Union Européenne, sécurité d’approvisionnement électrique : en Théorie, y a rien à craindre!

   La sécurité d’approvisionnement électrique en Europe à horizon 2030 ne repose que sur des trajectoires, hypothèses et calculs...théoriques! Les incertitudes? Les challenges entre pays? Le blackout? Circulez, y a rien à craindre!
  - Neutralité carbone en 2050? C'est écrit, donc c'est fait!
  - 100% renouvelable? Oui, c'est OK , donc c'est acquis!
   "Un jour j'irai vivre en Théorie, car en Théorie tout se passe bien."
  Pierre Desproges
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Maxence Cordiez

   Ce n'est en aucun cas une surprise, le problème est même extrêmement basique : en l'absence de vent et de soleil, l'Allemagne reste un pays industriel de 83 millions d'habitants, ce qui implique un certain niveau de consommation électrique. Surtout que la consommation reste peu flexible. Si beaucoup d'efforts ont été consentis pour développer éolien et solaire, bien peu l'ont été pour développer les flexibilités qui doivent nécessairement les accompagner : offre pilotable, stockage et flexibilité de la demande.
   L'Allemagne devrait en effet fermer plus de 20% de ses capacités pilotables, celles qui peuvent produire à la demande, dans les prochaines années et les ouvertures de nouvelles centrales à gaz fossile seront loin de compenser ces fermetures.

 

 

Graphique : RTE

   De ce fait, ses marges se retrouveront fortement réduites en l'absence de vent et de soleil, ce qui peut poser problème si la demande est élevée à ces moments-là. Ce qui est consternant, c'est qu'il faudra sans doute en arriver à des coupures pour découvrir que si on veut de l'électricité quand il n'y a pas de vent ni de soleil, il faut, aussi, des moyens d'en produire en l'absence de vent et de soleil...
  Ainsi, un grand pays géographiquement central en Europe et qui avait un rôle globalement stabilisateur sur le réseau européen va devenir déstabilisateur. Pour ne rien arranger, cette situation ubuesque n'est pas propre à l'Allemagne :

  • La Belgique prévoit de sortir du nucléaire d'ici 2025 en s'appuyant sur des, aujourd'hui hypothétiques, nouvelles centrales à gaz fossile et importations.
  • La France compte fermer 12 réacteurs nucléaires d'ici 2035 sans que de nouvelles capacités pilotables ne soient pour le moment prévues.
  • Le Royaume-Uni va fermer ses dernières centrales à charbon d'ici 2024 et la plupart de ses réacteurs nucléaires, pour des raisons légitimes de vieillissement dans ce cas précis, d'ici 2030.

  En résumé, le système électrique européen est sur une très mauvaise trajectoire. Il n'y a pas besoin d'avoir fait de longues études pour s'en rendre compte, juste être capable de comprendre que vous ne pouvez pas consommer de l'électricité qui n'a pas été produite...
   Or, pour le moment les alertes se multiplient mais aucun signe positif dénote la prise en compte de cela par les gouvernements européens.

Allemagne, Bade-Wurtemberg : le "jeu" des 1 000 éoliennes!

   " (...) Carrefour de l'Europe entre la France, la Suisse et l'Autriche, la région du Bade-Wurtemberg, au sud-ouest de l'Allemagne, offre parmi les plus beaux paysages du pays. C'est la région d'Allemagne la plus visitée par les Français.."
Source

 
 
 
 
  La brume recouvre la vallée du Neckar



  Au printemps, on peut faire de longues promenades dans la campagne
 
  
 
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L'expansion de l'énergie éolienne met la nature en danger  

2021 08 24

   Le Land de Bade-Wurtemberg veut construire 1 000 nouvelles éoliennes dans la forêt domaniale, selon la radio SWR.  C'est ce qu'a décidé le gouvernement du Land de Bade-Wurtemberg. C'est la première décision du gouvernement du Land composé des Verts et de la CDU de développer les énergies renouvelables. Le gouvernement veut ériger les 1 000 éoliennes au cours de la période législative actuelle. Cependant, l'expansion de l'énergie éolienne met en danger la nature en défrichant de vastes zones de forêt et en les scellant par d'énormes fondations.

Le Bade-Wurtemberg veut construire 1000 éoliennes dans la Forêt-Noire
  Les politiciens décident de défricher de précieuses zones forestières dans la Forêt-Noire afin de construire des éoliennes sur les crêtes. Cette annonce intervient quelques jours seulement après les inondations catastrophiques qui ont frappé la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et la Rhénanie-Palatinat. C'est là qu'est apparue l'importance de la forêt pour absorber de grandes quantités d'eau lors des tempêtes. Si de grandes surfaces sur les crêtes sont abattues et scellées par de gigantesques fondations en béton, l'eau se précipite dans les vallées lors de fortes pluies et balaie tout sur son passage.

L'expansion des éoliennes met la nature en danger - 350 km2 seront perdus
  Pour chaque éolienne, 0,35 km2 de forêt doit être défriché. Avec 1 000 éoliennes, cela représente un total de 350 km2 de surface imperméabilisée. Cela représente près de 6 % de la superficie totale de la Forêt-Noire, qui compte environ 6 000 km2.
  La forêt de cette zone est irrémédiablement perdue en tant que réservoir de CO2 et d'humidité. En outre, le sol est scellé avec 3 500 tonnes de béton/éolienne, qui restent dans le sol même lorsque les éoliennes sont démontées. Ces fondations sont des obstacles insurmontables pour les arbres à racines profondes. Par conséquent, aucun arbre ne poussera sur ces zones en friche, même après le démantèlement des turbines au bout d'une vingtaine d'années. Dans notre article "Les éoliennes sont-elles vraiment respectueuses de l'environnement ?", nous avons déjà fait état des problèmes de démantèlement de ces turbines.

Séchage de grandes surfaces redouté
  Des études scientifiques récentes montrent que les éoliennes ralentissent le vent et que cela entraîne une augmentation locale de la température. Cela entraîne un assèchement encore plus important du sol pendant les phases de sécheresse et affecte donc également l'approvisionnement en eau des arbres situés à proximité immédiate.
  En outre, de larges voies d'accès doivent être percées dans les forêts pour l'installation et le raccordement au réseau électrique. Seule une petite partie d'entre eux peut être renaturalisée après la construction, car ils sont également nécessaires pour la réparation et l'entretien. Dans les pentes raides et étendues de la Forêt-Noire, beaucoup d'eau s'écoulera également dans les vallées via ces voies d'accès lors de fortes pluies. On ne peut qu'espérer que cela sera pris en compte lors de la planification des installations. Sinon, il est prévisible que nous verrons bientôt des images similaires de la Forêt Noire et de la vallée de l' Ahr.


Eolien, solaire et Cie : renouvelables? Pas sûr! Gourmands en argent public? Affirmatif!

  Poser la question, c'est y répondre, non?
  Invitation à lire aux "vaches-à-lait" de Français , si... il leur reste un peu de temps de cerveau disponible...
 
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Les appels d’offre sur l’énergie éolienne sont -ils subventionnés ?

Michel Faure

Remarque préliminaire
La filière de l’énergie éolienne bénéficie de deux privilèges, exorbitants dans un monde de libre échange :
  • Une priorité d’accès au réseau électrique même si le réseau n’est pas demandeur: Quelque soit le besoin du réseau et le moment où elle est produite, cette électricité «fatale» doit être absorbée et tous les autres moyens de production pilotables doivent s’effacer au profit de cette filière, 
  • La filière bénéficie d’un mécanisme de prix garanti sur une très longue durée, 15 ou 20 ans, de l’électricité produite. Le prix garanti représente un multiple du prix du marché compris entre 1,5 et 3 fois; le multiple peut être bien supérieur quand le prix de marché s’effondre, voire devient négatif, ce fut le cas pendant le confinement 2020 avec une surproduction mal maîtrisée


    


Prévision de rentabilité d’un site éolien suite à appel d’offre CRE P8

 Les hypothèses retenues :
   Pour analyser le bénéfice prévisionnel d’un opérateur, il convient de ramener les coûts
opérationnels au MW installé. Les chiffres retenus sont les suivants :

  • Le prix de vente public d’une éolienne se monte en 2020 à 775.000€HT/MW, donnée Vestas, communiquée annuellement. 
  • L’ ADEME avait estimé en 2017 que l’éolienne représentait 80% du montant total de l’investissement et les autres dépenses 20%. Il faut tenir compte de l’ancienneté de l’étude et des dérives dues depuis au renforcement des prescriptions environnementales. Fixons forfaitairement le coût d’environnement à 36 % du projet, l’investissement représenterait 1.200.000€H/MW installé. 
  • Facteur de charge prévu dans l’appel d’offre P8 : 28%
  • Taux d’intérêt long terme : 1,5%. La quasi intégralité des capitaux est empruntée
  • Facteur L : 0,6% /an avec une inflation annuelle de 2%
  • Taxes locales : retenu forfaitairement à 1,6 fois l’ IFER, ce qui est généreux, 
  • Impôt sur les sociétés : prévu à 26,5% pour un exercice ouvert le 1/1/2021, 
  • Démantèlement : la provision règlementaire /MW installé a baissé ; elle est passée de 25.000 €/MW pour une éolienne de 2 MW à 20.000 €/MW pour une éolienne de 3 MW et 15.000 €/MW pour une éolienne de 5,5 MW. La loi sur l’obligation de remise en état a néanmoins changé. Nous y reviendrons. Ici le billet d’Énergie Vérité à ce sujet.

Les résultats 
  Le site retenu par appel d’offre avec ces hypothèses dégagera un chiffre d’affaires HT de 3.188.299 € et un résultat net de 335.694 € soit une rentabilité nette de 10,45% ; cela paraît raisonnable compte tenu des aléas de production.
  Cette rentabilité peut d’ailleurs être compromise par l’obligation de remise en état complète du site, arrêté de juin 2020. Un opérateur est donc sous la menace d’une obligation de remise en état complète avec extraction complète des fondations ; dans ce cas, les coûts de remise en état, nets des revenus issus du recyclage, évoluent entre 80.000 € /MW et 200.000 €/MW. Il ne s’agit que d’estimations, il n’y a pour le moment que très peu de retours d’expériences.
  On pourrait donc conclure en première approche que le processus d’appel d’offre permet à la
  Collectivité de payer l’électricité produite à un prix proche de son prix de revient et de rémunérer raisonnablement l’opérateur, 10% de rentabilité, compte tenu des aléas de production.
  En fait, ce n’est pas si simple : l’augmentation de la part du renouvelable non pilotable dans le mix énergétique a un impact direct sur le prix de marché.
  Analyse de l’exemple allemand :
  L’Institut Fraunhofer communique de façon documentée et abondante sur les données du marché allemand ; les données qui suivent sont extraites du site FraunhoferISE.
  Au 1er janvier 2021, la répartition des capacités de production électrique en Allemagne se répartit comme suit :

 

    

  En Allemagne, Éolien + Solaire représentent maintenant une capacité installée de 120,2 GW soit 54,5% des moyens de production électrique, toutes filières confondues.
  À l’instar de la France, les filières solaire et éolien bénéficient en Allemagne du même privilège de priorité d’accès au réseau électrique.
  Il est intéressant de vérifier si le prix du marché spot a une corrélation avec le taux d’utilisation de ces capacités de productions renouvelables. Intuitivement, les lois du marché laissent penser que si un bien arrive en abondance sur un marché non demandeur, le prix de marché s’écroule et dans les faits, la réalité corrobore l’intuition.
  C’est ce qu’on constate dans la figure ci-après.
  Le nuage de points, couleur ocre, représente, depuis le début 2021, le prix spot observé en fonction du taux d’utilisation des capacités de production des ENR –Solaire + Eolien :

  • En abscisse, la puissance utilisée en GW des filières solaire + éolien,
  • En ordonnée, le prix spot en €/MWh.

  Il apparaît clairement une régression linéaire, ligne bleue, et donc une corrélation entre prix spot et
taux d’utilisation des ENR.
  Cette droite est décroissante depuis un point maximum, prix spot de 80,48 €/MWh -solaire/ éolien à l’arrêt, et un point minimum, prix spot de quelques €/MWh -puissance utilisée de 70 GW, soit 70% de la capacité.
  À titre de marqueur, on a figuré, droite rouge, le résultat du dernier appel d’offre de la tranche 8 : 61 €/MWh.

      

  
 

  •  Plus des deux tiers des points sont situés en dessous de ce marqueur de l’appel d’offre. Clairement le rachat se fait majoritairement au-dessus du prix spot ; c’est au détriment du consommateur, 
  • Dès que la production de ces deux filières dépasse 17% d’utilisation, le prix de marché est inférieur au prix d’appel d’offre, un processus de subventionnement intervient, 
  • Constat plus préoccupant : on pourra noter le nombre très significatif d’occurrences où le prix est négatif ou nul ; ce phénomène apparaît dès lors que les filières ENR sont utilisées à 17%, 
  • Si les filières ENR sont utilisées à plus de 33%, le prix de marché moyen est inférieur à 50% du prix de l’appel d’offre : on rachète pendant 20 ans à deux fois le prix de marché...
  • Et quand les filières ENR sont utilisées à 50%, les prix sont majoritairement nuls ou négatifs.

  En fait, le cas de l’Allemagne préfigure ce que pourrait être la situation française avec la PPE : si les filières solaire et éolienne, moyens non pilotables, représente une part significative des moyens de production, le prix de marché devient très souvent nul ou négatif. Ainsi que l’explique benoîtement RTE :
  "On observe principalement des prix négatifs lorsque les productions éolienne et solaire couvrent une part importante de la consommation, ce qui est plus souvent observé en Allemagne. Avec le développement des énergies renouvelables, ces épisodes sont amenés à être de plus en plus nombreux»*.
  L’intuition de bon sens est donc vérifiée : comme la production de ces filières aléatoires est
parfaitement déconnectée des besoins du marché, compte tenu du privilège dont elles bénéficient, peu importe que le réseau soit demandeur ou non, s’il y a du vent ou du soleil, les moyens pilotables sont obligés de s’effacer au profit des filières dites renouvelables. Et si la capacité des renouvelables devient prépondérante dans le mix énergétique, la surproduction provoque alors un écroulement du prix de marché.
  On pourrait éventuellement imaginer qu’au bout de 20 ans, les installations étant amorties, la filière
perde alors son privilège d’accès au réseau et que la production ne puisse être injectée sur le réseau qu’en cas de besoin. Mais, ce sera peine perdue parce que les installations auront atteint leur fin de vie et il faudra alors les démanteler et tout sera à recommencer au détriment du consommateur.

Pour conclure
  Retenir des prix à l’issue d’un appel d’offre garantit simplement que les opérateurs ne vont pas faire des résultats indécents mais ce faisant, on ignore complètement le principe de base du
fonctionnement de la fourniture de l’électricité.
  Ce n’est pas une marchandise comme une autre – quoiqu’en pense la Commission européenne.   C’est la demande de puissance qui commande la production et non l’inverse ; en gros, on s’attend à avoir de la lumière quand on baisse l’interrupteur.
  Attribuer donc un prix fixe de rachat pendant 20 ans à un moyen de production aléatoire et non pilotable, revient à entretenir artificiellement ce moyen pendant 20 ans et donc à le subventionner, quand bien même ce prix résulterait d’une procédure d’appel d’offre.
  Enfin les épisodes de prix bas, nuls ou négatifs sont transparents pour le consommateur ; 

  • L’électricité est rachetée au producteur à prix fixe indépendamment de ces épisodes,
  • L’électricité produite quand le marché n’est pas demandeur, n’étant pas stockable. La procédure d’appel offre qui devrait en final bénéficier au consommateur, ne lui sert donc à ... rien !

SERÉCOURT ET ISCHES : LA PRÉFECTURE REFUSE LE PROJET D' USINE ÉOLIENNE

  Épisode précédent : SERÉCOURT ET ISCHES : LE PROJET D'UNE USINE ÉOLIENNE       VICTOIRE ! Après avoir étudié attentivement le dossie...