POISEUL : UN PROJET D' USINE DE MÉTHANISATION OFFICIELLEMENT DÉPOSÉ EN PRÉFECTURE

Et une de plus !
  Alors que notre département voit son paysage, ses espaces naturels et sont ciel progressivement découpés par des centaines de pales d’éoliennes, avec des conséquences dénoncées notamment pour l’avifaune et les chiroptères, cet envahissement funeste des énergies dites « renouvelables » ne se limite pas aux éoliennes.
  Plus discrètes et moins visibles pour la population, les usines de méthanisation s’implantent elles aussi progressivement sur notre territoire. Année après année, leur nombre augmente, contribuant à une transformation toujours plus importante de nos espaces ruraux.
  D’après les chiffres officiels disponibles à ce jour, pas moins de 26 unités de méthanisation seraient actuellement en activité dans le département, une dizaine d'autres projets sont actuellement à divers stades de développement — en instruction préfectorale, en enquête publique ou en chantier d'extension/raccordement au réseau de biométhane. Le département se caractérise par une majorité d'installations à la ferme — valorisation des effluents d'élevage et de résidus agricoles, avec une part croissante de sites injectant directement du biométhane dans le réseau de distribution de gaz. Voir le détail ci-devant.

Synthèse de la répartition sur le territoire :

  • Sud — Langrois & Bassigny : concentration la plus élevée — ~9 à 10 sites, principalement liée à la forte densité d'élevages bovins — importante gisement de lisier/fumier, et au réseau de gaz autour de Langres.
  • Nord — Saint-Dizier / Pays du Der : ~7 sites, avec une part importante d'injection directe de biométhane vert dans le réseau grâce aux grandes cultures et résidus de récolte.
  • Centre — Chaumontais : ~6 sites, équilibrés entre valorisation d'effluents d'élevage et cogénération d'électricité/chaleur.
  • Ouest — Barrois : ~4 sites, essentiellement des installations à la ferme intégrées aux polycultures-élevages localisées.
 
 
Graphique : gemini ia.  
 
  C’est dans cette dynamique que les exploitants de l’ EARL DES HERBUES, à Poiseul, ont franchi une étape supplémentaire dans la concrétisation de leur projet de méthanisation : le 4 août 2026, ils ont créé une SAS, au capital social de 1 000 €, spécifiquement dédiée au développement de cette installation.  
 
La création d'une société dédiée à la méthanisation permet de :
  • Découpler les risques économiques : séparer l'activité agricole traditionnelle de l'activité industrielle de production d'énergie. Si le projet énergétique rencontre des difficultés, l'exploitation agricole reste protégée.
  • Clarifier la gestion comptable et fiscale : les règles d'imposition et les régimes de TVA applicables à la vente d'énergie — biométhane injecté ou électricité/chaleur en cogénération, sont distincts des bénéfices agricoles — BA.
Faciliter le montage financier et le partenariat
  Les projets de méthanisation représentent des investissements lourds — plusieurs millions d'euros, nécessitant des emprunts bancaires ou des subventions — ADEME, Région, fonds européens :
  • Banques et investisseurs : les établissements de crédit exigent une structure dédiée pour nantir directement les actifs énergétiques —digesteur, réseau d'injection, et suivre un bilan financier propre.
  • Association d'associés ou d'agriculteurs — « Synergie » : comme le terme « Synergie » l'indique, cette société permet d'associer plusieurs apporteurs de matières — autres exploitations locales fournissant du fumier, du lisier ou des cultures intermédiaires à vocation énergétique — CIVE, ou des partenaires techniques et financiers, sans leur donner de parts dans la ferme elle-même.
 Encadrer la vente d'énergie et les contrats de long terme
  Les contrats de rachat de biométhane ou d'électricité — sur 15 à 20 ans avec des acteurs comme GRDF ou EDF, doivent être souscrits par une entité juridique habilitée à commercialiser de l'énergie et à facturer les flux.
 
Dans le cas présent, ce que nous savons :
  • Quantité de matières traitées : 29.86 tonnes/jour → t/j, soit un gisement global d'environ 10 000 à 15 000 tonnes de matières organiques par an
  • Régime : DC → Déclaration avec Contrôle : l'installation présentant des enjeux de sécurité ou d'environnement marqués, l'exploitant a l'obligation légale de faire vérifier régulièrement ses installations par un organisme agréé indépendant. 
  Pour un tonnage déclaré de 29,86 tonnes par jour — soit strictement inférieur au seuil de 30 t/j, un simple dossier de déclaration initiale suffit, déposé auprès du préfet de la Haute-Marne — souvent effectué en ligne via la téléprocédure dédiée. Vient ensuite l'obtention d' un récépissé de déclaration et un arrêté préfectoral de prescriptions générales. À ce niveau de t/j, pas d'enquête publique pas d'étude d'impact approfondie, pas de sollicitation obligatoire de l'avis du Conseil Municipal... Seulement, l'obligation de subir des contrôles périodiques par un organisme agréé — tous les 5 ans, pour vérifier la conformité des installations : sécurité gaz, rétentions, stockage. 
 Lors de ces DC, il n'est pas rare que les inspecteurs constatent une augmentation discrète et illégale du tonnage journalier. Il s’agit de l’un des principaux points de dérive régulièrement observés sur le terrain, et fréquemment signalés par les associations de riverains et de protection de l’environnement.
Pourquoi et comment ce phénomène se produit-il ?

1. Le coût et la lourdeur des seuils réglementaires 
  • Franchir la barre des 30 tonnes/jour fait basculer l'exploitant du régime de la Déclaration — DC, vers celui de l'Enregistrement.
  • Passer en enregistrement impose un dossier d'instruction complexe, une concertation publique, des études technico-économiques plus poussées et des délais administratifs de plusieurs mois — voire plus d'un an.
  • Pour éviter ces contraintes et ces coûts, certains exploitants ajustent la ration au quotidien et dépassent le seuil toléré sans en informer la préfecture.

2. L'optimisation économique de l'outil
  Les installations de méthanisation représentent des investissements très lourds. Pour rentabiliser plus vite le digesteur ou répondre à des apports saisonniers — pic de lisier au printemps, ensilage de CIVE, à l'automne, la tentation est forte d'ajouter « un peu plus » de matière dans les cuves pour maximiser la production de biométhane.
 
Quelles sont les conséquences en cas d'infraction constatée ?
  Si le contrôleur externe ou l'Inspecteur des Installations Classées — DDPP / DREAL, constate un dépassement caractérisé :
  • Rapport de non-conformité majeure : transmis à la Préfecture de la Haute-Marne;
  • Mise en demeure préfectorale : le préfet intime à l'exploitant de :
    • Redescendre immédiatement sous le seuil des 30 t/j sous peine d'astreinte financière quotidienne;
    • OU de déposer formellement un dossier de régularisation : passage en Enregistrement ou Autorisation.
  • Sanctions administratives et pénales : exploiter une installation sous un régime inadapté constitue un délit environnemental passible d'amendes, voire d'une suspension temporaire d'activité jusqu'à régularisation.

  Dans le cas présent, les porteurs du projet n'ont pas obligation de solliciter l'avis du conseil municipal procédure ICPE Déclaration. Le régime de la Déclaration est une procédure simplifiée comme nous l'avons vu précédemment contrairement aux régimes d'Enregistrement ou d'Autorisation qui imposent une consultation formelle des communes limitrophes.
  Cependant, le CM intervient obligatoirement sur :
  • L'urbanisme — Permis de construire : les travaux de construction — digesteurs, bâtiments, silos, nécessitent un permis de construire, sur lequel le rôle de la commune est central.
  • L'utilisation des domaines et réseaux publics : si le projet nécessite l'occupation du domaine public — voirie communale pour les canalisations d'injection de gaz, création d'accès, raccordement au réseau d'eau.
  Ce qui rend le cas présent quasi extraordinaire, c'est dans la double casquette des protagoniste :  porteurs de projet  et... maire et conseiller municipal ! Cette situation pourrait déboucher sur un possible conflit d'intérêt. 
  • EARL Des Herbues : Mandataires sociaux GAGNOT CHEVALLIER Ingrid / André CHEVALLIER — Co-gérant, démissionnaire le 31/12/2012
  • Herbues Synergie : Directeur général GAGNOT CHEVALLIER Ingrid
 Conseil municipal : à surveiller, voire dénoncer, un potentiel conflit d’intérêts ?

La situation familiale en résumé
  • L'acteur économique : une conseillère municipale siège au Conseil municipal tout en étant directement investie dans la gestion et l'activité de la Ferme des Herbues et de la SAS HERBUES SYNERGIE.
  • L'autorité municipale : le maire, sauf erreur de notre part, a un lien de parenté direct avec cette conseillère municipale.
  • Le point de friction : même si le maire n'a plus d'action directe ou de parts formelles dans la structure, la loi considère que le lien de parenté directe — comme, par exemple, père-fille, crée un intérêt indirect évident.
 Ce que dit la règle d'or : si tel est le cas, un élu ne peut pas participer à l'instruction ou à la décision d'un dossier qui bénéficie directement à son enfant ou à l'entreprise de celui-ci.
 
Le protocole « zéro Conflit d'Intérêts » au Conseil municipal
  Pour que ce projet soit inattaquable et éviter le risque de prise illégale d’intérêts — un délit pénal sanctionné par l'article 432-12 du Code pénal, les 2 élus doivent appliquer une procédure d'abstention totale, appelée le déport.
  Dès que le projet est abordé — qu'il s'agisse du permis de construire, d'une convention de voirie, d'un raccordement ou d'un simple avis, voici les 3 règles d'or obligatoires : 
  1. Sortir physiquement de la salle : le maire et la conseillère municipale doivent quitter la séance. Ils ne doivent ni assister aux échanges, ni prendre la parole, ni participer au vote. Leur présence physique en coulisses ou dans le public est également proscrite pour éviter toute impression de pression.
  2. Passer la main sur les signatures : le maire ne doit signer aucun document en lien avec le projet :
    • Il doit signer un arrêté de déport officiel déléguant l'intégralité de la gestion de ce dossier à un adjoint — le 1er adjoint, à condition qu'il n'ait aucun lien avec le projet.
    • Cet adjoint instruira le dossier, échangera avec la Préfecture et signera le permis de construire ou les actes d'urbanisme au nom de la commune. 
      3. Tout consigner sur le Procès-Verbal : pour que la démarche soit transparente et légale face au contrôle de la Préfecture : le procès-verbal — PV, du Conseil Municipal doit mentionner noir sur blanc : 
« Le maire et Mme X ont quitté la salle à [Heure] avant l'examen du point relatif au projet HERBUES SYNERGIE et n'ont pris part ni aux débats ni au vote. »
 
Que se passe-t-il si ces règles ne sont pas respectées ?
  Si le maire ou la conseillère restent dans la salle, participent aux échanges ou signent des documents administratifs :
  1. Annulation des actes : le permis de construire ou les délibérations de la mairie peuvent être annulés par le Tribunal Administratif pour vice de procédure.
  2. Poursuites pénales : n'importe quel citoyen, association ou le Préfet peut saisir le Procureur de la République pour suspicion de prise illégale d'intérêts.
Pour compléter lire : Conflits d’intérêts concernant un maire : quelle procédure de déport faut-il utiliser ? 
 
 Voilà les protagonistes / élus prévenus ainsi que... tout opposant à ce projet... 
 
Conseil municipal 2026-20232
 À noter que le conseil municipal ne compte désormais que 5 élus, alors que sept sièges étaient à pourvoir. 2 postes restent donc vacants. Dommage que d'autres habitants de la commune n'ait pas voulu ou n'ait pas pu s'inscrire sur l'unique liste en présence. Dans cette nouvelle assemblée, les conseillers réélus demeurent toutefois majoritaires. Dans le détail :
  • Élus depuis 2008 → Hervé Delaitre et Ingrid Chevallier; 
  • Élus depuis 2014 → les 2 précédents plus André Chevallier et Christian Jacquin. 
  • André CHEVALLIER, maire, anciens agriculteurs exploitants   
  • Christian JACQUIN, 1er adjoint, anciens agriculteurs exploitants   
  • Ingrid CHEVALLIER-GAGNOT, agriculteurs sur moyenne exploitation  
  • Fanny GASSER, personnes diverses sans activité professionnelle — moins de 60 ans
  • Hervé DELAITRE, anciens artisans, commerçants, chefs d'entreprise 
  • Inscrits : 67 / 72 en 2020
  • Abstentions : 35 / 26
  • Votants : 32 / 46
  • Blancs et nuls : 2 /1
  • Exprimés : 30 / 45 
Source.  
 
  Pour comprendre comment ce type d’usine de méthanisation devient « rentable » surtout grâce à notre pognon : subventions publiques et tarifs de rachat avantageux et des dégâts divers et variés qu'elle peut engendrée, à lire :
 
 
 
 

 
À suivre...
 
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MANDRES-LA-CÔTE : LA PRÉFECTURE AUTORISE L' USINE ÉOLIENNE

 
 
  Et une de plus ! Déjà dans le top 3 des préfets ayant exercé le plus longtemps en Haute-Marne, Mme la préfète PAM est désormais sur le « toit » de la Haute-Marne pour le nombre d'usines éoliennes autorisées depuis 2023. Pas moins de 8 autorisations à ce jour… et la série est loin d’être terminée ! Lire ci-devant :
   Quand Mme PAM rejoindra prochainement une nouvelle affectation, nul doute qu’elle pourra partir avec le sentiment du devoir accompli… du moins en ce qui concerne les éoliennes1 !
 
1. À à ce jour, seulement 3 refus de projets d'usines...  
 
Arrêté préfectoral n° 52-2025-09-00147, en date du 24 septembre 2026
Extraits 
 
  À la lecture de ce document, le constat est pour le moins édifiant : les critiques concernant ce projet, qu’il s’agisse de la protection de l’avifaune ou des impacts sur les populations, s’enchaînent les unes après les autres. Dès la page 2, une question vient naturellement à l’esprit : comment Mme la préfète a-t-elle pu autoriser une usine éolienne qui cumulent autant de négativité ? La réponse est finalement assez simple : en n’autorisant… qu’une seule des trois éoliennes prévues ! Une de trop, sans aucun doute !
  Et si cette usine voit finalement le jour — sous réserve d’éventuels recours — son unique éolienne, annoncée à 190 mètres en bout de pale, deviendrait alors la plus haute du département. Du moins provisoirement… car les 10 éoliennes de Percey-le-Grand, si elles sont finalement construites, devraient atteindre le niveau hors catégorie de 207 mètres en bout de pale. 
 
Bonne lecture. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Source. 

Éolien en Haute-Marne : où en est-on vraiment ?
  Combien d’éoliennes compte réellement la Haute-Marne ? Combien de nouveaux projets ont été autorisés ? Combien sont encore en cours d’instruction ? Et qu’est-ce qui a changé depuis 2023, date de la prise de poste par Mme PAM ?
  Les chiffres, eux, ne sont pas toujours faciles à suivre. Pour essayer d’y voir plus clair, voici un état des lieux à partir des documents publiés par les services de l’État en Haute-Marne.

232 éoliennes déjà installées
  Le chiffre officiel le plus solide est celui publié par la préfecture dans son bilan d’activité 2024 : la Haute-Marne comptait 232 éoliennes en activité ! D'autre part, la préfecture indique par ailleurs que 113 communes — sur 426 au total, ont défini des zones dans lesquelles de nouveaux projets d’énergies renouvelables peuvent être envisagés. Où l'on sait que l'éolien n'a pas l'exclusivité en terme d'usine — agrivoltaïque, méthanisation. 
 Aussi, atteindre la barre des 270 éoliennes en activité sur le département, courant 2030-2035, ne peut être considérée comme une hypothèse farfelue et ne peut être exclue malheureusement2 !...
 
 
 

En langage courant : 
  • Environ 232 éoliennes existent déjà.
  • 27 supplémentaires disposent d'une autorisation.
  • 10 autres sont actuellement dans la procédure administrative.
  Si toutes les autorisations et tous les projets actuellement identifiés aboutissaient, on arriverait autour de 270 éoliennes.
 
Graphique : ChatGPT.  
 
À suivre...
 
2. Heureusement, le réseau électrique de Haute-Marne est aujourd’hui fortement sollicité par le développement des énergies renouvelables. Dans certains secteurs, les capacités disponibles pour raccorder de nouveaux usines éoliennes sont limitées, voire, en l’état actuel, inexistantes. Un projet éolien ne peut donc pas être raccordé simplement parce qu’il a obtenu ses autorisations. Il faut également disposer d’une capacité suffisante sur le réseau local et les postes électriques. Lorsque cette capacité est insuffisante, des travaux importants peuvent être nécessaires : transformateurs, lignes ou nouveaux équipements. Ces travaux peuvent prendre plusieurs années et représenter des investissements importants. Le Grand Est prévoit ainsi plusieurs milliards d’euros d’investissements et d’adaptations du réseau pour accompagner les nouveaux raccordements. La capacité du réseau constitue donc un facteur important qui peut limiter ou ralentir le développement de nouvelles usines éoliennes en Haute-Marne. Et, ce n'est pas nous qui allons noue en plaindre !
 
Sources 
  Les données utilisées dans cet article proviennent principalement des publications officielles de la Préfecture de la Haute-Marne, notamment son bilan d'activité 2024, les arrêtés d'autorisation environnementale, les dossiers d'enquête publique et les rapports associés.
 
Ave l'aimable participation de ChatGPT .
 
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CHAMARANDES-CHOIGNES : APRÈS L’ÉCHEC EN FORÊT, LES ÉOLIENNES REVIENNENT EN MILIEU AGRICOLE

 
  Et de trois ! Depuis mars 2026, Madame le Maire et ses adjoints, ont entamé un troisième mandat. De quoi affirmer que la majorité des exprimés leur renouvelle sa confiance… ou, à tout le moins, qu’ils ne s’y sont pas opposés.
  Car un petit bémol mérite tout de même d’être souligné : cette fois encore, une seule liste était en lice, « Bâtir ensemble un avenir qui nous rassemble ». Dans ces conditions, peut-on réellement parler d’un plébiscite ?
  On pourrait naturellement en déduire que cette supposée confiance populaire vaut également validation du projet porté par le conseil municipal d’implanter une usine éolienne… Mais ce serait peut-être aller un peu vite en besogne !
  
 
 « 𝐁𝐞𝐫𝐧𝐚𝐝𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐑𝐞𝐭𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐫𝐝, une maire engagée — 3e mandat, au quotidien pour sa commune et ses habitants, à Chamarandes-Choignes. » Source.
 

 LE PROJET DE L' USINE ÉOLIENNE 

  Après l’échec du projet éolien en forêt, la commune et son associé, l’écornifleur du vent, ne se sont manifestement pas découragés. Les voilà repartis à l’assaut du territoire avec un nouveau projet, cette fois en « milieu agricole ».
  On serait presque ému devant une telle persévérance : Mme le maire et ses élus semblent décidés à ne rien lâcher pour parvenir, coûte que coûte, à installer leurs éoliennes — 20% de participation dans le financement du projet,1, sur le territoire communal — en attendant peut-être l’usine agrivoltaïque d’ O’Pâturages2.
 
1. Prendre une participation de 20 % dans une société de projet éolien offre des recettes d'actionnaire en plus des retombées fiscales — IFER, taxe foncière, mais expose directement les finances de la commune. Dans le projet forestier, Chamarandes-Choignes était à la fois :
  - propriétaire du terrain → loyers;
  - collectivité → impôts locaux;
  - actionnaire à 20 % de la société de projet.
  Sur des parcelles agricoles privées, la commune n’est plus propriétaire. Les loyers vont aux agriculteurs ou propriétaires privés. Il reste essentiellement :
  - les retombées fiscales → part communale de l’ IFER éolien + fiscalité économique;
  - éventuellement les 20 % au capital, si ce montage est reconduit à l’identique.
   Le gros argument du premier projet — « 125 000 € de loyers + 58 000 € de taxes pour soigner la forêt » disparaît en grande partie. La forêt n’est plus financée par le loyer des éoliennes !

Les loyers étaient la recette la plus prévisible — contrat de bail long, indexé. Sans foncier communal, la commune dépend surtout :
  - des impôts, qui existent seulement si l' usine est construite et produit;
  - des dividendes des 20 %, qui ne sont pas garantis.
- Risque simple : le budget communal table sur une manne qui n’arrive que si tout va bien.
Dans le montage forestier, même si les parts valaient peu, la commune touchait quand même le loyer. Sur du privé, si le projet échoue — refus d’autorisation, recours, abandon, la commune peut n’avoir ni loyer, ni plus-value, ni dividende — tout en ayant passé du temps politique et éventuellement signé un pacte d’associés. 
Comme dans d’autres projets Opale, les collectivités actionnaires peuvent devoir apporter leur quote-part de fonds propres à la construction. Sans les loyers en face, cet argent sort du budget communal « à découvert » : si l' usine produit mal ou si la société va mal, ces fonds peuvent être perdus. 
Moins de vent que prévu, pannes, prix de l’électricité bas ou négatifs, dette élevée de la société de projet, règles de soutien qui changent… Conséquence pour la commune : moins — ou pas, de dividendes, parts qui valent peu. La responsabilité est en principe limitée aux parts, pas au budget entier — mais l’argent investi, lui, peut partir.
Le premier projet se vendait comme « on sauve notre forêt avec l’argent des éoliennes ». Sur du privé, l’argent public — temps des élus, éventuel capital, sert un projet dont les loyers vont à des particuliers. C’est plus difficile à justifier si les recettes communales déçoivent. 
Conclusion : avant : la commune « louait son bois » et prenait 20 % du projet. Maintenant : elle ne loue plus rien; elle ne garde que les impôts et, éventuellement, 20 % d’une société qui peut rapporter… ou rien !
Le discours « sans risque financier » était déjà discutable en forêt. Sur des parcelles privées, il l’est davantage : le filet de sécurité des loyers communaux a disparu. 
2. Les mêmes élus ont refusé un projet de méthaniseur. Étonnant, non ? Lire l'intervention de Mme le maire, lors de la séance — 2024 04 03 :
«  Mme RETOURNARD : avis du Maire
  - La circulation : je vous suis sur les problèmes de la circulation. Ça va être compliqué au mois de mai, surtout les gens de Saint-Aignan, les Chaumontais et peut-être les gens de Choignes;
  - Les odeurs : j’ai des doutes concernant les bâches de rétention;
  - Le plus gros souci, c’est le site industriel déguisé par ce montage financier;
  - Le démantèlement : la société NECC ne parle pas de démantèlement. Contrairement à des éoliennes par exemple, où les porteurs de projets donnent des cautions qui sont, en plus, réévaluées tous les cinq ans, ce qui assure un potentiel financier pour les démanteler. Dans ce projet de méthaniseur, c’est selon leur bonne volonté. Il n’y a pas de caution derrière. 
»
Source. 
  La confiance béate accordée aux promesses des écornifleurs du vent prêterait à sourire, si elle ne venait pas de personnes ayant le pouvoir de décider à la place des autres !
 
Dans le détail
 
  - 2018 : en avril, le conseil municipal autorise Opale à étudier un projet.   
 
 
 
 
 
  - 2022 : le Plan local d'urbanisme — PLU de 2014 classe toute la forêt en zone naturelle et en espace boisé classé. Un Espace boisé classé — EBC, interdit le défrichement. Sans défrichement, pas d'éoliennes. 
  • Le conseil municipal décide d'engager la procédure de déclaration de projet emportant mise en compatibilité du PLU et définit les modalités de concertation avec la population.
   - 2023  
  • La MRAe Grand Est, l'autorité environnementale, donne son avis : «  En conclusion, l’ Ae considère qu’elle ne dispose pas des éléments suffisants pour émettre un avis éclairé et complet sur l’impact environnemental du projet de MEC-PLU présenté par la commune de Chamarandes-Choignes pour permettre l’implantation d’un projet éolien » 
  • Les personnes publiques associées — PPA :  réunion d'examen. Elles examinent le projet de modification du PLU et formulent leurs observations. 
 
 
   
« Les représentants d’ OPALE ainsi que Mme RETOURNARD font observer que dans le
contexte climatique actuel et au vu de la politique énergétique du pays et des objectifs de
développement des EnR, il est attendu des services de l’Etat une approche plus constructive
que celle adoptée par la DDT
. Il est attendu une collaboration au moins pour justifier les
raisons qui incitent la DDT à conclure que la compatibilité aux orientations du PADD du SCOT n’est pas démontrée.... » 
  • Le conseil municipal tire le bilan de la concertation préalable  : « Après en avoir délibéré, le Conseil Municipal, à l’unanimité, estime le bilan de la concertation favorable et décide de poursuivre la procédure de déclaration de projet emportant mise en compatibilité du plan local d’urbanisme de la commune de Chamarandes-Choignes pour l’implantation d’un parc éolien. »
  •  La préfecture prend l'arrêté prescrivant l'enquête publique.
  - 2024  
  • 22 janvier→ 21 février : l'enquête publique
  • Le commissaire enquêteur rend son rapport et ses conclusions : « En conséquence de ce qui précède, j’émets un avis FAVORABLE au projet d’intérêt général emportant mise en compatibilité du PLU de la Commune de Chamarandes-Choignes où il s’agira de déclasser une partie de forêt classée EBC pour y opérer un défrichement partiel. »
  • Le conseil municipal déclare le projet éolien d'intérêt général et adopte la déclaration de projet emportant mise en compatibilité du PLU. Il demande ensuite à la Communauté d'agglomération de Chaumont d'approuver cette mise en compatibilité. 
  •  La Communauté d’agglomération de Chaumont n’a pas approuvé la mise en compatibilité du PLU de Chamarandes-Choignes. Lors du conseil communautaire du 28 mai, elle a voté pour exprimer son désaccord avec cette mise en compatibilité. Les motifs principaux avancés sont notamment la cohérence avec le futur PLUiH et la protection des grands massifs forestiers, ainsi que les réserves formulées par la MRAe et les personnes publiques associées concernant les impacts environnementaux du projet.
« ...  À travers les travaux réalisés avec Étienne pour essayer d’élaborer une doctrine sur le développement en particulier de l’éolien, nous avions au moins un point sur lequel nous étions fermes c’était pas d’éolienne en forêt. Nous l’avons écrit de la façon la plus claire dans le PADD puisque nous disons que « les grands massifs forestiers seront protégés en tant qu’entité naturelle majeure, impact paysager naturel potentiellement significatif notamment ceux destinés à renouvelables ne seront pas admis, donc très clairement, nous disons que nous ne voulons pas de ce type d’installation en forêt. ». 
[...] 
 

 
 


  À noter que le désaccord de l’Agglomération ne suffisait pas, à lui seul, à mettre un terme à la procédure. La délibération rappelait en effet que, même en cas d’avis défavorable de l’Agglomération, la partie n’était pas pour autant terminée : il revenait alors au préfet de trancher et de décider, dans un délai de deux mois, s’il approuvait ou non la mise en compatibilité du PLU. 
 
2025
  •  La préfecture aurait rejeté la demande de la commune. Malheureusement, pas de documents officiels ou de source à vous présenter, d'où le conditionnel. 
  • Pour autant, le procès-verbal du conseil municipal du 20 mars 2025 — pas de source officielle à vous présenter, semble le confirmer :
« la préfecture a rejeté la mise en compatibilité du PLU qui devait permettre le projet en forêt communale ; la commune a alors analysé les contraintes « hors forêt »; elle a identifié « la seule zone favorable en milieu ouvert de la commune au nord de la RD 470; cette nouvelle zone a été présentée par OPALE au conseil municipal le 26 février 2025 ; le conseil municipal a ensuite validé le périmètre de cette nouvelle zone ; il a accepté le principe d'un projet éolien « en milieu ouvert agricole » ... » 
2026
  • Le nouveau projet adopté — à la majorité, avec trois abstentions : en milieu agricole, au nord de la RD 470, autour de la ferme du Froideau.
  •  Une déclaration préalable DP0521252600015 a été déposée par le prestataire de service le 8 juin, au lieu-dit Froideau, pour l'installation temporaire d'un mât de mesure anémométrique. Elle a été accordée avec prescriptions le 7 juillet.
  • Le nouveau projet envisagé engendrait une proximité géographique au niveau du secteur de Froideau, avec le projet de l'usine agrivoltaïque dit O' Pâturages. La parcelle concernée serait celle de la « ferme photovoltaïque de Froideau » de 6 hectares. 
 
 Projet usine agrivoltaïque : Figure 3: Habitats de l'aire d'étude immédiate. Source.
 
P. S. : pour pouvoir installer l'usine dans la forêt, il fallait notamment modifier le PLU → refusé, et cela remettait en cause la protection d'une partie de l'espace boisé et, contrevenait aux recommandations du Schéma régional éolien, SRE, Champagne-Ardenne :
«  ... Sensibilité environnementale, p. 57
   - La fragilité des milieux, qu’ils soient agricoles ou forestiers, doit être prise en compte dans l’implantation des parcs éoliens en région. En particulier, la grande sensibilité environnementale des forêts est incompatible avec l’implantation de projets éoliens.
  - L’implantation d’éoliennes en forêt a des impacts sur l’environnement qui se cumulent avec des impacts sur le paysage :
  - elle implique des éoliennes plus hautes afin de limiter les effets induits de la forêt sur le régime des vents, ralentissement, perturbations, ...,
  - elle nécessite l’ouverture de pistes d’accès pour les porte-chars, largeur 4-5 m, et des girations très amples et la création de plateformes techniques d’environ 1000 m2par éoliennes,
  - un retrait minimal de 200 mètres par rapport aux boisements et aux haies devrait être respectée, cette distance de précaution permet de protéger les secteurs boisés et les lisières,
  - elle contribue à artificialiser les milieux naturels et à dénaturer l’image de la forêt, à partir de l’extérieur de la forêt où la grande échelle des éoliennes écrase les arbres, et à partir de l’intérieur de la forêt où l’échelle intimiste du sous-bois est perturbée par la création des pistes d’accès, plate-forme technique et ouvrages connexes : transformateur, ...,.
  - Le principe d’évitement de l’implantation d’éoliennes en forêt doit être préconisé auprès des porteurs de projet ou des collectivités. Ce principe permet de concentrer les recherches d’implantation dans des secteurs à plus faibles enjeux, où les études à mener seront plus faciles à mener et où l’issue de l’instruction du permis de construire est plus probable.»
 Source. « Note de doctrine régionale sur le développement de l’éolien et l’environnement » -DREAL Champagne-Ardenne-2007
 
 Pour retrouver toutes les sources de cet article → https://www.haute-marne.gouv.fr/Publications/Enquetes-publiques/Declaration-projet-d-interet-general-emportant-mise-en-compatibilite-PLU-Chamarandes-Choignes
 
Le conseil municipal 2026-2032
 Mme le maire et sa « garde rapprochée » d'adjoints ont retrouvé sans difficulté leurs marques dans une mairie qu’ils connaissent manifestement sur le bout des doigts, à la tête d’un conseil municipal qu’ils dirigent depuis au moins douze ans — et même davantage pour deux d’entre eux¹. À part les 5 petits nouveaux venus rejoindre l’équipe, rien, ou presque, n’a véritablement changé. Même casting, même décor, mêmes habitudes : on aurait presque pu se dispenser d’une nouvelle élection...
 
1. Élus depuis... 2008 : Bernard VIALLETEL, à l'époque sous la « section Chamarandes » et Véronique KOLB, « section Choignes ». 
  • Bernadette RETOURNARD, maire, professeurs, professions scientifiques
  • Bernard VIALLETEL, 1er adjoint, anciens employés et ouvriers
  • Véronique KOLB, 2e adjoint, anciens employés et ouvriers
  • Yannick THOMAS, 3e adjoint, techniciens
  • Marie-Dominique CAUNOIS, 4e adjoint, anciens employés et ouvriers
  • Frédéric BERHAUT, ingénieurs et cadres techniques d'entreprise
  • Florence PARDOËNS, employés civils et agents de service de la fonction publique
  • Mickaël PAPIN, technicien
  • Sophie MERGER, professions intermédiaires administratives de la fonction publique 
  • Sébastien MATHIEU, artisans
  • Julie LUDWIG, cadres de la fonction publique
  • Jacques ROUSSELIN, anciens artisans, commerçants, chefs d'entreprise 
  • Magali LESEUR, employés administratifs d'entreprise
  • Christophe GIBRAT, employés de commerce 
  • Florence BROUSSEAU, employés civils et agents de service de la fonction publique
  • Moyenne d'âge : 56 ans 
En gras, les réélus en 2026.  
  • Inscrits : 839 / 805 en 2020
  • Abstentions : 382 / 433
  • Votants : 457 / 372
  • Blancs et nuls : 57 / 39
  • Exprimés : 400 / 333
 
 À suivre...  
 
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