LES PFAS : L'AUTRE POLLUTION GÉNÉRALISÉE


  Comme il est à peine suggéré dans l'article ci-devant, on trouve AUSSI des Substances per- et polyfluoroalkylées — PFAS, dans les éoliennes parce que ces matériaux ont des propriétés techniques très recherchées.
 
Pourquoi trouve-t-on des PFAS dans une éolienne ?
  Une éolienne est soumise à des contraintes mécaniques et climatiques massives pendant 20 à 25 ans. Les PFAS y sont utilisés pour quatre propriétés majeures qu'aucun autre matériau ne parvient à combiner aussi efficacement :
  • La résistance à l'érosion — les pales : Le bout d'une pale d'éolienne tourne à une vitesse linéaire qui peut dépasser 250 km/h. À cette vitesse, les gouttes de pluie, la grêle ou le sel marin agissent comme un véritable sablage. Des films ou des peintures de protection à base de PFAS — fluoropolymères, sont appliqués pour éviter que la fibre de verre de la pale ne s'érode;
  • L'effet anti-friction et lubrifiant — la nacelle : les roulements mécaniques, les joints d'étanchéité et les boîtes de vitesses de la nacelle subissent des frictions géantes. On y utilise des graisses additivées aux PFAS et des joints en PTFE — Téflon, pour résister aux fuites d'huiles et aux températures élevées sans s'user.
  • L'effet hydrophobe et anti-givre : en hiver ou en mer — offshore, le gel sur les pales alourdit la structure et casse le profil aérodynamique. Les revêtements PFAS empêchent l'eau et la glace de s'accrocher fermement.
  • L'isolation électrique : les générateurs et les câbles haute tension à l'intérieur du mât utilisent des gaines isolantes en polymères fluorés pour leur résistance absolue au feu et aux arcs électriques.
En quelle quantité ?
  C'est là que le débat technique s'intensifie, car les données précises des fabricants — secrets industriels, ont longtemps été difficiles à obtenir, mais les rapports d'experts environnementaux européens permettent de dégager des ordres de grandeur.
  On distingue deux catégories de PFAS dans une éolienne :
  A. Les PFAS « solides » — Polymères : PTFE, PVDF. Ce sont les composants structurels ou les revêtements de pales. Ils constituent la grande majorité du volume. On compte généralement entre 10 kg et 50 kg de fluoropolymères par mégawatt — MW, installé. Pour une éolienne moderne standard de 3 MW, cela représente environ 30 à 150 kg de PFAS solides par machine.
  B. Les PFAS « liquides ou solubles » — Non-polymères : additifs, graisses : ce sont les composés présents dans les fluides hydrauliques, les huiles et certaines graisses de lubrification. On compte généralement Quelques centaines de grammes à quelques kilogrammes par éolienne, sous forme d'additifs chimiques de performance dans les lubrifiants.
 
L'impact environnemental ?
  Le risque principal lié aux PFAS dans l'éolien ne vient pas de la machine en position statique, mais de deux moments précis de sa vie :
  • L'érosion des pales en fonctionnement : avec le temps, les micro-particules de peinture et de plastique arrachées par la pluie se détachent et finissent dans le sol ou la mer — ce qu'on appelle la perte de matière par « bord d'attaque ». Bien que cela représente de petites quantités annuelles par éolienne, ces polymères s'accumulent.
  • Le démantèlement et le recyclage : en fin de vie, le recyclage des pales en composite — souvent broyées, incinérées1, pose la question des poussières de PFAS ou des émanations gazeuses, ce qui pousse aujourd'hui les autorités environnementales à exiger des filières de recyclage ultra-sécurisées.
  L'industrie éolienne cherche activement des alternatives — comme des polyuréthanes spécifiques pour les pales, mais le remplacement des PFAS reste difficile dans les applications marines — offshore, où les conditions sont les plus agressives.
  S’ils veulent un conseil : plutôt que consacrer des millions en recherche pour remplacer les PFAS dans leurs machines, ils devraient de changer de business tout simplement.  
 
1. Si aux États-Unis, l' « enterrement » effectif des pales à grande échelle n'est pas interdit — par exemple, le désert à Casper, Wyoming, en Europe, et particulièrement en France, l'enfouissement des pales d'éoliennes est strictement interdit par la loi.
Que dit la loi en France ?
  La réglementation environnementale —  législation sur les ICPE — Installations Classées pour la Protection de l'Environnement, intégrée au Code de l'environnement, impose des obligations strictes de recyclage lors du démantèlement d'une éolienne : Arrêté du 22 juin 2020 → Décret d'application, n° 2021-1096 du 19 août 2021. Il stipule précisément — à l'article 23 pour les installations soumises à autorisation : 
  • Pour la masse totale — y compris les fondations : « [...] après le 1er janvier 2024, 95 % de leur masse totale, tout ou partie des fondations incluses, [doit être] réutilisable ou recyclable »
  •  Pour le rotor — les pales : « [...] après le 1er janvier 2023, 45 % de la masse de leur rotor réutilisable ou recyclable ; après le 1er janvier 2025, 55 % de la masse de leur rotor réutilisable ou recyclable. »
  De fait, depuis 2025, toutes les éoliennes démantelées ou modernisées doivent obligatoirement voir plus de la moitié de la masse de leurs pales recyclée ou réutilisée.
    Puisqu'on ne peut pas les enfouir, les pales suivent majoritairement trois filières :
  • La valorisation thermique en cimenterie — filière majoritaire;
  • Le recyclage mécanique — Plasturgie et BTP;
  • Le marché de l'occasion et le réemploi. 
P. S. : L’Académie des sciences est une très ancienne institution française qui réunit des scientifiques de haut niveau — mathématiciens, physiciens, biologistes, chimistes, médecins, etc., pour conseiller les pouvoirs publics, produire des rapports scientifiques et promouvoir la recherche. Elle a été fondée en 1666 sous Louis XIV, à l’initiative de Colbert, et fait aujourd’hui partie de l’Institut de France.https://www.institutdefrance.fr/ Sa devise est : « Invenit et perficit » — « Elle invente et perfectionne »
  Ses missions principales sont :
  • Expertise scientifique,
  • Transmission et diffusion, 
  • Rayonner en France et dans le monde, 
  • Valorisation de notre patrimoine.
  L' Académie des sciences serait comme un « conseil des sages scientifiques » : ses membres sont élus par leurs pairs parmi des chercheurs très reconnus, dont plusieurs prix Nobel et médailles Fields.
 
Transition énergétique : le clair-obscur de l'Académie des sciences
 
 Le Palais de l'Institut de France qui accueille, entre autres, l'Académie des sciences. Quai Conti. Paris 6e arrondissement. Source
 
Bonne lecture et diffusion 
 

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La pollution aux pfas : états des lieux et perspectives d’actions

Bruno Chaudret et Bruno Gabriel*
 
  Les molécules per- et polyfluoroalkylées (PFAS) ont fait l’objet d’une forte attention médiatique ces dernières années, du fait de leurs effets potentiels ou avérés sur la santé humaine et de leur très difficile dégradation dans l’environnement. Les PFAS, ces « polluants éternels », posent des défis inédits en matière de santé publique, et donc de réglementation. Ils suscitent une attention croissante des scientifiques, des décideurs politiques et du grand public.
 
* Bruno Chaudret est directeur de recherche en chimie organométallique au CNRS, membre de l’Académie des sciences et président du groupe de travail sur les PFAS.
   Bruno Gabriel est membre du comité de rédaction de Progressistes.
 
  Fin mars 2025, l’Académie des sciences a publié un rapport intitulé « La pollution aux PFAS : état des lieux, des connaissances et enjeux de société » (1). Un travail interdisciplinaire mobilisant écotoxicologues, chimistes, épidémiologistes et spécialistes de l’environnement a permis la formulation de plusieurs recommandations ambitieuses et réalistes pour une transition maîtrisée.
 
QU’EST-CE QUE LES PFAS ?
  Les PFAS constituent une grande famille de composés synthétiques (plus de 12 000 molécules différentes), d’origine humaine donc, comportant des liaisons carbone-fluor très stables. Cette structure leur confère des propriétés physico-chimiques remarquables : forte résistance thermique, hydrophobie, capacité antiadhésive ou antigraisse, qui ont rendu ces molécules très attractives pour l’industrie. On citera en particulier le PFOS (acide perfluorooctanesulfonique) et le PFOA (acide perfluorooctaoïque). Développés dans les années 1930-41et utilisés massivement dans l’industrie dès les années 1950, les PFAS ont été incorporés dans une multitude de produits : mousses anti-incendie, textiles imperméables, emballages alimentaires, poêles antiadhésives, composants électroniques, cosmétiques, et même certains dispositifs médicaux.
 


  Mais ces mêmes propriétés qui en ont fait des matériaux prisés, sont aussi celles qui expliquent leur extrême persistance dans l’environnement. Contrairement à de nombreux polluants organiques classiques (hydrocarbures, solvants), les PFAS ne se dégradent pas facilement, d’où leur surnom de polluants éternels.
 
UNE POLLUTION GÉNÉRALISÉE ET DIFFUSE
  L’une des premières conclusions du rapport de l’Académie des sciences est que la pollution aux PFAS n’est pas localisée, elle est systémique. On retrouve aujourd’hui ces substances partout : dans l’air, le sol, l’eau, les sédiments, les plantes, les animaux et même dans le corps humain.
  Alors que d’autres pollutions historiques aux métaux lourds ou aux hydrocarbures sont souvent liées à des sources industrielles identifiables, les PFAS peuvent être disséminés dans l’environnement sans frontière nette entre zones polluées et zones non contaminées. Ainsi, les voies d’entrée des PFAS dans l’environnement sont diffuses et nombreuses. Ces molécules sont très mobiles et se dispersent facilement. Elles passent des sites industriels vers les nappes phréatiques, contaminent des cours d’eau, migrent dans les aliments (2), et finissent par s’accumuler dans les tissus humains (3). Cette contamination diffuse rend extrêmement difficile la quantification précise de l’exposition humaine ou environnementale, mais les données disponibles montrent que dans leur quasi-totalité les humains sont exposés à ces polluants à des degrés divers.
  Bien que certains PFAS aient déjà été interdits, ceux accumulés dans les océans, les chaînes alimentaires et les eaux souterraines continuent et continueront de contaminer durablement l’environnement.
  Les possibilités de recyclage des PFAS sont extrêmement limitées et réservées à certaines filières comme celle des batteries. Cependant, des voies de décontamination sont possibles comme la filtration sur charbon actif dans la filière des eaux usées, la combustion à haute température (1 400 °C) des effluents industriels ou encore les ultrasons (cavitation acoustique) pour les mousses, mais celles-ci restent encore à affiner. Les travaux récents de l’équipe de Véronique Gouverneur, de l’université d’Oxford, ont montré qu’il était possible de dégrader plusieurs classes de PFAS par mécanochimie (4) sans solvant avec une récupération du fluor (5). Une autre piste prometteuse, qui fait intervenir l’eau supercritique, a récemment été mise au point par Ariane Group : Elixir. Ces deux avancées pourraient permettre de traiter des déchets fortement contaminés mais ne résoudront pas le problème de la pollution diffuse.
 
LES VOIES D’EXPOSITION HUMAINE
  Les humains sont exposés à la contamination aux PFAS par plusieurs voies6 : 
  • L’eau potable, de nombreuses campagnes de surveillance (notamment en Europe) montrent que les PFAS sont présents dans l’eau distribuée, souvent à des concentrations dépassant les seuils de santé proposés;
  • L’alimentation, via les aliments contaminés par les PFAS qui se trouvent dans les sols ou l’eau d’irrigation;
  • Des produits de consommation (utilisation de certains cosmétiques) ;
  • L'activité professionnelle, les pompiers, les militaires et les agents travaillant dans des sites produisant ou utilisant des PFAS sont les professionnels les plus exposées ;
  • In utero, par voie placentaire, et, après la naissance, via le lait maternel en fonction de l’alimentation de la mère.
  La multiplicité des sources rend l’évaluation des expositions cumulées difficile mais nécessaire, car des expositions faibles répétées peuvent avoir des effets significatifs à long terme.


  L’exposition aux PFAS intervient également dès leur synthèse et leur incorporation dans divers processus industriels, posant ainsi des questions de santé et de sécurité au travail pour ce qui concerne les salariés exposés. Le 6 février 2025, la secrétaire générale de la CGT, Mme Sophie Binet, et plusieurs secrétaires généraux de filières industrielles ont adressé un courrier au Premier ministre de l’époque, M. François Bayrou. Dans ce courrier, les signataires formulaient plusieurs propositions telles que la mise en place d’une cartographie de l’exposition, la transparence sur les produits chimiques employés, un suivi médical spécifique, la reconnaissance comme maladie professionnelle des pathologies causées par l’exposition aux PFAS et des dispositions législatives pour obliger les industriels concernés à rechercher des alternatives. En octobre 2025, les salariés CGT de l’usine Arkema Pierre-Bénite ont de nouveau exprimé ces revendications et ce alors que le groupe menace de fermer les unités de production.
 
LES ENJEUX SANITAIRES : ÉTAT DES CONNAISSANCES ET INCERTITUDES
  L’Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie le PFOA de substance cancérigène pour l’humain et le PFOS de substance possiblement cancérigène. De nombreuses études portent donc sur ces deux composés. En France, l’exposition aux PFAS a été évaluée dans le cadre du programme Esteban (7), qui a mesuré 17 PFAS, sur la période 2014-2016, dans le sérum d’enfants et d’adultes. Le PFOA et le PFOS, principaux contributeurs à l’imprégnation, ont été détectés chez 100 % des participants, parmi lesquels la moitié est contaminée au-delà du seuil de sécurité actuellement admis. Cependant, les liens observés entre l’exposition à ces composés et les effets sur la santé associés ne se transposent pas nécessairement à tous les PFAS.
  En dehors du PFOA cancérigène avéré, de possibles effets sont décrits dans la littérature scientifique. Ils mettent en évidence le besoin urgent de données dans ce domaine, et donc d’études en toxicologie et épidémiologie. Les effets les mieux documentés incluent des perturbations du métabolisme lipidique (l’augmentation du taux de cholestérol dans le sang ou hypercholestérolémie) et du système endocrinien (dérèglement thyroïdien), des lésions hépatiques (augmentation du taux sanguin d’alanine aminotransférase), une diminution de la réponse vaccinale (immunotoxicité) ou une réduction du poids à la naissance (développement fœtal) (6).




 
  Certaines observations réalisées en épidémiologie humaine, comme les lésions hépatiques ou la diminution de la croissance fœtale, sont en accord avec les résultats des études toxicologiques menées chez l’animal au laboratoire. Cependant, les études concernant la toxicité des PFAS restent encore insuffisantes et doivent être complétées par un effort de recherche publique.
  Le rapport de l’Académie des sciences souligne aussi l’important degré d’incertitude scientifique : les mécanismes exacts de toxicité, l’impact de faibles doses chroniques et les effets combinés de mélanges de PFAS sont encore mal compris. La diversité même des PFAS complique l’évaluation des risques. Cette incertitude scientifique est un point central, car elle rend difficiles des décisions réglementaires basées uniquement sur des preuves solides : la toxicité de certaines substances est avérée, mais pour d’autres les données manquent encore.
 
ENJEUX SOCIÉTAUX ET RÉGLEMENTAIRES
  La réglementation européenne encadre déjà certaines substances de la famille des PFAS via le règlement REACH (enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des substances chimiques). Plusieurs composés, comme le PFOA et le PFOS, sont limités ou interdits dans certains usages. En janvier 2023, un consortium de cinq pays (Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Suède et Norvège) a déposé un projet de restriction auprès de l’Agence européenne des produits chimiques (AEPC) concernant la fabrication, la mise sur le marché et l’utilisation de PFAS dans le cadre du règlement REACH, avec le soutien de la France. Faisant suite à un plan d’action national sur les PFAS, publié en janvier 2024, la France a adopté fin février 2025 la loi no 2025-188 visant à protéger la population des risques liés aux PFAS. Cette loi intègre ces nouveaux risques dans le Code de l’environnement et interdit progressivement la fabrication, l’importation et la mise sur le marché de produits contenant des PFAS dans certains secteurs non essentiels, notamment les cosmétiques, les farts, les vêtements et les chaussures (hors équipements de protection), à partir du 1er janvier 2026. Ces interdictions ne concernent pas les produits contenant seulement des traces de PFAS. Un contrôle et des sanctions administratives en cas de violations des nouvelles interdictions posées par la loi sont prévus. Des seuils de concentration résiduelle seront définis par décret. À ce titre, un projet de décret d’application de l’article 1 de la loi 2025-188 fixant le seuil de concentration résiduelle en PFAS, hors polymères, à 25 parties par milliard (ppb) – et à 50 ppb pour les PFAS incluant des polymères – a été soumis à consultation publique en août 2025 (8).
Mais le rapport de l’Académie des sciences va plus loin : il souligne que les mesures actuelles demeurent insuffisantes pour freiner efficacement la contamination globale. Une meilleure traçabilité des PFAS dans les produits, l’interdiction totale des rejets industriels dans l’environnement et la mise en place d’une surveillance stricte de toutes les sources sont des pistes avancées.
 
RECOMMANDATIONS CLÉS DU RAPPORT
  L’Académie des sciences énonce cinq recommandations
  1. Transparence et traçabilité des PFAS; 
  2. Contrôle des rejets en milieu industriel; 
  3. Intensification des connaissances par la recherche; 
  4. Plan de recherche sur la substitution chimique des PFAS; 
  5. Remédiation par le développement de méthodes de décontamination.
  Le rapport insiste sur la nécessité d’une approche globale des atteintes de ces pollutions chimiques sur la santé humaine, fondée sur la notion d’exposome chimique, c’est-à-dire la prise en compte de l’ensemble des expositions chimiques subies par les populations et les écosystèmes, et de leurs potentiels effets croisés. La présence de PFAS est une des signatures de la pression anthropique, comme il en existe tant d’autres ; elle est constitutive l’ exposome chimique auquel nous sommes soumis. Ces polluants sont devenus un symbole des défis majeurs que pose la pollution chimique à l’époque moderne. Leur présence ubiquitaire dans l’environnement, la complexité de leurs effets sur la santé et les incertitudes scientifiques persistantes en font non seulement un sujet de préoccupation sanitaire, mais aussi un enjeu sociétal et réglementaire incontournable.
  Le rapport décrit les PFAS comme un problème « inédit » par sa complexité : ils sont à la fois omniprésents, diversifiés, difficiles à mesurer et à éliminer, et essentiels dans certaines applications industrielles — par exemple dans la transition énergétique ou l’électronique.
  En attendant, l’ampleur de la contamination aux PFAS souligne l’importance et la nécessité d’une action coordonnée à l’échelle mondiale, impliquant chercheurs, régulateurs, industriels et citoyens, pour limiter les impacts sanitaires et environnementaux et développer des alternatives durables.
  Enfin, les salariés et les citoyens ne peuvent pas être écartés des débats. Une étude de biosurveillance humaine en polluants PFAS chez les riverains des industries, intitulée PERLE et portée par l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions, a été lancée en avril 2024 (9). Elle a pour objectif de connaître l’étendue des pollutions constatées dans la vallée de la chimie rhodanienne, de déterminer le niveau d’imprégnation des populations exposées, et de comprendre comment ces polluants éternels et toxiques migrent dans l’environnement et parviennent jusqu’aux organismes. Aujourd’hui, deux industriels de la plate-forme chimique d’Oullins-Pierre-Bénite, Arkema et Daikin Chemicals, ont été assignés devant le tribunal judiciaire de Lyon par 192 riverains soutenus par quatre associations environnementales locales, sur des bases de données médicales, d’analyses sanguines, et de pollution de l’eau et des sols (10).
  Un renforcement des moyens financiers et humains des plans nationaux de santé environnementale et de santé au travail est aujourd’hui indispensable et fait écho aux attentes des populations exposées, comme dans le sud de Lyon, et aux demandes de la CGT. De son côté, Le Parti communiste français propose également de renforcer les moyens de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) et de l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) afin qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle dans la coordination des différents organismes et laboratoires nationaux mobilisés sur cette problématique.


(1) https://www.academie-sciences.fr/sites/default/files/2025-03/Rapport%20PFAS%20-Version%20d%C3%A9f.pdf.
(2) https://www.ineris.fr/fr/identification-principales-voies-exposition-pfas.
(3) Lucas Gaillard et al., « Polluants éternels et contamination humaine : état des lieux autour des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) », in Cahiers de nutrition et de diététique, 2024, vol. 59-6, p. 349-361 (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0007996024001639)
(4) La mécanochimie est une forme de chimie sans solvant qui utilise les forces d’impact et de frottement pour déclencher des réactions chimiques, généralement grâce à l’utilisation de broyeurs à billes.
(5) Long Yang et al., « Phosphate-enabled mechanochemical PFAS destruction for fluoride reuse », in Nature, 2025, no 640, p. 100-106 (https://www.nature.com/articles/s41586-025-08698-5).
(6) https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/exposition-a-des-substances-chimiques/perturbateurs-endocriniens/documents/rapport-synthese/impregnation-de-la-population-francaise-par-les-composes-perfluores-programme-national-de-biosurveillance-esteban-2014-2016.
(7) https://www.cancer-environnement.fr/fiches/expositions-environnementales/perfluores-et-polyfluoroalkyles-ou-pfas/.
(8) https://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-de-decret-d-application-de-l-article-1-de-a3224.html.
(9) https://www.institut-ecocitoyen.fr/page.php?idp=38&idt=4.
(10) https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/01/31/pollution-aux-pfas-pres-de-200-riverains-de-la-vallee-de-la-chimie-pres-de-lyon-demandent-reparation-en-justice-a-deux-industriels_6664839_3244.html.
 

ÉNERGIE RENOUVELABLE : DES SUBVENTIONS MASSIVES SANS RÉELLE SURVEILLANCE DE L' ÉTAT

  Le Rapport de la Cour des comptes sur « Le soutien aux énergies renouvelables à travers les charges de service public de l’énergie » analyse le coût et l’efficacité des aides publiques accordées aux énergies renouvelables en France.
  La Cour estime que ces soutiens ont permis de développer rapidement l’éolien, le solaire et le biométhane, mais qu’ils représentent une charge budgétaire importante et parfois mal maîtrisée. Elle souligne notamment un manque de transparence sur le coût total des engagements pris par l’État sur plusieurs décennies, ainsi que des risques de sur-rémunération de certains producteurs.
  Le rapport critique aussi une gouvernance jugée insuffisamment lisible
  • Objectifs ambitieux, 
  • Dispositifs complexes, 
  • Contrôle perfectible,
  • Faible association du Parlement aux décisions financières. 
  La Cour recommande donc un pilotage plus rigoureux, une meilleure évaluation du coût complet du mix énergétique et un encadrement plus précis des aides publiques
 
  À la lecture de ce rapport, la solution idéale pour nos finances — contribuable et consommateur, est toute indiquée : ZÉRO ÉOLIENNE ET BASTA ! 
 
  Ci-devant, vous trouverez l'analyse qu'en a fait l'association PIEBÎEM — « PRÉSERVER L’IDENTITÉ ENVIRONNEMENTALE DE BRETAGNE SUD ET DES ÎLES CONTRE L’ÉOLIEN EN MER », qui résiste contre la colonisation de la mer par l'éolien offshore, pour « la protection, la conservation et/ou la restauration ... »
 
Bonne lecture et diffusion.
 
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Cour des Comptes : la facture colossale des aides aux ENR —  et il en manque !


  La Cour des Comptes a mené une enquête sur le soutien aux ENR motivée par des contributions sur la plateforme citoyenne de la Cour des comptes — lien , que PIEBîEM avait contacté  — cf contributions ci-jointe, et la révélation de chiffres pourtant partiels, puisqu'ils ne concernent que le soutien direct de l’État, a constitué un véritable électrochoc. 
  • 1) La brutalité des chiffres : des aides coûteuses, inégalitaires et imprévisibles : 26 milliards pour l'éolien et le solaire en 8 ans, 84 milliards d'ici 2050 et cela ne compte pas tout
  • 2) Extraits significatifs du rapport; 
  • 2a) Un soutien public fort, dans le brouillard, avec des risques de sur-rémunérations; 
  • 2b) Les promoteurs ENR ont refusé de contribuer à juste proportion des bénéfices exceptionnels engendrés par la crise de 2021-2022. Les fraudes sont insuffisamment contrôlées; 
  • 2c) Suspicions d'ententes illicites et de ruptures de confidentialité lors des appels d'offre PPE2; 
  • 2d) La renégociation « dévoyée de l' indexation pour les parcs éoliens en mer sous contrat »; 
  • 2e) Prix négatifs, augmentation des coûts, écrêtement et compensation des écrêtements : un fort enjeu, des décisions à l'aveugle; 
  • 3) Fortes réactions dans la presse : Transition/Energies : Véritable coût des renouvelables, la Cour des comptes remet les pendules à l'heure. Lien vers le rapport

 
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1) La brutalité des chiffres : des aides coûteuses, inégalitaires et imprévisibles : 26 milliards pour l'éolien et le solaire en 8 ans, 84 milliards d'ici 2050 et cela ne compte pas tout 
  En France métropolitaine, la production d'électricité renouvelable est passée de moins de 100 térawattheures — TWh, en 2016, soit 18 % de la production d'électricité, à près de 150 TWh en 2024, soit 27 % de la production d'électricité. Le pays est, à peu près, en ligne avec ses ambitions. Mais à quel prix — et question non posée par la Cour, ce n'est pas son rôle et pour quel bénéfice climatique ? Les aides publiques à la production d'éolien et de solaire ont coûté 26,3 milliards d'euros entre 2016 et 2024
  En 2024, les aides publiques aux ENR ont été de l'ordre de 4 milliards — un record qui sera battu dans les années à suivre, le coût du soutien public pour 2025 a même été évalué à 7,4 milliards d'euros — mais cela peut changer avec l'envolée du prix de l'électricité. La Cour des comptes estime que les mécanismes mis en place pourraient encore coûter 84 milliards d'euros à la France au cours des 25 prochaines années
  De plus, ces dépenses sont difficiles à prévoir car exposées à la volatilité des marchés de l'énergie. Ainsi, lorsque le prix de l'électricité baisse sur les marchés, les compensations que l’État verse aux producteurs sous contrats de rémunération explosent. Électricité en hausse ou en baisse, les promoteurs éoliens et solaires encaissent !
  De plus, ces dépenses sont difficiles à pister : 
« les engagements financiers de long terme souscrits par l'État au titre des charges de SPE sont comptabilisés hors bilan du fait de leur imprévisibilité. Deux exercices de prévision sont réalisés chaque année, l'un pour établir ces engagements hors bilan (EHB) en annexe du compte général de l'État et l'autre pour la publication d'un rapport détaillant le coût prospectif des charges par filière et par an »

  De plus, les chiffres de la Cour des Comptes sont loin de prendre en compte la totalité des dépenses engendrées par les ENR. Ces chiffres correspondent exclusivement aux charges de service public de l'énergie — CSPE, c'est-à-dire aux compensations versées par l'État pour garantir les tarifs aux producteurs — le soutien direct. Ne sont pas pris en charge 
  • Les investissements dans les réseaux nécessaires pour intégrer des productions dispersées et intermittentes des ENR — 100 milliards pour RTE dont 47 pour l'éolien en mer, 100 milliards pour Enedis qui se manifesteront par une hausse du TURPE sur les factures d'électricité, 
  • Les pertes de revenus d'EDF et les coûts de maintenance des centrales engendrés par le suivi de charge des ENR,
  • Les coûts d'équilibrage qu'impose leur variabilité.
  Les recommandations de la Cour : les dispositifs de soutien doivent être mieux maîtrisés par l'État : La majorité du parc de production éolien et solaire en place bénéficie ou a bénéficié d'un soutien… 
  Pour mieux encadrer ce soutien public aux énergies renouvelables, la Cour des comptes formule plusieurs recommandations. Elle préconise d'abord un « plan d'audit des filières de production », à mener par la Commission de régulation de l'énergie, autorité administrative indépendante, et un « tableau de bord de suivi de l'économie des principales filières soutenues budgétairement par l'Etat ». Elle recommande aussi d' « introduire dans les futurs contrats une clause de révision », afin de « mieux tenir compte de la part des coûts d'exploitation ».

PIEBÎEM : C'est bien le minimum. On a aussi une solution plus simple : puisque le solaire, l'éolien terrestre et en mer sont censés être des énergies matures, fin des subventions, aides d'État, mécanismes de soutien …

2) Extraits significatifs du rapport lien 
2a) Un soutien public fort, dans le brouillard, avec des risques de rémunération excessive
« Le soutien financier public apporté aux producteurs d'énergies renouvelables…garantit en effet aux producteurs des tarifs d'achat en général bien supérieurs aux prix qu'ils obtiendraient sur les marchés de gros de l'électricité et de gaz. De fait, la majorité du parc de production éolien et solaire en place bénéficie ou a bénéficié d'un soutien… La détermination des niveaux de soutien par la puissance publique, y compris à travers l'organisation d'appels d'offres, est exposée à des risques de sur-rémunération des bénéficiaires d'autant plus grands que la connaissance de l'économie des filières soutenue est encore insuffisante. Cette connaissance devrait être renforcée par l'élaboration d'un plan d'audit des filières par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) et par la mise en place d'un tableau de bord de suivi de l'économie des principales filières soutenues. … Cette méconnaissance de l'économie des filières contrarie le bon pilotage tant des guichets ouverts que des appels d'offres »
PIEBÎEM : la méconnaissance de l'économie des filières est maximale pour l'éolien offshore.

2b) Les promoteurs ENR ont refusé de contribuer à juste proportion des bénéfices exceptionnels engendrés par la crise de 2021-2022. Les fraudes sont insuffisamment contrôlées 
« Le législateur a souhaité mettre fin à certaines situations de sur-rémunération avérées. Ainsi, il a récemment souhaité reconsidérer les conditions d'achat de la production d'électricité…le législateur a voulu introduire un déplafonnement partiel puis total des montants devant être reversés à l'État par les bénéficiaires de compléments de rémunération en cas de prix de marché supérieur au tarif de référence retenu dans leur contrat. Sans que le principe même de la modification souhaitée soit remis en cause, les conditions de sa mise en œuvre ont été jugées non conformes au droit des contrats par le Conseil constitutionnel. Ces tentatives pour l'instant inabouties, traduisent la volonté de limiter les effets d'aubaine les plus marqués. Le principe de telles modifications a été validé par le juge constitutionnel, mais leur mise en œuvre a achoppé sur des failles juridiques. Elles illustrent également la difficulté d'intervenir a posteriori sur les mécanismes de soutien, et donc l'intérêt d'introduire dès les contrats initiaux d'éventuelles clauses de révision, comme cela commence à être fait dans certains contrats de soutien. Les modalités d'indexation automatique des tarifs, qui accroissent ces différences de traitement et sont parfois dévoyées, devraient également pouvoir être réexaminées. 
  Enfin, le contrôle des producteurs doit être renforcé rapidement. Les manquements et non-conformités relevés par les organismes agréés chargés des contrôles, de même que les suspicions de fraudes relevées par les acheteurs obligés, font actuellement l'objet d'un traitement disparate et insuffisant par les services de l'État. » 

PIEBÎEM : Cette crise de 2021-22 a juste prouvé que les ENR électriques ne deviennent rentables que lorsque le prix de l'électricité atteint des niveaux insoutenables économiquement et socialement. Le seul « bouclier électrique » a été de 10 Md€ et en refusant le déplafonnement de la taxe sur leurs bénéfices exceptionnels, les ENR ont refusé d'y contribuer à juste proportion.

2c) Suspicions d'ententes illicites et de ruptures de confidentialité lors des appels d'offre PPE2
« Enfin, la Cour a constaté que la répartition des prix demandés par les candidats dont les dossiers sont conformes pour chacune des périodes des appels d'offres PPE2 des filières photovoltaïque sur bâtiments, photovoltaïque au sol et éolien terrestre affichait une forte concentration au voisinage du prix plafond lors des périodes les plus récentes. 
Ce phénomène renforce encore l'importance des prix plafonds. Or, la CRE a appelé de manière réitérée à baisser ces derniers, au vu notamment de l'évolution à la baisse du prix des panneaux photovoltaïques. Ces appels n'ont été que partiellement suivis, parfois avec retard, par la DGEC, qui privilégie une relative stabilité tout en indiquant tenir compte « des connaissances disponibles sur les coûts des filières concernées et du retour d'expérience des précédents appels d'offres ».
  De plus, cette concentration des prix pose question alors que la diversité d'exposition des sites devrait en maintenir une plus large répartition. Par ailleurs, la CRE a fait part de craintes quant à la confidentialité effective des prix plafond.. Extrait de la délibération CRE du 27 mars 2025 AO PPE2 Éolien terrestre, 9ème période : « Les prix des projets déposés sont très concentrés, et proches du prix plafond. […] On peut craindre que le prix plafond soit connu de certains acteurs. »

2d) La renégociation « dévoyée » de l' indexation pour les parcs éoliens en mer sous contrat
  « S'agissant de l'éolien en mer, un parc lauréat de l'un des deux premiers appels d'offres, bénéficiant d'un tarif d'achat dont l'indexation a débuté en 2023 connaîtra sur 20 ans une augmentation de ce tarif de l'ordre de 27 % en application des cahiers des charges initiaux de ces appels d'offres, et de 45 % en application des conditions renégociées de ces deux mêmes premiers appels d'offres. L'augmentation ne serait que d'environ 9 % en application des cahiers des charges des appels d'offres ouverts à partir de 2022. La renégociation des conditions contractuelles applicables aux lauréats des deux premiers appels d'offres de la filière éolien en mer a en effet conduit à modifier la formule d'indexation des tarifs d'achat en supprimant la part fixe. La totalité du tarif d'achat est ainsi indexée sur les coûts du travail (pondération de 0,67) et sur les coûts à la production (pondération de 0,33). Cette nouvelle formule dévoie la logique même de l'indexation, selon laquelle la part fixe est supposée représenter la part des coûts d'investissements initiaux sur les coûts totaux du projet. Sans nouvelle révision de ces modalités d'indexation, il en résultera des revalorisations excessives des tarifs d'achat, pesant sur les finances publiques »

 

PIEBÎEM : il s'agit de la brillante « renégociation » de 2018, qui permet finalement par exemple à Iberdrola de bénéficier d'un tarif à 196€ le mégawattheure pendant 20 ans..au lieu de 200€ ! lien

2e) Prix négatifs, augmentation des coûts, écrêtement et compensation des écrêtements : un fort enjeu, des décisions à l'aveugle 
  La Cour constate « une forte croissance des épisodes de prix négatifs, qui tend en retour à accroître le coût du soutien… » Dans son étude, la CRE souligne la bonne réactivité des producteurs, et liste un certain nombre de recommandations portant notamment sur le paramétrage du prix de marché de référence, et de la prime pour prix négatifs. Ces travaux n'ont pu être pleinement expertisés par la Cour. Ils témoignent de l'intérêt porté au sujet dont l'enjeu, aussi bien pour le fonctionnement du système électrique qu'en termes financier, est majeur. La CRE reste néanmoins prudente quant à la répartition du risque entre l'État et les producteurs, considérant que tout transfert trop important du risque vers les producteurs se traduirait nécessairement par une augmentation des tarifs de référence proposés en réponse aux appels d'offres. Or, tant les risques que les bénéfices éventuellement tirés de telles adaptations peinent à être quantifiés, dans un contexte de méconnaissance des coûts réellement supportés par les producteurs. La logique d'expérimentation avancée à plusieurs reprises par la CRE devrait ainsi être encouragée, associée à un meilleur suivi des conditions de rémunération des producteurs

3) Fortes réactions dans la presse : Transition/Énergies : véritable coût des renouvelables, la Cour des comptes remet les pendules à l'heure.
  La publication de ces chiffres sur le coût des ENR, qui, au surplus ne couvrent que le soutient direct de l'État aux ENR a suscité un électrochoc dans la presse —  pourtant ces chiffres étaient en fait déjà connus. Exemples :
  • Les Echos : Coûteuses, inégalitaires et imprévisibles : la Cour des comptes tacle les aides publiques aux énergies renouvelables lien
  • Le Figaro : 26,3 milliards d'euros en neuf ans : la facture colossale des aides aux énergies renouvelables lien;
  • MediaPart : La folle dérive des aides publiques aux énergies renouvelables lien; 
  • Le Monde : Énergies renouvelables : les effets du soutien public « doivent être mieux suivis, contrôlés et maîtrisés », selon la Cour des comptes lien ; 
  • BFM : Risques de sur-rémunération: la Cour des comptes appelle l'État à la vigilance sur le soutien à la production d'énergies renouvelables lien;
  • La Tribune : Énergies renouvelables : l'État a trop payé les producteurs, avertit la Cour des comptes lien
Transition/Énergies : Véritable coût des renouvelables, la Cour des comptes remet les pendules à l'heure. Extraits lien 
  « Pour justifier l'injustifiable, c'est-à-dire la promulgation par décret le mois dernier de la PPE3 Programmation pluriannuelle de l'énergie version 3, le gouvernement a multiplié les arguments douteux et même les mensonges. Il n'a pas cessé notamment d'affirmer que le développement massif des renouvelables intermittents (éolien et solaire), stipulé par le PPE3, ne ferait pas s'envoler les factures d'électricité et les dépenses publiques. Des « fake news » démolies par tous les experts sérieux. Même la Cour des comptes vient dans un rapport publié le 18 mars de montrer que le seul coût pour les finances publiques des subventions et des aides aux renouvelables intermittents est extrêmement élevé, près de 11 milliards d'euros l'an dernier, et ne peut qu'augmenter dans les prochaines années. Et tout cela pour une production d'électricité supplémentaire dont le pays n'a nul besoin. Il produit déjà en surabondance une électricité décarbonée à plus de 95%...
  Justement le constat du rapport de la Cour des comptes est sans appel. La facture des énergies renouvelables pour les finances publiques est à la fois élevée, fluctuante et souvent injustifiée. La Cour dénonce ainsi pêle-mêle des « sur-rémunérations avérées », « les effets indésirables des modalités de soutien sur les marchés de l'électricité », « un contrôle insuffisant des producteurs », « des sanctions quasi-inexistantes », « des impact sur les finances publiques significatifs mais difficilement prévisibles » et « un transfert de la contrainte budgétaire infra-annuelle aux dépens de la trésorerie d'EDF ».
  Les tarifs moyens d'achat de l'électricité produite « restent nettement plus élevés que les prix habituellement constatés sur les marchés de gros » qui sont de l'ordre de « 40-50 euros le MWh pour l'électricité et moins de 50 euros pour le gaz ». Et le terme utilisé par les magistrats de « nettement plus élevés » est un euphémisme. Ils expliquent que : « le soutien aux producteurs doit s'exercer au meilleur coût pour les finances publiques. Le code de l'énergie précise ainsi qu'il doit assurer une rémunération normale des capitaux investis, et donc éviter toute sur-rémunération… ».
  Le problème de fond est tout simplement que la politique énergétique suivie depuis des années et amplifiée par la PPE3 est contraire à l'intérêt général et ne se fait au bénéfice que d'intérêts particuliers. Son coût est exorbitant pour les finances publiques, ce qui est totalement irresponsable compte tenu de la situation du pays, et il est tout aussi élevé pour les consommateurs d'électricité. Ces derniers devront, par exemple, payer via le Turpe (Tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité) les 200Md€ d'investissements dans l'adaptation des réseaux électriques nécessaires d'ici 2040.
 

PRESSIGNY : USINE ÉOLIENNE : UNE SOCIÉTÉ D' INGÉNIERIE EST DANS LA PLACE

 
  Une équipe de Coverwind Solutions est actuellement logée à Pressigny. Cette dernière est une société espagnole spécialisée dans les services techniques pour la filière éolienne, avec une activité internationale et une filiale française appelée Coverwind Solutions France. Les vues imprenables ne croyant pas aux coïncidences, cette présence semble sans aucun doute directement liée à l’actualité de l' usine de 17 éoliennes dit « Haut vannier » — la nouvelle demande de l'écornifleur du vent, auprès de la préfecture, pour réexploiter le site, voir ci-dessus.
 
 

Auteur : php. 
 
Elle intervient principalement sur : 
  • Le montage et la mise en service d'usines éoliennes,
  • La supervision technique et les inspections qualité,
  • La maintenance préventive et corrective,
  • Les « grands correctifs » et rétrofits1,
  • Les audits O&M — opération et maintenance,
  • Récemment  → certaines activités photovoltaïques.
 1. Dans l’industrie éolienne, un rétrofit désigne une modification ou une amélioration apportée à une éolienne déjà installée afin d’améliorer ses performances, sa fiabilité ou sa sécurité sans remplacer toute la machine. Visuellement, cela ressemble souvent à des interventions techniques lourdes sur des turbines déjà en service. Le mot vient de l’anglais retrofit, qu’on peut traduire par  « modernisation », « mise à niveau », ou « adaptation après installation » .
 
  Le groupe fait partie de l’écosystème « Cover Global », basé en Galice — Espagne. Il est surtout positionné comme prestataire de services pour les grands développeurs et fabricants d’éoliennes plutôt que comme développeur d' usines lui-même.
 
En France 
  La structure a été créée fin 2017, à Challans — Vendée, un territoire historiquement lié à la supply chain — chaîne d'approvisionnement, éolienne de l’Ouest — sur terre et sur mer ! Son activité déclarée couvre la maintenance d' usines éoliennes et l’installation/maintenance photovoltaïque. 
 
  À suivre... 
 
php 


LES PFAS : L'AUTRE POLLUTION GÉNÉRALISÉE

  Comme il est à peine suggéré dans l'article ci-devant, on trouve AUSSI des Substances per- et polyfluoroalkylées — PFAS, dans les éol...