ZONES FAVORABLES AU DÉVELOPPEMENT DE L'ÉOLIEN, ZFDE : OÙ EN SONT LES AUTORITÉS ?

   Pour imposer l'éolien dans nos campagnes, le gouvernement, jamais à bout d 'idées quand il s'agit de satisfaire le lobby éolien et... l'Union européenne et son patron, l' Allemagne, a inventé, en 2021, les " zones favorables au développement de l’éolien, ZFDE "; outre le fait que, ces ZFDE, ressemblent fort au feu Zone de développement de l'éolien, ZDE*, elles ont deux missions principales :
  - faire atterrir, en toute sécurité juridique**, les usines du lobby du vent; 
  - réduire drastiquement pour l'opposition, les possibilités de faire échouer les projets **;
   Mais, comme nous sommes encore dans une démocratie " cause toujours ", l' État a organisé une concertation, 22 mars-2I avril 2023, exclusivement sur le Net, pour demander leurs avis aux Français. 
  On se désolera, pas le gouvernement et ses alliés éoliens, encore une fois, d'une participation citoyenne au ras des pâquerettes ! Indifférence ? Servilité ? Allez, une citation que l'on aime bien et qui traduit fort bien la situation :
  " Tout confort se paie. La condition d'animal domestique entraîne celle de bête de boucherie."
  JÜNGER ERNST, Der Waldgang, Traité du rebelle ou le recours aux forêts, I95I.

  EN AVANT TOUTES ! 

  Bonne lecture.
 
* La nouvelle ZFDE ressemble fort à l'ex Zone de développement de l'éolien, ZDE : " Afin de permettre un développement harmonieux de l'éolien en France, en s'opposant notamment au risque de mitage des paysages, le législateur a instauré les Zones de Développement de l’Éolien, ZDE, article 90 de la loi Grenelle II, 20I0, placées sous l'autorité des maires ou des présidents d'intercommunalités.La création d'une ZDE est désormais une condition primordiale pour qu'un projet éolien puisse voir le jour en France. Car si l'éolien bénéficie du rachat de l'électricité à un tarif fixé par l'État, depuis 2007 tout nouveau projet éolien doit être réalisé dans une ZDE pour pouvoir prétendre au rachat de sa production électrique à ce tarif; cette disposition a été supprimée en 20I3; les schémas régionaux éoliens, SRE, ont pris le relais.
** La ZFDE ayant, en amont, passée toutes les épreuves imposées par l' Administration et, en dernier ressort, étant validée par la communes concernée, il sera, alors, très difficile, voir impossible, pour la justice, saisie par les associations, de dénoncer ce projet. C'est ce que le ministère appelle certainement : " favoriser une meilleure acceptabilité  " Surtout que, pour s'assurer que l'offensive éolienne en rase campagne ne connaissance aucun échec, ou à la marge, le gouvernement laisse la possibiité à CERTAINS PROJETS, D' ÊTRE ACCEPTÉS HORS ZFDE !  À suivre...
 
  EXTRAITS du Rapport présentant le bilan et les suites données à la concertation relative au projet de cartographie des zones favorables au développement de l’éolien, des Notice de recommandations relatives à l’usage de la cartographie des zones favorables au développement de l’éolien en Région Grand Est .
  Pour consulter ces documents en entier et, prendre connaissance de la carte des zones favorables au développement de l’éolien Grand Est issue de la concertation,  c'est ICI !

 Rapport présentant le bilan et les suites données à la concertation relative au projet de cartographie des zones favorables au développement de l’éolien du 22 mars au 21 avril 2023

  " Conformément à l’instruction du gouvernement du 26 mai 202I, visant à encourager le développement de l’éolien tout en favorisant une meilleure acceptabilité de ce mode de production d’électricité, un projet de cartographie des zones favorables au développement de l’éolien, ZFDE, a été élaboré au niveau régional. Le présent document est établi afin de synthétiser les observations et propositions reçues durant la concertation sur le projet de carte, organisée du 22 mars au 2I avril 2023. Il présente également les suites réservées à ces observations. "
  "... Mais d’ores et déjà, en Grand Est, le Schéma Régional d'Aménagement, de Développement Durable et d’Égalité des Territoires Grand Est, SRADDET, fixe un objectif de multiplication par 3,2 de la production d’énergies renouvelables entre 20I2 et 2050. Et pour atteindre cet objectif, des trajectoires indicatives par filières ont été proposées, avec pour l’éolien une cible estimée à 8,7 GW en 2050, soit environ + 4,6 GW de développement par rapport à la puissance éolienne installée en Grand Est à fin 202I, Source : Panorama des Énergies Renouvelables et de Récupération Grand Est, — Édition 2022. La filière éolienne est effectivement dynamique depuis de nombreuses années en Grand Est et conserve encore un potentiel de développement qu’il convient d’exploiter et d’orienter afin de tenir compte des enjeux territoriaux de différentes natures. 
  La cartographie des zones favorables au développement de l’éolien, ZFDE, a été conçue en ce sens et constitue donc un outil non opposable d’information et d’aide à la décision des parties prenantes."
  p. 3.
"... Objectifs de la concertation

  La concertation n’avait pour vocation de recueillir des avis favorables ou défavorables, car la carte reste un outil de dialogue et d’orientation non opposable.
  Les trois objectifs affichés pour cette concertation étaient les suivants :

  •   vérifier la prise en compte de l’ensemble des enjeux et contraintes indispensables à la définition des zones favorables;
  •   recueillir l’avis sur les niveaux de hiérarchisation retenus;
  •  partager d’éventuelles propositions / recommandations pour l’utilisation et la valorisation de l’outil. " p. 5.
" ... Analyse quantitative des contributions
  La boite dédiée à la concertation a reçu près de 700 mails entre le 22 mars et le 2I avril, représentant un peu plus de 400 avis ou contributions : déduction faite des simples questions sur les modalités de la concertation et des doublons de transmission.
"
 

  pp. 6-7. 
 
 " Analyse qualitative des contributions
    Les avis portant sur des sujets ne relevant pas des objectifs de la concertation
  • ... Cohérence du projet de cartographie Grand Est avec les territoires limitrophes et transfrontalier Certains avis pointent des incohérences avec les orientations de régions voisines par exemple sur le niveau de hiérarchisation moindre des zones boisées en Bourgogne Franche Comté, ou sur l’absence de prise en compte des parcs existants ou en projets dans les pays frontaliers.
 Concernant l’harmonisation nationale et les spécificités régionales :
  •    La définition des cartographies des zones favorables au développement de l’éolien a d’abord été avancé au niveau de chaque région. En Grand Est, un premier travail d’identification des enjeux qui avaient été pris en compte dans les Schémas Régionaux Éolien de 20I2 des ex-Région a été réalisé en harmonisant les écarts minimes de hiérarchisation. Mais certaines données départementales spécifiques, ex : plan de paysages éoliens, sont aussi prises en compte.
  •  Une harmonisation nationale a ensuite été réalisée afin de rechercher une cohérence d’ensemble des cartographies régionales, sans pour autant interdire une différenciation en fonction de spécificités territoriales argumentées. L’enjeu de saturation paysagère défini dans la cartographie régionale est par exemple une spécificité du Grand Est liée à la présence déjà forte et historique de la filière éolienne notamment à l’ouest de la région. Les enjeux des zones boisées en est une autre : cf infra. "
    p. 9.
 
 " Des demandes de prise en compte d’enjeux et contraintes complémentaires
  TRAME VERTE ET BLEUE
  Plusieurs avis mettent en avant l’enjeu de préservation des trames vertes et bleues et soulignent que c’est un des objectifs du SRADDET Grand Est " Objectif 
". Préserver et reconquérir la Trame verte et bleue, qui se traduit par la " Règle n° 8 : Préserver et restaurer la Trame verte et bleue ".
  Suite donnée : la couche d’enjeu correspondant à la trame verte et bleue du SRADDET pourra être ajoutée avec un niveau de hiérarchisation " Fort possible ". Une recommandation pourra également être ajoutée pour inciter les porteurs de projet à la prise en compte de cet enjeu en se rapportant à l’objectif 7 et à la règle 8 du SRADDET et en les invitant à vérifier comment ils ont été déclinés dans les documents d’urbanismes applicables sur la zone d’implantation. "
  p. 11.
 
" DES ENJEUX BIODIVERSITÉS MANQUANTS OU À ACTUALISER  
  •  Les aires de présence de la Cigogne noire et du Pygargue à queue blanche
  Ces aires de présence n’avaient effectivement pas été prises en compte dans le projet de cartographie, alors que les aires de présence du Balbuzard Pêcheur et Milan royal l’étaient, avec un niveau de hiérarchisation en " Fort possible " compte tenu du fait qu’il s’agissait de zones très larges, englobant l'essentiel des zones de reproduction des ces espèces dans la région, avec un niveau d’enjeux pas forcément homogène et dépendant du positionnement précis des sites de reproduction.
  Suite donnée : les aires de présence de la Cigogne noire et du Pygargue à queue blanche présentée sur la carte ci-dessous seront intégrées au projet de cartographie avec un niveau de hiérarchisation identique à celui des aires de présence du Balbuzard pêcheur et du Milan royal, mais avec l’ajout dans le guide de recommandations régionales accompagnant la cartographie, de la mention suivante : " En cas d’intention de projet, dans les aires de présence d’espèces protégées d’avifaune, le porteur de projet est invité à vérifier le plus en amont possible les données plus précises sur les sites de reproduction identifiés dans ces secteurs et de s’en écarter d’au minimum 3 km. Même avec cette précaution, il devra par ailleurs réaliser une étude spécifique approfondie sur l’impact de son projet sur l’espèce mentionnée. "
 
 
   p.12.
 
"... De nombreux avis sur les niveaux de hiérarchisation retenus
  DES INTERROGATIONS IMPORTANTES SUR LES ÉCARTS ENTRE ZFDE AFFICHÉES ET LES PROJETS À L’ÉTUDE, À L’INSTRUCTION OU RÉCEMMENT « AUTORISÉS/REFUSÉS »
  De nombreux avis signalent ce type d’écart. En règle générale, ils portent sur les secteurs où des enjeux ont été modifiés par rapport aux ex-Schéma Régionaux Éolien. Il faut donc rappeler que les enjeux ont évolué, à la hausse ou à la baisse, du fait de nouvelles contraintes, UNESCO, PN de Forêts, plans de paysage éoliens départementaux…, de l’évolution de cadre réglementaire, zones de coordination radar, possibilité de radar de compensation, ou du fait même de l’intensité du développement sur certains secteurs : Saturation paysagère. L’extrait de carte ci-après illustre notamment l’évolution des enjeux paysagers pris en compte et qui sont désormais classés hors zones favorables et le nombre important de projets en instruction qu’ils concernent.
  Il faut d’ailleurs souligner que dans ces zones déjà fortement équipées, si ces enjeux paysagers sont pris en compte comme des contraintes nouvelles, la densification de l’éolien peut être envisagée, dès lors que les nouvelles implantations n’aggravent pas la situation en réduisant les angles de respiration résiduels. Les zones favorables au repowering et à la densification mettent en évidence ces possibilités.
  En tout état de cause, dans ces secteurs, compte tenu de l’évolution des enjeux, les décisions passées sur l’autorisation ou le refus de projet ne préjugent pas des décisions futures et la carte ZFDE propose un cadre de référence actualisé pour orienter en particulier les réflexions sur de
nouveaux projets.
  Enfin, à la marge, la carte ZFDE n’étant pas opposable des projets pourront certainement être autorisés en dehors des ZFDE, comme ce fut le cas pour les ex-SRE. En effet, l’instruction des demandes d’autorisation environnementale restant faite au cas par cas, l’autorisation du projet sera accordée au regard de l’étude d’impact présentée par le pétitionnaire et notamment de la bonne mise en œuvre de la séquence " éviter-réduire-compenser
".
 

  p. I7.

"... BIODIVERSITÉ : DEMANDE DE CLASSER HORS ZONES FAVORABLES LES SITES PATRIMONIAUX OU D’INVENTAIRE
  De très nombreux avis défendent ce reclassement, pour tout ou partie des enjeux suivants : Natura 2000, ZNIEFF de type I et 2 , site des conservatoires des espaces naturels, réserves naturelles de chasse et de faune sauvage, aire de présence d’espèces protégées d’avifaune. Ces avis sont motivés par la volonté de mieux protéger et valoriser la biodiversité régionale.
  - Les zones Natura 2000, les ZNIEFF de type I, les sites des conservatoires des espaces naturels et les réserves naturelles de chasse et de faune sauvage identifient des secteurs d’une superficie en général limitée caractérisés par la présence d’espèces, d’associations d’espèces ou de milieux, rares, remarquables, ou caractéristiques du patrimoine naturel national ou régional. En Grand Est, aucun projet ne s’est développé dans ces zones et un potentiel suffisant existe en dehors de ces sites pour atteindre les objectifs de développement de l’éolien. Le niveau de hiérarchisation de ces enjeux a été fixé dans le cadre d’une harmonisation nationale, mais le bilan de la concertation et le caractère quasi unanime des avis recueillis sur cette question permettent de solliciter l’accord du niveau national pour classer ces secteurs hors zones favorables en enjeux " Forts ".
  - Les ZNIEFF de type 2 correspondent à de grands ensembles naturels riches et peu modifiés, offrant des potentialités biologiques importantes : cf extrait de carte ci-dessous. Ce type de ZNIEFF couvre des territoires qui représentent en fait des superficies imposantes. Ces superficies peuvent d’ailleurs inclure en leur sein, une ou plusieurs zones de type I et couvrent de grands ensembles comme des massifs montagneux, ou des paysages. Certaines parties de la zone peuvent ne pas comporter d’espèces ou d’espaces remarquables mais participent à un ensemble. Elles ont donc été classées en enjeu " modéré " car les secteurs les plus remarquables de ces grands ensembles sont en général identifiés par d’autres enjeux avec un niveau de sensibilité à l’éolien plus élevé.
  - Les aires de présence d’espèces du balbuzard pêcheur et Milan royal correspondent à des zones très larges, englobant l'essentiel des zones de reproduction de ces espèces dans la région : cf extrait de carte ci-dessous. Le niveau d’enjeux n’est donc pas forcément homogène et dépend notamment du positionnement précis des sites de reproduction. En tout état de cause, en cas de projet dans ces secteurs, des études spécifiques approfondies sur l’espèce mentionnée devront être réalisées.
  Rem : des données plus précises existent sur les sites de reproduction, mais elles évoluent d'une
année sur l'autre et sont par ailleurs considérées comme sensibles et ne peuvent donc être
publiées.
  Suite donnée : le niveau de hiérarchisation des zones Natura 2000, des ZNIEFF de type I, les sites des conservatoires des espaces naturels et des réserves naturelles de chasse et de faune sauvage sera, sous réserve de l’accord ministériel, rehaussé en niveau " fort " hors zones favorables.
  Le niveau de hiérarchisation des ZNIEFF de type 2 sera maintenu en niveau "
modéré ".
  Les niveaux de hiérarchisation des aires de présence du Balbuzard pêcheur et du Milan royal seront maintenus en niveau "
Fort possible
", mais avec l’ajout dans le guide de recommandations régionales accompagnant la cartographie, de la mention suivante : " En cas d’intention de projet, dans une ZNIEFF de type 2, le porteur de projet est invité à vérifier les données d’inventaire de la zone notamment vis-à-vis des espèces susceptibles d’être sensibles au développement éolien. "
 

  p. I9.

"...   BIODIVERSITÉ : DEMANDE DE PLACER LE COULOIR DE MIGRATION AVIFAUNE HORS ZONE FAVORABLE
  Le couloir principal de migration avifaune du SRE champagne Ardenne a été jusqu’ici bien préservé car bien caractérisé géographiquement et de largeur modéré. Ce même couloir est beaucoup plus large dans le SRE Lorraine, notamment en Meuse, et de nombreuses éoliennes y sont implantées : cf extrait de carte ci-dessous.
  En cohérence avec ce constat, l’enjeu a été classé en " fort possible
", tout en renforçant la hiérarchisation de la zone RAMSAR, [" Certaines zones humides, les sites " Ramsar ", sont reconnues d’importance internationale et désignées comme telles par la France, au titre de la convention de Ramsar sur les milieux humides : Convention du 2 février I97I relative aux zones humides d’importance internationale particulièrement comme habitats des oiseaux d’eau. "] classée en " très fort " hors zone favorable en tant que zone étape des oiseaux migrateurs. Et la recommandation d’éviter ce secteur a par ailleurs été intégrée dans la notice de recommandations d’accompagnement pour le département de la Marne.
  Suite donnée : le niveau de sensibilité du couloir de migration avifaune ne sera pas modifié, mais la recommandation départementale sur l’évitement de ce couloir déjà inscrite pour la Marne sera élargie à l’Aube, et une recommandation d’étude détaillée de cet impact sera formulée pour l’ensemble des départements.
  Par ailleurs, la couche de donnée sera actualisée et complétée.
"
 

  pp. 20-2I.

"...  DES POSITIONS CONTRASTÉES SUR LE CLASSEMENT HORS ZFDE DES ZONES BOISÉES ET D’UNE BANDE TAMPON DE 200 M AUTOUR DE CES ZONES
  Suivant les contributeurs et selon leur sensibilité en faveur de la préservation de la biodiversité, ou en faveur du développement éolien, les avis sont opposés sur le niveau de hiérarchisation retenu.
  Les premiers souhaitent remonter le niveau de contrainte pour considérer les forêts en enjeu " très fort " et demandent l’ajout d’une zone tampon préservée de 200 m autour des bois et haies pour préserver les lisières ; alors que les seconds demandent la possibilité d’autoriser des projets au cas par cas en forêt en particulier sur les territoires où le couvert forestier est très important et offre peu d’autres possibilités de développement.
  Jusqu'ici en Grand Est le développement des parcs se concentre essentiellement dans des paysages d' openfield; et dans le cadre du SRE Champagne-Ardennes, qui sert toujours de référence aujourd’hui pour l'instruction des projets, les zones boisées étaient classées hors zone favorable, sur la base des éléments suivants " La fragilité des milieux, qu’ils soient agricoles ou forestiers, doit être prise en compte dans l’implantation des parcs éoliens en région. En particulier, la grande sensibilité environnementale des forêts est incompatible avec l’implantation de projets éoliens. ". [avec toutefois des exceptions comme... le Parc national des Forêts qui comprend, dans son périmètre, deux usines éoliennes : Langres sud, 26 éoliennes et, bientôt, Le Langrois : 8 éoliennes; l'usine de I7 éoliennes, dit Vannier amance, où le préfet de l'époque convient que la distance de 200m est non respectée : "... la distance d'éloignement figurant dans le Schéma régional éolien par rapport aux espaces boisés recommandée par l'Organisme européen pour la protection des chauves-souris, EUROBATS, est respectée dans la demande du pétitionnaire, sauf pour les éoliennes E2, E3, E4, E5, E6, E7, E8, E9, (...) E22, E23 et E24, ... " ; soit  11 éoliennes sur 17 !; Arrêté n° 995 du 9 mars 2015] Le guide national relatif à l’élaboration des études d’impacts des projets de parcs éoliens terrestres nationaux recommande par ailleurs :
  - pour l’analyse des impacts sur l’avifaune des parcs en forêts : la réalisation d’expertises plus spécifiques, notamment pour les rapaces, pics et espèces crépusculaires ;
  - pour les chiroptères, sur la base de la convention Eurobats, l’application de distances d’éloignement préventives vis-à-vis des lisières forestières, implantation en forêt etc., qui nécessitent si elles ne sont pas respectées, de démontrer l'absence d'enjeux chiroptérologiques à proximité des haies et lisières.
  Sur la base de ces éléments, les zones boisées ont donc été classées en enjeux " forts
" hors zone
favorable à l’éolien.
  Suite donnée : le niveau de sensibilité des zones boisées ne sera pas modifié, et les recommandations ci-dessus tirées du guide national seront reprises dans le guide de recommandations régionales accompagnant la cartographie.
 
Pour les collectivités qui ont exprimé le souhait de développer l’éolien en forêt, l’exercice à venir de définition des zones d’accélération au développement de l’éolien peut être l’occasion d’avoir une approche plus fine de ces enjeux. Et si des études environnementales locales démontrent la faiblesse des enjeux avifaune et chiroptère notamment sur certaines zones boisées, des zones d’accélération plus larges que les zones favorables pourraient être proposées notamment en intégrant des secteurs boisés. "
  p. 22. 
 
"... DES POSITIONS CONTRASTÉES SUR LA HIÉRARCHISATION DES ENJEUX PAYSAGERS ET DU PATRIMOINE HISTORIQUE
  Les demandes de rehausse d’enjeux portent sur : ajout de zones tampon de I0 kms de protection autour de tous les Monuments Historiques; protection de tous les paysages identifiés comme à enjeu dans les différentes études existantes ; augmentation des distances de prise en compte du phénomène de saturation, I0 km au lieu de 5 km, et de la valeur d’angle minimale de respiration : I80° au lieu de I20 °.
  Et au contraire, des demandes d’abaissement ont été recensées concernant notamment les zones de saturation paysagère, sur la protection des biens UNESCO pour ne statuer qu’au cas par cas.
  La couche " Référentiel des paysages de l’Aube " est également contestée car l’argumentation paysagère de la délimitation de la zone d’enjeux de forme géométrique est jugée insuffisante.
• Concernant les monuments historiques ou sites, classés et inscrits
  L’ajout demandé de zone tampon de I0 km autour des périmètres réglementairement protégés amènerait à couvrir la quasi-intégralité du territoire régional.
  Le choix a donc été fait de conserver les sites patrimoniaux emblématiques qui étaient identifiés dans les ex-SRE et qui ont été respectés jusqu’ici.
  Au-delà des périmètres réglementaires, l’analyse de l’impact se fera au regard du niveau de co- visibilité avec le projet de parc et du contexte éolien existant.
• Concernant la saturation visuelle
  Elle ne fait pas l’objet d’une définition unanime, mais cet enjeu est reconnu comme à prendre en compte.
  La loi d’accélération des ENR promulguée le I0 mars 2023 confirme par exemple la nécessité de prendre en compte cet enjeu dans le document d'orientation et d'objectifs des SCOT : " Les orientations en matière de préservation des paysages ainsi qu'en matière d'insertion et de qualité paysagères des activités économiques, agricoles, forestières et de production et de transport d'énergie, les espaces naturels, agricoles, forestiers ou urbains à protéger, notamment en raison de leur participation à l'amélioration du cadre de vie. Il précise la manière dont les paysages vécus et leurs composantes naturelles, historiques et socio-culturelles sont pris en compte dans les choix d'aménagements et veille à limiter les effets de saturation visuelle. "
  Différents documents de référence nationaux traitent de cet enjeu : le guide relatif à l'élaboration des études d’impacts des projets de parcs éoliens terrestres, et dans l’état des lieux national de la jurisprudence sur l’impact paysager des projets éoliens en France. D’après ces documents, deux paramètres peuvent être utilisés pour caractériser cet enjeu depuis un point de vue donné : l’angle de vision résiduel sans éolienne et la distance de perception : rayon.
  Pour la cartographie ZFDE Grand Est, la valeur seuil d’angle de respiration retenue, correspond à la vision binoculaire humaine qui est de I20°, référence utilisée dans le guide national relatif à l’élaboration des études d’impacts des projets de parcs éoliens terrestre.
  Pour la distance de visibilité, une analyse de la jurisprudence nationale produite en septembre 2020 par la DGALN indique que le juge apprécie la densité des parcs éoliens en relevant le nombre d’éoliennes existantes ou autorisées, le plus souvent dans un périmètre rapproché : I0 km.
  La combinaison de ces deux paramètres a permis d’établir deux graduations pour la cartographie Grand Est. Seule la " Zone très sensible à la saturation paysagère ", qui correspondant aux bourgs n’ayant plus d’espace de respiration de I20° d’un seul tenant dans un rayon de 5 km depuis leur centre est classée hors ZFDE. L’ensemble du disque de 5 km autour de ce point est alors intégré dans ce zonage.
  Ces secteurs restent par ailleurs favorables à une densification sous réserve de ne pas dégrader les angles de respiration résiduels, logique possible de remplissage de " dents creuses
", et au repowering.
• Concernant les plans de paysages départementaux Ardennes, Aube, Haute-Marne et Meuse
  Ces plans de paysage traitent de façon détaillée, sinon exclusive, de l’enjeu d’intégration paysagère des parcs éoliens dans les différentes entités paysagères des départements concernés. Les niveaux de sensibilité retenus renvoient ainsi aux justifications figurant dans ces documents de référence publiés sur les sites internets départementaux de l’État. 
  Suite donnée : Les niveaux de hiérarchisation ne seront pas modifiés concernant ces enjeux, mais des recommandations complémentaires pourront être intégrées dans le guide régional d’accompagnement de la carte, notamment les préconisations de la charte éolienne UNESCO des Coteaux, Maisons et Caves de Champagne porteurs de projet seront invités à se rapprocher des pôles ENR départementaux pour permettre un échange amont avec l’ensemble des parties prenantes sur les enjeux à prendre en compte pour leur projet. "
  pp. 25-26.
 
"... Des impacts à mieux signaler et prendre en compte dans les recommandations d’usage de la carte
  LA PROBLÉMATIQUE DES ENJEUX CUMULÉS NON PRISE EN COMPTE
  Plusieurs contributions pointent une faiblesse du projet de cartographie des ZFDE, qui en chaque point du territoire retient le niveau de contrainte le plus élevé des enjeux présents pour apprécier le classement en zone favorable ou non.
  Il s’agit effectivement d’un choix méthodologique, qui impose comme mentionné dans le diaporama explicatif de réaliser l’étude en enjeux cumulés au cas par cas pour chaque projet.
  Suite donnée : cette nécessité de réaliser l’étude en enjeux cumulés au cas par cas sera ajoutée dans le guide de recommandations régionales accompagnant la cartographie.
  " La cartographie comporte des zones identifiées comme favorables sur lesquels coexistent plusieurs enjeux qui pris individuellement ne justifient pas un classement hors zone favorable, mais qui en cumulés peuvent rendre la faisabilité d'un projet très difficile.
Même en zone favorable, les porteurs de projets doivent donc toujours vérifier l'ensemble des enjeux présents sur le territoire
, et apprécier au cas par cas la compatibilité de leur projet avec ces enjeux cumulés. "
  p. 28. 
 
" ... RECOMMANDATION PAR RAPPORT AUX DEMANDES D’ÉLOIGNEMENT DES ZONES HABITÉES AU-DELÀ DES 500 M RÉGLEMENTAIRES
  Plusieurs avis considèrent que cette distance tampon réglementaire de 500 m est insuffisante au regard notamment des nuisances sonores et visuelles générées par les éoliennes et de leur impact paysager croissant en fonction de la hauteur des mâts et pales et de leur effet sur la santé.
  Le guide national relatif à l'élaboration des études d’impacts des projets de parcs éoliens terrestres comporte à la fois des éléments d’appréciation sur la sensibilité de ces impacts et précise la méthode d’analyse pour caractériser les impacts et réduire.
  Sur les émissions sonores des éoliennes par rapport à la situation existante, il prévoit la " nécessité de modéliser la propagation sonore du bruit des éoliennes sur le site, en fonction des vitesses de vent, des conditions météorologiques et des caractéristiques physiques du site : positionnement et puissances acoustiques des sources de bruit, éloignements des habitations, topographie, nature des sols, ...,.

  Les contributions sonores des éoliennes obtenues après modélisation en fonction des vitesses de vent sont ensuite comparées aux valeurs de bruit de fond afin de valider le respect des seuils réglementaires. … l' étude acoustique doit, comme pour les autres thématiques, prendre en compte les effets cumulés. "
  En règle générale, ces exigences conduisent les porteurs de projet à positionner leur projet bien au- delà de la zone tampon des 500 m.
  Suite donnée : La zone tampon réglementaire de 500 m par rapport aux zones habitées ne peut être augmentée. Le guide de recommandations régionales accompagnant la cartographie pourra cependant être complété de la recommandation suivante : " Au delà du respect de la zone tampon d’interdiction réglementaire à moins de 500 m des zones habitées, cette distance d’éloignement doit être adaptée en fonction de l’analyse des impacts du projet et de la mise en œuvre de la séquence : Éviter – Réduire- Compenser "
  p. 28. 
 
Conclusion et synthèse des apports de la concertation
Les apports de la concertation sont synthétisés ci-dessous
 
LES ENJEUX AJOUTÉS ET LE NIVEAU DE HIÉRARCHISATION RETENU
[Fposs =  " Fort possible " / F = " Fort "]
 
 
  Si les données classé en " Fposs " devaient trop alourdir le fonctionnement de la carte, elles seront a minima proposées en téléchargement complémentaire.

LES NIVEAUX DE HIÉRARCHISATION MODIFIÉS SUITE À LA CONCERTATION

  LES COMPLÉMENTS APPORTÉS AU GUIDE DE RECOMMANDATIONS RÉGIONALES ACCOMPAGNANT LA CARTOGRAPHIE



  pp. 32-33-34-35.


***

Notice de recommandations relatives à l’usage de la cartographie des zones favorables au développement de l’éolien en Région Grand Est

Recommandations relative au repowering et à la densification
" Une priorité régionale en faveur du repowering / densification
  Compte tenu du développement éolien déjà bien ancré dans la région, le renouvellement des parcs éoliens anciens constitue un levier majeur de gains de production d’électricité renouvelable et donc une priorité régionale en termes de poursuite de développement
  Dans les zones déjà fortement équipées, l’enjeu de saturation paysagère doit être pris en compte, mais la densification de l’éolien peut être envisagée, dès lors que les nouvelles implantations n’aggravent pas la situation en place, en réduisant les angles de respiration résiduels existants. 
  Sur la délimitation du zonage proposé avec un rayon de 250 m autour des mâts existants
ou autorisés

  Le tampon de 250 m intégré dans la carte des zones favorables a été défini pour rendre lisible les zones équipées, éoliennes existantes ou autorisées restant à construire, susceptibles de faire l’objet de renouvellement.
  Il n’a pas vocation à définir une limite de zone d’implantation pour les opérations de renouvellement de parc avec remplacement des installations existantes par d’autres ou pour les éventuelles opérations de densification.
  Pour la densification, le principe à respecter est de ne pas dégrader les angles de respiration résiduels, dans une logique de remplissage de « dents creuses
» qui n’ajouterait donc pas d’impact paysager supplémentaire.
  Cette analyse ne peut se faire au cas par cas, et ne peut donc faire l’objet de la définition d’un zonage limitatif même indicatif. "
  p. 3. 
 
"  Possibilité de repowering dans les zones d’enjeux fort ou très fort.
  Comme indiqué dans le § précédent sur le cadre réglementaire relatif au repowering, différents types d’opération peuvent être envisagées pour le renouvellement d’un parc, y compris des opérations de renouvellement des éoliennes par des éoliennes de dimensions identiques, même hauteur totale et même longueur de pales, et au même emplacement des éoliennes, qui ne nécessiterait alors qu’un porté à connaissance dans lequel l'exploitant précise les dispositions prises pour la réalisation des travaux, périodes de travaux notamment, et les conditions de remise en état.
  Même en zone d’enjeux forts ou très fort, le repowering ne peut donc être exclu.
"



  p. 4.
 
Recommandations relatives aux paysages
AUCUNE REMARQUE SUR LA HAUTE-MARNE !...
  p. 5. 
 
" Recommandations relatives à la biodiversité
La préservation et restauration de la trame verte et bleue du SRADDET
  Les porteurs de projet sont invités à prendre en compte de cet enjeu en se rapportant à l’objectif 7 et à la règle n°8 « Préserver et reconquérir la Trame verte et bleue » du SRADDET et à vérifier comment ils ont été déclinés dans les documents d’urbanismes applicables sur la zone d’implantation.
Pour mémoire le Guide national relatif à l'élaboration des études d’impacts des projets de parcs éoliens terrestres, comprend un § « 6.6.3. Prise en compte des Trames vertes et bleues, — Continuités écologiques » qui apporte les précisions suivantes :
  « Les interactions entre les projets de parcs éoliens et la Trame verte et bleue sont généralement très réduites, en raison des impacts ponctuels des emprises, qui n’engendrent par ailleurs pas de ruptures ou d’atteintes aux capacités d’échange.
 Le choix des caractéristiques du projet de parc éolien doit permettre d’éviter tout impact notable sur un « réservoir de biodiversité » ou un corridor écologique identifiés dans le SRCE ou les documents d’urbanisme : SCoT, PLU. » "
 
"  Couloirs principaux de migration avifaune à éviter
  Le couloir principal de migration avifaune du SRE Champagne-Ardenne est bien respecté car bien caractérisé géographiquement et de largeur modéré. Ce même couloir était beaucoup plus large dans le SRE Lorraine, notamment en Meuse, et de nombreuses éoliennes y sont implantées. Le travail d’harmonisation régionale a donc conduit à classer cet enjeu en fort au niveau Grand Est. En revanche, la zone RAMSAR, en tant que zone étape des oiseaux migrateurs, a été reclassée à ce titre en contrainte très forte.
  De façon générale, une attention spécifique doit être apportée à ces couloirs de migrations principaux dans lequel l’implantation d’éoliennes reste peu favorable.
  Des études renforcées à prévoir dans les aires de présence du Balbuzard Pêcheur, du Milan royal, de la Cigogne noire et du Pygargue à queue blanche.
  En cas d’intention de projet, dans les aires de présence de ces espèces protégées d’avifaune, le porteur de projet est invité à vérifier le plus en amont possible les données plus précises sur les sites de reproduction identifiés dans ces secteurs et de s’en écarter d’au minimum 3 km. Même avec cette précaution, il devra par ailleurs réaliser une étude spécifique approfondie sur l’impact de son projet sur l’espèce mentionnée. 
  Une attention particulière à porter aux espèces sensibles à l’éolien en ZNIEFF de type 2
  En cas d’intention de projet, dans une ZNIEFF de type 2, le porteur de projet est invité à vérifier les données d’inventaire de la zone notamment vis-à-vis des espèces susceptibles d’être sensibles au développement éolien.
"
  p. 6.
 
"  Des zones boisées hors zones favorables compte tenu de leur sensibilité environnementale, notamment au regard de l’avifaune et des chiroptères qu’elles abritent
  Jusqu'ici en Grand Est le développement des parcs s’est fait quasi-exclusivement hors des espaces boisées, et dans le cadre des Schémas Régionaux Éoliens, en particulier en Champagne-Ardennes, les zones boisées étaient classées hors zone favorable pour leur grande sensibilité environnementale.
  Le guide national relatif à l’élaboration des études d’impacts des projets de parcs éoliens terrestres nationaux recommande par ailleurs :
  - pour l’analyse des impacts sur l’avifaune des parcs en forêts : la réalisation d’expertises plus spécifiques, notamment pour les rapaces, pics et espèces crépusculaires ;
  - pour les chiroptères, sur la base de la convention Eurobats, l’application de distances d’éloignement préventives vis-à-vis des lisières forestières, implantation en forêt etc., qui nécessitent si elles ne sont pas respectées, de démontrer l'absence d'enjeux chiroptérologiques à proximité des haies et lisières.
  Une recommandation de prendre en compte une zone tampon de 200 m autour des haies et lisières est par ailleurs formulée dans la convention européenne Eurobats relative aux chauves souris.
  Les zones boisées restent donc hors zone favorable dans la carte, MAIS certaines collectivités qui ont exprimé le souhait de développer l’éolien en forêt, ont l’occasion dans le cadre de la définition de leurs zones d’accélération du développement de l’éolien d’avoir une approche plus fine de ces enjeux. Et si des études environnementales locales démontrent la faiblesse des enjeux avifaune et chiroptère notamment sur certaines zones boisées, des zones d’accélération plus larges que les zones favorables pourraient être proposées notamment en intégrant des secteurs boisés.
  Les recommandations ci-dessus tirées du guide national seraient alors à appliquer par les porteurs de projet envisageant de s’implanter dans ces zones.
"
  p. 7. 

" Recommandations relatives à la ressource en eau
  La prise en compte des périmètres de protection de captage rapprochés et éloignés
  Par souci de lisibilité et s’agissant de données sensibles, la couche de donnée SIG [système d'information géographique
] des périmètres de protection de captage rapprochés ne figure pas dans la carte interactive de l’atlas des enjeux / contraintes Grand Est.
  Pour autant, compte tenu du niveau de sensibilité de ces périmètres, ils sont à considérer comme défavorables à l’installation d’éolienne. Et dans le cas où il serait néanmoins envisagé d’implanter des éoliennes au sein d’un périmètre de protection rapprochée, l’avis d’un hydrogéologue agréé en matière d’hygiène publique serait requis : cf guide relatif à l’élaboration des études d’impacts des projets de parcs éoliens terrestre.
  En cas de projet dans un périmètre de protection éloigné, l’enjeu de préservation de la ressource en eau doit être pris en compte dans l’étude d’impact du projet.
"
  p. 8. 

"...  Recommandation par rapport aux demandes d’éloignement des zones habitées au-delà des 500 m réglementaires
  Le guide national relatif à l'élaboration des études d’impacts des projets de parcs éoliens terrestres comporte à la fois des éléments d’appréciation sur la sensibilité de ces impacts et précise la méthode d’analyse pour caractériser les impacts et réduire.
  Sur les émissions sonores des éoliennes par rapport à la situation existante, il prévoit la « nécessité de modéliser la propagation sonore du bruit des éoliennes sur le site, en fonction des vitesses de vent, des conditions météorologiques et des caractéristiques physiques du site : positionnement et puissances acoustiques des sources de bruit, éloignements des habitations, topographie, nature des sols, ...,.
  Les contributions sonores des éoliennes obtenues après modélisation en fonction des vitesses de vent sont ensuite comparées aux valeurs de bruit de fond afin de valider le respect des seuils réglementaires.,.. l' étude acoustique doit, comme pour les autres thématiques, prendre en compte les effets cumulés.
»
  En règle générale, ces exigences conduisent les porteurs de projet à positionner leur projet bien au- delà de la zone tampon des 500 m.
  En tout état de cause, au delà du respect de la zone tampon d’interdiction réglementaire à moins de 500 m des zones habitées, cette distance d’éloignement doit être adaptée en fonction de l’analyse des impacts du projet et de la mise en œuvre de la séquence : Éviter – Réduire- Compenser.
"
 
Une prise en compte des enjeux fonciers et agricoles à intégrer
  Le guide national relatif à l'élaboration des études d’impacts des projets de parcs éoliens terrestres comporte à ce sujet le § 7.9.3. Activités agricoles, qui précise la nature des impacts et les modalités de prise en compte :

  « L’emprise globale d’un parc éolien est peu significative ; elle est constituée de l’emprise directe des éoliennes, mais les fondations étant enfouies sous au moins un mètre de terre végétale, cette emprise agricole est minime, de l’emprise des postes de livraison électrique et de maintenance, emprise également minime, et des emprises des aires de grutage et des chemins d’accès et de desserte : elles constituent les emprises majeures.
  Le détail quantitatif de ces différentes emprises, en phase de chantier et en phase de fonctionnement, doit être indiqué, ainsi que les moyens mis en oeuvre pour réduire ces emprises. On distinguera la consommation des terres agricoles en particulier en vue de la consultation de la Commission Départementale de Consommation des Espaces Agricoles.
  L’étude d’impact devra également préciser si le projet concerne des appellations d’origine contrôlée ou protégée, ou une indication géographique protégée.
»
  Les porteurs de projets doivent donc intégrer ces enjeux dans l’étude d’impact du projet, et notamment réaliser une analyse en effets cumulés.
  Quelques préconisations spécifiques sont par ailleurs à prendre en compte : privilégier les implantations en bord de chemin plutôt qu’en milieu de parcelle ; intégrer dans le cadre des travaux des mesures d’aménagements agroenvironnementaux, pollinisateurs, prédateurs ; etc.
"
  pp. I0-11.
 
"... La prise en compte des contraintes transfrontalières
  Pour l’instant, la disponibilité et les formats des données entre États ne permettent d’intégrer à l’atlas régional Grand Est les enjeux et contraintes des pays voisins, mais les porteurs de projets à proximité des frontières doivent intégrer dans leur étude d’impact l’analyse de ces enjeux transfrontaliers.  "
  p. 11.

 La carte des zones favorables au développement de l’éolien Grand Est issue de la concertation est ainsi la suivante. Elle ne sera définitivement validée qu’après décision nationale sur la demande de dérogation transmise le I4 juin.

Un tutoriel vidéo d’utilisation de la cartographie est disponible en cliquant sur ce lien.

  Cette cartographie, non opposable, constitue la donnée d’entrée indicative relative à l’éolien que l’État met à disposition des collectivités pour le travail de planification qu’elles doivent réaliser en application de la loi d’accélération des énergies renouvelables.

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L' AGONIE D'UNE ARMÉE, METZ I870, JOURNAL DE GUERRE D'UN PORTE-ÉTENDARD DE L' ARMÉE DU RHIN, ÉPISODE II

Précédemment
https://augustinmassin.blogspot.com/2023/08/l-agonie-dune-armee-metz-i870-journal.html


I


LA DÉCLARATION DE GUERRE


  Les causes de la déclaration de guerre sont trop connues pour que je les rappelle ici; le I5 juillet ce fut une explosion de joie au régiment, quand on apprit que l'on devait se préparer à la mobilisation. ["... I5 juillet : les crédits de guerre sont votés par le Corps législatif. S’y oppose Adolphe Thiers : « Vous n’êtes pas prêts, cette guerre que vous vous apprêtez à faire est une folie ». Son hôtel est caillassé le soir même. Sur les 32 députés républicains, 20 ne votent pas contre les crédits de guerre mais s’abstiennent. Thiers est le seul à s’y opposer, lors de 4 votes; I7 juillet : la France déclare la guerre à la Prusse, notification officielle, le I9 juillet, Napoléon III prend la tête du commandement des armées, le maréchal Le Bœuf en est le major-général., ... "; sur le Web]
  Le 7e cuirassiers avait un détachement à Châteaudun,[Eure-et-Loir, 28] mais tenais garnison à Chartres. Nous nous rappelons l'effervescence qui régnait à cette époque; sans être consignés en ville, nous n'osions pas nous éloigner, dans la crainte qu'un ordre de départ toujours attendu vînt nous surprendre.
  Ce fut avec un joyeux élan que notre régiment fit ses préparatifs pour la mobilisation. Enfin, on allait donc combattre, aborder l'ennemi. Aucun de nos soldats ne se préoccupait des motifs du conflit entre France et Allemagne; ["... Les tensions déjà considérables entre la Prusse et la France sont exacerbées lorsque Napoléon III apprend la candidature de Leopold von Hohenzollern-Sigmaringen, I835-I905, lointain cousin du roi Guillaume Ier, au trône d’Espagne. En effet, le gouvernement espagnol lui propose la couronne après l’abdication de la reine Isabelle II en I868. Pressé d’accepter par le chancelier prussien, le prince Leopold se retrouve placé sous la pression de Napoléon III, — qui ne peut concevoir d’être encerclé par deux Hohenzollern, — et de Guillaume Ier, — qui ne voulait pas envenimer davantage les relations avec la France pour le moment. Malgré la renonciation publique du prince Leopold, ni Bismarck, ni Napoléon III ne veulent en rester là : le ministre-président cherche à pousser la France à la guerre, sûr de ses forces et convaincu qu’il pourrait enfin unifier toute l’Allemagne, tandis que l’Empereur craint qu’en dépit de l’abandon officiel, les Hohenzollern ne soient malgré tout décidés à s’emparer de la couronne délaissée. Le 2 juillet I870, Bismarck fait une déclaration publique dans laquelle il annonce à nouveau la candidature du prince Leopold. Cette nouvelle suscite un véritable tollé en France et toute la presse s’embrase. Le gouvernement d’Émile Ollivier ne peut rester longtemps sans réponse, et le ministre des Affaires étrangères Agénor de Gramont réplique à travers un discours belliciste que la presse française soutient, — quasi, —unanimement. Le 9 juillet, sur ordre de l’ambassadeur de l’Empire français en Prusse, le diplomate Vincent Benedetti est envoyé à Ems où se trouve le roi Guillaume Ier. Au terme de l’audience, le roi accepte de retirer officiellement la candidature de son cousin le prince Leopold. Néanmoins, se méfiant d’un énième calcul politique des Prussiens, Gramont prie le comte Benedetti d’exiger formellement un engagement écrit du souverain, lequel refuse catégoriquement une telle demande. L’histoire prend une tournure dramatique. Au soir de l’entrevue avec Benedetti, Guillaume Ier écrit un télégramme à son ministre-président Bismarck pour lui rapporter les nouvelles exigences des Français. Flairant l’opportunité « d’exciter le taureau gaulois » et de le pousser à commettre une erreur lourde de conséquences, Bismarck prend le loisir de reformuler la dépêche de manière provocante et outrageuse, et de la publier sous le nom de « Dépêche d’ Ems » dans les journaux allemands. Certains journaux français titrant le recul de la Prusse devant les pressions françaises, le ministre-président rédige une seconde version, « condensée », de la dépêche qu’il transmet à tous les ambassadeurs : de cette manière, toutes les parties concernant la renonciation à la couronne sont volontairement omises. Dernier coup de maître de Bismarck, l’utilisation, subtile, d’un faux-ami, la dépêche précisant que le roi, en dépit de l’insistance de l’ambassadeur, refusa de recevoir l’ambassadeur et qu’il manda un Adjutant [officier d’État-major en allemand] pour le lui dire.,... "; sur le Web] un seul désir les animait : faire campagne.
  L' Empereur avait assumé le lourd fardeau du commandement en chef et choisi pour chef d'état-major le maréchal Lebœuf qui devait quitter le ministère de la Guerre où sa présence était si utile à la tête de ce serviceI. Les aides-majors généraux étaient les généraux Lebrun et Jarras. [Barthélémy Louis Joseph Lebrun, I809-I889 / Hugues Louis Jarras, I8II-I890, auteur de l'ouvrage : " Souvenirs du Général Jarras, chef d'état-major général de l'armée du Rhin, I870, publiée par Mme Jarras, E. Plon, Nourrit, I892]
  On annonçait les grands commandements sans donner encore le nom de leurs titulaires.
 
Edmond Lebœuf, général, devenu Maréchal de France. Photo : Léon Crémière, I850.
 
Expédition de la dépêche d’ Ems " corrigée ". Sur le Web.

  L' Empereur devait rester à Paris jusqu'au 27 juillet. Il confia provisoirement la direction de l'armée, qui devait se former aux environs de Metz, au maréchal Bazaine. Celui-ci se trouvait comme désigné au choix du souverain par le parti de l'opposition. Napoléon n'osa pas aller contre ce courant d'opinion, et, malgré son antipathie instinctive contre le maréchal, antipathie que tous ceux de son entourage connaissait bien, il sut prendre sur lui de dissimuler; il signa donc la nomination de Bazaine. Celle-ci, à l'époque, fut très bien accueillie2.
  Après l'organisation, on s'aperçut vite qu'aucun commandant de corps d'armée ne semblait satisfait de servir sous les ordres du maréchal. Cet état d'esprit est toujours regrettable et préjudiciable à l'armée, mais il n'était plus le temps d'y revenir.
  Chez l'officier, l'amour de la carrière des armes entretient le patriotisme et le dévouement à la patrie. En garnison il anime ses soldats du feu sacré dont il est embrasé, il leur inculque l'esprit de sacrifice et toutes les vertus qui font les armées fortes et disciplinées. Le soldat ainsi préparé aime son chef, il est fier de son uniforme.
  La confiance était absolue, nous étions convaincus que nous passerions sur le corps des Prussiens pour atteindre Berlin d'une seule traite. Personne n'aurait osé émettre un doute à ce sujet sans être considéré comme un mauvais soldat.
  Seules, quelques personnes osèrent timidement signaler le désarroi qui se faisait sentir dans la concentration des corps d'armée à la frontière3. D'autres se montraient inquiets en présence des irrégularités indiscutables signalées par les journaux.
  Les généraux ne trouvaient pas leurs troupes aux emplacements désignés. Des détachements erraient à travers champs à la recherche de leurs régiments sans pouvoir les rencontrer.
  Ces bruits inquiétants étaient répandus par des pessimistes qui signalaient d'autre part toute l'activité déployée par l'ennemi. Heureusement, l'armée était étrangère à ces alarmes; rien ne pouvait ébranler sa confiance.
  Il faut cependant avouer que notre surprise fut grande au régiment, quand on apprit que les magasins centraux de Paris n'étaient pas en état de nous fournir les objets de campagne indispensables à une entrée en campagne, ni les cartouches réglementaires pour pistolets4. 
  Cela fit une impression fâcheuse, bien vite dissipée d'ailleurs quand on apprit que nous toucherions à Metz ce qui nous manquait. 
 

II

 

DE CHARTRES À PONT-À-MOUSSON, 2I juillet

 
  Le régiment était commandé depuis huit ans par le colonel Nitot, ancien soldat d' Afrique, adoré de tous, officiers et soldats; l'esprit de corps était parfait, les punitions rares.
  Un détachement de deux escadrons était à Châteaudun sous les ordres du commandant Bouthier. 
  Nous devions faire partie d'une division de cavalerie indépendante, commandée par le général marquis de Forton. Cette division comprenait deux brigades : la première, formée de notre régiment et du I0e cuirassiers, colonel Junker [ou Juncker ou Yuncker], la deuxième, composée des Ier et 9e dragons, plus nos deux batteries d' artillerie, la poste, le trésor et la prévôté, les services sanitaires et administratifs.
  Ces deux brigades étaient commandées : la première par le général de Gramont, duc de Lesparre, frère du ministre des Affaires étrangères, la seconde par le prince Murat.
  Les escadrons de guerre, en deux colonnes, s'embarquèrent en chemin de fer le 2I juillet, pour Pont-à-Mousson, [Meurthe-et-Moselle, 54] où toutes les fractions de la division devaient se réunir pour former la 3e division de cavalerie indépendante5.
  Les préparatifs du départ avaient été surveillés avec l'intérêt que comporte une mobilisation.
  Notre colonel, homme d'expérience, et plein de sollicitude pour ses officiers, nous obligea à déposer au magasin d'armement nos cuirasses de fantaisie pour revêtir des armures d'ordonnance.  Cette précaution a été très appréciée ensuite sur le champ de bataille, lorsque les projectiles allemands venaient s'aplatir contre nos plastrons à l'épreuve des balles.
  Toutes les dispositions bien arrêtées, on reçut l'ordre de départ avec une indescriptible joie. Le régiment tout entier était en fête.
  Je passerai sous silence l’émotion poignante et bien naturelle qui nous étreignit, lorsqu'il fallut nous séparer de notre famille et des amis venus nous souhaiter bonne chance à l'heure du départ. L'amour de la patrie, le sentiment du grand devoir à remplir donne le courage nécessaire quand l'âme est forte et la constitution bien trempée.
  Pâles, le cœur gros, nous montâmes à cheval, quelques camarades et moi, entourés de nos amis.  Nous partîmes d'un seul trait, au galop, suivis par nos ordonnances, pour nous soustraire à ces scènes attendrissantes; nous arrivâmes au quartier de cavalerie, souriant à nos cavaliers qui attendaient la sonnerie " à cheval " . Nous étions calmes, le sentiment du devoir nous donnait la force de dissimuler les émotions qui nous agitaient à ce moment.
  Sans faiblesse, le cœur joyeux, plein d'espoir, rempli de fierté et de noble orgueil, le régiment sortit du quartier vers midi au son d'une fanfare entrainante. La population l'accompagnait, enthousiaste, faisant cortège à " ses cuirassiers ". Sur tous les visages se lisait l'espoir de la victoire et la joie de marcher au combat. Quel beau jour ! Le cœur était à la gloire et à l'espérance.
  L'embarquement eut lieu vers une heure après midi, il faisait un soleil splendide. Cette opération s'acheva avec rapidité. En trente-cinq minutes, hommes, chevaux, bagages et armes, voitures régimentaires, forges, etc., tout fut placé dans les wagons. Des voitures de première classe avaient été réservées pour les officiers; avant de prendre place dans nos compartiments, nous nous assurâmes de la bonne installation de nos hommes et des chevaux. Le service de police, les gardes d'écurie à leur poste, rien ne laissait à désirer : on n'attendait plus que l'heure fixée pour le départ.
  La satisfaction se reflétait sur les traits de nos soldats, malgré les larmes versées par les spectateurs, qui pensaient peut-être à un fils, à un parent qu'ils craignaient de ne plus revoir. Toute la ville de Chartres était là.
  Seuls, quelques officiers montraient un visage attristé; c'étaient ceux de nos camarades qui, désignés par le sort, devaient demeurer à Chartres, sabre au fourreau, pour commander le dépôt du régiment. Ils étaient inconsolables et regardaient les partants avec des larmes dans les yeux. Tous auraient voulu faire campagne ! Nous les regardions, nous aussi, nous comprenions leur peine, nous leur disions des paroles d'encouragement, mais nul n'aurait voulu prendre leur place.
  Notre départ fut, on peut le dire, réellement triomphal, et son souvenir a dû se graver dans la mémoire de tous ceux qui en ont été les témoins. Quelle effusion, que de chaleureuses et sincères étreintes ! que de souhaits, de touchants espoirs ! Ce sont là des émotions difficiles à exprimer et impossibles à concevoir pour ceux qui ne les ont pas ressenties.
  Enfin l'heure sonna, on serra une dernière fois les mains tendues, les mains amies, puis le sifflet de la locomotive  retentit, le train se mit en marche, quitta très lentement le quai d'embarquement. Nous partions !
  En route pour Berlin !

7e cuirassiers, commandé par le colonel Nitot. Sur le Web.

 Que d'agréables souvenirs me reviennent, en recopiant ces pages qui me semblent écrites hier ! Et plus tard, que d'amertume, de désillusions ! Qui aurait osé prévoir, alors !...
  La foule compacte garnissait les quais et la gare; on fit un arrêt de quelques minutes à la station de la ville. Comment décrire ce patriotisme exubérant , les cris nourris et sonores, les " Vivent les cuirassiers ! — Vive l'armée ! — Vive la France ! — à Berlin ! " poussés par cette foule en délire ? On trépignait, on se bousculait pour parvenir à nous serrer les mains6. Toutes ces démonstrations ne ressemblaient en rien aux ovations ordinaires; on sentait que le cœur de la population entière battait à l'unisson de celui de l'armée.
  Les dames de la société, coude à coude avec les ouvrières, pleuraient, agitaient leurs mouchoirs, montaient sur les marchepieds pour embrasser les soldats; les hommes, citadins, campagnards, journaliers entraînés par un même élan patriotique, brandissaient leurs chapeaux, jetaient dans les wagons des pièces d' argent, criaient à nos cuirassiers des paroles encourageantes, des souhaits.
  Et, du fond des villages perdus dans la Beauce, des paysans en caravanes étaient venus pour " voir partir les soldats ". Beaucoup portaient de pleins paniers de provisions, bourrés de volailles rôties qu'ils distribuaient à nos cuirassiers, leur tendant ces victuailles jusque dans les wagons.
  On sentait que ces manifestations sortaient avec élan de toutes les poitrines. C'était un enthousiasme inouï et réconfortant. Pendant cette inoubliable journée, les plus durs, les plus indifférents sentirent une larme d'attendrissement mouiller leur paupière. Nous croyions, au milieu de ces ovations interminables, ne plus pouvoir sortir de la gare; toutes les voies ferrées étaient envahies, l'encombrement ne permettait plus de circuler; les spectateurs étaient portés par cette foule compacte, grisée de patriotisme.
  Les autorité civiles, préfet en tête, le conseil municipal, le clergé, la magistrature, les corporations avec leurs bannières, étaient venus des points les plus éloignés.
  Je ne puis me lasser de dépeindre ces adieux tant j'ai, vif encore, au cœur, leur émouvant souvenir.   Les musiques jouaient des morceaux de circonstance : Le chant du départ et la Marseillaise que chantaient les orphéons [Société chorale de voix d'hommes ou de voix mixtes d'enfants; Larousse] et les spectateurs; cet hymne national si prodigué depuis, nous remua, ce jour-là, jusqu'aux fibres.
  Mais tout chose doit avoir une fin : notre train se mit en marche vers Paris.
  Le convoi très chargé, allait lentement. À la sortie de Chartres un grand silence régna dans nos compartiments; nous étions comme recueillis après ce coup de grosse émotion : chacun pensait aux êtres aimés laissés derrière lui, à l'avenir, au retour glorieux, à la mort peut-être, là-bas, on ne savait où, quelque part en face de l'ennemi. Ce silence n'était troublé que par le sifflet de la locomotive, à la traversée de chaque gare. On ne s'arrêtait pas, mais le train ralentissait, on entendait les acclamations saluant notre passage.
  Partout, sur tout le parcours, notre train, que les drapeaux dont il était pavoisé signalaient à l'attention des populations, fut ainsi accueilli par des vivats.
  Enfin, nous arrivons à Paris; nous entrons en gare de la Villette à 4 heures du soir. La chaleur du jour avait été accablante, l'approche de la nuit fut un soulagement pour tous, cavaliers et chevaux.
  Le convoi se remit en marche vers 4 heures et demi; les conversations reprirent peu à peu et naturellement portaient sur les sujets d'actualité. Cette partie du voyage s'accomplit gaiement : nous étions si heureux de faire campagne !
  Le 22 juillet, vers 5 heures du soir, nous arrivâmes en gare de Pont-à-Mousson; il serait difficile de décrire l'encombrement des voies ferrées. Il fallut attendre plusieurs heures avant de pouvoir aborder le quai de débarquement, après des man6uvres compliquées7.
  De nombreux officiers arrivés avant nous étaient venus à notre rencontre; il est agréable de retrouver des camarades dispersés dans tous les régiments à la sortie des écoles. On se jetait dans les bras l'un de l'autre, on riait, on se regardait longuement, puis les conversations continuaient, fraternelles.
  Au moment d'aborder le quai, l'adjudant-major vint prévenir le lieutenant-colonel Friand, qui commandait notre colonne, que la municipalité n'étant pas avisée de notre arrivée, rien n'était préparé pour nous recevoir. Le maire expliqua à notre colonel que Pont-à-Mousson logeait déjà un nombre exagéré de soldats. " Toutes les maisons sont encombrées, dit-il, il doit y avoir erreur, vous ferez bien de vous diriger ver Metz. " Notre colonel sourit à cette invitation du maire, qui d'ailleurs se montra très poli et fort contrarié; mais il lui répondit que la feuille de route portant une destination, il ne pouvait la changer sans de nouveaux ordres8. 
  Le maire comprit qu'il n'avait pas à insister; il se prêta de bonne grâce à procurer aux escadrons ce qui leur était indispensable et conduisit lui-même le colonel au logement qu'il lui destinait. Le débarquement se fit ensuite en bon ordre. Hommes et chevaux bivouaquèrent dans une prairie. La nuit était belle, les hommes acceptèrent joyeusement cette nouvelle installation en attendant les distributions.
  Le déjeuner était loin; la nature ne perd pas ses droits, il fallait songer au repas du soir. Tout fut commandé sans que nous puissions prévoir à quel moment de la nuit nous pourrions nous restaurer. Quelques jeunes camarades, croyant être reçus comme à une étape ordinaire, étaient un tantinet désillusionnés; c'était peu de chose, ils furent les premiers à en plaisanter le lendemain.
  Ce qui nous frappa le plus, ce fut cette impression de désordre annoncé déjà par quelques pessimistes  avant notre départ de Chartres. Il y avait évidemment, en ce qui nous concernait, une omission regrettable; nous ne pouvions comprendre comment l'administration de la Guerre avait pu négliger un avis aussi important. Naturellement, aucune notification n'étant parvenue à la municipalité, celle-ci ne pouvait faire préparer les denrées sur lesquelles nous comptions à notre arrivée.
  Les escadrons de la deuxième colonne avec l'état-major du régiment débarquèrent peu de temps après nous; le colonel Nitot fut mis au courant de ce qui se passait. Avec son grand bon sens, sans s'inquiéter de savoir si on lui avait trouvé un logement, il se contenta de répondre : " À la guerre comme à la guerre. " Ces simples paroles furent un enseignement pour quelques camarades de la jeunesse dorée qui, d'abord interloqués, finirent par rire de l'aventure.
  Quand nous arrivâmes à l’hôtel où le diner nous attendait, il était plus de dix heures du soir. Nous n'avions pu quitter nos escadrons avant d'avoir tout organisé. Notre réunion avec nos camarades de la deuxième colonne venant de Châteaudun, que nous n'avions pas vu depuis quelque temps, fut pour tous pleine de gaieté; et nous fîmes honneur à un repas copieux, arrosé de ce bon petit vin de Tiaucourt ["... Ce vin dont on retrouve déjà la trace au Moyen Âge, « était commercialisé dans les pays frontaliers de la Lorraine et jusqu’en Angleterre au XIX e siècle », on servit même le breuvage sur le paquebot Normandie. La légende veut que le vin de Thiaucourt, dont les vignes couvraient à l’époque 200 ha du village, « figurât sur la carte du Titanic, réservé aux passagers de 3e classe et au personnel ». La vigne de Thiaucourt disparut au début du XXe siècle, victime d’une épidémie de phylloxera qui toucha toute l’Europe du Nord., ... "; sur le Web] dont nous reparlions quelquefois, quand nous n'avions que de l'eau à boire, pendant le siège de Metz.
  Nous voilà dans cette installation provisoire, en attendant l'arrivée des autres régiments de la division annoncés pour le lendemain.  
 
 
 

III

 

BIVOUAC ET ATTENTE, 23 juillet

  

  À suivre... 
 
I. LEHAUCOURT,[Pierre, 1852-1931]  la Guerre de I870, II, p. I50.
2. Voir LEHAUTCOURT, loc. cit., I52 et 267.
3. Au sujet du désarroi qui règne, voir CHUQUET, [Nicolas, 1853-1925] la Guerre de I870-7I, I6, I7, I8. — LEHAUTCOURT, I58 à I65, id., I72. — Lieutenant-colonel ROUSSET,[Léonce, 1850-1938] la Guerre de I870-7I, I, 111-114, 122-138, et 146, 147.
  Sur l'impression de malaise chez certains officiers, voir LEHAUTCOURT, 170-171. On peut rapprocher de la phrase du commandant FARINET : " Heureusement l'armée était étrangère à ces alarmes; rien ne pouvait ébranler sa confiance ", le passage suivant : " La jeunesse dans l'armée évoquait les souvenirs d' Iéna,[1806] rappelait les faciles victoires de l' Algérie [1830-1871] et les douteuses victoires de Magenta [1859] et de Solférino. [1859] Moins sujets aux illusions, les officiers supérieurs et les généraux jetaient un regard inquiet sur l'avenir. " LEHAUTCOURT, 71, note 3.
4. Sur cette pénurie du matériel, voir CHUQUET, loc. cit., 18,19, 20. — LEHAUTCOURT, loc. cit., 175, 176, 177.
5. Il devait y avoir trois divisions de cavalerie de la réserve générale, la première ne fut jamais entièrement constituée. Voir lieutenant-colonel ROUSSET, loc. cit., 120.
6. Sur l'enthousiasme à Paris et dans les départements, voir CHUQUET, II. — LEHAUTCOURT, 50 à 55. — DICK DE LONLAY, [pseudonyme de Georges Hardouin, 1846-1893] II, 232.
7. Sur l'encombrement des voies ferrés, voir LEHAUTCOURT, 160-161-162. — Lieutenant-colonel ROUSSET, I, 71-72. — F. JACQMIN, [Frédéric, 1820-1889] les Chemins de fer pendant la guerre de 1870.
8. Autre exemple du désarroi qui préside à la concentration, désarroi dû : I° à l'absence de préparation; 2° à la simultanéité de la mobilisation et de la concentration: 3° aux changements successifs apportés au plan de campagne.


  COMMANDANT FARINET, L'Agonie d'une Armée, Metz-I870, Journal de guerre d'un porte-étendard de l' Armée du Rhin, ancienne librairie Furne, Boivin & Cie, Éditeurs, I9I4, p. I-I2.  

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CONDES : FEU VERT PRÉFECTORAL POUR L' USINE ÉOLIENNE

 
  Ainsi, en guise de cadeau de départ, Madame l'ex préfète de Haute-Marne, depuis août, a donné son feu vert, en juillet, pour l'exploitation de l'usine de 3 éoliennes ! On peut aisément imaginer le bonheur pour, presque, tous les conseillers municipaux (1), à l'annonce faite par monsieur le maire lors de la dernière séance. Ils l'attendaient depuis si longtemps ! Les voilà, pour de vrai, devenus des « businessmen » de l'éolien, actionnaires de LEUR PROPRE USINE : 
« ... la SARL PE des Lavières, (...) Cette société est détenue à 5% par la commune de Condes et à 95% par la société VALECO, elle-même détenue à I00% par la société EnBW. (...) La SARL PE Les Lavières est une société dédiée et créée par la Société VALECO pour porter et exploiter le projet., ... »
Source 
 
Précisons encore que, son capital social est de... 500€ ! Champagne !
  Avant de vous conter l'histoire, il nous paraît utile de vous rappeler ou, de vous informer, de Qu'est-ce qu'un commissaire enquêteur ? tel que défini par les autorités :
 
(1). «... avis favorable par six voix pour, une voix contre et une abstention, de la commune de Condes, Rapport du commissaire enquêteur, p. 23.  
« 2/ Rôle du commissaire enquêteur
   Le commissaire enquêteur a la responsabilité de conduire, de manière impartiale, l’enquête publique nécessaire à la réalisation de projets ou l’approbation de plans ou programmes ayant un impact sur l’environnement, installations classées pour la protection de l’environnement, eau et milieux aquatiques, permis de construire, etc., ou dans le cadre de procédures d’expropriation : enquête préalable à une déclaration d’utilité publique, enquête parcellaire…, ... »
« 3/ Qualités requises
Soumis à un devoir de réserve, le commissaire enquêteur est indépendant, impartial et compétent mais n’est pas un expert. Il doit être disponible, posséder des aptitudes rédactionnelles et une capacité d’analyse et de synthèse, être objectif, se montrer diplomate, savoir écouter et communiquer, être capable d’animer une réunion publique, avoir le sens de l’intérêt général et manifester un intérêt pour les préoccupations environnementales. »
 
  Gardez bien en mémoire cette définition car après avoir pris connaissance des « Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations », posez-vous la question :
  Le commissaire enquêteur a-t-il été « indépendant, impartial et compétent », lors de cette enquête ?
 
IL ÉTAIT UNE FOIS...
  Tous les extraits cités dans cette synthèse proviennent du Rapport du commissaire enquêteur.
   - Arrêté n° 52-2023-07-00082, du I0 juillet 2023, autorisant l'exploitation.
    
Conseil municipal 2020-2026
   Monsieur le maire est le seul réélu depuis ... 2008 ! 
  • CLÉMENT Joël, maire, anciens cadres
  • DELAGE Yves, Ier adjoint, professeurs, professions scientifiques
  • Nathalie Lugnier, 2e adjoint, employés civils et agents de service de la fonction publique
  • FRANZ Joël, contremaîtres, agents de maîtrise
  • FRANCISQUE Oriane, agriculteur sur petite exploitation,
  • TAILLANDER Agnès, anciennes professions intermédiaires 
  • BOUCHOT François, anciens cadres
  • JACQUOT Jérôme, professeurs, professions scientifiques
  • KLÉBERT LESUEUR Jean-Paul, contremaîtres, agents de maîtrise
  • MARIOT Jonathan, ouvriers qualifiés de type industriel
  • NOCLERCQ Jean-Michel, anciens cadres

    - Inscrits : 238 / 27I en 20I4
    - Abstentions : 95 / 76
    - Votants : I43 / I95
    - Blancs ou nuls : 3 / 3
    - Exprimés : I40 / I92
  Source 

I.2.I - Présentation du projet
Situation de la commune

  « ... Condes, commune d’implantation, de 309 habitants, se trouve à 4,9 kilomètres au Nord de Chaumont, ville préfecture de la Haute-Marne. Elle appartient à la Communauté d'agglomération de Chaumont, du Bassin Nogentais et du Bassin de Bologne Vignory Froncles.,... »
 p. 4.
 1.2.2 - Historique du projet :
  • Décembre 20I7 : Rencontre entre VALECO et les élus locaux de Condes,
  • Janvier et février 20I8 : Promesse de bail entre VALECO Engenierie et, les propriétaires et
exploitants des parcelles impactées par le projet,
  • Mars et avril 20I8 : Présentation de la société et du projet en Conseil municipal et délibération unanime de ce dernier autorisant VALECO à développer son projet éolien,
  • Juin 20I8 : Lettre d’information aux habitants de Condes pour présenter le projet,
  • 20I8-20I9 : Déroulement des différentes études : prospection écologique, reportages photographiques, études acoustiques et avifaunes…,
  • Novembre 20I9 : Installation du mât de mesure du vent,
  • Janvier 2020 : Réunion avec la Communauté d’agglomération de Chaumont,
  • Avril 2020 : Introduction du projet aux services de l’État,
  • Juin 2020 : Validation de l’implantation auprès des exploitants agricoles et propriétaires fonciers,
  • Juin 2020 : Seconde lettre d’information annonçant aux habitants de Condes une période de concertation préalable,
  • Juillet 2020 : Période de trois semaines de concertation préalable avec mise en ligne sur site internet dédié au projet,
  • Septembre 2020 : Lettre d’information aux habitants de Condes et annonce de la mise à disposition du bilan de concertation,
  • Septembre 2020, consolidé en septembre 202I : Dossier d’études d’impacts et de dangers,
  • 05 octobre 2020 : Établissement de l’autorisation unique pour l’installation d’éoliennes sur la commune de Condes,
  • 08 octobre 2020 : Demande d’autorisation unique reçue et enregistrée en Préfecture de la Haute-Marne à Chaumont, sous n° AEU/052/2020/31 PE,
  • Entre le 08 octobre 2020 et le I8 février 2022, la Préfecture consulte les services de l’État et autres organismes afin de connaître les servitudes et contraintes afférentes au site,
  • I2 avril 2022 : Avis de la Mission Régionale de l’Autorité environnementale : MRAe,
  • Juin 2022 : Réponse de la SARL PE des Lavières à l’avis de la MRAe,
  • I3 juillet 2022 : Rapport de recevabilité du dossier par l’inspecteur ICPE,
  • 24 octobre 2022 : Ouverture de l’enquête publique.
 
p. 5. 
1.4.1 – Choix du site :
  ... La SARL PE des Lavières, VALECO, a rencontré dès la fin 20I7 les élus de Condes avant d’entreprendre en 20I8 les études de faisabilité pour retenir une zone favorable au développement éolien selon le SRE Champagne-Ardenne. Initialement prévu pour 4 éoliennes, le projet a été ramené à 3 pour se conformer à des contraintes écologiques trop fortes, passages migratoires, mais principalement en raison de l’éloignement des zones urbaines. Dans la variante retenue, l’extrémité des pâles a été ramenée de 200 à I86 mètres en bout de pale, pour éviter les effets de surplomb de la vallée de la Marne.
Précisions apportées par le CE :
  Cette procédure démocratique d’enquête publique permet à tous citoyens, de s’impliquer dans le projet, par la prise de connaissance ou par l’émission d’un avis, en vue d’être associé à la décision administrative.
 p. 7. 
 
N.B. : c'est ce qu'on appelle un beau «  foutage de gueule » !
 
c) - Implantation des éoliennes et du poste de livraison :
  - EI : sur la parcelle cadastrée YB 23, lieu-dit « Le Poirier aux Ânes », à l’altitude de 324 mètres,
  - E2 : sur la parcelle cadastrée YB 24, lieu-dit « Le Poirier aux Ânes », à l’altitude de 325 mètres,
  - E3 : sur la parcelle cadastrée YB 21, au lieu-dit « La Femme Morte
», à l’altitude de 330 mètres.
  Les trois éoliennes sont espacées de 280 mètres. L’éolienne E3, la plus au Sud, est distante de 222 m de la Voie Communale n° 3, qui est la seule voie d’accès au parc.
  Le poste de livraison est situé sur la commune Condes, parcelle YB 20, au lieu-dit « La Femme Morte », avec accès par la Voie Communale n° 3 reliant Condes à Treix, à l’altitude de 324 m. Il est à I40 m de l’éolienne E3 et à environ 80 mètres de cette même Voie Communale n° 3.

p. 8.
 
 N.B. : d' après nos informations, seuls 2 propriétaires sont concernés !
 
d) - Distanciation des éoliennes des zone habitées :
  - EI : 877 m de la première habitation de Condes; 856 m de la zone urbaine de Condes; 2078 m de la première habitation de Brethenay; I360 m de la zone urbaine de Treix; I446 m de la première habitation de Riaucourt,
  - E2 : 958 m de la zone urbaine de Condes; I 2I2 m de la zone urbaine de Treix,
  - E3 : I083 m de la zone urbaine de Condes; I I34 m de la zone urbaine de Treix; I 2I3 m de la première habitation de Treix; 86I m de la première habitation au lieu-dit « La Grande Lavière
» à Chaumont: 844 m de la première habitation au lieu-dit « La Fontaine aux Chênes » à Chaumont.
p. 9.
I.4.2. – État initial de l’environnement :
  a) – Contexte éolien :
  « Le présent projet s’inscrit dans un environnement éolien que le pétitionnaire décrit comme moyennement dense...
»
   Dans l’aire d’étude immédiate :
  • 5 éoliennes (...) sont construites. Dans l’aire d’étude rapprochée :
  • 62 éoliennes (...) accordées ou en instruction.
  • Dans l’aire d’étude éloignée :
  • 44 éoliennes (...) sont construites, accordées ou en instruction.



N.B. : implantation des usines éoliennes sur le secteur de Condes. Comme un encerclement !... Chacun appréciera l' expression : « moyennement dense » du pétitionnaire. Source Grand Est DREAL.
 
d) - Contexte environnemental et naturel :
   ... Autour de la ZIP, dans un rayon de 20 km, I5 zones Natura 2000 sont recensées. Il s’agit de I3 Zones Spéciales de Conservations, ZSC, et de 2 Zones de Protection Spéciale : ZPS. (...) Par ailleurs, I0 ZNIEFF, Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique, sont situées dans un rayon de 6 km du projet. (...) Soixante ZNIEFF de type I et neuf de type 2 se trouvent dans un rayon de 6 à 20 km de la ZIP.
 p. 11.
e) - Contexte écologique :
   ... Sur l’Aire d’Étude Éloignée, AEE, sont également présents deux corridors écologiques des milieux humides à l’Ouest, La Marne et la Suize, et un corridor écologique des milieux ouverts également à l’Ouest : La Marne.
  Sur l’ AEE, I80 espèces ont été inventoriées. 56 sont répertoriées comme nicheuses dans l’ AEI et30  dans l’Aire d’Étude Rapprochée, AER. En période migratoire, c’est le passage d’une soixantaine d’espèces qui est observée. (...) Les principaux enjeux ornithologiques en période de reproduction sont concentrés sur les habitats forestiers et la vallée de la Marne avec notamment la nidification du Faucon hobereau et du Milan Noir. Le Milan Royal et la Cigogne Noire nichent dans un rayon de 5 à I2 km au Nord de la ZIP. L’intérêt patrimonial le plus fort concerne la Grue cendrée, le Busard Saint-Martin, la Cigogne Noire et le Milan Royal. La sensibilité schiroptérologique de la zone du projet s’établit à un niveau fort pour les lisières et les allées forestières, et à un niveau modéré pour les cultures. Des gîtes de reproduction et d’hibernation ont été identifiés sur l’ AEI et ses abords, principalement dans le village de Condes et les villages voisins de Brethenay et Treix. La sensibilité des sites va de moyen à fort.
 p. I2. 
g) - Enjeux identifiés du territoire :
  Les pages I89 à I94 du dossier d’étude d’impact sur la santé et l’environnement présentent un tableau qui révèlent les enjeux liés au projet. En très grande majorité, les enjeux et sensibilités vont de faibles à modérés.
  Cependant, la sensibilité devient forte principalement à proximité des voies de circulation, pour les ouvertures visuelles sur les villages de Condes-Brethenay-Darmannes-Treix, et pour l’avifaune : Milan noir, Balbuzard pêcheur, Buse variable, Cigogne noire, Faucon crécerelle et Faucon pèlerin.
  Cette sensibilité deviendra très forte pour les espèces migratrices telles que le Milan royal, la Pygargue à queue blanche, et pour les chiroptères tels que la Noctule commune, la Noctule de Leisler et la Pipistrelle de Nathusius.
  À noter que les enjeux sont très forts pour l’avifaune nicheuse et l’habitat des chiroptères.
 p. I3. 

I.5. Avis de l’Autorité Environnementale, MRAe
A - SYNTHÈSE DE L’AVIS
  Elle considère que le site est inadapté pour l’implantation d’un parc éolien tant au regard de la biodiversité que des aspects paysagers et des covisibilité et recommande donc au pétitionnaire d’abord, d’étudier une autre localisation du projet.
  Elle recommande ensuite principalement à l’exploitant :
  * d’engager avec les autres exploitants et les fédérations professionnelles de l’éolien une réflexion sur l’incidence de la concentration de parcs éoliens dans certains secteurs,
  * de compléter l’examen des solutions alternatives par une véritable analyse d’autres implantations possibles,
  * de présenter une meilleure analyse des impacts positifs de son projet sur l’environnement,
  * de proposer des mesures d’évitement concernant l’impact du projet sur les aspects biodiversité, paysager et sur le cadre de vie et de revoir le choix du site d’implantation.
  Elle recommande à l’Autorité préfectorale de ne pas lancer l’enquête publique sur la base du dossier actuel, étant donné ses insuffisances en matière d’impact sur la biodiversité et sur les paysages.
  Elle recommande aux services de l’État en charge des questions d’aménagement du territoire, de la préservation de la biodiversité et de l’énergie, de mener, en lien avec les collectivités locales, une étude spécifique de l’impact de ces grands pôles éoliens sur les oiseaux, de favoriser la diffusion de la connaissance des modifications des couloirs de migration du fait de la densification de ces pôles et d’en tenir compte pour la mise à jour de la définition des zones favorables au développement de l’éolien dans le Grand Est, voire en France si la question se pose de la même façon dans d’autres régions.
pp. I4-I5. 
3 - CONCERTATION PRÉALABLE
  3.I. Les élus :
  - Rencontre entre VALECO et les élus locaux de Condes en décembre 20I7,
  - Présentation de la société et du projet en Conseil Municipal en mars 20I8,
  - Délibération unanime du Conseil Municipal autorisant VALECO à développer un projet éolien sur le territoire communal prise en avril 20I8,
  - Réunion avec la Communauté d’agglomération de Chaumont en janvier 2020,
  - Envoi d’une lettre d’information et annonce de la mise à disposition du bilan de concertation en septembre 2020,
  - Dans la quinzaine précédant l’ouverture de l’enquête, Monsieur Lucas GAILLARD, responsable VALECO , a pris attache avec les mairies du périmètre d’affichage pour présenter son projet des Lavières à Condes.
 p. I6.
3.2. La population :
  - Lettre d’information distribuée aux habitants de Condes pour leur présenter le projet en juin 20I8,
  - Validation de l’implantation avec les exploitants agricoles et propriétaires fonciers en juin 2020,
  - Envoi d’une seconde lettre d’information annonçant aux habitants de Condes une période de concertations préalable en juin 2020,
  - Période de trois semaines de concertation préalable avec mise en ligne du site internet dédié au projet en juillet 2020,
  - Envoi d’une lettre d’information et annonce de la mise à disposition du bilan de concertation en septembre 2020
  - Le 03 novembre 2022 au soir et le 04 novembre 2022 en matinée, le pétitionnaire s’est tenu, en mairie de Condes, à la disposition de la population locale, afin de diffuser des informations sur le projet en cours. Une douzaine de personnes aurait assisté à ces manifestations,
  - Le 07 novembre 2022, le Maire de Condes produit une lettre distribuée à domicile et invitant la population locale à se rendre aux deux dernières permanences du Commissaire enquêteur, I2 et 23/II/2022, afin d’y exprimer leur avis sur le projet éolien des Lavières.
p. I7.
 
  À noter cependant que les relations du pétitionnaire, avec les élus, les propriétaires et les exploitants ont conduit à un dialogue approfondi et de confiance.

 p. I8.
 
  Voyons dans le détail, les avis récoltés lors de cette enquête publique.
 
5- EXAMEN DES OBSERVATIONS RECUEILLIES
5.I. Analyse comptable des interventions :
 a) Participation des collectivités
  p. 22. 
 
 N.B. : outre l'avis favorable déjà évoqué ci-dessus de la commune de Condes, notons aussi, l'avis favorable de la commune de... Chamarandes-Choignes :  «.. avis favorable à l’unanimité de la commune de Chamarandes-Choignes, sans remarque particulière., ... » Rien d'étonnant à cela puisque cette commune porte elle-même un projet d'usine éolienne sur son territoire.

b) Participation du public
  Le public a participé à l’enquête tel que présenté au tableau ci-dessous

  
Le tableau précédent recense les visites de I9 personnes aux permanences, et les 38 contributions manuscrites, orales, par courriers ou courriels recueillies sur le registre d’enquête ou mises en pièces jointes à ce même registre d’enquête publique.
  C’est un total de 38 contributeurs ainsi que mon questionnement, tels que :
  - 6 contributions écrites à la permanence, sur le registre d’enquête,
  - 3 contributions orales à la permanence,
  - 8 courriers déposés en mairie ou à la permanence dont une pétition de Treix, 90 signatures,
  - 2I courriers adressés sur le site dédié de la Préfecture à Chaumont,
  - I contribution du Commissaire enquêteur.
  p. 23. 
 
  N.B. : nous ne pouvons que regretter la trop faible participation des Condoises et Condois et des habitants des communes voisines, directement impactées par cette usine.
  « Ce qui menace la démocratie, aujourd'hui comme hier, ce n'est pas la désobéissance civile, mais l'obéissance servile. », 
  Jean-Marie Muller, I939-202I, philosophe français.
 
Le détail des avis ci-devant :
  • Condes : I6 avis : 8 favorables / 8 défavorables;
  • Treix : I3 avis : défavorables à l'unanimité;
  • Communes autres : 9 avis : 5 favorables / 4 défavorables.
1 - Procédure de l’enquête publique
  Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Les remarques du pétitionnaire renvoient les contributeurs au sondage Harris Interactive dévoilé en 202I par l’ ADEME et le Ministère de la Transition Écologique. Ce sont de 7I à 85 % des français qui sont favorables à l’énergie éolienne. L’opposition au projet pour des fait procéduraux, pourquoi pas cette expression, mais reconnaissons qu’avoir des éoliennes à I 200 mètres de ses portes fenêtres peut pour certains être exaspérant.
pp. 30-3I.
2 - Dossier d’enquête publique Information de la population, accessibilité au dossier, présentation, contenu :
  Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le pétitionnaire répond à chacun des intervenants en avançant des éléments techniques et réglementaires. En matière de concertation, j’ai trouvé la communication avec les habitants de Condes un peu surfaite malgré un dossier de concertation préalable et une invitation de dernière minute les 3 et 4 novembre 2022 pour information en mairie. À Treix, on s’est bien gardé de parler de la lettre d’information remise aux habitants. Les critiques sur les photomontages, comme toujours existent, mais la SARL PE Les Lavières a complété cette partie de dossier.
 pp. 35-36. 
3 - Projet :
 Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le pétitionnaire reprend les grandes lignes et le discours de nos gouvernants pour asseoir le bien-fondé de sa démarche. Pour la compatibilité du site choisi, il est conscient que quelque soit le site sélectionné, aucun n’est exempt d’enjeu. Son projet est dans l’air du temps et ce ne sont que ces enjeux qui en détermineront ou non sa réalisation. L’argumentation des opposants manque de percussion et reste dans l’esprit anti…
 p. 40. 
4 - Impacts environnementaux :
 Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le mémoire réponse du pétitionnaire est clair en la matière. Il reprend les divers éléments qui ont motivé son choix d’un parc avec trois éoliennes de I86 mètres de hauteur, alignées, qui évite les effets de surplomb de la vallée de la Marne et mettent à I I00 mètres de distance les premières habitations de Treix. Je pense que la hauteur en bout de pale doit être diminuée pour une meilleure approche visuelle des habitants de Treix, des deux habitations de Chaumont et moins d’effets balcon pour Condes.
  pp. 43-44.
Avifaune et Chiroptères :
 Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Par ce mémoire, le pétitionnaire démontre que le projet a été mis en œuvre en tenant compte du SRE Champagne Ardenne en procédant à des mesures d’évitement pour l’implantation des 3 machines et en restant sur une zone à enjeux moyens. Il en ressort de ce mémoire que l’impact brut sur la migration des espèces apparaît non significatif. Il rappelle que l’arrêt durant plusieurs mois des éoliennes n’aurait aucun sens écologique ou économique. Les différents capteurs à 2 et 50 mètres de hauteur a permis de caractériser l’activité des chiroptères mais les risques d’impacts restent négligeables. Qu’il s’agisse des fondations en béton, de l’infertilité des vaches, des zones d’intérêts naturels ou du nid de faucon sur le pylône électrique, le pétitionnaire reste clair. Il n’y a pas évitement des questions.
  p. 5I.
5 - Impacts paysagers
Impacts visuels
 Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  La perception d’un parc éolien reste très subjectif et c’est le point principal d’achoppement puisque la présence de parcs éoliens est très encadrée par la réglementation. Le pétitionnaire a même fourni des photomontages supplémentaires pour satisfaire aux exigences des PPA.
  Quant à la hauteur des éoliennes, le pétitionnaire fait une concession en diminuant la longueur des pales de 5 mètres pour rester à une hauteur de machine de I76 mètres. C’est bien mais j’aurais souhaité améliorer le confort des gens de Treix et satisfaire pour partie l’ UDAP 52 en ramenant la hauteur totale des machines en deçà des I70, voire I60 mètres.
 p. 55. 
Développement éolien :
 Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le pétitionnaire revient sur les parcs éoliens en Haute-Marne et les justifient par : département rural, gisements de vent et espaces sans contraintes. Il explique à Monsieur le Maire de Treix, la différence entre visibilité et covisibilité depuis son village. Soyons clairs, le parc des Lavières n’est pas dans le même axe que les parcs des Riaucourt et Darmannes. Comme je l’ai déjà dit dans le dossier, effectivement, ce n’est pas aux porteurs de projets de mener un débat national sur le développement éolien.
 p. 56. 
 
 N.B. : le pétitionnaire aurait pu même rajouter : ... et une population soumise et ce, depuis la Révolution française : « La Haute-Marne n' a pas été le cadre, pendant la Révolution, d' évènements spectaculaires ou de bouleversements d'ampleur nationale. (...) Un pays (...) qui n'a donné à la scène politique nationale aucune tête d'affiche, ... »
  Cahiers haut-marnais, Société historique et archéologique de Langres et Société des lettres de Saint-Dizier, La Haute-Marne pendant la Révolution, I989, Avant-propos.
Distance entre le parc et le milieu habité :
 Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’observation
  Effectivement les éoliennes les plus proches sont à 844 mètres de la première habitation de Chaumont, au lieu-dit « La Grande Lavière » et le propriétaire peut s’en offusquer mais la réglementation impose une distance minimum de 500 mètres. Pour répondre aux autres questionnements, les quartiers de Chaumont sont à minima à 2,I km du parc. On revient à la subjectivité de l’être humain.
 p. 58. 
Contexte éolien, Encerclement, Effets cumulés, Saturation :
 Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le pétitionnaire développe sa théorie sur l’encerclement et se réfère à une étude de la DREAL Centre qui établi une méthodologie pour déterminer les zones de respiration. Avec cette référence, le village de Treix ne subit aucun risque d’encerclement car nombre de parcs éoliens dans un rayon de I0 km se superposent. Ce sera le cas du parc des Lavières et de celui d’ Éole de la Chenoy. VALECO précise s’être attaché les services du bureau d’études ABIES, spécialiste des études paysagères et qu’il n’y a pas lieu de remettre leur travail en cause.
Espacement entre les éoliennes :
 Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le pétitionnaire apporte des éléments de réponse mais la distance n’y est pas.
    p. 6I. 
Mesures de réduction - Mesures compensatoires :
    Registre PJ n° II - Courriel : Défavorable au projet, il précise que la somme de 20 000 € à titre de compensation sous forme de bourse aux haies est dérisoire à comparer avec les 600 € annuels pour les survols de pales ou aux 80 000 à I20 000 € par kilomètre de ligne moyenne tension enterrée à proximité d’une éolienne.
 Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le pétitionnaire rappelle les retombées économiques locales qui restent du domaine privé. Pour ce qui rentrera dans les caisses des collectivités, il suffira de se reporter au dossier. À ce jour, je n’ai jamais entendu ces dernières se plaindre. Le porteur de projet va augmenter le montant de sa bourse aux haies pour atteindre 30 000 €. Très bien.
p. 62.
6 - Impacts sur le patrimoine :
Dépréciation du bâti
 Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le pétitionnaire donne des explication claires et on s’aperçoit que la dépréciation peut être estimée à - I,5 % dans un rayon de 5 km d’un parc éolien. Mais cela n’est pas une règle d’autant que c’est la loi de l’offre et de la demande. Celui qui n’aime pas les éoliennes ou la petite usine proche d’un village du fait de la vue et du bruit occasionné, doit lors de l’acquisition de son bien, veiller à ce qu’il ne se trouve pas voisin, au sein de la localité, de telle ou telle activité polluante, bruits, odeurs, etc., un méthaniseur par exemple. Rien n’est simple mais tout reste à l’appréciation. 
p. 62.  
Préservation du patrimoine historique et culturel :
  Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le pétitionnaire par son tableau, repris dans son dossier, montre que le projet n’aura que très peu d’impact sur le contexte patrimonial. Sans commentaires, Monsieur Royer va dans le même sens en se référant à l’agence COUASNON dont l’étude a été commandée par la DDT 52.

 p. 66.

N.B. :  Royer Yves, ingénieur des mines retraité, est aussi « avocat » de l'éolien et auteur d'un livre au titre évocateur : « ÉOLE, du souffle pour nos campagnes » ;  site Web. « Ainsi, Yves Royer, ingénieur des mines et auteur du livre “Éole, du souffle pour nos campagnes” a animé une conférence à Is-en-Bassigny, la première commune de Haute-Marne à avoir eu un parc éolien. Ce mardi 27 septembre, une quarantaine de personnes étaient réunies à la salle des fêtes pour comprendre comment un projet éolien est élaboré.,... »
  
 jhmQuotidien 2022 09 30
 


7 – Santé, Sécurité et acoustique :
Nuisances sonores – Bruit des éoliennes :
  Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le Maître d’ouvrage apporte les explications nécessaires, mais qui elles, se trouvent déjà dans le dossier. Il abord le problème des éoliennes d’ Essey-les-Ponts qui sont bruyantes, peut-être du fait de modèles anciens. Le matériel prévu à Condes serait moderne et performant ! De toute évidence, des contrôles seront faits et les remèdes apportés par le pétitionnaire, il s’y engage.
  En ce qui concerne les nuisances lumineuses des balisages, une nouvelle réglementation a vu le jour en avril 2022 et à l’avenir, les faisceaux seront davantage orientés vers le ciel.
Infrasons- Ultrasons :
 Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le sujet est traité dans le dossier. Les nuisances liées aux infrasons seraient extrêmement faibles. Les éoliennes n’émettent pas d’ultrasons. Sans commentaire.
  p. 69.
Effets stroboscopique :
  Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le pétitionnaire précise qu’en raison de la faible vitesse de rotation des pales d’éoliennes, il n’y a pas d’effets stroboscopiques. Par contre, on peut parler d’ombres portées et de battements d’ombres. Le système de modélisation très poussé utilisé et tenant compte des critères les plus contraignants n’arrivent pas à plus de 30 mn par jours d’ombres portées. Si un dépassement devait intervenir à Condes, rue de la Montagne, VALECO prendra des dispositions pour y remédier. Les résidents du secteur devront y être attentifs. Le Maître d’ouvrage joue sur les mots, effets stroboscopiques ou ombres portées, pour les contributeurs, c’est la même choses et les mêmes maux.
 p. 7I. 
Cadre de vie :
  Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le pétitionnaire reprend les grandes lignes des besoins énergétiques et de la ressource en énergies renouvelables pour satisfaire aux exigences actuelles. En résumé, on veut du confort en appuyant sur un interrupteur mais on ne veut surtout pas savoir comment et où est produit l’énergie. De préférence, chez les autres afin d’être serein chez moi. On rencontre de la mauvaise foi mais cela est aussi dans la nature humaine.
p. 73. 
I0 - Enjeux économiques - Rentabilité de l’éolien :
Les garanties financières
  Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
   Le maître d’ouvrage explique le principe, le fonctionnement et le calcul de la garantie financière. Il s’engage à s’acquitter de celle-ci dont le montant est actuellement estimé à I05 000 € par éolienne, soit 3I5 000 € dès lors qu’il aura l’autorisation environnementale.
 p. 82. 
Retombées économiques locales :
  Registre PJ n° I3 - Courriel : Défavorable au projet, elle précise que c’est bien l’approche
financière qui a incité les communes à s’orienter vers l’éolien, oublié l’écologie. De plus on parle d’impact positif sur l’emploi et elle reste surprise des avis favorables des entreprises de BTP portés au registre d’enquête publique sachant qu’elles sont déjà retenues pour participer au chantier.
  Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le pétitionnaire explique le montant des retombées économiques à destination des collectivités, soit I42 000 €/an. De quoi profiter indirectement aux collectivités locales. Par ailleurs, il explique le financement participatif pour les particuliers mais également les collectivités. Il faut être conscient que ces retombées sont une manne pour les collectivités. À elles de les utiliser à bon escient.
 p. 84. 
 
N.B. : la hausse des recettes fiscales pour les collectivités locales, engendrée par l'implantation d'une usine éolienne, essentiellement l' Imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau, IFER, c'est synonyme, pour ces mêmes collectivités, d'une baisse relative de la dotation globale de fonctionnement : DGF :
   « Le Gouvernement a pris l'engagement de maintenir le niveau de la dotation globale de fonctionnement, DGF, et de l'ensemble des concours financiers de l'État aux collectivités locales entre 20I7 et 2022. Cet engagement a, de nouveau, été tenu cette année puisque, pour la quatrième année consécutive, le montant de la DGF est stable en 202I. L'analyse de la répartition des montants entre les communes et les établissements publics de coopération intercommunale, EPCI, à fiscalité propre, mise en ligne au début du mois d'avril, montre une grande stabilité par rapport à 2020. En effet, plus de 80 % des communes connaissent une variation de DGF en 202I représentant entre - I % et I % de leurs recettes de fonctionnement. Environ I7 % des communes ont une variation de DGF inférieure, à la hausse ou à la baisse, à 300 €en 202I. Le potentiel financier est l'un des indicateurs utilisés, parmi d'autres, pour procéder à la répartition de certaines composantes de la DGF. Il traduit la capacité d'une commune à mobiliser les ressources, notamment fiscales, présentes sur leur territoire. Il est dès lors logique qu'une hausse de l'imposition forfaitaire de réseau, IFER, perçue sur le territoire d'une commune, du fait de l'installation d'une éolienne, soit prise en compte dans le calcul de son potentiel financier. Au demeurant, la part de l' IFER éolien dans le panier de recettes fiscales des communes utilisé pour le calcul de leur potentiel financier est relativement limitée. »
   Réponse du Ministère auprès du ministre de l'économie, des finances et de la relance - Comptes publics publiée le 0I/07/202I

I3 - Climat social :
  Registre PJ n° 22 - Courrier : Défavorable, elle précise que sur le plan de la vie locale, l’implantation va apporter des revenus à quelques-uns et des nuisances à tous.
 Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le pétitionnaire conteste la véracité de certains arguments présentés dans la pétition des habitants de Treix, et chemin faisant, sa légitimité. Une pétition est faite pour impacter et chaque signataire y retrouve ce qu’il veut voir ou entendre, vrai ou faux. J’ai en effet été informé du projet envisagé sur la commune de Treix. Le temps sera seul juge du bien-fondé de cette contestation.
  p. 89. 
I4 – Services de l’État :
  Dans le cadre de son mémoire-réponse en date du I3 décembre 2022, le pétitionnaire a souhaité apporter quelques remarques sur les questionnements des différents services de l’État :
 Analyse et commentaires du Commissaire enquêteur sur l’ensemble des observations
  Le pétitionnaire reprend les remarques des PPA [Personnes Publiques Associées] et renvoie à chaque fois à son dossier :
  - Retour d’expérience du porteur de projet: Volume 4b – Étude d’Impact sur l’Environnement,
  - Capacités techniques et financières : Volume I – Description de la Demande,
  - Effets cumulés : Volume 4C I – Étude paysagère,
  - Avifaune : Mise en place de mesures de réduction et de suivi,
  - Acoustique : Suivi, contrôle de l’État et mise aux normes,
  - TV, téléphone et ondes magnétiques : suivi et mise en adéquation à sa charge,
  - Balisage lumineux : Mise en conformité avec la dernière réglementation de 2022.
  Il apparaît que dans sa réponse aux Services de l’État, la SARL PE Les Lavières joue la transparence et reconnaisse qu’il lui sera nécessaire, lors de la mise en exploitation de son parc, d’assumer des mesures de suivi et éventuellement de mise aux normes, à ses frais.
  Commentaires du Commissaire enquêteur sur les observations des PPA
  ... Cependant, j’ai été surpris par l’avis de la MRAe qui traite sur le fond, ce qui est normal, mais se perd en conjonctures sur de grandes théories qu’elle impute à un pétitionnaire, alors que peut- être aurait-elle dû elle-même les structurer et le mettre en œuvre, Cf les deux premiers points de la synthèse de son avis - I-5 du présent rapport, mais également et surtout laisser madame la Préfète seule juge de donner ou non une suite à un dossier éolien. Elle devrait également savoir que le tracé de raccordement d’un poste de liaison à un poste source n’est arrêté avec le gestionnaire local du réseau électrique de distribution qu’à l’obtention de l’autorisation préfectorale et de l’épuisement des recours éventuels. Le raccordement entre-t-il dans le projet ?
  Quant à l’avis défavorable de l’ UDAP 52 rappelé à plusieurs reprises par les contributeurs, il est dans la logique de protection du patrimoine et il est juste de remémorer la pollution visuelle tant pour les monuments classés que pour les sites protégés. Elle se réfère par ailleurs à l’étude de l’Agence COUASNON commandée par la DDT 52 en 20I8 et qui conclut « enjeux faibles à modérés ».   Cependant, il faut vivre avec son époque, n’a-t-on pas élevé une pyramide de verre dans la cour du Louvre et érigé un viaduc à Millau. Chacun en est aujourd’hui admiratif, alors les éoliennes pourraient, pourquoi pas, entrer dans le paysage, d’autant qu’elles produisent l’électricité dont on a tant besoin. (...) Pour ce qui concerne les collectivités, on constate que trois délibérations sont défavorables mais je dois admettre qu’elles prêtent à interrogations :
  - pour Brethenay, ce sont les effets visuels, mais déjà bien présents avec les parcs environnants, et un doute sérieux sur la préservation de l’avifaune, pourquoi pas ?
  - pour Riaucourt, c’est un soutien inconditionnel à Treix et un renvoi d’ascenseur à Condes qui en son temps avait voté contre son propre projet éolien. On est hors sujet…
  - pour Treix, il y a arguties sur des points du dossier mais on comprend bien l’atteinte à la qualité de vie de ses habitants. Il ne faut cependant pas oublier qu’il y a des éoliennes sur les communes voisines de Riaucourt et Darmannes, et que bientôt un nouveau projet va être lancé à Treix, dixit le Maire. Il y a également frustration de ne pas avoir maintenu la communication avec le porteur de projet de Condes et ne pas pouvoir bénéficier directement de retombées fiscales. Tout n’est pas perdu puisque les collectivités des niveaux supérieurs perçoivent et Treix bénéficiera quand même de retombées.,... 
 pp. 9I-92.
5.4.3. Commentaires du Commissaire enquêteur sur l’enquête
   L’enquête avec un dossier conséquent mais de qualité, a été menée sans difficulté mais avec beaucoup d’intervenants et surtout une grande quantité de questions de la part du public. Le pétitionnaire y a répondu sans détours et a ainsi complété son dossier, mais surtout, pris beaucoup d’engagements. Il est dommage que la MRAe ait eu à traiter un dossier nécessitant des ajustements et qu’elle n’ait pas eu connaissance du mémoire avant le lancement de l’enquête publique. Elle aurait ainsi pu confirmer ou modifier son avis.
  On peut regretter un manque d’implication des collectivités du périmètres d’affichage alors qu’elles bénéficient de retombées économiques directes ou indirectes. L’absence d’une majorité de délibérations équivaut à un quitus et c’est dommage. 
 p. 93. 
 
Manque dans tout cela, l'avis du commissaire enquêteur :
 «... En conséquence de ce qui précède, j’émets un avis FAVORABLE au projet de construction du parc éolien des Lavières, sur le territoire de la commune de Condes, avec les recommandations suivantes :, ... »
  On laisse à monsieur le commissaire enquêteur ses recommandations et... sa conscience !
 

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