LA PPE3 EST-ELLE UNE BOMBE FINANCIÈRE À RETARDEMENT ? LES CHIFFRES QUI CLIMATISENT L' ATMOSPHÈRE

  Au moment où l'Allemagne, jadis championne de l'antinucléarisme et laboratoire de la transition énergétique — Energiewende, fondée sur un cocktail d'éoliennes, de gaz et de subventions massives d'argent public, reconnaît enfin les limites — technique et économique, de ce modèle en coupant les vivres aux écornifleurs du vent, la France, elle, persiste et signe.
  Alors que l'Allemagne ne peut plus — ou ne veut plus — supporter le coût exorbitant de sa politique énergétique, notre pays, pourtant au bord de la faillite financière, choisit de faire exactement l'inverse.  Loin de réduire les subventions et les privilèges accordés au lobby éolien, financés directement ou indirectement par les contribuables et le consommateur d'électricité, le gouvernement accélère encore la fuite en avant. Pour la seule année 2026, la Commission de régulation de l'énergie — CRE, « estime le soutien public à 8,3 milliards d’euros. »1, tandis que l'appel d'offres AO10 pour l'éolien en mer est lancé tambour battant.
  Comment expliquer un tel entêtement ? Comment comprendre que nos dirigeants poursuivent cette politique avec une telle obstination, malgré les signaux d'alerte, les difficultés budgétaires et les revirements de ceux qui leur servaient hier encore de modèle ? À force de s'obstiner contre l'évidence, cette politique finit par relever de... la connerie ou... pire ?
  Un jour, les historiens mettront sans doute en lumière les véritables motivations, les intérêts en jeu et les mécanismes qui auront conduit la France à persévérer dans cette funeste voie, alors, que dans le même temps, d'autres commençaient déjà à en mesurer le coût économique, industriel et social.
 
1« ... Devant l’Assemblée nationale, le 25 février 2026 Premier ministre a affirmé que les chiffres avancés par le RN étaient « inventés », estimant que « les soutiens publics aux énergies renouvelables sont pour un scénario médian de 30 à 50 milliards d’euros sur 35 ans ». Il mentionne ensuite une cinquantaine de milliards d’euros pour les raccordements, relevant qu’ils seront en partie payés par les producteurs. Mais ce qui veut dire in fine dans les factures. [...] Mais une analyse réaliste des scénarios figurant dans les documents officiels montre qu’un cout de 300 milliards d’euros sur la période 2025-2060 en conséquence des investissements de production EnR passés et prévus jusqu’en 2035 est tout à fait plausible. Voire sous-estimé en l’absence de chiffrage des couts induits pour EDF.... » 
 
 
 
 
Bonne lecture.
 
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 Éolien en mer : vers une électricité plus chère ?

  La France vient de lancer le plus grand appel d’offres éolien en mer de son histoire. Mais en renchérissant le prix final de l’électricité, cette politique risque de freiner l’électrification qu’elle est censée permettre. Anatomie d’une mécanique infernale.
par Cécile Maisonneuve 
 
  AO10. C’est le nom du plus grand appel d’offres éolien en mer jamais lancé par la France : environ 10 GW, pour moitié posé, pour moitié flottant. Les chiffres impressionnent : 47,8 TWh produits par an, soit 10,6 % de la consommation électrique française actuelle, et un soutien public allant jusqu’à… 63 milliards d’euros. Tel est le plafond des aides d’État autorisé par la Commission européenne pour ce projet, montant qui dépend des prix de marché sur vingt-cinq ans. Qu’il soit atteint ou non, il mesure le risque que la collectivité accepte de porter et appelle une première question : si l’éolien en mer doit nous donner une électricité abondante et compétitive, pourquoi faut-il lui garantir autant d’argent public pendant un quart de siècle ?
  Plus fondamentalement, il soulève une seconde question : ces montants titanesques engagés sur une technologie jamais déployée nulle part à l’échelle industrielle (l’éolien flottant) ne mettent-ils pas à risque la condition nécessaire à toute électrification et réindustrialisation : le prix final de l’électricité livrée ? Question cruciale alors que la France vit encore sur l’héritage de la politique énergétique des années 1970 : des prix de l’électricité compétitifs relativement à ceux de nos voisins européens. En 2024,
les grands consommateurs industriels français payaient moins de 80 €/MWh, contre un peu plus de 120 €/MWh en moyenne dans l’Union, tandis qu’en 2025, les prix spot français se sont découplés de ceux de nos voisins, avec des écarts de 20 à 50 €/MWh face à l’Allemagne, la Belgique, la Grande-Bretagne, la Suisse et l’Italie du Nord. Le tout avec une production décarbonée à 95,2 %. L’éolien en mer va-t-il réduire ce patrimoine à néant ? 
 
A lire :Les incertitudes financières de l’éolien flottant
 
Le prix annoncé n’est pas le prix payé

  L’éolien flottant a déjà fait l’objet d’une première attribution en France. En mai 2024, le consortium belgo-germano-coréen Pennavel a remporté le parc de Bretagne Sud, d’une puissance d’environ 250 MW, avec un tarif de 86,45 €/MWh.
  Mais ce chiffre ne représente pas le prix complet de l’électricité une fois livrée au consommateur. Il correspond à la rémunération garantie au producteur pour l’électricité produite par le parc. Sur vingt ans, cela peut représenter près de 2 milliards d’euros de revenus.
  Il faut ensuite acheminer cette électricité jusqu’au réseau terrestre. Il faut construire une plateforme en mer, poser des câbles sous-marins, les faire arriver à terre, créer un poste électrique et parfois renforcer le réseau existant. Ces travaux sont réalisés par RTE. Ils ne sont pas compris dans les 86,45 €/MWh : ils sont payés par les consommateurs à travers la partie « réseau » de leur facture d’électricité, appelée TURPE.
  Il faut encore ajouter les indemnités versées lorsque le parc est contraint de s’arrêter. Cela peut arriver quand le réseau ne peut plus absorber toute l’électricité produite ou lorsque les prix deviennent négatifs – autrement dit, lorsqu’il y a tellement d’électricité disponible que les producteurs doivent payer pour la vendre. Au-delà de quarante heures à prix négatif, le développeur du parc peut être indemnisé à hauteur de 70 % du tarif prévu. Le consommateur finance donc non seulement la production et le réseau mais aussi l’arrêt de la production. Sans ce mécanisme, aucun modèle d’affaires ne passe pour les développeurs.
RTE donne lui-même un ordre de grandeur plus complet : en moyenne, le coût atteindrait
95 €/MWh pour le posé et 125 €/MWh pour le flottant. L’écart entre les 86,45 € annoncés et les 125 € du coût complet n’a donc pas disparu. Il a simplement été déplacé vers une autre partie de la facture. 
 
 Image
 
 
  Pour les futurs parcs prévus par la PPE3, RTE estime que le raccordement pourrait représenter à lui seul 30 à 40 % du coût total. Dans le seul cas du grand appel d’offres AO10, la facture de raccordement approcherait 20 milliards d’euros. Ce n’est plus un coût accessoire.
  Enfin, les 86,45 €/MWh obtenus en Bretagne ne constituent pas un coût démontré, mais un pari sur de futures baisses de prix. L’expérience britannique invite à la prudence. En janvier 2026, deux parcs flottants ont obtenu un tarif de 216 £/MWh, soit environ 250 €/MWh, contre 91 £/MWh pour l’éolien posé. Le même jour, dans la même enchère, le flottant coûtait donc près de deux fois et demie plus cher. Les situations ne sont certes pas identiques, mais le tarif breton suppose des baisses de coûts et une industrialisation qui restent à accomplir. 
 
Le cercle vicieux du prix final

  Qui paie les coûts qui ne figurent pas dans le tarif annoncé ? Au bout du compte, toujours le même public, mais sous deux casquettes : le contribuable, à travers le budget de l’État, et le consommateur d’électricité, à travers sa facture. Le 15 juillet, la Commission de régulation de l’énergie a évalué à 14,2 milliards d’euros les dépenses publiques de soutien à l’énergie en 2027, contre 12,3 milliards attendus en 2026. Sur ces 14,2 milliards, 10,67 milliards seront supportés par le budget de l’État. Ces montants concernent l’ensemble des énergies aidées, et non le seul éolien en mer. Ils augmentent principalement parce que l’on soutient des volumes toujours plus importants, sachant qu’il faut y ajouter le coût des réseaux déjà évoqué.
  Un second mécanisme intervient : celui du prix garanti au producteur. Prenons un exemple simple. Si le tarif garanti est de 86 €/MWh et que l’électricité se vend 70 € sur le marché, la collectivité verse les 16 € manquants. Si le prix de marché tombe à 40 €, elle doit en verser 46. À l’inverse, lorsque le prix de marché dépasse le tarif garanti, le producteur restitue la différence. Donc plus les prix de marché sont bas, plus le soutien public augmente.
  Or les prix baissent notamment lorsque l’offre d’électricité est abondante et que la demande ne suit pas.  C’est précisément la situation française. En 2025, la France a produit 547,5 TWh d’électricité, tandis que sa consommation s’est limitée à 451 TWh, soit près de 5 % de moins qu’en 2014.
RTE le reconnaît : pour la prochaine décennie, notre principal problème n’est plus de produire davantage, mais de trouver les usages capables d’absorber cette production.
  À cela s’ajoute une règle très simple. Une ligne électrique, un câble sous-marin ou un poste de transformation coûtent presque aussi cher, qu’ils transportent beaucoup ou peu d’électricité. Si le coût du réseau est réparti sur une consommation qui stagne ou diminue, chaque mégawattheure doit en supporter une part plus importante. Le prix final augmente donc, même lorsque l’électricité elle-même est bon marché sur le marché de gros.
  Le cercle vicieux apparaît alors. La consommation stagne ; les épisodes de prix très bas ou négatifs deviennent plus fréquents ; les compensations publiques et les indemnités d’arrêt augmentent. Dans le même temps, les coûts du réseau sont répartis sur trop peu de consommation. Le prix payé par le client monte. À ce prix, l’industriel conserve son four à gaz, le ménage reporte l’installation de sa pompe à chaleur et l’électrification ralentit encore.
  Voilà la contradiction : nous construisons de nouvelles capacités de production pour électrifier l’économie, mais leur mode de financement risque de renchérir l’électricité livrée et donc de décourager cette électrification. Le prix décisif n’est pas celui que l’on proclame au moment de l’appel d’offres. C’est celui qui figure, à la fin, sur la facture de l’usine ou du ménage. 
 
Trois questions avant les gigawatts
  La réponse gouvernementale à la mécanique infernale qui vient d’être décrite s’est traduite par l’adoption, en avril dernier, d’un ambitieux plan d’électrification. Dont acte. Reste que, dans le même temps, n’apparaît nul signe d’une inflexion du prix de l’électricité dans la facture finale, bien au contraire. Or notre histoire récente le montre clairement : la grande électrification française de la deuxième moitié du XXe siècle s’est faite pendant que le prix réel de l’électricité baissait (1950-1980), puis se stabilisait (1980-2008), avec la montée en puissance du parc électronucléaire. Comment croire que la nouvelle électrification pourra se faire dans un contexte de flambée des prix comme celle observée depuis 2021 ? 
 
 
  Avant de construire des éoliennes, trois questions s’imposent : quel sera le prix complet de leur électricité, réseau et compensations compris, une fois livrée au consommateur ? Quelle demande viendront-elles servir et à quel prix cette demande existe-t-elle vraiment ? Avec qui nous engageons-nous – il faut, là encore, parler de la Chine – et qui paie si les hypothèses ne se vérifient pas ? Trois questions qui auraient toute leur place dans un débat électoral et qui valent pour toutes les technologies bas-carbone, nucléaire inclus – quand bien même cette technologie n’est, elle, nullement dépendante de la Chine. Une politique souveraine ne consiste pas à annoncer des gigawatts, et encore moins à boucler à la hâte un appel d’offres à quelques semaines d’échéances électorales majeures. Elle commence par savoir ce qu’ils coûteront à ceux qui les paieront.
 
À  lire sur lel.media

PIERREMONT-SUR-AMANCE : USINE AGRIVOLTAÏQUE : ÉTUDE PRÉALABLE AGRICOLE VALIDÉE MAIS LE PROJET EST LOIN D' ÊTRE AUTORISÉ

 
  Certains d’entre nous ont pu remarquer, en passant du côté de Pierremont-sur-Amance, qu’une activité avait débuté sur la parcelle où un écornifleur du soleil et «... l’agriculteur propriétaire et exploitant du terrain... » associés ont en effet décidé de réaliser la «... Construction d’ombrières agrivoltaïques de 30 000 m² au droit d’une prairie permanente [...] et donnant lieu à une emprise projetée au sol des panneaux de 13 300 m² ». Ce projet n’est toutefois pas soumis « à évaluation environnementale. » Voir ci-dessus.
 
Photo : HY
 
  Cette activité semble faire suite à l’avis favorable — 30 octobre 2025, rendu par la préfecture concernant l’Étude préalable agricole — EPA, présentée par le porteur du projet. Cette étude a été soumise à l’avis de la Commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers — CDPENAF¹. RAS.
   
1. La CDPENAF a été créée par la loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt — LAAAF, du 13 octobre 2014 et s'est substituée à la CDCEA depuis le 1er août 2015. Le champ de compétence de cette nouvelle commission est élargi à la préservation des espaces naturels et forestiers — art. L.112-1-1 du Code rural et de la pêche maritime.[...]  La CDPENAF est présidée par le Préfet ou son représentant. Sa composition actuelle, fixée par le décret du 9 juin 2015 et par arrêté préfectoral, comprend des : représentants de l’État, collectivités territoriales et leurs groupements, professions agricole et forestière, chambres d'agriculture et organismes nationaux à vocation agricole et rurale, propriétaires fonciers, notaires, associations agréées de protection de l'environnement et fédérations départementales ou interdépartementales des chasseurs.... » 
 
1. EPA : définition
  L'étude préalable agricole est un diagnostic technique et socio-économique réalisé en amont de la demande de permis de construire.
  Elle évalue comment le projet photovoltaïque s’intègre à l’exploitation existante ou future, s'assure que la production agricole reste l'activité principale et significative, et mesure les répercussions sur l'économie agricole du territoire environnant.
  À ne pas confondre avec la Compensation Collective Agricole — CCA, qui est une mesure — ou un ensemble de mesures, qui peut résulter des conclusions de l' EPA. 
 
 Quand l' EPA débouche sur la CCA 
 
 Projet agrivoltaïque
        │
        ▼
Étude Préalable Agricole (EPA)
        │
        ▼
Évaluation des impacts agricoles
        │
        ├── Impacts faibles
        │        │
        │        ▼
        │   Pas de compensation
        │
        └── Impacts significatifs
                 │
                 ▼
      Mesures ERC
 (Éviter – Réduire – Compenser)
                 │
                 ▼
Compensation Collective Agricole — CCA
 
  L' EPA sert donc à répondre à une question : le projet porte-t-il atteinte à l'économie agricole du territoire ? Si la réponse est oui et que les impacts résiduels restent significatifs après les mesures d'évitement et de réduction — ERC, une compensation collective agricole peut être exigée. C'est ici le cas. Voir ci-devant.
 
2. À quoi cela sert-il ?
  L' EPA remplit 4 objectifs stratégiques et juridiques :
  • prouver le bénéfice agronomique : démontrer que les panneaux apportent au moins un service direct à la culture ou à l'élevage — ex: ombre face au gel/sécheresse, bien-être animal, réduction du besoin en eau.
  • sécuriser l'autorisation d'urbanisme : servir de base d'instruction pour la CDPENAF et le préfet afin de valider la qualification « agrivoltaïque » et non « photovoltaïque au sol classique ». Sans l' EPA, un projet solaire sur terrain agricole risque d'être requalifié en centrale au sol standard, ce qui entraîne son refus par les services de l'État.
  • appliquer la démarche ERC — Éviter, Réduire, Compenser : justifier les choix d'implantation pour minimiser les pertes de surface arable et prévoir des réparations financières collectives si l'économie locale est impactée.
  • dimensionner la « zone témoin » : définir la parcelle de référence sans panneaux — minimum 5% de la surface, pour mesurer scientifiquement les impacts dans le temps
3. Que contient l' EPA ? 
  • un état initial de l'agriculture;
  • un diagnostic des exploitations concernées;
  • une analyse agronomique des sols;
  • une évaluation des impacts directs et indirects;
  • une analyse économique;
  • des propositions de mesures d'évitement et de réduction;
  • une conclusion sur la nécessité ou non de mettre en œuvre une compensation collective agricole.
    Comme vu précédemment, à Pierremont-sur-Amance → CCA.  
 
 
 
 Source
 
 4. Avis favorable préfectoral pour l' EPA, et après ? 
  Ce feu vert constitue une étape importante, mais il ne vaut en aucun cas autorisation du projet. Il signifie que, du point de vue agricole, le projet est jugé compatible avec le maintien d'une activité agricole, éventuellement sous réserve de certaines prescriptions. Si des engins et des techniciens interviennent aujourd'hui sur le terrain, c'est parce que le projet entre dans sa phase opérationnelle : des entreprises spécialisées doivent alors réaliser des investigations techniques directement sur le site afin d'affiner les plans, de confirmer la faisabilité des ouvrages et de préparer le dossier définitif en vue des autorisations administratives :
  • sondages et essais d'arrachement : des petites foreuses ou pelles mécaniques viennent planter quelques pieux d'essai pour tester la résistance mécanique du sol et définir la profondeur des fondations des structures.
  • relevés topographiques précis : passage de géomètres avec drones ou bornes GPS pour caler au millimètre près l'implantation des futurs rangs.
  • etc.
    Une fois ces travaux terminés, le projet sera alors considéré comme techniquement abouti. Le dossier pourra être alors officiellement déposé en préfecture et, suivre la procédure classique. 
 
  Quant à l'opposition, si tant est qu'elle existe, elle aura l'occasion d'affiner ses arguments en vue de l'enquête publique
  Pour rappel, notre cher département est aujourd’hui frappé par une véritable frénésie de constructions et de projets d’usines agrivoltaïques. Cette multiplication incontrôlée ne répond pas à l'intérêt général, mais aux appétits financiers d'une minorité d'acteurs. Entre certains élus et représentants agricoles qui transforment leurs parcelles en opportunités de rentes — hier avec l'éolien, aujourd'hui avec le solaire —, le territoire est bradé sans vision à long terme. La majorité silencieuse, elle, subit les dégâts paysagers et environnementaux. Et le comble de cette hypocrisie : alors que nous faisons tous des efforts de sobriété, la facture d'électricité continue de grimper. Une gestion irresponsable que nous ne pouvons plus cautionner. PAS MERCI À VOUS !😡
 
  Pour l’anecdote, il convient de préciser que ce projet a fait l’objet d’une collecte de fonds sur Internet, pour un montant de 315 000 €. Cette somme a été financée par 57 contributeurs ou, pour certains par des « idiots utiles » ou des « gogos », voire les deux… 😇 
 
 À suivre... 
 
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HEUILLEY-COTTON, VILLEGUSIEN-LE-LAC : COMEBACK RATÉ DU PROJET ÉOLIEN DIT « EN BEAUTÉ »

 
   Ce projet d’usine de 10 éoliennes, voir ci-dessous, envisagé sur le territoire de la commune associée d’ Heuilley-Cotton — commune de Villegusien-le-Lac, que l’on croyait définitivement abandonné à la suite du refus préfectoral de 2022 — arrêté de rejet, a pourtant connu un nouveau développement. En effet, après avoir déposé un recours comprenant plusieurs requêtes ainsi qu’un mémoire auprès de la Cour d'appel administrative — CAA, de Nancy, entre 2022 et 2024, le porteur du projet a présenté une demande : 
  1. Annulation de l'arrêté du 13 mai 2022 par lequel la préfète de la Haute-Marne a rejeté sa demande d'autorisation environnementale d'exploiter.
  2.  Enjoindre à la préfète de la Haute-Marne de reprendre l'examen de la demande déposée le 20 décembre 2018.
  Après examen du dossier, la cour administrative d’appel — CAA, a rejeté la requête du porteur du projet éolien
 
 
 
 Source
 
  Il s’agit incontestablement d’une excellente nouvelle pour la Haute-Marne, pour ses habitants, pour l’avifaune ainsi que pour la préservation du patrimoine et d' une belle victoire pour les opposants à ces usines du vent !  Mais rien n'est définitivement joué ! L'écornifleur du vent dispose encore d'une ultime voie de recours : le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État. Après un arrêt défavorable de la Cour administrative d'appel, il s'agit de la seule procédure susceptible de remettre en cause la décision. Un tel pourvoi doit toutefois reposer sur un ou plusieurs moyens de cassation sérieux — erreur de droit, vice de procédure, dénaturation des faits, etc., et non sur une simple remise en cause de l'appréciation des faits effectuée par les juges du fond. 
  La décision de la CAA est d'autant plus remarquable, qu'elle reconnaît, peut-être pour la première fois ?l’existence d’un risque d’atteinte à la Cigogne noire alors même que le nid le plus proche est situé à 18 kilomètres du projet. La juridiction laisse même entendre, en relevant que le domaine vital de cette espèce s’étend dans un rayon pouvant atteindre 40 kilomètres, qu’une incompatibilité pourrait être retenue entre une installation éolienne et la présence d’un nid de Cigogne noire situé à une telle distance.
  S’agissant de la Grue cendrée, espèce jusqu’alors rarement prise en compte par les juridictions administratives dans l’appréciation des atteintes à la biodiversité, la cour de Nancy lui accorde une attention particulière. Elle fonde notamment son analyse sur la présence d’individus effectuant des haltes migratoires sur l’emprise du projet. Jusqu’à présent, une telle circonstance, pourtant fréquente, ne suffisait généralement pas à caractériser une atteinte aux espèces concernées. La décision de la cour marque ainsi une évolution notable en la matière.

Rappel des faits – Chronologie détaillée
  • 2016 : Organisation des premières réunions avec les élus locaux et présentation de la Zone d’Implantation Potentielle — ZIP, envisagée pour le projet.
  • 2017 : Les démarches de sécurisation foncière sont alors engagées. Une réunion d’information est organisée à destination des propriétaires fonciers et des exploitants agricoles. À l’issue de cette phase, la faisabilité foncière du projet est confirmée.
  • 2018 : Un pré-diagnostic consacré aux rapaces. Aucun enjeu écologique rédhibitoire n’étant mis en évidence, les études complètes d’état initial relatives à la faune et à la flore sont engagées.  Parallèlement, un mât de mesure du vent est implanté au sein de la Zone d’Implantation Potentielle — ZIP, tandis que l’étude paysagère est lancée.
  • 2019 : Le porteur du projet éolien, dont le siège social est situé à Montpellier — Hérault, dépose auprès de la préfecture une demande d’autorisation environnementale en vue d’implanter et d’exploiter une usine de 10 éoliennes — voir ci-devant.
  • 2020 : À l’issue de l’instruction, les services de l’État sollicitent du pétitionnaire des compléments d’information afin de compléter son dossier.
  • 2021 : Après avoir répondu à ces demandes, le porteur du projet dépose en préfecture un dossier complété, réputé complet pour la poursuite de son instruction.  
  • 2022
 
 
 
 
 
 
 
 
1La concertation entre le Conseil municipal et le porteur du projet retenu → détails  
  À la lecture de la présentation du projet figurant sur le site du porteur de projet — voir ci-devant, il apparaît que le conseil municipal de Villegusien-le-Lac était pleinement favorable au projet et lui apportait son soutien. Si cette situation semble avoir perduré jusqu'en 2019, elle évolue radicalement à partir de 2020. Les comptes rendus des séances du conseil municipal de cette période consacrés au projet éolien confirment en effet l'opposition systématique du conseil municipal — voir ci-dessous.
«... Ainsi, des échanges réguliers ont été mis en place, afin d’instaurer un climat de confiance, avec une consultation et information systématique des élus à travers l’organisation de réunions, mais également par courrier, courriel, et voie téléphonique.
  Des réunions en mairies d’ Heuilley-Cotton ont ainsi eu lieu :
  • Le 18 août 2016
  • Le 22 septembre 2016
  • Le 26 janvier 2017
  • Le 23 février 2017
  • Le 27 avril 2017
  • Le 21 septembre 2017 
 Pendant les études de faisabilité en 2018, les échanges téléphoniques et par courriel ont été
privilégiés.
  • Le 28 mai 2019
  • Le 16 juillet 2019
  • Le 13 août 2019 »
 
  Séance du 13 juin 2019 : le conseil municipal autorise le maire à signer la convention avec un porteur de projet éolien — autre que pour le projet « En beauté », de la mise à disposition de parcelles communales
 
 
 
 Séance du 13 février 2020 : le conseil municipal opère un revirement de position à l'égard de l'éolien et adopte une motion exprimant son opposition à tout projet éolien sur le territoire communal.
 
 
 
 Séance du 20 janvier 2021 : sollicité de nouveau par le porteur du projet éolien dit « En Beauté », le conseil municipal refuse une nouvelle fois de signer la convention de réservation des parcelles communales nécessaires à la réalisation du projet. Il convient de noter que lors de cette séance, trois conseillers municipaux directement concernés par ce projet, ne participent pas au débat et ne votent pas. 
 
Séance du 5 mai 2021 : le conseil municipal est amené à donné un avis sur le projet éolien de Choilley-Dardeney, commune voisine. Il confirme ses décisions précédentes et, donne un avis défavorable.  
 
 
 
 
 
Séance du 29 septembre 2021 : le porteur du projet éolien sollicite une nouvelle fois le conseil municipal, qui oppose à nouveau un refus.
 
 
 
Séance du 29 novembre 2023 : dans le cadre de la définition des zones d'accélération des énergies renouvelables — ZAENR, le conseil municipal valide uniquement des zones destinées au développement du photovoltaïque, à l'exclusion de toute zone dédiée à l'éolien. 
 
 
 
 
À noter que :
  • Joël Demange a exercé les fonctions de maire délégué d' Heuilley-Cotton durant la période 2020-2026.
  • Les deux projets éoliens ont connu des issues différentes : le projet « En Beauté » a été refusé, tandis que le projet « Le Langrois » est entré en exploitation en 2024.
 
 
Joël Demange, maire délégué d’ Heuilley-Cotton — 2020-2026. Photo : jhmQuotidien 2022 mars 24.
 
2. Concertation entre les propriétaires, les exploitants et le porteur du projet
« Les propriétaires fonciers et les exploitants connus de la zone d’étude d’implantation située sur le territoire des communes d’ Heuilley-Cotton et Villegusien-le-Lac ont tous été conviés à une première réunion foncière d’informations le 21 septembre 2017 à la Salle des Fêtes d’ Heuilley-Cotton. [...] La signature d’accords fonciers s’est ensuite poursuivie durant l’hiver 2017 et le début de l’année 2018 ...
« ... Les revenus fonciers générés par cette usine étaient encadrés par le  « Protocole d’accord éolien » conclu en 2006 entre l’ APCA — Association Permanente des Chambres d’Agriculture, la FNSEA et le Syndicat des énergies renouvelables. Il établit les recommandations relatives à l’implantation d’éoliennes sur des parcelles agricoles.
  Pour ce projet, les montants étaient : 
  • Location pour une éolienne : 4 000€/MW
  • Location pour un poste de livraison : 1 000€/ouvrage
  • Création d’un chemin : 1 000€/ouvrage
  • Utilisation des chemins : 1 000€/MW desservis
  • Indemnisation de l’Association Foncière de Remembrement au titre de l’usage des chemins 50 000€ forfait /AFR »
 
3.  Concertation entre la population et le porteur du projet 
«  Une fois la faisabilité foncière du projet avérée, puis les différentes expertises de site terminées, validant également la faisabilité d’un projet éolien au regard des milieux humain et des contraintes techniques sans mettre en évidence d’enjeu rédhibitoire, ENGIE Green a organisé une exposition publique d’un mois sur le projet. [...] Présentée en mairie de Villegusien-le-Lac, une partie seulement (panneaux dédiés et dossier de synthèse) fut exposée en parallèle en mairie d’ Heuilley-Cotton, disposant de moins d’espace. [...] Deux permanences ont été organisées en mairie de Villegusien-le-Lac le 16 juillet et le 13 août, ... » 
Source.  

Conclusion
  La seule question qui demeure concernant ce projet, désormais abandonné, de dix éoliennes sur le territoire de la commune de Villegusien-le-Lac est de savoir si le porteur du projet décidera, ou non, de saisir le Conseil d'État. Pour l'association Les Vues Imprenables, l'hypothèse d'un tel recours apparaît la plus probable.  
 
À suivre...
 
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LA PPE3 EST-ELLE UNE BOMBE FINANCIÈRE À RETARDEMENT ? LES CHIFFRES QUI CLIMATISENT L' ATMOSPHÈRE

  Au moment où l'Allemagne, jadis championne de l'antinucléarisme et laboratoire de la transition énergétique —  Energiewende , fond...