Suisse, éolien : Résistance n'est qu'espérance

  " On ne se bat bien que pour les causes qu'on modèle soi-même et avec lesquelles on se brûle en s'identifiant "
   René Char, Feuillets d'Hypnos, 1943-1944, n°63.
  Amis suisses, que les fêtes vous soient douces...
  En avant toutes!

 







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Les Maîtres du vent, de Michel Bühler, aux éditions Bernard Campiche

voisinedeoliennesindustrielles
2021 12 28


 

  Des livres sur les éoliennes, j'en ai lu quelques uns et d'excellents comme " les Illusions Renouvelables " de José Ardillo, qui nous instruit sur la relation entre le pouvoir et l'énergie, et " Le sens du vent " d'Arnaud Michon, notes sur la nucléarisation de la France au temps des illusions renouvelables. Le livre de Michel Bühler c'est autre chose. La couverture déjà nous est familière: c'est chez lui, mais c'est chez nous aussi. Un petit village boudé par le temps, où peu s'installent mais où beaucoup de puristes viennent se ressourcer. Pas d'infrastructures touristiques racoleuses, une nature intacte faute d'intérêts économiques durant les dernières décennies, l'industrie étant trop occupée à envahir les zones urbaines ou les sites exceptionnels pour le tourisme. Et puis l'espace est devenu rare et coûteux. Les colonisateurs de tout poil se sont mis à lorgner sur ces lieux un peu oubliés, souvent délaissés, sur ces communes qui tirent le diable par la queue. Quelques usines ont retrouvé preneurs, ce qui ravi tout le monde, les appartements moins chers attirent les amateurs de nature et ceux qui n'ont pas les moyens de vivre spacieusement en ville. Un peu de sang neuf court dans les veines de ces villages et l'espoir d'y retrouver une dynamique sociale et culturelle naît dans l'esprit de ceux qui ne les ont jamais quittés, qui en connaissent chaque coin, chaque pierre, qui les ont entretenus, maintenus, amenés jusque là.
  Qui aurait pu imaginer que les ennemis numéro 1 de ces communes seraient les producteurs d'énergies renouvelables? Pas leurs habitants, c'est sûr. Les éoliennes encore peu connues n'évoquaient alors guère plus que quelques tourniquets blancs à l'horizon, une formidable solution pour produire de l'énergie sans déchets radioactifs. Elles s'imbriqueraient parfaitement dans le décors et la mentalité du coin. Devenir les gardiens des énergies renouvelables, comme s'en réjouissaient beaucoup, pourquoi pas?

Et puis...

  La réalité nous a littéralement explosé le coeur. Les déchets ne sont certes pas radioactifs, non, les déchets ce sont nous. Des habitants méprisés, à qui l'on ment effrontément, auxquels on impose des projets démesurés qui vont définitivement détruire une région qu'ils ont portée à bout de bras quand personne ne s'intéressait à son destin. La Confédération qui a si longtemps négligé ces petites communes, ouvre grande sa bourse à des spéculateurs qui ne voient que l'argent qu'ils tireront de ces vastes espaces libres, ouverts à tous leurs fantasmes industriels. Vert : la formule magique qui leur a montré le chemin du pillage d'argent public le plus spectaculaire de tous les temps disent certains. Des milliards pour détruire des régions précieuses contre presque rien : un peu d'électricité vite noyée dans le réseau qui alimente la course à la consommation irresponsable qui caractérise nos sociétés.
  Voilà. Nous avons lutté des années pour alerter sur ces monstruosités, ces injustices, ces erreurs de discernement, ces dangers qui menacent les Crêtes jurassiennes, comme les îles grecques, comme les populations autochtones brésiliennes ou mexicaines, comme les Pouilles en Italie… etc, Tout ce qu'il reste d'espace où la vie se passe d'excès, tout ce qui échappe au contrôle, à la rentabilité, aux bourses, aux pouvoirs. Vert. La fameuse clé qui leur a ouvert toutes ces portes merveilleuses. Il y en a même qui parle d'énergie propre…Cela en dit long sur l'épaisseur du nuage qui enveloppe ces menaces.
  Le livre de Michel Bühler a ceci de particulier qu'il nous immerge dans la réalité de ceux qui se battent pour la sauvegarde de la Nature qui nous entoure et qui nous tient debout. Ces lieux sont les derniers que nous pouvons sauver, parce que nous savons tous ce que devient un espace lorsque l'industrie s'en empare.
  Non, on ne nous emprunte rien, comme aiment le dire les promoteurs, on nous pille, on nous écrase, on tue notre voix.

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