Des forêts sans oiseaux : l’agriculture intensive détruit nos forêts

Marine Wolf
27 février 2019 


Commentaire : la forêt meurtrie pour remplir les tiroirs-caisses de la finance internationale, ce n'est qu'une partie de l'exploitation dévastatrice de la Nature et de la ruralité ; N'oublions pas l'urbanisation et l'artificialisation des terres agricoles et des forêts ; Ces pilleurs ont pour noms éolien, méthanisation,  biomasse, lotissement, centre commercial, parking, zone industrielle, autoroute, aéroport, etc..
"Tout s'achète, tout se vend et c'est toujours...L'addition svp"                     
Gilbert Bécaud "L'addition"

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Soumis à un devoir de réserve, les agents de l’Office National des Forêts n’ont pu s’exprimer devant la caméra que dans le cadre de leur mandat syndical. Cette gestion productiviste des forêts heurte leurs convictions autant qu’elle porte atteinte aux écosystèmes.



La quantité de surface boisée progresse en France. Mais toutes les forêts se valent-elles ?  


Le Temps des Forêts, réalisé par François-Xavier Drouet pose avec force cette interrogation.
Offrant une plongée dans le monde de la sylviculture industrielle, il donne la parole aux acteurs de l’exploitation de la forêt et à ceux de sa préservation. Du Limousin aux Landes, des Vosges au Morvan, le film offre à voir l’intense industrialisation actuellement subie par les forêts de l’Hexagone. 


La malforestation
« Le problème en France, ce n’est pas la déforestation, c’est la malforestation. »
Dans les bois monotypes du Limousin, les pins Douglas s’alignent en rangée serrée. Au sol, ni feuilles ni mousse mais un tapis d’aiguilles sous lequel ne se cache aucun animal, pas même quelques lombrics. Et un silence anormal : aucun oiseau ne chante. Ces forêts sans vie apparaissent comme « des usines à bois », des champs d’arbres artificiels menaçant directement la biodiversité.
« La forêt naturelle s’enveloppe, elle se protège, elle forme un intérieur et un extérieur. C’est quelque chose comme une matrice dans laquelle la régénération naturelle prend place. Cette forêt a un autre climat à l’intérieur qu’à l’extérieur. » explique le réalisateur.
« Et ça on le remplace par une forêt artificielle d’arbres alignés, que le vent va traverser. En hiver cette forêt est plus froide et en été elle va se dessécher. C’est un très mauvais calcul de créer des forêts de ce genre-là parce que maintenant ça va être très difficile avec le réchauffement climatique. Ces forêts plantées ouvertes à tous les vents vont avoir énormément de difficultés. » 

La Poste sacrifiée, Presstalis abandonnée

Emmanuel Schwartzenberg
27 févr. 2019

Les marchands de presse vont pouvoir, dès cet été, assurer les services postaux, colis et recommandés pour le compte de Colis Privés, une filiale d' Hopps Group qui veut distribuer la presse sur un modèle low cost. Ce projet condamne les messageries Presstalis. Le gouvernement n'a pas renoncé à la loi qui privatise le secteur.

Le plan ne connait pas de répit : il est tout au plus suspendu pour tenir compte des oppositions émanant des messageries de presse Presstalis et des MLP. Certes, l'hôtel Matignon rassure les acteurs en leur disant que le projet de loi ne sera pas présenté au conseil des ministres du 26 mars. Tout sera entrepris, dit-il,  pour empêcher la société Hopps et ses filiales qui distribuent imprimés publicitaires et colis d'entrer sur le marché. Dans la réalité, il en va tout autrement car la création de sociétés agréées qui distribueront la presse figure toujours dans la loi et Hopps continue sur sa lancée. Et c'est La Poste qui fera, dès l'été prochain, les frais de son développement car le groupe a décidé de confier l'exécution de la licence postale, détenue par Colis Privés, aux marchands de presse. Des concurrents potentiellement redoutables pour les centres postaux.
 Culture Presse, l'organisation professionnelle des marchands de presse a conclu avec Colis privés un partenariat avec le groupe Hobbs afin de développer un réseau de points relais avec tous les diffuseurs de presse. Ce maillage doit concurrencer les réseaux de La Poste ou Mondial Relay. Colis Privés veut rendre son projet opérationnel en juillet prochain en permettant à 4500 points de vente de rentrer immédiatement dans la boucle. Plus tard, les 22000 points de vente, soit la totalité du réseau français, seront concernés. Les kiosques, les maisons de la presse pourront donc recevoir, envoyer des colis et des recommandés.
Cette offre de livraison préfigure la livraison directe des journaux aux lecteurs en partant des imprimeries.

Manque à gagner pour La Poste
Même si Hopps ne dispose pas encore d'un puissant système d'information et  ne maîtrise pas les flux financiers, le groupe pourra, grâce à cette opération, contrôler toute la partie transport. Il va se livrer, en quelque sorte, à une répétition générale avant d'entrer sur le marché de la distribution. Colis Privés aurait promis que chaque diffuseur percevrait 20 000 euros de recettes s'il se transforme en bureau postal. Soit 60 euros en moyenne, par jour et par marchand de presse. Le manque à gagner pour La Poste serait donc de 500 millions d'euros par an quand les 22 000 diffuseurs seront entrés dans la boucle.
« Nous sommes en discussions avec Colis Privés depuis deux ans car nous voulons accroître les revenus des diffuseurs de presse qui sont en grande difficulté, confie Daniel Panneto, président de Culture Presse. Nous avons besoin leur assurer à nos diffuseurs une croissance de leur chiffre d'affaires pour compenser la baisse des ventes et conforter leurs trésoreries. En leur donnant la possibilité d'envoyer et de réceptionner des colis et lettres, nous leur donnons la possibilité d'augmenter leurs revenus. Pour autant, nous sommes très attachés à la survie de Presstalis car la disparition de ces messageries entrainerait celle de toute la filière ».

L'éloge de la taxe carbone

Jean-pierre Riou
28/02/2019



Une augmentation de l'impôt a représenté le passage de cette taxe à 55 euros/tCO2 pour 2019 

Dans le cadre des politiques climatiques, la taxe carbone constitue un levier majeur. Toutefois, les modalités de sa mise en œuvre sont susceptibles d’en faire la meilleure comme la pire des solutions.
Pour ne pas en avoir respecté les principes fondamentaux, la « Contribution climat énergie » à la française promet le pire.

Les 3 erreurs de la Contribution climat énergie
La plupart des économistes considèrent la taxe carbone comme le meilleur moyen de réduire les émissions de CO2 sans affecter pour autant la croissance.
L’exemple suédois leur donne raison. En effet, la mise en place de sa taxe carbone, actuellement la plus élevée au monde, s’est accompagnée de 60% de croissance économique dans le même temps que 25% de réduction des émissions de CO2.
D’autant qu’à l’instauration de cette taxe, en 1991, le parc électrique suédois était déjà décarboné.
Trois règles sont notamment considérées nécessaires pour lui permettre une telle efficacité :
  1. La transparence et la pédagogie de sa mise en œuvre
  2. La redistribution de ses recettes 
  3. L’interdiction de subventionner des énergies de remplacement
Pour n’en avoir respecté aucune, la taxe carbone française aura réussi à mettre durablement les Gilets Jaunes dans la rue, tandis que les objectifs climatiques s’éloignent de notre portée.
Car cette taxe s’est caractérisée par une « pédagogie du catimini », une carence de redistribution et un détournement dogmatique de son affectation qui en corrompt l’efficacité.

La pédagogie du catimini
Cette taxe sur la composante carbone des combustibles fossiles a été instaurée en 2014, sous le nom de « Contribution climat énergie » (CCE).
Sa faible valeur, de 7€/tCO2, sur fond d’effondrement du cours du pétrole au dernier trimestre, avait rendu son introduction d’autant plus discrète qu’elle n’avait pas constitué un impôt supplémentaire, une part de la taxe intérieure sur la consommation (TIC) ayant simplement été calculée pour y introduire une « composante carbone ».
Ce qui a fait dire à C. de Perthuis et A. Faure que son introduction « a été faite en catimini, sans la moindre pédagogie à l’égard des électeurs ».
Ce qui est regrettable, car le principe qui confère l’efficacité à toute taxe carbone est l’élévation progressive de son taux jusqu’à des niveaux destinés à modifier les comportements.
C’est ainsi que l’accélération ambitieuse de l’élévation de son taux a été actée dans la plus grande discrétion médiatique par l’article 9 du projet de loi de finance de 2018 malgré la mise en garde du Sénat, pour la porter à 86€/tCO2 en 2022. Son taux actuel de 44,6€/tCO2, de 2018, lui confère déjà la 4ème place des taxes carbone les plus élevées au monde, derrière la Suisse et le Liechtenstein, loin derrière les 120€/tCO2 suédois.

USINES AGRIVOLTAÏQUES : NOS TERRES NOURRICIÈRES EN RÉEL DANGER

  Contrairement au discours des industriels affirmant que les usines agrivoltaïques — panneaux au sol, sont inoffensives pour l'environn...