LE SABORDAGE ÉNERGÉTIQUE : COMMENT L' ÉTAT A SACRIFIÉ LE NUCLÉAIRE SUR L' AUTEL DES ÉNERGIES RENOUVELABLES

  Dans l'article ci-devant, minutieusement documenté et, paru le 5 juin 2026, le magazine Transitions & Énergies se penche sur le déclin continu de la souveraineté énergétique de la France.
  En s'appuyant sur les conclusions de la commission d'enquête parlementaire dédiée à la perte d'indépendance énergétique nationale, ainsi que sur des rapports publics, des auditions officielles et de multiples pièces d'archive, Éric Leser1 y retrace plus de deux décennies de choix politiques dont les répercussions se font encore ressentir aujourd'hui.
  La singularité de cette investigation réside dans son refus des approximations et des généralités. L'auteur y désigne précisément les fonctions et les identités derrière chaque arbitrage : ministres, hauts fonctionnaires, dirigeants administratifs ou figures politiques. Les acteurs majeurs de cette période sont ainsi clairement nommés, et leur implication est passée au crible des faits, des pièces officielles et des dépositions recueillies par les députés.
  Alors que le système institutionnel français tend souvent à diluer les responsabilités, cette démarche de transparence totale s'avère particulièrement salutaire.
 
Bonne lecture.
 
1. Éric Leser est un journaliste d'investigation et éditorialiste français de premier plan, spécialisé dans l’économie, l'industrie et la géopolitique de l’énergie.
  Son parcours se distingue par trois grandes étapes :
  • Une figure historique du journal Le Monde — 1992-2009, où il a été grand reporter, correspondant aux États-Unis — 2001-2007, et chef du service économie. Il s'y est illustré par ses enquêtes financières et industrielles complexes.
  • Un pionnier du web en cofondant en 2009 le magazine d'analyse en ligne Slate.fr, qu'il a dirigé pendant près de dix ans.
  • Un expert des crises contemporaines, aujourd'hui rédacteur en chef de la revue Transitions & Énergies.
  Auteur de plusieurs essais sur le déclin industriel français, il consacre désormais une large part de ses travaux à la perte de souveraineté économique de la France. Ses enquêtes récentes décortiquent minutieusement les choix politiques et idéologiques des vingt dernières années, notamment le sabordage de la filière nucléaire au profit du déploiement des énergies renouvelables.
 

Photo : php. 2026.
« Bêtes d' Irlande et d' Angleterre,
   Bêtes de tous les pays natives,
   Bonne nouvelle sur la Terre : 
   Un nouvel âge d'or arrive.
... 
 
Tous, à ce jour nous œuvrons,
 Vaches, chevaux et volatiles :
 Jamais rien nous ne céderons,
 À l'oppression, toujours hostiles. 
 
... »
 Georges ORWELL, La Ferme des animaux, 1945.
 
 
php 
 
 
***

Les ennemis de l’ intérieur


LA RÉDACTION
6 juin 2026

  Les errements de la politique énergétique française depuis trois décennies ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont la conséquence de l’aveuglement, de l’irresponsabilité, du mépris des réalités économiques et techniques et de l’abandon parfois volontaire de l’intérêt général et de la souveraineté énergétique. Il y a des responsables et des coupables. 

  La liste est longue de ceux qui portent la responsabilité depuis maintenant trois décennies d’une politique énergétique menée à l’encontre des intérêts du pays et qui a même parfois confiné à la forfaiture. Elle est parfaitement résumée dans le rapport d’avril 2026 du très sérieux Institut Valmy intitulé « De la souveraineté énergétique française » par la phrase suivante : 
« La politique la plus désastreuse de toute l’histoire énergétique française. »

  Et il est facile de voir qui en sont les responsables et les coupables, notamment avec ce que la Commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale sur « Les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France » a apporté comme témoignages édifiants, documents accablants et preuves irréfutables. Le rapport et les auditions ne représentent pas moins de 1 800 pages…
  On peut citer pêle-mêle les défenses laborieuses et maladroites de François Hollande et Lionel Jospin qui auraient été égarés et trompés par leur entourage… Les manœuvres de Dominique Voynet et Cécile Duflot pour imposer leur idéologie anti-nucléaire et anticapitaliste et torpiller l’intérêt général. La première a même été jusqu’à se vanter publiquement d’avoir mené à Bruxelles des négociations en trahissant le mandat gouvernemental et en s’alliant aux adversaires de la France. Cela en dit long sur le sentiment d’impunité qui existe au sein de la caste qui nous gouverne.
  Il faut aussi rappeler les absences de Nicolas Hulot qui n’a jamais géré son ministère de l’Écologie après sa nomination par Emmanuel Macron et n’a fait que traîner ses états d’âme et son incompétence crasse. On peut citer également l’irresponsabilité, la lâcheté, le dogmatisme ou la corruption intellectuelle de Ségolène Royale, d’Élisabeth Borne, de Sébastien Lecornu, d’Édouard Philippe, de Martine Aubry, de Pascal Canfin, de Corinne Lepage, de Barbara Pompili, de Marc Ferraci, d’Yves Cochet, de Delphine Batho, de Jean-Louis Borloo
  Et même si, séparation des pouvoirs oblige, Emmanuel Macron n’a pas été auditionné à l’Assemblée nationale, on ne peut passer sous silence ses incohérences et ses décisions désastreuses. Il aura joué une mi-temps dans chaque camp et au passage réussi à saborder les turbines nucléaires Arabelle d’Alstom, les meilleures au monde, la centrale de Fessenheim, le projet de réacteur innovant Astrid et l’équilibre financier d’EDF avec la PPE3. Cela fait beaucoup.
  Cette liste des ennemis énergétiques de l’intérieur est loin d’être exhaustive. Il faudrait plusieurs livres pour détailler toutes les décisions douteuses prises pour des raisons contestables, obscures ou même absurdes, toutes les nominations au sein de l’appareil d’État d’adversaires déclarés de la souveraineté énergétique du pays qui sont souvent toujours à l’œuvre, toutes les manœuvres dans la coulisse et la corruption bien réelle pour abreuver certains lobbys verts d’argent public pendant des décennies sans contrôle et sans garde-fous. Ces livres existent sous la plume d’Henri Wallard —  Mensonge d’État, celle de Fabien BougléGuerre de l’énergie, qui est le directeur de publication de Transitions & Énergies, ou celles de Géraldine Woessner et Erwan Seznec Les Illusionnistes.
  Voilà quelques moments saillants de la politique « la plus désastreuse de toute l’histoire
énergétique française
».
  • Lionel Jospin et Dominique Voynet, le péché originel
  À tout seigneur tout honneur, feu Lionel Jospin, Premier ministre de cohabitation appelé par Jacques Chirac, a dirigé le gouvernement à partir de 1995 et décide deux ans plus tard de fermer définitivement le réacteur nucléaire de Superphénix, alors le plus avancé au monde et de loin dans la technologie prometteuse des neutrons rapides et de la surgénération — lire page 51. Il cède ainsi au nom de la gauche plurielle aux dogmes et aux mensonges des Verts. Pour les anti-nucléaires, les réacteurs à neutrons rapides sont une calamité, car ils consomment les déchets nucléaires des réacteurs classiques, qu’il
existe des milliers d’années de combustibles en stock et que par la surgénération ils produisent plus de plutonium qu’ils n’en consomment. Superphénix était la promesse d’un nucléaire « durable », plus sûr et plus « propre ». Il n’est pas sûr que Lionel Jospin ait vraiment compris ce qu’il faisait…
  Contrairement à Dominique Voynet, la ministre de l’Environnement qui signe avec enthousiasme l’arrêté de fermeture du réacteur applaudie par ses prédécesseurs, Ségolène Royal et Corinne Lepage, qui avaient multiplié les entraves pour le débrancher.
  Dans une tribune publiée par Le Point en novembre 2022, Lionel Jospin avait tenté très maladroitement un quart de siècle plus tard de se justifier. Il avait ainsi expliqué que la fermeture de Superphénix n’avait pas « un caractère strictement politique » tout en reconnaissant que… « cette intention figurait dans l’accord de gouvernement passé entre le Parti socialiste et les Verts ». Superphénix aurait selon lui été fermé pour des raisons essentiellement techniques liées à l’exploitation chaotique du réacteur et à sa rentabilité incertaine. Ce qui a été démenti par de multiples rapports. D’ailleurs, Phénix, le réacteur
précurseur et bien plus petit que Superphénix qui fonctionnait sur le même principe, a été en activité de 1973 à 2010 sans problème majeur…
  En fait, Lionel Jospin se sera fait « balader » en permanence par Dominique Voynet qui a été jusqu’à vanter les centrales à gaz et les « technologies modernes d’utilisation du charbon ». Pour démolir le nucléaire français, les écologistes n’avaient aucune limite.
  Non seulement la forfaiture de Dominique Voynet est avérée, mais elle est même avouée ! Elle n’a pas pu s’empêcher, par pure vantardise, de se féliciter publiquement, goguenarde, devant une caméra pour un documentaire diffusé par Arte en 2004, du travail de sape dont elle s’est rendue coupable quand elle était ministre — lire page…,. Au point de ne pas défendre la position du gouvernement français à Bruxelles et de faire exactement le contraire des consignes qui lui étaient données pour saboter le financement du nucléaire français. Exhumée par Documentaire et Vérité, la vidéo de l’aveu ahurissant de Dominique Voynet a fait des centaines de milliers de vues. Elle illustre au passage un sentiment total d’impunité… parfaitement justifié. Dominique Voynet redevenue député en 2024 par la grâce du Nouveau Front Populaire a été nommée l’an dernier au Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité
nucléaire
. Il fallait oser !
  • Jean-Louis Borloo et Jean-François Carenco, la décroissance fait son entrée en majesté dans un gouvernement
  La gauche n’est pas la seule responsable et coupable. La droite ne signera pas d’accords désastreux avec les Verts, mais elle reprendra à son compte le discours écologiste ambiant avec parfois autant de zèle.    Jacques Chirac qui a toujours senti l’air du temps et ne sera pas pour rien dans la starisation de Nicolas  Hulot. Nicolas Sarkozy ne sera pas en reste, notamment à l’occasion à l’automne 2017 du fameux Grenelle de l’environnement, grand œuvre de Jean-Louis Borloo, ministre d’État à l’Écologie. C’est le moment où l’autorité sur l’énergie et le nucléaire passe de Bercy au ministère de l’Écologie mais pas… la compétence. Jean-Louis Borloo est rapidement dépassé sur le fond des dossiers. Il laisse les clés du Grenelle aux ONG et à son directeur de cabinet, un certain Jean-François Carenco. Ce dernier sera remercié pour services rendus quelques années plus tard par François Hollande qui le nommera à la tête de la Commission de régulation de l’énergie.
  Le Grenelle construit un monde de fantaisies. L’avenir appartient à la sobriété et aux renouvelables. La décroissance devient un concept non seulement acceptable mais promu par le gouvernement. Sans études préalables, sans projections sérieuses, sans en mesurer les conséquences économiques, techniques, financières… Jean-Louis Borloo présente en 2008 un plan de développement des renouvelables qui doivent assurer en 2020 pas moins de 23 % de la consommation d’énergie du pays. Un objectif décidé, car il faut faire mieux que l’Allemagne ! L’apothéose, c’est la loi Nome — Nouvelle organisation du marché de l’électricité, de 2010. Elle instaure le système dément de l’ Arenh — Accès régulé à l’électricité nucléaire historique. Il contraint EDF, pour instaurer une concurrence artificielle qui ne profitera jamais aux consommateurs et seulement à quelques intermédiaires qui s’en mettront plein les poches, à vendre un tiers de sa production d’électricité nucléaire à prix cassé à ses concurrents.
  En fait, il n’y avait pas de différence de doctrine entre Jean-Louis Borloo, Ségolène Royale et Élisabeth Borne. Le ministre de Nicolas Sarkozy expliquait doctement en 2011, quelques mois après l’accident de Fukushima, que « la France n’a pas besoin de cet EPR [celui dont la construction avait été lancée à Flamanville] si elle parvient à réduire massivement sa consommation énergétique tout en augmentant sa production d’énergies renouvelables. La réduction du nucléaire doit se faire de manière progressive. Une sortie totale ne peut s’envisager avant 2040 ». Vous avez dit visionnaire…
  • François Hollande, Ségolène Royale, Élisabeth Borne, Cécile Duflot, Martine Aubry, Emmanuel Macron… la victoire en rase campagne de l’idéologie anti-nucléaire
  La deuxième vague, la plus dévastatrice, qui va finir de laminer la souveraineté énergétique française et sa filière nucléaire, intervient après la victoire à l’élection présidentielle de François Hollande en 2012.  Les anti-nucléaires prennent alors le pouvoir dans tous les rouages de l’État et y sont encore aujourd’hui solidement installés. Le point de départ, c’est le Pacte vert, l’accord de gouvernement signé en 2011 entre Martine Aubry, qui dirige le PS et a perdu la primaire pour la présidentielle contre François Hollande, et la dirigeante des Verts, Cécile Duflot. Un pacte purement politicien qui ne tient aucun compte des réalités économiques et techniques et des besoins du pays. Ce qui ne l’empêchera pas d’être repris intégralement et sans discussion par François Hollande et Emmanuel Macron… jusqu’en 2022.
  Le Pacte vert prévoit de ramener de 75 à 50 % la part du nucléaire dans la production électrique d’ici 2025. Cela revient, selon les calculs de la Cour des comptes, à fermer entre 17 et 20 réacteurs. Comment continuer à produire l’électricité dont le pays a besoin de façon fiable et abordable ? Peu importe ! Lors de la négociation, le PS est en dessous de tout. L’ancien PDG d’EDF, Henri Proglio, en a raconté les dessous inattendus. Cela se passe en novembre 2011 au milieu de la nuit entre Michel Sapin pour les socialistes et Vincent Placé pour les Verts. Vincent Placé appelle en catastrophe Cécile Duflot à 2 heures du matin : « Nous voulions demander l’arrêt de deux réacteurs, les socialistes nous en proposent 24 ! » Au petit matin, dans le programme commun de la gauche plurielle, la fermeture de 24 réacteurs nucléaires sur les 58 en activité que compte alors EDF est annoncée…
  L’objectif est inscrit dans la loi de transition énergétique présentée en 2015 par Ségolène Royale, ministre de l’Écologie. Un texte préparé par sa directrice de cabinet, une certaine Élisabeth Borne qui sera plus tard ministre de l’Écologie à son tour et Première ministre sous la présidence d’Emmanuel Macron.
  Quant à la décision de ramener la production d’électricité nucléaire du pays à 50 % du total, il apparaîtra lors de la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale qu’elle ne relève d’aucun calcul sérieux et d’aucune étude de faisabilité et d’impact. C’est un chiffre rond qui plaisait à Cécile Duflot, à Ségolène Royale et à Élisabeth Borne. Cette dernière, anti-nucléaire viscérale, aura été jusqu’à demander, en 2019 quand elle était ministre de l’Écologie, une étude prouvant que se débarrasser totalement du nucléaire et produire de l’électricité 100 % renouvelable était possible. L’ Ademe, agence publique [ Agence de la transition écologique, anciennement Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie ] devenue le relais au sein de l’appareil d’État de l’idéologie anti-nucléaire, s’était évidemment exécutée au point de provoquer une réaction outragée de l’Académie des technologies. Cette dernière écrivait que « les conclusions de l’étude de l’ Ademe doivent être prises avec la plus grande prudence ». Elles sont affectées par « de nombreuses erreurs de méthodes et des contradictions ». Elles « ne devraient en aucun cas servir de base à des décisions de politique publique ». Et pour cause, l’étude en question s’était bien gardée de s’appuyer sur un comité scientifique…
  Cela n’avait pas empêché Élisabeth Borne de tancer le patron d’EDF d’alors, Jean- Bernard Lévy, pour lui demander de travailler sur un scénario de production d’électricité d’origine 100 % renouvelable.
  Cela n’a pas empêché non plus Élisabeth Borne et Emmanuel Macron de faire fermer un an plus tard les deux réacteurs nucléaires de la centrale de Fessenheim qui sortaient d’une révision totale et étaient parfaitement opérationnels. Sébastien Lecornu, alors secrétaire d’État à l’énergie auprès de Nicolas Hulot, avant de devenir ministre de la Défense et Premier ministre, y avait beaucoup travaillé. « Promesse tenue », claironnera Élisabeth Borne !
  Il fallait satisfaire les écologistes, le gouvernement allemand et Nicolas Hulot, la figure christique nationale du combat écologique, la personnalité préférée des Français pendant des années. Il aura été courtisé par tous les présidents de la République de ce siècle, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron qui remportera la mise… Façon de parler.
  • Nicolas Hulot, une imposture
  Nicolas Hulot n’aura été ministre de l’Écologie que quinze mois et s’est retiré de la vie publique en novembre 2021. Mais il aura fait un tort considérable à la politique énergétique du pays et à la notion même de transition qu’il a décrédibilisé. Il n’a jamais été un expert de l’environnement, de l’écologie et encore moins de l’énergie. Il était moniteur de planche à voile devenu célèbre et riche en animant l’émission de télévision à grand succès Ushuaïa sur TF1. Avec la fondation Ushuaïa devenue la fondation Nicolas-Hulot, il devient la figure de proue de l’écologie en France même s’il ne fait rien ou presque dans cette fondation dont l’idée revient à TF1 et Jacques Chirac qui en avait flairé l’intérêt politique et en fera un des thèmes de sa campagne présidentielle victorieuse de 2002.
  C’est d’ailleurs Nicolas Hulot qui soufflera à Jacques Chirac la fameuse formule prononcée lors du Sommet de la Terre à Johannesburg en 2002 : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs… »  Nicolas Hulot tance les élus, défend la planète la larme à l’œil, et rédige en 2007 un pacte prônant la décroissance avec l’aide, entre autres, de Jean-Paul Besset, ancien rédacteur en chef du Monde et fondateur de la Ligue communiste révolutionnaire et d’un certain Jean-Marc Jancovici qui faisait ses premières armes. Le plus incroyable est que les candidats à la présidentielle de 2007 ont signé pour la « révolution écologique », à commencer par Nicolas Sarkozy qui remportera le scrutin.
  L’imposture Nicolas-Hulot éclatera au grand jour bien plus tard, quand il quittera le gouvernement emporté par des mises en cause personnelles en septembre 2018, et en mars 2023 quand il est auditionné par la Commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale. Il est notamment interrogé sur le rapport remis en 2018 au gouvernement d’Édouard Philippe par deux experts incontestables, Yannick d’ Escatha et Laurent Collet-Billon. Il est classé secret défense pour que personne ne puisse le consulter puisqu’il contredit totalement la politique gouvernementale. Il sera finalement déclassifié en mars 2023. Il prône la relance urgente d’un programme de construction de réacteurs nucléaires en France pour faire face au vieillissement du parc et pour ne pas perdre de façon presque irrémédiable le savoir-faire. Interrogé sur ce rapport, Nicolas Hulot balbutie, hésite et explique ne pas en avoir eu connaissance. Il est immédiatement contredit dans un sourire gêné par sa directrice de cabinet, Michèle Pappalardo : « Si vous l’avez eu… » C’est même lui qui l’avait commandé en mars 2018… tout en dénonçant en août 2018 « le nucléaire, cette folie inutile économiquement et techniquement dans laquelle on s’entête ». Un naufrage.
  • Emmanuel Macron, une ardoise que le pays n’a pas fini de payer
  Étant au pouvoir pendant presque quinze ans, aux côtés de François Hollande pendant cinq ans et en tant que chef de l’État pendant deux mandats, Emmanuel Macron a été l’artisan le plus constant de la politique énergétique désastreuse menée par le pays. De la vente en 2014 dans des conditions discutables et controversées des turbines nucléaires Arabelle d’Alstom à l’américain General Electric — GE, en passant par l’arrêt brutal du projet Astrid en 2019, la fermeture de Fessenheim en 2020 jusqu’à la promulgation par décret de la PPE3 — Programmation pluriannuelle de l’énergie version 3, qui est un véritable coup de poignard dans le dos à EDF dont elle dégrade mécaniquement la rentabilité et la durée de vie du parc nucléaire.
  Certains estiment que la vente des activités dans l’énergie d’Alstom et plus particulièrement de la fabrication des turbines Arabelle, les meilleures au monde, qui équipent les centrales nucléaires et les sous-marins nucléaires français, est un scandale d’État. L’opération a été orchestrée par Emmanuel Macron en tant que secrétaire général adjoint de l’Élysée puis autorisée en 2014 quand il est nommé ministre de l’Économie. Arnaud Montebourg, son prédécesseur, avait promulgué un décret pour protéger les actifs stratégiques. Emmanuel Macron fait le contraire. La France perd la main sur une technologie critique. Arnaud Montebourg parle de trahison. L’ancien patron d’ Elf et ancien chroniqueur de Transitions & Énergies, le regretté Loïk Le Floch-Prigent, dénonce l’amateurisme et la naïveté. À l’Assemblée, une commission d’enquête présidée en 2018 par feu Olivier Marleix parle de scandale d’État et de possible pacte de corruption. Il Écrit : « L’État a failli à préserver les intérêts nationaux. » La justice est saisie directement par Olivier Marleix au début de l’année 2019. Une première instruction se solde par un non-lieu. Une autre est toujours en cours.
  Le 31 mai 2024, sur ordre du gouvernement, EDF débourse 1,2 milliard de dollars pour racheter les turbines Arabelle à General Electric et essayer d’effacer la faute commise dix ans plus tôt. Une opération présentée à l’Élysée comme un acte de souveraineté. Sauf que le prix payé par EDF est exorbitant et que les brevets sont restés aux mains de GE…
  Et puis il y a des décisions impossibles à comprendre, comme l’abandon pur et simple du projet de réacteur à neutrons rapides Astrid juste avant sa mise en construction, sauf à prendre en compte une dimension irrationnelle et idéologique. Astrid, c’était la continuité de Superphénix dont les écologistes avaient déjà obtenu la peau. Astrid avait été lancé en 2006 par Jacques Chirac pour tenter de préserver les connaissances et le savoir-faire acquis pendant des décennies par la recherche française sur les réacteurs à neutrons rapides avec les prototypes successifs qui avaient pour nom Rapsodie, Phénix et donc Superphénix.
  En août 2019, en catimini, Emmanuel Macron arrête le programme qui était pourtant financé par une loi votée par le Parlement. Le Conseil constitutionnel aurait pu s’interroger… Ce que n’a pas manqué de souligner d’ailleurs le Sénat en 2024 : « Face à une disposition législative, votée par le Parlement, la recommandation ou la décision d’un haut fonctionnaire s’impose, ce qui est un dévoiement choquant. »
  Désabusés, les députés et les sénateurs de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques résumeront ainsi l’abandon d’Astrid : « L’exécutif jette aux oubliettes soixante années de recherche scientifique. »
  Et puis il y a la fermeture des deux réacteurs de Fessenheim, en février et juin 2020, soit un peu moins de deux ans avant l’annonce de la construction, par Emmanuel Macron, de six nouveaux réacteurs, voire 14, en février 2022. Un virage à 180 degrés, salutaire, mais là encore difficile à expliquer. Pour en revenir à Fessenheim, comme l’écrivait alors Élie Cohen, directeur de recherche au CNRS et grand expert de l’industrie, cette fermeture « sans raison économique, sans motif de sécurité, à rebours de l’impératif climatique, ne manque pas d’interroger sur le poids de la rationalité économique dans la décision publique, la force de nos engagements de décarbonation depuis les Accords de Paris et le respect que l’on prête à l’Autorité de sûreté nucléaire ». Un constat que faisait alors aussi la Cour des comptes qui parlait de « processus chaotique » et s’interrogeait sur le caractère improvisé et inconséquent de l’arrêt des deux réacteurs.
  Et puis il y a, dernier épisode en date, la promulgation par décret de la PPE3 par le gouvernement Lecornu en février 2026 avec le soutien actif de l’Élysée. Sans trop s’étendre sur cette question — lire page 27 et page 93, on peut la résumer de la façon suivante. L’intérêt énergétique et financier du pays est sacrifié au seul bénéfice d’une poignée d’investisseurs et d’opérateurs privés de parcs de renouvelables intermittents qui bénéficieront pendant deux décennies, la durée des contrats, de subventions exorbitantes payées par le contribuable et le consommateur.
  On privatise la production d’électricité du pays avec de l’argent public que le pays surendetté n’a pas et pour des capacités supplémentaires de production totalement inutiles. Rappelons que la France produit une électricité décarbonée à plus de 95 % et qu’elle dispose de capacités de production supérieures d’au moins 20 % à la demande.
  La PPE3 revient à remplacer la production nucléaire décarbonée et les centrales amorties d’EDF par des équipements renouvelables intermittents moins performants et fortement subventionnés mais prioritaires sur le réseau. Des investissements qui ne seront jamais rentables pour le pays. François Bayrou avait résisté à la pression, notamment élyséenne, mais pas du tout Sébastien Lecornu…
 
 

PRESSIGNY : LA COMMUNE DONNE UN AVIS FAVORABLE POUR LE REDÉMARRAGE DE L' USINE ÉOLIENNE

  Par le biais du bulletin municipal, voir en fin de billet, le maire a communiqué sur la demande déposée en préfecture par le propriétaire de l'usine éolienne. Celle-ci vise à obtenir l'autorisation de remettre en exploitation l'usine de 17 éoliennes, actuellement à l'arrêt depuis mai 2024, suite à une décision de justice. 
  On y apprend que la municipalité a émis un avis favorable à cette reprise, s'inscrivant ainsi dans la lignée de la position déjà adoptée par le conseil communautaire le 4 juin dernier.
 
L'argument financier et... c'est tout
  Pour justifier ce choix, le maire met en avant un argument exclusivement financier1. Cette position peut surprendre de la part d'un élu revendiquant son appartenance au... Parti communiste2, parti anti capitaliste notoire depuis sa création, en 1920. C’est le grand paradoxe du jour : voir un élu revendiquer fièrement son adhésion au Parti communiste — voler au secours des intérêts du propriétaire de l'usine — The Renewables Infrastructure Group Limited — TRIG, fonds d’investissement basé à Londres. Un magnifique symbole du capitalisme mondialisé qui trouve ici un avocat pour le moins inattendu. Comme quoi, « Quand on parle pognon, à partir d'un certain chiffre tout le monde écoute ! »3...

1. « les retombées fiscales de ce parc génèrent 54 000 € par an, soit 10% du budget global de la commune ». Bulletin municipal. 
2. « Encarté au Parti Communiste Français (PCF), Hugo Coeurdassier l’assure : sa liste – neuf noms au minimum – est apolitique. » Source
3. Michel AUDIARD, film « Le pacha », Georges Lautner, 1968.  

Des questions en suspens pour les administrés
  Cette situation soulève une question légitime quant à l'utilisation de cette manne financière accumulée au fil des ans : qui en a profité ? C'est le point que nous allons tenter d'élucider.
 
1. Une amélioration nette des finances communales
  Les données budgétaires récentes montrent une évolution importante des finances de Pressigny entre 2021 et 2024.
  Les revenus de fonctionnement sont passés d’environ 854 €/habitant en 2021 à plus de 1 300 €/habitant en 2024, traduisant une hausse significative des ressources disponibles.
  Dans le même temps, la commune affiche :
  • une dette quasi inexistante — inférieure à 10 €/habitant,
  • aucun coût de remboursement de dette,
  • une capacité d’autofinancement solide,
  • une trésorerie confortable.
 Notons toutefois, durant cette même période, une forte hausse des « dépenses de fonctionnement » passant de 456.90  €/ha — 2021, à 762.40  €/ha — 2024, soit une hausse de... 19%. Alors que dans le même temps, par exemple, celles de la Communauté de communes des Savoir-faire, à laquelle appartient Pressigny, augmentaient « seulement » de... 4%. 
  Sur le plan strictement comptable, la commune apparaît donc dans une situation financière très saine.

2. Pour les administré : pas de baisse des impôts !
  Les données connues suggèrent que les recettes supplémentaires ont été intégrées dans le budget global sans transformation majeure des taux fiscaux ni redistribution directe aux ménages.
  Dans ce type de configuration, plusieurs choix sont possibles pour une commune :
  • réduire les impôts locaux,
  • investir davantage dans les équipements,
  • renforcer les réserves financières.
  À Pressigny, la rente éolienne semble avoir trouvé sa destination naturelle : les réserves communales
  Il est vrai que dans un village de 200 âmes, on cherche encore ce qui justifierait une telle accumulation de ressources. À moins qu'un Zénith, un stade, un boulodrome ou une autoroute4 ne figurent déjà dans les cartons de la mairie ?
 
 4. Liste non-exhaustive.
 
   Ainsi, une commune plus riche n'engendre pas automatiquement des administrés plus riches, qu'on se le dise !
   Au contraire, sur la période observée, la tendance est franchement... à la hausse. 2021 → 2024 :
  - Impôts locaux particuliers : 293.60  €/ha - 300.30  €/ha - 691.30  €/ha - 407.60  €/ha   
  Mais, avec le nouveau maire, adhérent d'un parti qui soutient la classe ouvrière contre les capitalistes, la redistribution est sans aucun doute en marche...
«  Pour la première fois, une génération se voit condamnée à vivre plus mal que ses parents, malgré une production de richesses inégalée. Cherchez l’erreur !
  Cette erreur, elle a un nom : le système capitaliste, qui produit des inégalités sans nom, et que nous combattons. Je pense à ces ouvriers, ingénieurs, chercheurs, paysans, enseignants, cadres, qui ont fait la fierté de la France en produisant les TGV, le Concorde, les centrales nucléaires, les productions agricoles les plus foisonnantes, les barrages hydroélectriques, les vaccins. Ces hommes et ces femmes sont sacrifiés sur l’autel de la rentabilité, sacrifiés par les traités de libre-échange et des années de délocalisations au nom de la concurrence libre et non faussée, des traités de Maastricht et consorts.... »
Parti communiste, meeting de Marseille - Extrait du Discours de Fabien Roussel, 26 novembre 2025

3. La surprise du chef
  Dans ce même bulletin municipal, le maire précise que ce soutien est sous réserve :
« d'une prise en compte des problèmes acoustiques ressentis, notamment par les habitants de Pressigny;
- de l'ouverture d'une discussion sur la mise en œuvre d'un dispositif d'autoconsommation permettant aux habitants et aux entreprises du secteur de bénéficier directement de l'énergie produite, à un tarif potentiellement réduit,... » 

Bulletin communal

 Il se confirme donc que les 17 éoliennes génèrent des nuisances sonores et autres, ayant des répercussions sur la santé et la qualité de vie des occupants. Mais, qui pouvait en douter ? Pour rappel : le Conseil d'État a annulé les dispositions ministérielles approuvant le protocole national de mesure acoustique des usines éoliennes pour des motifs procéduraux. Cette décision a alimenté de nombreux recours contestant la validité des études acoustiques réalisées selon ce protocole. Conseil d'État, 8 mars 2024, n° 465036
 Cette problématique n'est pas ignorée des tribunaux, qui ont déjà consacré, dans de nombreuses décisions, les droits des riverains affectés par les nuisances engendrées par les installations concernées.
  • Cour d'appel de Toulouse, 8 juillet 2021, n° 20/01384. Un ensemble d'éléments techniques et médicaux, dont un dépassement acoustique, établissant un trouble anormal de voisinage ayant conduit à une indemnisation importante des riverains.
  • CAA Nantes, 7 janvier 2022, n° 20NT03390. Si la cour a finalement rejeté les critiques, l'arrêt est très intéressant car il expose précisément les critères retenus par le juge administratif pour apprécier la qualité d'une étude acoustique : les conditions des relevés acoustique; la localisation des points de mesure; la prise en compte des incertitudes de mesure; la pertinence méthodologique du bureau d'études.
  •  CAA Douai, 27 avril 2023, n° 19DA02567. La cour a considéré que l'étude acoustique était insuffisante et a choisi de surseoir à statuer afin de permettre une régularisation. 
  • Tribunal judiciaire de Strasbourg, RG n° 17/029432025, un rapport acoustique — GAMBA Acoustique, a constaté des dépassements nocturnes ; le préfet a imposé un plan de bridage pour revenir à la conformité.
  • etc.
4. Qu'entend le maire par « dispositif d'autoconsommation » ?  
  C'est une pratique très récente en France, réservée auparavant aux seuls panneaux solaires. Aujourd'hui, le cadre légal s'est assoupli pour permettre ce que l'on appelle l'Autoconsommation Collective — ACC, à l'échelle d'un territoire. Dans une opération d'autoconsommation collective, l'électricité produite localement par l'éolienne ne part pas directement sur le réseau national pour être vendue à un grand fournisseur. Elle est attribuée en priorité aux consommateurs de la commune — bâtiments municipaux, commerces, habitants volontaires, situés dans un rayon maximum autorisé de 10 à 20 kilomètres.  Toutefois, cette pratique demeure très majoritairement associée au photovoltaïque, dont la production est plus stable et mieux prévisible sur le plan technique. Aussi, faire de l' ACC avec une grande usine de 17 éoliennes, serait à ce jour exceptionnel, peut-on dire...théorique ? 
 
5. Les barrières majeures qui expliquent pourquoi l'éolien est historiquement tenu à l'écart de ce modèle.
  • les fonds d'investissement comme TRIG ne font pas de philanthropie. Le « pognon » et le rendement de leurs actionnaires restent leur boussole5
  • le verrou réglementaire des « 3 Mégawatts ».  C'est le frein numéro un. La loi française encadre très strictement la taille des installations de production d'électricité autorisées à participer à une boucle d'autoconsommation collective. Pour protéger l'équilibre du réseau d' Enedis, la puissance cumulée des installations de production d'une ACC est limitée à 3 MW — mégawatt, par opération. Dans le cas présent, une seule éolienne développe 3,5 MW à elle seule. 
  • la conséquence : il est légalement impossible de faire entrer la totalité de l'usine dans une boucle d' ACC. Pour y parvenir, il faudrait « isoler » virtuellement une seule éolienne — voire brider sa puissance, pour l'attribuer à la collectivité et aux habitants, tandis que les 16 autres continueraient à vendre leur électricité de manière classique.
5Et pour acheter la paix sociale ? Ici, même pas besoin de lâcher des miettes de production et de pognon — l'équivalent d'une demi-éolienne ? en circuit court à bas coût à la population, car tous les conseils municipaux ou presque, soutiennent les écornifleurs du vent et, la grande majorité des administrés font de même. Voir la participation famélique aux enquêtes publiques. « La condition d’animal domestique entraîne celle de bête de boucherie ». Ernst JÜNGER, Traité du rebelleDer Waldgang.
 
6. Le défi de l'intermittence — le vent ne souffle pas sur commande
  Une éolienne ne tourne pas en permanence. Pour rappel le facteur de charge national— FC, 2025, était de 21,4%7, en baisse.
 
6. Il s’agit du rapport entre la puissance maximale théorique d’une éolienne — c’est-à-dire sa production si le vent soufflait 100 % du temps à la vitesse nominale, et la production qui a effectivement lieu, au cours d’une année.  
7. Pour comparer avec les années précédentes, avec moins d'éoliennes en activité2020 : 26,6 % - 2021 : ~24–25 % - 2022 : ~22–23 % - 2023 : 26,2 % - 2024 : 21,7 %. Source. https://assets.rte-france.com/prod/public/2026-03/Bilan-electrique-2025-rapport-complet.pdf
  • Quand il y a du vent : vous consommez l'électricité de l'usine locale — généralement facturée moins cher. Quand on prend toutes les dépenses en compte, frais de gestion de la PMO — Personne morale organisatrice, de facturation, etc., l'électron produit localement reste intrinsèquement moins cher. Cependant, l'obligation de payer l'acheminement — TURPE, et la gestion des données Linky fait que l'économie nette sur le kWh local est plutôt de l'ordre de 20% à 30%. Et comme cette réduction ne s'applique que lorsque le vent souffle, cela se traduit par une baisse de 15% à 20% sur votre facture globale annuelle.
  • Quand le vent tombe : c'est votre fournisseur d'électricité classique qui prend automatiquement et instantanément le relais. Les habitants conservent donc un double système contractuel sans risque de coupure.
7. Des zones de friction pour chaque acteur
1. TRIG : un risque de complexité et de manque à gagner  ! Pour le fonds d'investissement TRIG, ce modèle n'est pas un long fleuve tranquille :
  • la rupture de contrats juteux : l'usine éolienne vend déjà son électricité via des contrats long terme sécurisés. Rompre ou modifier ces contrats pour basculer en autoconsommation peut entraîner des pénalités financières auprès de l'acheteur initial.
  • gérer une ACC nécessite de créer une « PMO ». C'est une structure juridique — souvent une association ou une coopérative entre TRIG, la collectivité et les habitants, qui doit gérer les entrées/sorties des clients, calculer les clés de répartition de l'énergie chaque mois et communiquer avec Enedis. Pour un fonds financier, cette gestion humaine et locale est chronophage et complexe.
  2. Le fournisseur habituel — SICAE, EDF, TotalEnergies : un manque à gagner évident
    Les fournisseurs d'électricité classiques sont les vrais perdants à court terme de l'opération :
  • perte de volume d'affaires : chaque kilowattheure produit par les 17 éoliennes et consommé par un habitant ou la mairie est un kilowattheure que le fournisseur habituel ne vend plus.
  • complexité de facturation : le fournisseur d'origine reste obligatoire pour fournir l'électricité quand il n'y a pas de vent. Il doit éditer une facture « hybride » complexe : déduire les kWh éoliens — calculés par Enedis, et ne facturer que le complément, ce qui lui demande des adaptations techniques sans marge supplémentaire.
 3. Le gestionnaire de réseau — Enedis : plus de travail, mais neutre financièrement
  Pour Enedis, l'intérêt est purement technique et réglementaire. Financièrement, ils ne perdent pas d'argent car le TURPE— Tarif d'Utilisation des Réseaux Publics d'Électricité, leur est toujours payé. Même si l'éolienne est visible depuis votre fenêtre, ses électrons empruntent le réseau public d' Enedis pour arriver jusqu'à votre compteur Linky. En revanche : cela leur demande une ingénierie lourde pour suivre l'indexation des compteurs Linky toutes les 30 minutes afin de répartir virtuellement les électrons de l'usine Vannier-Amance entre la mairie et les foyers ruraux.
 
 4. Les habitants volontaires : une contrainte d'adaptation 
  Le gain des volontaires demande un effort comportemental :
  • les habitants ne payent moins cher que s'ils consomment au moment précis où le vent souffle. S'ils lancent leurs machines les jours de calme plat, ils payent le plein tarif de leur fournisseur classique. L'inconvénient est donc l'obligation d'adapter ses habitudes de consommation à la météo pour maximiser le gain financier.
Conclusion 
   Depuis 2008, les différents conseils municipaux successifs, y compris celui issu des élections de 2026, ont systématiquement maintenu une orientation favorable au développement de l’éolien sur le territoire communal. Cette constance décisionnelle est dénoncée par les opposants comme privilégiant des intérêts économiques au détriment des enjeux essentiels que sont la protection du cadre de vie des riverains, la tranquillité publique, ainsi que la sauvegarde des paysages, du patrimoine et de l’avifaune.
  Face à cette orientation, une opposition structurée, déterminée et durable demeure pleinement mobilisée. Forte des précédents succès déjà obtenus en contentieux, elle entend poursuivre son action avec la même constance et la même conviction, convaincue que une victoire juridique peut entraîner une seconde.

Conseil municipal 2026-2032-2033 
  • Hugo CŒURDASSIER, maire, commerçant et assimilé 
  • Bertrand ROUSSELOT, 1er adjoint, ancien cadre 
  • Laurence BEL, 2eme adjoint, profession intermédiaire de la santé et du travail social
  • Élodie VERNET, personnel des services directs aux particuliers
  • Christina ULLRICH, ingénieur et cadre technique d'entreprise 
  • Sandra THIERIOT, agriculteur sur grande exploitation
  • Catherine PETIT, ancien employé
  • Arnulf KNITTEL, ingénieur et cadre technique d'entreprise 
  • Thomas GARDIENNET, ouvrier qualifié de la manutention, du magasinage et du transport
  En gras, les réélus en 2026
 
 - Inscrits : 177 / 177 en 2020
 - Abstentions : 65 / 43 
 - Votants : 112 / 134
 - Blancs ou nuls : 29 / 4
 - Exprimés : 83 / 130
 
Source.  
 
  En avant toutes !  
 
  Pour prendre connaissance de la santé financière de la commune
  - https://www.journaldunet.com/business/budget-ville/pressigny/ville-52406/recettes 
  - https:/arguscommunes.touscontribuables.org/fiche-commune/pressigny-52406
 
 


 
php 

MAREILLES : LE NOUVEAU PROJET ÉOLIEN RENFORCE L'ENCERCLEMENT DE LA COMMUNE

 
 La commune devient l'épicentre de la colonisation du lobby éolien sur le secteur. Cette réalité se vérifie clairement à la lecture de la carte officielle de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement — DREAL, Grand Est — 13 avril 2026.
 

 Le nouveau projet — cercle rouge, se situe au sud de la commune, encerclant définitivement cette dernière. Source
 
 
 
 
   Pour plus de détails, il nous suffit de nous rapporter sur les sites Internet :
  • Une pétition des opposants en cours : « Pour le retrait du projet éolien du Bois des Charmes à Mareilles en Haute-Marne » 
  •  Page Facebook, « Retrait du projet éolien du Bois des Charmes », d'où est extraite la carte du projet.
Aucune description de photo disponible. 
 
  
  Le projet prévoit l’installation de 7 éoliennes de 230 mètres de haut, en bout de pale, dont 3 en zone forestière1. Pourtant, au-delà de l'impact visuel et écologique, c’est la gouvernance locale de la commune de Mareilles qui pose problème.
  Sur les 11 membres que compte le conseil municipal, 4 élus dont la profession officielle indiquée est... agriculteurs — dont le maire et son deuxième adjoint — sont directement concernés par la réalisation du projet.
 
1. En Haute-Marne, AUCUNE ÉOLIENNE N'EST IMPLANTÉE DANS UN ESPACE BOISÉ ! La confrontation entre le développement de l'énergie éolienne et la préservation des espaces boisés — très denses dans le département, fait l'objet d'un encadrement strict. Les autorités s'appuient sur l'ancien SRE — Schéma Régional Éolien, de Champagne-Ardenne — 2012, dont les grandes orientations paysagères et environnementales guident toujours l'instruction, la doctrine de la MRAe Grand Est — Mission Régionale d'Autorité Environnementale, et les lignes directrices d' EUROBATS pour la protection des chauves-souris.
  Voici comment s'appliquent concrètement ces dispositions sur le terrain haut-marnais : 
  La Haute-Marne se caractérise par des massifs forestiers majeurs, incluant une large portion du Parc national de forêts.
  1. Sanctuarisation des forêts : suivant les recommandations historiques du SRE et la sensibilité écologique du territoire, l'implantation d'éoliennes à l'intérieur des massifs forestiers est généralement exclue ou soumise à des avis conformes ultra-restrictifs — notamment par le Parc national. La forêt est considérée comme un réservoir majeur de biodiversité.
  2. La règle de recul des 200 mètres : pour les usines éoliennes implantées en zone agricole périphérique — cultures, la MRAe et la préfecture de la Haute-Marne exigent systématiquement le respect des recommandations d' EUROBATS : un recul minimal de 200 mètres entre chaque éolienne et les lisières de boisements ou les haies. Les lisières sont en effet des corridors de déplacement et de chasse majeurs pour les chauves-souris et les oiseaux — comme le Milan royal, très présent dans le département. 
  3. Les insectes s'agglutinant autour des pales et attirent les chauves-souris. Pour respecter l'accord international EUROBATS, la Haute-Marne applique des mesures d'évitement et de réduction très strictes lors des demandes d'autorisations environnementales. 
  4. Le SRE Champagne-Ardenne avait défini des critères d'encadrement visuel pour éviter l'encerclement des communes et préserver les grands horizons forestiers et vallons de la Haute-Marne.
    • Indices de respiration : lors de l'instruction d'un projet, l'État vérifie que les projets respectent les seuils de densité visuelle. Un angle de respiration humaine d'au moins 60∘ sans aucune éolienne visible à l'horizon est exigé pour éviter l'effet « omniprésence ».
    • Éloignement des habitations : bien que la loi française impose 500 mètres, le contexte local pousse généralement les projets à s'éloigner de 800 mètres à 1000 mètres des habitations pour cumuler protection acoustique et préservation des perspectives paysagères forestières. 
  L'analyse de ces critères démontre sans ambiguïté que le projet des 7 éoliennes dit « Bois des Charmes » n'est absolument pas conforme aux exigences requises. Par conséquent, ce projet doit être purement et simplement annulé. 
 
  Or, d'après le Journal de la Haute-Marne — jhmQuotidien du 17 juin, le maire a lui-même introduit le projet de « l'écornifleur du vent » en séance, allant jusqu'à proposer au conseil une entrée au capital de la structure porteuse :
« [Le maire] a exposé le projet avec la société Valeco. Il a proposé au conseil une entrée au capital de la société PE... »
  Toujours selon le jhm, ces 4 élus se sont finalement retirés lors du vote. Si cette abstention vise à respecter les règles de prévention des conflits d'intérêts, elle confirme implicitement l'existence d'intérêts personnels directs dans ce dossier.
 En droit public français, l'interdiction va beaucoup plus loin que le simple fait de ne pas presser le bouton au moment du vote final.
  L’article L.2131-11 du Code général des collectivités territoriales — CGCT, et la jurisprudence du Conseil d'État sont extrêmement sévères sur ce qu'on appelle les « conseillers intéressés ». L'interdiction s'applique à l'ensemble du processus de décision. Un élu concerné doit s'abstenir de :
 
 
 
 
 
 
   Source
 
  Le simple fait que le maire ait personnellement exposé le projet et proposé l'entrée au capital de la société — alors qu'il est concerné — entache la procédure d'irrégularité. Cela vaut également pour les 3 autres élus investis qui ont participé à la séance du conseil municipal.
  Même s' ils se sont sagement abstenus au moment du vote, leur participation à la séance en amont, suffit juridiquement à faire annuler la délibération par un tribunal administratif pour excès de pouvoir, et ouvre la porte à des qualifications pénales beaucoup plus graves, comme la prise illégale d'intérêts.

  À suivre...

 Conseil municipal 2026-2032 ou 2033 
  À noter que Mareilles, à l’instar d’environ 90 % des communes haut-marnaises — sur les 426 que compte le département, seules Chaumont, Langres, Wassy, et de manière plus inattendue Leschères-sur-le-Blaiseron ont connu un second tour — n’a connu qu’un seul tour de scrutin, avec une liste unique présentée aux électeurs.
  Avec un taux de participation de 34,3 %, difficile de parler d'un raz-de-marée démocratique. Dans cette élection sans suspense, où une seule liste était en lice, l'abstention a largement remporté la palme en mobilisant près des deux tiers des électeurs.
  Les chiffres ont au moins le mérite d'être éloquents : 35 suffrages exprimés. Et si l'on admet, hypothèse audacieuse mais vraisemblable, que les candidats de l'unique liste ont eux-mêmes voté pour leur propre équipe, alors celle-ci peut se targuer d'avoir été portée au pouvoir par... 24 électeurs.
  Oui, 24. À mettre en regard des 102 inscrits sur les listes électorales. Autrement dit, moins d'un quart des électeurs potentiels a effectivement choisi l'équipe municipale. Une légitimité certes parfaitement légale, mais dont l'assise populaire ressemble davantage à un cercle d'amis motivés qu'à un véritable élan citoyen.
  8 élus de la mandature précédente ont été reconduits, ce qui représente un renouvellement d’environ... 27 % de l’assemblée. Mais, les administrés avaient-ils le choix ?... Avec un jeu de chaises musicales, entre 2020 → 2026 : l'ancien maire rétrograde conseiller; puis viennent les promus : le 1er adjoint, devient maire; 2 conseillers deviennent adjoints. Enfin, comme auparavant, on peut relever le caractère relativement familial de ce conseil municipal.
  • Jean-Christian THÉVENIN, maire, agriculteur sur moyenne exploitation
  • Gwenaëlle GRAILLOT, 1er adjoint, technicienne
  • Emmanuel CAUSSIN, 2eme adjoint, agriculteur sur moyenne exploitation
  • Luc VAUTRIN, ancien maire, ancien employé / ouvrier
  • Anne-Laure DUVAUX, profession intermédiaire administrative de la fonction publique
  • Christine MAGALHAES, ex TOUATI ?, profession intermédiaire de la santé et du travail social  
  • Romain GRAILLOT, agriculteur sur moyenne exploitation
  • Sandra AMARO, profession intermédiaire de la santé et du travail social 
  • Ludovic THÉVENIN, agriculteur sur moyenne exploitation
  • Virginie CHEVALLIER, ouvrière qualifiée de type artisanal
  • Joël VAUCOULEUR, employé civil et agent de service de la fonction publique 
En gras, les réélus en 2026
 
  - Inscrits : 102 / 112 en 2020
  - Abstentions : 34 / 16
  - Votants : 68 / 96
  - Blancs ou nuls : 33 / 0
  - Exprimés : 35 / 96  
 
 
EN AVANT TOUTES ! 
 
php 
 
 
 

LE SABORDAGE ÉNERGÉTIQUE : COMMENT L' ÉTAT A SACRIFIÉ LE NUCLÉAIRE SUR L' AUTEL DES ÉNERGIES RENOUVELABLES

  Dans l'article ci-devant, minutieusement documenté et, paru le 5 juin 2026 , le magazine Transitions & Énergies se penche sur le ...