ANDELOT-BLANCHEVILLE, BOLOGNE, ROCHEFORT-SUR-LA-CÔTE ET VIÉVILLE : USINE ÉOLIENNE : NOUVEAU RAPPEL À L'ORDRE PRÉFECTORAL FACE À UNE SURMORTALITÉ DES CHAUVES-SOURIS


 
  Une nouvelle fois, l’État, par l’intermédiaire de la préfecture, sanctionne une usine éolienne en raison de la mortalité constatée parmi l’avifaune et les chiroptères1. Dans le cas présent, les 10 éoliennes de l'usine dit « Les Limodores » sont DE NOUVEAU ÉPINGLÉES2025, voir extraits ci-devant,  pour leur « impact significatif sur les populations de chiroptères ».
  Cette « boucherie » industrielle n’a malheureusement rien de surprenant pour celles et ceux qui s’opposent à l' implantation de ces infrastructures. Les conséquences aujourd’hui constatées avaient déjà été dénoncées lors des commissions d’enquête, au cours de la procédure, par des citoyens engagés. Mais comme le dit le proverbe, il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre : cette maxime semble s’appliquer parfaitement aux autorités publiques, aux commissaires enquêteurs, à nombre d’élus et... aux loueurs de parcelles indispensables !
  Face à cette mortalité recensée, la préfecture se doit de prendre des mesures2. Pourtant, elle ne va pas jusqu’à envisager la cessation de l’exploitation du site, qui constituerait sans aucun doute la solution la plus efficace pour protéger ces espèces. La prise de conscience, si tant est qu’elle existe, montre ici ses limites. On préfère de nouveau aménager les conditions d’exploitation afin de les rendre « moins destructrices », notamment par le biais du bridage des machines, en espérant que ces nouvelles dispositions permettront — cette fois ci, enfin, de réduire la mortalité au point zéro !

1. BAUDRECOURT, DOMMARTIN-LE-SAINT-PÈRE ET DOULEVANT-LE-CHÂTEAU
 
2. Par cette décision, il se confirme une fois de plus que lorsque l’État daigne faire son travail, les exploitants du vent sont systématiquement sanctionnés. De plus, la préfecture a donné son feu vert à cette usine... puis, quelque temps plus tard,  elle revient pour la sanctionner. On autorise, puis on punit. On appelle ça comment déjà ? De l’ auto-sanction ? Étonnant, non ?
 
  Il convient de préciser que le nombre de décès mentionné dans cet APC ne prend pas en compte l’ensemble des chauves-souris mortes à proximité de l’usine et emportées par des charognards. Le bilan réel de mortalité est donc assurément nettement plus élevé.

 

 
 
 
 
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  Notons que la préfecture indique que le nouveau calendrier de bridage permet de « préserver plus de 90 % de l’activité chiroptérologique, toutes saisons confondues ». Autrement dit, cela signifie qu’au moins près de 10 % de l’activité sont des chauves-souris au mieux perturbées — déplacements, stress, modification des comportements et au pire... mortes ! Rapporté aux interactions avec les éoliennes, cela revient à dire que, dans le pire des cas, environ 1 chauve-souris sur 10 exposée meure ! 
 
 
 
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DOMMARIEN : LE NOUVEAU CONSEIL MUNICIPAL TOUJOURS VENT DEBOUT CONTRE LES PROJETS D' USINES DU VENT ET DU SOLEIL

 
  Bonne nouvelle pour la grande majorité des Dommariennes et Dommariens1 : le nouveau conseil municipal a annoncé que, s’agissant de la politique énergétique de la commune, il entend poursuivre son opposition à tout projet d’usines éoliennes ou agrivoltaïques. Les écornifleurs de tous horizons sont donc prévenus.
  Ces orientations favorables ne doivent toutefois pas exonérer chaque citoyen opposé à ces projets de soutenir le conseil municipal, en apportant, le moment venu, sa contribution. Voir ci-dessus.
 
1. Cette bonne nouvelle dépasse largement le cadre de la seule commune. Elle concerne l’ensemble de la Haute-Marne : ses habitants, ses paysages, son avifaune, et plus largement son cadre de vie. 

En avant toutes !

Conseil municipal 2026–2032 ou 2033 ?
Il compte 5 élus sortants réélus, sur les 11 conseillers qui le composent.

  • Olivier ROUSSEAU, maire,  contremaître, agent de maîtrise
  • Lauriane AUBRY, professeur, profession scientifique 
  • Didier LEMONNIER, contremaître, agent de maîtrise 
  • Jérôme SEMELET, profession intermédiaire administrative et commerciale des entreprises
  • Romain GEROSA, ouvrier qualifié de type industriel 
  • Vanessa MACHERET-TORCHARD, 1ère adjoint
  • Laurent ARMIENTO, 2e adjoint
  • Marie-Louise CHANSON-VIGNERON
  • Béatrice BEAUPÈRE 
  • Irène CLERC
  • Thierry HEUGUET
En gras, les réélus en 2026.  
  
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CIREY-LÈS-MAREILLES : USINE ÉOLIENNE : IMPACT CRITIQUE SUR TOUT CE QUI VOLE, ENTRAÎNE UN RAPPEL À L' ORDRE FERME DE L' ÉTAT


  C'est une confirmation de plus, aussi amère que prévisible : les usines éoliennes tuent sans distinction. Milan royal, buse, chauve-souris... tout ce qui vole finit par payer le prix fort. Pour les opposants à cette technologie, le constat n'est hélas pas une surprise. Telles des espèces invasives — Ambroisies, Houblon du Japon, Berce du Caucase, etc., qui étouffent leur environnement, ces aérogénérateurs imposent leur impact mortifère malgré les alertes répétées lors de chaque commission d'enquête.
  Le scénario est devenu un cercle vicieux insupportable : d'un côté, la préfecture, bras armé de l’État, multiplie les autorisations d' exploitations; de l'autre, elle tente tant bien que mal de limiter les dégâts une fois le massacre constaté sur le terrain.
  Le dernier exemple en date à Cirey-lès-Mareilles est accablant. Les Milans royaux et les chauves-souris y sont les nouvelles victimes de cette politique « urbaine » qui privilégie le déploiement industriel en ruralité, au détriment de la survie de notre biodiversité.
 
 
 Berce du Caucase. Source
 
 
 Houblon du Japon. Source.
 
Usine éolienne les dahlias : la genèse
  • 5 éoliennes; 
  • 150m en bout de pale1
  • Société exploitante : H2air — via la SAS Éoliennes de Dahlia;
  • Mise en service 2022.
1. Il faut imaginez 5 colosses de 150 mètres de haut — l'équivalent d'un immeuble de 50 étages — dont les pales balaient le ciel à des vitesses vertigineuses, là même où nos espèces protégées tentent de survivre.
 
Situation éolienne sur le secteur 
 
 
 
 

 


Source.
 
1. 2011 - 2015
  • 2011-2014 : études d'impact et montage du dossier par la société H2air. Le projet est initialement présenté sous le nom de « Parc éolien de la Crête »;
  • 8 octobre 2015 : le Préfet de la Haute-Marne2 délivre l'autorisation initiale d'exploiter : Arrêté n°2545
  • 15 octobre 2015 : délivrance des permis de construire pour les 5 éoliennes.
2. Jean-Paul Celet a occupé ce poste entre 2012 et 2016. Durant son mandat, de nombreux projets ont été approuvés, ce qui fait de lui, à ce jour, le préfet qui a autorisé le plus grand nombre d' éoliennes.

2. 2016 - 2019
  • 2016 : des permis de construire modificatifs sont déposés pour changer le gabarit des éoliennes — passage au modèle de 150m en bout de pale, et déplacement de certaines machines — E1, E2, E3.
  • 28 mars 2019 : coup de théâtre juridique. Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Jugement n°1600257, pointe un vice majeur : le dossier ne présentait pas de garanties suffisantes sur les capacités financières de la société Éoliennes de Dahlia.
  • Mai - Juin 2019 : pour éviter l'annulation pure et simple, une d'enquête publique complémentaire est organisée en urgence pour « régulariser »  le dossier financier auprès du public.
3. 2019 - 2022
  • 7 octobre 2019 : fort de l'enquête complémentaire, le Préfet3 signe un nouvel arrêté régularisant l'autorisation d'exploiter.
  • 2020 - 2021 : réalisation du chantier.
  • Début 2022 : exploitation de l'usine.
3. Élodie Degiovanni2018-2020.  
 
Curriculum Vitae
Élodie Degiovanni

Profil

Haute fonctionnaire française, membre du corps préfectoral, spécialisée dans l’administration territoriale, les politiques publiques, l’immigration et la gestion territoriale de l’État.

Formation

- École nationale d’administration — ENA, promotion Cyrano de Bergerac
- Institut d’études politiques de Paris — Sciences Po
- Centre des hautes études sur l’Afrique et l’Asie modernes — CHEAM

Expérience professionnelle

2011 – Sous-directrice du séjour et du travail, Ministère de l’Intérieur
2013 – Secrétaire générale, Préfecture de Maine-et-Loire — Sous-préfète
2015 – Sous-préfète de Lens
2017 – Préfète déléguée à l’Égalité des chances auprès du préfet du Val-d’Oise
2018 – Préfète de la Haute-Marne
2018 – Titularisation dans le corps préfectoral
2021 – Préfète de la Drôme
2023 – Membre du Conseil supérieur de l’appui territorial et de l’ Évaluation

Distinctions

- Chevalier de la Légion d’ honneur
- Chevalier de l’ Ordre national du Mérite
 
4. 2024 - 2026
  • 2024 : les premiers bilans de mortalité — suivis environnementaux obligatoires après mise en service, confirment des impacts lourds sur les chauves-souris.
  • 06 janvier 2026 : la Préfecture est contrainte de publier un Arrêté Préfectoral Complémentaire — APC.
  Il ne faut jamais oublier que les chiffres officiels publiés ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Le décompte réel des victimes est systématiquement sous-estimé : entre le passage des charognards — renards, corvidés, qui nettoient les preuves et la difficulté de repérer les petits cadavres dans la végétation, le bilan au pied des éoliennes est bien plus lourd que ce que les exploitants et les autorités veulent bien admettre.
  L' arrêté présent impose à l’exploitant de l’usine de remplacer les modes de bridage dits « fixe » et « agricole » par un dispositif de bridage « dynamique », c’est-à-dire un système adaptatif qui ajuste en temps réel les paramètres de fonctionnement en fonction des conditions d’exploitation. Ce type de bridage est généralement considéré comme plus efficace dans la majorité des situations, dans la mesure où il permet d’optimiser en continu la performance tout en respectant les contraintes réglementaires. À l’inverse, le bridage fixe correspond à une limitation constante et prédéfinie, tandis que le bridage agricole repose sur des réglages spécifiques liés à certains usages ou périodes, offrant une moindre flexibilité.
 
 
 
 
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NOTE
  C’est ici que l’administration bascule dans l’absurde : le fameux Système de Bridage Dynamique — SDA, censé protéger notre ciel, n'a même pas l'obligation de détecter la totalité des Milans royaux s'aventurant dans la zone de mort. Pour les autorités, le contrat est rempli si la machine repère... 80 % seulement des Milans royaux
  Traduisons cette statistique administrative en réalité biologique : sur dix Milans royaux frôlant les pales, l’État accepte d’avance que deux d'entre eux soient déchiquetés. C'est un « permis de tuer » légalisé, une marge d'erreur insupportable pour une espèce protégée.
  Et l'aberration ne s'arrête pas là : alors que les chauves-souris sont les premières victimes de l'usine des Dahlias, le système SDA semble les ignorer superbement. Pour les chiroptères, c'est la loterie macabre : aucune détection, aucun sursis. 
  On protège sur le papier, on sacrifie sur le terrain !...
 
 
 
 
Milan royal — Milvus milvus, Jura, Suisse. 2010. Auteur : Noël Reynolds
 
 
 
 
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BAUDRECOURT, DOMMARTIN-LE-SAINT-PÈRE ET DOULEVANT-LE-CHÂTEAU : MENACE SUR LE MILAN ROYAL : L' USINE ÉOLIENNE SOMMÉE D' AGIR PAR L' ÉTAT


  Une fois de plus, les services de l’État volent au secours de notre avifaune et de nos chiroptères, menacés par l’implantation massive d'usines éoliennes. Si l’on peut saluer les récentes sanctions prises contre les exploitants, un rappel historique s'impose : lors de l’instruction du dossier présent, les Côteaux du Blaiseron, la Préfecture avait été dûment alertée des dangers d’installer de telles machines au cœur d’un sanctuaire pour le Milan royal. « Mieux vaut tard que jamais » ? L'adage est bien maigre face aux pertes déjà subies.
  Quoi qu’il en soit, l’écornifleur du vent1 qui exploite l'usine de 8 éoliennes de 150m en bout de pale, depuis 2019, a été officiellement rattrapé par la patrouille. Par l'arrêté n° 52-2025-10-00049 du 14 octobre 2025, la société est mise en demeure de revoir intégralement son dispositif de protection et, de mettre en place un « suivi environnemental »2. Un aveu d'échec cuisant pour un système censé être performant, mais dont l’inefficacité sur le terrain n'est plus à démontrer.
  Pour rappel, d'autres usines sont en activité sur le même secteur — Mont Gimont, 24 éoliennes et les Éparmonts — 15 éoliennes, créant un phénomène d'encerclement souvent dénoncé par les associations de riverains et de protection des paysages.  
 
 
 
 
 

 
 
1. La maison mère des Côteaux du Blaiseron est la société Boralex Inc., Situé à Kingsey Falls, au Québec — Canada. C'est une société à capital ouvert. Son principal actionnaire est la Caisse de dépôt et placement du Québec — CDPQ, qui détient environ 15 % du capital. En France, le siège social se situe à Blendecques — Pas-de-Calais.
2.  Un suivi environnemental n'est pas une simple formalité : c'est une obligation légale stricte imposée à l'exploitant — ici Boralex, pour vérifier que l'impact réel de l'usine correspond aux prévisions de l'étude d'impact initiale..

Voici les détails de cette mise en demeure :

 

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Notons 
   À la lecture de l’arrêté n° 52-2025-10-00049, un détail frappe : les trois premières années d'exploitation de l'usine — 2019-2021, ne sont pas mentionnées concernant le SAD. Ce n'est qu'à partir de 2022 et 2023, que l'administration signale la mise en service du système de protection. Est-ce à dire que les Côteaux du Blaiseron ont fonctionné dans une zone à forte densité de Milans royaux sans système de protection ? 
 
 
 

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LE FIASCO DES ENR : POURQUOI LE CONTRIBUABLE ET LE CONSOMMATEUR PAYENT LE PRIX FORT ?

  Point n'est besoin d'être un expert de la Cour des comptes pour saisir l’impasse structurelle de notre transition actuelle. Substituer une production pilotable, dense et stable par des sources intermittentes et diffuses impose au réseau électrique des contraintes techniques et financières disproportionnées. À terme, cette déconnexion entre physique et économie mène inévitablement à un système à la fois prohibitif et insoutenable. CQFD !
 
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 87 milliards gâchés : le scandale ENR que personne ne veut voir

 Par h16. 
 
 Apparemment, c’est la saison des rapports de la Cour des comptes que la presse enterre très vite. Après celui sur les fraudes aux cartes grises où l’on découvrait les astucieuses méthodes pour transformer, sur le papier, une Porsche Cayenne en baraque à frites, voici celui sur le  soutien public aux énergies renouvelables, publié le 17 mars dernier. Et sans surprise, c’est encore une fois un festival.
  D’après la Cour, entre 2016 et 2024, le soutien aux énergies renouvelables a coûté au contribuable français la bagatelle de 26,3 milliards d’euros, soit un coût annuel moyen de 2,9 milliards. Solide dépense moyenne qui cache l’augmentation des dernières années : pour 2025, la facture est estimée à
7,3 milliards d’euros, quasiment le double de 2024. Et le pic, prévu pour 2027 avec la mise en service de l’éolien en mer, culminera à  8,3 milliards, avec des contrats déjà signés engageant l’État pour 87 milliards d’euros (!) hors bilan, irrévocables, courant jusqu’en 2051. 
 
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  Comme toute collectivisation d’un système mafieux, le mécanisme est d’une perversité achevée puisque l’État garantit aux producteurs d’ ENR un tarif de rachat fixe sur 15 à 20 ans, indépendamment du prix de marché — quand le prix de gros de l’électricité est bas — la plupart du temps, le contribuable raque.
  Certains contrats photovoltaïques signés avant 2011 coûtent encore environ 2 milliards d’euros par an jusqu’en 2029 (!), avec des tarifs atteignant les 700 €/MWh grâce à une indexation généreuse — le prix de marché est dix fois inférieur. L’électricité « verte » est en réalité plaquée or puisque l’État la rachète entre 5 et 14 fois son prix réel.
  C’est ce qu’on appelle la transition écologique vers la pauvreté. 
 
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  Le seul moment où le dispositif a « fonctionné » — que l’État ne perdait pas d’argent, c’est pendant la crise énergétique de 2022-2023, en pleine hausse des prix, soit lorsque les Français se font littéralement extorquer avec leurs factures d’énergie. En somme, non seulement ces énergies sont extrêmement coûteuses, mais elles accroissent de façon catastrophique notre dépendance à la conjoncture internationale et aux prix des hydrocarbures. Bien joué, non ?
  On admirera au passage le timing diabolique de la parution de ce rapport : la Cour publie ses conclusions la semaine même où les tensions au détroit d’Ormuz sont au plus fort, et qu’on va une fois encore assister à une explosion des prix du gaz, qu’il faut importer en masse pour compenser l’intermittence de l’éolien et du solaire.
  La Cour va plus loin puisqu’elle expose aussi comment et à quel point le Français se fait plumer. Elle décrit ainsi un contrôle dramatiquement lacunaire des installations subventionnées, avec une Direction générale de l’Énergie et du Climat n’ayant tout simplement aucune vue d’ensemble consolidée des manquements et des non-conformités. Aucun bilan centralisé n’existe, dans une sorte de « on ne sait pas combien on dépense mais on continue quand même » particulièrement audacieux.

  Les sanctions sont quasi-inexistantes : pas de doctrine claire, un traitement disparate selon les régions et, quand par miracle une fraude est détectée, l’administration manque d’outils pour récupérer les aides indûment perçues. 
  On distribue donc des milliards, on ne vérifie rien, et quand on chope des fraudeurs, on ne récupère rien.
  Si cela rappelle furieusement le système des cartes grises, ce n’est pas un hasard : c’est une méthode.
  Ajoutez à cela le système de « guichet ouvert » pour le petit photovoltaïque et le biométhane, où tout candidat éligible obtient un tarif fixé à l’avance sans aucune mise en concurrence, et vous obtenez un afflux massif de demandes que personne n’a su endiguer, des effets d’aubaine colossaux, et une facture qui explose mécaniquement. 
  Quant aux appels d’offres censés introduire un peu de concurrence, ils sont chroniquement sous-souscrits : les industriels n’ont donc aucune raison de baisser leurs prix, puisque l’État accepte de toute façon de payer.

  Mieux encore, les exploitants ENR sont poussés à produire à plein régime même avec une faible demande et des prix « négatifs » : puisque leur rémunération est garantie par l’État, pourquoi arrêter les turbines ? Ils déstabilisent donc le réseau, amplifient la chute des prix, et coûtent une fortune à la collectivité.Tout en prétendant sauver la planète, hein, n’est-ce pas.
  Malgré le côté éminemment officiel de ces constats, les autorités et les politiciens ne prennent aucunement la mesure de l’ampleur du désastre, aidés en cela par une minimisation systématique des médias, au travers d’une discrétion gênée leur permettant de pousser le sujet le plus loin possible de leurs Unes. Personne n’en parle vraiment, mais il en va réellement de l’avenir énergétique du pays dont tout le monde semble se foutre complètement.
  Les 87 milliards d’engagements hors bilan constituent une bombe à retardement irrévocable : l’État ne peut pas renégocier les tarifs en cours de route — la Cour réclame d’ailleurs l’introduction de clauses de révision dans les futurs contrats pour rattraper cette énorme bourde. La charge annuelle va
plus que doubler entre 2024 — 3,9 milliards, et 2027 — 8,3 milliards. En un an seulement, la Commission de régulation de l’énergie a rehaussé de 2 milliards sa prévision pour 2025.

  L’improvisation est complète.
  Le plus vertigineux dans ce tas fumant de débilités écoloïdes dispendieuses, c’est qu’on empile ceci sur un pays au mix électrique le plus vertueux du monde. Dans ce contexte, investir 87 milliards pour des moulins à vent n’a aucun impact significatif sur les émissions de CO2.
  Et pendant que la France suce le contribuable pour subventionner des âneries, elle refuse d’exploiter son gaz de schiste, ferme des réacteurs nucléaires et se retrouve dépendante du GNL américain et qatari dont le prix vient justement de tripler avec la crise d’Ormuz. C’est diaboliquement stupide : non seulement, ces efforts coûtent une fortune au contribuable — 26 milliards déjà engloutis, 87 milliards engagés, une facture qui double d’ici 2027,  mais ils mettent directement en danger l’avenir énergétique du pays en accroissant sa vulnérabilité aux chocs extérieurs.
  Pour un impact parfaitement nul sur la pollution et le climat. Un net zéro.
  Et c’est pire que nul si l’on regarde Outre-Rhin où l’ Energiewende a servi d’excuse à une augmentation consternante de la pollution atmosphérique, l’Allemagne devenant l’un des plus gros pollueurs du continent.
  Heureusement, ce rapport est passé inaperçu et tout le monde s’en tamponne. Rendormez-vous.
  De toute façon, ce pays est foutu. 
 
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CONDES : PROJET ÉOLIEN : LE NOUVEAU CONSEIL MUNICIPAL EN SIMPLE HÉRITIER DU PROJET DE L' EX-MAIRE ?

 
  La liste « Bien vivre à Condes », seule en lice, a été logiquement élue dimanche 15 mars. Réuni pour la première fois le vendredi suivant, le conseil municipal a procédé aux élections d’usage — maire et adjoints. L’ancien maire a alors passé la main, non sans formuler quelques souhaits, voire recommandations, à l’attention de la nouvelle équipe.
  D'après le jhmQuotidien, il souhaite voir aboutir le projet d'usine éolienne dont la validation préfectorale date de 2025. La particularité de ce projet de 3 éoliennes est que la commune, à l'unanimité de monsieur l' ex-maire et des 10 conseillers municipaux — 2020-2026, a investi financièrement dans celui-ci. À la lecture de la composition de la nouvelle équipe — où figurent 4 élus sortants, dont l'ancienne adjointe désormais maire — il apparaît clair que les ambitions de l'ex-édile ont de fortes chances d'être comblées. À moins que… l’écornifleur du vent, porteur du projet, ne rencontre quelques difficultés à en assurer l’aboutissement. C’est en tout cas ce que semble suggérer l’Arrêté préfectoral n° 52-2026-01-00062, daté du 19 janvier 2026, qui — à la demande de l’intéressé — autorise la prorogation de l’arrêté d’exploitation délivré en 2023… jusqu’en 2030 ! 
 
 
 
p. 1.
 
 
 
 p. 2. 
 
 À suivre... 
 
Conseil municipal 2026-20322
   4 élus sortants réélus. Des noms connus, bien que portés cette fois par des prénoms différents, tels que Francisque et Taillandier. 
  • Nathalie Lugnier, maire, employé civil et agent de service de la fonction publique
  • Anne-Claire Aubry, profession intermédiaire de la santé et du travail social
  • Pedro Da Cruz, aide-soignant  
  • Corinne Devillard,
  • Hélène Devillard, 
  • Hélène Doré, 
  • David Francisque, ingénieur et cadre technique d'entreprise
  • Didier Graillot, artisan  
  • Nicolas Gunther, 
  • Jérôme Jacquot, professeur, profession scientifique
  • Sarah Taillandier 
 
 - Inscrits : 238 en 2020
 - Abstentions : 95
 - Votants : 143
 - Blancs ou nuls : 3
 - Exprimés : 140  
 

Situation éolienne sur le secteur de Condes
 
 
 
 
 
Source.  
 
  À suivre...  
 
1. « Joël Clément, maire sortant après 37 ans comme membre du conseil, dont quinze comme maire, est venu « remettre les clés de la maison » estimant la rendre en bon état. Il souhaite voir aboutir le projet d’éoliennes, de nature à améliorer les finances de la commune. (...) » 
jhmQuotidien 2026 03 22
2. Le ministère de l’Intérieur envisage actuellement un report des élections municipales de 2032 afin d'alléger un calendrier électoral saturé, marqué notamment par l'élection présidentielle. Une telle modification, qui impacterait la durée du mandat des élus de 2026 — 7 ans au lieu de 6 ans, requerrait l'adoption d'une loi spécifique. Une procédure qui, bien que notable, s'inscrit dans une pratique déjà observée à plusieurs reprises sous la Ve République, pour toutes les élections : 
  • 1989 — 1995 : élections municipales ont été décalées de mars à juin, pour ne pas interférer avec l'élection présidentielle du printemps;
  • 2001 - 2007 : élections municipales et cantonales reportées en 2008, pour éviter la collision avec l'élection présidentielle et les législatives;
  • 2010 - 2014 : élections régionales décalées de 2014 à 2015, pour laisser le temps de voter et de mettre en œuvre la réforme des régions et le nouveau mode de scrutin départemental;
  • 2014 — 2020 :élections municipales reportées de mars à juin — second tour, en raison du confinement lié au Covid-19;
  • 2021 - 2027 : élections départementales décalées de mars à décembre — loi de 2021, afin de ne pas télescoper la présidentielle et les législatives du printemps..

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LEUCHEY : USINE ÉOLIENNE : REPOWERING ET CIRCUIT DE RANDONNÉE EN COHABITATION ?

 
 Après la commune du Val d’Esnoms, lire ci-dessus, c’est au tour de Leuchey de recevoir la visite de courtoisie de l’exploitant de l'usine de 26 éoliennes1. L'enjeu ? Vendre son « repowering » — lire l'article ci-dessus, avec tout le décorum nécessaire.
  Selon les colonnes du jhmQuotidien de ce 17 mars 2026, cette réunion publique, ouverte à tous — élus et non-élus, faisait suite à des « ateliers de concertation » déjà organisés en juin 2025 à Aujeurres et Saint-Broingt-les-Fosses. Des ateliers « force de proposition » des habitants pour le devenir de l'environnement de la nouvelle usine à vent. 
 
 
 Actuellement, les 26 éoliennes de Langres sud — 3 sur Leuchey et les 8 éoliennes du langrois. Source.

1. À ces 26 éoliennes, il faut ajouter les 8 éoliennes de l'usine dit « Le langrois », 180m en bout de pale.
 
 
Inauguration de l'usine dit « Le langrois » — 20 juin 2024. Source

  À Leuchey, mêmes protagonistes et mêmes principes. Et quelle audace dans les propositions ! Une idée a fait semble-t-il l'unanimité parmi l’assemblée — élus comme administrés : la création d’un circuit de « randonnée » éolienne reliant les communes concernées, pour pérégriner joyeusement de machine en machine. Oui mais, attention : le parcours sera pédagogique ! On n'arrête pas le progrès... ou le ridicule.
  
  Face à une assistance d’une densité presque expérimentale, les deux ambassadrices de notre écornifleur du vent ont répondu aux questions avec un enthousiasme aussi impeccable que visiblement bien rodé.
  Et pourquoi auraient-elles esquissé la moindre crispation ? Au vu du nombre de présents, du niveau de contestation et des questions posées ce soir-là, l’exploitant peut dormir sur ses deux oreilles : son projet de repowering passera comme un courant d'air d'été... À ce rythme, nul doute que les prochaines étapes de cette tournée « pédagogique » continueront de se dérouler sous les meilleurs auspices, dans une atmosphère toujours aussi apaisée.
 
Qui est Q Energy, l'exploitant ? 
  • Actionnaire principal : Hanwha Solutions. Cette entreprise est elle-même un pilier du grand conglomérat sud-coréen Hanwha Group, classé parmi les grands groupes industriels mondiaux.
  •  Q ENERGY est organisée autour d’une holding européenne : Q ENERGY Solutions SE
      Avec des filiales opérationnelles comme : Q ENERGY Europe GmbH - Q ENERGY France SAS.
  Autrement dit, derrière l’image d’un développeur « France », 
  • la tête financière est asiatique.
  • la structure est européenne → Berlin.
  • les projets sont financés via des montages multi-acteurs — partenaires, cessions, etc. 
 Comment est financé un projet ? 
  1. Banques → prêtent l’essentiel
  2. Q ENERGY ou autres,  → pilote et structure
  3. Clients/État → garantissent les revenus
  4. Investisseurs finaux → rachètent parfois l’actif
 1. Exemple : financement du projet  « Falcon », par Q Energy 
  • Montant total : 96 millions d’euros.
  • Portefeuille concerné : 4 projets — 3 solaires et 1 éolien.
  Le volet éolien : l'usine de Souleilla — Aude. Cette usine est historiquement le tout premier construit par l'entreprise en 2001 — sous l'ancien nom de RES, et il fait l'objet d'un... repowering exactement comme pour « Langres sud ». 
 
Qui met majoritairement l’argent ?
  • Un pool bancaire — donc plusieurs banques : Groupe Crédit Agricole — via Unifergie, caisses régionales.
   Q ENERGY n'utilise pas ses propres fonds pour l'intégralité du chantier. Elle a recours à une dette bancaire. 
  • Le principe : les banques prêtent l'argent en se basant sur la garantie des revenus futurs de l'usine.
  • La sécurité pour les banques : le projet bénéficie d'un « complément de rémunération » sur 20 ans avec un mécanisme de soutien public2. En clair, l'État garantit un prix de rachat de l'électricité, ce qui rend le dossier béton pour les banquiers
2. Au lieu de vendre leur électricité à un tarif fixe garanti, les producteurs éoliens vendent leur production directement sur le marché de gros. Ensuite, l’État leur verse — ou leur retire, un ajustement appelé complément de rémunération. Ce complément correspond à la différence entre : un prix de référence garanti — défini dans le contrat ou via appel d’offres, et le prix réel du marché. L' OBJECTIF EST DE GARANTIR À LA FILIÈRE DU VENT ET DU SOLEIL UNE SÉCURITÉ FINANCIÈRE
 
2. Le rôle des « conseils » — les frais cachés
  Pour monter un tel dossier de 96 millions, Q ENERGY s'entoure d'une armée d'experts dont les honoraires sont intégrés au coût global du projet :
  • Conseiller financier : pour structurer la transaction.
  • Audits techniques et juridiques : des cabinets vérifient que le vent soufflera assez et que les permis de construire ne risquent pas d'être annulés par un recours d'association.
3. La stratégie du « repowering » — le cas de Souleilla et... de Langres sud
  Le financement de Q ENERGY repose de plus en plus sur le recyclage de ses vieux sites :
  • Augmentation de la production d’électricité : les nouvelles éoliennes ont des rotors plus grands et des turbines plus puissantes. Même avec un nombre inférieur de machines, la production annuelle peut doubler ou tripler. → meilleure rentabilité du site !
  • Optimisation économique : les anciennes turbines ont un coûts d’entretien et de maintenance élevés. À l'inverse, les éoliennes modernes sont plus fiables et elles ont moins de pannes → réduction des coûts opérationnels. Le repowering permet parfois de prolonger la durée de vie du site sans avoir à louer de nouveaux terrains. 
  •  Accès aux incitations financières : les exploitants peuvent bénéficier de nouvelles subventions ou tarifs de rachat pour des installations modernisées. Cela peut inclure le complément de rémunération, contrats d’achat garantis, ou aides locales à l’investissement.
  • En résumé : pour l’exploitant, le repowering, c’est avant tout : plus de production; moins de coûts; Conformité réglementaire; accès à de nouvelles aides financières et valorisation du site en cas de... revente.  
4. Le financement participatif : l'outil de « paix sociale »
  Bien que non présent sur le projet Falcon, et dans le cas de « Langres sud » — la population et les élus sont déjà convaincus du bien-fondé de l'opération de repowering, La filière et Q Energy utilise souvent des plateformes comme Lendosphere — vu sur des projets en Haute-Marne, pour lever quelques milliers € auprès des habitants.
  • L'astuce : on propose un taux d'intérêt de ~7,5 % aux locaux. Ce n'est pas une nécessité financière pour un groupe milliardaire comme Hanwha, mais c'est un excellent levier pour réduire l'opposition locale : il est plus difficile de manifester contre une éolienne qui paie vos vacances.
    «  Tout s'achète et tout se vend
    L'argent, l'argent
    Tout s'achète et tout se vend
    Et c'est toujours... C'est toujours...
    L'addition s'il vous plaît ? ...
    »
    Gilbert Bécaud, L’addition  
  En résumé : Q ENERGY et la filière éolienne en général finance leurs usines via des emprunts massifs auprès de banques françaises, sécurisés par des contrats de rachat d'électricité garantis par l'État, tout en saupoudrant parfois un peu de financement citoyen pour huiler les rouages de l'acceptabilité locale.
 
« La condition d’animal domestique entraîne celle de bête de boucherie. »
Ernst Jünger 1895-1998  
 
Leuchey 
  • 72 habitants → en baisse constante
  • Bonne santé financière  
  • Conseil municipal 2026-2032, élu au 1er tour → une seule liste. 
  • Réélus
  • Yoann LAURENT, ex-maire, agriculteur sur moyenne exploitation
  • Cyrielle COLIN, employé administratif d'entreprise
  • Nicolas BAILLET, ex-2ème adjoint au Maire, artisan
  • Romain LAURENT, agriculteur sur grande exploitation
  • Benjamin ROULIN, artisan
  • Soit un 5 /5 pour les sortants.  
 
Source : jhmQuotidien. 
 

Bonne nuit et bonne chance.  

À suivre... 

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DOMMARIEN : PROJET ÉOLIEN : LA COUR ADMINISTRATIVE D' APPEL ANNULE L' ARRÊTÉ PRÉFECTORAL DE REJET

 
  La récente décision de la Cour administrative d'appel de Nancy — CAA, 2026, reconnaissant la recevabilité du recours contentieux du porteur de projet contraint la préfecture, qui avait rejeté ce dernier en 2022, à procéder à une nouvelle instruction jusqu'à la réalisation de l’enquête publique.
  C’est l’occasion de retracer la chronologie de ce combat emblématique contre le fléau éolien dans le sud de la Haute-Marne.
 
  CHRONOLOGIE DU COMBAT POUR LA SAUVEGARDE DU SUD HAUTE-MARNE
 
  Le projet de l'usine éoliennes du Mont Jaillery n'est pas qu'une affaire de chiffres; c'est le récit d'une résistance locale face à un gigantisme menaçant notre cadre de vie. Pour y voir plus clair, voici le récapitulatif des étapes clés et les documents officiels associés.
  • 2019 : en décembre, la société dit « des éoliennes du Mont Jaillery », filiale de Ventelys — Rueil-Malmaison, Haute-Seine, présente officiellement sa demande d'exploitation. Le front du « NON » se structure autour de l"association VentDebout de Dommarien. Notons, que le conseil municipal de Dommarien rejette le projet à l'unanimité, 
  • 2021 : l'écornifleur du vent réduit son projet à de 19 à 15 éoliennes — retrait de : E3 à E6.
  • 2022 : le 13 mai, véto de la Préfecture par Arrêté de rejet — n°52-2022-05-00693 
  • Les motifs sont clairs
  • Protection du Milan Royal Préservation du panorama de Langres.
  • 2024 : le recours contentieux de l'écornifleur du vent → CAA de Nancy
  • 2026 : la Cour a annule l'Arrêté préfectoral de rejet.
 Attention : le juge ne valide pas le projet, il impose à l'État, via la Préfecture, de relancer la procédure, avec bien entendu l'Enquête Publique. C'est le moment où chaque citoyen devra porter ses observations au registre
  Il n’existe pas de délai minimal légal fixé par le droit administratif pour qu’une préfecture se conforme à un arrêt d’une cour administrative d’appel.  
  • En principe, dès que l’arrêt est notifié à l’administration, celle-ci est juridiquement tenue de l’exécuter immédiatement — principe d’exécution des décisions de justice,
  • En pratique, son exécution doit avoir lieu dans un « délai raisonnable », souvent apprécié autour de quelques mois,
  • Sauf, et seulement si, la CAA a fixé un délai ferme. À vérifier dès la mise en ligne de la décision de la CAA.    
   Tout est à refaire pour les opposants de ce projet. La décision de justice renvoie le dossier au point de départ administratif, et une nouvelle phase de procédure s’ouvre.
  Mais un élément nouveau pourrait peser lourd dans la suite des événements : la préfecture a changé de « reine » !1 Or, un changement de préfet n’est jamais neutre. Chaque titulaire de la fonction peut avoir sa propre lecture du dossier, ses priorités et sa manière d’appliquer les orientations de l’État.
  Autrement dit, l’équilibre administratif du dossier peut évoluer. Ce qui avait été refusé hier par une équipe préfectorale pourrait être réexaminé différemment par la suivante.
  Pour les opposants, le message est clair : RIEN N' EST ACQUIS ! La procédure repart, et avec elle l’incertitude liée à une nouvelle autorité préfectorale appelée à piloter la suite du dossier.
 
1.Mme Cornet Anne — a été remplacée le 13 juillet 2023, en conseil des ministres, après un an et demi de présence, par Mme Pam Régine, qui prit ses fonctions le 31 août de la même année. 
 
 
 
 Photo : Cornet Anne. jhmQuotidien 2023 07 13.
 
 
  Pour participer ou apporter son soutien à l’opposition à ce projet, contacter l'association de Dommarien : Ventdebout.
  • 25 route des Hêtres, 52190 Dommarien 
  • E-mail : dommarienventdebout@gmail.com
À suivre... 
 
EN AVANT TOUTES ! 
 
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ÉLECTRICITÉ : NOS COUSINS BELGES FACE À LA SATURATION DE LEURS RÉSEAUX

 Mais comment nos amis belges en sont arrivés là ? 
  Jusqu' aux années 2000, la Belgique est autosuffisante en électricité, voire même parfois exportatrice. À partir de cette date et jusqu'en 2015, la Belgique commence à importer plus régulièrement — parc nucléaire vieillissant, fermeture de centrales à charbon, croissance de la consommation... Depuis 2015, les importations sont structurelles, phénomène accentué avec la sortie, même partielle, du nucléaire1. 
 On se retrouve avec une situation de ciseau très dangereuse :
  • Moins de production interne stable 
  • Plus de demande — voitures, pompes à chaleur, data centers2...
  Conséquence : la saturation n'est plus théorique et, elle est devenue un obstacle majeur au développement. Ainsi, des projets de construction sont arrêtés, des raccordements industriels sont refusés.
 
1. Excepté les centrales de Doel 4 et Tihange 3 prolongées pour 10 ans.
2. En 2026, la Wallonie change ses heures creuses : il devient moins cher de consommer en plein milieu de la journée — 11h-17h, pour éponger le surplus de production solaire qui sature le réseau local.
 
Mauvaise histoire belge sans aucun doute ! Bon courage aux citoyens du pays aux trois langues officielles !...
 
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Belgique : les villes principales. 
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Réseau électrique saturé : notre enquête sur ce frein au développement économique

  La Belgique a-t-elle les yeux plus gros que le ventre quand il s’agit de transition énergétique ? Les bornes de recharge pour voitures électriques sortent de terre en un temps record, les parcs de batteries et les data centers fleurissent. En une année seulement, la demande en électricité a explosé et, par endroits, le réseau belge arrive à saturation. Conséquence : des centaines de projets d’extension ou projets de nouvelles entreprises sont remis en cause par manque de puissance électrique disponible.  Parfois, aucune promesse de raccordement au réseau ne peut être faite avant cinq à dix ans. Les gestionnaires de transport d’électricité, les gestionnaires de distribution, le monde politique sont à table pour trouver des solutions rapides. Pendant ce temps, le développement économique est ralenti. Les entreprises regrettent une absence de vision à long terme.
  Notre enquête débute sur le chantier du futur centre aquatique de Lessines. Il sera inauguré au premier trimestre 2027. Les services seront nombreux : espace bien-être, fitness et piscine. Tout a été pensé pour répondre aux objectifs climatiques européens. Les installations énergétiques ont été dimensionnées pour être partagées avec le hall sportif voisin.
  Problème : la puissance électrique demandée au gestionnaire de distribution ORES a été en partie refusée alors la construction avait déjà été lancée. En l’absence de solution d’ici là, Lessines devra faire des compromis.

On est les premiers à qui cela est arrivé en Wallonie, on est les premiers sur la liste d’attente pour une solution

  Avec un peu moins de la moitié de la puissance électrique demandée, le centre sportif et le centre aquatique ne pourront pas fonctionner à plein régime simultanément. La commune devra donc adapter en permanence sa consommation. La production des panneaux photovoltaïques devra, par exemple, être tenue à l’œil.
 
 
  Autre conséquence : les bornes de recharge électrique pour voitures ne seront pas accessibles, en un premier temps. 
« On ne sait pas mettre les bornes de recharge à disposition. Ce n’est pas possible. Or, ça, c’est une obligation, une réglementation 175 regrette l’architecte du projet Stéphane Meyrant.
  En effet, depuis le 1er janvier 2025 en Wallonie, les bâtiments ouverts au public doivent disposer d’emplacements pour voitures électriques. Si le parking compte plus de vingt emplacements, une place sur cinq doit être dédiée pour ce type de véhicules. 
  Par manque d’électricité disponible en Wallonie, Lessines ne peut donc respecter une autre obligation wallonne.
 
 
Lessines, en route vers une solution ?
 
 
 
  C’est au mois de juin 2025 que le gestionnaire de distribution d’électricité ORES a annoncé à la commune et à l’architecte du centre aquatique que la puissance électrique demandée pour le projet ne pourra pas être accordée. L’explication nous est donnée par ORES et tient en une phrase : la puissance électrique n’est pas disponible sur le réseau ELIA, le raccordement ne peut donc être effectué par ORES.
« On s’est rendu compte que la problématique n’était pas locale mais régionale »  
  Après juin 2025, en se renseignant, Aurélia Criquelion, l’échevine MR en charge des infrastructures sportives pour la commune de Lessines, s’est rendu compte que le problème dépassait les frontières communales. Les exemples se sont multipliés aux quatre coins de pays. 
  La commune hennuyère espère désormais qu’une solution soit trouvée avant l’inauguration de son centre aquatique.
« Sur cinq projets, trois sont bloqués à cause de l’électricité »
  Nicolas Gots est entrepreneur dans l’immobilier d’entreprise. Fin février 2026, il a obtenu un permis d’urbanisme pour construire son projet de centre de loisirs dans le parc d’activité économique Écolys à Namur. Malgré l’obtention du permis, le chantier ne débutera pas tout de suite. Pour l’instant, le raccordement électrique ne peut lui être garanti avant cinq à dix ans.
  Nicolas Gots s’étonne d’un paradoxe : la volonté des pouvoirs publics d’inciter à se tourner vers l’électrique alors que la Belgique n’en a, manifestement, pas les moyens pour l’instant. Trois des cinq projets qu’il mène sont au frigo faute de capacité électrique disponible. 
  Renaud Degueldre, le directeur général du BEP, le Bureau Économique de la Province de Namur tire le même constat. Faute d’électricité disponible, la vente de parcelles aux entreprises a été suspendue à Namur.
« On va devoir refuser d’accueillir d’autres entreprises. Cela veut donc dire qu’on va brider le développement, alors que la Wallonie et le territoire namurois ont besoin d’entrepreneurs pour le futur. Pour réindustrialiser et pour faire en sorte que les parcs d’activité se développent, il faut de l’électricité » déplore-t-il.
Des investissements massifs ces prochaines années
  Le distributeur d’électricité ORES enregistre un doublement des demandes de raccordements au réseau en un an. Chez Elia, en charge du transport de l’électricité, les demandes ont quadruplé.
 « Cela entraîne forcément des embouteillages, des files d’attente et, à certains endroits, de la saturation du réseau électrique » explique Jean Fassiaux, porte-parole d’ Elia. Le gestionnaire du réseau de transport admet que renforcer le réseau prendra du temps. 
  « Il faut parfois cinq à six ans pour remplacer un transformateur » souligne Jean Fassiaux. 
  Pour répondre au besoin électrique, 
  • Elia compte quadrupler ses investissements en Wallonie pour un total de 2,6 milliards d’euros pour la période 2026-2030
  • ORES, le distributeur d’électricité et de gaz de 75% des communes wallonnes va également renforcer son réseau pour 2,1 milliards d’euros entre 2025 et 2029
  • RESA, le distributeur liégeois compte investir 700 millions d’euros sur la même période.
 
 

Un manque d’anticipation ?

  Comment n’a-t-on pas vu le problème arriver ? Les gestionnaires de réseaux de distribution et de transport avaient sonné l’alerte, estime Damien Ernst, spécialiste des réseaux électriques : 
« Ils ont alarmé pendant une dizaine d’années qu’on allait droit dans le mur. Force est de constater qu’on ne les a pas assez écoutés et que, maintenant, on est dans le mur ».
  On ne peut pas attendre cinq à dix ans avant de pouvoir connecter des entreprises
  
« On n’a certainement pas assez prévu d’investissements dans les réseaux et on a aussi été surpris par la croissance de la demande électrique. On n’avait pas, par exemple, vu venir il y a cinq ans la demande de batteries. Les batteries sont devenues très bon marché et nécessitent beaucoup de puissance électrique » constate Damien Ernst.
  La Belgique n’est pas le seul pays à être mis en difficulté face à la transition énergétique. 
  « C’est une situation que l’on rencontre dans la plupart des pays européens, notamment aux Pays-Bas, en Angleterre. Là, le réseau est à un niveau de saturation encore plus grand que le réseau wallon » explique Annabel Vanbéver, porte-parole d’ ORES. 

Quelles sont les solutions à court terme ?

  Pour la Wallonie, l’une des solutions pourrait venir d’un décret qui a été adopté en 2025 et permettra, à l’avenir, de proposer des contrats flexibles.
« On va pouvoir proposer à un projet qui vient avec une demande de raccordement, un raccordement flexible. Il pourra être raccordé au réseau, mais il devra accepter de ne pas bénéficier du réseau électrique 5, 10 ou 15% du temps » explique Jean Fassiaux, porte-parole d’ Elia.
 Ce dossier des contrats flexibles est désormais dans les mains de la CWAPE, le régulateur wallon. Son avis est attendu avant une mise en vigueur par les gestionnaires de réseaux de distribution.

  Sur cette carte d’ Elia, il est possible de simuler une flexibilité de 5%. Cette flexibilité pourrait permettre de récupérer un peu de puissance électrique. Il s’agit d’un changement majeur puisque la puissance a toujours été, jusqu’à présent, attribuée à un client de façon permanente.
« Au cas par cas, en fonction de l’évolution des renforcements du réseau, en fonction de la flexibilité qui va être disponible pour les raccordements et en fonction des mesures plus larges qui seront prises aussi pour l’accès au réseau, on va pouvoir de plus en plus connecter des projets » explique le porte-parole d’ Elia.
  En plus de la flexibilité, d’autres réflexions sont en cours pour récupérer de la puissance électrique.  Certaines puissances accordées à des entreprises ne sont, en effet, jamais utilisées. 
  À l’avenir, quand on parlera de raccordement électrique, la règle du « premier arrivé, premier servi » pourrait également être revue. Certains projets, comme un hôpital, pourraient donc être choisis en tant qu’installation prioritaire au détriment d’autres projets. 
  Notre enquête constate donc que des solutions à court terme, comme la flexibilité, pourraient permettre de récupérer un peu de puissance électrique. Ceci soulagera des projets aujourd’hui gelés comme ceux du parc Ecolys ou encore le centre aquatique de Lessines. 
  Ce que cette situation met en lumière, c’est à quel point la demande est forte et donc à quel point l’électricité est rare. Il faudra des années et des milliards pour renforcer le réseau. Pendant ce temps, la demande électrique continuera à augmenter, notamment pour répondre aux enjeux climatiques.
 

ANDELOT-BLANCHEVILLE, BOLOGNE, ROCHEFORT-SUR-LA-CÔTE ET VIÉVILLE : USINE ÉOLIENNE : NOUVEAU RAPPEL À L'ORDRE PRÉFECTORAL FACE À UNE SURMORTALITÉ DES CHAUVES-SOURIS

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