Loi climat : qui est prêt à payer le VRAI prix de la transition énergétique "verte"?

"...Depuis longtemps, on ment au peuple en prétendant que la transition énergétique est une opportunité formidable qui va tous nous enrichir, créer des emplois, réduire notre facture d'énergie,[...] La réalité est tout autre. [...] Nos dirigeants tentent laborieusement de nous vendre les emplois verts, la fermeture des centrales nucléaires, des subventions à l'achat d'un véhicule électrique, des primes pour l'isolement de notre logement et des contrats mirobolants de rachat de notre électricité photovoltaïque et des prêts à taux zéro qui y sont associés. Mais en réalité, c'est nous, à travers nos impôts, notre facture d'électricité et le prix d'achat renchéri de notre logement qui devons collectivement assumer ces dépenses supplémentaires, pour un bénéfice écologique qui se matérialisera pour l'essentiel dans des décennies.[...] pour piloter cette transition énergétique indispensable et sans précédent dans l'histoire, pour inciter les nababs du pétrole et du charbon à laisser à terme cet or noir sous terre, il n'y a qu'une seule solution : en faire payer le VRAI prix,[...] Car, sauf à imaginer l'instauration d'une dictature obligeant les gens à modifier leur mode de vie, il n'est pas de transition économique de cette ampleur possible sans transformation des prix relatifs pour inciter les gens à modifier leur mode de consommation... "
Christian Gollier, Le climat après la fin du mois, p.15-17, PUF, 2019

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Loi climat : tout faux !

Pierre Allemand

  Le citoyen lambda qui a été persuadé de s’engager pour cette noble cause risque bien d’avoir prochainement le sentiment de s’être complètement fait gruger par la Loi climat lorsqu’il comparera les efforts demandés et l’insignifiance des résultats prévus.

 

 Walk against climate change in Paris BY Etienne (CC BY-NC-ND 2.0) — Etienne , CC-BY

 
  Gros dilemme chez les députés LaREM au sujet de la discussion actuelle de la Loi climat qui met en musique les cogitations de la Convention Citoyenne du Climat, (CCC) nouvelle instance mise en place par le bon plaisir du Président.
  Est-il préférable de présenter aux électeurs une image ultra-verte en votant tous les articles de la loi, ou bien faut-il ne pas oublier les victimes de ce nouvel oukase présidentiel en freinant des quatre fers, quitte à passer pour rétrograde ?
  La question précise que se pose chaque député LaREM est la suivante : ai-je été élu par des écolos purs et durs, des adeptes de la décroissance telle qu’on la devine si on en vient à ces mesures climatiques de pointe, ou au contraire par des personnes davantage préoccupées par la fin du mois que par la fin du monde et qui n’ont pas envie de prendre à leur compte personnel les élucubrations climatiques d’un président qui semble être tombé dans la marmite verte ?
  La réponse, c’est d’abord que les résultats des élections qui se sont succédé après les législatives de 2017 n’ont pas démontré que les électeurs à tendance écologique croyaient véritablement dans la fibre verte de la majorité. Et par voie de conséquence, qu’il faut prévoir une certaine tendance à l’absentéisme dans les rangs de la majorité au moment du vote des articles successifs, 65 articles, 52 pages.
  C’est une solution utilisée depuis longtemps par les parlementaires ne voulant pas indisposer certains électeurs et risquer de les perdre par la même occasion. Mais les absences devront être soigneusement organisées, sinon les rangées vides se remarqueraient un peu trop et pourraient faire la joie de journalistes un peu fouineurs.
  Avec la Loi climat, expression du Plan climat, on entre dans le dur, même si le projet ne va pas assez loin selon certains extrémistes verts.
   Voyons donc quelques caractéristiques de ce fameux plan.

Le Plan climat ne comporte pas de compteur de performance
  Sur le principe d’abord de ce genre de loi assez jusqu’au-boutiste : un projet normal comporte toujours un chapitre qui expose les résultats attendus par l’application du projet, avec, c’est indispensable, des compteurs de performance qui chiffreront les résultats obtenus.
  Par exemple, dans un projet d’investissement portant sur l’amélioration d’une fabrication, le compteur peut être le nombre d’objets fabriqués avant et après l’investissement. La comptabilité analytique se chargera de mesurer en euro l’amélioration du prix de revient apportée par l’investissement, et en bout de chaîne, l’amélioration du résultat. Tous ces chiffres sont factuels et le ou les responsables de l’investissement pourront être récompensés en fonction des résultats obtenus.
  Malheureusement, dans le cas du projet climat, ce n’est pas un simple thermomètre qui pourrait constituer le compteur de performance idoine pour mesurer en 2030 les progrès accomplis. En effet, l’appareil capable de mesurer ce résultat avec exactitude n’existe que dans les laboratoires les plus sophistiqués.
  Jugez plutôt.
  L’objectif confié à la Convention est de réduire les émissions françaises de CO2 de de 40 % en 2030. Remarquons que cette convention ne sait chiffrer que les impôts et taxes qu’elle recommande. Les tonnages de gaz à effet de serre évités ne sont jamais précisés autrement que par une évocation très vague de leur importance au moyen d’un système d’attribution d’étoiles du niveau de CM2.
  Cet oubli est troublant, alors que le chiffre avait été précisé dans l’objectif fixé par la Convention. Il n’est en effet pas possible de proposer des recommandations précises sans les avoir chiffrées. Les ordres de grandeur, notions tout à fait indispensables pour orienter des débats si on les souhaite constructifs, ne sont pas précisés dans le rapport final de la Convention, ce qui rend la réflexion confuse et peut même générer une certaine dose d’utopie.
   Essayons d’y voir plus clair au moyen de quelques chiffres.
   La France a émis 452 millions de tonnes d’équivalent CO2 en 2017, source. La réduction doit donc être de 181 millions de tonnes par an à partir de 2030, soit un total de 181 sur 70 ans = 12 670 millions de tonnes soit donc 12,7 gigatonnes de CO2 non émis en 2100. En supposant, bien entendu, que le Plan climat, reflet des recommandations de la Convention ou présenté comme tel, conduise évidemment à la non-émission de 40 % des émissions actuelles de CO2 de la France, ce qui, entre nous, n’est pas démontré.
  Le Global Carbon Project est un organisme qui se charge, entre autres, de définir et de calculer des budgets carbone reliant les émissions de CO2 aux objectifs de température à ne pas dépasser.
  Il a par exemple calculé que pour respecter une augmentation de température de 1,5 degré maximum, il ne faudrait pas dépasser des émissions totales mondiales de 2800 gigatonnes de CO2, source fig. b.
  Si on admet la linéarité1 de la relation entre la variation de température et le tonnage des émissions de CO2, on peut, en faisant une simple règle de trois, calculer l’influence sur la température qu’aura l’action de la France en réduisant ses émissions de 40 % :
  ΔtFrance = Δt * CO2France/CO2Monde
  Avec :
  ΔtFrance : gain en température mondiale obtenu par les efforts de la France suivant la CCC.
  Δt : augmentation de température à ne pas dépasser (1,5 °C)
  CO2France : CO2 non émis par la France entre 2030 et 2100 (recommandations de la CCC)
  CO2Monde : quantité de CO2 à émettre correspondant au maintien de l’augmentation de la température sous la barre des 1,5 °C.
  Soit :
  ΔtFrance =1,5 * 181/ 2 800 = 0,0068 degré
  S’il était pleinement atteint, l’objectif de la Convention reviendrait donc à contenir la température mondiale de 6,8 millièmes de degré. Ce n’est pas avec les sondes thermiques au platine de Météo France que l’on pourrait mesurer une « amélioration » de cette amplitude, puisque l’incertitude de la
mesure avec ces sondes est de 0,15 degré…

La Loi climat s’en prend à la sphère privée
  Les Français ne sont pas des veaux, et ils risquent de réagir très fortement, soit par corporation, soit en manifestant par le vote leur opposition aux mesures prévues dans la loi. C’est bien là ce que redoutent les députés.
  En effet, au prétexte d’une urgence peu démontrée, essentiellement fondée sur l’exagération des conséquences d’un réchauffement climatique, la plongée actuelle des températures n’est d’ailleurs pas de nature à renforcer son hypothèse, le projet de loi entend modifier profondément les habitudes qui structurent la société française, comme par exemple :

  La loi augmente nettement son emprise sur la vie privée des Français, au risque de plus en plus tangible d’enclencher une nouvelle crise du style Gilet jaunes.
  Les députés se doutent bien qu’il y a des limites à ne pas franchir, certes très difficiles à appréhender, mais bien réelles, si on ne veut pas déclencher la tempête de défoulement post-Covid.
  Les élections approchent à grande vitesse et ils ont bien en tête les déconfitures successives que le groupe présidentiel a subi depuis le suffrage les ayant conduits au pouvoir. Pour conserver celui-ci, la plupart d’entre eux ont compris qu’il faut rester prudents au sujet des innovations climatiques dont il est précisément question dans la future Loi climat.
  Ils sont probablement nombreux à penser que la position climatique en pointe du président pourrait peut-être lui être favorable sur le plan intergouvernemental, mais probablement pas sur le plan plus
terre à terre de leur propre réélection.

La méthode utilisée n’est pas la bonne

  Les mesures annoncées concernant les voyages intérieurs en avion font penser à des mesures que prendraient des républiques populaires exsangues qui chercheraient à réduire leurs dépenses par tous les moyens.
  La proposition de la Convention fleure bon la mesure populaire qui consiste, non seulement à faire payer les riches, mais encore à les punir en les empêchant de prendre l’avion. Elle met une entreprise comme Air France déjà à l’agonie, en situation de mendicité. C’est à pleurer.
  Surtout que par ailleurs, les compagnies aériennes sont déjà forcées de compenser le kérosène consommé en réalisant des actions qui absorbent le CO2 émis par les avions, comme planter des arbres absorbeurs de CO2 pendant leur phase de croissance.
  Les députés savent bien que les mesures limitant les voyages aériens satisfont quelques irréductibles extrémistes anticapitalistes ou anti-croissance, mais ne font pas le bonheur de la multitude des salariés moyens qui économisent pendant des années pour s’offrir un jour un voyage au bout du monde, comme c’est leur droit le plus strict.
  Par ailleurs, ces mesures uniquement domestiques ont toutes les chances de handicaper les entreprises domestiques par rapport à leurs concurrents étrangers. Fichons donc la paix aux compagnies aériennes qui participent à la croissance de tous les pays du monde et aussi du nôtre et qui ne représentent en tout et pour tout qu’un peu plus de 2,5 % des émissions mondiales de CO2.
  La loi veut forcer les propriétaires supposés riches à investir dans la rénovation thermique des habitations occupées par des ménages aux revenus modestes. Dans ce but, le projet de loi propose de bloquer arbitrairement le loyer de ces logements en interdisant leur hausse. Il interdit même à partir de 2028 que ces logements soient loués s’ils n’ont pas été rénovés thermiquement.
Double erreur.

Conséquences de la Loi climat
  La crise consécutive à la fixation arbitraire des loyers en 1948 montre encore ses méfaits aujourd’hui mais elle est oubliée et n’a pas servi de leçon. Sous l’influence d’idéologues toxiques comme Cécile Duflot, un temps ministre du Logement, les loyers ont été de nouveaux bloqués dans certaines régions, conduisant inéluctablement à une crise de la construction, l’immobilier perdant totalement son intérêt comme placement financier. Le même phénomène est mis en route aujourd’hui par l’interdiction de louer.
  Par ailleurs et deuxième erreur, le locataire sans logement est toujours aussi pauvre. Et la mesure qui consiste pour l’État à payer une partie ou la totalité de la rénovation thermique ne le rend pas plus riche mais réduit encore la mobilité qui lui permettrait de retrouver du travail si son emploi disparait.
  L’objectif annoncé est de supprimer les nombreuses passoires thermiques qui existent car d’une part le propriétaire n’a souvent pas les moyens de rénover son bien, et que d’autre part, le locataire de ces passoires n’a pas les moyens de louer une habitation correctement isolée. C’est un objectif très louable, mais la méthode choisie ne résout aucune des raisons qui expliquent cette situation, à savoir le manque de moyens du propriétaire et du locataire.
  La recommandation de la Convention suivie par la proposition de Loi climat suppose à tort que le propriétaire est riche. C’est souvent faux. Et chacun d’entre nous peut citer l’exemple de locataires qui, faute de moyens, se retrouveront tout simplement à la rue en 2028.
  L’État veut interdire la pauvreté par la loi. C’est une velléité puérile. Il pourrait atteindre cet objectif en établissant les conditions nécessaires pour que le pauvre d’aujourd’hui puisse devenir riche demain et s’assumer, lui et sa famille. Pour cela, il faudrait faire progressivement l’inverse.

Conclusion
  Est-ce bien raisonnable d’édicter et de mettre en pratique toutes ces règles et interdictions pour un résultat franchement dérisoire ? La réponse est évidemment non.
  On pourrait imaginer une autre réponse en développant l’idée qu’à l’instar du colibri qui prend sa part dans l’extinction d’un incendie de forêt en apportant sa petite goutte d’eau dans son bec, la France ne représente pas grand-chose, mais fait sa part dans la lutte contre le réchauffement climatique…
  Seulement, outre que ce genre de position heurterait probablement la susceptibilité française, ce serait prendre une position très naïve et ignorante de la rouerie des autres États.
  Quelques exemples :

  • l’Allemagne rouvre des exploitations minières de charbon pour pallier la discontinuité énergétique de ses éoliennes.
  • la Norvège achète des voitures électriques avec l’argent provenant de ses ventes de gaz et de pétrole.
  • la Chine a convaincu Obama de maintenir la construction de centrales à charbon au moins jusqu’en 2030.
  • le Danemark s’achète une réputation verte en consommant l’électricité des centrales hydrauliques scandinaves etc. etc.

  Il apparaît par ailleurs que la lutte contre le réchauffement climatique présentée par tous les médias comme une sorte de croisade citoyenne et écoresponsable risque de n’être qu’une arnaque à grande échelle. Le citoyen lambda qui a été persuadé de s’engager pour cette noble cause risque bien d’avoir prochainement le sentiment de s’être complètement fait gruger lorsqu’il comparera les efforts demandés et l’insignifiance des résultats prévus. Admettre la linéarité revient à dire que la courbe représentative de la température en fonction du tonnage et sa tangente au point choisi sont confondues. C’est une approximation tout à fait valable compte tenu des larges approximations de tous les calculs dans ce domaine.

Mais pourquoi, dans le monde, les écolos, progressistes et autres socialistes qui disent se soucier profondément du climat veulent-ils fermer les centrales nucléaires?

  "...Le problème du nucléaire est qu'il n' OBLIGE pas une refonte radicale de la société, comme le font les énergies renouvelables, et qu'il n' EXIGE pas de grands fantasmes d'harmonisation de l'humanité avec la nature...[...] Le nucléaire ne permet pas non plus de canaliser des milliards vers des groupes... d'intérêts progressistes"
  Pas étonnant qu'ils le détestent autant... Faut bien vivre : la politique ça eu payé, ça paye plus!

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La vraie raison pour laquelle ils détestent le nucléaire est que cela signifie que nous n'avons pas besoin d'énergies renouvelables

Michael Shellenberger
Cet article a plus de 2 ans





  Pour la législation allemande, cliquez ici
  Comment se fait-il qu'aux États-Unis  et au Canada, en Espagne et en France ce sont les progressistes et les socialistes, qui disent se soucier profondément du climat qui cherchent à fermer les centrales nucléaires, et non les conservateurs sceptiques du climat? 
  Après tout, les deux plus grandes réussites en matière d'énergie nucléaire sont la Suède et la France, deux nations que les socialistes démocratiques considèrent depuis des décennies comme des modèles du type de société qu'ils souhaitent.
  Seule l'énergie nucléaire et non l'énergie solaire et éolienne, a permis de décarboniser radicalement et rapidement l'approvisionnement en énergie tout en augmentant les salaires et la richesse de la société.
  Et c'est seulement le nucléaire qui, en alimentant les trains à grande vitesse partout en France, au Japon et en Chine, a décarbonisé les transports, qui sont la source d'environ un tiers des émissions créées par l'humanité.
  Pour beaucoup de gens, la réponse est évidente : l'ignorance. Peu de gens savent que le nucléaire est la source d'électricité la plus sûre, ou que les faibles niveaux de rayonnement sont inoffensifs.Ou que les déchets nucléaires sont le meilleur type de déchets.
   Dans une large mesure, je suis d'accord avec ce point de vue. Afin de répondre à la peur et à l'ignorance généralisées, mes collègues et moi-même avons créé le dossier complet sur le nucléaire, qui résume les meilleures données scientifiques disponibles.
  Mais l'ignorance ne peut pas tout expliquer. Après tout, les leaders du mouvement antinucléaire sont des intellectuels publics - Al Gore, Bill McKibben, Naomi Klein. Ils sont très instruits, font des recherches approfondies et publient des ouvrages vérifiés comme The New Yorker, The Nation, The New York Times.
  Le problème est-il que les progressistes associent inconsciemment l'énergie nucléaire aux bombes nucléaires ? Sans aucun doute, c'est une grande partie du problème. Depuis les années 70, les psychologues ont documenté la façon dont les gens déplacent l'anxiété liée à la bombe vers les centrales nucléaires.
  Mais les anti-nucléaires comme la députée Alexandria Ocasio-Cortez, 29 ans, ont grandi dans la crainte du changement climatique plus que de la bombe.
  Et peu de choses se sont avérées pires pour le climat que la fermeture des centrales nucléaires.

L'appel inconscient des énergies renouvelables
  Les gens ordinaires disent aux enquêteurs qu'ils veulent des énergies renouvelables pour la même raison qu'ils achètent des produits étiquetés "naturels" : ils sont en proie à un faux appel inconscient à la nature.
  Celui-ci est la croyance erronée que le monde peut être divisé en choses "naturelles" et "non naturelles", et que les premières sont meilleures, plus sûres ou plus propres que les secondes.
  En réalité, les "fermes" solaires nécessitent cent fois plus de terres, un ordre de grandeur plus important pour l'extraction des matériaux,et engendrent des centaines de fois plus de déchets que les centrales nucléaires.
  Et les ZI éoliennes tuent des centaines de milliers d'oiseaux menacés et en voie de disparition, peuvent faire disparaître la chauve-souris vénéneuse et tuer plus de gens que les centrales nucléaires.
  Mais en raison de nos sentiments positifs envers le soleil, l'eau et le vent, que nous considérons comme plus naturels que l'uranium, de nombreuses personnes supposent inconsciemment que les énergies renouvelables sont meilleures pour l'environnement.
  En revanche, les défenseurs des énergies renouvelables et les investisseurs comme Gore, McKibben, Klein et les dirigeants du Sierra Club [association américaine écologiste fondée à San Francisco en Californie]et du NRDC [Natural Resources Defense Council est une organisation non gouvernementale américaine active dans le domaine de la protection de l'environnement. Fondé en 1970, l'organisme basé à New York ] savent parfaitement que les parcs solaires et éoliens ont un impact environnemental énorme. Ils doivent faire face à la réaction du public tous les jours.
  Cherchez sur Google pendant quelques minutes et vous constaterez une résistance généralisée aux parcs solaires et éoliens dans le monde entier. C'est le genre d'opposition populaire que défendent Gore, McKibben et Klein - mais seulement lorsqu'elle s'oppose aux centrales nucléaires et aux combustibles fossiles
  Prenons par exemple la résistance de la population à cette ferme solaire prévue pour la Virginie :
   "Les résidents craignent toujours que les conditions météorologiques extrêmes n'endommagent les panneaux et ne permettent au tellurure de cadmium de s'infiltrer dans le sol ou l'eau.
   La société a déclaré que les panneaux sont conçus pour résister aux intempéries et que "nos systèmes de surveillance en temps réel nous permettront d'identifier et de remplacer instantanément les panneaux endommagés
"".
  Les industries solaire et éolienne réagissent comme le font souvent les spécialistes du marketing lorsqu'ils sont confrontés à des problèmes environnementaux : ils insistent sur le fait qu'il n'y a pas vraiment de problème.
  Plus précisément, les promoteurs de l'énergie solaire suggèrent que les panneaux peuvent être et seront recyclés de manière rentable, tandis que les promoteurs de l'énergie éolienne font remarquer que les chats domestiques ordinaires tuent plus d'oiseaux que les éoliennes.
   De telles affirmations sont trompeuses. Les chats domestiques tuent les petits oiseaux communs comme les rouges-gorges et les moineaux, et non les grands oiseaux menacés et en voie de disparition comme les aigles. Et les experts s'accordent à dire qu'il n'est pas rentable de recycler les panneaux solaires. L'achat de matériaux neufs est moins cher.
  C'est vrai, de nombreux promoteurs d'énergies renouvelables en ont pour leur argent et ne montrent aucune réticence dans leur alliance avec les intérêts du gaz naturel. Même Amory Lovins s'est enrichi en travaillant pour de grandes entreprises.
  Mais la plupart des défenseurs des énergies renouvelables et des dirigeants progressistes et socialistes sont motivés par des convictions profondes, et pas seulement par l'argent. Qu'est-ce que l'argent ?

Comment le nucléaire menace les énergies renouvelables
  Après la Seconde Guerre mondiale, la classe ouvrière des pays développés s'enrichit matériellement, sapant l'idée que seule une transformation radicale et socialiste de la société pouvait mettre fin à la pauvreté.
  "Tous les problèmes qui avaient hanté le capitalisme", a reconnu l'historien marxiste Eric Hobsbawm, "semblaient se dissoudre et disparaître".
  Que pouvait signifier le marxisme, se demandait Hobsbawm, pour les travailleurs "qui comptaient désormais passer leurs vacances annuelles payées sur les plages d'Espagne ?""
  En réponse, les critiques radicaux du capitalisme ont changé d'avis. Le problème n'est plus que le capitalisme provoque la pauvreté matérielle, mais qu'il détruit l'environnement.
  "Les besoins des installations industrielles sont placés avant le besoin de l'homme en air pur", a écrit le socialiste Murray Bookchin, devenu environnementaliste, dans son livre de 1962, Our Synthetic Environment.[Notre environnement synthétique].
  Le capitalisme créait des contradictions entre l'homme et la nature, et pas seulement entre les hommes. Les "lois pernicieuses du marché ont la priorité," a écrit Bookchin, "sur les lois les plus contraignantes de la biologie"
  Mais ils avaient un problème : l'énergie nucléaire. Tout le monde savait depuis les années 1940 qu'elle pouvait alimenter la civilisation industrielle tout en réduisant la pollution et l'empreinte écologique de l'humanité.
  Dans les années 1970 et 1980, la France et la Suède ont prouvé qu'elles pouvaient découpler la pollution de l'air et de l'eau de la production d'électricité en construisant simplement des centrales nucléaires, qui ont remplacé leurs centrales au charbon et au gaz.
  Le problème posé par l'existence de l'énergie nucléaire est qu'elle a prouvé que nous n'avions pas besoin de réorganiser radicalement la société pour résoudre les problèmes environnementaux. Il nous suffisait de construire des centrales nucléaires au lieu de centrales au charbon.
  C'est pourquoi les écologistes de la Nouvelle Gauche ont attaqué l'énergie nucléaire comme étant en quelque sorte mauvaise pour l'environnement. Ils n'avaient pas beaucoup d'atouts, mais ils ont travaillé avec ce qu'ils avaient.
  Ils ont fait tout un plat de l'eau légèrement chaude - et propre - qui sort des centrales nucléaires. Ils ont fait croire au public que les déchets nucléaires étaient liquides, verts et dangereux, alors qu'en réalité, ils sont solides, métalliques et ne nuisent à personne.
  Ils ont surtout exploité le désir latent des baby-boomers traumatisés dans les années 50 et 60 par les couvertures et articles de journaux et les essais interminables d'armes nucléaires, de se venger des armes en tuant des centrales électriques.
  Dans les pages de publications libérales respectées comme The New Yorker et Foreign Affairs, ils ont fait valoir que les énergies renouvelables sont meilleures pour la société, et pas seulement pour l'environnement, en utilisant des arguments identiques à ceux avancés pour le Green New Deal.
  "Même si l'énergie nucléaire était propre, sûre, économique, assurée d'un combustible en abondance et socialement inoffensive", a déclaré le dieu des énergies renouvelables, Amory Lovins,  en 1977, "elle resterait peu attrayante en raison des implications politiques du type d'économie énergétique dans laquelle elle nous enfermerait".
  De quel type d'économie énergétique s'agirait-il exactement ? Une économie prospère, propre et hautement énergétique. "Si vous me demandez, ce serait à la limite du désastre pour nous de découvrir une source d'énergie propre, bon marché et abondante à cause de ce que nous en ferions", a expliqué M. Lovins.
  Il y a huit ans, l'écrivain socialiste devenue environnementaliste, Naomi Klein, a présenté les mêmes arguments que Bookchin et Lovins dans un long article pour The Nation intitulé "Capitalisme contre climat".
  "Les vraies solutions climatiques", a-t-elle précisé, "sont celles qui orientent... le pouvoir et le contrôle vers les Collectivités, que ce soit par que ce soit par le recours à des énergies renouvelables gérées par la Communauté, de l'agriculture biologique locale ou de systèmes de transport en commun véritablement responsables envers leurs utilisateurs..."
  Klein a développé son argumentation dans un livre. Pour souligner la nature totalisante de son programme, elle a intitulé le livre, This Changes Everything.[Cela change tout]
"En bref", a expliqué Mme Klein, "le changement climatique renforce les arguments préexistants de pratiquement toutes les demandes progressistes présentées dans les livres, les liant en un programme cohérent basé sur un impératif scientifique clair".
  Il n'est donc pas étonnant que le Green New Deal inclue toutes les demandes progressistes : la modernisation des bâtiments et des réseaux électriques, la subvention de l'agriculture durable par les agriculteurs familiaux, les transports publics, la restauration des écosystèmes, le nettoyage des déchets dangereux, l'aide internationale, la formation des travailleurs. La liste est longue.
  Il ne s'agit en aucun cas d'un "programme", observe Charlie Cook dans la National Review.  "Il s'agit plutôt d'une liste de souhaits globale, une lettre du Père Noël sans forme, sans but, sans frontières et sans fondement dans la réalité".
  C'est vrai, et c'est tout simplement inutile pour réduire les émissions de gaz à effet de serre si vous avez l'énergie nucléaire.
  Il suffit de comparer l'Allemagne et la France. L'Allemagne a fait une grande partie de ce que le Green New Deal appelle de ses vœux. D'ici 2025, elle aura dépensé 580 milliards de dollars dans les énergies renouvelables et les dépenses connexes, tout en fermant ses centrales nucléaires.
  Tout ce que l'Allemagne aura obtenu pour sa "transition énergétique", c'est une augmentation de 50 % du prix de l'électricité, des émissions stables et un approvisionnement en électricité dix fois plus intensif en carbone que celui de la France.
  En revanche, la France, construit des centrales nucléaires.
  Mais ensuite, au cours de la dernière décennie, alors qu'elle essayait de copier l'Allemagne, la France a dépensé 30 milliards de dollars dans les énergies renouvelables et a vu l'intensité carbone de son approvisionnement et le prix de l'électricité, augmenter.
   La France, l'Allemagne et toutes les autres situations réelles prouvent que l'énergie nucléaire est le seul moyen de décarboniser de manière significative, profonde et peu coûteuse l'approvisionnement en énergie, et donc de lutter contre le changement climatique.
  Le problème du nucléaire est qu'il n'exige pas une refonte radicale de la société, comme le font les énergies renouvelables, et qu'il n'exige pas de grands fantasmes d'harmonisation de l'humanité avec la nature.
  Le nucléaire ne permet pas non plus de canaliser des milliards vers des groupes d'intérêts progressistes au nom de "l'énergie renouvelable contrôlée par la communauté, de l'agriculture biologique locale ou des systèmes de transport".
  Tout ce que fait le nucléaire, c'est accroître la richesse de la société, augmenter les salaires et découpler l'économie de la pollution et de la destruction de l'environnement.
  Pas étonnant qu'ils le détestent autant.

Irlande : pour l'éolien, l'avis de la population : on s'en fout!

  Ainsi, les Irlandais seraient majoritairement "opposés à l'installation de parcs éoliens ou de pylônes à proximité de leur domicile." Mais qu'à cela ne tienne, le ministre confirme " qu'il savait que le projet était impopulaire mais qu'il faudrait le faire avancer au cours des six prochains mois." Pour le dire plus simplement : l'avis de la population : on s'en fout!
  Cela à comme un air de déjà entendu dans nos territoires. Cette triste ballade irlandaise est un signal d'autant plus négatif pour les résistants quand on sait que les Français ne sont toujours pas majoritairement opposés à l'éolien. Le chemin sera long pour délivrer notre pays.
   "La dictature c'est "ferme ta gueule !", la démocratie c'est "cause toujours !". 
  Coluche, 1944-1986
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La majorité s'oppose aux parcs éoliens et aux pylônes près des habitations 

2021 02 25


  Les conclusions de l' Institut de recherche économique et sociale (ESRI)  mettent en évidence les défis auxquels est confronté le gouvernement pour promouvoir l'énergie éolienne
Une étude a montré que la plupart des gens sont opposés à l'installation de parcs éoliens ou de pylônes à proximité de leur domicile.
  Bien que généralement favorables aux énergies renouvelables, seul un tiers des personnes accepterait volontiers un parc éolien à moins de 5 km de leur domicile et encore moins de personnes pourraient accepter des pylônes aériens aussi proches.
  Les conclusions de l'Institut de recherche économique et sociale (ESRI) illustrent les défis du plan du gouvernement visant à satisfaire 70 % des besoins en électricité du pays grâce aux énergies renouvelables d'ici la fin de la décennie.
  Elle signale également les difficultés à venir pour le projet d'interconnexion Nord-Sud qui verrait l'érection d'une série de pylônes à haute tension à travers Meath, Cavan et Monaghan.
  Le ministre de l'action pour le climat, Eamon Ryan, a déclaré jeudi matin qu'il savait que le projet était impopulaire mais qu'il faudrait le faire avancer au cours des six prochains mois.
  Les compagnies d'électricité affirment que l'interconnexion est essentielle pour le marché de l'électricité sur toute l'île, car la quantité d'électricité qui peut passer par le réseau de transport transfrontalier existant est limitée.
  L'interconnexion permettrait d'augmenter considérablement la capacité et la flexibilité nécessaires pour produire de l'électricité à partir de nombreuses sources renouvelables différentes et la distribuer rapidement, sans heurts et en toute sécurité sur l'île.

ÉOLIENNES ET MICROPLASTIQUES : L' U. E. RECONNAÎT LES DÉGÂTS, LA FRANCE REGARDE AILLEURS

  Il faut se réjouir que la Commission européenne reconnaisse désormais officiellement ce que plusieurs travaux scientifiques mettent en évi...