
Tandis que l’ancien Ministre démissionnaire revient pour nous rappeler, avec d’autres, que la fin du monde n’est pas si loin, les pays africains qui avaient suivi ses orientations de suppression des fossiles au profit des énergies renouvelables se désespèrent des résultats obtenus.
Je vais évoquer ici le cas du deuxième pays en termes de population, l’Éthiopie, qui est passé de 95 millions d’habitants à 105 millions en quelques années et qui connait , grâce à sa politique de santé, en particulier la vaccination, une progression constante.
L’Éthiopie ce sont des montagnes, des cours d’eau et un grand désert qui va à l’Est jusqu’au Kenya et à la Somalie, et ses dirigeants ont considéré que l’électrification du pays se réaliserait à partir de l’ hydro électricité, de la géothermie et de l’utilisation du vent, applaudis par tous les écologistes du monde, en particulier ceux qui peuplent les organismes dépendant des Nations Unies : enfin un pays vertueux, ou presque , puisque certains ne sont pas enthousiastes à considérer l’eau de la pluie comme aussi « naturelle » que le vent ou le soleil.
Lorsqu’il y a quelques années j’avais rencontré le Vice-Premier Ministre de l’époque, Haile Mariam Dessalegn qui devait remplacer comme Premier Ministre Meles Zenawi mort précocement, j’avais tenté de lui montrer les bienfaits d’un mix électrique possible pour son pays grâce à la découverte de gisements conséquents de gaz dans l’Est du pays. D’un coté des barrages nombreux et à la construction rapide pouvaient être envisagés tout au long du Nil Bleu et de ses affluents, et d’autre part en deux ans des centrales à gaz, modulaires, pouvaient voir le jour à l’Est et la construction de lignes pouvait être préparée. Je ne pouvais pas oublier, à l’époque, le champ éolien d’ Ashegoda, construit avec l’aide de l’ AFD et des banques françaises avec du matériel français, Vergnet (Orléans) d’abord avec 30 engins et Alstom ensuite avec 54 .
La discussion a été orageuse, le barrage , le seul, retenu , était le barrage « Renaissance » sur le Nil Bleu, à la frontière avec le Soudan, 6000 MW, et conformément aux souhaits des français « notre pays (l’Éthiopie) n’allait pas commettre les mêmes erreurs que l’Occident, se cantonnerait aux énergies nouvelles, d’où d’ailleurs le recours aux éoliennes françaises ». Mon interlocuteur considérait ne pas avoir à « salir la planète « avec le gaz éthiopien, voulait l’exporter à partir d’un gazoduc conduisant à Djibouti avec une installation de liquéfaction là-bas. Double projet, pharaonique, avec des couts élevés ainsi que les délais. Les responsables d’EDF avaient bien étudié les fleuves, les couts, les délais , j’avais en tète les quantités de TCF de gaz des gisements de Calub et d’ Hilali, mais j’ai du rapidement battre en retraite car la colère du Ministre arrivait très vite.


