GENEVRIÈRES : QUELS SONT LES POINTS CLÉS ABORDÉS LORS DE LA RÉUNION PUBLIQUE SUR LE PROJET D'USINE ÉOLIENNE ?

Précédemment
 
  La réunion publique qui s'est déroulée ce samedi matin, 3 février, organisée conjointement par monsieur le maire et la société porteuse du projet, a réservé son lot de surprises. Les observations suivantes sont basées sur le compte rendu du remarquable jhmQuotidien [i], que vous pouvez consulter ci-devant.
 
I) Une trentaine de personnes présentes !
    À cette petite assistance déjà décevante, il convient, sans nul doute, de retirer un nombre de participants venus des villages avoisinants; rappelons qu'au dernier recensement de l' INSEE, la population s'élevait à... I29 habitants. C'est peu dire que cette réunion n'a pas suscité un grand intérêt parmi les Junipériennes et Junipériens ? Serait-ce dû à l'horaire matinal de la réunion, à I0 heures ? Non, plus sérieusement, cette faible mobilisation pourrait tout simplement traduire un désintérêt populaire pour la chose, soit une validation de l' avis favorable au projet de monsieur le maire et du conseil municipal, en 2022 ? Ce qui, au final, revient au même !
 
II) Mesdames, Messieurs, on ne vous propose pas un, mais... deux projets !
   C'est ce que l'on pourrait qualifier de " surprise du chef " ! En plus du projet de l'usine éolienne s'ajoute celui d'une usine photovoltaïque. Oui, mais attention, avec une première mondiale ? : " dont la production bénéficierait directement aux habitants, afin de venir en déduction de ce que vous consommez ".  Eh oui, vous avez bien entendu, une production exclusivement destinée aux habitants de Genevrières ![ii] Ah, la magie du marchand de sable !
 
Bonne nuit, les petits ! L'écornifleur du vent et monsieur le maire, nous endorment comme le Marchand de Sable et son ami endormaient les enfants, à la télévision française, dans les années 60 !... Source.
 
III) L'usine éolienne
   La confirmation qu'elle sera composée de 4 ou 5 éoliennes, mais la nouveauté réside dans la hauteur en bout de pale : 200 mètres ! C'est-à-dire bien plus élevée que les I83 mètres des éoliennes de l'usine dite " Vannier Amance ", Fayl-Billot, Pierremont et Pressigny, déjà les plus hautes du département; plus hautes, cela implique forcément... plus puissantes que les modèles actuellement en activité sur le secteur ! Ainsi, la puissance nominale installée, par éolienne, passera de 2.5 MW en moyenne, à 5 MW, soit le double. Pour que cela soit clair, il faudrait installer I0 éoliennes identiques à celles déjà opérationnelles aujourd'hui, au lieu de 5, afin d'atteindre la même puissance nominale totale. Ces turbines exceptionnelles auront évidemment, aussi, des impacts EXTRA-ORDINAIRES, bruit, infrasons, impact visuel, etc., à des niveaux jamais connus dans le département, sur les conditions de vie des humains et sur la biodiversité[iii].
   Le site retenu sera bien en forêt, qui plus est... communale ! Inutile de rappeler qu'ici en HAUTE-MARNE, c'est formellement INTERDIT, surtout dans une forêt communale ! Et soyez convaincus que les porteurs du projet et le maire en sont bien conscients, du moins, on ose l'espérer. Alors, pourquoi ce choix ?

IV) Monsieur le maire
  L'endroit privilégié où une opposition argumentée et motivée contre les projets du maire se manifeste, semble être au sein du conseil municipal, désormais réuni au complet.
  Devant l'assemblée, le maire adopte une approche ferme, en utilisant à la fois la carotte et le bâton :
  "Augmenter les impôts, recourir à l’emprunt, ou « trouver un partenaire. C’est ce troisième choix que le conseil municipal a choisi », a expliqué Daniel Guerret  "
   Les futurs investissements et la situation financière de la commune justifiaient-ils une de ces 3 solutions ? 
 - Comptes et budget de GENEVRIÈRES 2022


  • Dette : la dette à fin 2022 est inférieure de 75,63% à la moyenne de la strate. Elle a diminué de 22,46% sur les 3 dernières années, là où la dette de la moyenne de la strate a augmenté de I,I9% .
  • Rigidité structurelle : la Rigidité structurelle qui traduit les marges de manœuvre dans les dépenses de la commune est inférieure de 36,I2% à la moyenne de la strate.
  •  Impôts : la pression fiscale qui indique si la commune est plus ou moins fortement imposée, est inférieure de 26,27% à la moyenne de la strate.
Source
 
  Bien que les finances de la commune semblent plutôt positives, avec des évaluations majoritairement favorables, il peut être surprenant d'entendre, de la part de monsieur le maire, une menace à peine voilée d' une augmentation des impôts, comme indiqué : « Si cela ne se fait pas, on augmentera les impôts », a averti Daniel Guerret. " Pourtant, contrairement à vos propos, augmenter les impôts pourrait être une décision judicieuse, monsieur le maire, peut-être même votre meilleure !? Vos administrés, à l'avenir, pourraient vous en être reconnaissants, même s'ils ne le réalisent pas encore. En effet, s'engager dans un projet d'usine éolienne n'offre au final que des complications considérables pour la commune et sa population, sans réel bénéfice à la clé.

   À suivre...

[i]. L'article est signé par le chef lui-même du jhmQuotidien de Langres; la réunion a fait l'objet d'un reportage sur le ICI I9/20, de FR3, Champagne/Ardenne, le dimanche 4 février.
[ii]. Le gros bullshit de l’électricité “ verte ” qui ne mélange pas ses électrons avec les électrons “ nucléaires ” alors que les fils électriques sont les mêmes; par exemple, affiche dans le métro parisien. Pour la petite histoire : 
  • Ekwateur utilise en fait de l'électricité nucléaire;
  • Ekwateur a triché sur l' Accès Régulé à l'Électricité Nucléaire Historique, Arenh;
  • " La Commission de la régulation de l' Énergie, CRE, a, ce jeudi, rappelé à l'ordre trois fournisseurs d'électricité pour avoir surévalués leurs besoins en électricité nucléaire dont Blanka, une filiale d' ekWateur, épinglé pour avoir profité de cet avantage " Source  Elle avait demandé des volumes par hypothèse, sans avoir de client. Un opérateur de " marque blanche " sans client qui préjuge du nombre de consommateurs, c’est pas ouf.



[iii]. Écoutez comment POTIRON Didier, ancien exploitant agricole, a vu son exploitation péricliter à cause de la pollution causée par les éoliennes. Témoignage édifiant ; "... sur le site de la préfecture, la multitude d'arrêtés sanctionnant les entreprises exploitantes après l'inspection des agents de la DREAL. Ces sanctions résultent du non-respect des injonctions stipulées dans l'autorisation initiale d'exploitation, couvrant aussi bien la protection du Milan royal que les limites autorisées de décibels, entre autres. En cas de non-conformité persistante, ces sociétés s'exposent à des sanctions. Ce qui est alarmant, c'est que chaque visite d'inspection semble se conclure par un arrêté de mise en demeure !... " Source.
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Un nouveau projet éolien divise Genevrières

 

  Genevrières est ceinturé d’une trentaine d’éoliennes sans en percevoir les subsides. Un nouveau projet éolien a été présenté en public ce samedi 3 février où l’acceptabilité d’un nouveau parc éolien a été au cœur des débats. 
  «  Si on doit avoir des nuisances avec la vue, autant que cela rapporte à la commune », nous explique un habitant de Genevrières. Ils sont une trentaine d’habitants réunis dans la salle de la mairie. À la table, le maire Daniel Guerret et les représentants de la société Vélocita Energies. Une société bien connue dans le pays vannier, qui a notamment installé et gère les I7 éoliennes du parc Vannier-Amance. Autour de Genevrières, elles sont 26 machines à tourner et six nouvelles sont en construction.
  C’est donc un nouveau projet qui a été présenté aux habitants. Et avec ce préalable lancé par le maire sur les finances communales. Augmenter les impôts, recourir à l’emprunt, ou « trouver un partenaire. C’est ce troisième choix que le conseil municipal à choisi », a expliqué Daniel Guerret. Ce partenaire, c’est donc Vélocita Energies. L’accord du conseil municipal date du 2 décembre 2022.


  Le développeur a déjà lancé des études. Depuis août 2023 une étude sur l’écologie est en cours, en janvier 2024 c’est l’étude paysagère. Le projet a déjà reçu un avis favorable de l’armée de l’air, de météo France. L’avis de l’aviation civile est attendu. Un mât de mesure de I00 mètres sera prochainement installé. 
 
Un projet éolien en forêt communale
  Ce projet présenté est particulier à bien des niveaux. C’est un parc en forêt que projette de créer le développeur, « à une distance comprise entre 800 m et I,2 km des premiers habitants », a précisé Frédéric Beltrand de Vélocita Energies. Une particularité qui demande d’avoir des éoliennes plus hautes, jusqu’à 200 m à bout de pale. Vélocita Energies espère installer entre 4 et 5 machines d’une puissance de 5 MW, quand les éoliennes autour de la commune sont de 2,5 MW.
  Le projet n’en est qu’à son tout début. Comme ne cessera de le répéter Louise Kariger, chef de projet « rien n’est arrêté ». En revanche, cette réunion a présenté des dispositifs d’accompagnement dont le budget sera abondé par I5 000€ par MW installé, soit 300 000 € avec quatre machines installées.
  Une centrale photovoltaïque d’auto-consommation a été présentée, lire par ailleurs. « On aurait une première zone de pollution visuelle avec les éoliennes et là cela en ferait deux, c’est quand même beaucoup », a fait remarquer un habitant.
  Sur le papier, Vélocita Energies a déployé tout un attirail de mesures, compensations, et autres accompagnements qui sont séduisants en plus de ce projet pour le moins inhabituel de centrale photovoltaïque. La commune pourrait espérer environ 33 000 € par an avec principalement l’ IFER : imposition forfaitaire des entreprises de réseaux. La communauté de communes des Savoir-Faire 92 500 €. 
 
« Il n’y a pas que le pognon »
  Mais l’acceptabilité de ce nouveau projet a surtout été l’enjeu de cette première réunion publique. On a senti parmi le public présent un certain trop-plein d’éoliennes. « Genevrières à un paysage extraordinaire. Vous allez nous mettre des moulins à vent. Je suis absolument contre, il n’y a pas que le pognon », lancera un autre habitant. « Sur le parc éolien du Pays Vannier il a fallu se battre pour les mesures d’accompagnement », fera remarquer un autre, citant des actions qui n’ont jamais été menées comme la création d’un arboretum ou la plantation de haies.
  Il a été question du bruit généré par les machines, de l’impact sur le milan royal, sur la cigogne noire, des risques pour la santé humaine et animale. Et de l’impact sur les paysages d’autant que ce projet sera installé en grande partie en forêt. Des interrogations que l’on retrouve à chaque projet comme également le démantèlement.
  Un prestataire viendra à la rencontre des habitants dans le cadre de la concertation pour recueillir des interrogations et mettre en place des « ateliers ». Une lettre d’information sera distribuée courant mars. Avec la possibilité que ce projet ne se fasse pas. « Si cela ne se fait pas, on augmentera les impôts », a prévenu le maire, Daniel Guerret.

Un parc photovoltaïque
  L’une des mesures d’accompagnement est pour le moins originale et novatrice. Vélocita Energies a prévu un budget pour ces mesures qui représente 3% de l’investissement. Le développeur a proposé d’installer un parc photovoltaïque “ commun ” dont la production bénéficierait directement aux habitants, afin « de venir en déduction de ce que vous consommé ».
  Le parc aurait une puissance maximum de 3 MW et il doit être situé dans un rayon de 20 km, pas plus. Ce projet permettrait alors une économie de I0 centimes par kWh, soit un « gain de 20 à 35 % ». Pour une famille avec une facture annuelle de I 500 €, l’économie serait d’environ 300 €. Chaque habitant devra se déterminer s’il veut faire partie de ce réseau. 
 
Clochemerle
  L’opposant le plus virulent au maire est un de ses nouveaux conseillers, Régis Moris, élu il y a quelques mois à la faveur d’une élection complémentaire. Véhément et vindicatif, le conseiller municipal ne mâche pas ses mots pour dénoncer la manière dont a été amené ce projet éolien. Le vote du conseil municipal du 2 décembre 2022 est pour lui symptomatique du problème car, fait-il remarquer, il manquait quatre conseillers sur 11, dont trois n’avaient pas été renouvelés suite à des décès.
 

 


L’ AGONIE D’ UNE ARMÉE, METZ – I870, JOURNAL DE GUERRE D’UN PORTE-ÉTENDARD DE L’ ARMÉE DU RHIN, ÉPISODE XXIV

 Précédemment
 https://augustinmassin.blogspot.com/2024/01/l-agonie-d-une-armee-metz-i870-journal_26.html
 
  La pluie tombe, serrée, sans interruption, nuit et jour. On constate une aggravation lente et continue du mauvais état sanitaire des chevaux. Chez les soldats les maladies se déclarent dans les bivouacs par suite de la diminution de la ration, de la suppression des légumes qui manquent complètement, et du mauvais painccxliii
  La nature se s'habitue pas aisément à toutes ces misères qu'il était si facile d'éviter. Les nôtres deviennent intolérables; on ne parle presque plus pendant les repas. Assis sur nos pliants, les pieds dans la boue, devant le quartier de cheval qui formera désormais toute notre nourriture, nous mangeons, mornes, tête basse. Plus de légumes, le sel va manquer et bientôt le pain qui diminue en ration comme en qualité. Ces aliments indigestes et répugnants accommodés à la graisse de cheval, il faut bien s'y habituer faute de mieux.
  Au milieu de ce silence attristant, une voix s'élève pour signaler les incendies promis par nos ennemis. Ce sinistre spectacle se renouvelant tous les soirs, on ne se retourne même plus pour regarder ces dévastations. Pourquoi ruiner ces malheureux ? Par esprit de destruction et désir de pillage, car les Allemands font partir pour l' Allemagne de véritables convois de mobilier. Les Allemands ne peuvent le nier. Étant en captivité nous avons vu arriver dans une maison où étaient logés deux de nos amis presqu'un wagon entier bondé de butin fait en France, glaces, tableaux, meubles, etc.
  Plus de fourrage et bientôt plus de grain pour les chevaux. Les feuilles et les brindilles s'épuisent rapidement. Ce régime ne peut durer, nos chevaux se mangent les crins et les poils, ils maigrissent à vue d'œil; nous les regardons, navrés, songeant à ce que nos bonnes et belles bêtes étaient encore, une quinzaine de jours, avant ce régime débilitant. Et la pluie qui inonde le bivouac !
  On était à bout ! Des complots s'organisèrent secrètement. Les officiers arrivèrent en grand nombre, sans distinction de grades. Que de confidences échangées entre tant d'officiers valeureux, héros de Crimée, d' Italie, du Mexique et d' Afrique. Quelle belle confraternité d' armes ! Tous étaient résolus au sacrifice de leur vie.
  Beaucoup demandèrent le secret des noms qui fut bien gardé, car ils craignaient pour leur situation, pour leur avancement, cela se comprend; mais tous étaient abreuvés de la même amertume; tous avaient le désespoir au cœur et le blâme sur les lèvres ! La solidarité était complète.
 
Guillaume II, Empereur de Prusse. Photographie des frères Prillot.

  En rentrant au bivouac, on trouvait l' exaltation poussée à l'extrême limite. Comment parvenir à exercer une pression sur le maréchal ? Les plus exubérants ne pouvaient se contenir. Ils étaient nombreux ceux qui emportés par leur patriotisme ne voyaient que la France envahie, qui gémissaient, en chefs ardents, de voir l' armée chargée de la défense du sol, paralysée, humiliée, vouée à une destruction lente et certaine.
  Parmi les orateurs, au premier rang se distinguaient le commandant Leperche, les capitaines Boyenval et Rossel, tous trois jeunes, déterminés, mais n'ayant pas l'autorité nécessaire pour entraîner les masses.
  Ces " courageux officiers ", comme on les appelait alors, car ils jouaient leur tête en prêchant le salut de tous, voulurent tenter d'organiser cette révolution militaire qui était au fond la pensée et le désir de toute l'armée. ["... Une conspiration militaire s’était ourdie contre M. le maréchal Bazaine. C’est horrible, mais c’est vrai. (...)  " 28 octobre I87I C’est la date de la publication du rapport. Dès cette époque, dans l’armée même, un comité de défense à outrance s’était formé. Ce comité, admirablement bien renseigné, et gagnant chaque jour du terrain parmi les officiers subalternes et supérieurs, avait, dès le I2 octobre, la certitude qu’une capitulation allait être signée par Bazaine, et entraînerait la reddition de l’armée et de la ville… Ce comité s’est insurgé au mépris de la discipline; ce sont des officiers criminels et pour qui, peut-être, le conseil de guerre serait mérité! nommèrent le général … l’idole de l’armée entière, commandant en chef des troupes soulevées, et donnèrent ordre à plusieurs officiers d’état-major et du génie de combiner un plan stratégique qui pût réunir en quelques heures, autour de Metz, les régiments rebelles à toute pensée de capitulation. Les officiers interrogés répondirent d’un chiffre de 20.000 hommes résolus, et la question de l’action immédiate ou de l’action postérieure à l’acte de la capitulation s’agita entre les membres du comité. Craignant d’effrayer beaucoup d’officiers dévoués aux idées de discipline aveugle. " (...) Vers le 11 octobre, c’est-à-dire à l’époque même où cette conjuration semblait réunir le plus de chances de succès, un jeune officier de l’armée publia, sous un nom supposé, une brochure violente… « Vers le I6, deux officiers du génie, membres du comité dont il a été parlé ci-dessus, MM. les capitaines Boyenval et Rossel... » Rossel ! messieurs, celui qui a payé de sa vie son crime contre la société ! « MM. les capitaines Boyenval et Rossel furent conduits chez le maréchal et, après un sévère interrogatoire, le premier d’entre eux, qui s’était exprimé sur la situation avec une franchise pleine de dignité, fut conduit par les mains de la gendarmerie dans l’intérieur du fort Saint-Quentin, afin d’y être gardé à vue ». Rossel a publié un livre dont je ne lirai aucun extrait, — le livre d’un criminel comme lui est une œuvre qui ne doit jamais se produire devant un conseil comme le vôtre, — mais j’y prends ce renseignement. Ils eurent, ces criminels insensés ! ils eurent la pensée, ils osèrent, ils commirent cet acte audacieux de se rendre chez le général Changarnier, pour lui demander s’il voulait être le chef de cette abominable insurrection militaire. Ah ! messieurs, je n’ai pas à vous dire comment ils furent éconduits et, dans le livre du condamné Rossel, je ne prends que ce mot: le général Changarnier s’écria : « Malheureux ! est-ce que vous voulez que je déshonore mes cheveux blancs ? » Voilà ce qui, se passait à Metz et dans le camp retranché. Voilà qu’elles étaient les facilités qu’on procurait au maréchal. Voilà, messieurs, ce qu’il faut savoir, quand on juge les actes d'un homme., ... "; Procès fait au maréchal Bazaine] Il s'agissait d'obliger le maréchal à agir promptement, car les vivres s'épuisaient et les forces diminuaient, ou à céder son commandement de gré ou de force
  Les premières conférences faites par les capitaines Boyenval et Rossel n'eurent qu'un petit nombre d'auditeurs. Les conférenciers furent acclamés, et si des chefs haut placés dans la hiérarchie avaient voulu prendre la tête du mouvement, le complot pouvait aboutir avant l'anéantissement de la cavalerie et des chevaux d'artillerie plus ménagés.
  Toute l'armée voulait vaincre ou périr les armes à la main et non par la famineccxliv. On voulait se rendre utiles au pays, avant de succomber. Voilà tout !
  C'était la seule raison d'être de l'armée française qui n'avait pas à s'occuper de restauration impériale, ni à voir quel était le régime de gouvernement que préfèreraient messieurs les Allemands. Sortir de ce " camp de la misère " où nous retenait la volonté d'un seul homme ayant perdu la confiance de tous les officiers et méprisé de son armée : tel était notre ardent désir, notre inébranlable résolution.
  Des officiers de l'état-major général étaient avec nous à présent. Ils n'osaient plus nous recommander " d'être patients " affirmant que " le maréchal avait son plan et qu'il sortirait avec éclat quand il jugerait le moment opportun ". Ils réfléchissaient peut-être qu'ayant été trompés eux aussi ils nous avaient bercés d'illusions.

" Créé en I8I8, le corps d'état major est une arme spéciale, ouverte aux meilleurs élèves sortis de Saint Cyr qui ont réussi le concours de l'école d’État Major. Cette école, qui recrute donc des sous lieutenants, permet aux officiers de rentrer dans le prestigieux corps d'état major. Le corps de l'état major est composé d'un nombre déterminé d'officiers de chaque grade, en I868, 580 officiers, dont 35 colonels, 35 lieutenant colonels, 110 chefs d'escadrons, 300 capitaines et I00 lieutenants. Après des stages dans les différentes armes de l'armée durant environ 6 à 8 ans, l'officier d'état major, devenu capitaine, est affecté dans un état major constitué, ou sert comme aide de camp d'un officier général. Le corps d’état major, bien que prestigieux, fut longtemps critiqué pour former des officiers n'ayant qu'une médiocre connaissance de la troupe. En outre, les défaillances de l'État Major impérial en I870 mirent en évidence la nécessité de réformer l'institution et la formation des officiers. C'est en I878/I880, que la réforme fut achevée.,... "; sur le Web.

  Les audacieuses conférences dont je viens de parler se renouvelaient souvent; on sondait le terrain pour augmenter le nombre des adhérents. Le concours de tous fut bientôt acquis, sans que le maréchal trouvât un partisan pour le défendre. S'il y avait eu un mouvement, aucune défaillance n'était à craindre. On allait au-devant des vœux de tous, chefs et soldats.
  Le maréchal avait sa police particulière, il savait ce qui se tramais contre lui; il ignorait cependant que les généraux de Ladmirault d'abord, et Changarnier ensuite eussent été pressentis. Le secret avait été bien gardéccxlv.
  C'est à la suite de ces réunions qu'il fit venir par ordre sous bonne escorte à son quartier général les capitaines Rossel et Boyenval; quand au capitaine Crémer, il ne fut pas inquiété. Ils furent introduits individuellement et sans armes dans le cabinet du maréchal. Il y eut, paraît-il, suivant le récit qui en fut fait par Rossel, une scène d'une violence inouïe. Le maréchal voulant les intimider, leur donna l'ordre de parler sur un ton moins élevé, et de modérer leurs expressions; ils ne pouvaient se maîtriser ni contenir leur indignation. Comme ils se sentaient à la veille d'un conseil de guerre dont la sentence serait la peine de mort, ils ne ménagèrent pas leurs paroles; leurs expressions ne connurent plus de bornes. Ils dirent violemment au maréchal ce qu'ils avaient sur le cœur, insistant avec force sur ses fautes et sur son abandon de l'Empereur. Puis ils affirmèrent qu'ils ne faisaient qu'exprimer l'opinion de toute l'armée et le jugement porté par elle sur le compte de son chef suprême.
  Le maréchal les laissa parler. Personne dans son entourage ne lui avait jusqu'alors tenu un tel langage. Il ne prononça pas une parole. Était-ce crainte ou remords ? Ses inférieurs remarquèrent seulement que son teint habituellement coloré était en ces minutes d'une pâleur livide; et ils surprirent un tremblement nerveux très prononcé sur ses lèvres. 
  Rossel, en faisant ce récit, paraissait calme et sincère. Cette scène fut ignorée ou peu connue de la troupe.
  Que s'est-il passé dans l'esprit du maréchal après la comparution de ces hommes devant lui ?
  A-t-il craint une effervescence dans l' armée, en les punissant comme il en avait le droit et le devoir ? Ils attendirent avec calme la décision que le maréchal leur fit communiquer. Prenant en considération leur jeunesse, il se contenta de faire enfermer momentanément au fort de Saint-Quentin le capitaine Boyenval, le plus dangereux par son éloquence persuasive. Il ne voulut pas le poursuivre, bien que cet officier réclamât des juges par lettre et dans quelques journaux, dont les rédacteurs lui étaient dévoués.
  En présence de l'aveu de Rossel très franc et plus mesuré, le maréchal le laissa libre, en lui " recommandant le calme ", ceci au grand étonnement du capitaine qui voulait partager le sort de son ami Boyenval. Cet acte de clémence fut d'ailleurs méprisé par Rossel qui, en voyant la situation de l'armée s'aggraver, exprimait le regret de n'avoir pas sauté sur le maréchal et essayé de l'étrangler. Il le répétait en toutes circonstances dans l'excès de sa douleur patriotique.
  Cette action de Rossel et de ses amis n'a pas reçu l'approbation de tous les officiers qui en ont eu connaissanceccxlvi. Assurément, au point de vue de la discipline, c'était une tentative de rébellion, conduite ostensiblement par deux capitaines, mais dont on ne pouvait rendre toute l'armée responsable. Si elle partageait leurs sentiments, les preuves manquaient pour l'accuser; aucun mouvement ne s'était produit et aucun rapport ne la visait. Le maréchal saisit de nouveau ce prétexte pour se plaindre de l'indiscipline, sans d'ailleurs oser agir autrement qu'en vagues paroles. 
  Au sujet de la discipline, combien il est regrettable que le général Ambert,[Joachim Marie Jean-Jacques Alexandre Jules, dit le général baron Ambert, I804-I890; surtout connu comme journaliste et écrivain] cet écrivain militaire si distingué, ait partagé les sentiments du maréchal en préconisant " une cour martiale " pour l' armée de Metz.
  Beaucoup d'écrivains hostiles à l'armée, faute de documents précis, ont exploité cette opinion erronée du maréchal pour rejeter ses fautes sur ses troupes éprouvées. Ils ont blâmé leur indiscipline, mais c'est le contraire qui eut lieu : si l'armée n'avait pas été retenue par le sentiment supérieur de la discipline, sans lequel il n'y a plus de cohésion, il lui était facile à ce moment de faire une révolution. Qui sait, quel aurait été le sort du maréchal ! Si un mouvement se fût produit, tous les soldats auraient suivis leurs officiers; le doute à cet égard n'est pas permis, notre chef le savait bien.  

AMBERT Joachim, I848-I849. Source

30 septembre.
 
  Notre beau régiment est atteint en plein cœur : les ordres d'envoyer des chevaux à l'abattoir se succèdent. Comment dépeindre, comme nous le ressentions, les scènes qui se passaient alors ! Nos cavaliers dépossédés, tout d'abord par l’équarrissage des non-valeurs, ensuite par le tirage au sort entre tous les chevaux, se précipitaient sur leurs pauvres bêtes sacrifiées; ils les embrassaient aux naseaux, ne pouvant se séparer d'elles !
  Et pourtant c'était l'ordre; il fallait obéir en cela comme en toutes choses. Cet affligeant spectacle devait se renouveler jusqu'à notre dernier cheval : tous y passèrent ! ceux qui restent, en attendant leur tour, ne supportent plus guère la fatigue; un peu d'avoine et un abri les remettraient bien vite. Ces pauvres animaux ont un respect pitoyable, avec leurs crins ravagés et leur maigreur squelettique !
  Notre bivouac de l'île Chambière était bordé sur la route d'une rangée de hauts peupliers séculaires, gros comme des tonneaux; on avait attaché des cordes à ces arbres pour y fixer les entraves. Nos chevaux se mirent d'abord à ronger l'écorce, puis à entamer les arbres à tel point que l'on dut abattre ceux-ci par mesure de sécurité. Ces arbres à terre finirent par disparaître avec leurs branches émiettées et mangées, relativement en peu de temps, par ces misérables chevaux affamés. Pauvres compagnons ! Ces espèces de squelettes animaient conservaient encore un peu d'énergie; nos soldats dans leur sollicitude se privaient souvent de leur ration pour eux.
 
I er octobre.
 
La pluie tombe toujours. Notre inaction reste la même.
 
2,3 et 4 octobre.
 
  Rien de changer depuis le Ier. Le 3 fut une journée de grande inquiétude pour les habitants de Metz. De grands préparatifs se font du côté prussien pour un bombardement général. Un parc de siège était achevé pour réduire l'armée et la population, en couvrant de bombes le camp et la ville. L'adversaire n'ignorait pas que l'artillerie des forts était impuissante à lutter contre ses gros canons Krupp, et à empêcher la destruction de la ville.
  Les habitants veillaient nuit et jour, toutes les voitures furent réquisitionnées pour transporter du sable à l'arsenal et dans les rues de la ville. L'armée pensait enfin que cette attaque ferait sortir le maréchal de son engourdissement, elle l'attendait presque avec impatience.
  Ce fut une fausse alerte. On savait à l'état-major que rien ne serait tenté avant le retour du général Bourbaki; on laissa faire ces préparatifs sans que le conseil municipal fût averti ni l'armée. N'était-ce pas étrange ?
  Les habitants se sentaient perdus, entraînés par l'inaction incompréhensible du maréchal. De notre côté, les murmures devinrent si violents que les généraux poussés à bout, sans crainte du maréchal, ayant perdu toute retenue, exprimèrent leurs sentiments avec la plus grande amertume. C'était la première fois que ces chefs étaient mis en cause; le maréchal, prévenu de ce qui se passait, voulut connaître le nom des manifestants, il n'eut que des soupçons, aucune enquête n'aboutit.
 
5 octobre.
 
  Cette rumeur continue fit réfléchir Bazaine toujours irrésolu; il n'agissait plus seul, selon son inspiration. Les commandements de corps furent réunisccxlvii; il déclara que l'armée du Rhin se trouvait " dans la situation la plus difficile "; qu'il tenait à s'éclairer de leurs avis de leurs conseils; il se fit très humble. La parole fut ensuite donnée au plus jeune en grade, au général Desvaux qui ne savait pas dissimuler sa pensée.
  Le général Desvaux, récemment nommé au commandement de la garde, s'exprima énergiquement avec une irritation mal contenue. Sa parole sèche et cassante impressionna le maréchal. Mais, selon sa coutume, il n'en fit ni plus ni moins.
  Les autres commandants de corps déclarèrent hautement que l'on avait trop attendu; que le chef de l'armée encourait une grande responsabilité personnelle en laissant l'armée en repos, alors qu'elle aurait pu remporter des succès; que ses forces s'épuisaient; qu'il était urgent d'attaquer et de sortir de Metz.
  Il fut décidé qu'une tentative de sortie se ferait par la vallée de Thionville; le plus grand silence devait être recommandé en attendant les ordres de mouvement.
  Mais à Metz aucun secret ne pouvait être gardé, les espions étaient partout. Les conclusions de cette conférence furent connues avant la sortie des commandants de corps du quartier général. Comment cela pouvait-il se produire ? On soupçonna la domesticité de se mettre en relation avec les émissaires.
  Quand le bruit d'une sortie se répandit, ce fut comme une explosion de contentement; on sentait que l'élan serait irrésistible.
 
6 octobre.
 
  Des mesures de précaution furent prises sur-le-champ pour éviter des indiscrétions; la surveillance redoubla aux avant-postes et sur la ligne des vedettes, personne ne devait franchir l'enceinte; les ordres étaient rigoureux, les consignes furent observées. Qu'allait-il se passer ? Était-ce encore une fausse sortie comme les précédentes ? On le pressentait sans oser l'affirmer. On songeait à l'incident Régnier et au départ du général Bourbaki. Le maréchal avec sa politique n'était pas libre de ses actions; tout cela se répétait au grand jour. Si c'était une tentative désespérée comme on la comprenait, comme on la désirait, il fallait réussir coûte que coûte. L'artillerie n'était pas encore entamée sérieusement, on avait ménagé ses chevaux aux préjudice de ceux de la cavalerie.
  Les dispositions de l'armée étaient telles que celle-ci eût beaucoup pardonné au maréchal, s'il eût voulu tenter sérieusement de briser le cercle. Quel encouragement pour les armées qui se recrutaient sur le territoire en voyant arriver à leur secours les soldats de Metz, quel qu'en soit le nombre. Hélas ! rien de semblable ne devait se produire; la résolution aveugle du maréchal était arrêtée à l'avance. Il ne voulait pas déplaire au prince Frédéric-Charles qui l'endormait, se jouait de lui, faisait miroiter à ses yeux une convention imaginaire, pour gagner du temps, jusqu'à épuisement complet de toutes les vivres renfermées dans la place, chevaux comprisccxlviii
  La conduite de Bazaine paraissait étrange à presque tous les officiers, et cependant aucun chef de corps ne fit une démarche auprès de lui pour lui forcer la main. Nous autres, les humbles, nous commentions durement cette obéissance passive des grands chefs... mais quoi, l'humanité n'est pas parfaite, et il ne faut pas se brouiller avec le dispensateur des récompenses. C'est pour ce motif que beaucoup d'officiers supérieurs qui pensaient comme nous évitèrent de se mettre en avant afin de ne point se compromettre. À cela rien à dire, il suffit d'être correct; tous les tempéraments n'ont pas la même ardeur d'expansion tout en ayant la même bravoure.
  Le combat qui va s'engager sera le dernier de la campagne, aussi infructueux que les précédents; l'ardeur guerrière de nos soldats sera arrêtée dans son élan; ils rentreront dans leurs bivouacs où ils se consumeront de chagrin, en attendant la catastrophe finale.
 

XXVIII

 

LADONCHAMPS. DERNIER COMBAT. VICTOIRE ET RETRAITE

 
7 octobre.
 
  Après trente-set jours d'inaction et de repos, et quel repos !, vécus par nous dans l'angoisse, le maréchal se décide enfin à tenter une action dans la vallée de Thionville. 

  À suivre...

ccxliii. Le nombre des malades ne cesse de s'accroître, ainsi, que celui des morts journaliers..., le typhus, la variole, la dysenterie, le scorbut sévissent; la pourriture d'hôpital emporte un grand nombre de blessés. LEHAUTCOURT, VII, 307. D'après le docteur GRELLOIS, médecin en chef de la garnison, le nombre total des blessés et malades atteint 40.000 à la fin du siège.
 
ccxliv. Néanmoins l'armée est susceptible d'un vigoureux effort vers le 25 septembre. LEHAUTCOURT, VII, 309.
 
ccxlv. Le général Jarras prétend au contraire que probablement Ladmirault rendit compte à Bazaine des avances qui lui avaient été faites, et que quant à Changarnier, il a certainement fait savoir ou dit lui-même au maréchal qu'il avait reçu des propositions par l'intermédiaire des capitaines Rossel et Boyenval. C'est à la suite de ce révélations que ces deux officiers auraient été arrêtés. JARRAS, loc. cit., 388. Ces évènements se passaient vers le I6 octobre.
 
ccxlvi. L'indignité du chef ne peut autoriser les subordonnés à lui donner un remplaçant, même par une voie détournée. Ce serait rompre les liens de la discipline au moment où ils doivent être resserrés avec le plus de rigueur. La situation est affreuse, mais elle est sans issue. Comment exiger des subalternes une obéissance dont on se serait affranchi vis-à-vis du chef suprême ? LEHAUTCOURT, VII, 400.
 
ccxlvii. C'est le 4, à 4 h. 30 du soir, que se tint le conseil de guerre. Bazaine expose un projet de sortie par les deux rives. Après des objections du maréchal Lebœuf l'accord paraît se faire et on se sépare, le maréchal devant envoyer des instructions. Les objections soulevées contre le projet du maréchal par Lebœuf, Ladmirault et Coffinières ébranlent la résolution de Bazaine si tant est qu'il en ait pris. Ce projet de sortie sera définitivement abandonné le 6 octobre. voir LEHAUTCOURT, loc. cit., VII, 320-325.
 
ccxlviii. D'après LEHAUTCOURT, VII, 323-324, l'abandon du projet de sortie serait dû aux observations du général Coffinières et du maréchal Lebœuf, et surtout au fait que des journaux allemands, tombés entre nos mains dans un combat d'avant-postes, font croire au maréchal que la résistance de Paris va toucher à sa fin. Dès lors, pourquoi risquer une sortie aventureuse, et ne pas attendre patiemment un dénouement qui s'annonce très proche ?
 
 
COMMANDANT FARINET, L'Agonie d'une Armée, Metz-I870, Journal de guerre d'un porte-étendard de l'Armée du Rhin, ancienne librairie Furne, Boivin & Cie, Éditeurs, I9I4, p. 272-282.
 
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NOGENT : LES VENDEURS DE VENT, LES USINES ÉOLIENNES ET LE... BRUIT !

  Les promesses n'engagent que celles et ceux qui les écoutent ! [i]
  Pour s’en convaincre, il suffit de consulter, sur le site de la préfecture, les nombreux arrêtés émis à l’encontre des entreprises exploitantes suite aux inspections réalisées par les agents de la DREAL.  Ces sanctions découlent du non-respect des obligations prévues dans l’autorisation initiale d’exploitation, qu’il s’agisse de la protection du Milan royal ou du respect des seuils de décibels autorisés, entre autres. En cas de persistance des non-conformités, ces sociétés s’exposent à des pénalités supplémentaires.
  Ce qui est préoccupant, c’est que chaque inspection semble systématiquement aboutir à un arrêté de mise en demeure, preuve que, lorsque l’État agit avec rigueur...
 
[i] Citation souvent attribuée à tort à MM. Chirac et Pasqua. L'auteur en est QUEUILLE Henri, I884-I970, homme d' État, Président du Conseil sous la IVe République. 

L' écornifleur du vent, Nogent et le bruit
 Dans le secteur de l’éolien, toutes les études liées à un projet sont commandées et financées, obligations légales, par le porteur du projet. Curieusement, leurs conclusions semblent toujours aller dans le même sens[i] :
  • Le projet est financièrement viable,
  • L'impact sonore est minime,
  • L'impact visuel est inexistant ou négligeable,
  • Le cadre de vie et la santé des riverains sont préservés,
  • La biodiversité et le patrimoine sont sauvegardés, etc.
  Dernier exemple en date, la parution du droit de réponse de l'écornifleur du vent de Nogent dans le jhmQuotidien, 2024/0I/24, lire ci-devant, où en résumé il nous dit «Ayez confiance en moi, citoyens ! Tout est sous contrôle et tout va bien se passer !... » Pour étayer ses dires, il ne cite qu'une seule référence... sa propre étude ! CQFD !
  Or, nous savons maintenant, lire ci-dessus, que la réalité est tout autre !
 
 jhmQuotidien 2024 0I 24

 
[i]. À notre connaissance, il n’existe pas d'études ayant conclue que le projet devait être retiré !...

Nogent, ses alentours et les arrêtés portant mise en demeure, APDM
Toutes les distances suivantes sont indiquées « à vol d'oiseau »

  Dans ce billet, notre attention se portera exclusivement sur les Arrêtés Préfectoraux de Mise en Demeure, APDM, liés au bruit; ils sont les plus nombreux avec ceux dénonçant les préjudices mortels infligés au Milan royal et autres chiroptères. Pour ces deux derniers, l'éolienne est le seul et unique prédateur !
  Pour rappel, la réglementation stipule :
 
 

 
 

La hauteur de l'éolienne s' entend " en bout de pale ".

I) Louvières, à 5 km à l'ouest
  L'usine de 5 éoliennes de Louvières/Poulangy, érigée en 2020, abrite des modèles mesurant I50 mètres en bout de pale, avec chaque pale atteignant une longueur de 110 mètres, et une puissance nominale installée [i] de 2,2 MW par éolienne. Ces éoliennes sont implantées à proximité des habitations, respectivement à :
  • I,200 km;
  • I,300 km;
  • I,600 km;
  • I,700 km.
  Depuis leur mise en activité, les riverains et les résidents de la ferme de la Genevroye endurent un bruit constant, surtout la nuit; et pourtant, la distance entre l'usine et les habitations est supérieure à celle annoncée dans le projet de Nogent, qui est de... 700 mètres ![ii] Un élément aggravant réside dans le fait que les éoliennes de Nogent auraient une hauteur de 207 m, avec une longueur de I63 m pour chaque pale. Comparativement, les turbines de Louvières, mesurant I50 mètres, seront plus petites qu'une seule pale de Nogent ! De plus, Chaque éolienne « nogentaise » afficherait une puissance nominale installée de... 5,7 MW ! Autrement dit, elle serait 2,6 fois plus puissante qu'à Louvières; pour clarifier l'ampleur du phénomène, c'est comme si on doublait le nombre d'éoliennes sur le site de Louvières, passant ainsi de 5 à... I0 !
 
[i.  " La puissance nominale d’une éolienne est l’énergie que peut produire cette éolienne par unité de temps dans des conditions optimales de fonctionnement. "
[ii]. Dans le détail : 
  • 500m : l’ Université de technologie de Troyes, UTT, et certains quartiers résidentiels;
  • I,2 km : lotissement nord de Nogent;
  • I,4 km : quartier de la gendarmerie;
  • 2.5 km au sud-est : commune d' Odival;
  • 4 km au nord : commune de Mandres-la-Côte.
 Ce tumulte découle du dépassement nocturne de la limite autorisée de décibels, atteignant 7,8 dBA au lieu de 3 dBA. De plus, la mise en place tardive d'un plan de bridage correctif a été constatée, comme le stipule l'arrêté préfectoral n° 52-2023-01-0044, daté du 9 janvier 2023





 Un an plus tard, des rumeurs persistent selon lesquelles les résidents des fermes continuent d'être affectés par le tumulte engendré par les éoliennes !...

II) Riaucourt – Darmannes, à I9 km au nord
  L'arrêté préfectoral 52-2021-12-00071 du I3 décembre 202I souligne que les mesures effectuées par l'opérateur lors de l'étude acoustique n'ont pas englobé les zones les plus sensibles et les plus exposées selon la rose des vents. La préfecture est d'avis que des mesures au droit des deux fermes, considérées comme des emplacements plus pertinents, auraient dû être prises. En conséquence, elle demande la réalisation de mesures acoustiques complémentaires au niveau de ces deux fermes. Il est spécifié que ces nouvelles mesures doivent être transmises au plus tard le Ier octobre 2026, soit... 5 ans plus tard ![i] Une période de cinq ans peut sembler interminable lorsque l'on endure des souffrances quotidiennes !



[i]. La nouvelle campagne de mesures sera sous la responsabilité de la société exploitante; au-delà du délai imparti, combien d'années encore pour apporter les corrections souhaitées ? Une chose est sûre : la préfecture, entre temps, aura changé maintes fois de locataires : 2 ?, 3 ?...
 
III) Essey-les-Ponts, 35 km à l'ouest
  Les habitants d' Essey-les-Ponts expriment leur mécontentement en raison du bruit et des effets stroboscopiques depuis la mise en service du de l'usine éolienne, et la presse locale a régulièrement relayé ces plaintes. L'éolienne la plus proche se trouve à 750 mètres du village. Vous pouvez consulter l'arrêté préfectoral 52-2021-10-00157 du 27 octobre 202I.
  L'étude acoustique réalisée en juin 2020 a mis en évidence des non-conformités nocturnes, même après la mise en place du bridage acoustique. Une nouvelle étude a été soumise par la société en septembre 2020, affirmant la conformité. Cependant, le service des inspections classées de la préfecture a relevé dans cette nouvelle étude " des erreurs de calcul amenant légitimement à douter sur le retour à la conformité des émissions sonores du site." Il demande donc qu'une nouvelle étude soit effectuée par un autre prestataire !
  Cependant, voici l'une des principales préoccupations : qui réalise ces études ? Il est préoccupant de constater que les études sont réalisées par des sociétés qui ont généralement des liens étroits avec les industriels éoliens et dont une partie significative de leurs revenus provient de ces collaborations. Cette proximité soulève des questions légitimes sur l'indépendance et l'objectivité de ces prestataires dans leurs évaluations.
  Le fait que ces sociétés soient habituées à travailler avec les acteurs de l'industrie éolienne pose un défi en termes de garantie de transparence et de neutralité. La confiance du public dans les résultats des études peut être compromise, en particulier lorsque des erreurs, toujours à l'avantage de celui qui paie, ou des doutes sont soulevés par le service des inspections classées de la préfecture ou par des contrôles indépendants, comme dans le cas de l'étude de septembre 2020 mentionnée précédemment ou, comme dans le cas de l'usine de I4 éoliennes, « Haut de Conge I, 2 & 3 », sur les communes de Poinson-lès-Nogent, Vitry-lès-Nogent et Dampierre, construit en 20I0; la DREAL a éprouvé des difficultés à obtenir les mesures nécessaires. Finalement, ce n'est qu'après qu'une plainte a été déposée en 20I6 que ces mesures ont été réalisées. Cependant, le problème persiste, car les mesures ont été effectuées par l'opérateur lui-même et non par une tierce partie indépendante.
  Cette situation souligne la nécessité d'évaluer de manière critique les processus d'évaluation et de contrôle en place pour assurer une objectivité et une intégrité suffisantes dans les études liées aux usines éoliennes. Il est important d'exiger des garanties d'indépendance et de transparence pour maintenir la crédibilité de ces évaluations, en particulier lorsqu'elles touchent la santé et le bien-être des communautés locales.
 
  Avec un coup de main de VUE Blandine. Merci.
 
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FAYL-BILLOT, PIERREMONT-SUR-AMANCE ET PRESSIGNY : NOUVELLE ENQUÊTE PUBLIQUE POUR L' USINE ÉOLIENNE

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