lundi 22 février 2016

Poitou-Charentes: Rousset pointe la «dérive» financière de l'ancien fief de Royal

Par Marc de Boni
AFP, AP, Reuters Agences
Publié le 22/02/2016 

Commentaire: Tout s'explique. La gabegie de l'argent public pour l'éolien et le photovoltaïque n'est pas un «hasard», un concours de circonstance, non! c'est une continuité.

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LE SCAN POLITIQUE - Ancien rival de Ségolène Royal dans la région, le président socialiste nouvellement élu épingle la mauvaise gestion des finances publiques découverte à son arrivée en poste.



À peine installé dans ses nouvelles fonctions de président de la Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charente, Alain Rousset a découvert qu'une addition salée lui avait été laissée par ses prédécesseurs. Dans un entretien à Sud-Ouest et la Nouvelle République du Centre ce lundi, le socialiste dévoile le bilan financier catastrophique qu'il a trouvé dans la comptabilité de l'ancienne région Poitou-Charentes, gérée depuis 2004 par Ségolène Royal, puis par des proches. Confronté à plus de 137 millions d'euros d'impayés, le nouveau patron de l'exécutif régional tire la sonnette d'alarme.

«Dès que j'ai été prévenu de cette situation, j'ai donné ordre aux services de la résoudre au plus vite. À l'heure où je vous parle, 46 millions d'euros ont déjà été payés», assure le nouveau président de région. Dans le bilan de Poitou-Charentes les services d'Alain Rousset ont découvert une impressionnante liste d'impayés, pour «62 millions en investissement et 70 millions en fonctionnement». Une facture dont les services régionaux devraient avoir terminé de s'acquitter «dans deux ou trois semaines», «sans poser le moindre souci de trésorerie». Le directeur des finances de la collectivité a été relevé de ses fonctions manu militari, indique-t-il.

«C'est une région qui manifestait beaucoup de volontarisme et avait sans doute les yeux plus gros que le ventre par rapport aux capacités de financement», analyse Alain Rousset, pointant notamment «la multiplicité, sinon l'émiettement, de toutes les actions qui ont été menées». Une attaque en règle contre la gestion impulsée par Ségolène Royal, qui avait fait du Poitou-Charentes son fief et sa vitrine. Mais le nouveau président de région semble viser plus particulièrement son successeur Jean-François Macaire, qui avait pris la suite de l'actuelle ministre de l'Environnement en 2014 «C'est une situation évidemment gênante», admet volontiers Alain Rousset.


Ségolène Royal dans le viseur?

«Je pense qu'il est préoccupé, c'est le moins qu'on puisse dire. La question c'est de savoir s'il était totalement au courant», poursuit le nouveau patron de l'exécutif régional, qui attend cependant que Jean-François Macaire «prenne ses responsabilités». «Ségolène Royal a cédé la présidence de la Région depuis un bon bout de temps et il n'y a chez moi aucune arrière-pensée politique. Je réagis là uniquement en gestionnaire de l'argent public», assure-t-il. Une déclaration qui ne doit pas faire illusion tant les rapports sont tendus entre Alain Rousset et la ministre. Cette dernière avait d'ailleurs été totalement absente de la dernière campagne des régionales. On se souviendra aussi qu'en 2004, Ségolène Royal avait contesté à Alain Rousset la présidence de l'Association des Régions de France (ARF).

La surprise et la colère exprimée par la nouvelle présidence de région socialiste est également partagée au sein de l'opposition. Avec moins de retenue, le conseiller régional LR Olivier Chartier pointe les responsabilités auprès de l'AFP: «Tout ceci est le résultat de la gestion chaotique menée par Ségolène Royal; des investissements hasardeux faits loin des compétences de la région et soi-disant placés sous le signe du volontarisme politique», martèle-t-il.

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