mardi 21 octobre 2014

N'y a-t-il en politique que des idiots qui font de la communication?

- Et bien dis-donc, t'es pas un peu gonflée là?









- Tiens te revoilà! Cela faisait longtemps. Cette question je me la pose souvent. J'écoute presque chaque jour des hommes et des femmes politiques s'exprimer sur un sujet d'actualité et régulièrement je suis déçue par la pauvreté de leur discours. Dans la "lettre ouverte au mouvement écologique" de Murray Bookchin (à lire ici)  que tu m'as fait envoyer, j'ai cru reconnaître les mots insaisissables qui me brûlent de l'intérieur lorsque j'écoute nos verts jurassiens, neuchâtelois, vaudois ou genevois, français, allemands ou belges... etc.



Comment est-ce que notre parti des verts suisse, fondé en 1983, a pu passer à côté du message de Bookchin (1980)? Nous avons besoin de solutions nouvelles pour des problèmes nouveaux et les verts auraient pu être ce parti providentiel apte à engager ce changement de paradigme . Ils sont restés coincés dans la logique capitaliste, mais pourquoi? Par confort électoral? Par alliance? Par manque de compétences?

- Peut-être par lassitude. Tu sais bien l'énergie qu'il faut pour changer le cap de ce lourd bateau de la politique. Au début on trouve dans ces nouvelles formations des forces vives intellectuellement bien outillées et déterminées,  elles tirent en avant, séduisent et rassemblent. Puis arrivent "les moyens" qui envahissent la base au fil du temps et évincent les têtes pensantes. Petit-à-petit la normalité se réinstalle et après quelques années tous ces partis se confondent dans une espèce de pensée unique. C'est un peu comme si les phares du capitalisme étaient les seuls à briller dans la nuit pour ramener au port les navires égarés...

- Oui c'est exactement cela. J'ai été séduite par le le parti jurassien "combat socialiste" dont je suis devenue sympathisante dans les années 80. Avec le temps, tout s'est passé comme tu le décris... Aujourd'hui il ne se différencie pratiquement plus des autres si ce n'est qu'il pousse des coups de gueule de temps en temps pour faire croire que sa combativité est intacte, mais il suit la ligne. SolidaritéS, même si j'apprécie les articles de son journal, est en passe d'être avalé par la pensée unique. L' attitude et la prise de position de ses dirigeants par rapport aux développement éolien en Suisse ont montré les limites de leur capacité de lutter contre le libéralisme vert. On se sent bien seul... Et le fait que la lettre de Bookchin date des années 80 n'est pas là pour me rassurer, même si elle n'a pas pris une ride.

- Continue de diffuser tes informations, c'est vrai que Murray Bookchin a écrit sa lettre en 1980, mais toi tu l'as lue aujourd'hui... 34 ans plus tard elle n'a pas pris une ride comme tu le dis. Est-ce que cela veut dire qu'elle n'a servi à rien, qu'elle n'a pas encore servie, ou qu'elle doit encore servir? Il y a beaucoup de gens qui se détourne de la politique déçus du peu de réponses qu'elle apporte aux catastrophes qui se déclenchent dans tous les domaines. Il y a des réponses, il y a des pistes et la désertion des cerveaux dans les formations officielles ne veut pas dire qu'il n'y en a plus ailleurs...

- Juste. Cette lettre sera un excellent sujet de réflexion pour ces prochains jours de vacances d'automne pour le blog. À commencer par cet extrait que tu m'as signalé dont j'ai saisi l'essentiel, mais qui va tout-de-même me demander quelques relectures.  Tu... Ha! Te voilà reparti. Je n'ai même pas eu le temps de te dire merci. Je vais faire comme toi, prendre un peu le large. J'emporte avec moi la lettre pour m'y pencher plus longuement. L'extrait ci-dessous donnera peut-être envie à d'autres d'en faire autant.

*Ce texte a été reproduit via
un logiciel de reconnaissance de texte,
des erreurs peuvent subsister

*"Le satellite solaire ''écologique'' de 24 milles carrés de Nathan Glozier, le vaisseau spatial ''écologique'' d'O'Neill, les éoliennes géantes ''écologiques'' du DOE, pour ne citer que les exemples les plus flagrants de cette mentalité environnementaliste, ne sont pas plus écologiques que les centrales nucléaires ou l'agriculture industrielle. S'il y a quelque chose, leurs prétentions "écologiques'' sont plus dangereuses parce qu'elles déçoivent et désorientent l'opinion publique. Le tapage (hoopla) autour d'une nouvelle "Journée de la Terre" ou des futurs "Jours du Soleil" ou des "Journées du Vent", tout comme la pieuse rhétorique des contracteras solaires volubiles et leurs brevets – inventeurs "écologiques" affamés, tout cela cache l'idée fondamentale que l'énergie solaire, le pouvoir éolien, l'agriculture organique, la santé totale [holistic health] modifieront très peu le déséquilibre grotesque avec la nature s'ils n'affectent pas la famille patriarcale, la multinationales la structure bureaucratique et politique centralisée, le système de propriété et enfin la rationalité technocratique prédominante. L'énergie solaire, l'énergie éolienne, le méthane et l'énergie géothermique ne sont que des formes d'énergie dans la mesure où les moyens pour les utiliser ne sont pas inutilement complexes contrôlés bureaucratiquement, d'appartenance corporative ou centralisés institutionnellement. Évidemment, ils sont moins dangereux pour la santé physique des être humains que l'énergie dérivant du nucléaire et des hydrocarbures, mais ils sont nettement dangereux pour la santé spirituelle, morale et sociale de l'humanité s'ils sont traités uniquement comme des techniques n'impliquant pas de nouvelles relations entre les hommes et la nature d'une part et entre les hommes eux-mêmes d'autre part. Le planificateur, le bureaucrate, le cadre corporatif, et le politicien de carrière n'apportent rien de nouveau ou d'écologique dans la société ou dans notre mentalité à l'égard de la nature et des gens parce qu'ils optent pour des "avenues d'énergie douce" tout comme les ''technologues'' (technowits) pour utiliser une description qu'Amory Lovins me faisait de lui-même lors d'une conversation, ils réduisent à peine ou cachent les dangers pour la biosphère et pour l'homme en plaçant les technologies écologiques dans la camisole de force des valeurs hiérarchiques plutôt qu'en défiant les valeurs et les institutions qu'ils représentent.

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