PERCEY-LE-GRAND : LE CHANTIER DE L' USINE ÉOLIENNE DÉBUTERA À LA FIN DE L'ÉTÉ

 Après près de dix années de mobilisation et de recours, le projet d’implantation d’une usine de 10 éoliennes, d’une hauteur inédite dans le secteur — 207 mètres en bout de pale1, un record pour la Haute-Saône, la Côte-d’Or et la Haute-Marne — devrait entrer en phase de chantier dès le mois de septembre, selon le promoteur du projet.
  Il s’agit d’une nouvelle installation industrielle qui viendra s’ajouter à un territoire déjà fortement impacté par le développement éolien, à cheval sur la Côte-d’Or et la Haute-Saône. Comme l’illustre la carte ci-dessous, cette zone compte déjà de nombreuses implantations, et ce recensement est malheureusement loin d’être exhaustif. 
 
1À ce jour, l'usine éolienne du « Haut Vannier », en Haute-Marne, constitue la référence en matière de hauteur dans le secteur. Ses 17 éoliennes, implantées sur les communes de Fayl-Billot, Pierremont-sur-Amance et Pressigny, atteignent 183 mètres en bout de pale. Situées à environ 25 kilomètres à vol d’oiseau du projet, elles dominent déjà largement le paysage environnant.
  Le nouveau projet franchit une étape supplémentaire en prévoyant des machines culminant à 207 mètres en bout de pale, soit près de 25 mètres de plus. Cette augmentation, loin d’être anodine, renforce les interrogations sur les conséquences d’un tel changement d’échelle.
  Des éoliennes de cette dimension accentuent inévitablement leur visibilité dans le paysage et étendent leur emprise visuelle sur un territoire plus vaste. Elles soulèvent également des préoccupations concernant la préservation du cadre de vie des habitants ainsi que les incidences potentielles sur la biodiversité, notamment pour les oiseaux et les chauves-souris, dont la sensibilité aux infrastructures éoliennes est largement documentée.
  Dans un territoire déjà fortement concerné par le développement éolien, cette nouvelle montée en puissance illustre une tendance au gigantisme des installations. Au-delà de la seule question de la production d'énergie, elle interroge sur les limites acceptables de l'industrialisation des paysages et sur la prise en compte des enjeux environnementaux, patrimoniaux et humains dans les choix d'aménagement du territoire.
   
  
   Percey-le-Grand, au cœur du nid éolien !... Source
 
  
 
 Ci-dessous, la liste actuelle des usines disposant d’une autorisation préfectorale de production dans les départements de la Haute-Saône et de la Côte-d'Or.
  • 96 éoliennes pour la Haute-Saône 
  • 262 éoliennes pour la Côte d'Or 
La série est en cours ! Le pire est avenir !





 
  L’extension du périmètre d’étude à un rayon de 20 km, incluant désormais le sud de la Haute-Marne voisine, met en évidence une prolifération massive et désordonnée d’éoliennes. Cette expansion transforme progressivement le paysage en un ensemble fragmenté et hétérogène, accentuant un mitage du territoire déjà particulièrement préoccupant. 
 
 
 
 
 

Chronologie du projet : principales étapes
 
L’instruction de ce projet a donné lieu à un parcours administratif et judiciaire particulièrement dense, ponctué de plusieurs étapes majeures qui ont profondément influencé son évolution :
  1. 2016 : Rapport de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, DREAL Grand Est.
  2. 2017 : Conclusions et avis du commissaire enquêteur et de ses adjoints, suivis de l'autorisation préfectorale.
  3. 2020 : Jugement du Tribunal Administratif de Besançon.
  4. 2021 : Jugement de la Cour Administrative d'Appel de Nancy.
1
 
 
 
 
 
 
 
p. 8.
 
 
 
 
 p. 11.
 
2
 
 
 « Plan de localisation des éoliennes, extrait du dossier de l'enquête publique »
 
p. 8.
 
 
 
p. 9.

 

p. 15. 
 
 
 
p. 17.
 
 
 
p. 18.
 
 

p. 31.
 
 
 
p. 32.
 
À noter que :
  1. Marie-Françoise Lecaillon a exercé les fonctions de préfète de la Haute-Saône du 9 juillet 2015 au 7 décembre 2017. C’est dans le cadre de ce mandat qu’elle a signé, le 10 juillet 2017, l’arrêté autorisant ce projet.
  2.  De 2017 à 2024, le projet a été porté localement par l'établissement secondaire de la Société d'exploitation du parc éolien Orchis — SEPE ORCHIS,, implanté à Margny-lès-Compiègne — Oise. Depuis 2024, la conduite du projet est assurée par Alterric France, qui a succédé à cette structure. Alterric France est issue de la fusion — mars 2024, d' Alterric France et d' Intervent SAS. Ces deux sociétés étaient détenues à 100 % par Alterric Internationale Beteiligungs GmbH, dont le siège est situé à Aurich, en Allemagne. Le siège social d' Alterric France est établi à Margny-lès-Compiègne. L'entreprise dispose également d'implantations à Mulhouse, Paris et en Bretagne. Sa société mère, Alterric GmbH, a été créée — mars 2021, à la suite du rapprochement des activités éoliennes des groupes EWE et ENERCON, renforçant ainsi sa position parmi les principaux acteurs européens du secteur.
 
 
 
p. 47.
 
 
 
 
 
 
 pp. 50-51. 
 
  À noter : au terme de la consultation des collectivités concernées, 6 communes ont rendu un avis favorable, une seule a émis un avis défavorable, tandis que 8 communes se sont abstenues de formuler une position.Lire ci-devant. 

  
 
 

 
 
 L’avis favorable ? Évidemment. Et les recommandations ? Inévitables. On coche toutes les cases, comme d’habitude. 
 
p. 88. 
 
3
 
 
 
 
 
 
 
4
«  Par un jugement n° 1701962 du 25 juin 2020, le tribunal administratif de Besançon a annulé l'arrêté de la préfète de la Haute-Saône du 10 juillet 2017, a mis à la charge de la société SEPE Orchis et de l'Etat la somme de 1 000 euros chacun, à verser à l'association pour la défense du patrimoine et du paysage de la vallée de la Vingeanne et à la société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France et a rejeté le surplus des conclusions de la demande. »  
« L'association pour la défense du patrimoine et du paysage de la vallée de la Vingeanne, la société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France, Mme F... C..., M. A... E... et M. G... E... ont demandé au tribunal administratif de Besançon d'annuler l'arrêté du 10 juillet 2017 par lequel la préfète de la Haute-Saône a délivré à la société d'exploitation du parc éolien (SEPE) Orchis une autorisation unique portant sur la construction et l'exploitation d'un parc éolien composé de dix aérogénérateurs et de trois postes de livraison sur le territoire de la commune de Percey-le-Grand et de mettre à la charge de l'Etat et de la société SEPE Orchis la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. »
« Procédure devant la Cour :
  Par une requête enregistrée, sous le n° 20NC01499, le 9 juillet 2020, et quatre mémoires enregistrés les 30 novembre 2020, 8 et 22 janvier et 5 février 2021, la SAS société d'exploitation du parc éolien (SEPE) Orchis, représentée par Me D..., demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Besançon du 25 juin 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'association pour la défense du patrimoine et du paysage de la vallée de la Vingeanne et autres une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 7611 du code de justice administrative. »
 
«  Il résulte de l'instruction, ainsi que l'ont relevé les premiers juges, que le projet de parc éolien litigieux est situé à proximité d'autres parcs éoliens avec, au nord-est, le parc éolien des Trois Provinces à Champlitte composé de neuf éoliennes et situé à une distance de 3 à 5 km, au sud-ouest, le parc éolien des sources du Mistral, comprenant neuf éoliennes et situé à 9,5 km et, au sud-est, le parc des Écoulottes composé de sept éoliennes situé à environ 8 km et le parc de Val de Vingeanne-est comprenant dix-sept éoliennes à une distance comprise entre 5 à 13 km. Une étude complémentaire sur les effets cumulés paysagers du projet avec ceux des projets éoliens d' Orain et de Champlitte a été présentée en novembre 2016 par la société pétitionnaire et a notamment porté sur six lieux : la sortie ouest de Margilley, l'arrivée sud sur Orain, la covisibilité avec le château classé de la Romagne, le passage du canal de la Marne la Saône à Courchamps, l'arrivée sud sur Percey-le-Grand et la place de l'église Percey-le-Grand. »
« Le dossier de demande d'autorisation unique déposé par la SEPE Orchis comportait, outre les indications relatives à l'existence d'un capital social de 5 000 euros, à un investissement total de 46,5 millions d'euros financé à hauteur de 30 % par des apports en fonds propres et de 70 % par des prêts bancaires (...) la SEPE Orchis a produit devant les premiers juges une lettre de la société Enercon2, sa société mère, également fabricante et fournisseur des éoliennes afférentes au projet de parc éolien en cause, aux termes de laquelle cette société s'engage, de manière ferme et définitive, à mettre à disposition de la SEPE Orchis ses propres capacités techniques et financières dans le cas, très hypothétique, où le prêt bancaire était refusé, en recourant, au besoin à un financement sur ses fonds propres pour le cas où la SEPE ORCHIS n'obtiendrait pas le financement bancaire. »
« Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Besançon du 25 juin 2020 est annulé.
Article 2 : La demande présentée par l'Association pour la défense du patrimoine et du paysage de la vallée de la Vingeanne et autres devant le tribunal administratif de Besançon est rejetée.
Article 3 : L'Association pour la défense du patrimoine et du paysage de la vallée de la Vingeanne, la Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France, Mme F... C..., M. A... E... et M. G... E... verseront solidairement à la SEPE Orchis la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la SEPE Orchis, à la ministre de la transition écologique à l'Association pour la défense du patrimoine et du paysage de la vallée de la Vingeanne, à la Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France, à Mme F... C..., à M. A... E... et à M. G... E....
2
N° 20NC01499  »
2. La société est fondée en 1984 par Aloys Wobben, 1952-2021, à Aurich, Basse-Saxe, en Allemagne. En 2021, « Le segment commercial d' ENERCON pour « développement de projets et exploitation de parcs éoliens de la société» a été mis en service par l'actionnaire unique AWS et a été transféré à Alterric, une entreprise commune avec EWE AG. ». En 2025, Enercon poursuit son développement avec une progression notable de ses ventes en Turquie, en Europe de l’Est, ainsi que sur plusieurs marchés asiatiques émergents. Dans le même temps, l’Allemagne et l’Europe de l’Ouest continuent de constituer ses zones d’activité historiques et structurantes. Il est cependant important de noter qu’en dépit de cette présence internationale affirmée, Enercon ne figure pas dans le classement des dix premiers fabricants mondiaux d’éoliennes en 2024, comme en témoigne la présentation ci-devant :
«   BloombergNEF et Wood Mackenzie Power & Renewables Mackenzie ont publié leur classement annuel des équipementiers éoliens, mettant en évidence les principales tendances et évolutions du marché.
🔹 Un total de 121,6 GW d'énergie éolienne a été mis en service dans le monde en 2024 - en hausse de 4 % en glissement annuel.
 🔹 Pour la première fois depuis 2013, les 4 premières places reviennent à des équipementiers chinois, selon BloombergNEF :
 1️⃣ Goldwind - 19,3 GW
 2️⃣ Envision Energy - 14,5 GW
 3️⃣ Windey Energy - 12,5 GW
    En ce qui concerne les fabricants occidentaux :
 🔹 Vestas reste le premier équipementier non chinois, classé 5e avec 10,2 GW.
 🔹 Siemens Gamesa est en tête pour la capacité offshore, avec une répartition 50/50 entre l' onshore et l'offshore.
 🔹 Nordex Group dépasse GE Vernova et rattrape presque Siemens Gamesa - ce qui est remarquable étant donné qu'il n'opère qu'à terre.
 🔹 ENERCON ne figure pas dans le top 10 de BNEF mais aurait installé 2,8 GW.
       90 % de la nouvelle capacité éolienne mondiale était terrestre »
 
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