vendredi 6 février 2015

Quand on ne sait pas tout, on ne sait rien !

Du caractère trompeur des raccourcis

Quand on ne sait pas tout, on ne sait rien !

Les publications rapportant les effets sanitaires néfastes des éoliennes sont innombrables. Carl V Phillips*, éminent épidémiologiste, en dénombre plus de 10 000. Il est l’auteur d’un rapport sur ces preuves épidémiologiques.

Dans ce rapport, il reproche à la filière professionnelle de jouer sur les mots dans ses dénégations.


L’association européenne de l’énergie éolienne (Ewea) et son homologue canadienne (Canwea) viennent de financer une nouvelle étude sur le sujet, menée par le MIT (Institut de Technologie du Massachusetts).

Cette étude propose un regard critique sur la littérature scientifique concernant le problème:
"Wind Turbines and Health: A critical Review of the Scientific Literature".

Et a retenu un petit nombre d'études sur le sujet répondant à ses critères scientifiques et méthodologiques. (fig.6)









Elle s’attache, dans une première partie, à décrire les composantes du bruit éolien, qui le rendent plus dérangeant que les autres sources sonores. (Variabilité, basses fréquences, modulation d'amplitude...) et constate jusqu'à 5% de plaintes dans un rayon d’1km.

Mais conteste le lien de cause à effet direct entre l’irritation provoquée, ou les perturbations du sommeil et un effet quelconque sur la santé :
« Sur la base des études épidémiologiques transversales publiées, "gêne" est la principale mesure de résultat qui a été soulevée dans le contexte de la vie dans le voisinage des éoliennes. Que gêne soit un effet néfaste sur la santé, cependant, estcontestable. "Gêne" n’ est pas répertorié dans la Classification internationale des maladies (10e édition), mais il a été suggéré par certains que gêne peut conduire au stress et à d'autres conséquences sur la santé, tels que les troubles du sommeil. Ce mécanisme proposé, cependant, n'a pas été démontrée dans des études utilisant des méthodes capables d'élucider ces voies…».


Rapportons donc les conclusions des principales études retenues ci-dessus par le MIT :


1°) Nissenbaum et al “Effects of industrial wind turbine noise on sleep and health”

« Nous concluons que le bruit des éoliennes perturbe le sommeil, entraine une somnolence diurne et affecte la santé mentale des résidents dans un rayon d’1, 4km autour des éoliennes étudiées.

Le bruit des éoliennes industrielles est une source de bruit environnemental pouvant nuire à la santé. Les législations semblent insuffisantes pour protéger les populations riveraines. Notre étude suggère que les effets néfastes sont observés à des distances supérieures au kilomètre. Des études ultérieures sont nécessaires pour déterminer à quelle distance le risque devient négligeable ainsi qu’une meilleure du pourcentage de la population souffrant d’effets néfastes pour une distance donnée».


2°) Shepherd “Evaluating the impact of wind turbine noise on health-related quality of life.Noise Health”. 2011

« Une enquête approfondie du bruit éolien et ses effets sur la santé est importantecompte tenu de l’importance du nombre d’individus exposés, qui n’est pas négligeable et augmente avec la popularité de l'énergie éolienne. Par exemple, dans les Pays-Bas, il est rapporté que 440 000 habitants (2,5% de la population) sont exposés à des niveaux significatifs de bruit éolien…..Nos résultats suggèrent que le développement éolien n’est pas sans effet néfaste sur la santé des riverains…… Avec d'autres, nous concluons que la nuit, les limites de bruit des éoliennes devraient être fixées de façon conservatrice pour minimiser les dommages et, sur la base de nos données, suggérons que les distances de retrait doivent être supérieures à 2 km en terrain vallonné»;


3°) B.Mroczek est une scientifique polonaise reconnue. Il ne faut pas ignorer que son avis sur l’énergie éolienne semble transparaitre dans un autre article :
« Social attitudes towards Wind Farms and other Renewable Energy Sources in Poland »,
dont le chapitre « discussion » commence ainsi :

« L'étude présentée ici est novatrice en Pologne, car elle a un caractère national et soulève des questions importantes socialement, telles que la sécurité énergétique du pays et l'approbation des sources d'énergie renouvelable, elle emploie la théorie de l'attitude pour expliquer le problème de l'acceptation de l'électricité produite par les éoliennes. Les résultats obtenus par d'autres auteurs suggèrent que la réprobation sociale de l'industrie de l'énergie éolienne constitue un sérieux obstacle à sa croissance. L’énergie éolienne comme les autres énergies renouvelables sont l'avenir de la sécurité énergétique pour beaucoup de pays. En même temps, cependant, ils sont un grave problème social provoquantl'insatisfaction et les émeutes dans les pays où ils sont érigés. En Pologne, des manifestations éclatent, en particulier sur les lieux de ces projets et se traduisent souvent par la suspension des travaux. Elles sont habituellement associées à despréoccupations sur la qualité de vie et plus précisément: l'influence des éoliennes sur la santé humaine, les conséquences pour l’environnement et le paysage, les prix des terrains et le développement touristique de la région…».

Son étude “Influence of distances between places of residence and wind farms on the quality of life in nearby areas” retenue par le MIT s’efforce de montrer que le rejet de l’énergie éolienne provient du phénomène « Nimby », c'est-à-dire en français : « pas dans mon jardin».

Ce qui pourrait éclairer l’étonnante conclusion contenue dans cette étude de Mroczek :

Qui rapporte que les gens se portent mieux à moins d’1 km des éoliennes qu’à une distance supérieure...


4°) Pedersen “Response to noise from modern wind farms in The Netherlands”

« Une relation dose-réponse entre les niveaux de pression acoustique (pondérés A)calculés et la sensation d’irritation a été trouvée. Le bruit d'une éolienne est plus dérangeant que le bruit de transport ou le bruit industriel à des niveaux comparables, ce qui est éventuellement imputable aux propriétés sonores spécifiques comme le"sifflement" (swishing), la variabilité temporelle, et l’absence de diminution du bruit la nuit. La grande visibilité des éoliennes augmente la réponse négative, particulièrement quand elles sont visibles depuis l’habitation».


5°) Bakker et al. , enfin, “Impact of wind turbine sound on annoyance, self-reported sleep disturbance and psychological distress”
Résultats :

« Une relation dose-réponse a été trouvée entre les niveaux d'immission du bruit éolien et les déclarations de nuisances sonores. L’exposition au bruit a également été liée aux troubles du sommeil et à la détresse psychologique chez ceux qui ont déclaré qu'ils entendaient le bruit, cette liaison n’étant pas directe, mais une conséquence des nuisances sonores. Les personnes vivant dans des zones avec d'autres bruits de fonds ont été moins touchées que celles vivant dans des zones calmes».

Conclusion
« Les personnes vivant à proximité d'éoliennes risquent d'être gênées par le bruit, qui est un effet néfaste en soi. Les nuisances sonores à leur tour pourraient entraîner des troubles du sommeil et de la détresse psychologique. L’effet direct de bruit éolien sur les troubles du sommeil ou de stress psychologique n’a pu être mis en évidence, ce qui signifie que les résidents, qui n’entendent pas le son, ou ne se sentent pas perturbés, ne sont pas affectés »

Il est évident que la seule mention de la phrase soulignée rendrait bien peu compte de la réalité de cette conclusion, ou de l'ensemble de l'étude.


Dans sa revue critique des études sélectionnées, le MIT conteste les conclusions établissant les "relations dose réponse" entre le bruit éolien et les symptômes décrits.

Mais ne conteste ni le bruit, ni l'irritation des riverains, ni les plaintes qui en découlent.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la santé comme « un état de complet bien être physique, mental et social » et pas seulement comme « une absence de maladie ou d'infirmité» (OMS 1986).


Des raccourcis trompeurs ne doivent pas le faire perdre de vue.

Et pourtant http://fee.asso.fr/actu/vivre-a-proximite-de-parcs-eoliens-ne-nuit-pas-a-la-sante-humaine-selon-une-etude-realisee-par-linstitut-de-technologie-du-massachusetts-mit/...

D'autres études, dont la toute récente de S.Cooper pour Pacific Hydro ne laissent guère de place au doute sur la réalité de ces effets néfastes sur la santé.

L'approche épidémiologique de Carl V Phillips* est catégorique.




* Carl V Phillips est titulaire d'un doctorat en politique publique de l'Université d'Harvard.


Il a enseigné à l'Université d'Harvard, l'Université du Minnesotta, l'Université du Texas et l'Université de l'Alberta.


Consultant sur les politiques économiques et sanitaires, ses travaux sur les méthodes épidémiologiques ont été récompensés par de nombreux prix, dont le "Kenneth Rothman Epidemiologic Price" en 2004. Il est rédacteur en chef de la revue "Epidemiologic Perspectives and innovations".

Carl V Phillips est l'auteur du rapport « L’interprétation correcte des évidences épidémiologiques concernant les effets sur la santé des éoliennes industrielles sur les personnes résidant à proximité».

Ce rapport a été publié le 18 juillet 2011 dans la revue scientifique; http://bst.sagepub.com/content/31/4/303



Éoliennes et santé : attitude négative ou réels effets néfastes ?

Pacific Hydo est un opérateur australien de l’industrie éolienne depuis plus de 20 ans.

Dans la rubrique « Noise and Infrasons », Pacific Hydro indique que le Sénat australien ne considère pas qu’un lien soit établi entre les éoliennes et des effets néfastes sur la santé.


Pour autant, comme quantité d’autres opérateurs de l’industrie éolienne, Pacific Hydro multiplie les recherches et vient de faire appel au cabinet spécialisé « Acoustic Group », sous la direction de Steven Cooper, dont le C.V. est éloquent.
(acoustics.com.au/wp-content/uploads/2013/09/CV-2013-TAG.pdf)


Son rapport, figure en toute transparence sur le site de Pacific Hydro qui l’a financé.
http://www.pacifichydro.com.au/english/our-communities/communities/cape-bridgewater-acoustic-study-report/?language=en

Aucun infrason n’a été enregistré à une puissance audible.


Le rapport identifie cependant clairement la « signature » des infrasons des éoliennes correspondant au passage des pales devant le mat.
Et établit sans ambiguïté le lien entre les infrasons des éoliennes et les « sensations » des riverains.
Ces « sensations » comprennent des migraines, pression dans la tête, les oreilles et la poitrine, bourdonnement d’oreilles, tachycardie, sensation de lourdeur (p 212).


Ces sensations ne sont pas corrélées au dérangement par le bruit.

Certaines personnes s’étant révélées plus sensibles que d’autres à ces « sensations », dont, principalement, un malentendant.


L’éminent épidémiologiste Carl V Phillips * considère les effets des éoliennes sur la santé comme une évidence et reproche à la filière professionnelle de jouer sur les mots lorsqu’elle considère que les manifestations somatiques de l’irritation provenant du bruit ne sont pas des effets néfastes directs sur la santé ou de vrais symptômes.

De même lorsqu’elle laisse entendre que c’est l’opposition de principe aux éoliennes qui rend aux riverains leur présence insupportable. (http://bst.sagepub.com/content/31/4/303)


Bien que ne portant sur un nombre très limité de personnes (6), il semble que cette nouvelle étude puisse lever ce voile de fumée en dissociant les symptômes des perceptions conscientes.


* Carl V Phillips est titulaire d'un doctorat en politique publique de l'Université d'Harvard.

Il a enseigné à l'Université d'Harvard, l'Université du Minnesotta, l'Université du Texas et l'Université de l'Alberta.

Consultant sur les politiques économiques et sanitaires, ses travaux sur les méthodes épidémiologiques ont été récompensés par de nombreux prix, dont le "Kenneth Rothman Epidemiologic Price" en 2004. Il est rédacteur en chef de la revue "Epidemiologic Perspectives and innovations"
Publié par Le Mont Champot



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