Le billet ci-dessous démontre clairement que le nucléaire s'efface en milieu de journée, au moment du pic de production solaire.
Ainsi, la puissance solaire installée, sans stockage et bénéficiant d’une priorité d’injection sur les réseaux, pénalise lourdement le nucléaire sans aucun bénéfice carbone dans la lutte contre le réchauffement climatique. Cette réduction forcée de la production nucléaire fragilise sa rentabilité, puisque son modèle repose sur des coûts fixes : moins il produit, plus le coût par unité d’électricité augmente.
En somme, le solaire profite d’une « assurance gratuite » assurée par le nucléaire, tout en ayant la priorité sur le réseau – une situation aberrante.
Ce développement forcé des énergies renouvelables sans substitution directe des usages fossiles par des usages électriques, ni solution de stockage, relève d’une décision purement idéologique, un jeu à somme négative, y compris pour le consommateur.
C'est une aberration économique et écologique, principalement encouragée par la Commission européenne et les politiques françaises de ces dernières décennies, dans le but est de... fragiliser le nucléaire.
Quant au mythe de la « flexibilité de la consommation » appliqué au solaire, il s’agit là encore d’un non-sens absolu.
Bonne nuit, bonne chance !
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Auteur : BRÉON François-Marie, Physicien-climatologue.
Le solaire PV a fortement augmenté en France pendant la dernière décennie. Quel a été l'impact sur les autres moyens de production ?
Cette figure ci-devant montre le cycle journalier de la production PV. Les courbes de chaque année sont bien sur décalées pour y voir quelque chose.
Cette figure ci-devant montre le cycle journalier de la production PV. Les courbes de chaque année sont bien sur décalées pour y voir quelque chose.
Je trace ici les valeurs moyennes entre le 15 Mai et le 15 Août, au maximum de la production. Donc, en 2024, on avait environ 13 GW autour du midi solaire, en moyenne.
Tout cela vient contribuer à l'équilibre production-demande. La consommation montre un fort cycle — moins de consommation la nuit — qui n'évolue pas significativement.
L'hydraulique, qui est EN PARTIE pilotable, fait face à ce cycle. Du fait de l'augmentation du solaire PV, le cycle de la production de ce dernier est passé d'un maximum autour du midi solaire —14 heures — à un minimum. Mais l'amplitude n'est que de quelques GW, bien inférieur au cycle du PV.
Jusque en 2020, l'hydraulique pouvait absorber la perturbation du solaire PV. Mais depuis, le nucléaire s’efface autour du midi solaire.
En moyenne, la production nucléaire a diminué de 5 GW pendant que le solaire était au maximum. Et manifestement, ce phénomène s'amplifie rapidement avec les années. Notez l'anomalie de 2022 — pas de cycle apparent : le nucléaire français était nettement stoppé, avec plusieurs réacteurs arrêtés, et beaucoup d'importations. Les imports étaient juste moins élevés en milieu de journée.
En conclusion, manifestement, une part significative de la production solaire PV conduit à une baisse du nucléaire. Ce n'est donc pas une production bas-carbone supplémentaire dans le mix. CQFD !