dimanche 31 août 2014

Je me présente: Jean Marty, agriculteur à la retraite sur la commune de Vezins

Remplacez le canton de Vezins par le canton de Fayl-Billot,le Lévézou par l'Amance et l'Aveyron par le Sud Haute Marne, et notre avenir est tout tracé si le projet du parc Vannier Amance voit le jour. Alors, un seul mot: RÉSISTANCE.

En avant toute.



Lors d'une Assemblée Générale du Parc Naturel Régional (PNR) des Grands Causses, Jean Marty porte parole du collectif «Agir pour le Lévézou» à interpeller le Président du PNR avec la déclaration suivante:

Bonjour Monsieur le Président, 

Le canton de Vezins fait partie intégrante du Parc Naturel Régional des Grands Causses. Nous avons créé un collectif pour prendre en compte trois problèmes majeurs: L’eau, les boues, l’éolien.


[...] III. L’ÉOLIEN

Aujourd’hui, alors que cette belle région du département est envahie par + de 80 éoliennes en fonctionnement ou en cours de construction, éclatent au grand jour les nuisances qu’on nous a volontairement cachées.

Destruction des paysages et impact sur le tourisme

Les monts et lacs du Lévézou sont sa principale richesse sur le plan touristique. Les chemins de randonnées pédestres et équestres très fréquentés et mis en valeur par le Parc des Grands Causses ou par les associations et Offices de tourisme vont perdre tout leur intérêt. Le regard du visiteur aujourd’hui n’est attiré que par les éoliennes installées sans précaution sur toutes les collines. Tous ceux qui traversent le Lévézou aujourd’hui, en venant d’Albi par Réquista et Villefranche de Panat via Bouloc, peuvent compter 64 mâts déjà installés et même les plus "mordus" d’éoliennes finissent par nous dire « c’est fait n’importe comment. On a tout fait périr ! ».

On nous avait dit que les éoliennes attireraient une forme de tourisme industriel, or on se rend compte aujourd’hui que l’Aveyron est déjà marqué à l’encre rouge sur les guides touristiques internationaux osant mentionner la présence d’éoliennes. Oui, nous le savons l’éolienne va faire fuir le touriste, celui qui souhaite séjourner quelques jours ou quelques semaines chez nous. Nous n’aurons qu’un tourisme de passage mais qui ne reviendra pas et surtout qui ne va plus recommander la région à sa famille ou à ses amis.
Les gîtes, les chambres d’hôtes, les hôtels qui se trouveront (souvent malgré eux) à proximité des parcs éoliens ne seront plus fréquentés...


Perte de la valeur du patrimoine bâti

Oui, la perte totale de la valeur du patrimoine immobilier est bien réelle. Quel est celui d’entre-nous qui, aujourd’hui, irait acheter une maison dans un village entouré d’éoliennes pour y vivre, y passer sa retraite ou pour en faire un gîte? Oui, nous le savons, les villages vont perdre petit à petit leurs habitants. Quid de l'économie locale?: Entreprises du bâtiment, commerces, hôtellerie, animations touristiques, etc. Les retraités eux, n’ont que le seul choix d’y rester, mais pour les jeunes c’est fini, ils iront voir ailleurs. Oui, la richesse d’un pays, ce sont les hommes qui l’habitent. Or l’éolien accentue la désertification, l’éolien fait fuir les hommes et détruit l'économie locale.

Le bruit 

En ce qui concerne le bruit, ce n’est pas en s’arrêtant ¼ d’heure le dimanche au pied d’une éolienne, en se promenant, que l’on peut juger. Vivre au pied des éoliennes installées à 500 m au minimum est devenu une véritable angoisse. Le bruit physique de l’éolien est provoqué par 2 phénomènes: D’abord la génératrice (équivalent d’une tronçonneuse) et ensuite les pales (de 45 m et plus) qui passent devant le mât. Certaines machines sont mieux que d’autres. En zone vallonnée, la résonance et l’écho amplifient le bruit physique. L’irrégularité du vent soufflant en rafales, et bien évidemment quand le vent surtout est défavorable, le bruit perçu est «celui d’un avion qui n’arrive jamais» selon l’expression des habitants. Mais le bruit le plus nocif est celui perçu par l’oreille interne et celui-là engendre des problèmes médicaux décrits par Nina Pierpont, docteur en physique à l’Institut Montaigne, http://www.institutmontaigne.org


La fracture du tissu social 

Un problème aujourd’hui généré par l’éolien mais que personne n’avait prévu, c’est la fracture du tissu social. L’éolien est un sujet tabou et en famille ou entre voisins, quand on évite de parler d’un sujet on en évite bien d’autres, on s’enferme dans un mur de silence. L’objet du conflit (sous les yeux pour des dizaines d’années) ne va pas apaiser le climat tendu qui existe déjà dans certains coins avant même que les machines ne soient installées. On voit des amitiés se défaire, des équipes d’entraide se disloquer, des élus démissionner ou arrêter après un mandat - «on ne veut pas avoir à gérer un climat de guerre civile». Qu’en sera-t-il demain de l’entraide et de la solidarité qui est présente et indispensable en cas de coup dur ? Que deviendront demain les soutiens agricoles aux zones de montagne (France et Europe) si nos zones sont classées de développement industriel ? Ceux qui seront tenus pour responsables de l’abandon de ces soutiens seront les élus et les propriétaires fonciers qui auront mis les éoliennes sur leur commune ou sur leur terrain, alors que les vrais responsables sont ailleurs. 


Les enjeux financiers sont énormes

Une éolienne de 2,3 Mw laisse 230 000 € net d’impôt à son promoteur. Les 29 éoliennes construites par la Commune de Salles-Curan vont générer environ 450 000 € de taxe professionnelle. Il aurait donc suffi à la Commune d’installer seulement 2 éoliennes pour s’assurer du même revenu.

«Réfléchissons tous ensemble au devenir du Lévézou. Quelle est l’entité que nous voulons préserver ? Quelle image ? Quelles sont nos priorités ?» Il aurait été possible d’installer quelques éoliennes dans des endroits bien choisis, à + de 1 500 m de toute habitation, avec l’intégralité des revenus bien partagés entre tous les habitants et les communes, pour le bien de tous les concitoyens, 6 éoliennes générant ainsi près de 1 400 000 euros net.

Alors les habitants se posent la question: Pourquoi n’y en a-t-il pas sur l’Aubrac ou sur le Larzac ?

Nous sommes allés à la rencontre d’André Valadier*. Il nous a dit: «Avant de nous décider, nous sommes allés en voir à l’étranger, en Hollande, au Danemark, en Allemagne.... La préservation des paysages de l’Aubrac, dans l’intérêt de ses habitants et pour que le tourisme reste ce qu’il est.... Au pied de chaque projet, tout investissement, tout permis de construire reste dans les tiroirs à l’état de dossier..... Le patrimoine bâti perd toute sa valeur..... Les hommes sont la première richesse d’un pays..... Le spectre d’une maison au toit en lauzes effondré avec une éolienne neuve derrière, a hanté nos esprits....C’est ce qui nous a fait refuser l’éolien sur l’Aubrac jusqu’à aujourd’hui !»

Alors Monsieur le Président, j’ai une question à vous poser :

[...]- Comment peut-on investir pour le tourisme et laisser se développer l’éolien ?


Aujourd’hui nous vous demandons de nous aider. Le Lévézou est mutilé; ses habitants sont harcelés de toute part, mais nous ne voulons pas être contre tout par principe. Nous voulons définir un autre projet avec nos élus, avec les associations et avec vous aussi, Parc Naturel Régional des Grands Causses. [...]




* André Valadier est l'un des « pères fondateurs » du projet de création du Parc Naturel Régional de l'Aubrac (PNR). Actuellement premier vice-président de l'association d'émergence du PNR. Ex- Président de la coopérative fromagère Jeune montagne de Laguiole, Président du Syndicat de défense et de promotion du fromage de Laguiole et Président de la commission agricole de la région Midi-Pyrénées, ancien Président des comités sectoriels de l'Institut national des appellations d'origine (INAO), http://www.inao.gouv.fr. Plus les fonctions au Conseil Régional, au crédit agricole, au syndicat des communes de l'Aubrac et à l'Irqualim, l'Institut Régional de la Qualité Alimentaire en Midi-Pyrénées,http://www.irqualim.net.




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