Épisode précédent : LE VAL D' ESNOMS : LE REPOWERING DE L' USINE DITE « LANGRES SUD » EN QUESTION
Après la commune du Val d’Esnoms, lire ci-dessus, c’est au tour de Leuchey de recevoir la visite de courtoisie de l’exploitant de l'usine de 26 éoliennes1. L'enjeu ? Vendre son « repowering » — lire l'article ci-dessus, avec tout le décorum nécessaire.
Selon les colonnes du jhmQuotidien de ce 17 mars 2026, cette réunion publique, ouverte à tous — élus et non-élus, faisait suite à des « ateliers de concertation » déjà organisés en juin 2025 à Aujeurres et Saint-Broingt-les-Fosses. Des ateliers « force de proposition » des habitants pour le devenir de l'environnement de la nouvelle usine à vent.
Actuellement, les 26 éoliennes de Langres sud — 3 sur Leuchey et les 8 éoliennes du langrois. Source.
1. À ces 26 éoliennes, il faut ajouter les 8 éoliennes de l'usine dit « Le langrois », 180m en bout de pale.

Inauguration de l'usine dit « Le langrois » — 20 juin 2024. Source.
À Leuchey, mêmes protagonistes et mêmes principes. Et quelle audace dans les propositions ! Une idée a fait semble-t-il l'unanimité parmi l’assemblée — élus comme administrés : la création d’un circuit de « randonnée » éolienne reliant les communes concernées, pour pérégriner joyeusement de machine en machine. Oui mais, attention : le parcours sera pédagogique ! On n'arrête pas le progrès... ou le ridicule.
À Leuchey, mêmes protagonistes et mêmes principes. Et quelle audace dans les propositions ! Une idée a fait semble-t-il l'unanimité parmi l’assemblée — élus comme administrés : la création d’un circuit de « randonnée » éolienne reliant les communes concernées, pour pérégriner joyeusement de machine en machine. Oui mais, attention : le parcours sera pédagogique ! On n'arrête pas le progrès... ou le ridicule.
Face à une assistance d’une densité presque expérimentale, les deux ambassadrices de notre écornifleur du vent ont répondu aux questions avec un enthousiasme aussi impeccable que visiblement bien rodé.
Et pourquoi auraient-elles esquissé la moindre crispation ? Au vu du nombre de présents, du niveau de contestation et des questions posées ce soir-là, l’exploitant peut dormir sur ses deux oreilles : son projet de repowering passera comme un courant d'air d'été... À ce rythme, nul doute que les prochaines étapes de cette tournée « pédagogique » continueront de se dérouler sous les meilleurs auspices, dans une atmosphère toujours aussi apaisée.
Et pourquoi auraient-elles esquissé la moindre crispation ? Au vu du nombre de présents, du niveau de contestation et des questions posées ce soir-là, l’exploitant peut dormir sur ses deux oreilles : son projet de repowering passera comme un courant d'air d'été... À ce rythme, nul doute que les prochaines étapes de cette tournée « pédagogique » continueront de se dérouler sous les meilleurs auspices, dans une atmosphère toujours aussi apaisée.
Qui est Q Energy, l'exploitant ?
- Actionnaire principal : Hanwha Solutions. Cette entreprise est elle-même un pilier du grand conglomérat sud-coréen Hanwha Group, classé parmi les grands groupes industriels mondiaux.
- Q ENERGY est organisée autour d’une holding européenne : Q ENERGY Solutions SE
Avec des filiales opérationnelles comme : Q ENERGY Europe GmbH - Q ENERGY France SAS.
- la tête financière est asiatique.
- la structure est européenne → Berlin.
- les projets sont financés via des montages multi-acteurs — partenaires, cessions, etc.
Comment est financé un projet ?
- Banques → prêtent l’essentiel
- Q ENERGY ou autres, → pilote et structure
- Clients/État → garantissent les revenus
- Investisseurs finaux → rachètent parfois l’actif
1. Exemple : financement du projet « Falcon », par Q Energy
- Montant total : 96 millions d’euros.
- Portefeuille concerné : 4 projets — 3 solaires et 1 éolien.
Qui met majoritairement l’argent ?
- Un pool bancaire — donc plusieurs banques : Groupe Crédit Agricole — via Unifergie, caisses régionales.
Q ENERGY n'utilise pas ses propres fonds pour l'intégralité du chantier. Elle a recours à une dette bancaire.
- Le principe : les banques prêtent l'argent en se basant sur la garantie des revenus futurs de l'usine.
- La sécurité pour les banques : le projet bénéficie d'un « complément de rémunération » sur 20 ans avec un mécanisme de soutien public2. En clair, l'État garantit un prix de rachat de l'électricité, ce qui rend le dossier béton pour les banquiers.
2. Au lieu de vendre leur électricité à un tarif fixe garanti, les producteurs éoliens vendent leur production directement sur le marché de gros. Ensuite, l’État leur verse — ou leur retire, un ajustement appelé complément de rémunération. Ce complément correspond à la différence entre : un prix de référence garanti — défini dans le contrat ou via appel d’offres, et le prix réel du marché. L' OBJECTIF EST DE GARANTIR À LA FILIÈRE DU VENT ET DU SOLEIL UNE SÉCURITÉ FINANCIÈRE.
2. Le rôle des « conseils » — les frais cachés
Pour monter un tel dossier de 96 millions, Q ENERGY s'entoure d'une armée d'experts dont les honoraires sont intégrés au coût global du projet :
- Conseiller financier : pour structurer la transaction.
- Audits techniques et juridiques : des cabinets vérifient que le vent soufflera assez et que les permis de construire ne risquent pas d'être annulés par un recours d'association.
3. La stratégie du « repowering » — le cas de Souleilla et... de Langres sud
Le financement de Q ENERGY repose de plus en plus sur le recyclage de ses vieux sites :
- Augmentation de la production d’électricité : les nouvelles éoliennes ont des rotors plus grands et des turbines plus puissantes. Même avec un nombre inférieur de machines, la production annuelle peut doubler ou tripler. → meilleure rentabilité du site !
- Optimisation économique : les anciennes turbines ont un coûts d’entretien et de maintenance élevés. À l'inverse, les éoliennes modernes sont plus fiables et elles ont moins de pannes → réduction des coûts opérationnels. Le repowering permet parfois de prolonger la durée de vie du site sans avoir à louer de nouveaux terrains.
- Accès aux incitations financières : les exploitants peuvent bénéficier de nouvelles subventions ou tarifs de rachat pour des installations modernisées. Cela peut inclure le complément de rémunération, contrats d’achat garantis, ou aides locales à l’investissement.
- En résumé : pour l’exploitant, le repowering, c’est avant tout : plus de production; moins de coûts; Conformité réglementaire; accès à de nouvelles aides financières et valorisation du site en cas de... revente.
4. Le financement participatif : l'outil de « paix sociale »
Bien que non présent sur le projet Falcon, et dans le cas de « Langres sud » — la population et les élus sont déjà convaincus du bien-fondé de l'opération de repowering, La filière et Q Energy utilise souvent des plateformes comme Lendosphere — vu sur des projets en Haute-Marne, pour lever quelques milliers € auprès des habitants.
- L'astuce : on propose un taux d'intérêt de ~7,5 % aux locaux. Ce n'est pas une nécessité financière pour un groupe milliardaire comme Hanwha, mais c'est un excellent levier pour réduire l'opposition locale : il est plus difficile de manifester contre une éolienne qui paie vos vacances.« Tout s'achète et tout se vend
L'argent, l'argent
Tout s'achète et tout se vend
Et c'est toujours... C'est toujours...
L'addition s'il vous plaît ? ... »Gilbert Bécaud, L’addition
« La condition d’animal domestique entraîne celle de bête de boucherie. »
Ernst Jünger 1895-1998
Ernst Jünger 1895-1998
Leuchey
- 72 habitants → en baisse constante
- Bonne santé financière
- Conseil municipal 2026-2032, élu au 1er tour → une seule liste.
- Réélus :
- Yoann LAURENT, ex-maire, agriculteur sur moyenne exploitation
- Cyrielle COLIN, employé administratif d'entreprise
- Nicolas BAILLET, ex-2ème adjoint au Maire, artisan
- Romain LAURENT, agriculteur sur grande exploitation
- Benjamin ROULIN, artisan
- Soit un 5 /5 pour les sortants.
Source : jhmQuotidien.
Bonne nuit et bonne chance.
À suivre...
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