QUEENSLAND : LA FILIÈRE ÉOLIENNE SE MEURE-T-ELLE SOUS LES COUPS PORTÉS PAR LES POLITIQUES ?

   " Aux États-Unis, le secteur de l'éolien en mer ressemble à un bain de sang, avec des dizaines de grands projets abandonnés. Les investisseurs se sont retirés pour ne plus jamais revenir.
  En Australie, des dizaines de projets terrestres, qui étaient dans " les tuyaux
" depuis des années, sont discrètement abandonnés. D'autres sont mis à mort au vu et au su de tous.
  Une exécution récente et très publique a eu lieu à Chalumbin[i],où Ark Energy avait prévu d'effacer des milliers d'hectares de forêt vierge pour faire place à des dizaines d'installations d'éoliennes, dans les montagnes de l'extrême nord du Queensland. Mais après la publicité négative qui a entouré la destruction de l'environnement lors de la construction de dizaines de ces engins à Kaban[ii], une localité voisine, la ministre fédérale de l'environnement, Tanya Plibersek, s'est montrée réticente à l'idée de réitérer l'expérience. Elle a évoqué la " mauvaise image " qui accompagne le saccage des forêts et l'extermination des créatures, petites et grandes.
  Avant que la ministre ne puisse donner un coup de hache, la société coréenne Ark Energy a pratiqué le noble art du seppuku[iii] et a retiré le projet. 
 Comme le souligne Nick Cater ci-dessous, Chalumbin n'est ni la première ni la dernière usine éolienne à rejoindre l'apocalypse zombie. "
 
 https://www.outbackqueensland.com.au/wp-content/uploads/2023/01/2017-Queensland-Drive-Map-720x1024.png

[i]. Chalumbin Wind Farm Pty Ltd, une filiale d' Epuron Projects PTY LTD, détenue par la Korean Zinc, prévoyait de construire une usine éolienne de 86 machines, d'une hauteur de 250 m de haut. Historique : le 8 décembre 202I, l'écornifleur du vent indiquait qu'il réduisait le nombre total d'éoliennes, — de 95 à 94, — et le nombre d'hectares concernés : de ~I 250 à ~I I28. En novembre 2022, un jour avant la publication du rapport sur l'environnement public, le nombre total d'éoliennes a été ramené à 86, et le nombre d'hectares à ~I 071 hectares. Source.
[ii]. Commune rurale, I0I habitants; elle tire son nom de l'ancienne gare ferroviaire; il s'agit d'un mot aborigène qui signifie " lieu du planeur de sucre "
[iii]. Hara-kiri ou Harakiri.
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Les zombies sèment la terreur au pays des rêves de l'énergie renouvelable

 Jeudi dernier, le parlement du Queensland a adopté une loi engageant l'État à réduire ses émissions de carbone de 75 % d'ici à 2035. Les débats ont repris à 11 h 44 et le projet de loi sur l'énergie, transformation des énergies renouvelables et emplois, a été adopté à temps pour le déjeuner. Les applaudissements fusent de toutes parts.
  À I6 h 32 vendredi, Ark Energy a annoncé qu'elle retirait sa demande d'installation de 42 éoliennes à Chalumbin, dans l'extrême nord du Queensland, après avoir appris que le ministère fédéral du changement climatique et de l'énergie s'apprêtait à la rejeter.
  Les maigres chances que le Queensland puisse atteindre son objectif législatif en matière d'émissions grâce aux énergies renouvelables sont désormais trop faibles pour être visibles au microscope..,
  Pour l'industrie éolienne, le rejet de Chalumbin par la ministre de l'environnement, Tanya Plibersek, est son moment " Franklin Dam ".1 Cela concernait un examen de la détermination du gouvernement fédéral à peser le coût environnemental de l'implantation d'usines éoliennes contre les bénéfices présumés d'une électricité pauvre en carbone.
  En juillet dernier, lorsque j'ai attiré l'attention nationale sur la projet situé Chalumbin dans The Australian, j'ai commencé ma chronique en notant qu'elle détruirait I 000 des 8 000 hectares restants de forêt sclérophylle humide, la zone tampon entre les forêts tropicales et les plaines ouvertes au sud.
  Neuf mois plus tard, la ministre est parvenue à la même conclusion, déclarant au Guardian ce week-end que la forêt " constitue un habitat vital pour de nombreux oiseaux, plantes et animaux, dont le renard volant à lunettes et le grand planeur du Nord ".
 Sa décision montre à quel point la fortune de l'industrie éolienne a sombré depuis juin 2022, date à laquelle le gouvernement du Queensland avait approuvé la proposition de Chalumbin, dans le cadre de la procédure d'évaluation de l'impact sur l'environnement. Elle s'applique à tout ce qui porte le mot " renouvelable ".2
  Les bulldozers détruisaient des centaines d'hectares de forêt indigène résiduelle, le projet prévoit au total  ~ I I32 hectares, à Kaban, non loin de là, faisant sauter 330 000 tonnes de roches et de terre des flancs des collines pour construire des routes d'accès, le projet estime à I46 km de voies d'accès avec traversées par le cours d'eau, et des aires d'implantation d'éoliennes, plus grandes que des terrains de football.
  Tout cela s'est déroulé sans que les groupes de défense de l'environnement ne bronchent3, chacun d'entre eux semblant avoir avalé le Kool-Aid4 des énergies renouvelables et, dans certains cas, l'argent qu'il contenait.
  Le ministre de l'énergie, Chris Bowen, s'est fixé pour objectif d'installer une éolienne géante de 7 MW toutes les I8 heures jusqu'en 2030. Il s'est vanté du nombre de projets en cours d'élaboration, laissant entendre qu'ils n'étaient plus qu'à une courte distance de l'approbation.
  Aujourd'hui, l'industrie des énergies renouvelables a un nom pour les projets qui disparaissent : les projets zombies. L'année dernière a été la pire année pour le financement des projets d'énergie renouvelable, depuis 20I6, et la pire pour l'éolien depuis 20I5. La dernière édition de la Green Energy and Investment Markets Review, une étude annuelle sur les marchés de l'énergie verte et de l'investissement, indique que la fenêtre se referme rapidement sur l'objectif 2030 du gouvernement.
  En supposant une moyenne de deux ans pour la construction, 8 GW de nouveaux projets doivent recevoir une approbation financière, chaque année, entre 2024 et 2027. C'est presque cinq fois plus que le montant approuvé en 2023.
  Bowen pouvait difficilement éviter que le projet Chalumbin de 400 MW tombe dans la zone zombie, d'autant plus qu'il était soutenu par Korean Zinc, une société bien financée désireuse d'obtenir une part de marché dans le domaine des énergies renouvelables, en Australie.
  Chalumbin signale aux spéculateurs sur les énergies renouvelables que l'époque de Dirty Harry5 est révolue. Les coûts environnementaux de l'éolien, du solaire, de l'hydroélectricité et de la transmission ne seront plus négligés en raison de la noblesse supposée de leur objectif.
  Maintenant que Mme Plibersek a rejeté Chalumbin, on ne voit pas comment elle pourrait approuver le projet Upper Burdekin6, dans une zone tout aussi sensible située à 4,8 km de la limite de la zone classée au patrimoine mondial des Tropiques humides, dans le nord du pays. Il y a un an, le géant mondial de la technologie Apple a bien compris le message qui lui était adressé, lorsqu'il s'est retiré d'un accord d'achat d'électricité provenant de l'usine en projet. Andrew Forrest, dont la société WindLab est à l'origine du projet, pourrait bien jeter l'éponge aujourd'hui.
  Les chances de succès du projet Mt Fox7, un projet d'éoliennes de 350 MW situé dans une forêt montagneuse en bordure du parc national tropical humide de Girringun, à 50 km au sud-ouest d' Ingham, s'amenuisent rapidement. À partir de là, la règle doit être appliquée à travers des propositions en cascade longeant la Great Dividing Range jusqu'aux Darling Downs. Peu d'entre elles, voire aucune, seront situées dans des environnements déjà dégradés, car les promoteurs recherchent des lignes de crête qui ne sont pas rentables et, dans de nombreux cas, impossibles à cultiver. La ligne de bush restante a fourni un sanctuaire à suffisamment de créatures vulnérables et menacées pour remplir l'arche de Noé.
  Le précédent de Chalumbin soumet chaque proposition à des compromis potentiels. Combien d'hectares d'habitat de koalas détruits au bulldozer sont trop nombreux ? Quelles espèces sont si peu aimables, petites ou insignifiantes que nous sommes prêts à les sacrifier pour sauver la planète ? Si les mêmes règles que celles qui s'appliquent à l'exploitation minière étaient appliquées à l'éolien, au solaire et à l'hydroélectricité par pompage, il n'y aurait plus rien à faire.
  Mme Plibersek n'ignore pas que sa décision a pour effet de dompter l'appétit féroce des spéculateurs pour les énergies renouvelables. Samedi, elle a publié un communiqué de presse annonçant qu'elle avait approuvé l'installation de 63 éoliennes sur le site bien nommé de Mt Hopeful8, dans le centre du Queensland. " J'ai maintenant coché 46 projets d'énergie renouvelable [...] et nous avons un nombre record de I30 projets d'énergie renouvelable en cours d'approbation ".
  Cependant, la décision du ministre ne met pas Mt Hopeful à l'abri de la zombification. En effet, Neoen découvre que les coûts explosent à chaque fois qu'il essaye de faire coïncider le fonctionnement d'un projet sur une feuille de calcul et à celui d'un projet dans la " vraie " vie.
  Même le mouvement écologiste se rend compte que les éoliennes ne sont peut-être pas la réponse à leurs prières. Bob Brown, le père du mouvement vert, a mené la campagne pour empêcher les éoliennes de dévorer les oiseaux dans son État d'origine, la Tasmanie. Dans l'État de Victoria, des groupes de protection des zones humides se sont opposés au projet de terminal pour la construction d'éoliennes en mer dans le port de Hastings, que M. Plibersek a bloqué en janvier.
  La décision de Chalumbin a fait sortir les défenseurs de l'environnement du Queensland du bois pour faire croire qu'ils s'étaient opposés à la proposition depuis le début. Il y a un an, tout ce que le Queensland Conservation Council était prêt à dire publiquement était que la question était " compliquée ". Vendredi, le Conseil a déclaré que la décision de Chalumbin était " bienvenue " :
  " Aujourd'hui, notre communauté pousse un soupir de soulagement, car ces importantes parcelles de nature restent intactes ", a déclaré Lucy Graham, directrice du Centre de l'environnement de Cairns et du Grand Nord.
  Il est trop tôt pour déclarer que l'apogée des énergies renouvelables a été atteinte, mais, il est indéniable que ce moment est plus proche dans le Queensland qu'ailleurs, où l'on s'attend à une victoire du Parti libéral national du Queensland, LNP, lors des élections d'octobre. Toutefois, la décision du leader du LNP, David Crisafulli, de ne pas s'opposer à l'objectif fixé par le Queensland Labor Party dans la loi soulève une question intrigante.
  Puisque le LNP s'est engagé à revenir sur les excès des travaillistes en matière d'énergies renouvelables, Crisafulli pourrait-il être le premier dirigeant de la coalition à chercher à obtenir un mandat électoral pour lever l'interdiction du nucléaire ?

Le ministre tient à éviter ce genre de " mauvaise image ".
 
1. Au cœur de la Tasmanie sauvage, le projet de barrage Gordon-below-Franklin, aussi connu sous le nom de barrage Franklin, promettait une source d'énergie hydroélectrique abondante. Mais derrière cette promesse de progrès se cachait un danger imminent : la submersion de vastes étendues sauvages et la destruction de sites culturels ancestraux pour les peuples autochtones. Le mouvement qui a conduit à l'annulation du projet est devenu l'une des campagnes environnementales les plus importantes de l'histoire australienne.
2. Ce rejet ne signifie pas pour autant la fin du processus. Les mensonges, les tromperies et les bidouillages des écornifleurs du vent dans les documents signés soumis au gouvernement fédéral, exigent des comptes. Nous continuerons à poursuivre les personnes impliquées. Pour l'instant, nous prenons congé et nous digérons ce revirement étonnant après une lutte monumentale qui a duré deux ans et demi. Source.
3. Queensland Conservation Council : principale voix indépendante pour l'environnement dans le Queensland. Nous sommes le cœur de pointe du mouvement environnemental du Queensland, représentant plus de 50 groupes d'environnement communautaire à travers l'État. Avec l'aide de nos partisans, nous travaillons à la protection, à la conservation et au maintien de l'environnement du Queensland depuis I969. Notre vision est pour un Queensland dans lequel la nature prospère, la faune est protégée, nos industries ne coûtent pas la terre, et nos communautés sont en équilibre avec la santé de l'écosystème. Source.  
4. Allusion à la marque d'un mélange de boissons artificiellement aromatisées appartenant à la société Kraft Heinz.
5. Surnom donné à l'inspecteur Harry Callahan, joué par EASTWWOOD Clint, dans le film L'Inspecteur Harry, Dirty Harry, produit et réalisé par Don Siegel, I97I.
6. Le parc éolien de Upper Burdekin proposé serait situé à environ I50 kilomètres à l'est de Greenvale et à 70 kilomètres à l'intérieur des terres d' Ingham, dans le nord du Queensland. Le projet comprendrait jusqu'à I36 éoliennes. Source.   
7. Une initiative en deux étapes destinée à produire plus de 290 MW d'énergie éolienne, renforcée par un système de stockage d'énergie de la batterie de 300 MW/600 MW : BESS. Le projet se déroule en deux phases distinctes. La première phase comprend la construction du BESS, qui devrait commencer à fonctionner en 2026, suivie de la deuxième étape, le parc éolien, dont le lancement est prévu en 2027. Nous n'avons pas encore finalisé l'agencement du projet, mais les modèles préliminaires estiment les turbines à 47 sur une empreinte de perturbation temporaire allant jusqu'à 242 Hectares. Source. 

VOITURE ÉLECTRIQUE : UN INVESTISSEMENT RÉELLEMENT AVANTAGEUX POUR LE CONSOMMATEUR, MAIS POUR LE CONTRIBUABLE ?

    Le soutien de l'État au développement de la voiture électrique française et européenne soulève des questions sur son impact réel sur le contribuable français. En effet, cette politique entraînera une double ponction financière, à la fois par le biais de subventions et de prix plus élevés.
   D'une part, les subventions accordées aux acheteurs proviennent directement des impôts des contribuables. Ces subventions, bien que destinées à stimuler l'innovation et la création d'emplois en France et dans l'Union européenne, représentent un coût important pour les finances publiques.
  D'autre part, l'absence de concurrence imposée avec l'interdiction pour la voiture chinoise de bénéficier des aides ad hoc, pourrait mécaniquement faire flamber les prix pour les consommateurs français. En effet, dans ces conditions, les constructeurs français et européens pourraient être moins incités à proposer des prix compétitifs.
  Si les politiques européennes et françaises avaient été différentes, le consommateur français aurait pu profiter des prix abordables des voitures électriques chinoises, subventionnées par le contribuable chinois, tout en préservant les finances publiques. En effet, les subventions chinoises auraient permis de réduire le coût d'achat pour les consommateurs français, tandis que l'absence de subventions françaises aurait évité une ponction supplémentaire sur les contribuables. Sauf que, les voitures chinoises ne sont pas les bienvenues !... 
  Sans parler de la perte de recettes fiscales, on parle en milliards, avec la fin des énergies fossiles dans l'automobile.
   Préparons-nous à payer !

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La voiture électrique fait perdre des milliards à la France : les français devront payer la note

    

  La France s’engage pleinement dans l’électrification de son parc automobile. Cependant, cette mutation soulève des questions financières majeures, notamment concernant les recettes fiscales générées par les taxes sur les carburants. Une récente étude de la direction générale du Trésor met en lumière les enjeux économiques liés à cette transition vers la neutralité carbone, y compris l’impact sur les finances de l’État, dont les résultats pourraient se répercuter sur le contribuable.
 
La baisse des recettes fiscales, une conséquence inévitable
  La montée en puissance des voitures électriques sur les routes françaises marque un tournant pour l’environnement, mais aussi pour les caisses de l’État. Traditionnellement, la consommation de carburants fossiles représente une source substantielle de revenus pour le gouvernement, grâce aux taxes imposées sur ces produits énergétiques. Or, avec l’électricité taxée bien moins lourdement que les énergies fossiles, le passage à l’électrique annonce un futur où les recettes fiscales pourraient s’amenuiser considérablement. En 20I9, la taxe sur les produits pétroliers, TICPE, affichait un tarif net moyen de 52 €/MWh, contre seulement 22 € pour l’équivalent de la taxe sur l’électricité : TICFE.
  L’accélération des ventes de voitures électriques, qui représentent près de 20% du marché début 2024, et leur part croissante dans le parc automobile annoncent une réduction notable de la consommation de carburants fossiles.
 
 
Des projections financières alarmantes
  Le rapport de la direction générale du Trésor révèle des chiffres qui donnent matière à réflexion. D’ici 2030, alors que les véhicules électriques devraient constituer un tiers du parc roulant, les pertes de recettes fiscales pourraient s’élever à I3 milliards d’euros, par rapport aux niveaux de 20I9, si la fiscalité reste inchangée. Cette perte est détaillée en une diminution de I4 milliards d’euros pour les carburants fossiles, tempérée par un gain d’un milliard d’euros lié à l’augmentation des recharges électriques.
  À l’horizon 2050, avec un parc automobile potentiellement I00% électrique, l’État pourrait voir disparaître jusqu’à 33 milliards d’euros de recettes sur les produits fossiles, malgré une légère augmentation des revenus liés à l’électricité, estimée à 3 milliards d’euros.
 
Le cas norvégien, un exemple précurseur
  La Norvège, souvent citée comme un modèle en matière d’électrification des transports, illustre déjà cette tendance avec un parc automobile comprenant près de 30% de véhicules électriques et une part de marché de plus de 80% sur les ventes neuves.
  Les recettes fiscales issues du secteur des transports ont commencé à décroître, signe précurseur de ce qui attend d’autres pays engagés dans cette transition.
 
Vers une adaptation de la politique fiscale ?
  Face à ces changements, l’État français devra trouver des solutions pour compenser la baisse des recettes fiscales. Dans un premier temps, encourager l’achat de véhicules électriques reste primordial, ce qui rend difficile l’idée de les taxer davantage. Néanmoins, à moyen terme, des ajustements seront nécessaires : la suppression progressive des aides à l’achat pourrait être envisagée comme une première mesure.
  La recherche de nouvelles sources de recettes, soit par l’augmentation des taxes sur l’électricité, soit par l’introduction de nouvelles formes de contributions comme une vignette, sera inévitable.
 
 
   Ce paysage en mutation illustre les défis complexes auxquels sont confrontés les décideurs politiques : soutenir l’innovation et la transition écologique tout en maintenant l’équilibre budgétaire. La voie vers la neutralité carbone est semée d’embûches financières, mais elle ouvre également la porte à des réformes fiscales innovantes et durables. Dans ce contexte, la transition vers les voitures électriques devient un catalyseur de changement, non seulement pour notre environnement mais aussi pour notre société et son économie.
 



SAINT-BLIN & SEMILLY : LA MISSION RÉGIONALE D' AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE DONNE UN AVIS DÉFAVORABLE AU PROJET DE L' USINE ÉOLIENNE

 Avant de plonger dans l'avis détaillé de la Mission Régionale d'Autorité environnementale (I), MRAe, prenons un moment pour découvrir les deux communes voisines (2) et leur environnement.
 
I. La Mission Régionale d'Autorité environnementale, MRAe, ne représente qu'une voix parmi d'autres dans le cadre de la procédure ICPE : Installations Classées pour la Protection de l'Environnement. Malheureusement, il est bien trop rare que son avis soit réellement considéré dans la décision finale prise par la préfecture, qui consiste à autoriser ou non l'exploitation d'une usine éolienne.
2. En I972, eut lieu la fusion des communes de Semilly et de Saint-Blin, qui deviendra Saint-Blin-Semilly. En I997, elle est dénoncée et les deux communes constituantes ont été rétablies.
 
I) Saint-Blin
   La commune se trouve à environ 32 km, au nord-est de Chaumont, par la route. Elle fait partie de la Communauté de communes de Meuse-Rognon. Sa population s'élève à 340 Saint-Blinoises et Saint-Blinois, 202I, en baisse.
 
 https://www.meuserognon.fr/wp-content/uploads/2024/04/stblin-site.jpg
 Saint-Blin, vue du ciel. Source

Saint-Blin
 L'église. 20I5. Photo : GFreihalter.

II) Semilly
  Cette commune fait partie de la Communauté de communes Meuse-Rognon; elle abrite I05 Sémiliennnes et les Sémiliens. : 202I. Elle se situe, par la route à 4 km, au sud-est, de Saint-Blin, à 35 km, au nord-est, de Chaumont et, à 22km de Neufchâteau, Vosges.
 

Semilly, vue du ciel. Source.
 
  Entourée de vastes étendues agricoles, Saint-Blin et Semilly dévoilent un paysage singulier qui rappelle davantage les plaines céréalières de la Beauce que les vallons verdoyants typiques de la Haute-Marne. Ce paysage, où dominent les exploitants agricoles, est formidablement propice à l'implantation d'usines éoliennes !...
 

 Source.
 
 III) État des lieux éolien
   Ce nouveau projet d'implantation d'une usine de 9 éoliennes ne devrait pas nous étonner outre mesure, car les deux communes concernées sont déjà situées au cœur d'une région riche en éoliennes. Cependant, jusqu'à présent, les nombreuses installations éoliennes existantes sont, en moyenne, situées à environ 10 km à vol d'oiseau. Par conséquent, la réalisation de ce projet dans une « zone vierge » d'éoliennes encouragera probablement d'autres initiatives similaires à proximité. Comme le dit le proverbe : « Quand on aime, on ne compte pas. »



Source.

IV) L'avis de la  Mission Régionale d'Autorité environnementale, MRAe
A) Synthèse
  « Le projet est constitué de 9 éoliennes de I50 mètres de hauteur en bout de pale et de 2 postes de livraison. »
« L’ Ae a principalement identifié les enjeux relatifs à la biodiversité, au paysage et aux nuisances sonores. Elle rend un avis ciblé sur ces 3 enjeux majeurs du projet.
  Concernant la biodiversité, plus particulièrement les oiseaux, les éoliennes et le périmètre d’étude sont entourés par des couloirs de migration principaux et secondaires au sens du Schéma régional de l’éolien de Champagne-Ardenne. La zone d’implantation intersecte la Zone de Protection Spéciale du Bassigny, site Natura 2000, présentant un intérêt ornithologique sur ses parties est et sud. Des corridors de trames ouvertes et boisées traversent aussi le site. La sensibilité du Milan royal et de la Cigogne noire est jugée importante dans la zone d’implantation du projet due à leur nidification dans la zone.
  De plus, alors que la Société française pour l’étude et la protection des mammifères, SFEPM, recommande de proscrire l’installation des modèles d’éoliennes dont la garde au sol est inférieure à 30 m pour les éoliennes dont le diamètre du rotor est inférieur à 90 m, et 50 m lorsque le diamètre du rotor est supérieur à 90 m, l’ Ae constate que le choix du modèle d’éolienne retenu dispose d’une garde au sol de 40 m pour un diamètre du rotor de 110 m. L’ Ae rappelle que cette caractéristique est de nature à majorer l’impact des éoliennes sur la faune volante, notamment les chauves-souris mais également les oiseaux. Par ailleurs, le projet s’inscrit dans un paysage chargé en éoliennes avec 79 machines présentes, autorisées ou en projet dans un rayon de 20 km. Toutefois aucune éolienne n’est actuellement en service ou autorisée dans un rayon d’environ I0 km autour de la ZIP. Le parc éolien de Saint-Blin et Semilly est donc le premier parc à affecter le paysage dans cette zone. De plus, les éoliennes E7, E8 et E9 créent une pollution visuelle de la perspective sur l’église Saint-Martin de Semilly et son clocher. Des dépassements d’émergences sonores réglementaires sont constatés la nuit, aussi un plan de bridage est prévu pour respecter les limites réglementaires.
 La recherche de sites alternatifs pour le projet a été restreinte à 3 variantes sur le même site. L’ Ae estime donc que la recherche de solutions de substitution raisonnables inscrite dans le code de l’environnement, article R.122-5 II 7° du code de l’environnement, n’a été effectuée que partiellement. L’ Ae s’est ainsi interrogée sur le choix de la solution de moindre impact environnemental compte tenu des enjeux environnementaux forts à protéger.
  L’ Ae recommande à la Préfète de la Haute-Marne de ne pas autoriser le projet tant que le pétitionnaire n’aura pas reconsidéré sa localisation et présenté un dossier avec une évaluation complète de son impact et des mesures appropriées d’évitement, de réduction et de compensation.
  Dans le cadre d’un nouveau dossier avec une autre localisation, l’ Ae recommande principalement au pétitionnaire de :
  • proposer une variante du projet de moindre impact environnemental, hors zones protégées;
  • présenter un plan de bridage tenant compte de l’ensemble des espèces à protéger;
  • procéder à une demande de dérogation aux interdictions inhérentes à la réglementation « espèces protégées »;
  • choisir un modèle d’éolienne qui respecte une hauteur de garde au sol de 50 m minimum si le diamètre du rotor choisi est supérieur à 90 m, ou choisir un modèle d’éolienne ayant un rotor de 90 m maximum pour la garde au sol choisie de 40 m;
  • proposer une variante évitant le phénomène d’écrasement du paysage et de pollution visuelle des monuments historiques;
  • présenter des diagrammes de saturation à 360 degrés pour chaque point de vue retenu dans l’étude paysagère. »

B – AVIS DÉTAILLÉ
I. Projet et environnement

  
« Le projet, d’une puissance maximale de I9,8 MW, »
  « Le poste source disponible le plus proche du projet éolien de Saint-Blin et Semilly est le poste de Vesaignes-sous-Lafauche, prévu dans le cadre de la révision de Schéma régional de raccordement au réseau des énergies renouvelables, S3REnR, Grand Est, dont le raccordement hypothétique serait d’environ 3,8 km : itinéraire le plus court par les routes et chemins existants.»
  « La zone d’implantation potentielle du projet, ZIP, Zone d’implantation potentielle, est située à proximité immédiate des habitations localisées sur la commune de Vesaignes-sous-Lafauche : 9I7 m.
  L’ Ae note que le présent projet est situé dans un secteur éloigné déjà équipé en éoliennes. Ainsi, dans un rayon de 20 km autour du projet, on recense I5 parcs éoliens dont 6 sont en exploitation, 4 sont accordés et 5 sont en projet, soit un total de 79 éoliennes. Toutefois aucune éolienne n’est actuellement en service ou autorisée dans un rayon d’environ I0 km autour de la ZIP.
  L’ Ae constate dès lors un mitage éolien qui vient créer une nouvelle zone d’implantation dans un secteur actuellement dépourvu.
»
  « D’après le pétitionnaire, le Schéma régional de l’Éolien, SRE, Champagne-Ardenne indique que le projet est situé en zone favorable au développement de l’éolien. Toutefois, l’ Ae souligne que le SRE mentionne aussi une obligation de portée générale d’éviter les couloirs de migration des oiseaux, en prévoyant que des zones d’évitement soient réservées à cet effet. De plus, la question de la préservation des paysages y est également mentionnée en tant que principe général. Ainsi, l’ Ae ne partage pas l’affirmation du pétitionnaire consistant à considérer que la zone d’implantation du projet est favorable à l’éolien d’après le SRE Champagne-Ardenne de 20I2.
  L’ Ae souligne par ailleurs que ce schéma datant de 20I2 est désormais ancien, et n’a pas été mis à jour alors que de nombreux projets éoliens se sont développés depuis et sont venus restreindre les espaces de passage pour les oiseaux, modifier les couloirs de migration ainsi que saturer les paysages comme le précisent les recommandations formulées dans les remarques liminaires du présent avis, afin de procéder à une mise à jour de ce schéma.
  L’ Ae souligne enfin que la Zone d’Implantation du Projet n’est pas située dans une zone favorable au développement de l’éolien d’après le récent schéma régional des zones favorables au développement de l’éolien en Grand Est, établi par la préfète de région en 2023.
"
" De nombreux sites Natura 2000 et zones d’inventaires sont recensés au sein de l’aire d’étude éloignée :
  • I3 sites Natura 2000 dont 11 zones spéciales de conservation, ZSC, et 2 zones de protection spéciale : ZPS;
  • 67 ZNIEFF de types I et II; une ZNIEFF est un espace naturel inventorié en raison de son caractère remarquable;
  • 2 Arrêtés préfectoraux de protection de biotope : APPB;
  • 7 sites du Conservatoire d’Espaces Naturels : CEN;
  • I Zone importante pour la conservation des oiseaux : ZICO. »
  « La sensibilité du Milan royal et de la Cigogne noire est jugée importante dans la zone d’implantation du projet due à leur nidification dans la zone. 
   Le parc éolien de Saint-Blin et Semilly ne s’implante pas au sein d’un couloir de migration, mais deux couloirs secondaire et principal sont présents au nord et au sud du projet. La position sensible de la zone du projet vis-à-vis de ces couloirs de migration augmente les potentialités de survol du secteur par les oiseaux migrateurs. De plus, du fait de la proximité du projet avec ces couloirs de migration ainsi que l’augmentation du nombre de parcs dans l’aire d’étude éloignée et en particulier à l’ouest du projet, l’ Ae s’interroge sur le risque de recomposition des couloirs de migration liée à la densification des parcs aux alentours de la ZIP du projet. »
  « Aucune étude concernant les parcs éoliens voisins n’a été réalisée : parc éolien de la Grande-Combe situé à 7,5 km de la ZIP. »
  « L’ Ae alerte en conséquence les services de l’État sur la nécessité de disposer de ces connaissances dans tous les dossiers de demande d’autorisation de nouveaux parcs ou de modification/extension de parcs existants. »
  « Le projet s’implante dans la plaine de Latrecey à Prez-sous-Lafauche, en contrebas de la côte de Meuse, relief très prononcé qui marque le paysage. Présentant un dénivelé d’une centaine de mètres par rapport à la plaine, cette côte et son alignement de buttes témoins au sommet boisé est aujourd’hui un repère très fort du paysage local et compose un horizon permanent remarquable. »
  « Cette configuration est visible par exemple depuis la RD674, la sortie sud de Vesaignes-sous-Lafauche et la RDI6 : Figure 5 ci-dessous.
  L’ Ae relève que la proximité des bouquets ne permet pas d’avoir un espace de respiration suffisant. Lorsque le regard se porte sur le bouquet central, le champ de vision capte aussi les bouquets périphériques. »

  « L’église Saint-Martin de Semilly est inscrite en tant que monument historique. Distante d’à peine I km de la première éolienne, son clocher est concurrencé par le projet, et notamment les éoliennes E7, E8 et E9.
  Cette disposition des éoliennes proposée par le pétitionnaire crée une pollution visuelle de la perspective sur l’église Saint-Martin de Semilly et son clocher.»
« Le projet du parc éolien de Saint-Blin et Semilly est situé à 9I7 m des habitations les plus proches.
  Les analyses des mesures sonores ont montré la nécessité de limiter son impact acoustique à sa mise en service par la mise en place d’un bridage visant à limiter le bruit en période nocturne.
  Des dépassements d’émergences réglementaires sont constatés en période nocturne, 22 h à 7 h, pour toutes les directions du vent, entre 7 et 8 m/s. Un bridage " de confort
" selon le pétitionnaire est proposé et permettra de respecter les limites réglementaires.
  Des dépassements étant constatés, l’ Ae ne peut cautionner le terme de « confort » . »

Conseils municipaux 2020-2026
 
Saint-Blin
  • GUY Bernard, maire, anciens cadres 
  • MOUGIN Thierry, Ier adjoint, contremaîtres, agents de maitrise
  • RENAUT-EVROT Lucie, 2e adjointe, cadres de la fonction publique
  • HENRIOT Brigitte, techniciens
  • RACLOT Claire, agriculteurs sur moyenne exploitation
  • ARMAND Didier, ouvriers qualifiés de type industriel
  • LAPREVOTTE Annie , anciennes professions intermédiaires
  • NOBLOT Marie-Antoinette , anciens employés
  • ROYER Francine, professeurs des écoles, instituteurs et assimilés
  • Gilbert THOMAS, anciens ouvriers
  • Jérémie THOMAS, techniciens
  En gras, les réélus en 2020
 
  - Inscrits : 252 / 266 en 20I4
  - Abstentions : I05 / 79
  - Votants : I47 / I87
  - Blancs ou nuls : 3 / 5
  - Exprimés : I44 /  I82
  Source

Semilly
  • ROGI Christophe, maire, commerçants et assimilés
  • HENRIOT Annie, Ier adjointe, anciens artisans, commerçants, chefs d'entreprise
  • HINCELIN Jean-Pol, 2e adjoint, anciens ouvriers 
  • BLANCHON Pierre, anciens ouvriers
  • COLLÉE Stéphane, ouvriers qualifiés de type industriel
  • MOUGEOT Valérie, artisans
  • COPIN DE NAYVILLE Robert, anciens employés
  • ROBERT Yannick, professions intermédiaires administratives de la fonction publique
  • ROMANO Julien, ouvriers qualifiés de type industriel
  • SCHWINDEN Pascal, employés civils et agents de service de la fonction publique
  • WAGNER Lionel, employés civils et agents de service de la fonction publique
  En gras, les réélus en 2020
 
  - Inscrits : I03 / I0I en 20I4
  - Abstentions : 37 /  6
  - Votants : 66 / 95
  - Blancs ou nuls : 0 / I
  - Exprimés : 66 / 94
  Source.

  À suivre...
 
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