mercredi 15 avril 2015

Plus de concurrence ou moins de carbone ?

Tribune parue dans Les Echos du 10 mars 2015
Site de l'auteur: www.manicore.com
contacter l'auteur: jean-marc@manicore.com

Affranchir l’économie des combustibles fossiles est désormais au cœur d’un certain nombre de visions de l’avenir. Les uns le souhaitent pour préserver le climat, d’autres pour s’affranchir d’une dépendance peu confortable à des importations, mais dans les deux cas de figure l’action à mener est de même nature. Pour baisser la consommation d’énergies fossiles, c’est en théorie très simple: Il faut la remplacer par d’autres, et cela va d’autant plus vite que dans le même temps on parvient à se débrouiller pour moins consommer d’énergie tout court.

Économies et substitution, voici donc les deux mamelles de la décarbonation. Pour économiser ou substituer dans les meilleures conditions, il va souvent falloir investir: Dans des bâtiments améliorés, dans des moyens de transport modifiés, dans des procédés industriels repensés, dans une énergie décarbonée (dont il faut rappeler que le nucléaire fait partie), dans une agriculture adaptée.


Et investir est plus facile quand le loyer de l’argent est bas, et le débouché sécurisé. Or, par définition même puisqu’elle permet l’arrivée d’entrants à tout moment, la "libre concurrence" est créatrice d’insécurité. Dans le passé récent, nous avons plutôt apprécié – et donc promu - cette insécurité à bonne dose, stimulante pour la créativité des producteurs et donc le bonheur du consommateur.


Mais cette même insécurité devient beaucoup moins intéressante lorsqu’elle empêche de réaliser des investissements lourds qui doivent être "protégés" sur longue période pour être rentables. Ce n’est pas un hasard si c’est bien au chaud, à l’abri de la libre concurrence, que sont nés le TGV, Airbus et le parc électrique français: Il fallait de la visibilité et de l’argent pas trop cher pour pouvoir se lancer.


Décarboner l’économie sera une entreprise de longue haleine, et très gourmande en capitaux. En pareil cas, revenir à des monopoles régulés, ou ne pas en sortir, ne devrait pas être considéré par principe comme une hérésie. Il est temps de s’ouvrir l’esprit ! !




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