les dispositifs photovoltaïques n’apportent pas nécessairement de protection face aux autres types d’aléas climatiques.
  Par ailleurs, toujours dans le rapport de Sun’Agri, paru dans Silence et L’empaillé, indique que les panneaux photovoltaïques n’offriraient pas de protection supplémentaire contre le gel ou les épisodes de canicule susceptibles d’améliorer la production agricole.
 
Le rôle de l'État dans la rentabilité des projets agrivoltaïques ?
  L’État agit principalement sur 4 leviers :
  • prix garanti de l’électricité
  • subventions à l’investissement
  • réduction du risque réglementaire
  • facilitation du financement
  Pour un projet agrivoltaïque de grande envergure soit rentable pour l'écornifleur industriel du soleil et les agriculteurs partenaires, il ne dépend pas du marché libre de l’électricité. Il repose entièrement sur un système de béquilles financières massives et de garanties d’État. 
   Ce soutien public est directement répercuté sur les dépenses des Français, que ce soit via leurs factures d'électricité ou leurs impôts, comme toutes les usines d' EnR.
1. Le mécanisme du « Complément de Rémunération » — CRE
  C'est le moteur principal des projets de plus de 500 kWc. Les opérateurs comme TotalEnergies candidatent aux appels d'offres de la Commission de Régulation de l'Énergie — CRE.
  • Le prix garanti : l’énergéticien obtient un tarif d’achat garanti sur 20 ans — généralement autour de 80 à 90 € le MWh.
  • Le complément d'État : si le prix de l'électricité sur le marché de gros s'effondre — par exemple à 40 €/MWh en plein été à cause d'une surproduction solaire, l'État verse la différence à l’énergéticien — soit 40 à 50 € de subvention par MWh produit.
2. D'où vient l'argent ? La facture des Français
  Rien n'est gratuit, même le soleil et le vent ! : ces compensations financières versées aux énergéticiens sont portées directement par les contribuables et consommateurs français via deux leviers :
  • Les taxes sur la facture d'électricité : les charges de Service Public de l'Énergie — CSPE, aujourd'hui fondues dans l'accise sur l'électricité, sont prélevées directement sur chaque kWh consommé par les ménages et les entreprises françaises. C'est ce fonds qui finance les énergies renouvelables.
  • Le budget de l'État — impôts : lorsque les taxes sur l'électricité ne suffisent pas, le budget général de l’État — donc l'impôt sur le revenu et la TVA des Français, abonde le compte de transition énergétique pour payer ces milliards de garanties d'achat aux opérateurs.
3. Les aides indirectes : le foncier agricole protégé
  L'État utilise aussi des leviers fiscaux et réglementaires pour inciter les acteurs locaux — propriétaires et agriculteurs, à s'associer :
  • L’exonération ou l'optimisation fiscale : les baux emphytéotiques — contrats de location de longue durée, souvent 30 ans, signés entre l'agriculteur et un promoteur industriel génèrent des loyers garantis très élevés pour l’agriculteur, bien plus rentables que la simple culture de céréales. L'État sécurise juridiquement ces montages via le nouveau cadre de la Loi d'Accélération des Énergies Renouvelables.
  • La fiscalité locale — IFER : l'État a mis en place l'Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux — IFER. C'est une taxe payée par l'énergéticien qui est redistribuée aux collectivités — communes et communautés de communes. C'est « l'argument financier » brandi par l'État pour pousser les maires à accepter ces usines, même si, comme on l'a vu souvent, la répartition peut frustrer les communes.
  En conclusion : l'agrivoltaïsme ne vit pas de sa rentabilité commerciale sur le marché de l'énergie. Il vit d'un loyer garanti à l'agriculteur payé par l'énergéticien, lui-même remboursé sécurisé par l'État français, grâce aux taxes prélevées sur les factures d'électricité de chaque citoyen. Tout pareil à toutes formes de production EnR... 
 
« QU'ONT-ILS FAIT DE LA HAUTE-MARNE ? ILS L' ONT PATIEMMENT GÂCHÉE ! »
 
php 
 
 
 
 
 
 
 

CONTRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE : SCIENCE OU IDÉOLOGIE, IL FAUT CHOISIR

  Face à la multiplication des canicules, l'auteur de l'article, lire ci-devant, estime que la France continue de réagir comme si e...