lundi 24 août 2015

Suisse: Il était une fois...



Commentaire: Belle comptine pour les enfants de 7 à 77 ans

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Une raconte
des éoliennes industrielles sur les crêtes du Jura
ou
La violence faite à notre entourage

Dédiée à tous ceux qui la liront
et puis aussi à Don Quichotte et Sancho Pança
qui ne pourront pas la lire

Trâdute en ci frainçais pai
çt’ Anne Détrin

Une raconte des éoliennes industrielles
sur les crêtes du Jura

Refrain
Non, Mesdames et Messieurs, vous ne savez pas ce qu’est une éolienne industrielle ! Bien sûr, vous connaissez les tourniquets : vous en avez peut-être assemblé une fois ou l’autre avec vos enfants : vous avez trouvé un bâton, un clou et puis, vous avez cloué un morceau de papier ou bien d’alu bien plié en haut de cette branche... mais, il ne faut pas oublier deux rondelles ! Après, vous pouvez planter ce tourniquet dans votre jardin : c’est vraiment très beau, ou bien demander à votre garçon de courir dans la direction du vent avec cet engin dans la main : c’est très amusant. Mais, une véritable éolienne industrielle, c’est une tout autre chanson : il ne s’agit plus de faire beau ou bien de rigoler, il faut que cela rapporte des bénéfices et puis merde pour le reste. Voilà toute la différence.

Premier couplet

Quand l’État a proposé pour 2009 la RPC, la rémunération à prix coûtant, une aide ou des subsides de 17 à 20 cts par kw/h pour l’électricité renouvelable, les oreilles des électriciens se sont aussitôt dressées :
- Avec les cadeaux de la Confédération, la vente de certificats verts et puis la sortie, au Danemark de ces nouvelles éoliennes beaucoup plus hautes, -jusqu’à deux cents mètres- , qui donnent des kw et puis des kw comme jamais vu, cela est devenu juteux.
- Tous les écus que nous avons grâce à nos clients qui ont besoin d’électricité, nous pouvons les placer à 10 pour cent et plus ; et pourquoi ne pas les mettre dans le Jura : on dit que là-bas, le vent souffle.
- A cause de la faiblesse des vents du Jura ( 5 mètres par seconde en moyenne et le double en mer du Nord), parce que ces éoliennes ne donnent de l’électricité que de temps en temps et qu’on ne peut pas en faire des meules, il nous faut relier les éoliennes entre elles avec des lignes aériennes, -parce que les lignes enterrées c’est plus cher-, injecter cette électricité verte dans le réseau des lignes pour les échanges internationaux et ainsi, on peut brûler ce mix d’énergie sale tout de suite, et quand elle brûle, nous regagnons.
- Il nous faut avancer sans tarder et travailler discrètement avant que la loi soit changée, adaptée à ces nouvelles hautes usines.
- Nous ne voulons tout de même pas pleurer pour deux ou trois pâquerettes qui croissent sur ce haut plateau dans cette réserve d’Indiens, parce qu’il faudra empierrer de nouveaux chemins à travers ces piètres terres : pensons aux écus !
- Dans le Jura, nous aurons des retardés, des personnes qui ne marchent pas correctement, des benêts, des personnes sans discernement et des lambins devant nous : il nous faut surfer sur la vague, ok.

Deuxième couplet
Ainsi, les sociétés privées de producteurs d’électricité de Berne (FMB), de Liestal (ADEV), de Genève (SIG), de Chiasso (Reninvest), de Neuchâtel (ALPIQ) se mettent au travail : il faut d’abord préparer le décor et se donner une image vierge avec des sous-traitants.
Chez ADEV, des Suisses allemands bien élevés, on crée une société par actions vendues à des investisseurs de la région de Liestal, qui sont bien sûr des citoyens : le parc de Saint-Brais sur le pâturage du Plain sera un parc citoyen et les deux éoliennes s’appelleront les «grandes dames». Voilà, celui ou bien celle qui ne sera pas d’accord, sera bien sûr un mauvais citoyen.
A Berne, les FMB veulent préparer l’avenir en mettant en oeuvre les nouvelles pistes de l’énergie renouvelable, parce que le gaz, le charbon, l’atome, ils les ont déjà. Dans le Jura bernois, ils testeront le soleil et le vent : ce n’est pas trop mauvais sur le mont Soleil, sur le mont Crosin et sur la montagne du Droit, en attendant bien sûr de coloniser le reste du pays. Pour cela, ils fabriquent la société Juvent et puis une autre Sol-E. Comme ils ont beaucoup d’appétit, ils pourraient aussi voir pour des parcs inter-cantonaux qui s’appelleront collaboration inter-jurassienne : cela devrait rassurer les gens et aller dans la bonne direction ! Et puis pour se faire une bonne publicité, ils ont aussi pris des parts chez Swiss-éole parce que cela fait très savant aux yeux du public.
À Genève, les SIG s’adressent à des gens de Chiasso : c’est la société multinationale Reninvest qui dit qu’elle est la meilleure du monde dans toutes les spécialités, mais que personne ne connaît, sauf peut-être sur les îles Caïmans. Ils sont sûrs que les éoliennes n’ont que des avantages, et surtout pas de défauts parce qu’elles donnent de l’électricité verte. Les SIG pensent, avec pas mal d’arrogance, parce que c’est tout de même eux qui mettent les sous en avant, qu’il faut à tout prix, exploiter le gisement éolien des Franches-Montagnes. Plus ils placent de moulins, plus ils gagnent !
ALPIQ, à Neuchâtel, fait de la publicité muette : « Voter ALPIQ », c’est tout. C’est déjà une filiale de filiale et une entreprise multinationale.

Troisième couplet
Maintenant que les électriciens ont une devanture juridique, ils peuvent envoyer leurs lices chez tous ceux qui possèdent des terres sur les crêtes du Jura. Pour cela, ont-ils dit à ces chasseurs, prenez un ou deux billets pour bien vous faire comprendre, mais surtout faites des promesses. Lorsque votre homme sera convaincu, donnez lui un contrat à signer pour vingt ou trente ans,
et mettez-y dedans un article qui interdit aux parties de revenir en arrière ou de se plaindre de quoi que soit. Ces gens devront nous faire confiance parce que c’est nous qui voulons nous occuper de tout.
Surtout, n’oubliez pas notre politique : le cent pour cent des nuisances pour les Franches-Montagnes, pas un poste de travail là-haut et puis, bien sûr, le cent pour cent des profits pour nous.

Quatrième couplet
Quand ces chasseurs sont revenus, le succès était encore plus grand qu’espéré : les gens qui ont des terres ont été très intéressés par ces énergies renouvelables parce que celles-ci leur rapporteront des sous bien facilement. C’est souvent les maires de petits villages qui sont même d’accord de faire une partie du travail pour nous pour se mettre en avant. À Saint-Brais, le maire Froidevaux est tout joyeux à l’idée de gagner de l’argent facilement et puis, il a tous les pâturages communaux à sa disposition. Inespéré, non ? Bien sûr, nous avons dû promettre des barrières pour leurs pâtures et puis un coup d’ main pour une déchetterie, mais qu’est-ce que vous voulez, il faut bien cacher la merde au chat, et puis, pour nous, c’est des cacahuètes, n’est-ce pas ?
S’agissant des Vers, vous pouvez, Mesdames et Messieurs, relire le début d’un conte de Jules Surdez qui a écrit au siècle passé :
Le maire et les conseillers du Peuchapatte avaient si peu d’esprit que cela ne pouvait plus aller ainsi dans la commune. Ah ! non, il n’y avait pas, dans toute la Montagne-des-Bois, de plus nigauds que ceux-là. On se plaignait d’eux dans toutes les maisons.
(L’essaim de guêpes, in Contes fantastiques du Jura, Pré-Carré, p. 135)
Eh bien voilà, c’est encore d’actualité ! Ils ont tout signé sans poser de questions parce qu’ils sont sûrs qu’ils vont vite se remplir les poches, mais il ne faut le dire à personne, c’est des gens qui regardent l’avenir !

Cinquième couplet
Pour désinformer le petit peuple, les électriciens décidèrent d’assembler une présentation «PowerPoint» :
- Il nous faut des images plus belles que celles de la publicité pour les produits de luxe et ne montrer que les plus beaux détails de la technologie de ces vrombissantes machines à sous.
- Pour embellir, on pourrait, sur les images, remplacer les moulins par des joncs ou bien par des fleurs de pissenlit !
- Mais c’est sûr : les fleurs de pissenlit et du vent, ça donne beaucoup de petites graines ! hi hi hi. On pourrait aussi y mettre des chevaux et puis un épicéa ou l’autre, par-ci, par-là, mais il faudra truquer les images en changeant les perspectives !
- Si vous montrez une de ces machines en marche, coupez le son : le boucan de nos moulins ce n’est tout de même pas le chant des sirènes !
- D’accord, mais pour étourdir les gens, il faut aussi placer quelques chiffres toujours dans le même ordre et en passant du coq à l’âne, pour bien montrer que notre cadeau ce n’est pas du chiqué.
- Vous pouvez les embrouiller avec des unités électriques : parler de familles, de ménages, de giga-, de téra- ; vous pouvez même évoquer un véritable développement industriel pour le village, mais, pour plus tard... ou bien adopter la langue de bois !
- Celui qui parlera peut aussi dire que toute cette présentation n’est qu’une ébauche provisoire et que nous sommes prêts à changer l’ordre de tous les moulins.
- Si cela ne suffit pas, celui qui présentera pourra faire peur aux gens en disant «si un jour, vous ne trouvez plus de courant derrière votre prise, nous serons toujours là mes amis, pour vous en vendre, parce que c’est nous qui produisons le butin».
- Mais vous savez, après une séance, à l’heure qu’il sera, ils vont tous dormir, parce que, dans peu de temps, ils devront traire leurs vaches.
- Eh bien, vous voyez, ceci va bien se passer, ils seront prêts à dire «oui» à tout pour pouvoir rentrer à la maison, mais pour que cela se passe encore mieux, n’oubliez pas de traduire tout ceci en français.

Sixième couplet
Pendant ce temps-là, les gens du Jura, aussi dans les Franches-Montagnes, avaient déjà entendu parler d’éoliennes : elles étaient au loin, on ne savait pas où, et puis, sur les images, elles paraissaient toutes petites. Elles font travailler de l’air qui ne coûte rien et elles donnent de l’électricité, qu’est-ce que vous voulez de mieux ?
Il y en avait aussi beaucoup qui s’en foutaient, ils avaient autre chose à faire et puis, quand c’est chez les autres...
D’autres encore pensaient qu’il fallait tout de même être politiquement correct et se montrer intéressés par ces nouveautés du renouvelable qui, sur les images, ne bougent pas, ne font pas de bruit et puis, le paysage en devant, est si beau, qu’on en serait presque jaloux.
Le solaire, ce n’est pas mal non plus, mais maintenant, on ne parle pas de ça.

Septième couplet
Au canton, on doit avoir l’air de contrôler l’énergie. Pour cela, on demande en 2002 au chef Nusbaumer de l’aménagement du territoire, de dresser une carte du pays en mettant du rouge sur tous les coins de plus de mille mètres d’altitude. Voilà, le tour est joué : on dira que c’est là que c’est peut être intéressant pour le renouvelable et puis, cette carte, sans en parler à personne, c’est maintenant un «plan directeur cantonal». Avec ce credo, le ministre Schaffter peut signer des dérogations à l’article 24 de la LAT, la loi fédérale sur l’aménagement du territoire, parce qu’il pense que ces moulins donnent de l’électricité «verte» comme nos pâturages, plus douce que du velours et plus savoureuse que le miel. Pour le reste, c’est les mêmes lois que celles pour construire une petite maison ! L’administration peut ainsi se montrer ouverte et complice avec les électriciens, tout en ayant l’air d’avoir quelque chose à dire là dessus.

Huitième couplet
À la Toussaint 2009, les Chèvres entendent au dessus de leur tête comme des avions qui restent toujours sur place : ces voisins découvrent, tout d’un coup, là en-haut, deux éoliennes industrielles. Eh bien, vous y voilà, dans la merde : ils sont tout étonnés, mais, ils n’ont encore pas tout vu. Ils ne connaissent pas encore les effets stroboscopiques, les ultra-sons, les infra-sons, les projections de glace, le massacre du paysage, la perte de la valeur foncière des maisons, l’électricité dans l’air et bien d’autres nuisances.
Dorénavant, les voisins se lèvent avec les éoliennes industrielles et se couchent avec les éoliennes industrielles, si ce n’est le contraire.
Même si l’on en n’est pas immédiatement voisin, on les voit bien tournant tout le temps, et puis la nuit, elles clignotent sans cesse là haut avec des lumières rouges. Il n’y a que dans le brouillard qu’on ne les voit pas... mais elles sont toujours là, elles dérangent, elles agacent tout le temps. Elles hérissent et ébouriffent tout l’horizon, en écrasant avec outrance nos fiers sapins de plusieurs fois leur hauteur, elles prennent la vue sans jamais la redonner, elles captent les deux yeux en tournant tout le temps dans un mouvement saccadé, avec le bout de leurs trois longues pales tout rouge parce qu’elles coupent la tête des oiseaux de passage, celle des chauves-souris aussi.
On n’avait jamais vu de si près des usines sans ouvrier aussi hautes, qui travaillent sans arrêter en envoyant des vibrations dans l’air sept jours sur sept.

Neuvième couplet
L’enfer a ouvert ses portes : maintenant, vous êtes tous des otages captifs. Les éoliennes industrielles vont transformer la vie dans les campagnes. Renaissez, vieilles rognes villageoises, jalousies, énervez les gens, rancœurs, pourrissez l’ambiance tout partout. Les éoliennes industrielles sont dans le regard bien sûr, mais aussi dans vos têtes : vous y pensez tous les jours et vous pouvez en dire autant de mal que de bien, elles occupent toujours le devant de la scène, d’une manière ou d’une autre.
À cause de l’électricité et des champs magnétiques que ces génératrices diffusent dans l’air, vous êtes gagnés par une nouvelle maladie, qui va s’en prendre à votre cadre de vie, c’est sûr, mais surtout à votre vie intérieure, avec des changements d’humeur, de la nervosité, des sueurs froides, des dépressions, de la fatigue, des troubles du sommeil, des cauchemars et une dégradation de vos rapports avec les autres.

Dixième couplet
- Mais vous êtes des plaignious, disent ceux qui se sont déjà mis des sous dans les poches : les autorités communales ont dit que les lois avaient été respectées.
- Le bruit n’est pas plus grand que celui des voitures : vous ne dites rien là dessus et puis, votre maison, vous devez la vendre à ceux qui ont beaucoup d’argent...
- Pensez plutôt au nombre de curieux qui vont venir chez nous pour admirer ces installations.
- Et puis les électriciens vont freiner ces éoliennes et puis ils font tout ce qu’il faut pour lutter contre toutes les nuisances, en dépensant des sommes énormes. Et puis, ils sont même d’accord de déposer, plus tard, leurs papiers dans la commune.
- Et puis, dit le maire Froidevaux, pardon les autorités, vous croyez que ces éoliennes se règlent d’un coup de tourne-vis ? Et puis, ces abeilles, elles étaient dangereuses avec leur aiguillon ; et puis, le cannabis, ce n’est pas bon pour notre jeunesse ; et puis, ces gribouillis sur les murs, c’est des gamineries, et puis corne-moi au cul : les éoliennes industrielles vous saluent.
- Si vous laissez votre auto avec les phares et le moteur allumés sous sa chambre à coucher, combien de temps va-t-il tenir ? Si c’est un robinet qui goutte, la nuit, qu’est-ce qui va se passer ?

Onzième couplet
D’habitude, les otages se soumettent vite en adoptant la manière de penser des preneurs d’otages parce que ces malotrus semblent avoir une mission, qu’ils ont de la force et de l’argent ; ce changement de la manière de penser nécessitera, si la prise d’otages se termine en les laissant en vie, une intervention soutenue des psy pour les ramener à la normale. Les ex-otages en garderont pourtant une blessure pour le reste de leurs jours. Mais chez nous, les otages prisonniers ont osé se plaindre de leur sort et ont refusé cette menace. Ils se sont rassemblés et ont fondé «Librevent» qui dit maintenant que les crêtes du Jura ne sont pas faites pour les éoliennes industrielles, que le vent ne souffle pas assez fort, qu’une éolienne ne produit quasiment rien et seulement de temps en temps. Il en faudrait un millier de Genève à Bâle, -mais pas autour de ces deux villes-, pour remplacer Muehleberg. Ces éoliennes industrielles, qui tournent tout le temps mais qui ne produisent de l’électricité qu’un jour et demi par semaine, enlaidissent notre nature et elles ne sauveront pas le monde ; elles sont pires que les espèces envahissantes qui font pourtant si peur.
Ils ont fait signer des initiatives communales pour imposer des moratoires ou pour empêcher la construction d’éoliennes sur leurs terres et puis, malgré le chef Schneider du service cantonal des communes, qui aurait mieux fait de se retenir plutôt que de vouloir casser une décision votée à l’unanimité des habitants, ils ont gagné à la Chaux-des-Breuleux, aux Genevez, au Noirmont, aux Enfers, à Muriaux et surtout à Bourrignon où le maire Kohler de Delémont
avec la complicité des SIG et de Reninvest, a mis sur pied des projets dignes de Hollywood, chez ses voisins.

Douzième couplet
À Saint-Brais, après l’inauguration des «so genannten grossen Damen» par ADEVwindkraft, avec discours en allemand, productions d’un groupe de joueurs de cor des Alpes et apéritif dînatoire pour les trois autocars de citoyens de Liestal venus tout exprès, les nouveaux projets ont foisonné. On en parle au Noirmont, à Lajoux, aux Genevez, aux Bois, à Delémont, à Pleigne, à Tramelan et en d’autres lieux encore.
Le maire Froidevaux de Saint-Brais, lui, annonce déjà que les nouvelles éoliennes rapporteront beaucoup plus : il a choisi d’autres complices qui promettent des prix plus intéressants que ceux les gens de Liestal : c’est les SIG et leur sous-traitant Reninvest. Pour mettre cet argent dans la remise, il a mis sur pied une société pour le prochain parc qui s’appellera «Saint-Brais II», un nom comme un autre pour se donner une image savante, mais pour les gens, c’est le pâturage du Ban Dessus et celui de Graitery. Cette société est inscrite au Registre du Commerce sous le nom de «Parc éolien de Saint-Brais S.A.», avec le maire comme président sans droit de signature et comme managers, deux Belges des SIG, deux Tessinois de Reninvest et un secrétariat que se trouve à l’administration communale de Saint-Brais. Pour s’imposer, les SIG promettent 30.000 francs au Conseil et à l’Assemblée, qui sont bien sûr d’accord de recevoir cet argent.
En avant maintenant pour une séance de désinformation des petites gens. Dans la halle de gymnastique de Saint-Brais, les promoteurs récitent leur leçon, disent qu’ils sont les meilleurs, mais qu’ils ne peuvent pas mettre plus de 6 ou 7 éoliennes sur cette surface. Ils disent aussi bien sûr que leur présentation n’est qu’une ébauche et que l’emplacement de chaque éolienne peut être changé, pour empêcher les discussions trop précises ; et ils veulent d’abord mener une étude sur les vents du coin : pour cela, ils sont venus dresser une sorte de piquet en fer de septante mètres de hauteur au beau milieu du Ban Dessus.
Quelques mois plus tard, c’est à Glovelier qu’une nouvelle séance pour désinformer les gens est mise sur pied par les électriciens : maintenant, il s’agit du projet «Saint-Brais II – Sceut». Le parc du Ban Dessus est devenu intercommunal, c’est-à-dire que le parc est toujours plus grand et que les éoliennes sont toujours plus hautes. Mais cette fois, il y a beaucoup de gens qui ne sont pas d’accord : on a beau leur offrir un buffet froid, ils savent ce qu’il faut penser de ces éoliennes industrielles et l’emberlificotement de l’argent a été dominé par l’amour des crêtes. Mais, vous voyez que, pour l’appétit des SIG, de Saint-Brais à Bourrignon, il n’y a une seule crête, donc encore de la place pour planter toutes les éoliennes qu’on veut. On ne parlera pas de cela dans le journal, mais le nombre des oppositions s’est multiplié pour les trois publications connues de ce projet.

Treizième couplet
Le canton, devant les oppositions croissantes et pour réfléchir tout calmement à la question, a décidé de bloquer tous les projets en rapport avec le vent pour être ainsi quitte de prendre une position sur le massacre de nos paysages.
Et puis, il y a eu Fukushima...
Pendant ce temps-là, les électriciens se déchirent entre eux dans des procès pour savoir qui, de toutes ces sociétés privées et extérieures au canton, a le droit de participer à la construction des nouveaux parc éoliens. Il y en a même une qui a déclaré devant les tribunaux, pour vendre sa marchandise, que les éoliennes industrielles de Saint-Brais et du Peu-Chapatte étaient des erreurs, et que sa société savait bien mieux faire que les autres. Voilà, SIG avec Reninvest ont perdu, FMB, ADEV et ALPIQ ont gagné parce qu’ils ont tout de même offert pour 220.000 francs de panneaux solaires au village du Noirmont, mais c’est les tribunaux qui sont devenus plus riches.
D’autres ont des problèmes de bouilloire pour savoir si les éoliennes industrielles produisent du lard, du cochon ou bien rien qu’un peu d’eau tiède, mais comme les électriciens sont des crapules, des menteurs et des petits cachottiers, aujourd’hui encore, on ne sait toujours pas.

Quatorzième couplet
- Quoi de nouveau ? - Comment les Marchands de poix ont-ils voté ?

Dernier couplet
Vous avez vu, Mesdames et Messieurs, que je n’ai pas mis d’images dans ce texte : c’est parce que vous pouvez voir là haut cette exposition des horreurs, de jour comme de nuit, de tout partout. Mais, pour tout de même finir en chanson, je veux vous donner les deux derniers couplets d’une que vous connaissez tous, et cette fois, les tyrans et leurs soldats, c’est devenu ces infernales éoliennes industrielles :
Ils les laissèrent tous bien entrer (bis)
Autant d’entrés, tant d’empellés (bis)
Si bien qu’il n’y restait d’ la troupe
Que l’officier pour boire la goutte
Voilà comme il nous faut faire tous (bis)
Foutre aux tyrans la pelle au cul (bis)
Lorsque nous aurons la victoire
Comme Petignat nous pourrons boire
Et que vivent nos beaux patois !


Supplément pour l’été


Tout d’abord, et pour donner la réponse à la question du quatorzième couplet, l’Assemblée du Noirmont a voté à main levée et à la quasi unanimité un moratoire de dix ans pour ces éoliennes industrielles.

Pour le treizième couplet, le canton, qui élabore un plan « énergie 2035 », a tout de même offert 30.000 francs pour faire dire au bureau d’étude « Equiterre » (Vd) que les éoliennes industrielles ne présentent pas de risques majeurs.

Au douzième couplet enfin, je peux ajouter que la société « Kohle & Nusbaumer » a proposé d’installer des éoliennes de deux cents mètres de hauteur à Pleigne, Fahy, Grandfontaine, Alle, Vendlincourt et Courchapoix, pour ne parler que du canton du Jura.

La suite, plus tard...

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