Épisode précédent : SARREY : LE PROJET DE L' USINE ÉOLIENNE ENTRE DANS UNE PHASE CONCRÈTE
Sous une chaleur étouffante en plein mois d'août, le conseil municipal fraîchement élu s'est penché une fois de plus sur le dossier éolien. Verdict ? Les élus ont décidé... de rien décider, concernant la possible participation financière de la commune au projet.
« concernant la proposition d’entrée au capital de la société Les Vents de la Traire, les élus ont choisi d’attendre. Afin d’étudier le dossier et d’en informer les habitants, le vote est reporté à l’issue de la rencontre publique du 30 octobre. »
Le conseil municipal 2026-2032
Les élections de mars ont été marquées par
- Une hausse significative du nombre d'inscrits, passant de 276 en 2020 à 292 en 2026. Étonnamment, ce nombre de 292 correspond à celui du nombre d'inscrits en... 2014 !?
- Un renouvellement nette de l'assemblée.
- Fait exceptionnel en Haute-Marne pour une commune située hors des villes de référence, deux listes s'affrontaient : la liste SIMMONOT l'a finalement emportée dès le premier tour.
- Nathalie COUTURIER, maire, professeurs des écoles, instituteurs et assimilés
- Loïc SIMONNOT, 1er adjoint, cadres de la fonction publique, domaine civil
- Émilie MAGNIER, 2e adjoint, employés administratifs d'entreprise
- Laurent SOUBROUILLARD, 3e adjoint, techniciens
- Manuel DELGADO, autres retraités et préretraités
- Elsa DÉTAIL, employés civils et agents de service de la fonction publique
- Justin PREVOT, chefs d'entreprise de 10 salariés ou plus
- Michelle BRIOT, autres retraités et préretraités
- Valentin MARET, cadres administratifs et commerciaux d'entreprise
- Isabelle PAPERIN, autres retraités et préretraités
- Laurent BABELON, agriculteurs sur moyenne exploitation
- Inscrits : 292 / 276 en 2020
- Abstentions : 75 / 83
- Votants : 217 / 193
- Blancs ou nuls : 13 / 1
- Exprimés : 204 / 192
Malgré un profond remaniement, la nouvelle assemblée poursuit la politique amorcée en 2023 en faveur du projet éolien. Pire encore : elle étudie désormais une prise de participation dans la société privée concernée. Ce serait, sans l'ombre d'un doute, un point de non-retour funeste pour cette commune et sa population1. Une démarche d'autant plus contestable qu'aucune information n'a été relayée, par exemple, sur le Facebook de la municipalité.
1. Tout à chacun sait bien que, quant on parle partenariat public/privé, c'est : au privé les profits, aux Collectivités les pertes !
Sarrey, le 01décembre 2025. Source.
LE PROJET
« Chronologie du projetSource.
- Mars 2024 : Délibération des Zones d’Accélération des Énergies Renouvelables par la commune de Sarrey suivant la loi nᵒ 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables, surnommée loi APER.
- Décembre 2024 : Rencontre entre l’équipe de Natural Forces et la maire de Sarrey afin de comprendre les besoins et volontés de la commune.
- Décembre 2024 à février 2026 : Études par Natural Forces des contraintes sur la commune de Sarrey.
- Février 2025 : Début de la prise de contact avec les propriétaires fonciers après accord de la mairie afin de déterminer la viabilité du projet.
- Février 2025 : Délibération du conseil municipal de Sarrey afin d’adapter la Zone d’Accélération des Énergies Renouvelables à la suite des pré-études techniques et des prises de contact foncier.
- Octobre 2025 : Point d’avancement du projet à la mairie de Sarrey en présence des élus du Conseil municipal.
- Décembre 2025 : Diffusion d’une lettre d’information à destination des riverains via un porte-à-porte sur les communes de Sarrey, Chauffourt et le bourg d’ Épinant.
- Janvier 2026 : Première permanence publique à l’épicerie du village de Sarrey afin d’informer les habitants et riverains de l’érection d’un mât de mesure du vent et du lancement des études paysagères, naturalistes, acoustiques, etc.
- Février 2026 : Lancement de la campagne de mesure de vent avec l’érection d’un mât de mesure.
- Mars 2026 : Lancement des états initiaux naturalistes avec le début des inventaires des espèces de chauves-souris présentes sur le site.
- Juin 2026 : Qualification de l’ambiant sonore autour du site avec l’installation de microphones.
- Fin 2026 : Fin des relevés des états initiaux – définition des variantes d’implantation des éoliennes sur le site ; diffusion d’une troisième lettre d’information.
- S1 2027 : Finalisation des études d’impact ; diffusion d’une quatrième lettre d’information.
- Septembre 2027 : Dépôt du dossier auprès de l’administration. »
« À propos du projet... L’objectif est de construire un projet adapté au territoire, en associant les élus, les habitants, les propriétaires, les exploitants agricoles et les partenaires locaux tout au long de son développement [...] permettront de définir progressivement les caractéristiques du futur parc, notamment le nombre d’éoliennes, leur implantation... »
Si le premier objectif est largement atteint — voir ci-dessus, c'est en revanche le flou le plus total concernant l'usine en elle-même. On demande aux habitants de se prononcer à l'aveugle sur un projet dont ils ignorent tout : nombre de mâts, hauteur, ou encore zones d'implantation précises, etc.
Pire encore, la localisation envisagée aurait glissé du nord-est du village — dans le Bois des Cognots, entre Sarrey et Is-en-Bassigny, comme rappelé ici, vers le sud-est. Un déplacement loin d'être anodin ! Situé sur le plateau de Langres, Sarrey est soumis à des vents dominants de secteur sud-ouest, selon une étude éolienne de 2015. Résultat : le village se retrouverait majoritairement sous le vent. Les riverains s'exposeraient ainsi aux nuisances sonores et aux infrasons — aériens et terrestres, dont les impacts sur la santé sont désormais documentés dans des cas similaires, notamment par cette étude allemande de juillet 2026.
Un conseil s'impose : face à tant d'inconnues et de risques, dites NON aux éoliennes par précaution !
« La zone d’étude est située en majeure partie sur la commune de Sarrey et seulement une petite partie concerne la commune de Val-de-Meuse. [...] Ce secteur dispose d’un fort potentiel venteux, d’un réseau électrique accessible et d’acteurs locaux motivés pour encourager le développement des énergies renouvelables. [...] c’est surtout le fort engagement de la commune qui a permis d’ancrer ce projet : les élus locaux ont exprimé leur volonté de participer activement au développement, d’un projet à gouvernance partagée. Cette dynamique locale, rare à cette échelle, constitue l’un des fondements du projet. »
Rappelons que la commune de Val-de-Meuse regroupe depuis 1972 plusieurs localités : Montigny-le-Roi — bourg centre, Épinant, Lécourt, Lénizeul, Maulain, Meuse, Provenchères-sur-Meuse, Ravennefontaines et Récourt.
S'agissant du raccordement au réseau électrique, le porteur de projet ferait bien de jouer la carte de la transparence : comme partout dans l'Hexagone, le réseau haut-marnais EST SATURÉ ! Pour être plus exact, ce sont les postes sources qui arrivent aujourd'hui à saturation :
S'agissant du raccordement au réseau électrique, le porteur de projet ferait bien de jouer la carte de la transparence : comme partout dans l'Hexagone, le réseau haut-marnais EST SATURÉ ! Pour être plus exact, ce sont les postes sources qui arrivent aujourd'hui à saturation :
« ... La saturation du poste source est au cœur de ce problème et cause plusieurs contraintes pour les nouveaux projets. En effet, on constate une diminution de la capacité d’accueil, une saturation des files d’attente, un allongement des délais ainsi qu’une hausse des coûts... »
Pour le conseil municipal :
« En politique une absurdité n'est pas un obstacle.»Napoléon Bonaparte

Quant à la saturation éolienne du secteur, le constat est déjà édifiant :

Tout l'éolien actuel ou en devenir se situe dans un rayon MAXIMUM de I5 km, à vol d'oiseau, autour du village !
« Qui propose ce projet ?... Fondée en 2001, Natural Forces a son siège social à Halifax, en Nouvelle-Écosse, et dispose de bureaux régionaux en France et en Irlande.... »
Pour celles et ceux qui n'auraient pas encore saisi toute la mécanique du lobby éolien et, des EnR en général, petit rappel du modèle d'affaires parfait :
- On domicilie la maison mère, par exemple, au Canada;
- On défigure à grands coups de pales les paysages de l'Hexagone;
- On met les profits au chaud, dans un paradis fiscal, comme l'Irlande;
- Et on fait envoyer la note au pigeon de service : le contribuable et le consommateur d'électricité français.
À suivre...
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